Ichigo passa ensuite la soirée près d’Aizen. Ce dernier avait glissé la main d’Ichigo dans le creux de son bras, en fin de soirée. Cela mit mal à l’aise l’orangé, mais il ne fit rien pour se débarrasser de la prise. De toute façon, c’était un accord au contrat : il devait accepter toutes les demandes d’Aizen, sauf le sexe et ce qui s’y rapportait.
Ichigo n’aurait jamais cru que cela soit si dur. En plus, s’il acceptait les termes du contrat, pendant un mois, il n’aurait plus que deux jours de congé au lieu de trois. Aizen avait refusé de lui accorder un troisième jour. Ichigo avait concédé.
Ils quittèrent la soirée parmi les derniers. Aizen, grâce à Ichigo, avait pu aborder des personnalités qui, jusqu’à aujourd’hui, lui tournaient le dos. Il se promit de garder plus souvent le roux si cela s’avérait fructueux. Il eut un léger sourire en sortant. Il ne pouvait pas s’empêcher de le toucher. Il sentait que l’autre ne semblait pas d’accord. Mais c’était un défi.
Ichigo monta dans la voiture et Aizen s’assit après lui.
— Je te dépose devant chez toi ? proposa Aizen.
— Non, devant le Moonlight.
— Pourquoi ? Je pour…
— S’il vous plaît !
— S’il te plaît !
— La soirée est finie !
— Ce n’était pas que pour la soirée, Ichigo… Tu m’appelleras par mon prénom et me tutoieras jusqu’à la fin du mois.
— Je croyais… que vous… tu…
Ichigo bafouilla et ne sut quoi lui dire. Son sourire moqueur lui faisait perdre contenance. Pourquoi se sentait-il toujours ridicule face à cet homme ? Il fronça les sourcils.
— Quelque chose ne t’a pas plu ?
— Non, rien…
— Donc, demain, nous nous voyons ?
Ichigo resta silencieux quelques secondes et finit par hocher la tête en signe d’approbation.
— Très bien. J’ai un autre rendez-vous demain soir. Par contre, je souhaiterais que tu t’habilles avec un kimono traditionnel.
— Pardon ?
— Tu n’en as pas ?
— Pas du tout… avoua le jeune homme.
— Oh… Écoute, serais-tu libre en milieu d’après-midi ? Je vais avoir environ deux heures de libre. Tu me rejoindras à cette adresse. Tu connais ?
Ichigo prit le carton et regarda le nom et l’adresse. Son visage s’éclaira, puis il fit une grimace.
— Que t’arrive-t-il ?
— C’est que… La première fois que je suis allé à cette adresse, ils m’ont plutôt… mal accueilli. Je comprends un peu : j’étais plutôt décontracté. Je n’avais pas l’allure nécessaire.
Ichigo redressa la tête, regarda Aizen avec un sourire et haussa les épaules.
— Enfin, ce n’est pas important. À quelle heure ?
— Laisse-moi regarder !
Il sortit son agenda électronique et, après quelques minutes, déclara :
— Est-ce qu’entre 16 h et 18 h ça te conviendrait ?
— Oui… Sans problème.
— Excellent. Donc, je t’attendrai, Ichigo. Sois à l’heure. Je n’aime pas les retards.
La voiture s’arrêta doucement le long du trottoir.
— Je serai à l’heure, Sôsuke ! rétorqua Ichigo.
Soudain, Ichigo parut inquiet. Aizen fronça les sourcils.
— Quelque chose te tracasse ?
— Sôsuke, je peux te poser une question ?
— Bien sûr…
— Voilà, tout à l’heure, tu m’as dit que ma vie privée ne devait pas empiéter sur notre relation professionnelle.
— Oui… continue…
— Ma mère est très gravement malade et elle est souvent hospitalisée. En fait, elle risque de mourir dans les jours, semaines, mois… On ne sait pas. Si quelque chose…
La voix d’Ichigo se noua. Et il n’osa pas regarder Sôsuke, se sentant ridicule de demander une permission pour sa propre famille. Mais autant tirer les choses au clair tout de suite. Il sentit un doigt se glisser sous son menton, releva la tête et croisa les yeux chocolat d’Aizen.
— Cette partie-là peut empiéter sur notre relation professionnelle.
— Certain ?
Ichigo n’était pas sûr que ce type puisse accorder ce genre de « relâche ».
— Si je te dis que c’est d’accord, c’est que ça l’est. Ne me fais pas me répéter. Si je n’avais pas été d’accord, je te l’aurais dit tout aussi directement.
— Bien… Merci !
Ichigo allait se redresser quand il entendit la voix grave lui dire :
— Tu aurais refusé de poursuivre si je n’avais pas accepté… n’est-ce pas ?
Cela sonnait plus comme une affirmation que comme une question. Ichigo se retourna et fut surpris de voir le visage de Sôsuke à quelques centimètres du sien. Il sentait l’haleine chaude de l’homme sur sa joue. Il ne montra pas son trouble et eut un sourire pour toute réponse. Il sortit et, se penchant par la portière juste avant de la refermer :
— Bonsoir, Sôsuke.
Il quitta les lieux et la voiture partit quelques secondes plus tard. Ichigo téléphona à un taxi qu’il connaissait bien, maintenant, et bientôt rentra chez lui. Il soupira et se dit qu’il préférait crapahuter et faire un raid avec Miyako que de passer une soirée avec Aizen. Enfin, il était tout au moins intéressant, et ses soirées risquaient d’être beaucoup plus reposantes qu’avec les femmes avec lesquelles il sortait.
°OoO°
Le lendemain, Ichigo se retrouva une dizaine de minutes avant l’heure devant le magasin. Ichigo eut un frisson de dégoût en pensant au vendeur. Il rentra tout de même dans l’échoppe cossue et vit arriver l’espèce d’âne qui l’avait servi si dédaigneusement la première fois. D’ailleurs, l’autre l’avait reconnu aussi au premier coup d’œil. Il vit tout de suite que son sourire s’effaçait. Il s’adressa à Ichigo sèchement :
— Que pouvons-nous pour vous ?
— C’est pour un kimono… avoua Ichigo. Et j’attends… quelqu’un !
— Que vous attendiez ou non quelqu’un n’est pas mon problème. Votre kimono sera-t-il de quelle matière, style de tissu ? Vous faudra-t-il l’haori, l’obi ? Vous faut-il un hakama et des tabi ?
— Euh…
Ichigo resta coi ! Il ne savait vraiment pas quoi répondre à toutes ces questions. Il avait beau être japonais, dans sa famille on ne s’habillait pas vraiment traditionnel.
— Je vais attendre… la personne qui devait m’accompagner, répondit prudemment Ichigo.
— Soit ! Vous pouvez vous installer là-bas, fit le vendeur dédaigneusement.
Ichigo vit une chaise dans un coin du magasin et se dit que c’était la dernière fois qu’il foulerait du pied ce sol. Il alla s’asseoir et attendit patiemment Aizen. Il regarda sa montre et vit que ce dernier était un peu en retard. Plusieurs clients entrèrent et sortirent du magasin et le vendeur vint le voir, toujours méprisant.
— Écoutez… Si c’est pour attendre comme cela, je vous conseille de sortir.
— Je vous dis que j’attends quelqu’un. C’est lui qui sait ce que je dois porter. Ce n’est pas compliqué. Et je suis un client, je vous le rappelle !
— Certes ! fit l’autre en reniflant.
Ichigo vit le vendeur partir et s’occuper d’un client. Quand soudain la porte s’ouvrit sur Sôsuke. Ichigo soupira de soulagement. Son client jeta un œil circulaire dans la pièce et, quand il vit le roux, lui adressa un sourire et se dirigea vers lui.
— Je suis content que tu sois arrivé, Ichigo. Je suis désolé, j’étais bloqué dans la circulation. Il y a eu un accident et je n’ai pas pu arriver à l’heure. On s’est occupé de toi ?
— Non… car je ne sais pas ce qu’il faut !
Aizen fronça les sourcils.
— Depuis combien de temps attends-tu ?
Ichigo regarda sa montre.
— Presque une demi-heure ! J’étais en avance…
Une voix obséquieuse se fit entendre derrière eux. Ichigo se raidit et Aizen le vit. Il haussa un sourcil et se tourna vers le vendeur. La mâchoire de l’orangé se crispa. Cela n’échappa pas au regard en biais du brun.
— Aizen-sama, quel plaisir de vous accueillir dans notre humble boutique. Que pouvons-nous faire pour vous ?
— Oh… déjà, mon ami et moi-même allons prendre un thé vert. Ensuite, vous allez nous conduire dans votre arrière-boutique. Je suis venu pour choisir un yukata.
Le vendeur se redressa avec un sourire quand, tout à coup, il se rendit compte qu’Aizen se tenait à côté de la « vermine » qui encombrait le magasin. Il blêmit. Il demanda à Ichigo :
— C’est la personne que vous attendiez ?
Ichigo hocha la tête dans le sens de l’affirmative.
— Je… je…
— Quelque chose ne va pas ? demanda Aizen, mi-figue, mi-raisin.
— Euh… je…
Le vendeur était complètement décontenancé. Il se reprit, tout en maudissant le jeune homme qui ne lui avait pas dit qui il attendait.
— Si vous voulez bien me suivre.
Sôsuke fit un signe à Ichigo de suivre le vendeur. Les yeux d’Ichigo étaient méfiants. C’était quoi, ce cirque ? Il sentait que son après-midi serait longue, tout à coup.
Manqué : tout d’abord, on les installa dans un petit salon privé. Un des meilleurs thés qu’Ichigo n’avait jamais bu fut servi. Ensuite, Aizen fit défiler le vendeur avec un nombre incroyable de vestes, hakamas, avec des coloris, des motifs et des matières différents. Le petit salon fut bientôt couvert de tenues différentes.
Ichigo en avait le tournis et ne savait plus quoi choisir dans tout cela. Sôsuke avait un coude qui reposait sur l’accoudoir et sa tête posée sur sa main… impassible.
Ichigo se tassa sur sa chaise à force. Il avait l’impression de se retrouver avec une petite amie difficile qui faisait déballer toutes les chaussures pour trouver « la » paire de ses rêves.
Tout ça pour dire à la fin qu’elle veut la première paire sortie. Il observa l’homme installé à côté de lui. Il ne bougeait absolument pas et scrutait chaque geste du vendeur. Ce dernier était rouge de gêne et de ses efforts répétés. Et le fait qu’il devait être très énervé ne devait pas jouer en sa faveur. À l’exaspération d’Ichigo, Sôsuke dit de sa voix traînante :
— Je choisis le premier yukata.
Ichigo se frappa le front. Surpris, Sôsuke se tourna vers Ichigo et lui adressa un sourire moqueur quand il vit l’air exaspéré du jeune homme. Il se leva et se dirigea vers les hakamas, et en choisit un de matière souple. Il sortit deux obis et les posa sur la veste, puis choisit un haori. Il donna des ordres aux vendeurs pour les accessoires. Aizen se tourna vers Ichigo et lui dit :
— Va les essayer, Ichigo.
— Mais… je ne sais pas les mettre.
— Mets-les comme tu peux et je réajusterai.
— Je vais lui expliquer ! murmura le vendeur.
— Ne vous avisez pas de poser un doigt sur lui, fit doucement Aïzen.
Les deux hommes sentirent clairement une menace dans sa phrase. Les deux se tassèrent un peu. Ichigo n’avait jamais imaginé qu’un sourire puisse être aussi menaçant. Il suivit le vendeur, qui se demandait ce qu’il avait fait pour mériter ça !
Arrivé à la cabine, ce dernier posa les vêtements sur une petite table, sauf la veste, qui était sur un cintre en bambou. Il expliqua précisément comment Ichigo devait s’habiller. Ichigo le remercia et ferma le rideau. Le vendeur retourna près de son terrifiant client.
Il se demanda ce qu’un innocent comme le roux pouvait faire avec ce serpent de yakuza qu’était Aizen. Il savait qui il était… oh que oui ! C’était lui qui l’avait placé ici et c’était son patron. Et il savait qu’il allait passer un mauvais quart d’heure.
— Bien, Aizen-sama.
Le vendeur s’inclina. Aizen le regarda froidement et, lorsque ce dernier se redressa, il l’informa :
— La prochaine fois que vous snobez Ichigo Kurosaki, Hitoshi, vous n’aurez pas l’opportunité de trouver un autre travail. S’il se présente — et ce à n’importe quel moment — vous le servirez comme s’il s’agissait de moi. Est-ce clair ?
— Oui, Aizen-sama.
— Un dernier conseil : ne le touchez pas !
— Bien, Aizen-sama.
Sôsuke voulut se rasseoir mais une toux gênée se fit entendre. Il se retourna et faillit éclater de rire, mais se retint. Ichigo avait vraiment du mal avec son nouveau vêtement.
— Je suis désolé. Mais je crois que ce vêtement restera hors de mes compétences, fit sombrement le roux.
— Une chose que tu ne sais pas faire ? Oh… intéressant. Qui aurait cru qu’un simple bout de tissu pourrait te perturber ?
Ichigo le foudroya du regard. Hitoshi déglutit. Jamais personne ne regardait ce fou d’Aizen comme ça. Il gémit presque en entendant la réponse et le ton du jeune homme. Il finirait avec des cailloux aux pieds, au fond d’une rivière.
— Arrête de te moquer, je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de drôle. Je ne porte jamais ce genre de truc ! Puis, se reprenant : peux-tu me réexpliquer, s’il te plaît ?
Sôsuke eut un regard moqueur et se dirigea vers le roux. Il entreprit de resserrer l’hakama et réajusta la veste. Enfin, il fit tenir l’ensemble avec l’obi. Il fit tourner le jeune homme sur lui-même et tira la veste pour que le tombé soit impeccable. Il retourna enfin Ichigo et lui dit à l’oreille, ironique :
— D’habitude, j’enlève les vêtements… et pas l’inverse. Peut-être qu’un jour…
— Jamais ! répondit spontanément le roux.
— Oh… Que pensais-tu que je dirais ?
— Il faut être un idiot pour ne pas remarquer la façon dont tu me dévisages…
— Et ?
— Et quoi ?
— Comment je te dévisage ?
— Comme si tu allais me manger… J’ai l’impression que je suis une sorte de trophée que tu lorgnes et que tu te lèches les babines rien qu’en imaginant le prix que je pourrais devenir !
— Tu n’imagines pas à quel point c’est vrai…
— Non !
Aizen se pencha vers le jeune homme. Leurs visages ne se trouvaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Ichigo ne baissa pas le regard et ses yeux le défiaient ouvertement.
— Ichigo… tu n’as pas idée de la patience que je peux avoir. Ce sera toi qui tomberas dans mes bras comme un fruit mûr et je n’aurai nul besoin de te forcer !
— Dans tes rêves !
— Oh… Tss, tss… quel langage pour un hôte !
— Parce que tu passes les bornes.
— Je ne te touche pas et, dans notre contrat, il n’est pas dit que je ne peux pas te parler de sexe.
Ichigo rougit violemment et scruta un instant, inquiet, le visage penché sur lui.
— Mais prude Ichigo… je ne t’embarrasserai pas avec ce genre de conversation… Pour l’instant. Attendons d’être plus « intimes ».
Ichigo voulut répliquer. Puis songea qu’il ne tomberait pas dans le même piège. Il ferait comme s’il n’avait rien entendu. L’indifférence serait sa meilleure arme face à ce type !
°OoO°
Aizen vit passer devant lui tous ses hommes de main. Puis il vit entrer les chefs yakuza qui dépendaient de lui. Il les fit entrer dans la salle de réunion. En fait, il s’agissait d’une pièce où seuls des coussins carrés étaient installés. Le sol était recouvert de nattes et les murs étaient en bambou tressé. Aucune technologie ne se trouvait à l’intérieur. La pièce était souvent inspectée et rien ne pouvait être incorporé à cet endroit.
La réunion se déroula dans une ambiance feutrée et les douze chefs convoqués donnèrent leurs rapports sur les activités du clan au travers de leur territoire. Aizen écoutait, impassible… Enfin, ce n’était qu’une apparence car tous savaient très bien que l’homme en face d’eux avait une mémoire phénoménale et n’avait pas besoin d’ordinateur pour leur ressortir un détail d’une réunion qui s’était déroulée un an auparavant.
— La police cherche à nous coincer, déclara Chomei. Ils ont réussi à coincer certains de nos membres infiltrés.
— Pourtant, nous les payons grassement ?
— Un nouveau chef de la police a été nommé dans mon district et il est incorruptible. Il est froid comme un iceberg et tous ceux qui ont voulu l’approcher se sont retrouvés en prison.
— Oh… Avez-vous des renseignements sur lui ?
— Nous sommes en cours d’enquête. Pour l’instant, nous n’avons rien réussi à trouver. Comme s’il avait brouillé ses propres pistes !
— Par contre, il enquête sur nos activités. J’ai entendu des rumeurs comme quoi il souhaiterait prouver votre culpabilité dans certaines affaires non élucidées.
— Quelqu’un d’autre a une autre bonne nouvelle à m’annoncer ? demanda Aizen.
— Gin Ichimaru essaye de prendre le contrôle de votre territoire à l’Est de Tokyo.
— Ça faisait longtemps… rétorqua le brun, toujours impassible.
Aizen donna ses instructions pour Ichimaru. Puisqu’il ne voulait pas entendre parler de trêve, ils allaient s’occuper directement de ses hommes. Pour la police, il demanda à faire intégrer de nouveaux hommes très discrets à l’intérieur du commissariat : les trouver les plus anonymes possibles et à toute l’échelle du commissariat. Il chargea Hinamori de s’occuper de l’infiltration. Cette dernière s’inclina et disparut pour exécuter les ordres.
Au moment de se lever, Aizen dit calmement :
— Ce soir, je vais vous présenter mon nouveau compagnon. Je vous interdis de porter la main sur lui. Je veux que, si vous ou vos hommes le voyez en difficulté, vous agissiez comme s’il s’agissait de moi-même. Sa sécurité est primordiale pour moi.
— Bien, Aizen-sama !
— Est-il sûr ? demanda Jotaro.
— Vous le verrez vous-même, répliqua le maître des lieux.
Ils quittèrent la salle pour regagner la salle de réception où se trouvaient une partie des hommes d’Aizen et leurs familles. Sôsuke s’absenta quelques minutes et tous spéculèrent sur le nouvel animal de compagnie de leur maître. Quand il entra à nouveau, tous se tournèrent, curieux, et restèrent stupéfaits. Ils avaient l’impression de voir un poussin à côté d’un fauve. Ichigo se sentit un peu gêné de recevoir l’attention d’autant de personnes, subitement. Inconsciemment, il se rapprocha de Sôsuke. Ce dernier eut un sourire moqueur et dit entre ses dents :
— Qui avait raison en ce qui concerne le fait que tu tomberais dans mes bras ?
— Ne crie pas victoire trop vite !
— Nous verrons cela… fit Aizen, moqueur.
— Je suis censé faire quoi ? demanda Ichigo.
— T’amuser !
Ichigo scruta le visage du brun avec intensité. Était-ce un nouveau jeu ? Il n’était pas à son goût. Il envisagea soudain qu’il pourrait bien casser le fameux contrat. Cela devenait vraiment trop dangereux. Il fit comme si de rien n’était et, finalement, se retrouva encerclé quelques minutes plus tard par les femmes qui se trouvaient dans la salle. Bientôt, des éclats de rire se propagèrent à la stupéfaction des yakuza. Que se passait-il encore ?
°OoO°
Ichigo, qui avait le feu vert pour s’amuser, décida qu’il le ferait. Il quitta donc les côtés d’Aizen et se dirigea vers le bar pour se prendre un rafraîchissement. Il demanda une limonade et le barman le regarda comme un extraterrestre. Un rire féminin se fit entendre juste à côté de lui.
— Franchement, vous êtes vraiment un « poussin ».
— Qu’entendez-vous par là, madame ?
— Madame ? La femme d’une trentaine d’années éclata de rire. Je m’appelle Izako et non pas « madame ». Et pour « poussin », c’est parce que vous ne ressemblez franchement pas à ce que notre maître apporte d’habitude. On dirait qu’il est parti vous chercher à la nurserie, et vous prenez une limonade !
Ichigo haussa les épaules.
— Disons que je cherche à m’économiser. Je n’ai pas besoin de boire une bouteille de whisky pour prouver ma valeur, si ?
— Non…
— En tout cas, vous semblez beaucoup plus intéressant que tous les types qu’il a pu amener avant !
— Certaines même… murmura une autre.
— Je m’appelle Kazu.
— Moi, Masami.
— Moi, Yumi.
— Et moi, Hama.
— Attendez, et moi… je m’appelle Eriko.
— Bon sang, les filles, un peu de tenue… Personnellement, fit cette dernière, je m’appelle Asako !
— Je ne sais pas si je me rappellerai de tous vos noms. Mais je ferai le maximum, mesdames.
— Wouah… trop poli, rétorqua Eriko.
— Quels sont vos vices cachés ? demanda Kazu. Vous devez en avoir pour qu’Aizen vous mette la main dessus.
— On dit Aizen-sama ! chuchota Yumi.
— On s’en fout… Alors ?
— Cela dépend de ce que vous appelez vice !
— Ouhhhhh… Les voix s’élevèrent en même temps.
Toutes formèrent un cercle autour du jeune homme, qui buvait son verre avec un air narquois.
— Allez, fit Asako… Qu’est-ce que tu nous caches… Lequel de ces vices ou défauts aurais-tu ?
— Tous… lâcha Ichigo.
— Pardon ? firent-elles toutes en chœur.
— Attends, tu bois un verre de limonade, tu as l’air de sortir de l’école et tu as l’air d’avoir 16 ou 17 ans à tout casser ! Tu ne peux pas avoir connu tout ça !
— Pourquoi… répondit Ichigo, moqueur. Il y a un certain nombre d’années à avoir ?
— Nan ! Mais c’est palpitant, tout ça.
— Tu sais utiliser les armes à feu ?
— Oui…
— Et d’autres armes ?
— Oui…
— Les sports de combat ?
— Oui…
— Tu es un véritable couteau suisse, dis-moi ! rétorqua Yumi.
— En fait, tu as le visage d’un ange, tout en étant un démon… murmura Asako, songeuse.
— Nous avons tous notre part d’ombre et de lumière… Parfois développée plus d’un côté que de l’autre, et parfois à égalité. Personne n’est tout blanc ou tout noir !
— Ça, c’est ce que je dis toujours ! répondit Hama, qui donna une claque dans le dos à Ichigo.
Ce dernier remercia Dieu de ne pas avoir donné à cette femme la force de Miyako. Il ne broncha pas.
— Tu n’as pas bougé ? fit, surprise, cette dernière.
— J’ai une amie qui a une poigne et une force qui feraient pâlir d’envie un homme. Et c’est la spécialiste des claques dans le dos. Donc, une fois qu’on a pris l’habitude avec elle, on est aguerri pour le reste de sa vie !
— Pas possible ! Et dire que mon mari se plaint. Tu vas voir… Ce soir, s’il n’est pas capable d’encaisser comme toi, ça va chauffer !
— Ouais ! Allez, on se prend une bière ! lança Yumi…
Et Ichigo se retrouva encore une fois dans une fête de la bière de Munich à Tokyo. Enfin, songea-t-il, il n’était pas, cette fois-ci, affublé du costume bavarois !
Il encaissa sans broncher les verres et bientôt toutes les demoiselles tombèrent comme des mouches. Ichigo haussa un sourcil… moins endurantes que ses clientes. Il leur fallait généralement arriver au bout d’une nuit pour obtenir ce résultat-là. Il haussa les épaules et finit son verre d’un trait !
— Combien de bières, il s’est enfilées, là ? demanda Akira.
— Euh, je n’ai pas tenu le compte, mais quelques-unes !
— Il bronche même pas. Pourtant nos femmes… ne sont pas des femmelettes.
— La honte pour toi, Tsunemi, il a réussi à encaisser la claque dans le dos de ta femme sans broncher. Je crois que tu vas te faire engueuler ce soir !
— Ta gueule !
— On se calme… En tout cas, il est pas si « fragile » qu’il en a l’air, ce gars !
Tous regardèrent évoluer le jeune homme. Il était franchement à l’aise et discutait avec tout le monde. Les jeunes femmes éméchées furent raccompagnées chez elles par leurs maris et, bientôt, tout le monde avait quitté le buffet.
— Je n’ai jamais vu une de mes réunions finir aussi vite ! murmura Aizen derrière lui.
Ichigo sursauta. Son souffle était juste derrière son oreille et il ne l’avait pas entendu approcher.
— Oh… Pourquoi ?
— Disons que personne n’a quitté ma maison aussi éméché que ces dames. Tu tiens plutôt bien l’alcool.
— Ce n’est que de la bière ! marmonna Ichigo.
— Oh… que de la bière ? Ne tiendrais-tu pas les autres alcools ?
— Je ne sais pas. Je ne bois que de la bière. Tu es en colère ?
— Pourquoi ?
— Parce que… cette partie a fini plus vite que prévu.
— Non… pas vraiment. En fait, je suis plutôt content. Nous passerons la soirée tous les deux.
Ichigo se sentit nerveux, tout à coup. Sôsuke invita le jeune homme à le suivre. Ils entrèrent dans une immense bibliothèque.
— Qu’aimes-tu lire ? demanda Sosuke.
— Shakespeare !
— Très bien…
Aizen désigna un canapé confortable et lui demanda de s’asseoir. Ichigo fronça les sourcils mais obéit. Le brun revint avec un livre et le tendit à Ichigo.
— Tu vas me faire la lecture !
— Pardon ?
— Tu m’as bien entendu. J’aime qu’on me raconte des histoires !
Son sourire se fit narquois.
— Donc, tu me liras Roméo & Juliette.
Ichigo prit le livre et le feuilleta rapidement. Aizen s’assit à côté de lui, puis pivota et posa la tête sur les genoux d’Ichigo. Ce dernier se crispa.
— Ichigo… murmura, exaspéré, Aizen. Détends-toi et lis-moi l’histoire.
— Bien, Aizen-sama !
— Sôsuke…
— Sôsuke…
Ce dernier ferma les paupières et attendit que le jeune homme commence la lecture. Ichigo était déconcerté et puis, finalement, se mit à lire la pièce en y mettant le ton. Quelle drôle de soirée, pensa-t-il.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)