Renji se dirigea vers la porte dimensionnelle. Seule Yatchiru l’accompagnait, et cette dernière observait son père du coin de l’œil. L’attitude calme et sereine du Dieu la laissait perplexe.
— Tu as l’air décidé, ’pa !
Une des mains de l’homme aux cheveux rouges ébouriffa ceux de sa fille avec tendresse. Un sourire carnassier vint relever le coin des lèvres de Renji, qui souffla gentiment :
— Ne t’inquiète pas inutilement… peut-être m’aura-t-il oublié !
— Alors, lance-lui une flèche en plein cœur pour qu’il t’aime !
— Pas question…
— Pourquoi ? demanda Yatchiru, perplexe. Si c’est toi personnellement qui l’envoies… c’est sûr qu’il tombera amoureux pour la fin des temps ! Alors…
— Laisse-moi m’occuper de mes propres amours comme un grand ! coupa son père.
— Mais…
Renji fit un mouvement et la porte s’ouvrit.
— Cette fois-ci, j’ai choisi le lieu où j’apparaîtrai.
Voyant que son père ne l’écouterait pas, de toute façon, Yatchiru soupira :
— Fais attention, au moins… Et s’il ne tombe pas sous ton charme, je…
— Tu ne feras rien ! Ou je t’envoie en stage chez ta grand-mère pendant un an !
— Quoi ! hurla la déesse…
Renji observa sa fille, moqueur, et sans attendre qu’elle finisse sa diatribe, avança dans la porte des dimensions. Un froncement de sourcil vint obscurcir les traits de la jeune déesse.
— On verra bien si je n’ai pas le droit de me mêler de tes affaires !
°°0°0°°
Ichigo marchait sous une pluie torrentielle. Un brutal orage s’était déclenché et il n’avait pas de parapluie pour se protéger. Le mois d’août pouvait réserver de mauvaises surprises, comme celle-ci. Ichigo ne portait qu’un T-shirt et son léger vêtement était trempé. Ses chaussures émettaient un bruit de succion qui lui semblait insupportable… mais, le pire de tout… il était perdu, et aucun moyen pour lui de demander son chemin à qui que ce soit. Il était abandonné au milieu de la rue et il ne savait pas où se réfugier.
Des larmes de rage se mélangèrent à la pluie qui ruisselait sur son visage contrarié. Pourquoi ce genre d’expérience n’arrivait qu’à lui ? Le roux se sentait doucement se frigorifier. Le jeune homme sortit son portable et, comble de malchance, il était en panne de batterie. Pourtant, il était sûr de l’avoir rechargé le matin même. Il détestait ce genre de situation, et il se détesta avec autant de force.
Ichigo allait ouvrir la bouche pour demander de l’aide, au lieu de se laisser mourir bêtement de froid, quand il sentit brutalement la pluie s’arrêter. Le bruit semblait amorti par un… parapluie ? Le roux demanda :
— Qui est là ?
— Te voir seul sous cette pluie battante… Tu as été pris au dépourvu, certainement…
Cette voix chaude… c’était…
— Renji ?
— Oh… tu te souviens de moi ? fit la voix, surprise.
Ichigo rougit légèrement, à son désarroi. Renji reprit :
— Écoute, tu dois être transi : mon appartement est juste à côté… Je te propose de te changer chez moi, tant que cette pluie n’a pas cessé. À moins que ton appartement soit tout proche…
Le jeune homme parut hésitant, et l’homme reprit, se méprenant sur son silence :
— C’est une proposition en tout bien tout honneur ! C’est juste pour que tu n’attrapes pas froid…
— D’accord ! Je n’habite pas la porte à côté, de toute façon…
Un sourire s’afficha sur les traits du Dieu, qui donna alors ses instructions pour que le roux puisse se débrouiller seul. Renji marchait d’un pas assuré et avait mesuré le sien pour qu’Ichigo puisse le suivre sans toutefois lui donner l’impression qu’il lui accordait une faveur.
L’orangé était surpris par la marche rapide qu’avait adoptée son interlocuteur. Il avait presque l’impression de courir derrière lui. Cet homme le surprenait… Il ne tenait aucun compte de son infirmité et se conduisait toujours avec lui comme s’il agissait avec un voyant. Toutefois, Renji le guidait par sa voix amicale.
Brutalement, Ichigo se demanda s’il faisait bien de suivre cet inconnu. Le Dieu déclara soudainement :
— Nous y sommes !
Plus le choix… ou en avait-il vraiment envie ? Le jeune homme marcha en écoutant la voix de Renji, qui lui fit traverser un hall apparemment spacieux puis Ichigo monta dans la cage d’ascenseur, et son interlocuteur déclara :
— Mon appartement se trouve au 15e étage et… c’est un loft ! Donc, tu ne pourras pas te perdre chez le voisin… juste dans l’appartement, à la rigueur.
— Je… je…
Ichigo se mit à claquer des dents brutalement et les portes devant lui s’ouvrirent. Le conseiller matrimonial déclara :
— Tu es gelé… suis-moi !
Ichigo était sur le seuil, indécis, et Renji, surpris de ne plus entendre le jeune homme derrière lui, se retourna et observa l’homme trempé jusqu’aux os, perdu. La pluie dégoulinait — ou plutôt ruisselait — de ses vêtements. Son air vulnérable adoucit le Dieu, qui comprit son malaise.
— Tu peux retirer tes chaussures où tu te trouves, et ensuite je vais t’emmener dans une salle de bain où tu pourras prendre un bain pour te réchauffer.
Ichigo se pencha et retira ses chaussures. Il eut l’impression qu’un léger vent soufflait. Pas désagréable, seulement surprenant dans un lieu clos. Une main se posa sur le bras du roux et la voix chaleureuse de son hôte résonna près de son oreille.
— Je vais te conduire… laisse-moi juste t’y emmener. J’ai l’impression que tu vas te statufier dans deux petites minutes.
À peine Renji eut-il fini sa phrase qu’Ichigo éternua violemment.
— Trop tard… tu as pris froid !
Le Dieu tira doucement le roux en lui donnant l’itinéraire, qu’il suivit sans rechigner. Mais Ichigo n’en avait pas vraiment envie ; son corps s’engourdissait très vite maintenant, et se laisser faire, de temps en temps…
Une porte s’ouvrit et le jeune homme se sentit pousser à l’intérieur d’une pièce, et Renji déclara tout de go :
— Euh… la baignoire est devant toi et l’eau est à la bonne température. Sur ta droite, tu trouveras une pile de serviettes et… il y a un kimono juste à côté. Laisse juste tes vêtements à la porte pour que mon domestique puisse prendre tes affaires et s’en occuper ! Je te laisse…
Ichigo voulut parler mais la porte se ferma doucement. Le roux se déshabilla rapidement : ses dents s’entrechoquaient de plus en plus violemment. Le jeune homme, une fois nu, déposa ses affaires devant la porte et se dirigea vers la baignoire avec sa canne, qu’il n’avait pas lâchée. Il buta sur quelque chose et posa sa main devant lui. Celle-ci trouva le rebord… timidement, le jeune homme fit tremper un doigt dans l’eau, qui lui sembla délicieuse, et sans vraiment réfléchir, il s’immergea dans la douceur accueillante du liquide, qui eut tôt fait de le réchauffer.
Le roux ne pouvait pas voir la décoration de la salle de bain. Pourtant, spectateurs de ses ablutions, plusieurs poissons se mouvaient dans un immense aquarium qui prenait tout un pan de mur. Le sol était en marbre rose.
Le mobilier était moderne, mais tout était en bois précieux. Les vasques et la baignoire étaient dans une pierre sable qui n’était pas utilisée dans le monde humain. Renji voulait un minimum de confort durant son temps de résidence dans la dimension humaine et, si possible… en faire profiter Ichigo.
Le jeune homme ne vit pas non plus que les robinetteries : ces dernières étaient en fait deux sirènes qui tenaient des amphores pour déverser l’eau dans la baignoire carrée.
Ichigo profita de ce temps de repos qui lui était offert. Ces derniers temps, il n’avait pas vraiment le moral, et tomber sur cet homme qu’il ne pensait plus revoir un jour… Il songea à la chaleur qu’il dégageait… si… enveloppante.
Son cœur avait bondi en reconnaissant sa voix, et s’était accéléré encore à la proposition d’être chez lui… de cette façon… Le jeune homme se sentit brutalement déplacé : un loft, comme appartement. L’odeur qui se dégageait des lieux était douce et si fraîche. Tout ce que cet homme touchait semblait précieux, et cela déconcerta l’aveugle.
Est-ce que Renji ressemblait à cet homme tatoué qu’il avait vu dans ses rêves ? Pas qu’il soit désagréable… bien au contraire ! Ichigo le trouvait vraiment à son goût. C’était déroutant.
Au bout d’une petite demi-heure, l’étudiant sortit de l’eau avec précaution. Il se sécha et tâtonna pour trouver le vêtement mis à sa disposition. Une fois habillé, Ichigo empoigna sa canne et, avec un petit mouvement de balancier, avança lentement dans la pièce. Une fois devant le mur, il tâtonna pour trouver la porte et, une fois trouvée, sortit de la pièce. Maintenant, où aller ? Une voix retentit derrière le roux, qui se figea :
— Veuillez me suivre, monsieur !
L’intonation était douce et une sensation étrange l’entoura alors que son interlocuteur parlait. Un déplacement d’air eut lieu près de lui, et cela intrigua le jeune homme. C’était comme si… la personne dans les lieux n’était que du vent ! Toutefois, il suivit le petit bruit de clochette que le domestique émettait à chaque mouvement. Le son n’était pas très fort, mais suffisant pour lui permettre de ne pas se tromper.
Cette attention était-elle faite pour lui ? Ichigo n’eut pas le temps de se poser trop de questions. La voix de Renji se fit entendre :
— Ichigo… te sens-tu mieux ?
— Oui, merci beaucoup !
Un petit silence s’établit avant que son hôte reprenne, un peu gêné :
— Je ne savais pas si tu avais mangé ou pas. J’ai demandé qu’on nous prépare à manger. Tu aimes les repas grecs ?
Ichigo haussa un sourcil et répondit, surpris :
— Grec ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais mangé quoi que ce soit qui se rapproche de ce pays…
— J’espère que tu aimeras !
— Vous venez… vous êtes natif d’Europe ?
— Non… pas vraiment ! J’ai beaucoup voyagé, surtout. Et j’aime pouvoir, par la suite, goûter aux mets que j’ai pu apprécier.
Le jeune homme resta rêveur quelques instants, immobile. Renji en profita pour se placer à côté du roux et lui saisir la main :
— Je te conduis jusqu’à la salle à manger…
Cette chaleur, encore… troublante, qui s’insinue en vous comme un brasier qui enflamme la brousse. Ichigo, qui n’aimait pas qu’on l’aide, qui revendiquait son indépendance, était faible face à cet homme, sans en connaître la raison. C’était déconcertant. Il savait, à la voix, que son interlocuteur devait être plus grand que lui.
L’odeur de fleurs, qu’il avait déjà humée, lui revint soudainement aux narines. Cette fragrance l’enivrait et semblait accompagner son interlocuteur comme une marque distinctive de sa personne. Ichigo enregistrait inconsciemment chacun des éléments qui touchait Renji.
Soudain, la main le lâcha et son interlocuteur s’éloigna.
— Ta chaise est devant toi.
Ichigo se rendit compte qu’ils avaient été silencieux. Mais ce mutisme brutal n’était absolument pas inconfortable. Le roux tendit la main et saisit le dossier de son siège, qu’il fit glisser doucement. Il s’installa confortablement en prenant soin de garder sa canne près de lui.
— J’aimerais beaucoup voyager, moi aussi…
L’étudiant était songeur et un fin sourire se dessina sur ses lèvres :
— Je suis sûr qu’un jour, je pourrai le faire. Mais, pour l’instant, tout cela me semble assez éloigné.
La trace d’un regret fut contenue dans ces derniers mots.
— Où aimerais-tu aller ?
— Hum… en fait, je ne peux pas choisir une destination au paysage vertigineux… je ne l’entreverrais même pas. Cependant, j’aimerais visiter des endroits cosmopolites, avec beaucoup d’odeurs, de langages différents, de cultures différentes. Pouvoir toucher des matières qui ne sont pas usuelles… En fait, j’aimerais faire ces voyages en compagnie de quelqu’un qui pourrait me décrire les paysages, et pouvoir y mettre les odeurs que je percevrai, ou l’histoire… Je raconte n’importe quoi !
Ichigo se referma un peu sur lui-même. Trouver la personne avec qui faire ces voyages serait déjà suffisamment ardu ; il était inutile qu’il se fasse des illusions. Personne ne voudrait d’un aveugle, à moins que ce ne soit de la pitié. Et puis, lui, aimerait-il un homme qu’il n’a jamais vu ?
— Quelquefois, le bonheur se trouve juste en dessous de son nez, sans vraiment l’apercevoir…
La remarque était faite dans un murmure, mais elle fit relever le visage du jeune homme. Renji se trouvant en face de lui, Ichigo voulut plonger ses yeux dans ceux de son vis-à-vis, mais seul l’intensité du noir fit écho à ses efforts pour apercevoir cet inconnu. Ichigo demanda soudainement :
— Je ne sais même pas à quoi vous ressemblez…
Un léger raclement de chaise se fit entendre et le cœur d’Ichigo se mit à battre à tout rompre, et il ne sut pour quelle raison. Il entendit soudain, près de lui, un froissement de tissus et un léger souffle. Deux mains s’emparèrent des siennes et le jeune homme dut se tourner légèrement sur la gauche pour être en face de son hôte. Ce dernier devait être à genoux, vu la position des mains.
Soudain, le bout de ses doigts entra en contact avec une chair douce et chaude. La voix de Renji chuchota :
— Les aveugles voient au travers de leurs doigts, n’est-ce pas ?
— O… oui !
— Alors, découvre-moi…
Les pommettes d’Ichigo se colorèrent légèrement. Pourtant, mû par une curiosité dévorante pour l’homme qui se montrait si prévenant avec lui, il palpa doucement les traits sous ses doigts comme s’il s’était agi d’un texte en braille.
Lentement, une image se définissait dans sa tête et Ichigo sut que l’homme qu’il avait aperçu dans ses rêves n’était autre que Renji. D’ailleurs, le roux demanda doucement :
— Vous avez les cheveux rouges… et les yeux rouges… n’est-ce pas ?
— Oui…
—Vous avez également des tatouages, ici…
Les doigts d’Ichigo effleurèrent le front de l’homme, toujours impassible.
— Exact… et également sur vos biceps…
— … oui…
Ichigo, n’y tenant plus, se laissa glisser sur le sol contre le corps solide de l’homme aux cheveux rouges. Ses doigts avaient glissé sur le kimono de soie de Renji et s’accrochèrent à la veste.
Le roux voulut parler, mais ne savait pas quoi lui dire exactement, si ce n’est qu’il était irrésistiblement attiré par lui. Qu’importe qui il était, ce qu’il faisait… toutes les questions qui se bousculaient dans sa tête : il ne voulait que lui.
Lorsqu’une bouche vint frôler la sienne, la sienne réagit instinctivement. Et ce qui ne devait être qu’un effleurement devint rapidement un baiser passionné. Une langue cherchant sa compagne, des mains qui glissaient sur le tissu soyeux.
Les bras de Renji se refermèrent autour du corps du mortel. Sa bouche quitta les lèvres du jeune homme pour parcourir sa mâchoire, puis se diriger insensiblement vers le creux de son oreille et souffler :
— Tu peux découvrir le reste…
La langue de Renji lécha la peau tendre, dévala la nuque de l’étudiant. L’homme mordilla la clavicule du roux et la respiration d’Ichigo devint plus courte. Le tissu qui recouvrait ses épaules glissa dans un doux bruit de soie. Les lèvres gourmandes de Renji, qui dégustaient sa peau en suivant le parcours du vêtement, firent frissonner le jeune homme.
Soudain, une main le tira en avant et Ichigo se retrouva sur ses jambes, contre le corps plus grand de Renji. Ce dernier murmura :
— Viens…
Ichigo avait le cœur qui battait précipitamment. Hypnotisé par la seule voix de Renji, il serra la main qui s’était glissée dans la sienne. Le jeune homme se laissa tirer doucement, jusqu’à ce qu’une porte se referme, et sentit soudainement l’étreinte de deux bras autour de ses épaules, une langue qui redessinait sa nuque.
Inconsciemment, le roux ferma les yeux et se laissa aller contre la carrure derrière lui, ses mains se relevant seules derrière sa nuque pour enlacer la tête de son amant. La douceur des cheveux surprit un peu l’étudiant.
Les mains de Renji glissèrent le long de la silhouette du jeune homme et défirent l’obi du vêtement. Le doux bruit du vêtement soyeux fit frissonner le jeune homme dont le cœur battait de plus en plus vite.
Dans un mouvement, Ichigo se tourna vers Renji. Les mains de l’aveugle se mirent à parcourir lentement le corps devant lui, comme pour trouver un langage secret que lui seul pourrait découvrir.
Ichigo se retrouvait nu devant son amant, sans pour autant être troublé par la situation. Renji vit les mains du jeune homme glisser vers sa ceinture, et, du bout des doigts, faire glisser le tissu, laissant entrouverte sa veste. Les mains de l’étudiant passèrent par l’entrebâillement et, repoussant l’étoffe des épaules de l’homme, celle-ci tomba souplement sur le sol. Le froissement du tissu se fit à peine entendre.
— Tu m’as tellement manqué… souffla Renji. Je n’ai cessé de penser à toi toutes ces journées qui m’ont semblé si longues sans toi.
Ichigo était ému par les paroles si sincères du conseiller matrimonial. Il posa une main sur le torse devant lui et la fit remonter pour enrouler son bras autour de la nuque de son amant.
— Je voulais te revoir… J’ai cherché à te revoir…
Renji embrassa le jeune homme sans que ce dernier puisse finir sa phrase. Leurs lèvres se cherchaient, affamées. Le Dieu souleva l’étudiant pour le déposer, à peine quelques secondes plus tard, sur le matelas de son lit.
Renji était hypnotisé par la peau bronzée, ce regard qui, malgré la cécité, était nécessiteux et fiévreux. Lui aussi était gagné par le même mal. Et sans plus attendre, l’homme aux cheveux rouges découvrit ce corps offert, sa langue rugueuse.
Le roux gémit entre ses dents quand celle-ci caressa un mamelon tendu. Les doigts du jeune homme caressaient les longs cheveux pour descendre sur les épaules larges. Un frisson d’excitation parcourut Ichigo, qui laissait maintenant ses mains parcourir librement le corps au-dessus de lui. Sa respiration se raccourcit alors que les doigts de Renji caressaient son anatomie avec tendresse et passion.
Le jeune homme se sentait plaqué contre le matelas sous lui, alors que les bras puissants de son amant l’enlaçaient et que son visage glissait le long de ses abdominaux. Le souffle, les caresses imperceptibles des longs cheveux, et l’humidité de cette langue qui le faisait frémir… Le cœur d’Ichigo brûla au point de se consumer pour cet homme dont il ne savait presque rien… mais dont la seule présence le bouleversait.
Ses mains qui palpèrent ses fesses le firent tressaillir et ses gémissements se muèrent en douce supplique :
— Renji…
Pendant un court instant, Ichigo eut l’impression d’être seul ; pourtant, un souffle sur ses lèvres murmura :
— Ichigo…
Une bouche s’empara de la sienne et le jeune homme se laissa fondre dans ce baiser, goûtant l’autre, essayant de lui rendre la passion qu’il avait allumée en lui. Ses hanches cherchaient celles de son amant, une de ses jambes enlaçant celle de Renji, qui gémit lorsque leurs sexes se rencontrèrent. Ce halètement poussa le plus jeune à imprimer un mouvement plus lourd contre le corps solide auquel il s’accrochait.
Le désir de Renji monta telle une lame de fond, dévastatrice. Les doigts de l’homme descendirent sur les formes sinueuses du jeune homme. Ils trouvèrent le passage étroit entre les fesses du roux, qui se contracta sous cette visite empressée. Les délicieux mouvements imprimés firent haleter le jeune homme, qui s’accrochait, faible, à Renji, qui maintenant engloutissait son sexe. Cette chaleur et cette humidité sur sa verge donnèrent des vertiges au jeune homme, qui avait délaissé les activités sexuelles depuis quelque temps déjà.
Le cœur d’Ichigo battait tellement sourdement qu’il résonnait à l’intérieur de ses oreilles. Ses halètements s’étaient presque transformés en cris, son corps se tordant sous les caresses ensorcelantes de Renji. Sans qu’il puisse prévenir, le roux se sentit partir et se crispa sous la libération de la tension accumulée depuis quelques minutes. Son corps se cambra, puis retomba doucement sur le matelas.
— Renj…
Une bouche recouvrait la sienne et l’odeur ainsi que le goût si particulier de cette dernière l’enivrèrent. Les mains d’Ichigo saisirent fermement les cheveux de son amant pour approfondir encore le baiser échangé. Sa langue cherchant, avec fièvre, celle de l’autre.
Lorsqu’ils reprirent leur souffle, le roux chuchota :
— Je te veux…
Un léger sourire s’inscrivit sur les lèvres du Dieu, qui répondit à l’attente du jeune homme en se glissant en lui, rétorquant :
— Tout comme moi… amour…
Un baiser coupa toute protestation. Renji attendait que l’humain s’habitue à sa présence tout en l’embrassant sensuellement, caressant, cajolant, grignotant les lèvres du roux.
Lorsqu’il vit le visage de l’étudiant se détendre, l’immortel bougea doucement son bassin. Tout d’abord, il se redressa légèrement et prit appui sur ses bras pour porter son poids uniquement sur le bas de son anatomie.
Même si Ichigo ne pouvait voir le regard de son amant, les yeux de Renji étaient devenus incandescents sous la passion. Il perdait peu à peu le contrôle et bientôt, il s’abandonna à sa passion, si longtemps contenue. Il avait faim de ce corps mortel.
Leurs corps bougeaient à l’unisson ; les doigts d’Ichigo s’étaient crispés sur les bras puissants de Renji. Le miel des yeux d’Ichigo… Renji allait s’y noyer !
°°0°0°°
Renji attira à lui son amant et souffla :
— Ne me quitte pas… mon amour !
— A… amour ? répéta Ichigo, hébété.
Les longs doigts du Dieu coururent sur le visage du roux avec une extrême tendresse…
— Je suis irrémédiablement amoureux de toi…
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