Ichigo se réveilla le lendemain, seul dans le lit. Surpris, il tâtonna pour trouver la trace de Grimmjow, mais le lit était froid… preuve que le bleuté avait quitté le lit depuis un petit moment. L’orangé se leva lentement et se traîna jusqu’à la cuisine en baillant. Quand il entra, il vit Grimmjow faire la morale à Rei et Anku.
— Arrêtez de vous conduire comme des gamins de 5 ans !
— Enfin, pa’, c’est pas juste… je veux sortir avec mes copines, j’ai presque dix-huit ans et…
— J’ai dit non !
Ichigo traversa la cuisine, s’installa sur une chaise et observa les enfants et le père.
— Pas de raison ? Tu n’as que quinze ans, pour mémoire !
— Et alors ?
— Ichi… fit Anku brutalement.
Le roux leva les yeux vers la jeune fille, surpris.
— Dis à papa qu’on peut sortir !
— Anku pourrait sortir jusqu’à deux heures… Quant à Rei, il pourrait rentrer à vingt-deux heures !
— Quoi ? hurlèrent les deux adolescents…
— Attends, Ichi, je veux pas de couvre-feu ! hurla Anku. Mes copines sortent jusqu’à au moins quatre ou cinq heures du matin !
— Vingt-deux heures ! s’étouffa Rei ; il s’était placé à côté d’Ichigo, prêt à le secouer. Mais tu te rends compte… c’est ridicule comme horaire.
— Vingt et une heures, alors ? suggéra Ichigo.
Il touillait le café que Grimmjow lui avait mis devant lui.
— Tu veux ma mort ! hurla maintenant Rei.
Ichigo le regardait, indifférent, et Anku poussa son frère et dit à Ichigo :
— Ose nous dire à quelle heure tu rentrais, toi, quand tu revenais de boîte ?
Le roux se gratta la tête et réfléchit tout haut.
— Attends, si je me souviens bien… quand j’avais dix-huit ans, je travaillais le matin de bonne heure pour distribuer les journaux, donc debout à quatre heures. Ensuite… je rentrais, je prenais ma douche, reprenais un truc à manger et me précipitais à l’école. Je revenais, faisais mes devoirs et ensuite, j’allais rejoindre Shūhei, Kensei, Starrk, Chad et Kaïen. Nous prenions la direction de la maison de disque ; c’était une maison indépendante, à l’époque… et on enregistrait notre premier album en semaine. Le week-end, on donnait des concerts dans de petites salles, en première partie. Généralement, je rentrais vers vingt-trois heures et j’allais me coucher, trop crevé pour faire la fête !
Un silence se fit… et Ichigo but son café. Il attrapa un toast, le beurra et reprit :
— Pour mes quinze ans, je faisais mes devoirs et je passais mes soirées à m’exercer à reconnaître les différentes odeurs qui pouvaient composer un vin. J’apprenais l’historique des châteaux, des chais, les appellations, les millésimes… enfin toute la théorie sur le vin. Mon temps libre, je le passais dans les musées, les galeries d’art et, accessoirement, j’apprenais à jouer d’un instrument !
Nouveau silence. Grimmjow avait un sourire qui lui fendait le visage…
— Ichi ! fit Anku brutalement, et elle se mit à lui tapoter l’épaule gentiment. Ta vie, c’était un enfer !
La compassion qui perçait dans la voix de la jeune fille amena un sourire sur le visage d’Ichigo.
— Et je pense que c’est pas fini avec vous deux ! finit par dire Ichigo.
— OK ! On accepte ta proposition… lâcha Anku.
— J’ai pas dit que j’étais d’accord ! fit Grimmjow.
— Pa, s’il te plaît ! Anku était passée en mode « yeux de jeune chiot suppliant ».
Ichigo se tourna vers Grimmjow et ce dernier observa son amant avec attention, puis soupira.
— OK ! Mais si vous n’êtes pas là à l’heure, ça va chauffer pour vous…
— Vive Ichigo ! lança Rei. Papa ne voulait jamais me laisser sortir.
— Ça ne veut pas dire que tu pourras faire des bêtises, Rei ! déclara Ichigo. Tu as un portable ?
— Ouais ! Pourquoi ?
— Donne-moi ton numéro de téléphone et enregistre le mien. S’il arrivait quelque chose, ou si tu as besoin que je vienne te chercher… Grimmjow ne sera pas rentré à cette heure-là !
— Attends, je vais chercher mon portable…
Rei courut comme un dératé dans sa chambre.
— Moi, je l’ai, ton numéro, et t’as le mien.
— Et celui de ton père !
L’adolescent revint auprès d’Ichigo, qui grommela, car il devait aller chercher son portable dans la chambre : il avait oublié de le prendre. Une fois dans sa pièce, il se pencha pour le prendre et sentit deux bras l’encercler.
— Bonjour… murmura Grimmjow à son oreille.
— Bonjour, souffla Ichigo en se tournant vers son amant avec un grand sourire.
Grimmjow prit la tête d’Ichigo entre ses mains et l’embrassa paresseusement.
— Ça m’a manqué !
— À moi aussi…
Le bleuté serra contre lui son amant et ébouriffa ses cheveux, tandis qu’Ichigo caressait les muscles le long du dos de Grimmjow.
— Allez ! On va rejoindre les deux monstres !
Ichigo se résigna à le suivre. À peine eurent-ils mis les pieds dans la cuisine que les deux adolescents leur lancèrent :
— Vous pouvez vous embrasser devant nous ! On sera pas choqués ! Tu es chez toi, Ichi, et puis on s’est habitués à vous voir ensemble !
— Ouais ! Et puis, plus vite vous le ferez devant nous… plus vite on aura l’impression d’être une famille ! Bizarre… murmura Rei, soudainement. Mais on s’en fout !
— Vous êtes sûrs ? fit Grimmjow, indécis.
— Ouais ! On s’en fout, nous… fit Anku. Et puis, c’est chez vous ici, alors si même ici vous pouvez pas être « naturels », j’imagine même pas à l’extérieur.
— Vous viendrez pas vous plaindre, alors ! fit Grimmjow en enlaçant la taille d’Ichigo.
Les deux adolescents eurent un sourire moqueur et Rei tendit son portable pour échanger son numéro avec Ichigo. Une fois fini, Ichigo reprit sa place et finit de déjeuner, et Rei et Anku commencèrent leurs plans pour le soir même. Grimmjow regarda sa montre et débarrassa la cuisine. Il s’adressa à Anku :
— J’ai préparé à manger pour vous ce midi ; tu t’occuperas de le faire réchauffer !
— Ouais ! Pas de problème, et je prendrai soin d’Ichi aussi…
Ichigo faillit s’étouffer avec son dernier toast et Grimmjow lui tapota le dos.
— Tu n’auras jamais été aussi entouré, Ichi ! se moqua le bleuté.
Le roux le foudroya du regard et maugréa. Son portable sonna au même moment. Il l’ouvrit et fronça les sourcils : un numéro qu’il ne connaissait pas…
— Ichigo Kurosaki !
— Bonjour, Ichigo-kun !
Le regard d’Ichigo se durcit légèrement.
— Qui êtes-vous ? Et je ne vous autorise pas à être aussi familier !
Le ton était cassant, ce qui jurait terriblement avec le ton habituel auquel les membres de la famille Jaggerjack avaient l’habitude.
— Excusez-moi, Kurosaki-kun ! Nous nous connaissons déjà : nous nous sommes rencontrés il y a plusieurs années. Je suis Aizen Sōsuke !
Le visage d’Ichigo se durcit et il quitta sa chaise brutalement ; il fit claquer sa cuillère sur le plan de travail. Il se dirigea vers la fenêtre et observa, très loin de lui.
— Je vois… vous m’avez reconnu ! fit, ironique, le brun.
— Comment pourrais-je oublier une enflure de votre genre !
— Oh… vous n’avez pas besoin d’être aussi… vulgaire ! Surtout quand je viens vous faire un pont d’or !
— Gardez-le !
— Vous savez, vous êtes encore plus beau que dans mes souvenirs !
— … que me voulez-vous, cette fois-ci ?
— La même chose qu’il y a quelques années… rejoignez ma compagnie !
— Hors de question ! Ma réponse reste la même qu’il y a dix ans ! Je ne travaillerai jamais pour vous !
— Ah oui… même si je devais révéler l’existence de votre amant… Grimmjow Jaggerjack, c’est cela ? N’est-il pas le futur ex-mari de la restauratrice pour laquelle vous travailliez il y a encore un mois ?
Ichigo avait blêmi et il tapa du poing sur la porte-fenêtre. Le roux essayait de reprendre une respiration normale, et il entendit la voix moqueuse d’Aïzen continuer :
— Il y a aussi Rei et Anku Jaggerjack avec vous… n’est-ce pas ! Croyez-vous qu’ils supporteraient une telle pression médiatique ?
— Comment avez-vous su ? souffla Ichigo, sous le choc.
Pourtant, la colère montait en lui. Comment osait-on s’attaquer aux adolescents ?
— Qui croyez-vous, en dehors de votre entourage, sache pour vous ?
Ichigo réfléchit un instant et, finalement, ses yeux s’arrondirent et il n’osa pas imaginer ce qui lui venait à l’esprit !
— Attendez ! Vous voulez dire que vous êtes parti voir Harribel Jaggerjack pour…
— En fait, je cherchais à en savoir plus sur vous et à vous approcher pour me permettre de vous produire. Des informations du genre numéro de téléphone, sur votre passé de sommelier… enfin, des choses intéressantes et que je pourrais exploiter ; et cette femme m’a donné plus que je ne l’espérais… Ça m’a coûté une somme rondelette, mais… ça en valait la peine. Imaginez ma surprise d’apprendre que votre amant est le mari de cette femme désespérée… impressionnant !
— Et vous voulez quoi, exactement ?
La voix d’Ichigo étouffait sous la colère. Ce dernier sentit deux bras l’enlacer et une tête se pencher sur son téléphone ; le souffle chaud de Grimmjow le troubla, mais il resta impassible.
— Je veux que vous changiez de maison de disque, bien sûr !
— Ou sinon ?
— Je dévoile qui est votre amant et je dévoilerai la vie des enfants de cet homme… ou comment Ichigo Kurosaki, alias Ka-Ten-sama, est devenu un briseur de mariage.
Ichigo respirait difficilement et il sentit deux mains se crisper sur lui.
— Vous avez toujours été un salaud de première classe, et je vois que vous vous améliorez un peu plus chaque jour…
— Merci pour le compliment, ricana l’homme à l’autre bout du fil.
— Refuse, Ichigo ! fit Grimmjow.
Ichigo se retourna et croisa les yeux bleus où une rage contenue se lisait.
— Mais Anku et Rei…
— Refuse ! C’est le genre de salaud qui t’en demandera toujours plus ! Quand on te tient par le chantage comme ça… ça n’en finit plus ! On se débrouillera…
Le roux regarda intensément son amant, qui lui avait pris la main pour la porter à ses lèvres.
— Je ne veux pas que tu tombes dans les filets de ce genre de salaud !
Le chanteur dit alors :
— Je refuse votre proposition ! Je crois que vous l’avez entendu !
— Je vendrai cette information à prix d’or…
— Au moins, vous rentrerez dans vos frais ! ironisa Ichigo, qui raccrocha.
Les yeux ambrés étaient paniqués, mais une sourde colère perçait derrière. Ichigo et Grimmjow se regardaient, ne sachant quel comportement adopter. Mais ils étaient aussi en colère et stupéfaits l’un que l’autre.
— Ichi…
— Bon, il faut organiser la riposte tout de suite ! Anku, Rei et Grimmjow, écoutez-moi ! Je ne joue pas… ce qui s’est passé est grave. Harribel a été contactée par le responsable de la maison de disque concurrente à la mienne. Elle a dévoilé vos noms pour me faire couler… médiatiquement. Vous allez vous retrouver dans une tempête médiatique. Et je dois vous le dire… je ne compte pas laisser passer comme la dernière fois…
— Tu vas porter plainte ? demanda Grimmjow.
— Il le faut… sinon, elle n’arrêtera jamais de nous harceler and tout ce que nous ferons, elle le dévoilera contre espèces sonnantes et trébuchantes. Je suis désolé de vous dire cela…
La voix d’Ichigo était troublée. Le jeune homme était complètement perdu : jamais il n’aurait pu imaginer une telle méchanceté, surtout en arrivant à exposer ses propres enfants…
— Je ne voulais pas… je… je…
Ichigo se sentit soudain plaqué contre le corps de Grimmjow. Il ferma les yeux brièvement et trembla en imaginant le déchaînement médiatique prochain. Est-ce que Grimmjow et les enfants supporteraient cela ?
— Je t’aime… murmura Grimmjow à son oreille.
Surpris, Ichigo osa regarder son amant, qui l’embrassa légèrement.
— Ichigo, fais pour le mieux !
La voix de la jeune fille tremblait, ce qui fit tourner la tête d’Ichigo : il observa les deux adolescents. Anku et Rei semblaient effondrés. Ichigo ouvrit un bras et le tendit vers Anku, qui se précipita vers lui ; Grimmjow fit la même chose vers Rei, qui se laissa faire.
— Je suis désolé… murmura Ichigo. Je ne pensais pas que vous pouviez être malheureux avec moi…
— N’importe quoi ! hurla Rei, tout à coup. C’est maman la responsable, et elle nous a vendus ! Je lui pardonnerai pas… Surtout que tu es super gentil et que tu n’as rien fait de mal. Tu ne mérites pas ça, Ichi.
— Il faut que j’appelle ma maison de disque, immédiatement.
Ichigo se détacha et appela Gin. Il lui expliqua la situation. Ce dernier lui demanda de passer immédiatement à son bureau.
— OK !
Ichigo composa le numéro de sa sœur, qui décrocha rapidement. Il lui expliqua la situation et lui demanda de venir chercher Anku et Rei pour passer l’après-midi avec eux.
— J’arrive tout de suite ! Byakuya… Ichi a des ennuis !
— N’ameute pas tout le monde… gronda Ichigo.
— Cette poufiasse, je la vois et je la bute ! T’es prévenu ! Mère indigne… elle devrait avoir perdu la garde de ces gosses ! hurla Hisana.
— Bon, je compte sur toi !
— J’arrive, j’arrive…
— Ichigo… C’était la voix de Byakuya, qui avait arraché le portable à sa femme. As-tu besoin de quelque chose ?
— Pas pour l’instant. Je vais chez Gin… j’ai juste besoin que vous vous occupiez des enfants !
— Pas de problème. C’est moi qui viens les récupérer, car Hisana est au bord de la crise de nerfs.
— C’est Grimmjow qui sera là ; je dois partir tout de suite !
— Bien !
Ichigo raccrocha et se tourna vers Anku et Rei.
— Byakuya va venir vous chercher… vous passerez l’après-midi chez ma sœur ; Hisana vous attend. Grimmjow, tu pourras bosser tranquille. Moi, je pars tout de suite.
Le roux capta le regard de Grimmjow : il ne décollerait pas ! Ichigo se dirigea vers lui, l’embrassa et lui dit :
— Ne t’inquiète pas… On va arranger ça pour qu’il y ait le moins de problèmes possible pour nous !
— Je vais la tuer ! éclata Grimmjow. Son poing atterrit contre le mur.
Ichigo posa une main sur son bras.
— Ça n’arrangera pas les choses. Mais essayons de protéger Anku et Rei ! Nous, on fera face ! La voix d’Ichigo était rassurante. Je te contacte tout à l’heure pour te dire quelle stratégie sera abordée. Va travailler et ne pense plus à ça pour l’instant… Cela ne servirait à rien !
Ichigo disparut et Grimmjow fit craquer ses doigts.
— Papa… on fait beaucoup de mal à Ichigo ! fit soudain Rei. Depuis que maman a décidé qu’elle ne l’aimait pas and qu’elle allait lui faire payer le fait que tu ne l’aimes plus, elle fait n’importe quoi. J’ai peur pour… pour Ichigo… il est…
— Il est sensible… mais pas faible, Rei. Et je suis d’accord avec toi ! Nous ne lui avons apporté que des ennuis !
— Papa ! fit Anku, effrayée. Tu ne vas pas quitter Ichigo, hein ?
— Je ne sais plus…
Le bleuté se prit la tête dans les mains et se demanda ce qu’il pouvait faire.
— Préparez-vous, les enfants… Byakuya ne va pas tarder !
— On y va…
Rei et Anku se précipitèrent dans leurs chambres. Ils étaient effrayés par la tournure des événements et la réaction d’Ichigo et de leur père. Lorsqu’ils ressortirent, ils virent Ichigo dans les bras de Grimmjow. Ils furent surpris par la détermination qu’ils lisaient sur le visage du roux.
— Ichigo ? demanda Anku.
Le chanteur se tourna vers les deux adolescents.
— Enlevez-vous de la tête l’idée idiote de votre père de vouloir me quitter parce que, soi-disant, vous ne m’apportez que des ennuis !
— C’est ce qu’il vient de dire ! hurla Anku en regardant son père.
Ichigo reprit sa respiration et se tourna à nouveau vers Grimmjow et le foudroya du regard.
— Écoute-moi bien, Grimmjow Jaggerjack ! Je ne suis pas du genre à me laisser faire, même si parfois je suis maladroit ! Je t’aime et j’aime tes enfants… je n’imagine même plus ma vie sans vous. Alors, si tu veux baisser les bras, je ne te laisserai pas faire ! Moi, je vais me battre, et je ne laisserai personne menacer les personnes que j’aime plus que tout au monde !
— Tu nous aimes ? demanda Rei.
— Bien sûr ! Je ne laisse personne m’approcher car j’ai toujours peur qu’on ne profite de moi et de ma tendance à tout donner. Mais si j’accepte, c’est parce que j’apprécie la personne ; et vous, en l’occurrence, je vous aime. Je vais régler ça et nous ne sommes pas seuls, ne l’oubliez pas !
Ichigo tourna les talons et partit en claquant la porte. Grimmjow se tourna vers ses enfants, et sa fille lui dit :
— Maintenant, nous aussi, on va se battre ! S’il nous aime, nous aussi on l’aime ! Et ne t’avise pas de le quitter ! le menaça-t-elle.
Grimmjow eut un petit sourire et lui ébouriffa les cheveux.
— Il est hors de question que je le laisse…
Ils entendirent sonner à la porte et Grimmjow ouvrit sur Byakuya, qui avait les sourcils froncés et l’air un peu moins imperturbable que d’habitude.
— Vous allez bien ? demanda le brun.
— Papa a failli quitter Ichigo… souffla Rei, perturbé.
— Pardon ? fit Byakuya.
— Il a dit que nous lui portions malheur et que si nous n’étions pas dans sa vie, il n’aurait pas à subir tout cela.
Byakuya se plaça devant Grimmjow et le regarda froidement.
— Vous quittez Ichigo et je vous tue ! Je ne l’ai jamais vu aussi heureux que depuis qu’il vous connaît, alors vous allez vous sortir vos idées stupides de la tête. Je m’occupe de vos enfants, Ichigo s’occupe du terrain médiatique et vous… vous allez vous occuper de devenir très fort dans votre tête, car vous n’imaginez pas tout ce qui va vous tomber dessus. De plus, vous ne serez pas seul : il y a nous, Renji et Rukia, le groupe, la maison de production et bien d’autres personnes dont vous n’avez pas idée. Mais Ichigo aura besoin de vous…
— Je dois partir travailler et… je serai présent ! Merci… murmura Grimmjow.
— Pas de merci dans notre famille ! Nous sommes présents les uns pour les autres, c’est tout !
Grimmjow eut un sourire et embrassa ses enfants.
— Ne faites pas de bêtises et je vous rejoindrai chez Byakuya tout à l’heure !
— OK ! fit Anku… Ne t’inquiète pas…
Grimmjow quitta la maison et Byakuya rassura les deux adolescents, puis ils quittèrent la maison.
°OoO°
Ichigo arriva dans le bureau de Gin. Il y avait déjà Kensei et Starrk qui l’attendaient.
— Vous êtes là aussi ?
— Attends, Ichi. On s’attaque à un membre de notre famille ! Il est hors de question que ta vie fasse la une des journaux à scandale à cause d’une… d’une…
— Pouffe ! fit Starrk, la voix impassible.
— C’est pas assez fort !
— Arrêtez !
Gin était sombre et leur demanda de rester calmes.
— Donc, tu m’as dit qu’il a vendu les informations parce que tu as refusé de changer de maison de disques ?
— Grimmjow m’a dit que si j’acceptais, il m’aurait toujours par le chantage et que je n’en finirais jamais. Il préfère que je refuse et qu’on affronte ensemble le problème plutôt que… que je voie ce connard !
— Il a bien raison ! Aizen est un pourri de première… fit Starrk.
— Tu te rends compte, Ichigo, qu’ils vont publier des photos de toi, de Grimmjow et des enfants and qu’ils traîneront vos vies dans la boue ! Ce qui est aussi délicat pour toi, c’est l’album… vu comment ils vont s’acharner sur toi et te faire passer pour le pire des briseurs de ménage… les ventes risquent d’être catastrophiques, et tu risques de tout perdre, cette fois-ci !
— J’en suis pleinement conscient !
— Grimmjow le sait-il ?
Ichigo resta silencieux et soutint le regard de Gin, qui avait ouvert ses yeux, pour une fois.
— Bon, pourri pour pourri ! Je peux être aussi une enflure de première si on m’en donne l’occasion. J’ai des comptes à régler avec Aizen, et ça fait trop longtemps qu’il sévit. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ichigo… j’ai pensé que, pour toi, le mieux serait de faire une émission de télé pour t’expliquer. J’ai contacté Mashiro, qui a accepté de faire une émission spéciale avec toi en tant que Ka-Ten. Je refuse que tu montres ton vrai visage… ce serait une trop grande victoire pour Aizen et pour cette femme. Ils pourraient se marier ensemble, tiens !
Ichigo fronça les sourcils et se crispa.
— Mashiro, c’est pas l’autre folle qui fait des émissions spéciales sur les stars et des interviews à 21 h sur Canal 21 ?
— Si ! Tu n’as pas le choix, Ichigo… Il faut que tu y passes pour t’expliquer directement. Et je veux que tu donnes les « vraies » raisons de tout ce cirque !
— J’ai prévenu les enfants et Grimmjow…
— Qu’est-ce qu’il en dit, lui ? demanda Hisagi derrière lui.
Ichigo se tourna pour faire face à Shūhei.
— Il veut la tuer…
— M’étonne pas !
— En plus, il a une conciliation avec son avocat lundi après-midi. Si elle est là, je donne pas cher de sa peau.
— Il faudrait que quelqu’un aille avec lui ! fit Starrk.
— Je suggère Hisana ! répondit Kensei, sournois…
— Bonne idée ! rétorqua Shūhei.
— Vous êtes fous… c’est ma sœur qui va lui faire la peau. Tout à l’heure, elle m’a fait une crise de nerfs et c’est Byakuya qui a dû venir chercher les enfants…
Tous éclatèrent de rire quelques instants quand Chad, qui avait écouté sans rien dire, demanda :
— Et eux, justement ? Ils le prennent comment ?
Ichigo devint sombre et la colère perçait dans ses yeux.
— Très mal ! Ils sont perturbés et, pour l’instant, ne comprennent pas très bien ce qui va arriver !
— Il faudra bien les protéger…
— Je ferai mon maximum !
Le roux était tendu et l’expression de son visage était inflexible.
— Bien… mettons notre plan en marche, alors !
— Gin…
Ichigo regarda l’albinos droit dans les yeux.
— Oui, Ichi ?
— Engage pour moi un avocat, le meilleur si possible, et je mets le paquet pour lui faire payer ce qu’elle a fait à ses enfants et à Grimmjow…
— Et à toi, par la même occasion ! fit Shūhei, qui posa une main sur l’épaule d’Ichigo.
— Qu’importe ! Je ne veux plus qu’elle puisse nous nuire !
— Je m’en charge, et c’est moi qui vais prendre à ma charge l’avocat !
— Pourquoi ? demanda Ichigo, surpris.
— Ichi… tu es mon meilleur artiste ! Aussi bien en tant que Gatten que Ka-Ten… Tu ne crois tout de même pas que je vais laisser faire les choses comme elles se produisent actuellement ! Les pertes qu’elle va me faire subir sont colossales ! Je veux que tu prépares correctement l’émission de lundi soir avec Mashiro et essaye de faire en sorte de minimiser les dégâts !
— Très bien…
Ils regardèrent Gin appeler Risa et Hiyori. Les deux jeunes femmes arrivèrent et apprirent la nouvelle. Chacune ayant une mission à accomplir, elles ne décolleraient pas en sortant du bureau. Ils discutèrent un moment dans le bureau de Gin et, finalement, chacun se sépara… Ils surent, par les renseignements de Gin, que le lundi matin paraîtraient des photos des enfants et de Grimmjow dans les journaux à scandale, avec bien sûr celle de Ka-Ten.
Ichigo monta dans sa voiture et eut la gorge nouée. Il sut que l’avocat de Grimmjow allait être désormais accompagné par Yamamoto Genryūsai, l’avocat d’Ichigo, et qu’ensemble ils allaient faire perdre beaucoup à Harribel Jaggerjack, puis plus tard à Aïzen Sōsuke.
Le roux était déterminé… mais il était vraiment triste d’en arriver à de telles extrémités. Il pensa à Anku et Rei… à Grimmjow, qui devait faire face aussi… Sa détermination refit surface : elle n’avait pas eu pitié, lui non plus !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)