Ichigo ne vit pas son week-end passer. Il s’était enfermé avec Starrk et, tous les deux, composaient la future chanson d’Ichigo. Byakuya avait squatté la cuisine le premier soir et Renji s’occupa de son beau-frère le lendemain.
Ichigo se croyait revenu quelques années en arrière et se rendit compte qu’il adorait ça. Il n’avait que de bons souvenirs et il l’avait oublié, obnubilé par son stress et sa peur panique de se retrouver dans la foule. Enfin, il se souvint que tout cela n’était pas pour rien : il avait reçu de nombreuses lettres de mort, et c’est parce que cela devenait intenable qu’il avait préféré jeter l’éponge et se consacrer à son métier de sommelier.
Au cours du week-end, le roux reçut la visite d’un tailleur avec qui il créa un modèle soft de ses anciennes tenues. Ils optèrent pour un pantalon noir en cuir recouvert par un long manteau noir, laissant une ouverture sur le torse nu, qui s’ouvrirait à chacun de ses pas. Pas de manches : la tenue serait remplacée par de longs gants noirs remontant jusqu’à mi-hauteur de ses biceps. Le tailleur prévoyait également quelques accessoires tels que chaînes, crucifix et autres breloques.
L’adrénaline commençait à monter en Ichigo, qui prenait son rôle de plus en plus au sérieux, au point que Starrk n’eut pas l’impression que la coupure de cinq ans avait existé. Une maquilleuse vint trouver Ichigo et tous les deux passèrent du temps à le transformer. Ichigo avait peur que ses traits ne puissent plus être androgynes, mais il fut vite rassuré par Hisagi et Kensei, qui lui assurèrent qu’il pourrait plus que facilement passer pour une fille.
Quand Shūhei lut la chanson, il se mordit la lèvre. Ichigo parlait de leur relation : du bonheur traversé et de la douleur d’une rupture… pour finir par s’accrocher à un rêve. Le refrain était assez lancinant. La mélodie, sombre et puissante. Finalement, Hisagi prit son ex-amant dans ses bras — son ami de toujours — pour le remercier.
Les répétitions eurent lieu rapidement et il fallut changer quelques parties. Ichigo, quant à lui, exerça sa voix et, lorsque tous les musiciens furent prêts, il posa sa voix puissante, grave et sensuelle sur la musique interprétée par ses amis. Ils se donnèrent à fond et, voyant le véritable plaisir d’Ichigo, Hisagi suggéra d’incorporer une ancienne chanson qu’ils pourraient réactualiser pour le nouvel album. Finalement, au lieu de seize titres, ils se retrouvèrent avec dix-huit titres.
Shūhei expliqua à Ichigo que, le mercredi, il y aurait des séances photo avant la conférence pour l’album et lui demanda d’y participer. Le roux donna son accord et, finalement, tous se séparèrent, excités par les jours à venir. Le jeune homme eut la confirmation de l’heure du rendez-vous par Gin et du déroulement de sa journée. Ichigo exigea que sa famille soit présente, mais qu’elle ne soit pas exposée aux médias.
Ichigo téléphona à Grimmjow la veille du rendez-vous. Il était fatigué par tous ces préparatifs et grimpa sur son lit. Il s’allongea sur le côté, écouta la tonalité, puis entendit la voix grave du restaurateur.
— Grimmj…
— C’est Ichigo !
— … je ne m’attendais plus à ton appel, fit d’une voix fatiguée Grimmjow.
— Je n’ai pas eu un instant à moi. Je suis désolé… Je viens de finir, là. Je te dérange ?
— Oui et non… Je suis avec mon avocat.
— Hum… désolé !
— Tu ne pouvais pas savoir… Je t’appelle tout à l’heure ?
— J’avais… j’avais envie de te voir.
— Je ne sais pas si je pourrai passer. J’en ai pour un petit moment. Attends deux secondes.
Ichigo entendit Grimmjow se lever et s’excuser auprès de quelqu’un. Une porte claqua, puis la voix de son amant revint.
— Je suis sorti quelques instants. Tu vas bien ?
— Fatigué, énervé… et excité en même temps. J’avais oublié que j’aimais certaines parties de mon ancien travail. Et toi… ça se passe bien ?
— Pas vraiment… Les enfants…
— Anku et Rei… qu’est-ce qui se passe ?
— Halibel essaie de les monter contre moi. Pour Anku, ça va… mais Rei ne sait plus trop voir les choses, souffla Grimmjow. Il a toujours été très attaché à sa mère et… le fait de nous voir ensemble le perturbe, et sa mère aggrave la situation en lui bourrant le crâne d’inepties. Je ne sais plus comment le prendre !
— Et toi ?
— Moi ? Ichigo entendit le rire amer du restaurateur. Ma vie est foutue. Le Relais Français ne se remettra jamais de ce qu’elle a fait. Je suis obligé de revendre mes restaurants pour éponger les dettes que j’avais contractées pour remettre en état cet établissement. Je n’ai plus rien… Je me demande si je ne vais pas devoir revendre ma maison ! Les enfants… ne l’acceptent pas non plus !
— Ils sont où ?
— Actuellement, avec mes parents. Comme j’avais rendez-vous aujourd’hui et que je devais rendre visite à ma banque et à mes créanciers…
— Kami-sama… souffla Ichigo entre ses dents. Viens me voir ce soir…
— Je ne sais pas ! Je… je suis au bout du rouleau et… je t’avoue que j’ai vidé quelques bouteilles !
— Viens ! Ne reste pas seul… c’est de ma faute !
— Non, Ichigo ! C’est de la mienne… je n’ai pas eu le courage de rompre il y a quelques années. Aujourd’hui, je récolte ce que j’ai semé. Il faut que j’y retourne…
— Promets-moi de venir me voir, rétorqua Ichigo, anxieux.
— Je ne sais pas…
— Grimm… jow…
La communication fut coupée et l’orangé se sentit misérable. Il referma son portable et resta un moment à regarder le plafond, incapable de savoir quoi faire, se maudissant de ne pas trouver les mots justes. Il finit par prendre sa douche et se dirigea vers la cuisine où Hinamori l’attendait pour qu’il puisse manger.
Ichigo prit son assiette et remercia la petite brune, qui quitta son service. Il prit ses baguettes et s’assit sur un rocher près de la terrasse. Pensif, il imagina la solitude du restaurateur ces derniers jours et pesta contre son égoïsme, mais s’il voulait assurer un avenir pour tous, il était bien obligé… Il resta un moment à s’interroger sur son avenir.
Ichigo retourna à la cuisine et posa son assiette dans l’évier. Il sentit une présence derrière lui et se retourna pour croiser les yeux bleus de Grimmjow.
— Grimmjow…
Le jeune homme bondit et se dirigea vers le bleuté, qui ouvrit les bras pour le serrer contre lui. Ils restèrent un moment sans rien se dire.
— Ichi… finit par dire Grimmjow au bout d’un long moment.
Ichigo se recula et scruta les yeux bleus, blessés et fatigués.
— Tu as mangé ?
— Non… depuis ce midi…
— J’ai des trucs dans le frigo à réchauffer, mais…
Grimmjow lui adressa un sourire légèrement moqueur.
— J’ai compris : tu n’es absolument pas une « bonne épouse ».
— « Bonne épouse » ? Mais je ne suis pas une femme ! s’écria Ichigo.
— J’ai eu le temps de m’en rendre compte ! fit narquois le bleuté, qui se servait déjà dans le réfrigérateur, de meilleure humeur.
Cela fit sourire le roux, qui s’installa à côté de lui et l’observa manger. Le bleuté se moqua de lui et de son air trop « humain ». Le roux ronchonna sur son comportement « animal ». Grimmjow éclata de rire et l’attira à lui, brutalement.
— Animal… hein ?
Il prit les lèvres d’Ichigo sans se préoccuper de ses protestations, qui n’en étaient pas vraiment. Ichigo l’avait déjà enlacé et répondait à ses baisers, tandis que Grimmjow explorait sa bouche, cherchant fiévreusement sa langue.
Le cœur d’Ichigo s’accéléra et il se rendit compte que le restaurateur lui était aussi indispensable que l’air qu’il respirait, et qu’il lui avait terriblement manqué ces derniers jours. Ils rompirent le baiser pour reprendre leur souffle et se regardèrent, surpris par cet échange désespéré.
Grimmjow caressa du pouce le visage tourné vers lui, aussi surpris que lui-même, troublé par les sentiments qui montaient.
— J’ai la vague impression que nous avons autant besoin de la présence de l’autre… autant toi que moi !
Ichigo fronça les sourcils et ordonna à Grimmjow de finir au moins son assiette. De le voir si prêt, il se demanda si le restaurateur avait réellement mangé, ou même dormi. Il avait une mine épouvantable. Le sommelier se leva.
— Je vais te faire couler un bain !
Grimmjow le regarda, interrogateur.
— Au moins, ça va te détendre…
— Tu sais, une douche…
— N’aura pas le même effet. Tu te tais et tu te laisses faire, pour une fois.
Ichigo quitta la pièce et prépara dans sa chambre un bain pour le bleuté, puis revint s’asseoir tranquillement à côté de lui. Un silence confortable s’était installé entre eux. Le restaurateur se leva, débarrassa la table. Ichigo le conduisit dans la salle de bain.
Il allait sortir quand Grimmjow lui demanda de rester avec lui. Il plongea dans l’eau et Ichigo entreprit un léger massage de ses épaules. Les muscles du restaurateur étaient noués, tendus à lui faire mal ; les gémissements qu’il laissait échapper ne trompaient personne.
Grimmjow se laissait faire, de plus en plus troublé par la présence d’Ichigo près de lui et par l’effet qu’il avait sur lui.
— J’ai été en meilleure forme, finit-il par dire d’un ton narquois, mais sans y croire.
Ichigo poursuivit ses mouvements lents et dénoua progressivement la tension accumulée.
— Demain matin, je pars faire des séances photo. Je te quitterai de bonne heure car je dois me transformer, et cela prend un certain temps. La conférence de presse a lieu à 15 h, alors… si tu pouvais venir un peu plus tôt avec Anku et Rei… ça me ferait plaisir. Même si je ne pourrai pas vous parler !
— Pourquoi ?
— Je vais être entouré de monde et tous traqueront le moindre de mes mouvements… et surtout mes paroles. Mon personnage ne parle pas, sauf à l’oreille d’Hisagi.
Ichigo rit doucement.
— Qu’est-ce qui te fait rire ? demanda le bleuté, qui ne comprit pas et qui s’endormait doucement sous l’effet du massage, du bain et de la présence rassurante d’Ichigo.
— « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux »… j’ai pensé à ça, brutalement !
Ichigo éclata de rire.
— Si je dis ça à Hisagi, il va me tuer !
— Tu l’aimes encore ? demanda brutalement Grimmjow en se retournant.
Une bouffée d’inquiétude monta. Ichigo fut surpris et cessa de rire.
— Non… c’est juste devenu un ami. Il l’a toujours été, et le restera toujours…
Grimmjow attrapa la main d’Ichigo et le tira pour qu’il se retrouve à côté de lui, à sa hauteur.
— Que suis-je pour toi ? murmura-t-il.
Les yeux ambrés s’adoucirent et Ichigo se pencha vers lui. Leurs visages se frôlaient ; Grimmjow sentait le souffle chaud du roux. Son cœur battait vite, une crainte l’étreignit.
— Je crois bien que je suis amoureux de toi… définitivement amoureux…
Grimmjow eut un petit sourire, se redressa un peu et fit basculer Ichigo par-dessus la baignoire. Ces paroles balayèrent une partie de ses peurs. Lui, qui s’était cru fou de ressentir cela pour un homme, se sentit soudain porté par une joie féroce : savoir ces sentiments partagés le rendait fou de bonheur. Ichigo poussa un cri de surprise ; il protesta d’être trempé.
— Tu ne peux pas t’en empêcher…
— Quoi ? grogna Ichigo.
— De râler…
— Regarde mes vêtements, je suis noyé !
Une main souleva le menton d’Ichigo. Il se tut, puis se laissa aller quand Grimmjow l’embrassa. Les mains d’Ichigo prirent appui sur le buste du bleuté et remontèrent pour se placer mieux.
Il enroula ses bras autour du visage du restaurateur et joua avec sa langue, ce qui exaspéra Grimmjow : il resserra son étreinte, le fit basculer pour qu’il se retrouve en dessous et l’embrassa à son tour, plus fort. Les mains du bleuté encadraient le visage du roux ; ses lèvres parcoururent sa peau.
— Ichi, prends ton bain avec moi !
Ichigo haussa un sourcil.
— C’est ce que je fais, là !
— Je suis trop fatigué aujourd’hui pour te faire l’amour… j’ai pas dormi ces derniers jours !
— Oh ?
Ichigo repoussa le restaurateur.
— Je crois que si je veux te voir demain sans une tête d’enterrement, je ferais mieux de te laisser…
— Ce serait mauvais pour ton image ? ironisa Grimmjow.
—Crétin ! s’écria Ichigo. C’est parce que je t’aime que je m’inquié…
Grimmjow saisit Ichigo et le remonta contre lui, le regardant droit dans les yeux. Son cœur battait la chamade. Il se souvenait vaguement des premiers instants avec Halibel et ne se rappelait pas avoir ressenti une telle intensité. Les yeux ambrés avaient sur lui un pouvoir étrange. Cette sincérité, cette tendresse… les avait-il seulement vues une fois chez sa femme ?
— Tu peux me répéter ce que tu viens de me dire ?
Ichigo observa l’homme qu’il aimait, puis lui sourit.
— Je t’aime… crétin !
— Le dernier mot, c’était pas la peine de l’ajouter, maugréa Grimmjow.
Les émotions le submergèrent : appréhension, amour, tendresse, passion. Il entreprit de déshabiller Ichigo et ses vêtements tombèrent lourdement sur le sol carrelé. Ichigo frissonna sous ses caresses.
— Tu vas attraper froid… souffla Grimmjow.
— Oh… c’est uniquement pour ça que tu…
Ichigo n’eut pas le temps de finir : Grimmjow effleura ses lèvres, grignota sa lèvre inférieure, glissa sa langue dans l’ouverture. Ses mains descendirent pour parcourir son corps. Il abandonna la bouche d’Ichigo pour descendre vers sa nuque, lécher le lobe de son oreille, puis la peau à la base du cou. Ichigo haleta et protesta.
— Tu as dit que tu ne pouvais rien faire, ce soir… Si c’est pour me laisser après…
— Tu crois ? chuchota Grimmjow.
La bouche du bleuté mordillait la peau sensible de son cou, descendait vers sa clavicule. Un bras enlaça la taille du roux pour l’empêcher de glisser ; de l’autre main, Grimmjow caressa l’intimité d’Ichigo, qui se gorgeait de désir. Ichigo se mordit la lèvre et passa ses bras autour du cou du restaurateur pour ne pas glisser au fond de la baignoire.
— Ichi…
Grimmjow planta ses yeux bleus dans ceux, troubles, du roux.
— C’est ma première fois avec un homme. Si tu te retiens de gémir, comment veux-tu que je sache si ça te plaît ?
— Je crois que c’est plutôt évident, souffla Ichigo, moqueur.
Les mains d’Ichigo parcouraient les muscles fermes de Grimmjow. Celui-ci se redressa soudain et souleva le roux.
— Que fais-tu ?
Grimmjow ne répondit pas. Il sortit de l’eau, attrapa des serviettes et se sécha, puis sécha Ichigo au passage — tandis que sa bouche suivait le parcours du tissu. Il plongea le visage dans sa nuque, lécha la base, déclenchant un frisson chez Ichigo.
Ichigo, pas en reste, laissa glisser ses mains sur le corps musclé de Grimmjow. Ses lèvres glissèrent sur sa peau, sa langue traça un chemin…
Le cœur du bleuté s’accéléra. Il appréhendait cet instant malgré lui et dut admettre que les caresses du roux ne le laissaient pas insensible. Lorsque Ichigo lécha son mamelon, qui durcit, Grimmjow eut envie de gémir. Depuis quand était-il devenu aussi sensible ?
La langue le lécha, le mordilla ; un grondement monta de sa gorge. La main d’Ichigo voyagea vers l’autre mamelon et le taquina paresseusement. Puis sa bouche descendit le long du ventre, traçant un sillon humide. Les frissons du bleuté excitaient Ichigo : il réagissait à chacune de ses caresses…
Grimmjow se laissait aller à des vagues de plaisir qu’il n’aurait pas soupçonnées, alors que c’était un homme qui lui prodiguait tout cela. Finalement, Ichigo se retrouva face à son sexe, tendu. Il leva les yeux, croisa un regard suppliant. Il sourit, attrapa sa virilité entre ses mains, la prit en bouche et commença un lent va-et-vient, ponctué de coups de langue gourmands.
Les mains d’Ichigo caressaient son entrejambe. Grimmjow gémissait ; ses doigts se perdaient dans les cheveux du roux. Il ne savait plus quoi penser, englouti par des émotions contradictoires. Tout ce qu’il voulait, c’était lui. Le faire sien et oublier ces jours d’enfer. Ichigo était tout ce qu’il voulait.
Grimmjow redressa Ichigo et l’embrassa, passionnément, en le serrant contre lui. Il voulait lui transmettre la fièvre, l’amour et le besoin. Il souleva le roux et l’emmena dans la chambre, où il le fit basculer tendrement sur le lit. Il se plaça au-dessus de lui et l’embrassa lentement, pour savourer l’instant.
— Pourquoi ici ? demanda Ichigo.
— Je n’aime pas les salles de bain pour ce genre d’exercice…
— Oh…
Grimmjow reprit son exploration et descendit vers la gorge offerte. Il ne voulait pas d’un lieu impersonnel pour leur première fois. Il voulait vraiment l’aimer et lui donner du plaisir… même si c’était un homme, même s’il doutait, malgré tout, d’y parvenir.
Il fit taire ses hésitations et se concentra sur Ichigo, qui lui faisait confiance. Il eut plaisir à sentir les muscles de son amant se détendre. Il parsema son corps de baisers et s’attarda sur son nombril. Il sourit en sentant le corps sous lui vibrer, si sensible et velouté.
Grimmjow attrapa la verge de son amant, en lécha le bout, joua, puis fit glisser sa bouche. Il alterna va-et-vient lents et caresses des fesses du roux, qui gémissait. Grimmjow scrutait chaque réaction, cherchant la faille. Il glissa un doigt : Ichigo se rétracta. Alors le bleuté se pencha, glissa sa langue contre l’orifice. Ichigo protesta, tremblant.
Ichigo était gêné, mais il avait du plaisir. C’était contradictoire… Hisagi n’avait jamais eu de gestes aussi tendres. C’était presque toujours Ichigo qui donnait tout, et recevait peu. Comme s’il découvrait une autre face de l’amour… cela le troublait.
La langue céda la place au doigt. Ichigo trembla ; ses gémissements s’allongèrent. Il ne pouvait plus s’arrêter : Grimmjow le rendait fou. Ses doigts crispèrent les draps. Son corps se cambra et se mouvait contre la bouche du restaurateur.
Grimmjow remonta vers le visage rougi d’Ichigo. Ses pupilles dilatées, ses paupières mi-closes, cette passion… Grimmjow devenait fou en le voyant ainsi, si impudique. Il reprit ses lèvres et Ichigo rendit son baiser avec ardeur. Leurs virilités se frottaient l’une contre l’autre, chaudes et dures, et pourtant si douces…
Grimmjow souleva le bassin du roux. Ichigo écarta les jambes. Il sentit le sexe du bleuté le pénétrer et ferma les yeux à demi.
— S’il te plaît… viens…
Le bleuté tenta de se contrôler, de calmer l’impatience. Ichigo ondula sous lui, ce qui l’acheva. Grimmjow se laissa aller à des va-et-vient de plus en plus profonds, de plus en plus rapides. Leurs yeux se croisèrent : passion et tendresse mêlées. Grimmjow posa ses mains de part et d’autre du visage d’Ichigo, tandis que le roux enroulait ses jambes autour de sa taille. Le visage lascif de son amant était délectable…
Leurs halètements se mêlèrent, leurs bouches se cherchèrent, et ils se cambrèrent en même temps, jouissant ensemble.
Grimmjow s’effondra à côté d’Ichigo. Ils reprirent leur souffle, se regardèrent. La main du bleuté remonta et caressa le visage du roux, puis glissa vers sa taille et l’attira contre lui. Ichigo enroula ses jambes autour de celles du restaurateur, qui semblait soudain épuisé.
— Je crois que je vais m’endormir…
— Dors, souffla Ichigo… Mais n’oublie pas : demain, je risque d’être parti à ton réveil.
— OK…
— N’oublie pas de venir ! fit Ichigo, anxieux, tout à coup.
— Je viendrai… amour… souffla Grimmjow avant de sombrer.
Ichigo crut avoir mal entendu et aurait voulu le secouer, mais le sentant exténué, il renonça. Il repoussa tant bien que mal les couvertures, les ramena sur eux. Lui aussi se sentait épuisé. Ichigo se blottit contre Grimmjow ; celui-ci resserra sa prise sur sa taille et Ichigo se laissa gagner par la torpeur.
— Bonne nuit, mon amour…
°OoO°
Le lendemain matin, Ichigo entendit le signal de son radio-réveil. Il aurait voulu bouger, mais le corps lourd de Grimmjow le recouvrait presque entièrement. Il peinait à atteindre l’appareil quand une grande main passa au-dessus de lui et éteignit le bruit.
— Tu es réveillé ?
— Avec le raffut que cette machine infernale fait de si bon matin… oui. Enfin, pas tout à fait encore.
— Désolé.
Grimmjow rit doucement et se redressa lentement pour faire face à Ichigo, puis brossa ses lèvres contre les siennes. Le bleuté n’en revenait pas encore d’être passé à l’acte avec ce roux désirable.
— Ça te dérange si je finis ma nuit ?
— Non, pas du tout… Normalement, tu ne devais pas te réveiller !
— Normalement… se moqua Grimmjow.
Ichigo fronça les sourcils et voulut le repousser, mais Grimmjow ne l’entendait pas de cette oreille.
— On reprend depuis le début… Bonjour… mon amour…
Ichigo leva des yeux surpris vers lui.
— J’avais bien entendu, hier, alors…
— Quoi ?
— Amour…
— Bien sûr ! Tu crois que je ferais l’amour à un type si je ne l’aimais pas, toi ? grogna Grimmjow.
— C’est que…
— Ichi…
Grimmjow embrassa Ichigo.
— Il va falloir que tu apprennes l’expression « confiance en soi » ! Je viendrai te rejoindre tout à l’heure avec Anku et Rei.
— Grimmjow, fit Ichigo, inquiet soudain… Tu ne m’en voudras pas de ne pas t’adresser la parole ?
— Je sais, je sais… ça fait partie du personnage ! Je te ferai la gueule si tu ne m’embrasses pas ce soir, par contre, pour te faire pardonner !
— Ce ne sera pas un problème. Je peux même te donner un acompte tout de suite !
Joignant le geste à la parole, Ichigo se hissa et enroula un bras autour du cou de Grimmjow, cherchant ses lèvres passionnément. Le bleuté finit par le repousser gentiment.
— Tu vas finir en retard…
Ichigo grimaça, s’assit sur le lit tandis que Grimmjow se repliait sous les couvertures.
— Hinamori te préparera ton petit-déjeuner. Si tu veux rester ici pour déjeuner, préviens-la.
— Hum…
Ichigo récupéra ses affaires et entra dans la salle de bain.
— Si tu as besoin de quoi que ce soit d’autre, demande à Isane. Elle doit être dans la pièce à l’entrée. Tout ce que tu veux, elle te le trouvera…
— C’est toi que je veux !
— Euh… ça attendra un peu ! fit Ichigo, moqueur.
Ichigo laissa Grimmjow, qui ne tarda pas à se rendormir au bruit de la douche. Avant de sombrer, le restaurateur s’avoua qu’il venait de vivre l’un de ses meilleurs moments. Cela faisait des années qu’il n’avait pas connu une telle complicité, un tel abandon, une telle confiance… Son cœur redevenait celui de ses vingt ans : enthousiaste, heureux.
Ichigo se lava vite et grimaça en songeant au scandale que ferait Hinamori en voyant la salle de bain. Il revint vers Grimmjow et ne put s’empêcher de caresser les trois mèches qui lui barraient le front. Un sourire tendre éclaira les traits du roux, si souvent préoccupés.
Il traversa la chambre sans bruit : il allait affronter une journée qui s’annonçait terriblement longue.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)