Lundi 16 février 2009
Ichigo regarda partir Grimmjow, qui conduisait ses enfants au collège et au lycée. Il se dirigea vers la cuisine et partit discuter avec Hinamori, Isane et Dordoni, qui l’attendaient.
— Je vous ai convoqués car aujourd’hui doivent paraître, dans certains journaux, des affirmations selon lesquelles j’aurais brisé le mariage de Grimmjow et Harribel Jaggerjack et empêcherais ses enfants de voir leur mère, ou quelque chose dans le genre. J’aurais bien voulu, Isane, que vous alliez me chercher tous les journaux traitant du sujet, que je me rende compte exactement à quoi je vais être confronté ce soir. Je fais une émission télé sur Canal 21…
— Avec Mashiro ? demanda Isane, surprise.
— Oui ! Vous suivez ses émissions ? Ichigo était surpris ; il l’imaginait plus regarder des émissions intellectuelles que people.
— J’avoue que j’aime le sens de l’humour de cette présentatrice… Je suis accro.
Tout le monde regardait la jeune femme, ne s’imaginant pas du tout qu’elle puisse être accro à ce genre d’émission ! Ichigo reprit calmement.
— Bref, cet après-midi j’ai besoin de toi, Hinamori, pour m’habiller pour mon rendez-vous de 21 h. Je vais m’habiller ici et partir directement ; Hisagi et les autres vont venir me chercher ! Je quitte la maison vers 19 h 30, donc si je pouvais manger bien avant… ça m’arrangerait bien !
— Vous arriverez à manger quelque chose ? demanda, sceptique, la brune.
— J’en sais rien… mais faites quelque chose : de toute façon, il y aura Rei et Anku, qui vont certainement dévorer !
— C’est vrai que maintenant la maison a changé depuis leur arrivée ! fit la jeune femme avec un grand sourire.
— Que dois-je faire ? demanda, impassible, Dordoni.
— Je pense que les journalistes ne vont plus tarder à trouver mon adresse ! Je ne veux voir personne. Sauf ma famille, le groupe, mes amis très proches et ceux de la maison de disques… Refusez tout accès à la maison ! Si une personne vous dit qu’elle a reçu une autorisation, etc.… ce sera faux ! De toute façon, vous m’appellerez pour confirmation ; sinon, voyez avec Grimmjow… Comme il y aura toujours quelqu’un ici, vous n’aurez pas très long à chercher !
— Bien… autre chose : où puis-je rejoindre l’entrée ?
— Non, pour vous, plus rien… Isane, partez tout de suite… Euh, si vous désirez me quitter à cause de ce qui se passe, ou si vous recevez des pressions… je ne sais pas trop ce qui va nous attendre… venez m’en parler directement.
— Vous quittez ?
firent les trois employés, surpris. Ils protestèrent tous et, après s’être assuré que le roux avait bien compris le message, ils partirent chacun à leur fonction.
— Vous allez mettre quelle tenue ce soir, Kurosaki-san ? demanda Hinamori.
— Il faut que j’aille faire des essais de mes anciennes tenues… mon autre tenue n’est pas encore disponible.
— Vous viendrez me la montrer avant et je la repasserai ; et si un fil est décousu, je m’en chargerai !
— J’y vais. Si Grimmjow me cherche en rentrant, dites-lui que je suis dans « ma pièce souvenir ».
— Plus tellement que ça, Ka-Ten…
— Vous n’avez pas l’air de regretter…
— J’attendais ça depuis longtemps ! Vous êtes fait pour ça, vous savez…
Ichigo la regarda d’un air absent et finit par lui adresser un petit sourire.
— Merci, Hinamori !
— Vous verrez, tout se passera bien ce soir…
— Espérons !
— Bien sûr, vous verrez…
Ichigo quitta la pièce et se dirigea vers son « musée » et, une fois à l’intérieur, ouvrit la porte de son dressing. Le roux regarda, pensif, ses tenues et finit par sortir trois robes qui lui paraissaient correctes. Il se déshabilla et commença à enfiler une de ces robes et il se rendit compte qu’aux épaules, elle coinçait.
Il la retira bien vite… Ensuite, il hésita entre les deux dernières tenues et il lui sembla que l’une d’entre elles, la plus « récente » du lot, lui correspondrait le mieux. En fait, elle semblait avoir été taillée pour lui. Il repensa à la première essayée et essaya de se souvenir quand il avait porté cette tenue la dernière fois.
Il finit de s’habiller. Il s’agissait d’une robe longue noire. Le haut avait un décolleté carré avec une fine dentelle noire tout autour. Ichigo resserra les lacets qui se trouvaient sur le bustier. Les manches s’arrêtaient aux trois quarts de ses bras. Il sortit des chaussures compensées et les enfila. Il se redressa et se sentit mieux, car le bas de la robe effleurait le sol lorsqu’il portait des chaussures ; alors que sans, il avait l’impression d’avoir volé la robe de sa mère, ce qui le mettait mal à l’aise. Il enfila les gants coordonnés à la robe, au toucher soyeux. Ces derniers étaient coupés au niveau des doigts.
Il sortit pour voir Hinamori, pour qu’elle lui donne son avis sur la tenue. Il entra dans la cuisine et trouva Grimmjow avec la jeune femme, discutant d’une manière animée. Ils se tournèrent vers Ichigo, surpris, et les yeux du cuisinier s’arrondirent en voyant une moitié d’Ichigo et une moitié de Ka-Ten !
— Franchement… j’avais du mal à réaliser que c’était bien toi, Ichigo, en tant que Ka-Ten… mais là, ça ne fait plus aucun doute.
Ichigo se sentit un peu mal à l’aise.
— Eh ?
— Ça ne change rien pour moi… Je te préfère en Ichigo, sans aucun doute ! Mais j’aime tes transformations… Je trouve juste dommage de ne pas pouvoir te voir avant de partir !
— Tu me verras en rentrant ! fit Ichigo avec un sourire.
— Oui… tu te sens comment ?
— Un peu nerveux… mais pour l’instant tout va bien ! Hinamori, tu peux vérifier que tout va bien sur cette robe ?
— Bien sûr !
La jeune femme fit une inspection du jeune homme sous toutes les coutures. Elle trouva un bord défait et demanda à Ichigo de retirer sa tenue pour qu’elle puisse s’en occuper pour le soir même.
— Je vais me changer !
Ichigo quitta la cuisine, avec Grimmjow sur les talons.
— Je t’avoue que j’aimerais beaucoup assister un jour à une de tes transformations du début à la fin !
Un léger sourire flottait sur les lèvres du bleuté.
— Pourquoi ?
— Pourquoi ? Parce que je trouve que tes transformations sont stupéfiantes, voire troublantes… et surtout par pure curiosité !
Ichigo entra dans sa pièce et desserra les lacets de son bustier. Il s’assit sur une chaise et retira ses chaussures.
— D’accord ! Mais je ne veux que toi ! Je ne veux pas voir ni Anku ni Rei ! Pas que… c’est juste que… je ne pourrais pas.
— Il n’y aura que nous deux !
Ichigo lui sourit et vit le regard de Grimmjow sur les deux autres robes. Ce dernier regarda avec intérêt la première robe, qu’il avait essayée sans succès.
— Tu dois être drôlement « mignon » dedans ! fit, moqueur, Grimmjow. Tu portes quelque chose en dessous ?
— Bien sûr ! Je porte des bas en dentelle et des cuissardes !
Grimmjow eut les yeux qui lui sortirent de la tête et la mâchoire qui se décrocha.
— Attends… tu portes des « bas » et en dentelle, en plus ?
— Oui…
Ichigo, qui avait défait sa tenue, la posa avec précaution. Il se redressa et se dirigea vers un tiroir, puis sortit tout un assortiment de bas en dentelle, d’accessoires style guêpières, bijoux en tous genres, lavallières, pinces… Il montra sa collection d’ongles et d’accessoires d’onglerie, sa palette de maquillage et enfin, il ouvrit une porte où se trouvaient ses diverses perruques.
— Eh bien… même une femme n’en a pas autant !
— Il y en a combien qui font mon métier ?
— Peut-être… mais rares sont les artistes qui poussent aussi loin le « détail ».
— Je me suis toujours dit que si je devais me travestir, je voudrais le faire avec élégance et surtout me « créer » un personnage qui ferait de moi quelqu’un d’autre. Je voulais que Ka-Ten existe en tant que tel et qu’Ichigo Kurosaki existe en tant que tel, et qu’aucun des deux ne se mélange un tant soit peu. Je suis fier de mon personnage, même si j’ai l’air d’hésiter et si je fuis souvent… J’aime ce personnage, de toute façon… cela représente certainement une partie de moi enfouie quelque part !
Grimmjow posa son front sur celui de son amant.
— J’aime toutes les parties de toi !
Ichigo lui adressa un sourire et lui demanda :
— Et toi ? Es-tu prêt pour cet après-midi ?
— Plus que jamais… et je pense que cet après-midi sera le pire moment de ma vie !
— Je serai avec toi par la pensée… et puis, tu seras entouré !
— Byakuya vient avec moi…
— Byakuya ?
— J’ai reçu un coup de fil de Byakuya sur mon portable ce matin. Hisana avait prévu de venir… alors il lui a dit que c’était lui qui irait avec moi pour éviter tout conflit inutile. Elle est… expéditive, Hisana !
— En fait, elle a toujours pris ma défense, mais avec le temps… ça s’est aggravé pour devenir ce que tu connais aujourd’hui ! Il faut dire qu’elle n’avait pas confiance en Hisagi !
— Pourquoi ? Il a l’air plutôt stable de caractère, et je pense qu’il aurait pu te défendre facilement…
— Pas pour ma sœur ! En fait, je suis plus fort que Shūhei ! Je le bats toujours à plate couture…
Grimmjow regarda, inquisiteur, le jeune homme, ayant du mal à croire à cette déclaration. Ichigo eut un soupir exaspéré.
— Ne me regarde pas comme ça ! Plusieurs fois, je l’ai sorti de bagarres où il a failli y laisser la peau… ce crétin a picolé comme un trou à chaque fin de concert !
Grimmjow eut soudain un flash et demanda à Ichigo :
— Serait-ce cela, ton autre « talent » ?
Le roux observa du coin de l’œil le bleuté et réfléchit quelques secondes tout en se rhabillant.
— Je n’en sais rien ! Il invente de ces trucs, parfois !
Finalement, Grimmjow se dit que ça ne devait pas être cela. Il avait l’air trop… et puis, il portait des robes… Il se gratta la tête, pensif, et se dit qu’il ne savait pas trop où l’attendre, parfois.
Ils déjeunèrent rapidement à midi et Byakuya vint rejoindre Grimmjow, comme convenu, chez son beau-frère. Les deux hommes quittèrent la maison et Ichigo, même s’il avait offert un visage serein à Grimmjow, ne put s’empêcher d’être très inquiet pour son amant. Le roux eut en mémoire le visage d’Harribel quand cette dernière l’avait menacé dans la cave, le jour de l’inauguration… Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne manquait pas de sang-froid pour menacer les gens !
OoO°
Grimmjow apprécia le calme de Byakuya à côté de lui. Cet homme arrivait à calmer son stress en se tenant juste à côté de lui. Il songea à Hisana et à leur fille Yumi et ne comprit vraiment pas comment elles pouvaient être aussi énervées en ayant un homme aussi zen ! Encore un mystère, dans cette famille.
Ils entrèrent dans le hall du palais de justice et trouvèrent l’avocat de Grimmjow, qui attendait devant la porte où devait se dérouler la conciliation. Ce dernier semblait légèrement nerveux. Il avait lu la presse du matin et cela ne s’annonçait pas très bien pour le cas de son client. La garde des enfants devenait impossible, puisque la nouvelle personne dans sa vie était un homme connu et qu’il semblait qu’il y aurait de graves problèmes… suite à la parution de cette histoire dans des journaux à scandale. Il fut étonné de voir l’ancien restaurateur détendu et se demanda qui était l’autre homme qui l’accompagnait… un nouvel amant encore ?
Tous sursautèrent quand ils entendirent la voix moqueuse d’Harribel Jaggerjack.
— Alors, tu as besoin de baby-sitting, Grimmjow ? Tu prends son beau-frère pour t’accompagner ? C’est amusant de…
— Harribel, je t’en prie… fit calmement Grimmjow, si tu veux te donner en spectacle, c’est ton problème. Mais évite de le faire devant moi ou en m’impliquant dedans !
Harribel s’approcha, arrogante, et foudroya son mari du regard.
— Écoute-moi bien, Grimmjow : je te pourrirai la vie et ce ne sera pas la peine de me demander grâce !
Une voix grave et relativement neutre dit lentement mais distinctement :
— Maître, je vous demanderai de maîtriser votre cliente ! Je note l’évidente mauvaise grâce dont Mme Jaggerjack fait preuve pour ce divorce…
Tous regardèrent l’homme vénérable qui se tenait maintenant devant eux. Même s’il était âgé et arborait une longue barbe, il était évident qu’il était parfaitement en forme. On ne voyait pas ses yeux, qui étaient plissés derrière de longs sourcils retombants.
— Maître Yamamoto ? fit l’avocat du bleuté, surpris.
— Je vois que mes collaborateurs n’ont toujours pas réussi à vous joindre ! Je vais être votre « assistant » dans cette affaire !
— Pardon ? s’écria l’avocat de Grimmjow.
— Pourrais-je savoir pourquoi nous n’avons pas pu vous joindre ?
— Je n’ai plus de portable, je l’ai perdu dans le métro en partant ce matin !
— Oh ! En espérant que vous n’avez pas perdu votre tête également… fit sa réponse.
L’avocat d’Harribel se sentait vraiment mal. Yamamoto était connu pour être redoutable et il craignait pour cette affaire qu’il jugeait facile, au départ ! Byakuya s’était excusé et annonça à son beau-frère qu’il reviendrait plus tard pour le récupérer. À peine le brun fut-il parti qu’ils entrèrent dans la pièce de conciliation. Chacun prit place de part et d’autre de la table. L’avocat regardait l’homme d’un certain âge et se sentit mal à l’aise… Comment ce restaurateur ruiné avait-il pu se payer un tel avocat ?
L’avocat d’Harribel énonça les faits… Grimmjow avait quitté sa femme pour un homme, et que ce dernier détournait les enfants de son épouse, afin que ces derniers fuient leur mère. De plus, elle craignait que deux hommes vivant ensemble ne perturbent l’équilibre mental de ces enfants. De plus, le compagnon de son mari n’était pas « normal » puisqu’il se travestissait en fille et que le milieu du show business n’était pas un milieu « saint ». Cette dernière était prête à passer l’éponge si Grimmjow revenait au foyer conjugal.
L’avocat de Grimmjow réfuta les arguments… Il signala que Mme Jaggerjack effectuait un travail de sape du dur labeur du restaurateur en effectuant des fraudes diverses, en harcelant le personnel bien avant l’arrivée de Kurosaki Ichigo dans la vie de Grimmjow.
De plus, que cette dernière trouvait souvent des excuses pour quitter le domicile conjugal. Enfin, il signala également que Mme Jaggerjack avait elle-même orchestré cette rupture en utilisant les médias, utilisant ses propres enfants pour corrompre l’image du père et de son compagnon ! Qu’il était hors de question que M. Jaggerjack retourne auprès de son épouse.
Harribel ricana…
— Prouvez-le ! Vous n’avez aucune preuve concr…
Une enveloppe épaisse fut jetée sur la table, ce qui interrompit la tirade énervée de la blonde.
— Voici les preuves concernant Mme Jaggerjack, fit calmement Yamamoto en s’adressant au juge. Il y a les comptes personnels de Mme Jaggerjack, avec les différentes transactions faites au cours de ces deux dernières années. Les déclarations sous serment des différents journalistes qui ont versé des sommes substantielles sur le compte de Mme Jaggerjack. Et pour finir, une vidéo où nous pouvons voir Mme Jaggerjack en relation avec Aïzen Sōsuke pour « vendre » des informations confidentielles à l’encontre de M. Jaggerjack et de ses enfants !
Il est entendu qu’il est impossible pour M. Jaggerjack de réintégrer le foyer familial dans de telles conditions, et étant entendu également que la vente d’informations qui puissent troubler le bien-être des enfants des présents époux puisse être préjudiciable pour eux. Nous demandons que ce soit M. Jaggerjack qui ait la garde de ces enfants. De plus, M. Jaggerjack a un domicile (vous trouverez l’information dans le dossier que vous compulsez actuellement), que ce dernier a aussi un travail stable, et que son compagnon a lui-même une situation plus que confortable… il aura aisément les moyens de pouvoir à leur éducation. Nous demandons que ce soit M. Jaggerjack qui assure l’éducation de ses enfants et en ait la garde principale !
— Pouvons-nous avoir accès aux pièces du dossier ? demanda l’avocat d’Harribel, très pâle.
— Mais vous n’avez pas le droit ! hurla Harribel, folle de rage.
— Toutes les pièces jointes dans ce dossier ont été fournies par l’intermédiaire légal de la police et, bien entendu, visées par constat d’huissier !
— Comment avez-vous fait ? demanda l’avocat de Grimmjow, stupéfait !
— Je suis disponible pour mes clients 24 h/24, surtout au prix où je suis payé ! Et je ne perds pas de temps inutile et précieux !
— Vous êtes l’avocat de l’autre pédé, n’est-ce pas ? s’écria Harribel, les traits déformés par la rage.
— Je suis l’avocat de M. Jaggerjack et d’Ichigo Kurosaki. Vous recevrez une convocation au tribunal prochainement pour divulgation d’informations privées et vente de ces dernières à la concurrence ; ceci concerne Kurosaki-san et sa maison de disques, les deux portant plainte contre vous.
— Mais… vous n’avez pas le droit !
Un bruit sec résonna et tous se tournèrent vers le juge.
— Nous sommes ici pour essayer de concilier M. et Mme Jaggerjack. Nous ne sommes pas ici pour d’autres affaires relatives à la vie de Mme ou M. Jaggerjack en dehors de cela. Maintenant, vu les informations révélées et le refus de M. Jaggerjack de retourner au foyer conjugal, nous allons prendre rendez-vous pour porter cette affaire devant le tribunal, pour être jugée.
Le juge tendit les documents à Yamamoto qui les reprit.
— Quand serez-vous prêts, maîtres, pour une prochaine rencontre ?
Yamamoto et l’avocat d’Harribel regardèrent dans leurs agendas et il fut convenu que la prochaine rencontre aurait lieu un mois et demi plus tard !
Ils quittèrent la pièce et Harribel adressa un regard de glace à Grimmjow.
— Je ne me laisserai pas faire, tu peux me croire !
— Mme Jaggerjack… je vous prie d’arrêter de menacer mon client ! fit calmement Yamamoto. Vous ne faites qu’aggraver votre cas ! J’ai bien compris que vous essayerez de faire traîner les choses… Sachez que cela n’a aucune importance pour moi ! Mes frais sont couverts en illimité, voyez-vous… Mais vous, de votre côté… avez-vous les moyens de vos menaces ? Maintenant, nous allons quitter votre « charmante » compagnie et nous nous retrouverons au tribunal, en espérant que vous réfléchirez plus avant aux conséquences de vos actes !
Yamamoto entraîna Grimmjow avec lui d’autorité et le bleuté se laissa faire, mais il bouillait intérieurement de ne pouvoir dire à sa femme ce qu’il pensait d’elle. Mais cette conciliation était plus une affaire entre les avocats, qui essayaient d’arranger les choses… enfin, normalement, car lui refusait tout compromis… il voulait se séparer de sa femme, quoi qu’il puisse arriver à l’avenir ! Il voulait protéger ses enfants de cette folle !
°OoO°
Ichigo s’était maquillé et habillé. Il plaça sa perruque noire, où de longs cheveux d’ébène tombaient jusqu’à sa taille de façon lisse et derrière ; un montage savant avait été fait pour en faire une sorte de chignon. Son maquillage était presque « naturel » par rapport à sa précédente sortie. Hinamori était très troublée… Ichigo ressemblait tellement à une femme que, si elle n’avait pas suivi sa transformation, elle n’aurait pas cru qu’il s’agissait d’un homme derrière ce visage.
Elle finit de déposer les différentes décorations sur les longs ongles vernis de noir et rehaussés de minuscules pierres de couleur rouge et blanche. Quand Ka-Ten se leva de sa chaise, Momo avait le cœur qui battait très vite et surtout, il lui semblait tomber amoureuse une nouvelle fois de Kurosaki-san ! Même si elle savait que cet amour ne serait jamais partagé… elle remercia le ciel de pouvoir se tenir à ses côtés chaque jour et de le servir.
Ichigo vit l’admiration dans les yeux de Momo et lui demanda :
— Vous me trouvez comment ?
— Magnifique ! Il n’y a que ce mot qui me vient à l’esprit !
— Merci, Momo…
Hinamori rougit violemment : c’était la première fois qu’Ichigo l’appelait par son prénom. Ichigo avait le cœur qui battait très fort ! Il avait commencé à recevoir chez lui des appels de fous furieux qui avaient obtenu le numéro de sa maison, il ne savait de quelle manière. Le roux se dirigea vers l’entrée de sa maison et tomba sur Anku et Rei, qui s’arrêtèrent net devant Ka-Ten… Hisana avait buté sur eux, ne s’attendant pas à leur arrêt brutal.
— Tu es magnifique, Ichigo ! fit Anku.
Rei s’approcha lentement et fit le tour de l’homme et ne put s’empêcher de siffler d’admiration. Hisana eut un grand sourire et déclara :
— Je suis jalouse… je pourrais passer des heures à faire la même chose, je ne serai jamais aussi belle que toi ! Tu as eu la chance d’avoir hérité des traits de maman, et moi, ceux de papa !
— Ne raconte pas n’importe quoi !
Ichigo sortit un éventail et s’éventa avec grâce.
— Ichigo, tu es une fille « ratée » !
— Je suis un homme…, le foudroya le roux du regard.
Anku s’était approchée de lui et leva les yeux pour mieux observer son visage.
— Si on m’avait dit un jour que je vivrais près de mon idole… Mais tu es devenu plus que ça, Ichi. Je ne peux pas trouver de comparaison. Comme un deuxième père ? Mais avec cette transformation, c’est difficile de te dire ça… Mais sache que tu comptes beaucoup pour moi et je veux que tu saches également que je t’aime, mais plus comme une personne qui m’est chère et de ma famille que comme une simple idole accrochée sur un mur ! Je te souhaite bonne chance et même si des gens te disent des choses pénibles… moi, je te soutiendrai ce soir !
— Merci, Anku… cela me touche…
Ichigo s’approcha d’Anku et la prit dans ses bras.
— Mais… et vous… comment s’est déroulée votre journée ?
À la surprise d’Ichigo, c’est Rei qui parla en premier.
— Je me suis fait moquer par tous mes copains… mais toutes les filles m’ont demandé des autographes ! Du coup, j’ai plein de rendez-vous avec des filles que je ne pensais même pas sortir un jour !
Il avait un sourire d’une oreille à l’autre.
— Je vois que tu as découvert un bon côté à cette affaire !
— J’aurais jamais cru que tu puisses attirer les filles comme tu le fais. C’est incroyable, le nombre de fans que tu peux avoir ! fit Rei, excité de voir toutes les filles lui tomber dessus.
— Mes copines sont vertes de jalousie, et par contre ça se passe moins bien pour moi ! Mais c’est pas grave, je vais pas me laisser faire…
— Si tu veux, je peux t’apprendre quelques prises pour savoir te défendre ! déclara Ichigo.
— Moi aussi ! fit Hisana.
— Toi, tu rentres chez toi, Hisana…
— Pourquoi ?
— Parce que c’est l’heure…
— Au fait, Anku, Rei… pas de journalistes ?
— Moi, j’ai vu des gars bizarres tourner autour de l’établissement, fit Rei. Ils essayaient de se planquer mais comme ils avaient l’air de me suivre…
— Moi, pareil… mais pas de contact direct pour l’instant… Si, y a eu un type qui a pris des photos ! fit Anku, se souvenant d’un grand brun qui l’avait bousculée juste avant de prendre ses photos.
La porte s’ouvrit et Grimmjow et Byakuya entrèrent dans le hall et s’arrêtèrent en voyant Ka-Ten au milieu du hall, entouré par ses « fans ».
— Tu es magnifique, Ichigo ! fit Byakuya, qui ne put s’empêcher de tourner autour du jeune homme.
— Merci…
— Qu’en penses-tu, Grimmjow ? demanda Hisana, moqueuse, en voyant la tête stupéfaite de son beau-frère.
— Je… c’est incroyable… on dirait que tu es… une femme !
Grimmjow s’était approché d’Ichigo et le regardait, stupéfait. Il était tellement « belle » que cela le troublait plus que de raison.
— Tu es prêt, Ichi ? demanda Byakuya de sa voix calme.
— Nerveux, de plus en plus…
Ses yeux ne quittaient pas ceux de Grimmjow qui, il le voyait bien, était troublé. Hisana prit les choses en main et appela les enfants et son mari pour laisser les deux hommes ensemble et seuls.
— Ça ne va pas ? demanda Ichigo, inquiet.
— Non, je suis juste soufflé par ta transformation. Tu es plus beau que la plupart des femmes…
Ichigo rougit légèrement et Grimmjow le vit car son visage était beaucoup moins maquillé. Il eut un petit sourire.
— Cesse de t’inquiéter, Ichi. Je t’aime pour toi !
— Je le sais…, souffla le roux, qui s’approcha de Grimmjow et posa une main sur son bras.
Les deux hommes se regardaient droit dans les yeux.
— Ton rouge à lèvres tâche ?
— Non… je les choisis toujours à toute épreuve pour manger tranquille !
— Tu ne penses qu’à ton estomac ! Je me demande comment tu fais pour rester aussi mince… Enfin, j’ai l’avantage de pouvoir t’embrasser…, grommela le bleuté.
Grimmjow se pencha et embrassa son amant, qui enroula ses bras autour de son cou.
— Ta conciliation ?
— Yamamoto a tout réglé. J’ai rendez-vous dans un mois et demi pour une première confrontation.
— Il est redoutable ! Je suis sûr qu’il va peaufiner le dossier et il va écraser Harribel.
— Il l’a aussi avertie de sa prochaine convocation sur ta plainte !
— Oh… elle l’a pris comment ?
— En hurlant !
— Oh… et bien, ça donne le ton…
Ils discutèrent un peu. Ichigo signala l’incident d’Anku et le fait que les deux adolescents étaient suivis. Ils furent rejoints par les membres des Dix mois Alice ! Tous félicitèrent Ichigo sur sa beauté.
— T’as mis le paquet, Ichigo ! fit Shūhei. Ça s’est passé comment pour toi, aujourd’hui ?
— J’ai dû débrancher le téléphone !
— Déjà ? Tu me diras, on n’a pas arrêté de me mitrailler pour des photos et des journalistes ont essayé d’avoir des scoops ! Il paraît que Gin est submergé d’appels, mais il survivra…
— Oui, on peut compter sur lui pour ça !
— Écoute, on va commencer comme d’habitude. Je parle d’abord pour toi et après, en fonction des questions, tu prendras la parole… S’il n’y a pas besoin de te découvrir aussi vite ! Tu fais comme tu le sentiras, et de toute façon je resterai à côté de toi ! Je pense que nous aurons beaucoup de questions aussi sur notre groupe !
— Je pense aussi !
— Bon, on y va ?
— Allons-y !
Ichigo salua sa famille et tous leur souhaitèrent bonne chance. Ils formaient un groupe vraiment impressionnant : ils avaient tous mis le paquet niveau look… même Chad ! Quand ils quittèrent la maison, tous s’inquiétèrent pour Ichigo, qui les avait quittés soucieux.
Quant à Ichigo, son cœur battait à tout rompre… il redoutait Mashiro et sa langue bien pendue.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)