This could be heaven :6

Lundi 6 juillet 2009


Ceci est l’avant-dernier chapitre…


Ichigo sortait des cours et il se sentait mal à l’aise. Il avait appris plus tôt qu’Il Forte avait été admis à l’hôpital et, apparemment, il n’était pas près de revenir à la fac. Le jeune homme n’avait pas réussi à tirer plus d’informations du professeur. Quelqu’un s’était vengé sur l’étudiant ? Renji ? Ou un de ses amis ?

Le roux prit la direction de la sortie, préoccupé. Il songea à son amant. Renji n’était pas revenu depuis la veille et aucun des domestiques n’était capable de lui répondre. Ou plutôt, ils refusaient de lui répondre. Pourquoi ? De plus, les allées et venues du conseiller matrimonial le laissaient perplexe. Était-il vraiment conseiller matrimonial, d’abord ?

Ils vivaient dans le luxe. Il était aveugle, mais pas idiot. Vivre avec Renji lui faisait comprendre, avec une conscience accrue, les deux mondes différents desquels chacun provenait. Ichigo se promit d’interroger son amant pour en savoir plus. Après tout… il pouvait bien lui en dire plus sur sa vie…

°°0°0°°

Ichigo mangea seul une nouvelle fois. Le cliquetis de ses couverts résonnait dans la pièce vide. Le roux ne put finir son assiette. Que faisait Renji ? Pour passer le temps, espérant toujours au fond de lui que son amant refasse surface, le jeune homme s’installa dans le salon et mit en route la chaîne laser.

La musique occupa ses pensées et Ichigo finit par s’asseoir sur un des confortables canapés qui jalonnaient la pièce. Le jeune homme finit par s’allonger et se laissa distraire par le fond mélodieux d’une musique pop décrivant le tourment de l’amour. Cette dernière était à l’unisson avec son état d’esprit.

Un peu plus tard, Ichigo s’était planté devant la baie vitrée de leur chambre et observait le dehors… même s’il ne voyait pas. Le fait de poser son front contre la surface glacée et lisse lui donnait l’impression que ses idées étaient plus claires.

Perdu dans ses pensées, il sursauta presque violemment lorsqu’il sentit deux bras enlacer ses épaules. Le souffle chaud dans son cou le fit frissonner. Les doigts de Renji parcoururent le torse de l’étudiant et firent glisser les pans de sa chemise jusqu’à ce qu’une de ses épaules soit dénudée. Ichigo ferma les yeux et une légère grimace modifia ses traits quand son amant mordilla sa peau découverte. Le jeune homme retint un gémissement et souffla :

— Je ne pensais plus te voir…

Le Dieu suspendit son geste. Le ton contrarié d’Ichigo lui laissait présager quelques explications. Déjà… Le roux profita du desserrement de l’étreinte pour se retourner et lui faire face. Le Dieu fut mal à l’aise en rencontrant les yeux ambrés. Il savait que son amant n’y voyait rien, mais l’air interrogateur n’en était que plus accusateur.

— Que fais-tu réellement, Renji ? Où étais-tu ?

Un léger flottement se fit sentir. Toutefois, Renji répondit :

— Je ne t’ai pas menti… je suis allé voir ma mère et nous avons eu une discussion. Ce qui m’a pris un peu plus de temps, par contre, c’est celle avec mes grands-parents, qui s’inquiètent pour toi…

Pour moi ? répéta Ichigo, incrédule. Pourquoi ?

— Disons… hum…

Renji se sentit soudain mal à l’aise… Comment expliquer que sa famille était composée de dieux soit complètement obsédés, soit animés de pulsions meurtrières ?

— Ma famille est très spéciale.

— Je pense que, pour chaque être humain, « sa » famille est « spéciale »…

— Pas comme tu l’imagines… rétorqua Renji, soudain accablé.

Le Dieu contempla quelques instants le jeune homme devant lui, et finit par lui tourner le dos. Renji se dirigea vers la baie vitrée se situant à l’extrémité de la pièce et s’accouda contre le mur. Sa main joua nerveusement avec une de ses mèches libérées. Un soupir s’échappa de ses lèvres entrouvertes et une barre soucieuse se dessina sur son front. Ichigo mesura la distance qui les séparait par les bruits qui les entouraient. Devait-il s’éloigner pour lui parler ?

Renji sursauta quand il sentit une main se poser sur sa taille. Ichigo ne supportait pas cet éloignement, même court. Il avait besoin de se réchauffer du froid qui l’envahissait peu à peu. Lorsqu’il enlaça son amant, il sentit le frisson qui l’étreignit à son contact.

— Elle est si difficile que cela, pour te tracasser autant ?

— Tu ne peux pas t’imaginer à quel point…

Ichigo sentait la détresse et la solitude qui s’étaient emparées de Renji. Il enroula ses bras autour de sa taille et s’appuya contre le dos large. La tête orange s’enterra entre les omoplates de son amant.

Bientôt, les deux hommes restèrent pensifs quelques instants. La raideur du corps de Renji ne laissait rien présager de bon pour Ichigo. Son impression fut renforcée par le ton crispé qu’il utilisa pour s’adresser à lui :

— J’ai… je ne sais pas comment te dire cela… marmonna l’homme, préoccupé.

Ichigo sentit son corps se tendre dans l’attente de la suite du discours de Renji, puis se laissa aller à nouveau contre son amant, attendant patiemment que ce dernier reprenne. Le conseiller matrimonial était toujours figé et, lorsque la voix grave continua son récit, Ichigo devint blême.

— En fait… pour ta sécurité au sein de ma famille, il est préférable que nous nous marions. Ma grand-mère voudrait procéder à notre mariage. Je sais… que c’est soudain, que c’est plutôt rapide…

— Et totalement impossible…

Renji se tourna vivement vers Ichigo et scruta les traits tirés du jeune homme. Un lourd silence plana et aucun d’entre eux ne voulut le briser, ne sachant comment, l’un comme l’autre, aborder le sujet. Une fenêtre entrouverte laissait filtrer le bruit lointain de la circulation citadine et le souffle à peine perceptible des dernières brises d’été ; Ichigo n’en avait jamais eu autant conscience qu’à ce moment-là…

L’étudiant entendit la respiration devenue difficile de son amant. Le bruit de tissu froissé lui fit froncer les sourcils. Que faisait Renji ? Ce fut la voix lasse de ce dernier qui reprit :

— Ichigo… ce n’est pas pour le folklore que je te demande de m’épouser. C’est qu’il est préférable de faire ainsi.

Voyant l’air blessé d’Ichigo, Renji traversa la pièce et prit le jeune homme dans ses bras. Un silence s’établit à nouveau, mais différent du précédent. Les bras puissants et chaleureux du plus âgé enlaçaient tendrement la silhouette plus frêle.

La main qui glissait dans les mèches oranges était douce, comme caressant une étoffe précieuse avec respect. Le front de Renji reposa sur le front d’Ichigo et leurs souffles se mélangèrent ; s’il avait eu l’opportunité de voir, Ichigo aurait vu la tendresse dans le regard de Renji, mais les gestes doux et chaleureux étaient plus éloquents encore. Le cœur du jeune homme fondit et il chuchota :

— Je trouve cela ridicule… se marier au cours d’une cérémonie qui, de toute façon, ne sera jamais reconnue par l’état civil.

— Elle sera reconnue auprès des dieux !

Ichigo rit doucement et rétorqua :

— Tu crois qu’ils poseront les yeux sur nous, simples mortels ?

— J’en suis persuadé…

La bouche de Renji était collée contre l’oreille de son amant, qui frissonna lorsque ce dernier grignota son lobe. Transporté par ces sentiments qu’il n’arrivait de toute façon pas à maîtriser en présence de Renji, Ichigo murmura :

— Alors, si cela peut te faire plaisir… j’accepte !

— Je ne veux pas que tu regrettes…

— À toi de faire en sorte que cela n’arrive jamais…

— Jamais…

Le mot avait été à peine chuchoté ; la bouche de Renji était déjà occupée à descendre le long de la nuque et ses mains à écarter les pans de la chemise du roux pour découvrir sa peau. Les questions qui avaient agité Ichigo pendant une partie de la journée s’étaient envolées ; il ferma les yeux et resserra l’étreinte autour des épaules de Renji, se laissant porter par ces sensations et les sentiments si forts qui étreignaient son cœur.

°°0°0°°

Un mois plus tard, Ichigo se retrouvait dans sa chambre en compagnie de sa mère. Cette dernière semblait excitée. Lui n’aspirait qu’à une seule chose… que cette fichue cérémonie soit finie, et le plus vite possible.

Lorsqu’il avait dit « oui » à Renji pour le « mariage »… pour lui, c’était juste les parents qui étaient invités. Or, lorsqu’il avait entendu le flot d’invités entrer… ses poils s’étaient dressés sur ses avant-bras.

Déjà, sa nervosité avait grandi au fil des semaines en entendant des « aménagements » effectués dans l’appartement. Jamais, il ne s’était attendu à pareille effervescence. Mais le pire… c’était que Renji lui-même s’était pris au jeu.

Ichigo avait rencontré la fille de Renji. Une adolescente avec de l’énergie à revendre. Elle semblait beaucoup l’apprécier et, parfois, se conduisait comme une mère avec son fils. Le pire, pour Ichigo, avait été l’ex-femme de Renji, qui semblait vouloir se jeter toujours à son cou.

Les formes généreuses plaquées contre lui le mettaient mal à l’aise… et surtout, le jeune homme se posait des questions sur la santé mentale de son « fiancé ».

Un soir, alors que la pluie ruisselait sur la baie vitrée de leur chambre et que Renji avait calé confortablement Ichigo contre lui, ce dernier, qui s’agitait, provoqua une interrogation chez son amant :

Dis-moi ce qui ne va pas ?

Rien…

Alors cesse de bouger comme si quelque chose te tracassait…

Ichigo fit longtemps le tour de la question et, finalement, craqua et, presque en pleurant, demanda :

Pourquoi es-tu tombé amoureux de moi ? Quand ta femme me colle, je vois bien que nous n’avons pas du tout… la même morphologie…

Renji avait éclaté de rire et, voyant l’air vexé du roux, se reprit et déclara solennellement :

— Je ne t’ai jamais considéré comme une femme. Tu es un homme et mes sentiments n’ont rien à voir avec le fait que tu sois un homme ou une femme. Je suis avec toi, parce que tu es toi !

Ichigo soupira à nouveau.

— Tu n’as pas l’air réjoui que l’homme que tu aimes veuille faire ce genre de cérémonie entre vous… Pourtant, je trouve cela follement romantique…

— Maman…

— Tu es nerveux ? Je l’étais également. Et je dois dire que l’assemblée est vraiment « particulière ». La famille de ton mari semble différente du reste des humains traditionnels. De toute façon, Renji est vraiment très beau et il possède un « je ne sais quoi » d’irrésistible. C’est dommage que tu ne puisses pas le voir…

Le roux, qui enfilait sa veste, sentit un pincement serrer son cœur. Il aurait tellement aimé « voir » de ses propres yeux l’homme qui le serrait dans ses bras chaque soir. Mais c’était un rêve impossible.

°°0°0°°

Renji faisait face aux différents dieux, déesses, muses et autres déités, ainsi qu’aux humains vivant dans l’Olympe, et les menaça :

— Si l’un d’entre vous ose porter le moindre petit doigt sur Ichigo ou sur sa famille avant, pendant ou après mon mariage, et ce pour l’éternité… ne verra plus les petits « arrangements » qui sont en cours concernant ses amours…

Les yeux de Renji se posèrent lourdement sur son grand-père, qui prit un air dégagé, ignorant la menace qui lui était spécialement adressée. Le reste de l’auditoire bougea inconfortablement sur ses chaises, chacun ayant justement un pacte avec Cupidon…

— Donc, si la moindre rumeur me parvient aux oreilles…

— Pourquoi stresses-tu autant, mon cher petit-fils ? demanda Sosuke, exaspéré.

— Pourquoi ? Et c’est toi qui poses la question ?

Renji serra les poings et quelques rires discrets fusèrent dans l’assistance. La porte s’ouvrit au même moment pour laisser passer Isshin, Yuzu et Karin. Tous se figèrent en sentant la tension palpable dans la grande pièce décorée pour l’occasion en autel fleuri.

— Euh… nous pouvons repasser…

— Non… je vous en prie. Prenez place !

Renji montra quatre sièges devant l’autel. Isshin traversa la salle, ses filles s’agrippant chacune à un de ses bras. Le directeur commercial était impressionné. Ces gens étaient « monstrueux », mais il ne saurait dire pour quelle raison.

L’ambiance était elle-même comme féerique et la clarté comme modifiée. Il se retrouva assis à côté d’une espèce de montagne et d’une femme d’une beauté à couper le souffle. Jamais il n’en avait vu de plus belle… l’expression « tombé amoureux au premier regard » pouvait s’appliquer à cette femme sublime.

Bientôt, Masaki le rejoignit, accompagnée d’une femme aux formes aussi pulpeuses que celle qu’il venait de quitter des yeux, et d’une adolescente aux cheveux roses. Les deux femmes s’installèrent à côté de la mère de Renji. Par contre, l’entente entre les trois femmes ne semblait pas des plus cordiales.

Isshin capta le regard angoissé de son « beau-fils », qui jetait des coups d’œil nerveux sur l’assistance, comme s’il s’attendait à voir un diable sortir de sa boîte.

Le père d’Ichigo ne put s’empêcher d’admirer le futur « mari » de son fils et le trouva terriblement séduisant dans son kimono sobre. Les longs cheveux rouges détachés étaient la seule note de couleur qui tranchait avec la sobriété affichée par l’homme. Sans compter les tatouages en haut de son front.

Mais Isshin trouvait que cela rehaussait le côté animal qui se dégageait de cet homme, qui était, pour lui, assez énigmatique… mais en découvrant sa famille, il lui semblait le plus abordable de tous.

Ichigo fit son entrée dans la pièce et Masaki se leva pour prendre place à côté de son fils. Elle aida le jeune homme à se repérer. Il était évident qu’il était dérouté par la profusion d’odeurs, de bruits et, surtout, par l’ambiance presque surnaturelle de la pièce.

Le cœur du jeune homme battait de manière assourdissante dans sa cage thoracique. Il avait envie de prendre ses jambes à son cou et de s’échapper. Pourquoi avait-il dit oui ? Il se donna une claque mentale… parce que c’est Renji qui lui avait demandé. Pourrait-il un jour lui dire non ? Il en doutait fortement.

Masaki lâcha le bras d’Ichigo et ce dernier fut repris par Renji, qui l’attira doucement à lui. Renji s’était senti gagné par une vague d’émotion en voyant le jeune homme entrer. Son costume noir lui seyait à merveille et son air contrarié lui allait de manière « adorable ».

Le Dieu se morigéna pour ce qualificatif. Pourtant, il ne pouvait en être autrement : dès qu’il voyait le roux… son cœur s’emballait sans qu’il puisse en reprendre les rênes avant un petit moment. Ses mains tremblaient immanquablement et il oubliait le lieu où il se trouvait dès qu’Ichigo se trouvait à proximité. Ses yeux ne se lassaient pas de parcourir du regard le corps et le visage de son amant.

C’est avec un certain trouble que sa main se saisit de celle d’Ichigo et la voix de sa grand-mère le réveilla brutalement :

— Dieux, déesses, muses, créatures de l’Olympe et humains… nous allons aujourd’hui unir ces deux hommes pour le meilleur et pour le pire… mais surtout le meilleur…

Retsu fit un clin d’œil à son petit-fils.

— Afin que ce couple puisse vivre en harmonie, loin des velléités de certains dieux…

Les yeux de la Déesse glissèrent vers Sosuke, qui haussa un sourcil, surpris. Et ensuite vers Nell, qui haussa les épaules.

— Et protéger ces deux âmes aux cœurs purs, afin qu’ils puissent vivre…

Ichigo n’entendit pas le reste. Pourquoi parler des dieux de l’Olympe ? Le jeune homme se sentait étourdi et c’est presque avec soulagement qu’il entendit les phrases fatidiques :

— Ichigo Kurosaki, voulez-vous prendre pour époux Renji Abarai, dit Cupidon ou Eros, ici présent ?

La mâchoire de l’étudiant pendit légèrement. C’était une blague ? Le roux sentit un petit coup de coude et sursauta. C’est inconsciemment qu’il répondit « oui », au grand soulagement de l’assistance. La question fut retournée à Renji, qui accepta immédiatement. La Déesse dit avec un sourire :

— Tu peux embrasser le marié, Renji…

Ichigo se sentait perdu, mais lorsque les lèvres chaudes et tendres s’emparèrent des siennes, il oublia un moment son égarement. Il entoura d’un bras les épaules de son amant et répondit au baiser de Renji. Les cris de joie de Yachiru accompagnèrent la scène et, bientôt, tous les invités se dispersèrent.

Isshin regarda, stupéfait, la famille de Renji… Il était évident qu’ils étaient des habitués des fêtes. Il regarda, inquiet, un des hommes présents. Il devait faire sa taille, ou un peu plus grand, large d’épaules et bien bâti ; ce dernier tenait ses cheveux attachés par des fleurs.

Les femmes qui l’entouraient semblaient particulièrement affectueuses… jusqu’au moment où une brune apparut. La jeune femme était tatouée sur les avant-bras et, un porte-cigarette vissé aux lèvres, elle déclara sur un ton préremptoire :

— Dégagez, les harpies… c’est mon homme ! Et aujourd’hui, ce n’est pas une fête pour vous… mais pour Renji, alors vous n’avez pas intérêt à faire du grabuge. Et toi, au lieu de glousser…

La jeune femme le menaça d’un doigt sous le nez.

— Retiens ton harem !

— Ma chérie, ma tendre, ma douce…

— Ouais, ouais ! Abrège… Shunsui… J’suis humaine, mais pas née de la dernière pluie…

C’était quoi, cette ambiance particulière ? Tous, apparemment, se prenaient pour des dieux ou presque.

Ichigo, quant à lui, était guidé par Renji, qui lui tenait fermement la main. Le jeune homme sentait parfois une main qui lui caressait les fesses et d’autres choses qu’il refusa d’interpréter, à tel point qu’il se colla soudainement à son mari, qui se tourna, surpris :

— Quelque chose ne va pas, Ichi ?

— Quelque chose… m’a frôlé… et je ne suis pas sûr de ce que c’était !

Renji jeta un regard incendiaire dans l’assistance, qui recula promptement.

— Tu ne seras plus incommodé à présent !

Et, effectivement, Ichigo fut tranquille pour le reste de la soirée. Lorsque tout le monde quitta l’appartement, l’étudiant fut soulagé. Tout s’était finalement bien passé. Renji, se retrouvant seul avec son mari, se mit à le faire tournoyer dans l’appartement pour le faire basculer dans le lit…

— Maintenant, je vais pouvoir assouvir ce désir qui me tenaille depuis que je t’ai vu entrer devant l’autel…

— Tu me vois tous les jours, Renji…

— Ce n’est pas assez !

Ichigo rit doucement et retourna brutalement son homme sur le matelas, puis murmura :

— À moi de t’aimer, ce soir…

Renji ne bougea pas et un léger sourire vint effleurer ses lèvres. Dieu qu’il l’aimait…

°°0°0°°

Les jours passèrent comme dans un rêve pour Ichigo. Les cours à la fac se passaient très bien et, parfois, Renji l’aidait pour leur permettre de prolonger certains instants intimes.

Renji ne cessait de le couvrir d’attention et de cadeaux, à tel point qu’Ichigo l’avait supplié d’arrêter. Il ne voulait qu’une chose, dans le fond : passer ses moments de liberté avec Renji. Autant qu’ils le pouvaient, ils sortaient au cinéma, au musée, à la bibliothèque (surtout pour Ichigo), mais aussi à la piscine où, à chaque fois, Renji remportait un vif succès. Renji avait même initié Ichigo au mini-golf.

L’homme aux longs cheveux se moquait d’Ichigo, qui se « planquait » derrière son handicap et n’osait rien entreprendre, ni d’activités différentes.

La semaine précédente, Renji et lui avaient grimpé sur un mur d’escalade. Le corps du roux tremblait encore sous l’adrénaline procurée par les sensations fortes, surtout quand il avait lâché la paroi ; mais les câbles l’avaient protégé.

Il se souvint avec émoi comment Renji s’était précipité pour le rejoindre et s’inquiéter de sa santé. Ils avaient ri un peu plus tard en songeant à cette expérience qui avait ravi l’aveugle.

Ichigo songea que Renji était devenu le centre de son univers. Leurs crises de fou rire ; la douceur du plus âgé, qui frôlait souvent ses doigts avec les siens pour lui indiquer sa présence ; les soirées qu’Ichigo passait à étudier et Renji, plus ou moins proche, qui le soutenait ; leurs nuits passionnées ; et les attentions quotidiennes, mineures mais qui le touchaient au plus profond de lui-même.

Il lui était devenu aussi indispensable que l’air qu’il respirait. D’aussi loin qu’il se souvienne, personne n’avait été aussi proche, aussi prévenant avec lui. Mais ce qui le touchait le plus, c’était que Renji le considérait comme un égal.

Pour lui, Ichigo n’était pas un infirme ou un demeuré, comme certains se complaisaient à imaginer un aveugle. Et, à chaque fois qu’il songeait à ce fait, Ichigo sentait les pulsations de son cœur augmenter de manière incontrôlable. Il espérait que tout ceci durerait le reste de sa vie… toujours…

°°0°0°°

Ichigo s’enroula un peu plus dans la couette. La fraîcheur de l’aube le réveilla, plus ou moins. Il sentait le souffle de Renji dans son cou et sa respiration calme et régulière de l’être profondément endormi.

Ils allaient fêter aujourd’hui leur premier anniversaire de « mariage ». Sans ouvrir les yeux, Ichigo se tourna sur lui-même et se blottit dans les bras qui l’entouraient. Ces instants paisibles étaient si agréables… si…

Le roux venait d’ouvrir les yeux et un voile recouvrait sa vue. Tout était flou, mais il percevait les couleurs. Son cœur se mit à cogner sourdement et il se détacha de Renji pour pouvoir se frotter les yeux.

Était-ce un rêve ? Il fit un effort et, petit à petit, sa vue se stabilisa, jusqu’à voir nettement ce qui l’entourait. Et le jeune homme eut le souffle coupé. Sa famille l’avait prévenu que tout était hors normes, mais…

Ichigo tourna brutalement la tête sur le côté et, avec les premiers rayons du soleil, le jeune homme vit son mari paisiblement endormi. Les mains du roux se mirent à trembler sous l’émotion, en devinrent moites, et le rythme déjà effréné de son cœur augmenta encore.

Renji était étendu torse nu dans le lit. Ses longs cheveux rouges étaient éparpillés autour de lui et la beauté de l’homme avait quelque chose d’irréel. Ichigo resta un long moment à se repaître de la vision de Renji endormi, notant chaque détail.

Il finit par s’allonger à nouveau près de son homme lorsque ce dernier chercha sa présence. Renji attrapa fermement Ichigo par la taille et le cala contre son corps en poussant un grognement de satisfaction. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il rencontra des yeux ambrés, malicieux…


Bonus

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)