Chantage : 6

Gin se réveilla brutalement. Quel était ce corps contre lui ? Son cœur battait furieusement et, lorsque ses yeux bleus se posèrent sur le jeune homme qui reposait contre lui, une bouffée de tendresse l’envahit. Un sourire amer plissa un bref instant ses lèvres. L’homme se rallongea confortablement sur le matelas.

Il ressentait le besoin de s’allumer une cigarette, mais renonça : Ichigo l’empêcherait de faire le moindre mouvement. Il s’était installé de telle manière qu’il lui était impossible de bouger.

Ses pensées dérivèrent vers leur rencontre impromptue de la veille au soir. L’incrédulité qui l’avait envahi, le besoin de le serrer contre lui, l’envie de l’embrasser… et le bonheur, dans tout ça, c’était qu’Ichigo ressentait la même urgence que lui.

Sentir ses bras autour de lui, son odeur de Cologne et de savon mêlées, ses yeux… ses yeux, surtout, lui avaient fait peur. Où était cette flamme si vivante qui les caractérisait ? Ichigo avait changé ; il ne l’avait vu que brièvement, mais il était certain que les choses n’avaient pas dû être faciles pour lui non plus.

Lui-même avait dû se cacher les premiers temps où la relation entre lui et Ichigo avait été dévoilée à la famille. Isshin avait retourné son bureau et agressé Kisuke, qui s’était retrouvé à l’hôpital. Le noble avait menacé de mort son associé s’il le retrouvait. Gin se souvint amèrement des blessures d’Urahara, qui n’était pas faible et sans défense comme certains aimaient à le croire. Comment avait-il pu se retrouver dans cet état ?

Kisuke avait confirmé qu’il s’était battu en un contre un, mais la rage du noble l’avait rendu incontrôlable. Gin avait voulu se faire pardonner auprès de son ami, mais celui-ci lui avait simplement demandé de ne plus coucher avec un mineur, et surtout pas avec Kurosaki.

Ses yeux se baissèrent sur Ichigo, toujours confortablement installé contre lui. La lumière du jour balayait son visage et son épaule nue. Le reste de son corps était recouvert par la couette moelleuse et blanche. Gin nota que le corps de son amant était plus mince, et qu’il semblait avoir grandi. Serait-il aussi grand que son père ?

Le visage du jeune homme n’était pas détendu : un froncement de sourcils le barrait. Un doigt de Gin caressa doucement son front. Que leur réservait l’avenir ? En tout cas, il souhaitait rendre certaines choses au jeune homme qu’il n’estimait pas en droit de recevoir. Gin ferait tout pour gagner en honnêteté, même si le chemin était plus long et plus ardu que le monde parallèle de l’argent sale.

Il voulait pouvoir offrir à Ichigo, au moment de sa majorité, une vie décente, dont aucun des deux n’aurait à rougir. Il voulait surtout qu’Isshin ne puisse rien reprocher ni à son fils, ni à lui. Ne laisser au noble aucune marge de manœuvre, afin qu’Ichigo et lui puissent vivre ensemble. Quoique son espoir fût mince… Vu le rang d’Ichigo… Mais qu’importe : il ferait tout pour parvenir à ses fins.

— Tu penses à quoi, Gin ?

La voix ensommeillée le fit sursauter. L’homme baissa les yeux et croisa le regard embué de son amant.

— Oh… Tu es réveillé ?

— Haï… Tu semblais soucieux…

— Je pense à notre avenir…

— Notre ?

— Tu n’en veux pas ?

— Je n’avais jamais songé, jusqu’à hier soir, que tu puisses vouloir un avenir… avec moi…

— Tss…

Gin caressa la mâchoire du jeune homme du bout du doigt et esquissa un vague sourire.

— En fait… j’ai quitté Karakura pour ça… J’ai repris un autre travail pour ça… Je voulais… te retrouver et te séduire à nouveau. J’espérais réussir et te proposer de vivre avec moi…

— J’accepte ! s’écria Ichigo.

Un rire moqueur s’échappa des lèvres de Gin.

— Quel enthousiasme ! Pas maintenant… Ichigo.

— Pourquoi ?

Ichigo s’était assis sur le lit et observait, en fronçant les sourcils, l’albinos allongé sur le matelas. Il se rendit compte que c’était la première fois qu’ils passaient réellement une nuit ensemble et rougit légèrement. Gin sourit et attira l’adolescent à lui.

— Parce que tu es mineur… parce que ton père nous mettra des bâtons dans les roues, et que je ne pourrai rien faire, et toi non plus… Ichigo, écoute-moi ! Je suis aussi impatient que toi… Mais nous aurons plus de facilité lorsque tu atteindras ta majorité. Je n’ai jamais été aussi sérieux. En fait, je n’ai jamais fait de projet d’avenir avec qui que ce soit…

— Mais ce n’est que dans quatre ans, Gin !

— Tu as quel âge ?

— J’ai seize ans et demi…

— Donc trois ans et demi…

— Ne pinaille pas sur les mois !

Gin devint sérieux et retourna Ichigo sur le matelas. Ils étaient si proches que ses cheveux balayaient le visage du jeune homme.

— Ichigo… Kisuke s’est retrouvé trois mois à l’hôpital à cause de ton père. J’ai dû changer d’identité, et j’ai dû m’enfuir de Karakura. J’ai changé de vie, pour en avoir une respectable. Je serais capable d’attendre dix ans pour toi… alors je te demande d’y mettre du tien. Tu as tout ce temps pour toi : te forger un avenir et grandir. Je veux que nous puissions vivre au grand jour… Regarde ce que va être notre vie si nous ne faisons pas un effort tous les deux.

Le jeune homme observait le visage grave au-dessus de lui. Il était sidéré d’apprendre que son père avait pu frapper Kisuke… quoique, il n’avait pas été épargné non plus.

Il trembla intérieurement et comprit qu’il n’y avait pas eu que sa vie qui avait basculé. Il écouta, attentif, les paroles chuchotées par Gin.

— Là, tu vas devoir retourner en cours… D’ailleurs, tu es en retard… Comment vas-tu…

— Je reste avec toi aujourd’hui !

— Ichi…

— Non… laisse-moi parler… Laisse-moi, juste aujourd’hui, rester avec toi. Profiter de ta présence, et je disparaîtrai pour retourner dans mon lycée. Je te promets de bien travailler. De réfléchir à mon avenir et de me donner les moyens de réussir. Je ferai tout ce que tu me diras de faire. Mais… après tout ce temps, promets-moi que nous ne resterons pas trois ans, presque quatre, à être séparés.

Gin eut un bref sourire et déclara calmement :

— Comment pourrions-nous nous retrouver ?

— Je trouverai un moyen ! Mais juste pour aujourd’hui, laisse-moi croire que nous sommes un couple normal… Est-ce si mal d’aimer, et de vouloir l’être ?

— Non… non, Ichi…

Un sentiment de profonde compréhension les traversa. Ichigo chuchota contre les lèvres de Gin :

— Fais-moi l’amour, Gin… Aime-moi encore…

Un léger sourire s’esquissa sur les lèvres de l’albinos, qui murmura à l’oreille du jeune homme :

— Vos désirs sont des ordres… Kurosaki-sama…

°oOo°

Ichigo avait enfilé un peignoir de Gin, trop grand pour lui encore. Celui-ci se moqua de la frêle silhouette du jeune homme, qui se débattait avec ses manches.

— Venez ici… Kurosaki-sama… je vais vous aider à paraître plus digne…

— Arrête de me vouvoyer… j’ai l’impression… j’ai l’impression de revenir…

— En arrière ?

Gin devint silencieux. Il s’approcha du jeune homme, attrapa un de ses bras et entreprit de rouler le tissu soigneusement.

— Je ne regrette rien… Même si c’est dur… un jour ou l’autre, tu m’appartiendras.

— Je ne regrette rien non plus.

L’albinos ébouriffa les cheveux roux.

— Viens manger… tu en as bien besoin… Est-ce parce que tu grandis, ou bien parce que tu refuses de te nourrir ?

— Les deux, je crois…

Gin soupira et prit le jeune homme dans ses bras. Il lui releva le visage et planta ses yeux bleus dans ceux, ambre, interrogateurs.

— Je ne suis pas tes parents… mais Ichigo… fais-moi plaisir… mange !

— Haï !

— Tu es un bon garçon…

— Je ne suis pas un gamin…

— Encore un peu, sourit Gin.

L’homme circula dans sa cuisine aux tons blanc et gris. Quelques touches de rouge étaient apportées par des maniques, des serviettes et les doubles rideaux. Tout, dans cet appartement, respirait le chic et le bon goût. Qu’importe l’endroit où l’on vivait, au fond : c’était le soin qu’on apportait au lieu qui en faisait un havre de paix.

— Ichigo, je dois te dire quelque chose…

— Hum ?

— Tu te souviens de notre contrat ?

— Oui…

Ichigo observait méfiant l’ancien prêteur sur gage, qui sourit en voyant sa mine soupçonneuse.

— Ton père nous a remboursés… mais il m’a donné des intérêts qui ne m’étaient pas dus. Notre contrat a été respecté. Et je voudrais te rendre cette somme. Je l’ai placée jusqu’à ce que je puisse te rencontrer.

— Mais… non, si papa…

— Non, Ichigo ! Cet argent ne m’appartient pas ! Je ne peux pas le rendre à ton père… et je n’en ai pas l’envie. Par contre, cet argent te revient de plein droit. Conserve-le pour tes projets, pour acheter ce que tu désires… construis-toi tes rêves !

— Je n’en ai pas… sauf vivre avec toi !

Gin soupira et se leva pour se diriger vers un classeur dans l’entrée. Il sortit un petit carnet qu’il tendit à Ichigo. Dedans se trouvait également un petit cachet, que Gin lui donna.

— Je t’ai fait faire un cachet avec ton sceau. J’ai ouvert un compte où ton argent a dû faire quelques petits depuis plus d’un an. Fais-en ce que tu souhaites !

Ichigo prit le petit carnet et le sceau. Il ouvrit le formulaire de banque et se figea sur place. Il redressa la tête et demanda d’une voix blanche :

— C’est à moi ?

— Haï… Kurosaki-sama… vous êtes riche.

— Alors, je veux investir dans ton affaire…

— Non !

— Mais tu as besoin d’argent !

— C’est vrai… Mais ça, c’est mon problème. Les fonds, je peux toujours en avoir. Je suis un génie, ne l’oublie pas…

En disant cela, l’albinos rit doucement, comme pour rire de lui-même.

— Ichigo… c’est pour toi ! Ce sont tes rêves… De mon côté, je me bâtis mon rêve avec les moyens dont je dispose. Lorsque nous aurons bâti nos rêves, je souhaite que, dans quatre ans, nous puissions les partager. En attendant… avec cet argent, tu as largement de quoi te construire un avenir.

Les yeux du jeune homme relisaient, sans y croire, la somme inscrite sur le papier.

— Que veux-tu réellement, au fond de toi ?

Ichigo réfléchit longuement à la question. Gin le laissa à ses pensées. Il y avait eu pas mal de bouleversements dans sa vie, ces dernières vingt-quatre heures. Quant au jeune homme, son esprit filait à toute allure. Il devait trouver ses propres rêves pour que Gin soit fier de lui. Il referma doucement le document.

— Mets-le tout dans ta veste. Je te raccompagnerai jusqu’à ton pensionnat. Enfin… un peu avant. Je ne veux pas qu’on puisse être vus ensemble.

Ichigo releva la tête et croisa le visage de Gin, qui ne souriait pas. Son amant s’approcha et l’enlaça.

— Je ferai tout pour nous protéger… Fais-moi confiance…

— Haï…

°oOo°

Gin fit arrêter le taxi à une rue du pensionnat du jeune homme. Les deux hommes échangèrent un dernier baiser sous le regard goguenard du chauffeur, mais aucun des deux n’y prêtait attention. Gin chuchota à l’oreille de son amant :

— Fais attention à toi…

— Haï… Gin… Tu as bien mon adresse internet ?

L’albinos sortit une feuille et l’agita sous le nez du jeune homme.

— J’ai toutes tes coordonnées. Je suis heureux de toutes ces avancées technologiques, tout à coup !

Baka

— Insolent !

— Je t’enverrai un message ce soir, ou cette nuit… ça dépendra de la manière dont ils vont me cuisiner…

Ichigo se redressa, embrassa doucement son amant, puis ouvrit la portière. Il sortit comme au ralenti et, après un dernier regard vers Gin, referma la portière, la mort dans l’âme.

Le taxi démarra immédiatement. Son amant ne se retourna pas. Le cœur d’Ichigo battait doucement dans sa poitrine, et ce fut la première fois depuis bien longtemps qu’il s’apercevait de sa présence.

Un léger sourire effleura ses lèvres et il commença à marcher vers son lycée. Un vent frisquet, prémices de l’hiver, balaya la rue. Le jeune homme remonta son col pour se protéger du froid. Ses pas le menèrent jusque devant la grille, et un groupe d’hommes en costume sombre vint l’assaillir.

— Kurosaki-sama… heureux de vous revoir parmi nous !

Le regard d’Ichigo croisa les yeux bleus de Grimmjow Jaggerjack, qui le fixait avec un sourire carnassier.

— Peut-on savoir où vous vous étiez caché toute la journée ?

— J’avais besoin d’air…

Grimmjow observa le jeune homme, surpris. Cela faisait plus d’un an qu’il n’avait pas entendu le son de sa voix. Et son regard avait changé. Il retrouvait le jeune homme qu’il avait vu la première fois : plein de vie et de rage… Son œil éteint et son regard lointain avaient disparu. Son sourire s’accentua. Et, au fond de lui, il remercia Gin Ichimaru d’être réapparu dans la vie de son maître.

Ichigo s’éloigna, mais Grimmjow l’interpella.

Téléphonez à Madame votre mère… elle s’est fait beaucoup de souci pour vous… et pas que pour aujourd’hui !

— C’est elle qui vous a engagés cette fois-ci ?

— Haï !

Le jeune homme sortit son portable et composa le numéro de sa mère. La voix inquiète de Masaki se fit entendre.

— Ichigo ?

— Bonjour, maman…

— Ichigo !

Les longs sanglots derrière le combiné firent comprendre à Ichigo toute la souffrance que sa mère avait endurée au cours de son année de mutisme. Il se mit à marcher et parla doucement :

— Je suis désolé, maman… je ne voulais pas te faire souffrir. J’avais juste besoin de temps… Tu sais, maman… je l’aime…

— Ton père ne l’acceptera jamais… renonce… souffla sa mère.

— A-t-il renoncé à toi ? Non… Il s’est battu. Et je suis son fils : je me battrai pour Gin !

— Ichigo…

— Maman… je te le dis à toi. Rien qu’à toi… Je ne ferai rien d’insensé. Je ne ferai plus rien qui puisse t’inquiéter.

— Tout ce que je veux, c’est que tu vives et, si possible… heureux !

— Je vivrai, et je deviendrai heureux… c’est une promesse.

— Tu reviens à la maison ce week-end ?

— Ça me ferait plaisir… Mais ne prépare rien de spécial.

— La famille sera là… au grand complet…

— Je m’en moque éperdument !

Après quelques paroles réconfortantes, Ichigo coupa la conversation. Il allait monter au dortoir quand il se tourna vers Jaggerjack, comme pris d’une inspiration.

— Dites-moi… si vous aviez l’argent pour réaliser vos rêves… quel serait le premier d’entre eux ?

— Vous n’en avez pas ?

Ichigo haussa les épaules et plongea son regard dans celui de son garde du corps.

— Non… aucun… enfin, si… depuis peu, j’ai un objectif, mais pas vraiment un rêve. Je n’ai pas appris à rêver pour moi-même… J’ai comme qui dirait besoin d’aide. Donc, vous feriez quoi ?

— Quand j’avais votre âge, je voulais avoir mon appartement… mon chez-moi. Ne plus dépendre de mes parents et goûter à la vraie liberté… C’était mon premier rêve. Après, je voulais être chanteur dans un groupe de rock… et, pour finir, casser la gueule à ce connard d’Ulquiorra, parce que sa sale tronche ne me revenait pas… Trop prétentieux, le gars…

— Et tous vos rêves se sont réalisés ? demanda, curieux, Ichigo.

— J’ai cassé la gueule à Ulquiorra, mais je m’en suis pris une aussi au passage… fit Grimmjow en riant. J’ai chanté dans des karaokés et je me suis bien marré… et, pour finir, j’ai jamais eu d’appartement seul. Je suis tombé amoureux de ma femme, qui était agent immobilier, et j’ai jamais compris comment j’ai atterri en moins d’une semaine chez elle. Mais je me suis bien amusé…

— Je vois…

— Ça vous aide, pour vos rêves ?

— Haï…

Ichigo monta les marches, avec Grimmjow sur les talons.

— Sans vouloir paraître indiscret… quel est votre rêve ?

— Je veux avoir mon chez-moi !

— Il faut de l’argent, Kurosaki-sama, sans vouloir vous contrarier…

— J’en ai !

— C’est sûr que ça aide…

— Beaucoup d’argent, Jaggerjack-san… Vous croyez que votre femme accepterait de me faire visiter un appartement ?

— Vous allez déménager ?

— Je veux juste avoir mon chez-moi… Mon espace rien qu’à moi. Où mon père ne pourra pas me trouver.

— Si c’est ma femme qui vous trouve l’appartement… marmonna Grimmjow.

— Et alors ? Vous êtes mon garde du corps. Vous viendrez avec moi pour visiter l’appartement…

— Vous êtes mineur…

— Je trouverai quelqu’un pour la signature…

— Ichimaru Gin ?

Ichigo se figea et se tourna lentement vers Grimmjow, blême.

—Comment… comment…

— J’ai veillé sur vous à toutes vos sorties, et je me les suis gelées à vous attendre toute la nuit et la journée…

— Ma mère, ou…

— Personne n’est au courant !

Un silence s’installa, et Ichigo scruta le visage de l’homme en face de lui.

— Pourquoi ?

— Même si je suis un employé… j’ai un cœur. Disons que j’ai admiré la façon dont vous avez envoyé balader votre père et sa noblesse à la figure. Mais je suis reconnaissant à cet Ichimaru de vous avoir redonné le goût de vivre et de parler aux autres. C’est dommage de vouloir se foutre en l’air alors que vous n’avez pas dix-sept ans… Et puis, je suis peut-être pas gay, mais je me battrai moi aussi pour la personne que j’aime. Alors je vous comprends. Je ne dirai rien à personne tant que vous serez raisonnable…

— Je ne ferai rien d’irresponsable… Contactez votre femme !

—Bien…

Ichigo se retrouva devant la porte de sa chambre. Bientôt, le couloir serait envahi d’élèves et il n’avait pas envie de croiser qui que ce soit. Il allait entrer quand il vit un papier se glisser sous ses yeux.

— C’est le numéro professionnel de Nell… Contactez-la ; vous seul savez quand vous pourrez la rencontrer.

— Merci !

— Je retourne dehors… Je peux vous demander quelque chose ?

— Haï…

— Restez dans votre chambre cette nuit. J’ai du sommeil à rattraper !

Ichigo lança un regard amusé à l’homme d’une quarantaine d’années devant lui. Il eut, en quelque sorte, pitié. À bien y regarder, Grimmjow avait l’air crevé, et son costume paraissait défraîchi… comme s’il avait passé sa journée dans le métro !

— Je ne bougerai pas de toute la nuit de ma chambre !

— Merci !

Jaggerjack parut soulagé. Après un dernier regard vers le jeune homme, il quitta les lieux. Ichigo s’enferma dans sa chambre.

Son portable sonna ; il décrocha.

— Ichigo ? Ta mère vient de m’apprendre que tu lui avais parlé et que tu venais ce week-end à la maison ?

— Haï… si cela ne te dérange pas, papa…

— Bien sûr que non !

Isshin semblait effondré. Après tout, songea Ichigo, il n’y avait pas que sa mère qui se faisait du souci pour lui.

— Quand j’ai su que tu avais disparu ce matin… je me suis fait un sang d’encre…

— Je voulais juste réfléchir à mon avenir, papa. J’avais besoin de faire le point… et j’ai décidé de vivre et de réaliser mes rêves.

— Qui sont ? demanda, soupçonneux, Isshin.

— Pour l’instant… je n’en ai pas. Je me laisse le temps de la réflexion…

— Tu essayes de grandir, fils ?

— Haï…

— Bien, bien… je suis heureux que tu deviennes un homme.

Ichigo laissa son père parler de sa vision du monde et, quelques instants après, raccrocha. Il jeta son portable sur son lit et alluma son ordinateur. Il envoya un message à Gin. Il l’informa de son désir d’avoir un chez-lui et qu’il avait besoin de son aide pour cela. Quelques minutes plus tard, il reçut en retour :

« Ichigo

Je suis heureux que tu te sois trouvé un rêve à réaliser. Je vais t’aider autant que je le peux. Je suis heureux également de voir que tu veux grandir. J’attends avec impatience le jour où tu seras devenu un homme accompli. En attendant, je serai là pour toi…

A bientôt. Gin. »

Ichigo effaça ses messages et s’enferma dans sa salle de bain. Il se fit couler un bain et fut soulagé de voir sa vie, enfin, prendre un tournant plus favorable.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)