Ichigo se leva en catastrophe ce matin-là. Il avait fait la fête une partie de la nuit et il était presque midi, l’heure à laquelle il prenait son service dans la crêperie où il travaillait. Le roux se passa rapidement de l’eau sur le visage, enfila un jean et un T-shirt moulant avec le nom d’un groupe punk, puis fonça jusqu’au restaurant. Une chance qu’il n’habitait pas très loin de la plage…
À peine entra-t-il en cuisine qu’il se fit engueuler par la patronne pour son retard exceptionnel de « 5 minutes ». Ichigo se dirigea vers le vestiaire et enfila sa tenue de travail, autrement dit un pantalon noir et une chemisette blanche. Son nom était épinglé sur la pochette de cette dernière. Il traversa rapidement la salle, sortit son calepin et son crayon, puis partit directement en terrasse où Renji le foudroya du regard : il était à la bourre, et cela ne lui avait pas plu de s’occuper des deux zones, intérieure et extérieure, à la fois. Le roux se promit de lui rappeler quelques menus services qu’il lui avait rendus à l’occasion.
Un monde fou se pressait en terrasse. Il faut dire que ces derniers jours avaient été exceptionnellement radieux pour un mois de mai. Le roux se déplaçait avec aisance entre les tables et connaissait son affaire. Serveur n’était pas son rêve, mais il fallait bien gagner sa vie, surtout quand on n’était pas spécialement doué dans les études. Et c’était son cas !
Pendant deux heures, inlassablement, il prit les commandes et apporta les plats avec un air qu’il espérait « jovial ». Son patron lui avait reproché plusieurs fois son manque de sociabilité, avec son air éternellement renfrogné. Il s’était entraîné des heures pour avoir l’air potable auprès des clients ; cependant, le roux se posait la question de savoir si tous ces efforts en valaient la chandelle. Il sourit pourtant bientôt réellement, car il allait pouvoir quitter son service… Avec cette chaleur infernale, il commençait à transpirer, et il n’était pas sûr que sa chemise ait l’air fraîche.
Pratiquement toutes les tables avaient été désertées ; il ne restait plus qu’un type blond, assis dans un coin, qui lisait un journal. Ichigo arrivait pratiquement à la fin de son service. Le blond avait demandé à Renji si le restaurant pouvait encore le servir.
Évidemment, le serveur aux cheveux rouges avait confirmé et l’avait envoyé en terrasse. Ichigo n’avait eu d’autre choix que d’accepter ce dernier client. Pourtant, un groupe d’hommes d’affaires vint également s’installer en terrasse, et ils s’excusèrent très fortement auprès du propriétaire, expliquant qu’ils n’avaient pas vu l’heure et qu’ils avaient écumé toute la ville à la recherche d’un restaurant. Le patron accepta ces retardataires avec un grand sourire.
Ichigo ne sut pas quand tout avait dérapé, mais il n’avait jamais été aussi furieux de toute sa vie ! Un de ces hommes commença à lui faire du rentre-dedans ouvertement, et ses collègues trouvèrent cela très amusant. Jusqu’au point de lui poser la main aux fesses. Le sang du jeune homme ne fit qu’un tour et il attrapa la main baladeuse pour la tordre. L’homme protesta violemment :
- Alors ne laissez pas traîner vos mains n’importe où… si vous ne voulez pas subir les conséquences de vos actes !
Nnoitora, car c’était le nom que lui avaient donné ses amis, l’observait maintenant avec un regard mauvais. Autant il avait apprécié faire courir ces plaisanteries, autant il détestait le comportement du serveur maintenant que ce dernier se défendait. Ichigo retourna en cuisine et Starck lui demanda de sa voix traînante :
— Je peux savoir ce qui se passe, Ichi ?
— J’ai horreur qu’on touche mes fesses ! Passe encore pour leurs plaisanteries salaces, mais me faire tripoter pendant le service, très peu pour moi.
— Tiens ! Le dessert de ton autre client et son café. Pour les autres, s’il y a un problème… j’irai le régler !
— Merci, patron !
— Tss…
Ichigo prit l’Opéra et se dirigea vers la table du blond. Le roux posa la part de gâteau devant son client, qui plia son journal pour le regarder avec attention, mais ne dit pas un mot.
Au moment où il posait le café devant cet homme silencieux… il reçut un formidable coup de pied dans le fondement, qui l’envoya contre le client qu’il servait. Ichigo entendit un cri de douleur : le malheureux homme devant lui venait de recevoir le contenu brûlant de sa tasse à café sur son costume.
Le roux avait le cœur battant, et la colère monta rapidement en lui. Il se redressa prestement, après avoir demandé à son client si tout allait bien.
— Bien sûr que non, idiot ! Je suis brûlé au troisième degré…
— Si ce n’est que ça… répliqua Ichigo.
Le roux se tourna violemment et fit face à la grande asperge qui l’avait agressé et qui riait maintenant à gorge déployée avec ses collègues. « Plus pour longtemps », songea Ichigo, qui lui balança son poing en pleine figure, ce qui stoppa net les rires gras de toute la tablée.
Le brun se redressa et, cette fois-ci, perdit son sang-froid. Il attaqua le jeune homme directement à coups de poing, et Ichigo répliqua à chaque coup, sauf que Nnoitora avait une force que sa corpulence frêle ne laissait certainement pas deviner. Et, au troisième coup, Ichigo se plia en deux.
Au moment où il vit le quatrième arriver et où il crut sa dernière heure venue, il ferma les yeux pour mieux se préparer à recevoir le choc. Pourtant, il ne vint pas, et, au lieu de cela, il entendit un gémissement de douleur.
Avec précaution, le jeune homme leva un œil et vit une main emprisonner le poing de son agresseur. Surpris, il tourna le regard et vit son client blond tenir sans grande difficulté son assaillant.
— Vous devriez apprendre les bonnes manières ! marmonna le blond.
— Occupe-toi de tes fesses… connard !
— Justement, je m’en occupe !
— Laisse-moi rire ! ricana l’autre. T’as aussi envie de te le faire ? On peut partager !
— Désolé, je ne tabasse pas mes petits amis !
— T’as bien l’intention de te le faire ! fit, victorieux, le brun. Je suis désolé pour toi… mais on l’a vu en premier, alors tu passeras après nous !
Ichigo s’était reculé et commençait sérieusement à s’énerver face à cette conversation de débiles mentaux. Son patron arriva d’un pas traînant — et après, il reprochera les retards d’Ichigo — et observa la scène quelques secondes.
À la stupéfaction du roux, il mit tout le monde d’accord en quelques instants. Nnoitora gisait au sol, tordu de douleur, et Shinji reçut les plus plates excuses du restaurant pour la gêne et les dégâts sur son costume. Starck fit payer les dégâts et ajouta une note de frais : pressing et préjudice moral pour le blond, que Nnoitora dut rembourser de mauvaise grâce. Car, même si le patron d’Ichigo semblait lent, il était particulièrement redoutable au « poing » !
Le roux quitta finalement son service et se retrouva bientôt dans la rue, contrarié par cette fin de journée déplorable… Déjà, son réveil catastrophique, cet incident dans le restaurant… qu’allait-il subir encore, ce jour-là ?
°°0°0°°
Les semaines se suivirent et semblaient se ressembler pour Ichigo, mis à part l’incident avec Nnoitora. En effet, le blond venait tous les jours manger au restaurant, pratiquement à la fin de son service, et allait toujours s’asseoir à la même table. Ichigo se demanda s’il n’était pas dégoûté de toujours déjeuner de crêpes ou autres spécialités maison.
À un moment, il s’était demandé s’il ne venait pas spécialement pour le voir. Mais non… Après quelque temps, il vint accompagné d’une femme brune à lunettes avec qui il semblait avoir une relation plus qu’amicale. Ichigo ne sut pourquoi, mais cela le gêna. Lorsque le blond venait seul, il passait son temps plongé dans son journal, sans jamais lever un œil sur lui.
Ichigo prit l’Opéra et le café de son client bizarre et lui posa sa commande devant lui. Il plaça la note sur la table et allait quitter les lieux quand la voix moqueuse du blond résonna à ses oreilles :
— Kurosaki-kun… Je pourrais vous demander un service ?
Le roux s’arrêta et se tourna, surpris. Son cœur s’était mis à accélérer pour une raison qu’il ne s’expliquait pas.
— Lequel ? demanda Ichigo, méfiant.
— Vous êtes jeune… et vous semblez, d’après le peu que j’ai vu, attiré par les groupes bruyants et modernes.
Le roux haussa un sourcil circonspect. Que voulait-il dire ?
— J’ai besoin de quelqu’un comme vous pour m’aider à faire un cadeau à mon fils !
Le cœur d’Ichigo eut un raté. Avait-il bien entendu… un fils ?
— Voilà… ça fait très longtemps que je ne l’ai pas vu, je ne suis jamais là. Et je dois me rattraper pour son prochain anniversaire. J’aimerais lui offrir quelque chose qui serait susceptible de lui plaire. Mais je ne connais aucun « jeune » et je ne suis absolument pas branché. Pourriez-vous m’aider cet après-midi ? Je sais que je vous prends de court… mais je pourrais vous donner un extra pour le temps que vous passerez avec moi pour choisir son cadeau.
Ichigo allait ouvrir la bouche et refuser, puis il réfléchit quelques minutes. Après tout, il n’était pas occupé ces derniers temps… et il venait de rompre avec sa dernière conquête ! Et puis, un « extra », même si ce n’était pas grand-chose… ça ferait du bien à son porte-monnaie. Il avait fait le con avec ses dernières sorties et il ne mangeait pas vraiment à sa faim avec toutes ses factures. Il accepta finalement.
— Je vais me changer !
— Je vous attends dehors !
Ichigo se changea rapidement et fonça à l’extérieur. Il portait un jean noir serré et un T-shirt blanc à motif orange clouté, divers accessoires en tout genre (chaînes, ceintures qui pendouillaient), ses bagues en argent travaillé aux pouces et à l’index ; il avait replacé ses piercings à l’oreille et posa ses lunettes orange sur le nez. Lorsqu’il rejoignit le blond, ce dernier ne le reconnut qu’à ses cheveux orange en pétard !
- Eh bien… quelle transformation.
La lueur moqueuse n’inspirait pas le roux, mais il ne releva pas.
— Il aime quoi, votre fils ? questionna Ichigo.
— J’en sais rien !
— Il a quel âge ?
— Dix-neuf ans !
— Humm… quel montant voulez-vous mettre pour son cadeau ?
— Je m’en moque, je n’ai pas de budget !
— Une voiture, alors ? suggéra, moqueur, l’orangé.
— Quelle marque pourrait lui plaire ?
Ichigo, qui avait lancé cela comme une boutade, regardait le blond, stupéfait.
— Vous allez lui offrir une voiture ?
— Un bateau si ça lui chante ! Je m’en moque…
— Si vous faites des cadeaux sans vraiment tenir compte de ses goûts, vous le faites uniquement pour vous décharger d’une corvée. Je ne sais pas si ça va lui faire réellement plaisir.
— Mais au moins, il ne me cassera pas les pieds avec : « Tu m’as encore oublié et t’en as rien à foutre de moi ! » La dernière, c’était : « Si je suis un boulet pour toi, casse-toi » ! Crétin !
Le roux regardait, estomaqué, le blond et fronça légèrement les sourcils.
— Je te choque ?
— Un peu… Vous semblez si…
— Propre sur moi ?
L’homme éclata de rire et rétorqua, moqueur :
— Ce n’est pas parce qu’on a réussi dans la vie qu’on devient forcément le meilleur parent du monde ! Y a pas de mode d’emploi pour ça !
Ichigo resta songeur et soupira doucement.
— Nous n’allons pas rester ici, venez. On va au centre-ville déjà, pour faire les boutiques, et vous me décrirez votre fils pour que je me fasse une idée de ce qui serait susceptible de lui plaire.
Bientôt, Shinji — le blond ayant décliné son identité à Ichigo sur le tard — et lui se retrouvèrent à courir les boutiques de musique, vêtements, chaussures, électronique, pour finalement ne rien trouver qui fût intéressant pour le jeune homme. Shinji fit une petite grimace et regarda sa montre.
- Il est presque 17 h 30 et je meurs de soif… pas toi ?
- Si…
- Viens, je te paye un verre.
Ils se retrouvèrent à l’intérieur d’un café et dégustèrent une bière fraîche. Ichigo, qui regardait le costume de bonne facture de son interlocuteur, ne put s’empêcher de demander :
- Vous n’avez pas trop chaud ?
- Si… mais je le porte par habitude.
- Vous faites quoi dans la vie… si ce n’est pas indiscret ? Vous n’êtes pas obligé de répondre…
- Homme d’affaires !
Le regard de sphinx que le blond envoya à Ichigo lui fit comprendre qu’il ne lui en dirait pas plus. Le regard noisette devint amusé et il rétorqua soudain :
- À mon tour pour les questions indiscrètes… tu as quel âge ?
- Vingt-trois ans !
- Oh ! Tu fais plutôt jeune…
- Pourquoi vous n’avez pas demandé à votre femme de venir avec vous ? questionna le roux.
- Je suis divorcé, et elle me tuerait si elle me voyait !
- Ce n’est pas la dame brune à lunettes ?
- Elle ? Non… c’est ma secrétaire !
- Oh…
Le cœur d’Ichigo bondit de joie à cette nouvelle, et il se posa des questions sur sa santé mentale. Ils discutèrent ainsi pendant une bonne heure, et le blond fut d’une compagnie vraiment agréable, tenant une conversation des plus intéressantes et amusantes.
Finalement, les deux hommes se retrouvèrent sur une promenade face à la mer. Ichigo était déçu : ils n’avaient pas trouvé quelque chose qui semblât relever du personnel. Shinji était, quand même, relativement compliqué à comprendre parfois. Le roux regarda sa montre et se rendit compte qu’il était temps pour lui de retourner travailler. Il émit une dernière hypothèse avant de quitter l’homme, qui semblait un peu contrarié :
- Pourquoi ne passeriez-vous pas la journée avec votre fils et choisir avec lui quelque chose qui pourrait lui plaire… surtout si vous n’avez pas l’habitude de vous parler ? Qui sait, cela pourrait vous rapprocher !
Le blond le regarda, sceptique, et finit par remercier Ichigo. Il lui tendit quelques billets, et Ichigo fut surpris par le montant.
- Mais… mais c’est trop !
- Tss… boucle-la et accepte !
Shinji quitta les lieux à bord d’un taxi, son téléphone portable collé à l’oreille. Ichigo haussa les épaules et fonça à la crêperie. Il enfila son costume et assura son service comme si rien ne s’était passé… ou presque.
En fait, songea-t-il plus tard, c’était la meilleure journée qu’il eût passée de sa vie. Il était orphelin et sans frère ni sœur. Il avait passé son temps à travailler ou à faire la fête avec des potes de sortie, mais il n’avait jamais parlé de manière aussi sérieuse et intéressante qu’avec ce presque inconnu !
Ichigo ne revit plus Shinji pendant presque un mois. Sa brusque disparition de son paysage le déconcerta, et il espérait chaque jour que le blond refasse surface et aille s’installer à sa table. Mais rien ne venait, et Ichigo maudit sa bêtise.
Un soir où il était particulièrement exténué et aussi particulièrement contrarié, il vit apparaître Shinji dans une tenue décontractée : un pantalon blanc et un polo près du corps. La tenue rehaussait sa stature frêle, mais trompeuse.
Ichigo se souvenait trop bien des premières journées chaudes de mai et d’avoir été « sauvé » par cet homme. Le roux fit comme s’il ne l’avait pas remarqué ; il était tellement surpris que son cœur battait la chamade. Il était complètement décontenancé, surtout que Shinji était accompagné d’une femme.
Pourtant, il dut se rendre à la table du blond et, avec une extrême indifférence, prit la commande. Shinji parut amusé par son comportement, mais ne dit rien. Ce qui fit monter la colère d’Ichigo d’un cran. Il se sentait frustré par ces semaines d’absence et de silence après… Il se mordit la lèvre inférieure. Shinji ne devait rien au roux… il l’avait même payé pour lui tenir compagnie… alors il ne pouvait pas lui faire une crise de jalousie. Cela l’abattit brutalement, et son humeur atteignit les trente-sixième dessous.
Ichigo quitta le restaurant et se rendit à pied chez lui. Son pied cogna quelques cailloux qui jonchaient le sol. Les malheureuses pierres prenaient pour sa bêtise. Il entra dans son immeuble quand il entendit la voix amusée de Shinji derrière lui :
- Tu as l’air contrarié ? Je me trompe ?
Surpris, Ichigo se tourna et rencontra dans la pénombre les yeux mi-clos du blond, qui l’avait suivi jusque chez lui.
- Qu’est-ce que tu fais là ?
Ichigo était tellement surpris et contrarié qu’il sursauta lui-même au ton de sa voix.
- Oh ? Tu es même en colère ? Quelque chose se serait passé… ou est-ce parce qu’il ne s’est rien passé ?
- Connard ! marmonna Ichigo, qui quitta l’entrée et se dirigea vers l’escalier pour rentrer chez lui.
Le roux entendit les bruits de pas derrière lui et s’arrêta devant la porte de son appartement. Il l’ouvrit et pénétra sans adresser la parole une seule fois à Shinji. Quand il voulut fermer le battant, un pied bloqua ce dernier, et Ichigo regarda, rageur, le blond qui refusait de libérer la porte.
- Tu n’as rien à faire ici.
- T’en es sûr ?
- J’en ai rien à foutre de toi ! s’énerva le roux devant le ton moqueur qu’employait le blond.
- Pourquoi es-tu en colère, alors ?
- …
- Laisse-moi entrer ! reprit Shinji, plus calmement.
- Je refuse… va-t’en !
- Il n’y a rien entre toi et moi…
- Justement ! s’énerva de plus belle l’orangé.
Shinji poussa le battant au moment où Ichigo s’y attendait le moins, pénétra dans son vestibule étroit et ferma la porte derrière lui. Les deux hommes se défièrent du regard pendant un bref instant.
- Sors de chez moi…
- Je voulais te voir, mais… j’ai eu des affaires à régler !
- Tu ne me dois rien…
- C’est vrai… mais je veux commencer notre relation dans de bonnes conditions !
- Commencer notre relation ? répéta, surpris, le roux.
- Je suis là pour ça !
- Et ta « partenaire »…
- Mon ex-femme !
- …
Ichigo se gratta la tête, contrarié, et poussa un soupir exaspéré. Il murmura d’une voix lasse :
- Sors de chez moi ! On n’a rien à se dire…
- J’ai suivi ton conseil ! répondit Shinji, inébranlable. J’ai passé une journée avec mon fils tout à fait formidable, et nous nous sommes promis d’en refaire plus souvent !
- Tant mieux… murmura Ichigo, qui n’avait pas envie d’écouter.
- Mais… elle n’a pas été aussi bien que celle que j’ai passée avec toi !
Le cœur du jeune homme eut un raté, et il tourna son visage, incrédule, vers le blond qui s’était approché, très près de lui.
- Tu me croiras ou pas, mais je n’ai pas arrêté d’y songer depuis que nous nous sommes quittés. Je veux aussi recommencer cette expérience avec toi un tas d’autres fois.
Le sang du jeune homme s’accéléra et il ne sut quoi répondre, trop surpris pour dire quoi que ce soit.
— Mon ex voulait savoir avec qui je voulais m’engager dans la vie. Elle a toujours peur que je fasse n’importe quoi ! Elle t’a trouvé à son goût ! Qui ne te trouverait pas à son goût, de toute façon ?
La voix caressante de Shinji fit frissonner Ichigo. Les lèvres du blond étaient contre l’oreille de l’orangé. Le souffle chaud de l’homme faisait frissonner d’impatience le jeune homme, qui avait attendu cet instant depuis… Leurs yeux se rencontrèrent un instant, et finalement leurs lèvres prirent le relais. Les mains habiles du blond caressaient le corps musclé du roux, qui réagissait à toutes les attentions du plus vieux.
— Ça te dirait, finalement, qu’on se refasse quelques sorties ensemble ?
— Autant que tu le veux…
Un sourire s’inscrivit sur les lèvres de Shinji. Mais Ichigo saisit la nuque gracile du blond et entreprit de reprendre leurs baisers, et bientôt leurs ébats se poursuivirent dans le salon du roux. Après tout, ils auraient tout le temps de discuter plus tard !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)