La part du dragon : 6

Ichigo se préparait pour son rendez-vous avec Miyako. Elle avait mis le paquet cette fois-ci : une semaine complète avec lui pour un rallye-raid. Toute la famille s’était cotisée pour que cette dernière fête son anniversaire en grande pompe… enfin, surtout pour avoir la paix. Ils avaient été soulagés de savoir qu’Ichigo était de retour de vacances.

Ce dernier enfila sa combinaison et ses chaussures de marche. Il vérifia le matériel pendant que Miyako disait au revoir à son mari, son fils et ses parents. Tous encouragèrent ensuite le jeune homme.

Bientôt, les autres voitures arrivèrent et Ichigo vit sortir Kohane qui lui sauta dessus, ainsi que Kasandra, suivies de Yumi, Katarina, Anzu et Naomi. Une belle brochette d’aventurières, songea Ichigo. Chacun prit un 4×4 — autrement dit quatre équipes — et ils foncèrent sur les routes japonaises. Miyako ne put s’empêcher de discuter avec Ichigo.

— Ce n’était pas ton petit ami, ce gars ?

— Non…

— Je m’en doutais ! Par contre, il avait l’air attaché à toi. Personnellement, je le trouve terriblement séduisant… mais franchement, il doit être dangereux. Tu ne lui as tenu que compagnie ?

— Je suis toujours un hôte de classe A !

— C’est vrai !

— Je n’aurais pas cru qu’il sache se tenir, vu comment il te dévorait des yeux.

— Pourtant… il a tenu.

— Ça s’est bien passé ?

— Je ne peux pas te le dire. Je ne pense pas que tu souhaites que je m’expose sur nos sorties ?

— Non… c’est vrai ! Disons que… c’était si… étrange !

— Il t’a réservé d’autres soirées ?

— Non.

— Étrange…

— Tu deviens limitée en vocabulaire !

— Ah… va pas me faire le coup du gars qui en sait des choses. Quoique…

Ils éclatèrent de rire.

— Je suis vraiment contente que tu sois revenu. Je te considère plus comme un ami qu’un hôte.

— Merci. Je pense la même chose. Pourtant…

— Bah… je préfère te payer. Comme ça, je sais que tu seras aux petits soins pour moi et que tu ne m’abandonneras pas en route si t’en as marre ! C’est pas comme mon frère qui s’est cassé le bras récemment pendant ton absence, et mon mari qui était débordé par un travail… titanesque !

— Je ne comprends vraiment pas pourquoi !

Ils échangèrent un regard et éclatèrent de rire à nouveau. Ils roulaient à vive allure et, bientôt, ils sortirent des sentiers battus. Ichigo servait de copilote et Miyako prenait un plaisir certain à conduire sur les terrains accidentés. Ils déjeunèrent tous ensemble de bentos et reprirent leur aventure.

Bientôt, ils se retrouvèrent en forêt, sur des terrains aménagés pour les « grands » espaces. Il avait plu la semaine précédente, donc les terrains étaient boueux. Après un crapahutage qui dura deux heures, ils firent un bivouac en pleine nuit et dans le froid.

Personne ne resta sans rien faire : Miyako et Ichigo s’occupèrent surtout des travaux de force, et les autres du repas, du bois, etc. Ils étaient bien seuls, car personne n’avait eu la géniale idée — à part eux — d’aller faire une excursion comme la leur en automne, à la fin octobre.

Sauf Miyako. Ils mangèrent de bon cœur, surtout que Naomi était un cordon-bleu. Et, bien sûr, il fallut qu’Anzu raconte une histoire à faire peur, une lampe torche allumée sous le visage ! Tous étaient captivés par l’histoire et, quand une branche craqua derrière eux, ils poussèrent un cri d’effroi !

— Ichigo… râla Kasandra. C’est toi l’homme dans notre groupe ! T’es censé nous rassurer.

— Bien sûr ! Bien sûr… sauf si j’ai peur moi-même.

— Nan, t’as peur ? Laisse-moi te rassurer, mon lapin ! fit Kohane.

— Touche-le pas, il est à moi ! rétorqua Miyako, le poing en avant.

Ichigo prit la parole.

— On se calme… Déjà, essayons de survivre à cette nuit !

— Qui a eu l’idée de naître au mois d’octobre ? demanda Anzu.

— La ferme ! J’ai pas choisi !

Tous partirent dormir dans la tente, Ichigo coincé entre Miyako et Kasandra. Il risquait pas de rouler dans la tente… songea-t-il. Il bâilla et s’endormit avec les autres.

Le lendemain, les jeunes gens enfilèrent leurs sacs à dos et partirent à l’assaut de la forêt. Ichigo avait la boussole et la carte et, bientôt, la randonnée tranquille se transforma en guerre de survie. Ils crapahutèrent sous la pluie, sous un vent qui devenait glacial, et s’embourbèrent pendant cinq jours.

Ichigo avait sauvé l’honneur de quelques dames en détresse, dont sa cliente, et quand ils revinrent, ils étaient affamés, boueux, détrempés, fatigués — et de nouvelles cicatrices ornaient leurs corps.

Ils se dirigèrent chacun directement vers leurs maisons.

Sauf Ichigo, que Miyako invita chez elle pour qu’il puisse manger et prendre une douche. Ichigo se sentit revivre sous le jet chaud et vida presque toute la bouteille de shampoing. Quand il sortit, il récupéra son costume. Il regarda son portable et vit qu’il avait reçu un message le matin même. Il téléphona au Moonlight.

— Tu m’as appelé, Shunsui ?

— Oh, Ichigo… je ne t’attendais plus. Ça s’est bien passé !

— Je rentre à l’instant, dit Ichigo en bâillant.

— Rentrer ?

— Hum…

— Enfin bref ! J’ai une mission pour toi ce soir !

— Pardon ?

— Oui… on est embêtés, car Renji est tombé malade et il faut que quelqu’un le remplace. Or, la cliente t’a choisi.

— Euh… Renji est en catégorie C, je crois…

— Oui. Nous avons prévenu notre cliente, et elle accepte que tu ne fasses que de l’accompagnement. Bien sûr, elle te paiera en fonction de ton tarif.

— Y a vraiment personne d’autre ?

— Elle te veut, toi !

— Bon… j’arrive. Mais demain et après-demain, je ne suis pas disponible !

Ichigo raccrocha et rejoignit sa cliente.

— Je dois partir.

— Déjà ?

— On vient de me donner une nouvelle « mission ».

— Mais… tu étais en congé.

— Elle ne veut que moi… Et comme c’est la cliente d’un autre hôte indisponible, c’est délicat.

— OK ! Mange un peu avec nous.

— Je meurs de faim…

Bientôt, Ichigo et Akena discutèrent ensemble comme de vieux amis. Miyako regardait son mari, qui était tombé aussi sous le charme du jeune homme. Bientôt, l’orangé les quitta après une courbette et le couple regarda la petite voiture de l’hôte quitter leur parc.

°OoO°

Ichigo regarda la femme devant lui. Elle devait avoir une quarantaine d’années. Elle était incroyablement sexy dans son fourreau noir, et ses bijoux étincelaient. Ça ne devait pas être du toc ! songea le jeune homme malgré lui.

— Ichigo… je te présente Mizaki Lewis. Elle se rend à une soirée dansante et elle te demande d’être son cavalier pour cette soirée.

— Avec grand plaisir, madame.

— Appelez-moi Mizaki, Ichigo !

— Très bien, Mizaki.

Ichigo observa la femme de plus près. Il se rendit compte qu’elle devait être métisse. Elle avait un œil vert et l’autre chocolat. Elle était vraiment belle. Grande, mince, elle devait faire tourner bien des têtes. Il prit le bras de la femme et ils se dirigèrent au sous-sol où sa voiture l’attendait. Une Aston Martin ! Rien que ça, songea Ichigo.

Il sentait que le courant ne passait pas avec cette femme. Quelque chose chez elle le mettait mal à l’aise. Pourtant, il fit comme si de rien n’était. La femme lui avait laissé les clefs et il conduisit avec prudence jusqu’au lieu de rendez-vous. Il descendit et prit sa main pour la conduire dans une salle brillamment éclairée.

Tout n’était que luxe et débauche d’argent. Il se sentit encore mal. Il préférait se retrouver, encore ce matin, dans la forêt et patauger dans la boue que de faire ce genre de soirée. Enfin, dans sa tête, il remercia Anzu, qui l’avait déjà amené dans le même type d’événement et lui avait donné des cours de danse de salon.

Ichigo fut rappelé à l’ordre par la « pimbêche » comme il commençait à la surnommer. Il faisait de louables efforts pour la faire danser et lui tenir conversation… qu’elle n’avait pas ; et sa soirée se transforma, avec cette femme, en petit enfer.

Il soupirait intérieurement et se demandait quand elle jugerait bon de partir. Cependant, personne ne pouvait percevoir son agacement, sauf…

Aïzen, qui le regardait depuis qu’il était arrivé.

Il regarda évoluer le jeune homme sur la piste. Il se débrouillait plutôt bien et, même s’il avait un air affable, il voyait bien qu’il n’était pas heureux d’être là — ou tout au moins avec cette Mizaki Lewis, connue pour ses caprices de diva.

Sosuke admira la maîtrise du jeune homme. Il se sentit nostalgique… Il aurait tellement aimé prolonger le mois… mais il avait d’autres chats à fouetter, pour l’instant. Donc, il avait laissé le jeune homme retrouver sa liberté. Ce qui lui manquait le plus chez lui, c’était leurs soirées lectures.

Comme Ichigo connaissait les pièces par cœur, il les lui récitait tout en jouant avec ses cheveux. C’était vraiment relaxant. Il soupira et regarda Ulquiorra. Il était très cultivé et demandait moins d’attention qu’Ichigo… mais il était aussi beaucoup moins drôle. Enfin, l’avantage, c’est qu’avec lui, il pouvait assouvir tous ses désirs, même les plus tordus. Ce qui ne serait pas le cas avec Ichigo, même s’il lui appartiendrait un jour !

Il le vit partir avec la « vieille » et il sembla se détendre lorsqu’il quitta la salle.

Sosuke eut un sourire ironique. Il espérait le croiser à nouveau au cours des soirées. Enfin… en attendant que ce foutu chef de la police le lâche un peu. D’ailleurs, il croisa son regard anthracite. Kuchiki se permit même de le saluer au passage. Il fronça légèrement les sourcils.

Aïzen se demanda s’il avait vu son regard posé sur Ichigo. Il espérait que non… Il entraîna Ulquiorra avec lui et décida de passer la soirée autrement. Il passa devant Byakuya Kuchiki, qui les scruta froidement.

°OoO°

Ichigo passa du temps avec sa famille les deux jours suivants. Sa mère semblait ne pas bien se porter. Ichigo vérifia les comptes de son père, qui étaient à nouveau normaux. Il passa quelques coups de fil à la banque et, bientôt, tout fut régularisé pour Isshin. Ichigo monta voir sa mère, Isshin et les filles étant partis acheter des fournitures scolaires.

— Ichigo, je suis contente que tu sois là !

— Moi aussi, maman…

— Tu as beaucoup changé, Ichigo, ces derniers temps. Tu ne te surmènes pas, dis-moi ?

— Non… non !

— Tu as de nouveaux horaires ?

— J’ai changé de lieu de travail.

— Tu ne nous en as pas parlé !

— En fait, j’ai trouvé un travail à temps plein.

— C’est très bien… Et tu fais quoi ?

— Une sorte de groom dans un immeuble.

— Sorte ?

— En fait, je suis chargé de l’accueil des clients et… je fais réceptionniste.

— Vraiment ? Mais c’est très bien…

— Merci.

— Ichigo… pourquoi tu ne reprends pas tes études de biologie ?

— Après ce qu’il s’est passé ? Mon dossier est foutu… Il est impossible pour moi de trouver un travail dans cette branche.

— Tu le regretteras, Ichigo, un jour… ça te plaisait, au moins ?

— Oui… « ça me plaisait… » Désolé, maman. Mais… je n’arrive pas à oublier !

— Ça viendra ! As-tu une petite amie ?

— Non… mais j’ai beaucoup d’amies…

— Oui, mais ce n’est pas « une petite amie », Ichigo. La vie est plus intéressante à deux !

— Ma vie est très intéressante en ce moment ! souffla Ichigo.

— Ne te brûle pas les ailes… Comment vont les comptes ?

— Tout est rentré dans l’ordre !

— Comment as-tu fait ? Et ne me sors pas les excuses pour papa…

— J’ai payé les dettes avec mon salaire…

— Ton salaire est si élevé ?

— J’avais deux jobs à un moment… J’ai tout versé dessus.

— Ichigo, je connaissais la situation… Alors ?

— Bon sang ! Pourquoi veux-tu savoir ?

— Dis-moi ton vrai métier, Ichigo. Tu crois que je n’ai pas vu tes chaussures, ta montre, senti ton parfum et certaines factures de pantalons et T-shirts, ou chemises ? Que fais-tu réellement ? Ton père n’est pas là ! Je ne dirai rien…

— …

— Ichigo !

— … Je suis hôte !

— Quoi ? s’écria-t-elle, stupéfaite.

— Je travaille comme hôte de compagnie auprès d’un club privé. J’accompagne des dames pour danser, ou faire du paint-ball, à des soirées d’anniversaire, ou même un rallye-raid, et que sais-je ! Je ne fais rien de mal… je donne juste un peu de mon temps à de riches héritières…

— Voilà tes « amies » ? Mon pauvre garçon…

— Maman ! fit Ichigo, exaspéré.

— Ce n’est pas un métier où tu pourras t’épanouir. Cherche-toi quelque chose de plus sérieux. Épouse une gentille fille et essaye d’avoir des enfants. Tu sais, ils sont gentils avec toi uniquement parce que tu es « utile ». Mais une fois que le rideau tombera, ils ne te connaîtront plus… C’est un monde de requins !

— Je le sais… J’économise… J’ai des projets pour plus tard.

Mazaki observa son fils quelques instants.

— Sois prudent, Ichigo. Je n’en parlerai pas à papa. Je connais déjà sa réaction. Par contre, sors avec tes anciens amis. Il faut que tu aies les pieds sur terre aussi.

— Très bien… Je vais les recontacter !

— Je le souhaite…

La conversation roula sur différents sujets et Ichigo quitta la demeure familiale.

Il réintégra son studio. Il jeta les clefs sur sa kitchenette. Et s’assit sur son canapé, pour finir allongé. Il songea à sa dernière soirée. Elle avait été infecte… et ce qui l’avait le plus troublé avait été la présence de Sosuke à cet endroit. Il discutait avec Ulquiorra.

Ichigo avait appris qu’il faisait partie de la catégorie E. Aïzen ne semblait pas s’être soucié de lui et, quelque part, il s’en trouvait chagriné. Ce mois de septembre avait été crispé au départ, mais ils s’étaient quittés sur une très bonne entente.

Quelquefois, Ichigo se sentait nostalgique. Il était toujours surpris par le comportement que cet homme pouvait avoir, mais il était… fascinant. Il s’adaptait à toutes les situations, à toutes les personnes. Et il devait bien l’admettre : il avait une classe folle.

Enfin, il n’allait pas mourir d’amour pour lui. Le lendemain, il avait à nouveau d’autres rendez-vous. Et cette fois-ci, ce serait Alicia qu’il accompagnerait à une soirée. Alicia… une fille avec laquelle il avait beaucoup d’affinités !

°OoO°

Ichigo monta dans la Bentley de cette dernière le lendemain soir. Ils arrivèrent un peu en retard. Mais Alicia était toujours longue à se préparer. Ils étaient très complices, au point de pouvoir paraître comme un couple, ce qui les amusait beaucoup.

Ichigo apprécia la soirée après être passé entre les griffes de Mme Lewis ! D’ailleurs, il la vit en compagnie de Renji. Ce dernier était vraiment le parfait gentleman. Il vit également, dans le coin de la salle, Grimmjow avec une héritière européenne blonde, aux immenses yeux bleus. Ichigo songea qu’ils formaient réellement un beau couple. Sauf que Grimmjow faisait la gueule. Mais bon, pour le peu qu’il avait vu de l’hôte, c’était sa marque de fabrique !

La musique retentit et Alicia devint toute excitée. Elle attrapa la main d’Ichigo, qui s’y attendait. À peine arrivée, déjà sur la piste. Il enlaça sa partenaire et la plaqua contre lui… Vu le rythme sensuel et sexy, valait mieux.

Cette dernière leva les bras au-dessus de la tête d’Ichigo et colla son bassin contre celui de l’hôte de manière tout à fait suggestive. Ichigo imprima alors un mouvement de bassin d’avant en arrière. Puis il bougea en entraînant sa partenaire, avec qui il avait collé son front contre le sien. Et elle avait glissé ses mains sur le torse de son partenaire.

Ichigo saisit une de ses mains et la fit pivoter sur elle-même plusieurs fois, pour la retrouver finalement collée contre lui, son dos encastré contre sa poitrine à lui. La jeune femme se cambra, suggestive, et tous les deux bougèrent en même temps dans des mouvements tantôt rapides, tantôt sensuels, sur la piste. Lorsqu’ils étaient de face, leurs visages étaient à peine à un centimètre. Le regard d’Ichigo était pénétrant et celui d’Alicia, suggestif. Elle se mordait la lèvre pulpeuse, en une invite sensuelle.

Bientôt, quelques couples arrêtèrent de danser pour regarder le duo. Franchement, quelle maîtrise… Ichigo souleva sa partenaire, qui se retrouva les jambes autour de sa taille, la tête au-dessus du roux, sa poitrine au niveau de ses yeux. Ses mains la tenaient fermement dans son dos.

Une voix moqueuse et traînante se fit entendre dans l’assistance…

— Qui a dit qu’il ne savait pas danser déjà ?

— Pourquoi il n’a pas fait ça avec moi ! demanda Madame Lewis.

— J’en sais rien, mais alors c’est un Dieu de la danse… murmura une admiratrice. Moi aussi, je veux danser avec lui.

— Inutile, tu ne pourras pas te le payer !

Ichigo, loin de se douter de la passion qui se déchaînait autour du couple, continua d’entraîner sa partenaire dans une danse hypnotique.

— Putain, qui aurait cru que ce coincé pouvait être aussi chaud ! fit Grimmjow.

— Ouais… Je comprends pourquoi elles se l’arrachent maintenant. C’est un autre homme, rétorqua Renji.

Ichigo, quant à lui, fit basculer sa partenaire en arrière et parcourut de ses lèvres la robe légère qui glissait. Sa partenaire avait enroulé une jambe autour de sa taille. Elle lui murmura en français, en même temps que la chanson : « Voulez-vous coucher avec moi ce soir ? »

Ichigo lui adressa un clin d’œil. Ils éclatèrent de rire et continuèrent à danser.

Ils ne quittèrent pas la piste de toute la soirée. Tous étaient admiratifs de leur endurance, et ce n’était pas de la danse de salon classique qu’ils donnaient en démonstration ! Même pas de sueur, toujours habillés impeccablement : ils faisaient des envieux !

Finalement, ils s’arrêtèrent à la dernière musique. Ils se saluèrent chaleureusement.

— Bravo, Ichi ! Je n’aurais pas cru que tu danses comme ça jusqu’au bout de la nuit ! fit Renji.

Ichigo se retourna et croisa le regard de Grimmjow, Renji, Mizaki Lewis, Aïzen, Ulquiorra.

— Jusqu’au bout de la nuit ? fit Alicia. Tu rigoles… c’est pas fini. Viens, on va se boire une bière, Ichi, et après, on va au club…

— Au club ?

— Ah ah… Un club très, très, ultra privé ! fit la jeune femme, rieuse…

Elle tira Ichigo à sa suite et, bientôt, ils s’enfilèrent des bières. Alicia avait commandé avant le début de soirée. Quatre chacun, d’affilée !

— J’vais finir alcoolique avec vous… marmonna Ichigo.

— On sera alors dans le même club de désintox. Allez, viens !

Ichigo l’enlaça et ils quittèrent les lieux sous les yeux surpris du groupe !

En fait, Ichi et Alicia se retrouvèrent chez Anzu et là, les attendait un groupe d’une dizaine de fans ; et bientôt, la soirée se poursuivit jusqu’à 9 h du matin. Ichigo sut, en partant, que Maya l’avait réservé pour la soirée… Il devait aller la chercher pour faire du… rafting ! Il soupira… Il mourrait jeune, c’était sûr !

°OoO°

À la surprise d’Ichigo, il fut invité par un homme dans la semaine. Quand il le rencontra, il fut surpris par les cheveux argent et haussa un sourcil en entendant son prénom : Gin !

Les parents n’avaient pas été chercher bien loin l’inspiration. Il l’accompagna à une soirée où Ichigo eut une impression de déjà-vu… avec Aïzen. Il fallait pas être grand clerc pour savoir qu’il devait tremper dans le même genre d’activité. Une façade honnête et, derrière, des trucs pas très… enfin ! Il s’adapta, et comme il avait eu l’habitude de la présence du brun déconcertant, l’argenté ne lui faisait vraiment pas peur.

Ce qui eut le don, d’ailleurs, d’énerver Gin ! Il observa le jeune homme et fulminait intérieurement. Il avait l’habitude de commander Uzuru : il était soumis et docile. Avec ses yeux de cocker, il lui donnait l’impression de puissance. Là… rien !

Ce gamin circulait comme s’il avait toujours fait partie de ce milieu. Certes, il avait côtoyé Aïzen et il avait su qu’il l’avait pris comme un hôte de niveau A pendant un mois. Il se posa la question : est-ce que c’était… véridique ?

Il commença à lui rappeler que c’était avec lui qu’il devait passer la soirée. Ichigo lui sourit aimablement et resta près de lui. Il ne le touchait pas, ce qui exaspéra Gin. Au fil de la soirée, la tension montait en lui. Pourquoi ce gamin l’énervait autant ? Finalement, en fin de soirée, il le coinça au moment où il allait partir.

Ichigo sentit qu’on le saisissait fermement par le poignet et se retrouva plaqué contre un mur.

— Ichigo… tu ne comptes pas partir sans une petite compensation ?

— Compensation ?

— Ne me dis pas que tu n’as jamais embrassé aucune de tes clientes et qu’Aïzen ne t’a jamais touché.

— Non… il ne s’est jamais rien passé.

Ichigo rencontra pour la première fois les yeux bleus de Gin et retint son souffle. Le front de l’albinos touchait le sien et sa grande stature empêchait le plus jeune de bouger. Gin glissa un doigt le long du torse de l’orangé. Il murmura…

— Incroyable… alors, tu es capable de faire patienter tes clients et de les satisfaire sans aucune compensation ? C’est troublant… Que leur apportes-tu ? Qui es-tu ?

La voix de Gin baissa d’un ton et il pencha son visage, effleurant de ses lèvres le cou d’Ichigo.

— Moi, je veux plus… Je ne serai pas satisfait uniquement par une simple compagnie.

— Pourtant, c’est ce que vous avez demandé ce soir !

— Pourquoi n’as-tu pas peur ?

— Je devrais ? souffla le roux.

Ichigo avait le cœur qui s’emballait. Il sentit une langue glisser le long de son cou et frissonna quand elle remonta derrière son oreille. Il perçut les dents qui mordillaient le lobe de son oreille et ne bougea pas. Gin attrapa les mains du roux et les plaqua contre le mur, au-dessus de lui.

— Il est dangereux de jouer avec une certaine clientèle… tu le sais ?

Gin voulut embrasser Ichigo, mais le jeune homme remonta brutalement son genou et écrasa la partie la plus sensible du plus vieux. Ce dernier le lâcha brutalement, recula et finit à genoux sous la violence du coup.

— Il est dangereux de jouer avec quelque chose qui ne vous appartient pas !

Ichigo sortit sans un regard en arrière. Il eut soudain la peur de sa vie. Que venait-il de faire ? Il sortit précipitamment et se retrouva dans la rue. Il vit un taxi et le héla. Il monta à bord et se mit à trembler. Il appela Shunsui et, lorsqu’il décrocha, il eut une voix tremblante.

— Shunsui ?

— Ichigo ? Que t’arrive-t-il ?

— Je… je viens de… Gin Ichimaru…

— Calme-toi et dis-moi ce qui s’est passé.

— Il voulait avoir plus que… de la compagnie et m’avait cloué au mur et, et je lui ai balancé mon genou… enfin, vous voyez où ; et là, il était plié en deux quand je suis sorti !

— Oh… c’est embêtant, ça ! Rentre chez toi et je vais voir tout de suite avec lui. Je te recontacterai.

Ichigo raccrocha et se retrouva devant son immeuble. Bon sang ! Dans quelle galère était-il ? Déjà, il ne serait plus hôte, et l’autre allait lui faire la peau ? Il frémit et se dit que les prochaines minutes seraient les plus longues de sa vie !


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