Mercredi 4 février 2009
Le lendemain, Ichigo prit la route pour ses différents rendez-vous. Il laissa un message sur le répondeur de Jaggerjack et fila sur la voie rapide. La matinée passa à une vitesse folle et il déjeuna avec Kira et son patron, Shunsui Kyōraku. Il réussit à éviter l’overdose avec Shunsui, qui ne cessait de vouloir lui remettre un verre. Il eut l’intelligence de ne pratiquement pas y toucher ! La conversation roula sur beaucoup de sujets, jusqu’au moment où Kyōraku lui fit une proposition inattendue.
— Ça vous dirait de travailler pour nous ? demanda Kyōraku.
— Pardon ?
— Vous êtes franchement un très bon sommelier ! Et j’aurais aimé m’attacher vos services. D’autant qu’Ukitake est parti et que Jaggerjack-san n’est pas réputé pour avoir bon caractère, sa femme non plus d’ailleurs… finit-il, songeur.
— Écoutez… non, pas pour l’instant… Le projet qu’il a est vraiment intéressant et je voudrais bien voir où cela peut mener !
Kyōraku le regarda un instant et lui adressa un sourire amical.
— Si vous changez d’avis, à n’importe quel moment, venez me voir !
— Peut-être regretterez-vous votre proposition, à ce moment-là !
— Certainement pas…
Le caviste leva son verre dans sa direction, et ils se séparèrent en très bons termes. Le sommelier se rendit à ses deux derniers rendez-vous, où il reçut la même proposition. Ichigo était désarçonné par les offres.
Finalement, il se dirigea vers « Le Relais Français », un sourire aux lèvres. Au moins, il ne serait pas au chômage s’il devait quitter l’établissement d’une façon ou d’une autre. Ichigo repensa aux paroles de sa sœur, et son cœur se serra. Il avait accepté l’offre de Shūhei sans vraiment réfléchir, trop heureux que ce dernier semble avoir besoin de lui. Mais il se rendit compte que, la veille, Shūhei ne l’avait pas appelé, ni envoyé de message. Ichigo savait qu’il aurait pu le faire lui-même, mais il en avait assez que ce soit toujours lui qui le réclame… Après tout, la dernière fois, Shūhei l’avait plaqué car il manquait d’air, soi-disant.
Il gara sa voiture sur le parking et se dirigea d’un pas décidé vers le restaurant. Il vit qu’Inoue était à son poste et tomba sur Nell et Ulquiorra à l’accueil.
— ‘Lut !
— Bonjour, Kurosaki ! lâcha Nell, ravie de le voir.
— …
Ichigo adressa un regard ironique au serveur mélancolique et se dirigea, dossiers en main, vers le bureau de Grimmjow Jaggerjack pour lui faire le compte rendu de ses visites. Il croisa sa sœur, l’embrassa, et salua de loin l’autre sommelier, qui lui adressa un bref signe de tête. Arrivé devant le bureau de Grimmjow, Ichigo toqua discrètement.
— Entrez !
Franchement, il n’avait pas besoin de haut-parleur. Il entra et la première personne qu’il vit fut une adolescente blonde aux immenses yeux bleus, grande et jolie comme un cœur. Ichigo hésita sur le seuil, et Grimmjow, assis, lui demanda de fermer la porte. Le roux arqua un sourcil, puis obéit.
Grimmjow lui indiqua un siège.
— Ma fille, Anku, fit-il en guise de présentation.
Ichigo se tourna vers la jeune fille et plissa les yeux. Elle le regardait intensément, comme si elle essayait de le transpercer.
Ichigo se sentit gêné, baissa les paupières et prit, inconsciemment, une certaine pose. Tout à coup, la blonde lui sauta au cou avec un cri hystérique. Ichigo, désemparé, recula, mais dans le mouvement la chaise bascula et ils se retrouvèrent étalés à terre.
Ichigo se cogna violemment la tête contre le sol carrelé et gémit. Il entendit vaguement des hurlements au-dessus de lui et sa vue se brouilla.
Il fut incapable de dire ce qu’il se passait. Il porta la main à sa tête et sentit un liquide visqueux entre ses doigts. On lui retira un poids du ventre et, soudain, le jeune homme se sentit soulevé comme une plume. Ichigo entendit des voix, mais ne comprit pas grand-chose. Il ferma les yeux et se sentit secoué. Il grogna, sentit qu’on le transportait rapidement et s’agrippa au tissu près de lui.
Il entendait plusieurs voix autour de lui, mais son regard n’arrivait pas à se fixer sur qui que ce soit. Ichigo avait l’impression d’entendre à travers du coton.
— Arrêtez de parler, j’comprends rien… finit-il par souffler.
Le roux sentit qu’on le posait délicatement sur un siège confortable, puis il entendit le claquement d’une porte. Le moteur d’une voiture démarra et, bientôt, il se retrouva devant un hôpital. Immédiatement, il fut pris en charge et allongé sur une civière. Il eut envie de vomir et se plia soudain en deux. On lui fit quelques examens, puis on le mit en chambre. Il profita d’avoir retrouvé ses esprits et d’être seul pour se rhabiller.
C’était quoi, ce cirque ? Il se dirigea vers la salle de bain et vit le bandage sur sa tête. Il soupira et le retira. Il prit son portable et appela Dordoni pour venir le récupérer. Il sortit de sa chambre, se dirigea vers le premier escalier et quitta l’établissement hospitalier, contrarié. Malgré une petite douleur à la tête, Ichigo se sentait bien.
Ichigo n’eut pas longtemps à attendre sur le parking avant de voir une voiture allemande noire s’arrêter devant lui. Il allait s’asseoir quand une main l’attrapa par l’avant-bras.
— Vous comptez partir où ? demanda la voix furieuse de son patron.
Ichigo se retourna et le regarda froidement.
— Laissez-moi partir ! Je n’aime pas les hôpitaux. Je serai mieux chez moi !
— Pas question ! Pas tant que les résultats d’examen ne seront pas tombés.
Tout à coup, une voix féminine résonna dans la cour :
— Ichigo Kurosaki ! Tu retournes immédiatement à l’hôpital ou je t’achève !
Surpris, les deux hommes se retournèrent et virent une Rukia bis se tenir devant eux. À tout casser, elle devait mesurer un mètre cinquante et quelques… Mais son regard était terrifiant.
— Hisana…
— Boucle-la, frère indigne ! Si tu m’obéis pas, c’est Byakuya et Renji qui vont t’y mener de force… Alors choisis la manière : ridicule ou comme un grand !
— Hisan…
— Je compte !
— ‘Tain, j’y vais… maugréa le jeune homme.
Il se tourna vers Grimmjow et le regarda dans les yeux.
— Vous pouvez me lâcher, je retourne à l’hôpital.
Grimmjow se rendit compte qu’il tenait toujours l’avant-bras du roux et lâcha prise lorsqu’il s’en aperçut. Ichigo le contourna, se dirigea vers l’accueil, Grimmjow sur les talons, et vit alors Rukia, Renji, Byakuya et la fille de Grimmjow en pleurs. Le roux fronça les sourcils et s’approcha d’elle.
— Pourquoi tu pleures ?
— Oh, Kami-sama… Je suis désolée, je voulais pas vous faire du mal. Vous êtes mon idole que je recherche depuis des années et… et j’ai failli vous tuer !
— Idole ?
— Vous êtes Ka-Ten Sama ! dit-elle d’une voix assurée.
Ichigo allait lui mentir, mais il croisa ses yeux bleus et la lueur qu’il y lut le mit mal à l’aise.
— Alors, si tu es réellement une fan, je te demande de ne le dire à personne…
— Waouh ! hurla la jeune fille… C’est bien lui ! Euh… je vous présente toutes mes excuses, Ka-Ten Sama.
— Euh… ce nom, je ne l’utilise plus. Tu peux m’appeler juste par mon prénom !
La famille d’Ichigo et Grimmjow observait la scène, surréaliste.
— C’est quoi ? Personne n’a jamais su votre nom et prénom…
— Ichigo !
— Ichigo ?
Le roux hocha la tête et vit sa sœur dans son champ de vision.
— OK, Hisana, j’y vais…
Ichigo monta les dernières marches et entra dans le couloir, où le personnel médical le rattrapa. On le renvoya dans sa chambre, suivi de tout le monde. Ichigo s’assit sur son lit, leva les yeux et croisa le regard humide d’admiration de la fille de son patron. Cela le mit mal à l’aise et il détourna la tête.
— S’il vous plaît… murmura Hisana doucement à la jeune fille. Arrêtez de regarder mon frère comme ça. C’est pour cela qu’il a arrêté la musique.
— Je n’aurais jamais cru que vous puissiez être ce « type » sur les posters de ma fille.
Ichigo tourna la tête vers Grimmjow, une lueur d’angoisse dans les yeux. La porte s’ouvrit brutalement et Hisagi entra.
— Que fais-tu là, toi ? demanda Hisana.
— La ferme, vieille pie !
— Comment oses-tu te présenter ici.
— Hisana, fit doucement Byakuya… j’ai oublié de te dire qu’Hisagi et Ichigo sortaient à nouveau ensemble.
— Quoi ? hurla la brune. Abruti ! finit ! lança-t-elle à son frère.
— Hisana… je n’ai pas besoin de tes commentaires, c’est ma vie !
Shūhei contourna la jeune femme, se dirigea vers Ichigo, le prit dans ses bras et lui murmura quelque chose à l’oreille.
— Ichi ! décréta Hisana. Si tu viens te plaindre que ce crétin t’a encore abandonné, je te fous mon pied au cul !
— Hisana, tu te calmes, s’il te plaît ! Et tu te permets de dire ce que tu interdis aux enfants ! fit d’une voix calme Byakuya.
— Mais y’a de quoi !
Ichigo repoussa un peu Hisagi et jeta un œil à sa sœur.
— Hisana ! Tu me donnes mal à la tête.
La porte s’ouvrit de nouveau et Kaïen entra.
— Ichi, j’ai su que tu étais à l’hosto.
— Ça va, Kaïen, je suis pas mort ! Enfin, pas encore… Y a Hisana qui va me faire la peau, là !
— Bah… connaissant son caractère et le tien !
— Boucle-la ! Tu as le même, à part que tu souris toujours bêtement…
— Rukia… tu peux pas faire quelque chose ?
Ichigo leva les yeux au ciel et se demanda comment se sortir de cet enfer. Il croisa les yeux bleus de son patron et en eut le souffle coupé. Il ne put dire en quoi ce qu’il y lut lui prit à la gorge, mais il était certain qu’il y réfléchirait quand tout le monde se serait calmé !
Hisagi se prenait la tête avec Rukia et Hisana, Byakuya essayait de calmer le jeu, Kaïen et Renji discutaient de la pluie et du beau temps, et Ichigo, Grimmjow et Anku observaient la scène. La jeune fille se tourna vers Ichigo.
— C’est toujours comme ça ?
— Non, là ça va… ils sont calmes, ce qui m’étonne !
Grimmjow et Anku le regardèrent, stupéfaits.
— Euh… fit Anku… (elle hésitait devant toute la cohue et ce qui s’était produit).
— Oui ? demanda calmement Ichigo.
— Je pourrais vous demander un service ?
Ichigo la regarda, méfiant. Qu’allait-elle encore lui réclamer ?
— Voilà, j’ai un groupe de rock… un groupe de filles au lycée. J’ai écrit une chanson et j’aimerais que vous me donniez votre avis ! Pas écrire la chanson, ni rien : juste jeter un œil. J’adore votre façon d’écrire…
Le roux arqua un sourcil. Il n’eut pas le temps de répondre qu’Hisagi s’imposa, en entendant les mots chanson et écrire.
— Non ! Ichigo ne compose que pour nous !
— La ferme, Hisagi !
— Écoute, tu n’as pas le temps de t’occuper d’une gamine ! Y a notre prochain album à faire et je t’ai demandé de collaborer avant…
Ichigo vit du coin de l’œil l’air dépité de la blonde. Le ton qu’Hisagi avait employé ne lui plaisait pas du tout : il était passé outre ses désirs, encore une fois. Les yeux d’Ichigo s’assombrirent et il lâcha entre ses dents :
— Hisagi, je vais jeter un œil à son texte, que ça te plaise ou non. Et d’une. Et de deux : va te faire foutre avec ton album, je t’ai dit niet, hier !
Le brun allait répliquer, mais il se prit un coup de sac à main de la part d’Hisana.
— Ichigo… enfin des paroles censées ! Finalement, ça t’a fait du bien de tomber sur la tête.
— Pas tant que ça… car j’ai mal au crâne depuis tout à l’heure et… je me sens pas bien !
Ichigo pâlit brutalement. Hisana poussa Hisagi et fit basculer son frère sur le lit.
— Franchement, petit frère, tu fais tout de travers dans ta vie ! Quand vas-tu être raisonnable et arrêter de nous donner du souci ?
— Il est pas encore tombé sur la bonne personne ! lâcha Rukia.
— Sûr qu’il lui faut un gars qui ait de la poigne, pas un gars qui l’exploite toutes les deux minutes ! Et le regard d’Hisana glissa sur le guitariste.
— Pourquoi un gars ! fit Renji. Il pourrait se tourner vers une fille, pour changer !
— T’es lourd, Renji ! rétorqua Rukia.
— Quoi… j’ai encore dit quoi, là ?
— Rien… rien…
Sa femme le regarda comme si c’était le cas le plus désespéré de la Terre. Kaïen se rapprocha de son cousin, qui était vraiment blanc.
— Je crois qu’on ferait mieux de le laisser !
— Kaïen… si tu veux partir… te gêne pas !
— Nous y allons, fit Grimmjow.
— Qui êtes-vous, au fait ? demanda Hisana.
— C’est notre patron, rétorqua Byakuya calmement. C’est lui qui a amené Ichigo à l’hôpital. Il était tombé dans son bureau.
— Comment a-t-il fait ça ? Vous l’avez frappé ? demanda Hisana, brusquement.
— Non… fit d’une petite voix Anku. C’est moi… Quand je l’ai reconnu et de voir qu’il était assis juste à côté de moi… j’ai pas pu me retenir : je me suis jetée à son cou et on a basculé tous les deux. Sa tête a claqué contre le carrelage. J’ai eu si peur ! Moi qui voulais lui envoyer des lettres d’amour et des ours en peluche, j’ai failli le tuer !
L’adolescente porta une main devant sa bouche et trembla légèrement. Hisana s’approcha d’elle — elle la dépassait d’une tête —, lui tapota le dos et déclara :
— Ne t’inquiète pas ! Mon frère a la tête dure, et en plus, bête comme il est… y a que du vent dedans. Donc y aura pas beaucoup de pertes au niveau neurones !
— C’est la Saint-Ichigo, aujourd’hui, ou quoi ? demanda Renji.
— Cet abruti n’avait pas à retourner avec ce… ce… (en désignant Hisagi).
— Ne gâche pas ta salive, Hisana, et il faudra bien que tu t’y fasses, car je ne lâcherai pas Ichigo !
— Oh que si !
— Oh que non !
— Je lui trouverai un gars bien, moi !
— Fermez-la ! hurla Ichigo.
Le jeune homme se redressa à demi et foudroya l’assemblée.
— C’est vous qui me rendez malade depuis tout à l’heure ! Dégagez ! Je survivrai mieux tout seul…
— Ichigo ! s’écria Hisana.
Mais Byakuya salua son beau-frère et sortit sa femme de la chambre. Cette dernière attrapa Hisagi et Kaïen au vol. Rukia emboîta le pas de sa sœur, suivie de Renji, qui adressa un vague salut à Ichigo. Ce dernier se détendit sur le lit et se prit la tête d’une main.
— Ça ne va pas ? demanda timidement Anku.
Ichigo fit glisser ses yeux vers elle.
— Ça va mieux depuis que le gros des troupes est sorti. Enfin, surtout mes sœurs et Hisagi.
— Reposez-vous, fit Grimmjow. Vous aviez des rendez-vous pour demain ?
— Seulement en début d’après-midi.
— Je vais envoyer Ishida pour les honorer.
— Comme vous voulez, fit Ichigo d’une voix lasse. Mes papiers…
Ichigo se redressa et sa tête tourna. Grimmjow s’approcha et le repoussa gentiment sur le lit.
— Arrêtez de vous agiter, pour une fois ! Tous vos papiers sont dans mon bureau.
— Mon agenda : vous regarderez, il y a le nom, l’adresse et les numéros de téléphone de mes rendez-vous. Il faut qu’Ishida téléphone pour les avertir que c’est lui qui vient, et non moi. Je pense qu’il y aura des problèmes…
— Je lui dirai !
— Je… je ne veux pas vous déranger, vous semblez occupé ! fit soudain Anku.
— Pourquoi ? demanda Ichigo, fatigué. Pour ta chanson ? Tu me la montreras la prochaine fois. Mais s’il te plaît… ne parle pas de moi !
— Promis ! Je vous dois bien ça, après tout !
— Merci…
— Vous êtes vraiment plus sympa qu’Hisagi ! Je vous ai toujours préféré à lui, de toute façon.
Ichigo eut un faible sourire.
— Nous partons. Et n’essayez plus de vous sauver !
— Vous êtes pire que ma sœur… marmonna Ichigo.
— Mon père est surprotecteur ! Méfiez-vous : s’il se met sur votre dos… vous avez pas fini d’en baver.
— Tu peux parler, toi ! maugréa Grimmjow. Allez, on y va…
Anku observa Ichigo quelques secondes. Avant qu’aucun des deux hommes ne comprenne ce qu’elle faisait, elle se jeta au cou du roux et l’embrassa sur la joue. Son père l’attrapa par la chemise et la tira en arrière.
— Laisse-le tranquille !
— Jaloux ! grogna sa fille.
Elle ne le regarda pas et ne vit pas la légère coloration sur ses joues, ce qui n’échappa pas à Ichigo. Les yeux de Grimmjow et du roux se rencontrèrent et, pendant quelques secondes, leurs regards parlèrent un autre langage que d’habitude. Ichigo détourna les yeux et les ferma, sous le choc.
Anku, déjà à la porte, cria :
— Papa, viens !
Le restaurateur reprit sa respiration, ferma un instant les yeux et quitta la chambre. Sa fille glissa son bras autour du sien.
— Je savais qu’il était beau ! déclara-t-elle, ravie, et je savais qu’il était sympa. En tout cas, avec moi, son secret sera bien gardé. J’en parlerai à personne.
Grimmjow ne répondit pas.
— Tu as déjà écouté la voix de Ka-Ten Sama ? demanda Anku.
— Non… souffla son père, déstabilisé.
— Eh bien, je vais te le montrer… j’ai un DVD de son dernier concert, avant qu’il ne quitte les Dix moi Alice.
— Oh…
— Tu verras, il est super !
Grimmjow quitta l’hôpital avec une fille complètement en transe d’avoir rencontré son idole.
°OoO°
Ichigo reçut la visite des infirmières, qui lui remirent un pansement. Il resta en observation pour la nuit et rentrerait chez lui le lendemain, si tout allait bien. Quand il se retrouva seul, il songea à son patron.
Avait-il mal interprété son regard ? S’il s’était agi de quelqu’un d’autre, il aurait pensé qu’il était… amoureux, ou qu’il s’intéressait très fortement à lui.
Mais c’était impossible.
Et c’était quoi, ce courant passé entre eux au moment du départ du bleuté ? Il ne savait plus quoi penser… Si ce n’est qu’il se rendait compte qu’il n’était plus amoureux d’Hisagi. Que tout était fini… Certes, il avait passé du bon temps au lit, mais cela ne suffisait pas — ou plus !
Il se mordit les lèvres et songea qu’il allait devoir annoncer la rupture au brun, et que ce dernier allait très mal le prendre. Tout allait trop vite dans sa vie sentimentale.
Ichigo se demanda brutalement ce qu’il ressentait pour son patron : une attirance ? Il n’en savait rien, dans le fond. Il voulait juste retrouver le calme de sa vie d’il y a une semaine à peine. Ichigo pensa longuement, sur son lit d’hôpital, et se demanda comment se comporter avec le bleuté… Quoiqu’il ne se soit rien passé, après tout !
°OoO°
Le lendemain, l’orangé téléphona au restaurant et on lui passa Jaggerjack, à son grand désarroi : il voulait juste laisser un message. Il entendit la voix grave et fut troublé.
— Kurosaki ?
— Oui… pour vous dire que je suis sorti de l’hôpital.
— Restez chez vous, aujourd’hui. Vous nous rejoindrez demain…
— Je vais bi…
— C’est un ordre !
Ichigo soupira et voulut protester.
— Pour une fois, écoutez-moi au lieu de jouer à votre tête de mule. Je ne veux pas vous voir avant demain… et en forme !
— Mais j’ai rien…
— Kurosaki… cessez de discuter à chaque fois et laissez-vous faire. Vous vous rétablirez plus vite de cette manière qu’à vouloir toujours forcer. Et puis, c’est la faute d’Anku !
Ichigo se sentit mal à l’aise, mais finit par céder.
— Très bien ! Je reviens demain après-midi ?
— Oui !
Un petit silence s’installa et le cœur d’Ichigo cogna dans sa poitrine.
— Soignez-vous… Ichigo !
Le sommelier sursauta et regarda son téléphone ; sa respiration s’était légèrement précipitée.
— Oui… je le ferai.
— À demain…
— À demain !
Ichigo raccrocha précipitamment. Que lui arrivait-il, encore ? Marié… un homme marié. Et lui était avec quelqu’un… pour l’instant ! Le roux frissonna et se demanda ce qui allait se passer prochainement. Il ne dormit pas très bien cette nuit-là : quelque part, il était impatient d’être au lendemain pour le voir. Il était fou !
°OoO°
Grimmjow ne dormit pas bien cette nuit-là non plus. Il repensait aux images du concert que sa fille lui avait montrées. Il avait été stupéfait en voyant cet être sorti de je ne sais où…
Les autres membres du groupe étaient sans conteste masculins, malgré leurs maquillages et leurs vêtements qui faisaient surtout ressortir leurs musculatures, tandis que Ka-Ten ressemblait, de loin, à s’y méprendre, à une femme.
Pourtant, la voix du jeune homme était bien grave, chaude et envoûtante. Il avait tout un jeu de scène et ses attitudes ne pouvaient laisser personne indifférent.
Il comprenait pourquoi Hisagi tenait tellement à le récupérer… mais est-ce que c’était de l’amour ? Pas pour lui ! Pour le peu qu’il avait rencontré le jeune homme, celui-ci semblait ne se concentrer que sur ses propres désirs, obligeant à chaque fois Ichigo à céder à toutes ses demandes. Ichigo ne semblait pas très heureux avec lui.
Grimmjow songea à la conversation téléphonique qu’il avait eue plus tôt avec lui. Il avait senti le sommelier aussi troublé qu’il l’était. Il tirerait cette affaire au clair.
Malheureusement, Halibel rentrerait le lendemain. Il songea brutalement qu’il voyait sa femme comme une entrave. La situation durait depuis un moment et il n’avait jamais rien fait. À présent, il se sentait piégé.
D’abord, songea-t-il avant de s’endormir, il devait en avoir le cœur net… pour le sommelier.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)