Ichigo suivait les cours, mais l’esprit complètement ailleurs. C’était une chance qu’il enregistre ces derniers sur un dictaphone. Jouant nerveusement avec son stylo et le regard fixé droit devant lui, le jeune homme se laissait submerger par les souvenirs de ses ébats avec Renji.
Jamais l’étudiant n’avait atteint de tels sommets de plaisir. Il était resté sur une sorte de petit nuage depuis ce moment et, doucement, après deux jours, il commençait à prendre pleinement conscience de ce qui s’était produit dernièrement.
Tout s’était passé de manière si rapide et si naturelle… Il n’avait pas revu Renji depuis, mais il savait que l’homme voulait le revoir. Le départ du roux semblait avoir été mal vécu par le conseiller matrimonial qui l’avait raccompagné, réticent.
Ses amis avaient vu son changement de comportement et certains s’étaient amusés à se moquer gentiment de lui. Mais le roux n’avait pas voulu desserrer les dents sur les raisons qui l’avaient provoqué.
Pourquoi exposerait-il sa vie privée ? Ses sentiments étaient tout neufs et il n’avait pas envie de les exposer à la vue de tous.
Le roux voulait que Renji ne soit qu’à lui et préserver le plus longtemps possible leur relation. Il n’avait pas envie qu’on vienne lui gâcher ses merveilleux moments et, surtout, le faire redescendre des nuages où il se trouvait très bien.
Le jeune homme connaissait parfaitement ses amis et ses autres camarades de classe : ils n’hésiteraient pas à vouloir se mêler de sa vie.
À peine la cloche sonna-t-elle que le bruit de raclement de chaises résonna fortement dans la salle. Ichigo rangea soigneusement ses affaires, toujours plongé dans ses pensées. Il allait prendre des notes au calme dans sa chambre. Une présence importune à côté de lui, et surtout une main qui se plaqua sur son sac, l’empêcha de quitter la pièce.
— Tu vas où, Kurosaki ?
— Il Forte ?
— Exact ! Nous n’en avions pas fini la dernière fois… Ce salaud d’Ishida ne sera plus là pour te défendre…
Ichigo fronça les sourcils : la colère commençait à lui monter au nez.
— Comme je te l’ai déjà dit… dégage !
Une main saisit fortement le revers de la veste du roux et ce dernier se sentit tiré en avant brutalement.
— Écoute, Kurosaki… je t’ai fait une proposi…
— Il Forte…
Le ton du jeune homme était bas et menaçant :
— Je n’ai jamais eu l’intention de sortir avec toi. Et le comportement que tu as ne m’incite pas spécialement à vouloir approfondir les choses. Alors… n’insiste pas !
— Tu es têtu…
— Le plus têtu d’entre nous n’est pas forcément celui que tu crois… Maintenant, tu me lâches…
Ichigo saisit rapidement le poignet de son agresseur et emprisonna ce dernier dans une étreinte de fer. Le blond grimaça et demanda d’une voix pressée :
— Mais arrête… Qu’est-ce que tu fous ?
— Je suis peut-être aveugle, mais je ne suis sûrement pas un imbécile.
Il Forte céda sous la pression de la poigne du jeune homme. Ichigo contourna le blond et se dirigea vers la sortie. La voix d’Il Forte le suivit, énervée :
— Je ne compte pas en rester là…
L’aveugle ne se retourna pas et continua sa route, indifférent. Ichigo traversa les couloirs et regagna rapidement sa chambre. Le geste mécanique de balancier qu’il effectuait avec sa canne rythmait ses pensées. Lorsqu’il entra dans sa chambre, le jeune homme se laissa choir sur sa chaise de bureau avec un soupir. C’était le premier jour où il rentrait à la fac et, déjà, les agressions reprenaient. Le jeune homme retira ses cours de son sac et allait commencer à travailler quand son portable sonna.
— Kurosaki Ichigo…
— C’est Renji…
Un petit silence s’installa et le Dieu reprit, joyeux :
— J’ai pensé que nous pourrions visiter la ville ce soir…
— Je ne sais pas… je… et puis, après tout, pourquoi pas ! Tu viens me chercher ? Pour quelle heure ?
— Dans environ deux heures. J’ai quelques petites choses à terminer !
— Je…
— Devant ta pension !
Un sourire vint éclairer le visage du roux qui confirma le rendez-vous et raccrocha. Ichigo observait droit devant lui, tenant toujours son portable à la main, le cœur battant et déjà dans l’expectative de son prochain rendez-vous. Le jeune homme arborait un sourire rayonnant, ce qui était assez inhabituel.
Ichigo se souvenait avec acuité de son départ de l’appartement de Renji et de leur marche nocturne quand il l’avait raccompagné jusque devant l’auberge, de sa main qui s’était glissée dans la sienne et du silence confortable qui régnait entre eux…
Se levant brusquement, Ichigo sortit une chemisette et un pantalon. Il se dirigea vers les douches et en profita pour se rafraîchir. Personne ne se trouvait dans cette partie du bâtiment à cette heure-ci.
Le jeune homme se sentait tout simplement heureux, le cœur cognant fortement dans sa poitrine, l’excitation le gagnant au fur et à mesure que l’heure du rendez-vous approchait. Quelque part, Ichigo se sentait fébrile, comme s’il s’agissait du premier rancart auquel il se rendait.
Les deux heures lui semblèrent interminables, mais lorsque le rendez-vous arriva, le jeune homme quitta rapidement le bâtiment, ce qui surprit Il Forte et ses acolytes qui surveillaient les déplacements du roux. Le blond décida de le suivre. Il trouvait qu’Ichigo était soudain bien agité. Qu’est-ce qui pouvait bien bouleverser cet aveugle sexy ?
Ichigo se retrouva bientôt sur le trottoir et resta un instant figé. Où se trouvait Renji, maintenant ? La voix chaude de son amant lui parvint, amicale, juste devant lui.
— Ichi… Je suis heureux de te voir…
Un lent sourire vint sur les lèvres du roux, qui s’avança jusqu’à Renji. Le Dieu enlaça le jeune homme, qui se redressa et embrassa son amant voluptueusement. L’immortel réagit immédiatement à la douce pression sur ses lèvres et retourna le baiser avec ardeur.
— Tu m’as manqué… rétorqua le roux. Ton voyage s’est bien passé ?
Un grand sourire s’afficha sur le visage du Dieu, qui répondit très chaleureusement :
— J’ai fait un excellent voyage. Maintenant, j’ai envie de passer tout mon temps avec toi. Viens, je t’emmène dans un restaurant qui m’a été chaleureusement recommandé par un oncle.
Ichigo haussa un sourcil et remarqua :
— Tu as l’air d’avoir une famille importante…
— Hum… envahissante, surtout !
Renji songea à sa mère, à son grand-père et aux autres Dieux qui, à chaque fois, attendaient impatiemment son « rapport » sur sa relation avec le jeune homme.
— Cela te préoccupe ?
— Juste… ma mère… mais assez parlé de ma famille. Parlons de choses beaucoup plus légères.
Ichigo s’interrogea sur la famille de son amant, mais n’eut pas trop le temps de le questionner à ce propos. Renji entraîna le jeune homme dans une découverte de la ville. Un sourire éclaira le visage de l’étudiant, qui se demanda si son amant n’avait pas appris le guide touristique par cœur avant de venir…
°°0°0°°
Grantz épiait le couple un peu plus loin. L’étreinte que les deux hommes avaient échangée ne laissait aucun doute sur la nature de leur relation. Un froncement de sourcils barrait son visage. Qui était ce type ? C’était une montagne de muscles et il n’avait rien d’un adolescent attardé. Que foutait le roux avec un type pareil ? Le charisme de l’homme et son élégance laissèrent le blond perplexe et il continua à suivre les amoureux.
°°0°0°°
Ichigo n’était pas pressé de rentrer. Cela faisait deux heures que Renji et lui marchaient en ville. Il se faisait tard et l’immortel demanda presque abruptement :
— Ichigo… cela peut te sembler brusque, mais je voudrais que tu viennes vivre avec moi. Tu sais que je ne serai pas souvent présent et tes études ne vont pas nous laisser beaucoup de temps non plus… enfin, je voudrais juste que nous puissions vivre une vraie relation, toi et moi, profiter de tous les instants qui nous seront accordés… Alors…
— J’accepte !
Surpris, Renji se tourna vers l’étudiant qui avait levé son visage vers lui. La physionomie du jeune homme était déterminée.
— Pas… demain, enchaîna-t-il. Mais laisse-moi quelques jours pour régler mes affaires… j’aimerais profiter du temps qui nous est accordé, également. La vie est pleine de surprises et je veux… être près de toi !
Le Dieu enlaça le jeune homme en pleine rue et de nombreux regards se posèrent sur le couple. Renji s’en moqua ; quant à Ichigo, habitué à être un centre d’attention mais privé de la vue… seule la chaude présence de son amant comptait. Qu’importe s’ils étaient au milieu de la rue ! Renji lui apportait un sentiment de bien-être qu’il n’avait pas ressenti depuis des années et son amour le poussait à agir comme jamais auparavant. Il aimait son amant du plus profond de son cœur et le fait d’être si proche de lui le comblait de bonheur.
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Ichigo regagna la pension en catimini de bonne heure le lendemain matin, après une nouvelle nuit avec Renji. Il se changea rapidement dans sa chambre. Peu de temps après, le roux, allongé sur son lit, réalisait qu’il avait accepté de partager sa vie avec le conseiller matrimonial et son cœur bondissait dans sa poitrine.
Ses souvenirs se focalisaient sur la soirée qu’ils avaient passée. Les yeux du jeune homme se refermèrent. Non pas que cela change quoi que ce soit pour lui… Ses bras s’enroulèrent autour de sa silhouette et le jeune homme se mordilla nerveusement la lèvre. Les changements brutaux dans sa vie, aussi inattendus que bienvenus, lui donnaient l’impression de se réaliser, enfin.
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Une heure après la fin de ses cours, Ichigo se dirigea vers le jardin et sortit son portable pour contacter sa mère. Cette dernière étant encore absente, il discuta quelques minutes avec sa sœur Karin, qui bondissait de joie à l’idée d’avoir été sélectionnée dans l’équipe nationale de football.
Ichigo la félicita chaleureusement, vraiment ravi que la vie de sa sœur prenne enfin le tournant qu’elle attendait désespérément depuis quelques mois. Le jeune homme raccrocha avec un sourire et resta un moment pensif, profitant du calme dans le jardin de l’auberge.
Il n’avait pas parlé de sa relation avec Renji à Karin… l’étudiant souhaitait en discuter directement avec son père et sa mère avant d’en parler avec sa sœur.
Lorsqu’il se décida enfin à rentrer, une voix moqueuse l’arrêta net.
— Oï, Kurosaki, où comptes-tu aller comme ça ?
Le roux laissa échapper un petit soupir exaspéré, mais ne releva pas. Il voulut prendre une direction différente d’où provenait la voix d’Il Forte.
À peine avait-il esquissé un geste qu’il fut attrapé et violemment projeté contre un pilier en pierre. L’aveugle grimaça et fronça les sourcils.
Immobilisé et fermement maintenu contre la colonne, Ichigo sentit une présence devant lui et comprit que, même s’il avait entendu la voix d’Il Forte, ce n’était pas lui qui le retenait prisonnier et d’autres présences semblaient l’entourer : ils devaient être quatre ou cinq en tout.
— Qu’est-ce que tu fous ? demanda le roux entre ses dents.
En même temps qu’il parlait, le jeune homme essayait de se dégager de la prise de son agresseur. Mais la poigne de fer l’empêchait de décoller ses poignets épinglés au-dessus de lui.
L’haleine chaude qui vint le caresser lui donna envie de vomir. Comment allait-il se sortir de cette situation délicate ? Son cœur battait furieusement dans sa cage thoracique, pulsant de colère et d’un cuisant sentiment d’impuissance.
Un doigt vint caresser le visage d’Ichigo, qui sursauta, et la voix de Grantz reprit :
— Alors… tu fais moins le malin, Kurosaki ?
— Arrête tes conneries tout de suite…
Une langue vint lécher le lobe d’oreille d’Ichigo, qui rua violemment, surprenant son agresseur au point qu’il faillit le laisser s’échapper.
— Fais attention à ce que tu fais, Edouardo…
— Pardon… mais j’pensais pas qu’il essaierait de s’enfuir !
— Boucle-la et tiens-le !
Un soupir exaspéré se fit entendre et Grantz reprit :
— Donc… j’en étais où ? Ah oui… c’est qui, ce gars avec qui je t’ai vu sortir avant-hier soir ?
— Pourquoi ? Tu fais une enquête ? Tu fais partie de la police ?
— Non… mais je t’ai fait une proposition et… je vois que, toi, tu t’envoies en l’air avec un type… quoi, il a l’air d’avoir quel âge ? Trente… trente-cinq ans. Et friqué, apparemment… tu t’ennuies pas ! Donc, je vais profiter moi aussi… Depuis le temps que je te cours après, ça sera une sorte de récompense.
— Ah oui ? Tu es obligé d’emmener tes copains avec toi ? grinça Ichigo.
Le cœur du jeune homme se mit à battre plus vite…
— Comme dit le dicton : « plus on est de fous, plus on rit… »
— La ferme ! hurla Ichigo, qui commençait à avoir peur.
Le roux se mit à se débattre furieusement, mais plusieurs mains vinrent se plaquer sur son corps. La panique se mit à le gagner et, dans son enfer d’obscurité, il se débattait contre ses agresseurs et contre lui-même. Il ne voulait pas…
Ichigo entendit clairement ses vêtements se déchirer. Le jeune homme ne se rendit pas compte du coup qu’il se prit sur le visage. Celui-ci éclata son arcade sourcilière. Seule la chaleur du liquide poisseux lui fit prendre conscience de la violence des coups qu’il encaissait.
L’étudiant utilisa toutes les parties de son corps pour rendre coup pour coup mais, bientôt, il se retrouva nu sur le sol, plaqué par des mains qui semblaient le parcourir de partout. Ichigo sentit une violente nausée tordre son estomac et il serra les lèvres pour retenir son envie de vomir. Il n’avait plus la force de se battre…
Puis l’image de Renji lui vint en tête et, au moment où ses adversaires crurent que le jeune homme était à leur merci, Ichigo, entraîné par son instinct, porta un violent coup à l’homme qui vint au-dessus de lui pour le posséder. Un choc d’une extrême violence se fit entendre. Ichigo n’eut aucune seconde d’hésitation et frappa son agresseur avec virulence, aussi fort qu’il le put.
Des gémissements sourds et des plaintes de douleur se firent entendre. Ichigo se sentit plaqué abruptement contre le sol ; sa tête claqua contre le bitume. Le jeune homme sentit dans sa bouche le goût métallique du sang sur sa langue : il se l’était mordue durant le choc. Le jeune homme encaissa des coups de pied et se recroquevilla en position fœtale pour se protéger au maximum. Bientôt, des voix vinrent se superposer aux cris de rage et les coups s’arrêtèrent. Le jeune homme ne bougeait plus.
Ichigo sentait qu’on jetait quelque chose sur son corps, mais il était incapable de réagir. Vaguement, la voix d’Uryuu lui parvint aux oreilles… Incapable de répondre, et même de bouger, le roux resta allongé, immobile. Il entendit son sempaï appeler les urgences et, bientôt, la cour intérieure fut envahie de curieux, rapidement évacués des lieux par le corps enseignant. Les yeux du roux se fermèrent… il voulait oublier ce cauchemar et sombrer dans l’oubli.
°°0°0°°
Lorsque le jeune homme ouvrit à nouveau les paupières, un horrible mal de crâne martelait sa tête. La voix d’Hisagi s’éleva près de lui :
— Ichi… ça va ? Tu… tu…
— La ferme, Hisagi… marmonna froidement Uryuu. Kurosaki, tu nous as fait peur ! T’es inconscient depuis hier soir !
Ichigo avait du mal à se remémorer les derniers événements. Quelque chose de grave s’était produit, mais il n’arrivait plus à remettre les choses en place dans sa tête. Il avait mal à la langue et articula avec difficulté :
— Pardon ?
— Tu ne te souviens plus ? demanda Izuru.
— Non…
— Bon sang ! s’exclama Hisagi. Nous, on était morts de peur ! Par contre, Il Forte, il n’est pas prêt de revenir te chercher des noises. Le coup que tu lui as porté était tellement violent qu’il en est quitte pour porter une minerve…
— Renji ! s’exclama Ichigo abruptement.
— Qui c’est ? demanda Hisagi.
— C’est…
Ichigo n’eut pas le temps de finir sa phrase que la porte de sa chambre s’ouvrit. Hisagi, Ishida et Kira virent apparaître un homme très grand en costume sombre. Les tatouages qu’il portait sur le front et la longue tresse écarlate dans son dos dénotaient avec sa mise, mais il dégageait un charisme impressionnant, comme s’il emplissait toute la pièce par sa seule présence.
— Ichigo !
Le jeune homme sursauta en entendant la voix de son amant, puis une étreinte — qui lui rappela son agression de la veille — se verrouilla autour de lui. Le roux eut un geste de protection et émit un gémissement étouffé. Renji fronça les sourcils en voyant le corps de l’étudiant se recroqueviller. La voix d’Ishida claqua froidement :
— Laissez-le ! Il a subi assez…
La voix d’Ishida s’éteignit en croisant le regard rouge de l’homme.
— Qui êtes-vous ? demanda le Dieu.
La voix de Renji était glaciale et les trois étudiants se figèrent. La menace qui se dégageait de l’homme les cloua sur leurs chaises. La voix d’Ichigo résonna derrière l’homme qui les sondait :
— Renji… ce sont… ils m’ont sauvé…
— Oh…
Au grand soulagement des trois étudiants, Renji se tourna à nouveau vers le roux, qui frissonnait inconsciemment. Doucement, le Dieu se pencha vers son amant et murmura à son oreille :
— Je suis désolé… je n’étais pas là !
Un petit silence s’installa entre eux et Renji reprit :
— Lorsque tu sortiras d’ici… tu viendras directement vivre chez moi. Je ne te laisse plus seul.
— Je n’ai pas besoin d’être protégé ! protesta Ichigo, contrarié.
— J’ai besoin de me sentir rassuré.
Une des mains de Renji avait glissé derrière la nuque du jeune homme. Uryuu, Izuru et Shouhei étaient stupéfaits par la scène devant leurs yeux. Il était incontestable qu’ils formaient un couple.
Mais qui aurait pu imaginer que le petit ami d’Ichigo puisse être un homme de cette envergure ?
De plus, le dénommé Renji les ignorait superbement et chacun d’entre eux préférait ceci au regard presque polaire qu’il avait jeté sur eux au départ. Il devait être tout simplement terrifiant quand il était en colère.
— Renji…
Un frisson traversa Ichigo en se souvenant de la scène qu’il avait vécue la veille.
— Tu sors quand ? demanda Renji tendrement.
— Je ne sais pas…
Les trois étudiants sortirent discrètement de la pièce sans qu’aucun des deux autres protagonistes ne se rende compte de leur départ. Un silence s’installa entre les trois jeunes hommes et, après un dernier regard, ils s’éloignèrent de la chambre sans un mot.
°°0°0°°
Dans la chambre, Isshin attendait Ichigo, qui sortait de la salle de bain. Il était venu voir son fils en catastrophe lorsqu’il avait appris son hospitalisation. Il était décidé à le raccompagner jusqu’à l’auberge, et rien n’aurait pu l’en faire démordre tant il se sentait coupable de l’incident dont son fils avait été victime. Le roux entendit la voix de son père :
— Prêt, fils ?
— Oui…
— Bien. Je te raccompagne à la pension. Je vais discuter avec le directeur ! J’espère qu’il donnera une correction à la hauteur à ce garçon ! Sinon, je me charge de lui.
— Je… papa ?
— Oui ?
— Il faut… il faut que je te dise quelque chose…
Isshin se tourna vers Ichigo, qui semblait soudain gêné. Le roux avait décidé d’annoncer la nouvelle sur sa relation avec Renji et d’avouer son homosexualité à son père. Il le fallait, car si son père et son amant se rencontraient… que pouvait-il arriver ?
— Qu’y a-t-il encore, fils ?
— Papa… j’ai… quelqu’un dans ma vie…
La voix du jeune homme s’éteignit au fur et à mesure. Isshin fut surpris par la déclaration, puis se dirigea vers son fils pour lui donner une claque dans le dos :
— Félicitations, Ichigo… Quand est-ce que je vais pouvoir la rencontrer ?
La porte s’ouvrit soudainement et les deux hommes se tournèrent. Isshin croisa un regard rouge. Ichigo entendit la voix chaleureuse de Renji, qui déclara :
— Ichigo, je suis venu te chercher…
Le Dieu observa le père d’Ichigo quelques instants et suspendit sa phrase. Ichigo prit une décision au fond de lui et déclara avec fierté :
— Papa, je te présente… « mon » petit ami, Renji.
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