Renji resta figé à la porte quelques secondes, tandis qu’Isshin ouvrit les yeux sous le choc. Ichigo rougit légèrement mais resta de marbre. De toute façon, si Renji et lui devaient vivre ensemble, autant que son père soit au courant. Le Dieu se reprit et se dirigea droit vers Isshin, qui observait toujours Renji, surpris.
— Enchanté, Monsieur…
L’homme aux cheveux rouges tendit une main franche et directe à son futur beau-père, qui baissa les yeux, bougea mécaniquement la main et la tendit pour enserrer celle de Renji.
Isshin se reprit, offrit un sourire à l’homme et serra fermement sa main.
— Je ne m’attendais certainement pas à cela… Mais… bienvenue dans la famille Kurosaki…
Isshin observa Renji, qui se tenait devant lui. Les yeux rouges profonds posés sur lui contenaient… quelque chose qu’il ne pouvait définir autrement que « vieux » ou « ancien ». Même s’il avait l’air d’avoir une trentaine d’années, Isshin fut frappé par la présence du « jeune » homme, comme si sa nature était intemporelle. Il fut favorablement impressionné par Renji et c’est avec honnêteté qu’il l’accueillait dans la famille Kurosaki.
— Merci, Monsieur…
Le Dieu espérait faire bonne impression sur le père de l’homme qu’il aimait. Renji pensa qu’il aurait déjà bien des soucis avec sa propre famille, sans se coltiner celle de son amant sur le dos. Isshin lui plut immédiatement par sa droiture évidente et son air jovial.
Ichigo avait senti les premières hésitations des deux hommes, mais l’atmosphère s’était nettement détendue quand Isshin avait souhaité la bienvenue à Renji. Une main vint saisir la sienne : l’étudiant fut surpris, et il sut que c’était son amant qui avait glissé sa main dans la sienne. Cette chaleur inimitable et ce parfum de fleurs qui envahissaient ses narines à chaque fois qu’il était proche… c’était saisissant.
— Ichigo et moi allons emménager ensemble. Je suis venu le chercher pour l’installer directement dans mon appartement. Toutefois, je voulais récupérer les affaires d’Ichi avant de me rendre chez moi. Voulez-vous nous accompagner ?
L’estomac d’Ichigo se tordit, mais quand il entendit la voix d’Isshin, amusée, il se sentit soulagé :
— Oh… vous allez vivre ensemble ? C’est soudain… mais si c’est le choix d’Ichigo et le vôtre, je m’incline. J’accepte avec plaisir. Je vais tout de même aller rendre visite au directeur de cet établissement. Je lui ai confié mon fils en toute confiance…
— Moi, je vais m’occuper de rendre une petite « visite » à ce Il Forte…
Le petit ricanement inhabituel dans la bouche de Renji fit sursauter Ichigo, qui demanda :
— Que comptes-tu faire ?
Le Dieu posa les yeux sur son amant et se rendit compte de l’air préoccupé du roux. Renji ne put s’empêcher de passer un doigt tendre sur la joue du jeune homme.
— Ne te fais pas de souci pour lui. Je n’ai pas l’intention de le blesser. Je vais avoir une conversation « amicale » avec lui.
Isshin, qui observait Renji, fut saisi par la douceur qu’il exprimait envers son fils, qui contrastait violemment avec la dureté du regard. Son aura meurtrière le fit frissonner. Mais qui était ce type ? Il était évident qu’il était éperdument amoureux d’Ichigo, tout comme son fils semblait épris de lui. Mais… cette aura ? Les trois hommes quittèrent l’hôpital sans plus s’attarder.
°°0°0°°
Renji observait sa tenue, exaspéré. Il avait enfilé un jean et un polo ouvert sur trois boutons, dévoilant son torse puissant. Ses longs cheveux étaient remontés en une sorte de queue en épis. Comment sa fille, qui était passée le voir en coup de vent plus tôt, avait-elle encore osé l’habiller de cette manière ? Pourtant, il lui avait demandé de faire en sorte qu’il soit « discret ». C’était foutu, vu le nombre de passants qui l’observaient du coin de l’œil.
Les yeux du Dieu étaient cachés par une paire de lunettes noires. Il releva la tête pour fixer la pension qui se trouvait devant lui. Renji avait réussi à obtenir les informations dont il avait besoin grâce à son miroir et il attendait de pied ferme l’étudiant blond. Un lent sourire cruel se forma sur ses lèvres… Ce mortel avait osé toucher à l’amour de sa vie…
L’homme attendit environ une dizaine de minutes quand il repéra Il Forte en compagnie de ses amis. Renji suivit de loin le petit groupe, qui bifurqua soudain dans une rue isolée. L’homme ne se tracassa pas et suivit les cinq étudiants qui, bientôt, lui firent face dans la ruelle.
— Alors, le vieux… tu viens nous foutre une correction parce qu’on s’est occupés de ton aveugle ?
Renji plissa les yeux et rétorqua calmement :
— Cela t’amuse tant que ça qu’il soit aveugle ?
Il Forte ricana et répliqua, narquois :
— Bien sûr ! J’ai toujours voulu voir si la passion pouvait briller dans ces yeux qu’il cache. Ichigo est en plus super bien foutu… Que quelqu’un dépende de moi pour tout, et avoir le pouvoir sur lui… Oui, j’avoue que ça m’amuse et m’excite à la fois !
— Je vois… murmura Renji.
Eduardo se dirigea vers Renji pour le coincer contre un mur et lui faire peur, mais à peine esquissa-t-il un geste vers le Dieu que ce dernier le propulsa contre le mur avec une violence inouïe. Les os du jeune homme craquèrent sous le choc. Les étudiants fixèrent, stupéfaits, Renji, qui semblait entouré par un vent circulaire. Tous étaient blêmes.
— Putain… t’es qui ? demanda D Roy.
— C’est maintenant que tu t’en inquiètes… souffla doucement Renji, le regard fixé sur le blond.
D Roy bondit sur Renji et l’homme se débarrassa facilement de son agresseur. Bientôt, tous les étudiants voulurent se sauver pour échapper à l’homme, qui était proprement effrayant. Il n’avait strictement rien à voir avec celui qui se montrait prévenant et aimant avec l’aveugle.
Renji murmura des incantations qui immobilisèrent ses victimes, puis fit un geste qui les ramena à lui. D’un mouvement de la main, il fit pivoter le corps des mortels, qui fixaient le Dieu avec frayeur. Un sourire cruel s’étalait sur les traits de l’homme. Ce dernier brisa quelques os aux sous-fifres du blond, qui tombèrent dans les limbes de l’inconscience. Seul Il Forte semblait flotter dans les airs et… intact ! Renji, d’un geste de la main, attira son jouet à lui.
Le Dieu souffla alors à l’oreille de l’étudiant, d’une voix polaire :
— Maintenant, Il Forte Grantz… tu vas savoir ce que c’est que de vivre comme un aveugle…
— Mais… mais… qui êtes-vous ? P… pourq… oi ?
Renji pencha le visage au-dessus de sa victime et la scruta. Un sourire satisfait étira ses lèvres et le Dieu répondit :
— Tu vas connaître la colère des dieux ! Tu vas connaître la colère d’Eros ou de Cupidon… choisis le nom qui me convient le mieux… personne ne touche à Ichigo.
Il Forte était livide et avait l’impression de se liquéfier sur place. Renji claqua des doigts devant les yeux de Grantz, et ce dernier hurla de douleur. Lorsque le jeune homme releva la tête et ouvrit les yeux, ces derniers ne voyaient que du… noir !
- Merde… que se passe-t-il ? Je ne vois plus rien… Oh mon Dieu… c’est… c’est une plaisanterie ?
- Tu pries Dieu ? répondit Renji froidement. Tu as touché au favori de l’un d’entre eux ! Tu vas goûter à l’existence telle qu’un aveugle la vit… Je te souhaite de t’en sortir aussi bien qu’Ichi… Sur ce…
Renji quitta la ruelle, laissant les étudiants blessés. Le visage du Dieu était sombre. Il n’aimait pas beaucoup utiliser ses pouvoirs sur de vulgaires humains, mais cette petite correction n’était pas imméritée !
°°0°0°°
Ichigo était plongé dans la rédaction de ses cours lorsqu’il sentit la présence de Renji derrière lui. Le jeune homme se tourna et surprit son amant.
— Renji…
— Comment as-tu su ?
Le visage du Dieu était perplexe et Ichigo laissa échapper un rire moqueur avant de répondre :
— Ton odeur te trahit…
— Hum… je vais me méfier, alors !
Renji encadra le visage de son amant et l’embrassa. Ce dernier répondit aux baisers avec ardeur, ses mains remontant sur les bras de l’homme, plus âgé. Lorsqu’ils se séparèrent, un léger filet de salive les reliait. Renji eut un léger sourire et demanda à son amant :
— Tu peux sortir ce soir, ou tu souhaites rester à la maison ?
Ichigo fut surpris par le terme « à la maison ». Ce terme lui semblait tellement exotique et envoûtant. Il aimait vivre avec Renji, qui était prévenant avec lui. Toutefois, ce dernier évitait de le traiter comme un infirme.
— Ce soir… je voudrais rester ici. J’ai encore pas mal de boulot.
Le roux fronça les sourcils. Le Dieu demanda, soucieux :
— Quelque chose ne va pas ?
— C’est que je risque de ne pas être très disponible et…
— Je le savais avant que nous n’aménagions ensemble. Pour moi, tes études ne sont pas une entrave, tant que cela me permet de rester près de toi.
Ichigo resta pensif, fixant l’obscurité avec intensité. Son amant lui disait-il la vérité, ou bien essayait-il de le ménager ? Le jeune homme sentit une main glisser dans ses mèches avec sensualité. La voix de son amant se fit câline près de son oreille :
— Allez… bosse, pour que je puisse m’occuper de toi ensuite !
— Ma…
— Je dois m’absenter, alors travaille bien !
— Que fais-tu ?
Renji haussa un sourcil et Ichigo se mordit la lèvre inférieure. Il regrettait déjà la question. Le Dieu répondit au mieux à la question de l’étudiant.
— Je… je dois rendre visite à ma « chère » mère.
— Tu n’as pas l’air enchanté…
— Pas vraiment ! C’est… une empêcheuse de tourner en rond. Je l’aime, mais parfois, elle s’incruste un peu trop dans ma vie.
Ichigo rit doucement et murmura :
— J’ai du mal à t’imaginer en fils modèle…
Le Dieu marmonna quelque chose entre ses dents, mais suffisamment bas pour qu’Ichigo ne comprenne pas son propos. Ce dernier fronça les sourcils et demanda, soucieux :
— Si quelque chose n’allait pas… tu me le dirais, n’est-ce pas ?
Un léger silence s’installa, et Renji rétorqua calmement :
— Parfois, le silence est préférable… mais si quelque chose d’important arrivait, je te le dirais.
— Réellement ?
— … oui.
Renji se pencha et embrassa brièvement l’étudiant, qui ne réagit pas sur l’instant. Comme son amant recula rapidement, le jeune homme se mordilla la lèvre, inquiet de ce brusque départ. La main d’Ichigo resta un moment en suspens, comme s’il essayait de retenir son amant près de lui. Ce dernier n’avait pas vu son geste et la tête du roux s’inclina comme pour une défaite.
Le jeune homme ne sentait plus la présence chaleureuse du conseiller matrimonial. Le léger malaise de Renji ne lui avait pas échappé. Qui était la mère de son amant ? Renji lui aurait-il caché quelque chose ?
Comme le cœur du jeune homme se serrait presque à l’étouffer, il décida de se concentrer sur ses devoirs et d’ignorer cette brutale inquiétude qui l’avait envahi.
°°0°0°°
Renji avait vu l’anxiété dans l’expression d’Ichigo, mais il ne pouvait pas lui expliquer sa position, et surtout les manigances de sa mère, qui essayait de s’immiscer à nouveau dans sa vie. Le Dieu avait vu le geste du jeune homme qui avait voulu le retenir. Mais… il devait régler certaines choses avant. Encore !
Le Dieu changea sa tenue moderne pour un kimono noir bordé de blanc en soie. Il relâcha ses cheveux et se dirigea vers la pièce réservée à la porte des dimensions. Les premières personnes que Renji croisa en traversant le jardin de l’Olympe furent Yachiru et Rangiku. Ces dernières l’attendaient de pied ferme. La rousse se précipita vers son ex-mari, affolée :
— Renji… ta mère…
— Oui ?
— Elle… te cherche. Nell semble furieuse…
— Je vais la voir…
— Méfie-toi. Tu ne seras jamais trop prudent !
Rangiku se mordillait nerveusement les lèvres. Yachiru déclara, décidée :
— Je reste avec toi ! On ne sait jamais…
Renji baissa les yeux vers sa fille et marmonna :
— Laisse-moi m’occuper de Nell.
Le Dieu laissa les deux femmes et continua sa route vers son palais. Renji vit plusieurs dieux en cours de route mais ne s’arrêta pas pour les saluer, contrairement à son habitude. Son froncement de sourcils ne laissait rien présager de bon. Devait-il demander conseil à son père ?
Après tout, il avait supporté sa mère… Soudain, le visage de Nnoitra s’imposa à lui et il grimaça…
Pas la peine non plus d’aller voir Yami, ce dernier avait certainement d’autres chats à fouetter. Son grand-père ? Non… il serait capable de jeter son dévolu sur Ichigo en compensation. Tout à ces réflexions, le Dieu entra dans son palais…
°°0°0°°
Renji capta immédiatement la présence à l’intérieur de sa demeure. D’un pas décidé, il traversa les pièces pour arriver dans le grand salon où sa mère se tenait, un verre d’ambroisie entre les mains.
— Alors… comme ça, tu passes tout de suite à l’attaque ? Je n’aurais pas cru cela de toi, mon fils. Cet humain est juste un amusement… je refuse que tu…
— Tais-toi ! Tu es chez moi et tu n’as rien à faire ici ! rétorqua sèchement son fils.
— Je suis partout chez moi ! s’offusqua Nell.
— Je te demande de me laisser tranquille…
— Hors de question ! Je ne perdrai pas comme un mortel ! Tu es « cupidon » et tu ne peux pas tomber amoureux !
Renji observa sa mère. Seuls ses yeux bougeaient, enregistrant chacun des gestes de la déesse. Nell était tout simplement magnifique dans sa robe rouge lie-de-vin. Le drapé mettait en valeur sa poitrine, que ce dernier cachait à peine. L’échancrure à la jambe remontait presque à la hanche. Le regard du Dieu, pourtant, contrairement à celui d’un humain, d’ailleurs, était fixé sur les yeux verts où une colère contenue perçait malgré tous les efforts de Nell.
— Renji… tu vas me virer cet humain… ou… ou je ferai en sorte qu’on ne retrouve plus son corps !
— Touche seulement à un seul de ses cheveux et je te le ferai amèrement regretter…
Ses paroles sortaient comme un grondement. La déesse de l’Amour resta un instant stupéfaite et ses yeux s’élargirent.
— Tu oses me contredire et… me défier ?
— Ichigo est tout pour moi.
— Tu viens juste de le rencontrer ! hurla Nell, contrariée.
— Ce ne sont pas tes affaires ! Retourne à l’Olympe… je suis sûre que Yami doit encore te chercher !
— Ne t’occupe pas de mon mari…
— Et papa ?
Nell, qui marchait de long en large depuis quelques minutes, nerveusement, s’arrêta et jeta un bref regard de défi à son fils :
- Ton père ne s’occupe pas de mes affaires…
- Tu devrais suivre son exemple, tu n’en porterais que mieux et moi aussi, par la même occasion.
- Je t’interdis…
- Quoi ? De vivre ? Tu me pourris la vie depuis des siècles !
La voix de Renji était tendue et froide.
— J’ai la chance d’être aimé pour moi, sans rien attendre en retour, et moi aussi je l’aime. Ichigo compte énormément pour moi. Que voudrais-tu qu’il m’arrive de pire… à moins que tu ne préfères que je passe mon temps près de toi par pur égoïsme ? Tes nombreux amants ne te suffisent plus ?
Le bruit sec d’une gifle se fit entendre. Renji ne bougea pas la tête et continua d’observer sa mère, froidement. Nell resta figée par son geste. La Déesse prit sa main dans l’autre et une lueur de désarroi flottait dans ses yeux. Elle reprit, un sanglot dans la voix :
— Il est humain, Renji… Il va vieillir. Veux-tu souffrir au moment de sa mort ?
— Je l’amènerai dans l’Olympe !
— Tu n’es pas Sosuke !
— J’irai le voir s’il le faut… je suis sûr que Grand-père acceptera que j’emmène Ichigo ici avec moi.
Un long silence s’ensuivit et Nell se rendit compte à quel point la détermination de Renji était farouche. Nell ferma les yeux quelques instants… Devait-elle perdre son fils pour son propre aveuglement ? Sa réflexion en amenant une autre, un plan se forma dans sa tête. La Déesse se tourna alors vers le Dieu de l’amour et déclara doucement :
— J’accepte !
— Pardon ?
Renji avait répondu par réflexe. Ses yeux s’étaient agrandis sous la surprise. Elle acceptait si vite, presque sans se battre ? La jeune femme reprit :
— J’accepte que tu vives avec Ichigo. Mais il y a une condition pour que tu puisses vivre avec ton amoureux.
Le Dieu plissa les yeux. Que cachait sa mère ? Curieux, il demanda presque malgré lui :
— Laquelle ?
— J’accepte que tu vives avec Ichigo à la condition que ce dernier ne voie pas ton visage.
Renji haussa un sourcil, surpris.
— C’est quoi, cette condition stupide ! Il est aveugle…
— C’est vrai… mais promets-moi que, s’il recouvre la vue, il ne pourra jamais voir ton visage tel qu’il est. S’il devait voir ton visage, tu seras condamné à revenir ici, à l’Olympe, sans aucune explication. Et à cette seule condition, j’accepte que vous viviez ensemble.
Toujours sous le choc de la demande, qui lui semblait saugrenue, le Dieu se demanda si sa mère n’essayait pas de lui tendre un piège. Se souvenant que son amant ne risquait pas de voir un jour, Renji fit la promesse.
Après tout, Nell lui donnait la permission implicite de vivre avec Ichigo. La Déesse observa longuement son fils et finit par le quitter sans aucune parole.
Renji observa un long moment la silhouette gracieuse qui s’éloignait. Finalement, un sourire éclaira son visage. Il n’avait plus d’obstacle à son bonheur.
°°0°0°°
Renji se trouvait devant son grand-père, qui le regardait, incrédule. Ce fut cependant Retsu qui l’interrogea :
— Tu es sûr de ce que tu dis ?
— Certain… il y a juste cette condition…
— Elle cache quelque chose ! déclara Sosuke, pensif.
Les yeux chocolat étaient à moitié recouverts par ses paupières. Pourtant, Renji vit briller, derrière les longs cils de ce regard, une lueur insidieuse. D’ailleurs, le Dieu des Dieux rétorqua :
— Après tout… c’est ma fille !
— Tu reconnais ton esprit fourbe ? demanda légèrement, ironique, son épouse.
Sosuke jeta un bref regard à sa femme pour reporter son attention sur son petit-fils. La voix traînante du brun reprit calmement, ignorant délibérément la question :
— Pourtant, cela ne met pas Ichigo en « sécurité ». Tu reconnaîtras que votre situation est assez fragile. N’oublie pas que nous avons nos règles qui n’ont rien à voir avec celles des humains. De plus, en tant qu’humain, Ichigo sera une proie facile, et pas uniquement pour ta mère… S’il s’était agi d’une femme… nous aurions pu la hisser en tant qu’épouse et lui donner un « statut ». Mais la situation est différente ici.
Je ne vois pas en quoi ! déclara Retsu.
Les deux hommes se tournèrent, surpris, vers la déesse. Sosuke haussa un sourcil et demanda sereinement :
— Que veux-tu dire par là, Retsu ?
La déesse eut un petit sourire. Elle jeta un regard amusé vers le plus jeune des deux et déclara :
— Si tu veux protéger Ichigo de ta mère et des autres dieux qui pourraient avoir envie de blesser ton amant, donne-lui un statut parmi nous. Je ne dis pas que cela lui évitera les écueils, mais au moins, si le pire devait arriver… même si vous devez être séparés, personne n’osera le toucher. Et tu lui assureras un « avenir » par le sceau qu’il recevra.
— Comment ?
Soudain, les yeux de Sosuke s’ouvrirent franchement et il se tourna vers son épouse :
— Ne me dis pas…
— Si, exactement, mon cher Sosuke… Je propose ni plus ni moins qu’un mariage entre Renji et Ichigo. Et qui mieux que moi pourra organiser cette cérémonie.
Renji était comme foudroyé sur place. Retsu, quant à elle, arborait un doux sourire malicieux.
— Tu n’as plus qu’à fixer la date ! finit la Déesse des mariages.
« et l’annoncer à Ichi… » songea Renji, soudain écarlate.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)