Mardi 10 février 2009
Gin remit sur le plateau les appels d’Aïzen. Ichigo en fut exaspéré et l’envoya promener… Après tout, il avait accepté la conférence de presse. Les membres du groupe se retirèrent et Gin quitta Ichigo en lui recommandant une certaine prudence : notamment, ne faire entrer que les personnes de sa famille ou les employés de la maison de disques.
Ichigo hocha la tête et se retrouva seul avec Grimmjow, Anku et Rei.
— Je n’aurais jamais pensé que ça se passait comme ça pour un album ! fit Rei.
— Ce n’est pas pour un album… fit Ichigo, las, tout à coup.
Il se rongea un ongle, anxieux, déjà projeté sur ses prochains rendez-vous. Grimmjow demanda à ses enfants de quitter la pièce et de les laisser seuls un moment. Une fois la porte close, le roux se sentit encore plus nerveux qu’il ne l’était précédemment. Il sentit deux bras s’enrouler autour de ses épaules et se raidit.
— Qu’est-ce qui te fait peur ?
— Tout… souffla Ichigo.
— De moi aussi ?
Ichigo se tourna lentement vers le restaurateur.
— Grimmjow… j’ai besoin de parler avec toi de tout ça, mais je ne sais pas par où commencer ! Notre relation vient à peine de commencer et j’ai l’impression qu’un rouleau compresseur me passe dessus. Je ne sais plus où j’en suis ni ce que je dois faire. J’ai l’impression, encore une fois, qu’on prend les décisions à ma place… J’ai…
— Ccchhhhuuuuutttttttttt !!!
Le bleuté prit Ichigo dans ses bras et le serra contre lui. Une de ses mains caressait les cheveux en épis et l’autre le maintenait par la taille.
— Ichi… tu me parleras de tout ça lorsque tu te sentiras prêt. Si nous déjeunions et parlions d’autre chose… Nous en avons besoin, autant toi que moi, j’en ai l’impression.
Leurs yeux se rencontrèrent. Ichigo glissa ses bras autour des épaules de Grimmjow et posa son front contre son épaule. Ils restèrent un moment silencieux, pris dans leurs tourments personnels, cherchant un réconfort l’un dans l’autre.
— Grim… j’ai besoin de savoir. Je pense que ça me ronge de ne pas connaître ton point de vue…
Le restaurateur repoussa gentiment le roux et le força à le regarder. Ichigo était mal à l’aise ; pourtant, il finit par dire :
— Je ne veux pas que tu me considères comme un monstre quand… quand je me transformerai en Ka-Ten…
Grimmjow fronça les sourcils et secoua légèrement la tête.
— Je considère ça comme ton personnage de scène, pas comme ce que tu es. Pour moi, tu es avant tout un sommelier… qui a tendance à se travestir pour faire de la musique, ajouta-t-il en souriant gentiment.
Ichigo voulut se reculer, blessé par les dernières paroles, mais Grimmjow le rattrapa et s’excusa.
— Je ne dis pas ça pour me moquer de toi. Pour moi, la personne la plus importante, c’est toi. Maintenant, que tu sois Ka-Ten ou une autre personne parce que c’est une partie de ton travail, peu m’importe. Je veux que tu restes avec moi, Ichi. C’est tout ce qui compte !
— Tu ne seras pas choqué ?
— Surpris, certainement… et j’espère que tu ne m’en voudras pas…
On frappa discrètement à la porte.
— Entre, Hinamori.
La porte s’ouvrit et la jeune femme apparut.
— Excusez-moi ! Mais le repas est prêt, les enfants ont faim et j’ai beaucoup de mal à les freiner pour qu’ils n’aillent pas piquer dans mes casseroles… Pouvez-vous venir ?
— Nous te suivons…
— Euh… Kurosaki-san… je vais devoir vous quitter. J’ai un rendez-vous cet après-midi et je voudrais ne pas être en retard.
— Tu peux partir, Hinamori.
— Ça ira pour ce soir ? fit la jeune femme, inquiète, en longeant le couloir.
— Oui… je me débrouillerai.
— Pourquoi ? demanda Grimmjow, curieux.
Hinamori soupira :
— Parce que Kurosaki-san a tendance à faire brûler tout ce qu’il touche. La dernière fois… c’était en faisant simplement réchauffer un plat que j’avais préparé pour lui. Je lui ai dit de le mettre au ralenti… et il l’a cramé quand même. Il est très doué pour la musique et le vin, voire comme critique gastronomique… mais alors, pour le reste, c’est une vraie catastrophe ambulante ! Sans vouloir vous vexer, Kurosaki-san.
— Je ne peux même pas me défendre parce que c’est vrai… marmonna Ichigo.
Grimmjow éclata de rire, lui enlaça les épaules et l’attira contre lui en l’embrassant sur la tempe.
— Je m’occuperai de ta survie, ce soir… Je sais me débrouiller en cuisine.
— C’est vrai ? demanda Hinamori. Eh bien, je suis soulagée. Merci beaucoup de prendre soin de Kurosaki-san. Maintenant, je vais vous laisser. À lundi, Kurosaki-san.
— À lundi, Hinamori…
— Au revoir, Jaggerjack-san.
— Au revoir, Hinamori-chan.
La jeune femme sourit et quitta les deux hommes dans le hall d’un pas rapide. Ichigo était toujours contrarié et Grimmjow le taquina :
— Alors, je suis celui qui va te sauver la vie ?
— Si tu savais… marmonna Ichigo en entrant dans la cuisine. Il vit que les deux adolescents se chamaillaient pour récupérer de la viande dans la soupe qu’Hinamori avait préparée.
Grimmjow toussota et Anku et Rei se figèrent.
— Je peux savoir à quoi vous jouez et ce que vous êtes exactement en train de faire ?
— Euh… on a faim…
— Et vous avez quel âge ? Vous ne pouvez pas attendre ?
— On est des ados, figure-toi, ‘pa ! fit Anku. On a faim et on doit se battre pour survivre !
— Bien sûr… Mettez la table au lieu de raconter n’importe quoi !
— On sait pas où c’est !
Ichigo se déplaça dans la cuisine, se pencha sous l’îlot central et sortit des assiettes et des verres. Il tira les couverts en silence et Anku bondit pour disposer l’ensemble autour de la plaque de cuisson.
— Moi, j’adore ta cuisine, fit Anku.
— Bof ! fit Rei.
— T’as pas de goût ! répliqua sa sœur.
— On se calme, vous deux ! grogna Grimmjow, qui sentait son mal de crâne revenir, conséquence de sa gueule de bois du matin.
Ichigo se retrouva devant les fourneaux et regarda avec appréhension la bête. Grimmjow, voyant le désarroi du sommelier, vint le remplacer.
— Va t’asseoir, ou occupe-toi et laisse-moi m’occuper de ces plats qui sentent plutôt bon, avant que tu ne les transformes en je ne sais quoi d’immangeable, fit narquois le restaurateur.
Ichigo le foudroya du regard.
— Ne profite pas de l’occasion… maugréa Ichigo.
Il se dirigea vers un placard et découvrit une cave à vin. Son regard glissa des bouteilles sagement rangées à la plaque.
— Wouah ! fit Rei, qui s’était levé. T’en as même ici ?
— Bien sûr ! J’ai une cave à vin au sous-sol… elle appartenait à mon père, qui était sommelier aussi.
— Tu n’as plus tes parents ? demanda Anku, subitement.
— Non.
— Je suis désolée… murmura la jeune fille.
Ichigo lui adressa un sourire rassurant.
— J’avais douze ans quand ça s’est produit. C’est vieux… C’est Hisana, ma mère, en quelque sorte. Elle avait vingt ans quand ça s’est produit et ma sœur Rukia avait seize ans.
— Oh ! Ça n’a pas été trop dur ? demanda Anku, curieuse.
Elle reçut une tape sur la tête par son père.
— Mêle-toi de tes affaires !
— Non, ce n’est rien… fit Ichigo. Et puis, elle comprendra mieux les liens qui m’unissent à Hisana, et à Byakuya aussi…
— De quel type ? reprit Anku, toujours aussi curieuse.
Ichigo sortit une bouteille et referma le coffre. Puis il prit son couteau de sommelier et s’en occupa, avant de reprendre, en humant le bouchon :
— Ma sœur venait de se fiancer avec Byakuya quand ça s’est produit. Mes parents se rendaient au concours du meilleur sommelier du monde, qui avait lieu au Brésil cette année-là. Leur avion s’est écrasé. Byakuya venait juste de devenir second de cuisine et a dû travailler d’arrache-pied pour faire face aux frais de l’héritage astronomique, vu que mon père avait une véritable caverne d’Ali Baba en vins.
Ichigo servit les verres, s’installa et entreprit de manger, son auditoire attentif.
— Donc, ils ont vendu la maison de mes parents et tous les objets précieux qu’ils pouvaient… pour garder les bouteilles !
— Pourquoi ? s’écria Anku.
— Parce que mon père avait commencé à m’initier à l’œnologie, que j’étais doué et que j’aimais ça… Voilà pourquoi. J’avais décidé de devenir sommelier comme papa.
— Mais alors, comment t’as fait pour devenir Ka-Ten ? demanda Anku.
— À cause d’Hisagi, de Chad et de Starrk… Hisagi, Chad et moi étions dans la même classe au début du lycée. Ils ont commencé à apprendre la musique ensemble et Starrk était notre senpaï. Il faisait de la batterie et cherchait un groupe ; il est venu se joindre à eux… Ils avaient besoin d’un chanteur et ils m’y ont collé. Et puis Kensei, qui était dans la même classe que Starrk, s’est greffé ; et pour finir, mon cousin Kaïen a trouvé ça très drôle… Enfin bref : comme je ne voulais pas jouer en public parce que j’étais tétanisé, ils m’ont déguisé au spectacle de fin d’année de telle sorte que je sois méconnaissable. Et c’est comme ça que ça a commencé… maugréa Ichigo.
— Ça t’a plutôt bien réussi ! fit Grimmjow en buvant son verre.
— Ouais… Vous êtes devenus le groupe en peu de temps…
— En quatre ans.
— C’est court !
— Oui, mais j’ai continué mes études d’œnologie. C’était pas gênant, finalement, car personne ne savait qui j’étais en dehors de la maison de disques et de quelques personnes très sûres.
— Ta sœur, elle a accepté ? demanda Anku.
— À la condition que ce soit elle qui s’occupe de mes affaires. Elle était devenue avocate. Donc, elle est ma manager, mon avocate et ma gestionnaire… Byakuya m’a fourni le toit, et tout ce dont j’avais besoin pour évoluer dans mes deux carrières. Ils se sont souvent serré la ceinture pour moi. Rukia n’a jamais été jalouse et a suivi ses études de sommelière comme moi. Elle m’a confectionné certains costumes… D’ailleurs, fit Ichigo en éclatant de rire, on les reconnaît : ce sont les plus bizarres !
— Eh bien… ta famille est compréhensive ! fit Anku.
— Mes sœurs sont formidables… même si elles m’engueulent souvent ! fit Ichigo avec un sourire. Mais on s’aime, c’est le principal !
Ils discutèrent encore du passé d’Ichigo, puis il se leva pour débarrasser son assiette. Bientôt, tous suivirent et Grimmjow demanda :
— Tu vas faire quoi, maintenant ?
— Là, je vais téléphoner à Hisana pour la prévenir.
— Et ensuite ?
— Je pense qu’elle va venir. Je lui demanderai de venir avec ses enfants… J’ai une nièce de dix-huit ans, une de seize et un neveu de sept !
— Elles s’appellent comment ? demanda Anku, curieuse.
— Kumiko pour l’aînée, Yumi pour la deuxième et Masao pour le fils.
— Elles sont sympas ? Elles aiment la musique ?
— Euh… Kumiko est danseuse… Yumi, j’en sais rien !
— Tu ne sais pas ? fit Anku, surprise.
— Je ne suis pas idéal ! Yumi aime les trucs de filles, mais j’en sais pas plus !
— Une chance… se moqua Anku.
— Tu me lâches ! râla Ichigo.
Grimmjow, qui rangeait la cuisine en écoutant distraitement, foudroya sa fille du regard. Elle se tourna vers Ichigo :
— On peut utiliser ta piscine ?
— Bien sûr !
— Pas tout de suite, fit Grimmjow. Digère d’abord !
— Rabat-joie !
— Anku… je n’ai pas changé de ce point de vue-là…
— OK ! grogna sa fille. On peut visiter ta maison encore, Ichi ?
— Oui… sauf ma chambre : elle vous est interdite ! Et dans la salle de musique, vous pouvez jouer des instruments, mais je vous interdis de toucher à l’autre matériel…
— OK… Allez, ramène tes fesses, Rei ! Y a des trucs à faire !
Rei la suivit d’un pas nonchalant. Grimmjow, qui avait fait le café, se servit une tasse et étouffa un bâillement.
— Ça ne va pas, Grim ?
— Je t’avoue que j’ai bu, hier… c’est pour ça que je ne suis pas venu plus tôt !
Ichigo s’approcha et observa Grimmjow, qui se massait les tempes.
— J’ai mal dormi et la conversation avec Anku et Rei s’est plus ou moins bien passée… contrairement à ce que tu as pu voir !
— Oh…
— Je t’avouerai que je suis crevé…
— Viens.
— Quoi ?
— Je t’envoie dormir, de toute façon. Tu ne feras rien de bien et tu as besoin de te reposer. Moi, j’ai du boulot, donc je serai pas très disponible…
— Je ne te suis d’aucun réconfort !
— C’est toi qui en as le plus besoin… souffla Ichigo.
Ichigo lui prit la main et l’entraîna.
— Tu m’emmènes où ?
— Dans ma chambre et…
Ichigo lança un coup d’œil au bleuté, mais celui-ci ne semblait pas avoir relevé.
— … tu ne seras pas dérangé par tes enfants.
Ichigo ouvrit la porte de sa chambre et poussa Grimmjow à l’intérieur. Il ferma la porte, tira les tentures, entrouvrit la fenêtre pour laisser l’air circuler. Une agréable fraîcheur régnait dans la pièce. Ichigo observa Grimmjow, assis sur le lit, l’air déboussolé, comme s’il réalisait seulement maintenant tout ce qui lui était arrivé.
Ichigo le poussa gentiment sur le lit.
— Maintenant, tu arrêtes de penser et repose-toi ! Tes enfants sont ici, en train de retourner ma maison, et moi…
— Tu es obligé de faire quelque chose que tu n’aimes pas !
— Je me suis fait une raison… et j’aime ça ! Mais j’ai peur du public, c’est tout…
Grimmjow se passa une main sur le visage et sentit ses forces l’abandonner. Ichigo se pencha, brossa ses lèvres contre les siennes.
— Grim’, tout va bien se passer… et je serai là pour toi. Dors, maintenant. Si tu me cherches en te levant, tu me trouveras certainement avec ma sœur sur la terrasse derrière. Tu passeras par la cuisine pour y entrer. À tout à l’heure…
Ichigo quitta la pièce. Il se retourna avant de fermer la porte : Grimmjow s’était déjà endormi. Ichigo eut un petit sourire et ferma.
Il sortit son portable, regagna le salon et appela sa sœur.
— Hisana ?
— Oui, Ichi.
— J’ai besoin de toi… Mercredi, j’ai une conférence de presse en tant que Ka-Ten !
— Pas possible… La voix de ta sœur était blanche. Pourquoi ?
Ichigo expliqua la situation à sa sœur et les bouleversements depuis la veille. Comme il l’avait pressenti, Hisana s’invita avec ses enfants.
°OoO°
Contrairement à toute attente, même si les adolescents se regardèrent méfiants au départ, notamment Yumi, qui avait peur qu’on ne lui vole son oncle, ils s’entendirent très bien et bientôt le jardin d’Ichigo se transforma en immense terrain de jeu.
Ichigo, Hisana, Byakuya, Renji et Rukia discutaient autour d’un café sur la terrasse.
— Donc, fit Renji, notre ex-patron dort dans ta chambre ?
— Oui !
— Comment c’est possible ?
— Renji… on y reviendra plus tard si tu le souhaites ! fit Hisana. Mais là, il faut que je discute de façon urgente avec Ichigo.
— Je t’écoute.
— Donc, tu redeviens Ka-Ten le temps d’une seule conférence, si j’ai bien compris.
— Oui…
Ichigo plissa les yeux. Il n’aimait pas l’air agité de sa sœur, ni son regard assombri.
— Ichigo… ce serait bien si tu pouvais au moins te joindre à un des morceaux…
— Pourquoi ? fit le roux, surpris.
— Parce que… l’argent que tu as injecté dans la production de l’album, c’est bien, mais tu as perdu aussi beaucoup d’argent. Si tu faisais ne serait-ce qu’une partie d’une chanson, tu ferais vendre l’album de manière importante et, du coup, tu serais sûr de pouvoir renflouer tes caisses…
— Je suis mal à ce point-là ?
— Oh… non ! Mais tu ne pourras plus poursuivre ton train de vie d’ici peu de temps. Cela te pèse aussi : les employés que tu paies, le fait que tu n’aies plus de travail régulier… même si tu as des droits d’auteur, c’est aléatoire ! Souviens-t’en !
Ichigo se leva et se dirigea de l’autre côté de la terrasse. Il observa les gamins qui sautaient dans l’eau de la piscine et s’en donnaient à cœur joie pour éclabousser les rebords.
Ses yeux se portèrent sur le grand jardin arboré et clos, agréable en cette saison. De loin, il vit Dordoni s’occuper des rosiers et sa gorge se noua. Il aimait cette maison et s’y était attaché. Il s’imaginait mal vivre ailleurs après toutes ces années : c’était son premier vrai chez-soi, son refuge… et ses yeux se portèrent sur Anku et Rei.
Si sa relation avec Grimmjow se concrétisait vraiment, il leur faudrait de l’espace…
Il soupira et sortit son portable.
— Ichigo ! Quelque chose ne va pas ? fit Shūhei au téléphone.
— Shūhei… je veux… Est-il trop tard pour enregistrer un titre ensemble ?
— Non. Enfin, il faut faire vite… Attends ! Tu veux enregistrer un titre avec nous ?
— En guest.
— Waaouuhhhh ! Putain, oui !
— Vous avez un titre ou il faut le composer ?
— Tu connais notre album. Tu sais où nous en sommes.
— J’ai compris. Je vais composer un morceau. Peux-tu prévenir Gin, s’il te plaît ? Je me mets au boulot tout de suite. Demande à Kensei de venir chez moi, s’il te plaît. Ou Starrk, peu importe.
— Comme tu veux… Je peux venir aussi !
— Plus tard. Pour l’instant, laissez-moi écrire les paroles.
Le ton d’Ichigo était las. Hisagi hésita.
— Tu ne le fais pas de gaieté de cœur, à ce que je vois…
— Par nécessité !
Un silence s’installa, puis le brun répliqua :
— Je m’en fous, après tout… le principal, c’est qu’on t’ait au moins sur une chanson !
— Je te laisse t’occuper du reste…
— OK ! Je t’envoie Kensei ou Starrk, celui qui est dispo.
— Très bien… À plus !
Ichigo raccrocha, puis revint vers sa famille, que l’appel avait intriguée.
— Je vais devoir m’enfermer pour écrire le dernier morceau auquel je participerai sur l’album des Dix moi Alice, en guest !
— C’est vrai ? demanda Rukia, excitée.
— Hum…
Ichigo approuva. Ses sœurs lui sautèrent au cou, ravies qu’il reprenne la musique. Byakuya leva son verre et Renji regarda son beau-frère avec un léger sourire.
— On va avoir le plaisir de revoir tes fameuses transformations ! fit Renji, moqueur.
Il reçut un coup sur la tête. Surpris, il se retourna et croisa les yeux bleus de Grimmjow. Renji se redressa immédiatement.
— Vous savez que vous n’êtes plus mon patron… agresa Renji.
— Ne vous moquez pas d’Ichigo, alors, rétorqua le bleuté calmement.
— Bien… bien, fit Hisana, à mille lieues. Je vais m’occuper de ta conférence de presse : pour le coiffeur, l’habilleur et la maquilleuse, je m’en charge.
— Je vais faire ton costume ! fit Rukia, aux anges.
— Non ! fit Ichigo. J’ai demandé à Gin de m’envoyer un tailleur. Normalement, je devrais recevoir un coup de fil pour confirmer…
— Je m’en occupe ! Je me mets en relation avec Ichimaru !
Hisana sortit son portable et s’isola sur une partie de la terrasse. Rukia boudait à côté de Renji et lui demandait, suppliante, en quoi ses créations n’allaient pas. Renji eut du mal à lui expliquer que l’extravagance de ces tenues était… préjudiciable pour un homme.
— Tu as décidé de chanter, finalement ? demanda Grimmjow.
— Oui. J’avoue ne pas avoir beaucoup le choix… D’ailleurs, je vais devoir vous abandonner pour m’enfermer dans mon bureau. Si vous évitiez de venir me déranger… merci !
Ichigo quitta la terrasse où ses beaux-frères le saluèrent ; Rukia, boudant toujours, refusa de lui parler. Grimmjow accompagna Ichigo jusqu’à son bureau : ce dernier lui avait attrapé la main en cours de route. Le bleuté sentait la nervosité dans les doigts du roux.
— Je suis désolé…
— Pourquoi ?
— J’ai dit que je serais là… et finalement…
— Fais pour le mieux pour toi, Ichigo. Je ne te demanderai pas l’impossible, ni de renoncer à tes choix. Je vais partir bientôt avec les enfants, j’ai moi-même de nombreux problèmes à régler. Je ne repasserai pas ici pour te saluer en partant. Je te fais confiance. Viens me voir ou téléphone-moi si tu as besoin de moi. Je te remercie d’avoir pris soin d’Anku, de Rei… et de moi.
— Idiot…
Ils se faisaient face, très proches, à quelques centimètres, leurs souffles se mêlant. Grimmjow posa une main sur la joue du roux, caressa son visage avec tendresse.
— Si je l’ai fait, souffla Ichigo soudain, c’est que je tiens à toi !
Grimmjow se pencha vers lui, effleura ses lèvres. Ichigo répondit avec passion. Ils eurent du mal à se détacher.
— Tu m’accompagneras à la conférence de presse ?
— Si tu le veux… je serai là !
— Viens…
Grimmjow attira Ichigo et le serra brièvement contre lui, comme pour le rassurer.
— Va travailler maintenant. Tes fans, ta famille et tes amis comptent sur toi.
— Et toi ? demanda Ichigo.
— Moi, je suis là pour toi… Ce n’est pas pareil.
Grimmjow ouvrit la porte et poussa Ichigo dans le bureau.
— Travaille bien !
Il ferma la porte une fois le roux à l’intérieur. Sur le chemin du retour, il croisa le regard de sa fille. Un sourire éclairait son visage et elle courut rejoindre son père.
— Je t’aime, papa !
— Moi aussi… je t’aime, Anku !
Ichigo se tourna vers son bureau, sortit ses notes et se demanda ce qu’il pouvait en faire… Une dure semaine l’attendait. Mais il avait confiance : maintenant, il avait Grimmjow !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)