Jeudi 12 février 2009
Grimmjow se chargea de raccompagner Ichigo chez lui. Anku et Rei étaient ravis. Le roux, quant à lui, se débattait avec ses faux ongles dans la voiture.
— Garde-les, Ichi ! fit Anku.
— Et puis quoi encore ! Ces machins vont m’empêcher…
— De faire la cuisine ? suggéra narquois Grimmjow.
— Ne recommence pas… maugréa Ichigo, exaspéré qu’on remette sur le tapis son incapacité à prendre soin de lui.
Rei éclata de rire et revint sur la conférence.
— J’ai adoré comment tu les as remis à leur place avec la dégustation des vins… Comment t’as fait ça ?
— C’est mon boulot… s’énerva Ichigo, toujours occupé avec ses ongles.
— Ichi… arrête de t’acharner sur tes ongles et attends d’être rentré pour te les faire enlever par Hinamori.
— Comment tu sais qu’elle sait faire ça ?
— Elle m’a raconté ce matin en détail ta vie en tant que Ka-Ten et surtout les heures qu’elle a passées à t’habiller ou à te faire les ongles !
— Même le personnel est contre moi… se plaignit le roux.
Anku pouffa et se pencha vers Ichigo.
— Tu crois que je pourrais assister à l’enregistrement de ta chanson ?
— Ça devrait pouvoir se faire… murmura Ichigo, toujours fixé sur ses ongles trop longs.
— Mes copines aussi ?
Ichigo se tourna vers Anku et l’observa quelques secondes.
— Tu as combien de copines ?
— Autant que tu pourras en prendre !
— Non… Si je prends tes amies, ce sera uniquement celles qui font partie de ton groupe !
— Oh… nous sommes quatre !
— Quatre, c’est possible. Mais je ne prendrai personne d’autre !
— Super !!! Je vais téléphoner…
— Tu ne feras rien du tout, déclara son père. Si tu le fais, ce sera à la maison. C’est quand, ton enregistrement, Ichi ?
Grimmjow gara la voiture le long du sentier et Ichigo sortit comme un diable, puis s’étira.
— Bon sang, que je suis content de rentrer !
— Alors, c’est quand ? demanda Anku, à côté de lui, en le secouant comme un prunier.
— J’ai le mal de mer ! fit Ichigo.
— Tu es une petite nature… Alors !
— Lâche-le, Anku. Il est fatigué… Il est debout depuis plus longtemps que toi !
— Oui… mais il répond pas !
La porte s’ouvrit et Hinamori se précipita vers Ichigo. Elle lui sauta au cou, puis recula : ses yeux brillaient intensément.
— Vous avez été formidable, Kurosaki-san ! Comment vous les avez mouchés… J’en avais mangé mon tablier ! Vous êtes toujours aussi beau !
— Vous n’auriez pas des posters de Ka-Ten dans votre chambre, Hinamori ? demanda Grimmjow innocemment.
La jeune femme rougit violemment et repartit vers la maison.
— C’est un vrai fan club que tu as là !
— J’ai l’impression, oui… L’enregistrement de mes chansons, c’est la semaine prochaine. Gin m’appellera pour ça.
— Il faut que tu me dises quand…
— Ça suffit, Anku. Maintenant, tu laisses Ichigo tranquille.
Ichigo marcha jusqu’à la maison et traversa le hall d’entrée.
— J’ai faim… marmonna Ichigo.
— Tu n’as rien mangé ce midi ? demanda Grimmjow.
— Si… mais…
Ichigo regarda sa montre : il était presque dix-neuf heures.
— J’ai pratiquement rien mangé du buffet. J’ai passé mon temps entre les autographes, les photos et après le bureau de Gin…
— Et le petit moment avec papa ! fit Anku, narquoise.
Grimmjow tourna la tête vers Anku et la foudroya du regard. La jeune fille se sentit mal à l’aise, se rendant compte qu’elle était allée trop loin. Ichigo se dirigea vers la cuisine et vit que la table était prête et que le repas était servi.
— Hinamori, tu me sauves !
— Et moi, je me sauve maintenant… Bonne soirée !
Momo quitta la pièce en saluant de la main, un sourire fendant son visage. Ichigo s’installa à table.
— Tu es pressé… Tu ne choisis pas un vin…
— Nan ! Une bière !
— Tu bois de la bière ? fit Rei, intéressé.
— Oui ! Je ne bois pas que du vin…— Tu vas pas devenir alcoolique ? demanda Anku.
Ichigo faillit s’étouffer. Son père donna une tape sur la tête de sa fille.
— Ne raconte pas n’importe quoi !
— Mais enfin…
— Anku, tu me fatigues… grogna son père, qui se dirigea vers le réfrigérateur et sortit deux bières.
— C’est pour moi, la deuxième ? demanda Rei.
— Dans tes rêves ! marmonna Grimmjow en tendant la bouteille métallique à Ichigo.
— Y a des jus dans le réfrigérateur… allez voir, fit Ichigo.
Tout le monde passa à table et Grimmjow remarqua :
— En fait, on se retrouve installés chez toi sans qu’on s’en rende compte !
— Et c’est grave ?
— Non… c’est juste que tu voulais peut-être être seul ?
Ichigo eut un petit rire.
— Pas spécialement…
Ils mangèrent, avec les commentaires des deux adolescents sur leur après-midi mouvementée. Ichigo sentait la fatigue l’envahir ; toute la tension nerveuse des derniers jours retombait soudain. Il eut du mal à cacher ses bâillements et se traîna vers sa chambre.
— Je t’ai connu plus enthousiaste ! se moqua Grimmjow.
Ichigo lui lança un regard noir.
— Tu es loin d’être sexy quand tu fais cette tête-là !
Le roux soupira, reprit une démarche normale et finit par s’enfermer dans sa chambre. Mais c’était sans compter sur un Grimmjow joueur, qui le poursuivit impitoyablement dans la pièce.
— Tu vas déjà te coucher ?
— J’ai une migraine qui s’installe et je ne sais pas pourquoi !
— Anku avait raison, finalement… Tu es une petite nature !
— Oublie-moi !
— Jamais !
Ichigo sentit un souffle chaud dans son cou et deux bras l’entourer.
— Anku et Rei ? demanda Ichigo.
— Ils s’occupent de débarrasser et de faire la vaisselle.
— Tu restes avec moi, cette nuit ?
— Je ne sais pas, Ichi…
— Reste ! Pas forcément… pour…
— Je reste…
Grimmjow l’entraîna et ils tombèrent sur le lit, les jambes emmêlées. Ils se regardèrent un long moment sans rien dire. Ichigo s’avança, colla son visage contre celui de son amant et murmura :
— Je pensais que Rei et Anku étaient contre moi ?
— Anku a eu un petit moment de flottement en parlant avec sa mère… Ça s’est calmé ce matin quand j’ai discuté avec mes parents.
Grimmjow fit une légère grimace.
— Mon père n’accepte pas mon coming-out brutal. Anku a pris ma défense, car mon père voulait que j’interrompe notre relation. Je t’avoue que si cela s’était passé hier… peut-être que j’aurais tout arrêté. Mais après ce qu’il s’est passé entre nous…
Le regard d’Ichigo se voila. Le roux sentit une blessure au fond de lui.
— Si cela s’était passé, je serais passé à côté de quelqu’un de merveilleux, Ichi. Tu es la personne la plus sensible que je connaisse. Halibel a l’air d’un doberman à côté de toi !
— Je ne suis pas faible…
— Je le sais, Ichigo ! Je serais incapable de faire ce que tu fais. Et ce n’est pas une remarque désobligeante…
Grimmjow tira le roux contre lui et caressa ses cheveux indisciplinés.
— Et pour Rei…
— Rei était remonté avant de partir. Il ne voulait pas te voir comme ma petite amie. Et le fait d’entendre mon père l’a conforté dans l’opinion que sa mère a sur toi. Mais durant la conférence, Anku, Yumi, Kumiko et Masao étaient déchaînés : ils ont failli sortir pour régler le compte des journalistes. Sans compter tes sœurs… Voir autant de gens te soutenir semble l’avoir fait réfléchir.
Quand il a vu Byakuya partir dans la salle pour être un juge, il a été surpris. Mais ton calme et ta présence d’esprit l’ont impressionné, et pour finir, ta démonstration l’a littéralement emballé ! À la fin, c’était lui le plus infernal du lot !
— Il semblait calme.
— Je crois qu’il est trop timide pour te le montrer directement.
— Je n’aurais pas cru que cette démonstration le touche !
— Il a besoin d’admirer les gens qui se trouvent dans son entourage, j’ai l’impression. Ce qui n’est pas mon cas… fit Grimmjow d’une voix blessée.
— Tu te trompes, tu sais…
Une main d’Ichigo remonta et caressa le visage tourmenté du bleuté.
— Je vais te laisser dormir…
— Je vais d’abord prendre une douche et j’irai me coucher.
— Je m’occupe des deux monstres qui vont te sucer ton énergie avec leurs revendications, bientôt !
Ichigo rit doucement, puis se redressa en bâillant, la main devant la bouche. Il fronça les sourcils et regarda ses ongles.
— Je les avais oubliés ! marmonna Ichigo. Je ne peux pas rester comme ça !
— Je vais dire à Anku de passer dans la chambre pour t’enlever tes ongles. Allez, va te détendre !
Ichigo se leva et partit d’un pas lent vers la douche en se frottant les cheveux. Grimmjow rejoignit ses enfants et demanda à Anku si elle pouvait enlever les faux ongles d’Ichigo.
— J’ai pas mes produits, ils sont à la maison…
— Ichigo doit en avoir ici…
— Je sais… Dans sa trousse à maquillage ! Mais je crois que c’est dans sa salle de bain.
Rei ne put s’empêcher de dire :
— C’est bizarre, quand même, qu’un gars ait une trousse à maquillage plus fournie qu’une fille !
— C’est pour ses spectacles, andouille ! T’as bien vu qu’Ichigo se conduit comme un homme. T’as le cerveau qui fonctionne au ralenti, toi !
Finalement, Anku et Rei regagnèrent leur chambre. Anku prit une douche et se mit en pyjama, puis dit à son père :
— Faudrait penser à amener quelques affaires de rechange, quand même !
— Je vais en parler à Ichigo !
— Chouette ! Je vais vivre à côté de mon idole ! Finalement, je m’en fiche qu’elle ait tout arraché… j’ai l’original à la maison maintenant. En plus, je peux m’en occuper !
— Anku, ce n’est pas un animal de compagnie…
— Je sais…
Finalement, ils se retrouvèrent dans la chambre d’Ichigo. Ce dernier s’était endormi au-dessus des couvertures. Il portait un pantalon de pyjama noir et un T-shirt blanc. Anku ne put s’empêcher, en voyant Ichigo pelotonné au milieu du lit :
— Il est trop chou !
Elle reçut une tape sur la tête par son père.
— T’es jaloux !
— C’est mon petit ami, alors du vent !
— Mais tu es vraiment jaloux… ne put s’empêcher de dire Anku.
Son père la fusilla du regard et lui désigna la porte.
— Je veux pas te voir avant demain matin !
— OK… c’est bon, j’m’en vais !
Elle sortit en tirant la langue et ricana en quittant la chambre. Grimmjow se dirigea vers la salle de bain et prit une douche, qui le relaxa. Il prit un sous-vêtement d’Ichigo, un de ses T-shirts et songea qu’il était vraiment temps d’amener quelques affaires. Ses muscles étaient plus saillants dans les vêtements de son amant. Il trouva un pantalon de pyjama qu’il put enfiler : Ichigo avait tendance à les prendre une taille au-dessus.
Grimmjow éteignit la lumière et s’installa près du roux. Il dut le tirer des dessus de couvertures pour le glisser sous les draps, puis se glissa contre lui. Il espérait ne pas avoir à faire ce sport tous les soirs.
À peine s’allongea-t-il qu’Ichigo se pelotonna contre lui en tenant fermement le T-shirt.
— Je ne risque pas de m’évader avec toi !
— Dors… marmonna Ichigo.
— Tu ne dormais pas ?
Ichigo ouvrit un œil endormi et souffla quelque chose d’incompréhensible. Grimmjow le laissa se rendormir et enroula un bras autour de sa taille.
°OoO°
Grimmjow rangeait ses affaires dans la chambre d’Ichigo. Cela faisait maintenant trois jours que la conférence était passée et l’orangé était à fond dans ses répétitions avec le reste du groupe. Ils avaient décidé que Grimmjow et les enfants habiteraient avec lui. Grimmjow revendait sa maison et, avec l’argent récolté, allait réinvestir plus tard dans un fonds de commerce. Il avait trouvé une place de second dans un établissement de renom et commençait le lendemain même.
Entre Ichigo et lui, ce ne serait pas facile d’un côté… mais de l’autre, les enfants auraient toujours quelqu’un pour veiller sur eux. Chose qui était impossible avec sa femme, remarqua soudain le bleuté.
Grimmjow s’assit un instant sur le lit. Il soupira et se rendit compte que cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi vivant. D’une part, ses enfants étaient entre de bonnes mains et ils s’entendaient maintenant à merveille avec Ichigo. Mais lui aussi… Le sommelier était toujours partant pour des moments intimes très chauds et ne boudait pas son plaisir, alors qu’avec sa femme… elle se trouvait toujours une excuse, au fil du temps.
Même si le roux n’avait pas toujours un caractère facile, il essayait de faire plaisir et d’arranger tout le monde. Le seul problème, c’est qu’il était terriblement maladroit une fois sorti de ses domaines de prédilection. Hisagi lui avait dit qu’il y avait un autre domaine dans lequel Ichigo excellait, mais n’avait rien voulu lui dire. Ichigo n’avait pas l’air de savoir de quoi Shūhei parlait, car il fut incapable de lui dire le domaine en question. Pourtant, les autres membres du groupe semblaient savoir.
Grimmjow soupira encore une fois : il se sentait heureux comme il ne l’avait pas été depuis longtemps… mais n’osait pas croire que cet état de grâce durerait.
La porte s’ouvrit et Ichigo entra. Il vit son amant assis, soupirant sur le lit. Il se mit à genoux devant lui et le regarda. Les yeux bleus le fixaient avec douceur. L’orangé fut surpris de ne pas y voir de raillerie, ni de lueur moqueuse : en pleine journée, c’était généralement ce qui l’attendait.
— Grimmjow, tu vas bien ? finit par demander Ichigo.
— Oui… depuis bien longtemps…
Ichigo poussa le bleuté sur les draps et s’allongea sur lui. Ses lèvres embrassèrent celles du cuisinier avec tendresse.
— J’en suis heureux !
— J’ai rendez-vous lundi avec l’avocat d’Halibel pour une conciliation !
— Nerveux ?
— Pas vraiment…
— Mardi, je serai en studio… et je prends Anku et ses copines !
— Tu crois que je pourrais y assister aussi ?
— Tu veux voir ?
— Si ça ne te dérange pas !
— Je ne serai pas transformé…
— Tant mieux… je te préfère en toi !
Ichigo rit doucement et emmêla ses doigts dans les cheveux bleus.
— Je retourne travailler !
— J’étais ton intermède ? demanda Grimmjow, moqueur.
— En quelque sorte…
Ichigo abandonna Grimmjow, qui s’occupait du souper ce soir-là. Toute la famille se réunissait, plus les musiciens. Il se dirigea vers la cuisine et sortit les ingrédients dont il aurait besoin.
°OoO°
Rei attrapa Ichigo sur le chemin de la salle de répétition.
— Ichigo… je peux te parler cinq minutes ?
Il ne semblait pas très sûr de lui et Ichigo approuva. Il entra dans la chambre de Rei, qui commençait déjà à l’aménager à son goût.
— Tu vas bien, Rei ?
— Oui et non… En fait, je pense souvent à maman et je me dis qu’elle doit être seule, actuellement.
— … c’est exact.
Un petit silence s’ensuivit. Ichigo ne savait pas quoi lui dire sur sa mère étant donné la haine qu’elle lui portait.
— Voilà… j’ai été impressionné par ta démonstration avec les bouteilles de vin et je me suis renseigné à l’école. J’ai vu que les sommeliers pouvaient voyager et qu’il y a des concours et tout !
— Exact !
— Je voudrais devenir sommelier comme toi !
Ichigo eut les yeux qui s’élargirent de surprise.
— Sommelier, dis-tu ?
— Oui… À moins qu’il ne soit trop tard ?
— Non, pas du tout !
Rei le regarda droit dans les yeux et dit :
— Ce n’est pas pour l’alcool lui-même, mais j’aimerais vraiment que tu m’apprennes à devenir un bon sommelier. Je veux devenir le meilleur et pouvoir voyager. Je n’ai pas envie de devenir restaurateur ou cuisinier… c’est plus contraignant. Je préfère découvrir le vin comme toi tu le fais, avec classe !
— Il faut que tu en parles à ton père !
— Je lui en parlerai…
— Et à ta mère…
— Je lui en parlerai. Et même si elle n’est pas d’accord, je le ferai quand même. C’est ma vie. Je voudrais rentrer dans une école de restauration. Tu pourras m’aider ?
— Bien sûr. Et ton père, plus que moi, dans ce domaine.
— Mais tu pourras m’apprendre comment on reconnaît les vins ?
— Ce ne sera pas facile… je vais devoir éduquer ton palais !
— Eh bien… je ferai ce qu’il faudra.
— Tu ne viendras pas te plaindre après… j’aurai besoin de ton père aussi pour ça !
— Pourquoi ? demanda Rei, curieux.
— Apprendre à reconnaître les saveurs, c’est primordial, Rei !
— C’est génial !
— Va en parler à ton père. Moi, je retourne à mes répétitions !
°OoO°
Rei se précipita à la cuisine où son père était en train de mettre des pommes de terre coupées en lamelles dans des cercles.
— Papa, faut que je te parle !
Grimmjow leva les yeux sur son fils, surexcité. Il ne posa pas de questions et continua.
— Je viens de discuter avec Ichi.
Rei sut qu’il capterait l’attention de son père : le bleuté se redressa et le regarda avec intérêt.
— Je peux savoir pourquoi tu ennuies Ichigo ?
— Je ne l’ennuie pas, et il a dit qu’il était d’accord !
— D’accord pour quoi ?
— Je veux devenir sommelier et il m’a dit qu’il m’aiderait. Il m’a dit aussi que tu pourrais m’aider et que tu m’aiderais aussi à entrer dans une école de restauration !
— Sommelier ?
— C’est trop cool !
— C’est parce que tu trouves ça cool que tu veux devenir sommelier ? Ça peut être rébarbatif, comme enseignement.
— J’ai adoré les vins que j’ai bus la dernière fois…
— Ça, tu peux… maugréa son père. Même moi, je ne sais pas quel goût ils avaient !
— Mais Ichi, oui… Je veux devenir comme lui !
Grimmjow sentit un pincement au cœur, mêlé à une joie étrange : son fils s’entendait avec Ichigo. Il ne savait pas sur quel pied danser.
— Tu en as parlé à ta mère ?
— Non… mais je m’en fous de son opinion ! Je veux être sommelier !
— Bon… je vais voir avec Ichigo pour ta formation !
— Super !
— Et quoi ? demanda Anku.
— J’ai demandé à papa pour devenir sommelier et il est d’accord ! Ichi aussi est d’accord pour m’apprendre !
— C’est super !
— Tu rentres déjà de l’école ? fit Grimmjow en regardant sa montre.
— Y a eu une prof malade… Ichigo répète ?
— Il est avec Hisagi et les autres en pleine répétition.
— Génial ! J’y vais…
Anku partit. Rei ricana.
— Pourquoi ris-tu ?
— Parce que dans cinq minutes, elle va revenir en pleurant !
— Pourquoi ? demanda Grimmjow en fronçant les sourcils.
— Parce qu’Ichigo ne veut pas qu’elle vienne si elle a pas terminé ses devoirs !
— Il m’en a pas parlé…
— Parce qu’Anku le tanne et qu’Ichigo n’ose pas t’en parler…
— Je vais aller voir !
Il n’en eut pas l’occasion : Anku revenait, rageuse.
— Papa… Ichigo est infâme ! Il m’a claqué la porte au nez et il m’a dit d’aller faire mes devoirs !
— Et tu appelles ça infâme ? Si je te disais que tu ne risques pas d’aller à l’enregistrement de mardi parce que tes résultats scolaires sont en chute libre, que me dirais-tu ?
— Kami-sama… mais vous vous êtes ligués contre moi ? Moi qui pensais qu’être entourée d’hommes, ça serait super… bonjour l’ambiance !
— Anku… va faire tes devoirs !
— J’y vais, j’y vais… Quand il me demandera de lui retirer ses faux ongles, je le laisserai mourir avec !
Elle partit dans sa chambre en maugréant. Rei éclata de rire.
— Et toi ?
— Quoi, moi ?
— Tes devoirs.
— Euh… OK, j’y vais !
Rei fila, et Grimmjow retourna à ses préparatifs. Ses enfants avaient adopté Ichigo, et il en était heureux… Par contre, il les voyait s’éloigner de lui pour se rapprocher de son amant. Il se sentit un peu jaloux : il n’y avait pas une telle osmose avec Halibel.
Hinamori vint lui signaler qu’elle avait dressé la table dehors et qu’ils pourraient profiter des derniers beaux jours. Grimmjow la remercia. Avant de partir, elle ajouta :
— Vous savez, vos enfants vous aiment beaucoup et vous respectent… mais ils sont heureux d’avoir une autre personne à qui se confier. Ce ne devait pas être le cas avec votre ex-femme. Ils voient Kurosaki-san comme un deuxième appui… mais vous resterez toujours leur père et serez toujours à la première place dans leur cœur, même s’ils admirent Ka-Ten ou le sommelier qu’est Ichigo Kurosaki.
Elle lui fit un clin d’œil et quitta la pièce. Grimmjow sourit. Les paroles de la jeune femme le réconfortaient.
Un peu plus tard, Ichigo vint se pelotonner contre lui, comme à son habitude, en bâillant… Grimmjow eut un petit sourire satisfait.
— Qu’est-ce qui te fait sourire ? demanda Ichigo.
— J’aime la vie avec toi… souffla Grimmjow.
Ichigo, les yeux embués de fatigue, lui adressa un léger sourire, frotta son nez dans son cou et répondit à son oreille :
— Ça tombe bien, moi aussi !
Ichigo s’endormit moins d’une minute plus tard, les jambes entortillées dans les siennes.
Grimmjow repensa à la soirée agréable avec Byakuya, Renji, Hisana, Rukia, leurs enfants et le groupe, à leurs jeux, à Rei et Anku riant à gorge déployée. Ils avaient essayé d’éviter de tomber dans la piscine, ou de se retrouver déguisés en fille… Pour le dernier défi, il n’y avait qu’Ichigo qui n’avait pas peur. Quoique, lorsque Rukia avait dit qu’elle s’occuperait du maquillage, Ichigo avait pris le jeu très au sérieux et avait même gagné contre toute attente. Décidément, Rukia avait un effet bizarre sur Ichigo : à croire qu’il la craignait.
Grimmjow se demanda pourquoi. Puis il finit par s’endormir, heureux de cette soirée conviviale. Il espérait en vivre beaucoup d’autres comme celle-là.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)