Lundi 9 février 2009
La scène ici présente des moments très tendus.
Grimmjow jeta un œil en arrière pour s’assurer que ses enfants avaient bien quitté la maison. Il était inquiet pour eux, mais il ne voulait vraiment pas qu’ils assistent à la scène qui aurait lieu entre lui et Halibel.
Elle avait été trop loin, cette fois-ci…
Il traversa le salon et la cuisine : personne. Le restaurateur se dirigea vers sa chambre et n’y trouva personne. En revanche, il entendait des bruits dans la chambre de sa fille. Il traversa le couloir et fronça les sourcils : le bruit ressemblait à du papier qu’on déchirait.
Il ouvrit la porte et resta stupéfait du spectacle. Halibel était en train d’arracher tous les posters des murs d’Anku. Grimmjow en fut troublé : sa femme s’acharnait, avec désespoir, sur de simples bouts de papier.
— Pourquoi ? demanda Grimmjow.
Surprise, Halibel se retourna et, furieuse, brandit un poster où le visage de Ka-Ten apparaissait : un être entre deux sexes, semblant indifférent au monde qui l’entourait.
— Salaud ! C’est pour ce connard que tu veux divorcer ? On ne sait même pas si c’est une femme ou un homme… et ce salopard m’a volé ma fille !!!
La jeune femme hurlait et, dans sa rage, arracha le poster qu’elle tenait.
— C’est à Anku que tu fais de la peine, là ! tenta d’expliquer Grimmjow.
— Ta fille ! hurla Halibel. Elle ne voit et ne jure que par toi ! Je n’existe pas dans sa vie et, par qui je me fais remplacer ? Par… par cette chose !
Grimmjow essaya de rester calme.
— Comment as-tu su qu’Ichigo était Ka-Ten Sama ?
— Ka-Ten Sama, hein ? ricana-t-elle. C’est simple… j’ai entendu des bribes de conversation et puis, j’ai trouvé étrange l’engouement de ma fille pour un petit sommelier… surtout qu’elle avait l’air de le porter aux nues. Et le coup de la feuille qu’elle lui a donnée — « sa déclaration » —, je l’ai vu corrigé dans son journal intime. Aucune note de lui à l’intérieur, mais j’ai vu qu’elle formait un groupe de rock… Tu te rends compte que je l’ai su il y a quinze jours en fouillant son journal ? Eh bien, j’ai engagé un détective pour le suivre, pour savoir avec qui il traînait. Pour lui faire du chantage, éventuellement. Quand j’ai su que c’étaient tous des membres du groupe « Dix moi Alice », j’ai enquêté sur ces punks et j’ai su qu’ils étaient séparés de leur leader ! L’admiration d’Anku, ses posters… j’ai même visionné ces DVD. La feuille, l’enquête… fallait pas être grand clair pour savoir de qui il s’agissait, en fait !
Le restaurateur en resta bouche bée.
— Tu as fait tout ça pour savoir qui il était ? Pour lui faire du chantage ?
Son ton était incrédule.
— Qu’est-ce que tu crois… Et quand j’ai su, par le détective, que c’était le scoop du siècle, que ce pédé était recherché par tous ces journalistes et que cette information valait une fortune… eh bien, j’ai vendu mes photos et la feuille d’Anku et tout ce que je pouvais ! Et je peux te dire que j’en ai ramassé, de l’argent !!! Plus que je n’en aurai dans ma vie avec toi !
La colère contenue jusqu’ici, éclata en Grimmjow. Il se dirigea vers sa femme et la plaqua contre le mur derrière elle.
— Tu as détruit et vendu les souvenirs de ta fille ? Comment as-tu osé ?
— Et alors ? Elle n’aime que toi, ordu…
— Tu as détruit mon restaurant, coupa Grimmjow, de plus en plus en colère. Tu as coulé mes autres restaurants et tu insultes un gars et lui gâches la vie alors qu’il ne t’a rien fait !
— Rien fait ?
— Attends, Halibel… Ce que tu as fait aux restaurants, ça remonte à presque deux ans et je ne connaissais pas Ichigo Kurosaki ! Alors… pourquoi ?
— Parce que tu me regardes plus… Tu… J’ai gaspillé ma vie à te suivre, à te soutenir, tout ça pour en arriver à devenir une étrangère pour toi ! hurla Halibel !
L’incrédulité se mélangeait à présent à la colère.
— Pourquoi vouloir le détruire ?
— Parce que tu l’aimes ! Voilà pourquoi ! Qu’importe : tu es tombé amoureux d’un HOMME ! hurla Halibel, furieuse. Je me suis promis de l’écraser et de lui faire payer ! Quel plaisir de voir qu’il est connu et qu’il cherche à se cach…
Un bruit sec résonna. Halibel porta la main à sa joue et une larme coula sous le choc. Grimmjow recula, surpris par son propre geste… Il jeta un regard terrifié sur sa main un bref instant avant de reporter son attention sur halibel.
— Tu le défends, cet… cet hybride ! ricana-t-elle entre ses dents.
Ce qui exaspéra le bleuté, qui sentait sa colère remonter en voyant l’air complètement fou de sa femme. Son portable sonna. Exaspéré, ne connaissant pas le numéro, il décrocha.
— Bordel ! Qui c’est ?
— Moi…
En entendant la voix calme d’Ichigo, il fut surpris et décontenancé. Sa colère retomba instantanément, toutefois sans quitter sa femme du regard.
— …
— Juste pour te prévenir que tes enfants sont avec moi et qu’ils prennent une collation. Si tu veux les récupérer, tu viens… sinon, je les garde cette nuit. Alors ne t’inquiète pas de savoir où ils sont !
— … Merci !
Grimmjow se sentit soulagé de les savoir en sécurité ; il savait qu’Ichigo prendrait soin d’eux.
— Peux-tu les garder avec toi cette nuit ?
— …
— … Je te laisse ! fit Grimmjow en faisant un effort pour garder son calme car, du coin de l’œil, il voyait sa femme parodier Ka-Ten.
Il raccrocha et attrapa Halibel comme un fétu de paille. Elle lâcha un cri de surprise.
— C’était cette salope ?
— Tu te calmes, maintenant, gronda Grimmjow.
— Certainement pas ! Et tu veux que je t’annonce une nouvelle ? Ça va te faire rire… Je vais faire en sorte que nous ne puissions pas divorcer !
Grimmjow fronça un peu plus les sourcils.
— Ne raconte pas n’importe quoi ! Que vas-tu devenir ? C’est fini entre nous depuis des années… alors je ne vois pas l’intérêt de continuer à nous battre. Pense aux enfants… et à toi ! Au lieu de pleurer sur quelque chose qui n’existe plus !
— Les enfants ? Ils sont où ?
— En sécurité !
— Avec cette pétasse !
Grimmjow resserra son étreinte autour de ses bras et se retint de la frapper une nouvelle fois.
— Ton passé de fille des rues te remonte à la mémoire ?
Halibel blêmit et voulut s’arracher de l’étreinte de son mari, mais il la bloqua et lui dit calmement :
— Halibel, que tu le veuilles ou pas, notre relation est finie. Si tu ne veux pas divorcer uniquement pour me punir, sache que tout cela est inutile. Que tu le veuilles ou pas, je vais avoir une relation avec Kurosaki… Je ne peux pas me marier avec lui, alors que je sois divorcé ou pas n’a aucune espèce d’importance. Je te quitte. Maintenant, libre à toi de faire durer les batailles juridiques et de perdre l’argent que tu viens « durement » de gagner dernièrement…
— Je ne te laisserai rien ! cracha Halibel.
Grimmjow la lâcha et la regarda avec mépris.
— On va régler ça avec nos avocats. Je ne veux plus te voir. Au fait : ceci est ma maison, alors tu prends tes affaires et tu dégages. Si tu refuses de le faire gentiment, je vais avoir d’autres arguments.
— Tu n’as pas le droit… souffla Halibel.
— Vraiment ? ironisa Grimmjow, en sortant de la chambre dévastée de sa fille.
Il vit au passage que sa femme avait brisé les CD et les DVD d’Anku.
— Tu es misérable de t’attaquer à ce qu’Anku tenait le plus. Elle t’aime beaucoup, mais à vouloir gérer et mener la vie des autres sans les laisser respirer, ils finissent par fuir.
— Tu peux parler !
Grimmjow se tourna à demi et observa la blonde, désespérée au milieu de la chambre.
— Je suis directif, certes… mais dis-moi : t’ai-je obligée à les suivre ? Je ne pense pas, puisque tu n’en as fait qu’à ta tête !
Le restaurateur sortit de la chambre. Halibel voulut le suivre, mais Grimmjow lui lança :
— Tu as jusqu’à ce soir pour quitter cette maison. Je fais appel à un avocat et tu me donneras les coordonnées du tien. Ils s’arrangeront ensemble… Quoi qu’il arrive, pour moi, nous sommes séparés à partir de maintenant.
— Non… Grimmj…
Mais le restaurateur descendit les escaliers et gagna son bureau. Il entendit des hurlements et des objets claquer contre le mur, et soupira. Il entra et prit son téléphone. Il contacta son avocat, qui lui donna les coordonnées d’un de ses collègues spécialisé dans les divorces. Il nota tout ce qu’il entreprenait.
Grimmjow ne vit pas le temps passer. Quand il entendit le bruit d’une voiture qui sortait, il se posta à la fenêtre : sa femme chargeait ses bagages. Il croisa son regard et ne frémit pas en voyant la colère et la détresse qu’il y lut malgré la distance. Il songea qu’il aurait mieux fait de le faire plus tôt, au lieu d’attendre et d’en arriver à de telles extrémités.
Une fois la voiture de sa femme partie, il fit le tour de la maison et la rangea. C’était un moyen d’occuper son cerveau. Il retourna dans la chambre d’Anku et sortit un grand sac-poubelle. Il jeta tous les bouts de papier, les CD et les DVD. Il tomba sur un poster arraché, mais où l’on voyait très bien le visage de l’artiste porté aux nues par Anku. Un visage féminin, très délicat. Comment Anku avait-elle pu reconnaître Kurosaki ? Il en était bien incapable… même ses yeux portaient des lentilles bleues ! Il froissa le papier et continua à ranger la pièce.
Il se dirigea ensuite vers la cuisine et se fit à manger, toujours dans un état second. Il aurait voulu appeler ses enfants pour les rassurer, mais en était incapable. Après avoir mangé du bout de sa fourchette, il se rendit au salon, prit une bouteille de whisky et la vida durant la soirée… Il s’endormit, la bouteille à la main, le visage enfoui dans son bras.
°OoO°
Ichigo se leva le lendemain matin, pas très en forme. Il se souvint des enfants qu’il hébergeait chez lui et se hâta vers la cuisine. Il y trouva les deux adolescents autour d’Hinamori.
— Je suis si en retard ? demanda Ichigo, inquiet de l’heure.
— Il est 9 h 30, Kurosaki-san !
— Aaaahhh ! Je vais aller me ch…
— Non, tu déjeunes avec nous !
Anku bondit et l’entraîna derrière elle. Elle riait doucement, amusée.
— Tu es vraiment sexy en pyjama, Ichi. J’comprends pourquoi papa est tombé amoureux !
Ichigo rougit et vit le regard bleu du fils de Grimmjow. Il rougit davantage et maudit ces enfants qui ressemblaient trop à leur parent.
— Je ne te savais pas si émotif ! se moqua Anku.
— Lâche-moi, Anku… Je ne suis pas du matin.
— C’est vrai, alors ?
Ichigo tourna les yeux vers Rei.
— Tu es Ka-Ten Sama et tu es le petit ami de papa ?
— Tu ne savais pas ?
— Non ! C’est ce matin qu’Anku m’a mis au courant… Et tu étais sommelier aussi ? Eh bien… je comprends mieux la maison !
Hinamori posa le petit déjeuner d’Ichigo devant lui. Il observa le jeune homme de quinze ans, qui le regardait avec curiosité. Il ne sut pas très bien ce qu’il pensait réellement : Rei ne semblait pas prêt à laisser quoi que ce soit transparaître.
Bientôt, la conversation roula sur la musique et Anku voulut absolument voir sa garde-robe de scène. Ichigo promit de la lui montrer. Entre-temps, il les laissa pour prendre une douche, puis s’habilla d’un T-shirt et d’un pantalon en toile.
Il retrouva les deux adolescents dans le salon, où se trouvait la collection complète des Dix moi Alice. Anku était très excitée et son frère jetait un regard curieux aux pochettes. Il finit par dire, en se tournant vers Ichigo :
— Je n’aurais jamais cru que cette fille, c’était vous !
— Mon personnage de scène.
— Impressionnante, la transformation ! Je ne pense pas que ça aurait le même effet sur moi !
— Je l’ai obtenue après bien des essais. Tu peux me croire : ça me prenait du temps avant de monter sur scène.
Le portable d’Ichigo sonna.
— Kurosaki ?
— Oui… que me veux-tu, Ichimaru ?
— J’ai besoin de te parler, et ce rapidement.
— Tu passes à la maison ?
— Je préférerais… Aurais-tu reçu un appel d’Aïzen ?
— Non…
— Ta sœur ne t’a pas transmis l’info, alors ?
— Laquelle ?
Ichigo s’était planté à côté de la fenêtre et observait l’extérieur.
— Aïzen sait qui tu es et veut absolument que tu rentres dans sa maison de disques !
— Tss… j’ai déjà dit que ça ne m’intéressait pas !
— Écoute, je viens chez toi tout de suite…
— Comme tu veux !
— Tu n’as rien à faire ?
— Je n’ai pas tout mon temps à t’accorder non plus, Ichimaru !
— Très bien… Je ne resterai pas longtemps.
— OK !
Ichigo rangea son portable et jura entre ses dents.
— Un problème ? demanda Anku, soucieuse.
— Non… juste que je vais devoir vous laisser pendant quelque temps, ce matin. Le directeur de ma maison de disques vient me voir.
— Oh… Tu es toujours attaché à ta maison de disques ?
— Bien sûr. Je produis le dernier album des Dix moi Alice et je m’occupe des arrangements également. Et puis j’écris des textes pour des artistes de cette maison de disques, et je collabore sur certains albums.
— En fait, tu n’as jamais quitté le monde de la musique ? s’étonna Anku.
— Non… pas vraiment. La seule différence, c’est que je ne suis plus sur scène.
La porte s’ouvrit et Hinamori apparut sur le seuil.
— Kurosaki-san, un certain Grimmjow Jaggerjack vous demande.
— Faites entrer, Hinamori !
Les enfants partirent déjà devant, dans des cris de joie. Ichigo traversa tranquillement le salon et rejoignit le père et ses enfants dans le hall. Hinamori repartit préparer le repas.
Ichigo regarda Anku, qui avait enlacé son père, et Rei, qui scrutait les expressions de ce dernier.
— Maman est toujours en vie ? demanda Ichigo.
— Oui… mais elle a quitté la maison.
— Quoi ? fit Anku.
Ichigo toussota.
— Allez discuter dans le salon, vous serez plus à l’aise.
Grimmjow leva les yeux vers Ichigo, qui se tenait à distance, puis traversa et se planta devant lui.
— Ichi, il va falloir que nous discutions.
— Pas tout de suite. Je ne vais pas pouvoir rester avec vous : mon producteur va arriver d’un instant à l’autre. Apparemment, j’ai quelques problèmes à aplanir.
Le cœur d’Ichigo s’accéléra de revoir de si près son ex-patron. Son trouble passa dans son regard ; le bleuté eut un léger sourire.
— Je veux te parler deux petites minutes, en privé ?
— Euh… oui.
— Anku et Rei, attendez-moi… dans le salon, c’est ça ? demanda Grimmjow.
Ichigo hocha la tête.
Les deux adolescents s’y rendirent sans poser de questions.
— Où peut-on être au calme ? demanda Grimmjow.
— Suis-moi.
Ichigo attrapa la main du restaurateur et ils se retrouvèrent dans le bureau du roux. À peine la porte se referma-t-elle qu’Ichigo se sentit presque soulevé par deux bras puissants. La tête du bleuté s’enfouit dans son cou.
Le sommelier trembla légèrement, surpris par le désespoir qui habitait le restaurateur. Ichigo caressa les mèches bleues dans un geste apaisant et ne dit rien, laissant l’homme puiser dans sa présence.
— Ichigo… tu sais que tu es très reposant quand tu ne protestes pas.
Le roux eut un faible sourire et rencontra les yeux bleus, fatigués. Grimmjow se pencha et s’empara des lèvres souples d’Ichigo, qui enroula ses bras autour de ses épaules. L’émotion le submergea : il était soulagé de le voir entier, et surtout chez lui. Il avait tant attendu ce moment.
Ichigo fut surpris par la délicatesse et la tendresse du restaurateur, ce qui le troubla définitivement. Grimmjow fit glisser sa langue entre ses lèvres ; Ichigo lui ouvrit l’espace pour mieux savourer le baiser. Le roux répondit avec passion à ses caresses, ce qui ne laissa pas le bleuté indifférent : il se tourna et plaqua Ichigo contre le mur.
Leurs lèvres se détachaient pour mieux se retrouver, et les mains de Grimmjow parcouraient les côtes du jeune homme, ce qui le fit frissonner. Ichigo fit glisser ses mains le long du buste de Grimmjow et ne fut qu’à moitié surpris par la musculature bien dessinée sous ses doigts.
Le sommelier gémit quand le restaurateur quitta sa bouche pour explorer sa nuque. Ichigo frissonna, abasourdi, quand il sentit ses mains soulever son T-shirt pour caresser sa peau. Il voulut protester — pas parce que ça ne lui plaisait pas, mais parce qu’on les attendait —, mais la bouche de Grimmjow recouvrit la sienne et sa langue le taquina à son grand désespoir.
Ichigo réussit à repousser un peu Grimmjow, leurs lèvres s’effleurant.
— Grimmjow… tes enfants t’attendent et… j’ai un rendez-vous dans pas très longtemps et… je ne vais pas être capable de l’honorer.
La voix d’Ichigo n’était pas très sûre, ni convaincante, ce qui fit sourire le restaurateur.
— Pourtant… ça ne semble pas te déplaire.
— Je n’ai pas dit que ça ne me plaisait pas… Je te disais que si tu continues, je ne pourrai pas être très présentable à mon rendez-vous !
Grimmjow le regarda, surpris, puis ricana.
— Je te fais tant d’effet que ça ?
— Bon sang, oui ! s’énerva Ichigo. Comme si tu ne l’avais pas remarqué !
Le bleuté eut un sourire en coin qu’Ichigo commençait à haïr. Grimmjow posa son front contre celui du roux et fit glisser sa main entre ses jambes, ce qui fit sursauter Ichigo.
— Donc… fit-il d’une voix caressante, tout en butinant le cou de sa victime, on va pouvoir passer aux travaux pratiques rapidement ?
— Tss… lâche-moi…
— Si je ne voulais pas ?
— Je te signale que tu as tes enfants qui t’attendent… souffla Ichigo, haletant.
— Ils se doutent de ce que je suis en train de te faire, rétorqua Grimmjow, moqueur.
Ichigo rougit et voulut le repousser, mais épinglé contre le mur, il avait peu de chance de s’échapper. Et les mains machiavéliques de Grimmjow poursuivaient leurs caresses ; Ichigo eut du mal à ne pas laisser échapper un gémissement.
On frappa à la porte et ils entendirent la voix fluette d’Hinamori annoncer les visiteurs d’Ichigo.
— Aaahhh… se plaignit Ichigo.
— Tu vois, tu regrettes qu’on ne puisse pas aller plus loin.
— Je n’ai jamais dit que je regrettais… grogna Ichigo. Enfin, j’abandonne : tu ne veux rien comprendre. Lâche-moi, maintenant. Je vais essayer de reprendre contenance.
Grimmjow se recula et laissa respirer Ichigo, qui se rhabilla et tenta de se calmer. Le restaurateur ne put s’empêcher de sourire en voyant la mine renfrognée du roux et l’effet qu’il avait sur lui.
— Je vais te laisser, pour que tu puisses être présentable. Le salon, c’est là où sont partis mes enfants ?
— Oui…
Ichigo plissa les yeux et maudit le restaurateur. Il fut surpris quand celui-ci lui vola un dernier baiser et quitta la pièce, un sourire narquois aux lèvres. Ichigo finit par boire un grand trait d’eau.
Il ouvrit et tomba sur Hisagi, surpris que la porte s’ouvre alors qu’il allait frapper. En voyant la tête contrariée d’Ichigo, il éclata de rire.
— Nous sommes arrivés au mauvais moment ?
— La ferme !
— C’est lui, ton nouveau mec ? demanda Gin.
— …
— Pas mal.
— Foutez-moi la paix et arrêtez de commenter ma vie !
— Nan, c’est trop drôle ! fit Kensei.
Tous entrèrent dans le bureau et chacun se trouva une chaise. Ichigo s’assit sur un tabouret et observa Gin, qui semblait sérieux — ce qui était pour le moins étonnant.
— Ichigo, je ne vais pas tourner autour du pot !
— Te connaissant et voyant ta tête, c’est sûr…
— Tu dois faire une conférence de presse !
Ichigo sursauta.
— Pourquoi ?
— Tes fans deviennent de plus en plus hystériques. Depuis qu’ils ont découvert une partie de ta vie, tous veulent te revoir. La conférence de presse, crois-moi, est un excellent moyen de faire taire tout le monde et de contenter tes nombreux fans.
— Mais je vais dire quoi ?
— Rien… comme d’habitude ! fit Hisagi. C’est moi qui parlerai à ta place, comme nous le faisions autrefois. Personne ne s’attend, de toute façon, à ce que tu parles. Par contre, tous veulent te voir !
— En quoi ? En Kurosaki Ichigo ou en Ka-Ten Sama ?
— Ka-Ten, bien sûr !
Gin reprit :
— Ce qui va très bien tomber pour la promotion du dernier album. Ce qui serait encore mieux, c’est que tu chantes au moins sur un titre.
— Attendez-là ! Du calme…
Le cœur d’Ichigo battait à tout rompre.
— Ichi, tu ne te rends pas compte de toute la portée médiatique qui t’entoure. Ton ordinateur est ouvert ? demanda Hisagi.
Ichigo se leva et l’ouvrit. Hisagi prit le clavier et tapa le nom de scène d’Ichigo dans un moteur de recherche. Le roux, qui ne s’était pas beaucoup préoccupé de sa notoriété, fut sidéré par tout ce qu’il lut. Même dans la presse écrite et les journaux spécialisés… tous attendaient son retour.
Certains donnaient des pronostics ; d’autres spéculaient sur son retour, ou non, au sein de Dix moi Alice ; d’autres voyaient dans sa brève apparition une manipulation du groupe pour se faire une nouvelle publicité et vendre leur prochain album.
— Mais… je ne suis plus ça…
— Ichigo, fit Hisagi en se penchant sur lui, que tu le veuilles ou non, la machine est lancée. Sans vouloir te supplier, nous avons besoin de toi.
Ichigo ne vit pas la porte s’ouvrir et laisser passer Grimmjow, Anku et Rei. Le bleuté n’apprécia pas le visage de Hisagi penché sur Ichigo. Le roux se détourna et se leva, soudain très nerveux. Il posa son front contre la vitre et Gin reprit :
— Ichi, que tu le veuilles ou pas… ils t’attendent !
Un silence plana dans la pièce. Hisagi finit par dire :
— Tu produis notre album, tu fais nos arrangements… Quelle différence ça ferait si tu chantais sur un titre et que tu fasses une conférence ? Ou, à tout le moins, fais la conférence. Au moins, ta vie pourra reprendre son cours. Ils te pourchasseront jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction. Et toi, tu deviendras une bête traquée et… si j’ai bien vu… tu ne peux plus penser pour toi tout seul.
Hisagi tourna le visage vers Anku et Rei, pour enfin se poser sur Grimmjow. Ses yeux étaient indéchiffrables ; une tension apparaissait sur ses traits. Il éprouvait de la jalousie, mais ne la manifesta pas.
Ichigo frappa le montant de la fenêtre et se tourna pour croiser les yeux bleus de Grimmjow, puis ceux de Rei et Anku.
— Très bien. Je ferai la conférence, en tant que Ka-Ten… Mais pour le reste, je ne pense pas donner suite… Hisagi !
— Yep ?
— Tu parleras à ma place ! Il est hors de question que je profère un seul mot !
Grimmjow, surpris, répliqua :
— Comment peux-tu faire une conférence de presse sans parler ?
Anku sauta de joie.
— C’est Hisagi qui va parler à sa place. Trop cool… comme avant !
Gin se leva et sortit son portable.
— Très bien. J’organise l’événement pour la semaine prochaine, Ichi. Je te donnerai les dates.
— Dans les locaux de la maison de disques, et je veux des gardes du corps. Je refuse qu’on me touche ou qu’on m’approche, rétorqua Ichigo, très soucieux. Je ne veux pas que la conférence s’éternise non plus. Quelques photos, mais je veux avoir mon mot à dire sur les rushs !
— Arrête de paniquer, Ichi ! fit Kensei. Si le moindre connard pose un doigt sur toi, je le transforme en petit copeaux !
— Pareil pour nous ! lâcha Chad, qui était habituellement silencieux.
— Tu peux compter sur tout le groupe, Ichi, fit Kaïen avec un grand sourire.
Kaïen se leva et s’approcha de son cousin pour l’attraper par les épaules, mais Ichigo se dégagea, trop nerveux.
— Je crois que mes tenues de scène ne me vont plus !
— On va faire venir notre couturier habituel !
— J’ai plus de maquillage non plus !
— Ça, je peux te fournir, rétorqua Gin en refermant son portable. Mercredi, dans les locaux. On va trouver une salle avec issue de secours.
Ichigo soupira et se massa les tempes, déjà extrêmement nerveux pour l’épreuve qui l’attendait. Tous étaient excités, sauf lui.
Il sentit un regard peser sur lui et leva les yeux vers Grimmjow : les yeux du bleuté étaient indéchiffrables. Ichigo se sentit mal à l’aise. Qu’allait penser Grimmjow en le voyant « en fille » ?
Ichigo eut peur d’être rejeté, de le voir autrement que sur une feuille glacée… une vérité toute crue. Il baissa la tête, trop troublé. Après tout, Hisagi était gay, mais Grimmjow, c’était différent…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)