Agglutinés dans la chambre, chacun des spectateurs resta atterré en découvrant un lit vide ! Kensei sentit la colère l’envahir et, lorsque la porte s’ouvrit pour laisser passer le commissaire du commissariat de Tokyo, il explosa :
— Que venez-vous foutre ici ?
— C’est à moi de vous poser cette question… reprit calmement Byakuya.
— Ne faites pas attention à lui… reprit Shinji avec le sourire. Il est un peu soupe au lait, actuellement. Bien, puisque nous n’avons plus rien à faire ici… nous allons nous retirer, commissaire-sama…
— C’est impossible !
Kuchiki appela ses hommes et déclara sombrement :
— Cela fait quelques jours que j’essaie d’avoir une entrevue avec l’organisation du Nuage Blanc et toutes mes demandes sont restées lettre morte ! Alors, vous ne partirez pas tant que je n’aurai pas rencontré ce Sasabike Chōjirō !
— Il est mort ! déclara Kensei, qui s’était repris.
— Pardon ? reprit Byakuya, incrédule.
Il allait reprendre quand il vit l’albinos sortir son portable.
— Que faites-vous ?
— Ichigo n’a pas pu aller bien loin…
— Qui vous dit qu’il s’agit de Kurosaki Ichigo ? demanda, curieux, le commissaire de police.
— C’est moi qui l’ai entraîné…
Il était évident que, pour cet homme, cette réflexion était une finalité en soi. Lui ne savait pas qui il était mais, pour les autres membres, tout était entendu dans la phrase. Cela l’agaça, mais il ne laissa rien transparaître.
— Et savez-vous où se trouve Kurosaki ?
— J’essaie de le coincer. Si vous arrêtiez de me parler !
Le regard de glace et la menace contenue à l’intérieur n’incitèrent pas Byakuya à poursuivre.
— Love, Aïzen n’est plus là… Je ne pense pas qu’il se soit sauvé tout seul. Si tu vois des choses suspectes, pré…
Un petit silence s’intercala avant qu’on entende un hurlement.
— Quoi ?
L’albinos raccrocha au bout de quelques secondes, blême. Il se tourna vers l’assemblée, accrochée maintenant à ses lèvres.
— Love me dit qu’une ambulance a failli l’écraser à l’instant. Il m’a signalé que le chauffeur était âgé d’environ une cinquantaine d’années… mais Kurosaki a pu se grimer ! N’oublions pas qu’il nous échappe depuis des mois.
— Je ne savais pas que tu lui avais donné des cours de maquillage, Kensei…
— Je ne lui ai rien donné du tout ! Je ne l’ai formé qu’à l’entraînement militaire et au piratage informatique, en partie ! Maintenant, bouclez-la, et que chacun prenne son véhicule. Love a noté le numéro d’immatriculation et la marque de la voiture…
— Vous comptez disparaître ? demanda Byakuya…
— Oui, que vous le vouliez ou non…
— J’ai besoin de retrouver Kurosaki également… Puis-je me joindre à vous pour le retrouver ? Nous pourrions facilement le retrouver en joignant nos forces.
Kensei sembla hésiter devant la proposition. Il jeta un bref coup d’œil autour de lui et finit par répondre d’une voix neutre :
— Je refuse…
— Soit ! Je mets mes propres hommes sur l’affaire… et…
Le commissaire de police n’eut pas le temps de finir : dans un même mouvement, les yakuzas immobilisèrent les policiers. Byakuya voulut se défaire de l’étreinte de Rose, mais fut incapable de bouger. Le regard haineux de Kensei se posa sur le commissaire et il lui répondit :
— Vous n’avez rien du tout… Je vous souhaite juste une bonne nuit !
Et avant que Byakuya puisse faire quoi que ce soit, il tomba dans les bras de Morphée. Le Nuage Blanc sortit de la chambre et, dans le couloir, ils se précipitèrent dans l’escalier. En bas, Love les attendait. Ce dernier fit une rapide description et chacun monta dans une voiture. Mais à peine arrivèrent-ils devant la sortie du parking que de grosses voitures noires se placèrent devant eux.
Des hommes en noir et portant des lunettes de soleil sortirent leurs Uzi et tirèrent sur les voitures. Kensei accéléra et faucha un homme au passage. Son 4×4 fut en partie défoncé à l’avant, mais il n’avait pas le choix s’il voulait sortir de la nasse dans laquelle ils étaient tombés. Nell, à côté de lui, se redressa et souffla :
— Je ne m’attendais pas à les trouver ici… Comment ont-ils fait ? Nous avons mis leurs locaux sous surveillance et nous avons frappé fort il y a plus d’une semaine, maintenant.
— Ichigo… souffla Kensei.
— Toujours lui ! hurla Nell.
Elle frappa de son poing rageusement sur le tableau de bord.
— Quoi que nous fassions, il a toujours une longueur d’avance sur nous ! Pourquoi est-il si efficace ? Tu nous disais qu’il n’était pas prêt… qu’il manquait de maturité ! reprocha sa fiancée.
— Je le pensais… L’Ichigo d’il y a un an n’a plus rien à voir avec celui auquel nous avons affaire. Sa cavale, son… implication amoureuse… en ont fait un autre homme.
— Si nous avions su que c’étaient les hommes qui lui plaisaient…
— Il n’y a qu’Aïzen Sōsuke… Je ne pense pas qu’il aille voir un autre homme que lui !
— Qu’importe…
— Nell, dis-moi si d’autres voitures nous ont suivis ?
La jeune femme se pencha et vit que des voitures les suivaient. Elle fronça les sourcils.
— Ce ne sont pas les nôtres, mais celles de la Tora, qui nous suivent.
— Merde ! Appelle le QG et demande-leur de l’aide…
Pendant que Nell téléphonait, Kensei observa la route intensément, à la recherche d’une ambulance blanche. Son cœur se mit à battre follement. Il vit, au loin, une tache blanche et il sut que se trouvait son élève à l’intérieur. Il voulut accélérer, mais la circulation dense le lui interdisait. Il jeta aussi de brefs coups d’œil aux rétroviseurs et se rendit compte que les yakuzas de la Tora se rapprochaient. Kensei lança à Nell en observant les panneaux :
— Dis-leur d’envoyer du monde à l’aéroport de Narita… Qu’on envoie du monde au terminal 1 et 2. D’ici, je ne vois pas vers quelle destination ils se dirigent. Dis-leur aussi que nous sommes pris en chasse et que je ne suis pas sûr de pouvoir arriver à les suivre jusqu’au bout !
— Hai !
Nell répéta les paroles de Kensei, qui jura entre ses dents. Son radiateur avait été touché durant la collision et voilà que les voyants de son tableau de bord lui indiquaient qu’il ne pourrait plus conduire très longtemps. Kensei fit une manœuvre et se gara, énervé, sur le bas-côté. Nell ferma son téléphone et sortit le sac derrière elle.
Elle attrapa ses armes et en glissa sous sa chemise. Son regard vert luisait de détermination.
— Ils ne m’attraperont pas vivante !
Kensei caressa brièvement les cheveux longs, emmêlés, de sa fiancée et se pencha ensuite pour attraper ses propres armes. La journée allait être très longue. Nell sortit sur le bas-côté et Kensei suivit. Les deux ninjas bondirent derrière la barrière de sécurité alors que les voitures des yakuzas se stationnaient derrière leurs véhicules. Kensei et Nell entreprirent de se dépêcher de se rendre dans la forêt non loin de l’aéroport qui leur servirait de couverture !
°O0O°
Nnoitra était soucieux. Il avait été envoyé à l’aéroport pour couvrir la fuite du kumiko et de son amant. Il s’installa non loin du terminal où les deux hommes devaient embarquer. Lorsqu’il vit stationner l’ambulance, il haussa un sourcil. Enfin, ils foutaient quoi depuis tout ce temps ?
Le yakuza faillit cracher au sol en voyant Kurosaki sortir, soucieux, du véhicule. Son grimage était parfait : il ne le reconnaissait pas lui-même. Il se demanda s’il n’aurait pas fait mieux d’être chez les ninjas plutôt que chez les yakuzas. Quoique… lui, son nindō, c’était de tuer un maximum de personnes, et pas d’être un pion sur un échiquier.
Son attention fut attirée par l’intervention de Tessai et, lorsqu’il vit enfin sortir la civière contenant le corps de son kumiko, il se sentit respirer un peu mieux. Ils allaient enfin pouvoir sortir de cette souricière. Un mouvement non loin de lui capta son attention. Le yakuza se redressa brutalement et se dirigea vers l’homme qui tenait une arme sous sa veste. Le regard exercé de Nnoitra et son instinct ne le trompaient jamais quand il se retrouvait face à un tueur.
L’homme était aussi grand que lui, mais beaucoup plus large. Mais peu importait à Nnoitra : pour lui, l’excitation du combat le gagnait et, quitte à mourir, autant que ce soit en beauté ! Il posa une main de fer sur l’épaule du tueur et susurra à son oreille, alors que son pistolet s’enfonçait dans les côtes de l’homme :
— Appuie seulement sur la détente et je me charge de t’expédier par le même train !
°OoO°
Byakuya se leva et se demanda ce qui lui était arrivé. Il vit une équipe médicale autour de lui. Autour de lui, ses hommes se réveillaient, groggy.
— Vous n’avez rien…
— Que s’est-il passé ? demanda le commissaire de police, encore un peu dans les limbes de son sommeil.
— Apparemment, vous avez tous été endormis… mais sans substances chimiques.
Le médecin paraissait perplexe. Byakuya n’insista pas. Il sortit son portable et demanda à ses hommes de lui notifier toute conduite suspecte ou tout événement bizarre qui interviendrait entre Nikkō et Tokyo. Le médecin lui signala qu’il y avait plusieurs hommes hospitalisés au sein même de l’hôpital, suite à une fusillade et à un carambolage dans le parking.
— Où sont-ils ?
— Je vais vous conduire à eux !
Trop content de laisser la police se charger de cet épineux problème de yakuzas — car il s’agissait bien de cela — Ishida accompagna Kuchiki jusqu’à la salle où se trouvaient confinés les membres du Nuage Blanc et de la Tora.
Byakuya, en voyant les différents visages fermés se lever vers lui, se dit que sa journée serait très longue. Son portable sonna. Des hommes se livraient à une fusillade non loin de l’aéroport de Narita. Byakuya fit envoyer une équipe d’intervention spéciale pour cueillir l’ensemble des intervenants à cette guerre ouverte.
°OoO°
Ichigo se leva et observa une dernière fois le corps allongé de Sosuke. Le yakuza était toujours dans le coma, un mois après leur fuite. Cette situation pesante et inconfortable l’agaçait. Le jeune homme quitta la petite maison qui se situait juste en face de l’océan Indien. Il se retrouva rapidement sur un banc de sable blanc et fin. Il s’amusa avec ses orteils à faire de petits tas de sable.
L’eau, incroyablement turquoise et calme, apaisa le jeune homme. Il mit sa main devant ses yeux, comme une visière, et poursuivit son chemin. Ichigo se dirigea vers un petit groupe de palmiers et s’installa contre eux, profitant de leur ombre. Il se sentait tellement fatigué et le coma de Sosuke n’était pas étranger, non plus, à son stress accumulé.
Pourtant, il ne lâcherait pas son amant. Il entrait souvent en contact avec Kusumi et Akon pour donner des nouvelles de leur chef. Ichigo fournissait également des fonds à l’organisation yakuza pour qu’elle se remette plus vite de l’empoignade qui l’avait touchée dans sa lutte avec le Nuage Blanc. Par contre, l’ancien ninja avait abattu l’organisation sans le moindre remords. Ils viendraient bien assez tôt, songea-t-il !
°OoO°
Sosuke se réveilla difficilement. Il se sentait si faible. Son regard, après quelques minutes, balaya la pièce et il se sentit désorienté. Où était-il ? Il voyait les perfusions à son bras. Était-il tombé malade ? Il ne se souvenait de rien. Il resta un moment les yeux au plafond. Puis, lentement, ses souvenirs se mirent en place dans sa tête. Il commença à s’agiter et voulut se lever. Où était Ichigo ? Que faisait-il ici ?
La porte s’ouvrit et Tsunemi se figea en entrant en voyant son chef essayer de se redresser.
— Kumiko… restez allongé ! Vous êtes faible… vous êtes resté longtemps dans le coma…
— Où est Ichigo ? Est-il vivant ?
— Kurosaki-sama va bien. Il se repose… il n’a pratiquement pas dormi depuis qu’il a organisé notre fuite !
— Fuite ?
Aïzen se laissa retomber sur son oreiller. Que s’était-il donc passé ? Matsui prit une chaise et s’installa non loin de son chef. Sans attendre, il entreprit de raconter longuement les péripéties de tout ce qu’ils avaient traversé et ce qu’Ichigo avait accompli pour permettre à Sosuke de trouver un endroit où il pouvait récupérer en paix.
— Il vous a veillé chaque jour et, tout à l’heure, je l’ai ramené dans sa chambre. Il s’était endormi devant la fenêtre, comme à son habitude. Je vais le réveiller ? demanda, pour la forme, Matsui qui, apparemment, n’était pas trop chaud pour le faire.
— Non… J’attendrai…
— Souhaitez-vous quelque chose ?
— J’ai soif…
Matsui, trop heureux de se rendre enfin utile, sortit et revint quelques minutes plus tard avec une carafe d’eau et un verre. Il posa le tout sur la table de chevet et servit son maître. Il l’aida à se redresser et le liquide lui arracha un peu la gorge, irritée par les quelques paroles qu’il avait murmurées d’une voix enrouée.
Aïzen renvoya Tsunemi. Il se sentait aspiré par le sommeil. Sa main caressa inconsciemment la cicatrice sur son torse. Lorsqu’Ichigo franchit le seuil de sa chambre deux heures plus tard, Sosuke dormait toujours profondément. Un sourire, pourtant, éclairait le visage du roux. Lentement et avec le moins de bruit possible, il retira quelques perfusions du piquet.
Ichigo mangea un peu plus tard, seul… mais plus pour longtemps. C’est avec un grand soulagement — et surtout une grande sérénité — qu’il entrevoyait un avenir beaucoup plus radieux pour eux. Tout était possible, à présent. Il lui suffisait d’être encore un peu patient. Un peu plus tard dans la soirée, il contacta le wakagashira et l’informa du réveil d’Aïzen. Il laissa Matsui raconter les premières paroles d’Aïzen et, enfin, tous respirèrent de soulagement.
°OoO°
Un mouvement dans les cheveux : quelque chose gênait Ichigo. D’un mouvement de la main, il essaya de repousser l’intrusion qui parasitait ses rêves et, dans le même temps, gémit de douleur. La position assise qu’il avait prise et dans laquelle il s’était ankylosé lui fit comprendre qu’il ne se trouvait pas dans son lit. Ouvrant un œil et grommelant tout en se massant le bas du dos, Ichigo entendit :
— Je t’ai connu de meilleures humeurs le matin…
Surpris, le roux releva la tête et observa avec incrédulité Sosuke, qui le dévisageait avec un petit sourire. Ichigo se redressa brutalement et sentit craquer ses os.
— Tu vieillis également… se moqua encore Aïzen.
— Tu vas voir si je vieillis… souffla Ichigo.
Ce dernier enlaça le cou d’Aïzen et enfouit son visage au creux de sa nuque. Un réel soulagement le submergeait. L’émotion montait en vagues. Ichigo tenta de la refouler du mieux qu’il put. Il n’était pas sûr que son amant apprécie ce genre de démonstration. Toutefois, lorsqu’il sentit deux bras enlacer ses épaules, les larmes franchirent ses paupières closes.
— Je suis là, Ichi… je n’ai pas l’intention de te laisser seul !
— Je te l’aurais fait regretter, chuchota le jeune homme.
Sosuke repoussa doucement Ichigo et leurs regards se rencontrèrent. Avec son index, le yakuza essuya une larme et la regarda avec surprise. Sosuke plongea son regard chocolat dans ceux de son amant.
— Je t’ai manqué à ce point-là ?
— Terriblement…
Ce fut la seule chose qu’Ichigo put prononcer. Sosuke attira le visage du jeune homme doucement près du sien et l’embrassa, pour ensuite prolonger le baiser encore et encore. Enroulant sa langue contre celle d’Ichigo. Voulant respirer le même air que lui et l’étouffer de tout l’amour dont il était capable. Il ne voulait plus voir sa tristesse. Ses doigts se perdaient dans les mèches d’or. Le goût salé des larmes qui se mélangeaient à la salive… Jamais Sosuke n’avait éprouvé un tel sentiment d’union, d’unité, avec un autre.
Le visage d’Ichigo se suspendit au-dessus du sien. Les yeux dans les yeux, leurs souffles caressant la peau de l’autre, déclenchant un frisson chez l’autre. Le roux se pencha et frôla doucement le nez de Sosuke avec le sien. Les mains d’Ichigo étaient posées de part et d’autre du visage de son amant, soutenant son buste pour éviter de porter son poids sur le convalescent.
— Ichigo…
— Hum…
— Viens près de moi…
— Je suis proche…
— Dans mon lit !
— Pousse-toi, alors, tu prends toute la place…
Ichigo se redressa et laissa Sosuke se glisser doucement sur le côté, lui laissant suffisamment de place pour permettre au roux de s’allonger près de lui. À peine posa-t-il son visage sur l’oreiller qu’Aïzen se glissa dans les bras de son amant, qui l’enlaça contre lui. La bouche d’Ichigo butina celle de Sosuke, qui caressait inlassablement le flanc du jeune homme. Leurs jambes s’emmêlèrent, Sosuke soupira :
— Tenkaishi, restons toujours ainsi…
— Toujours… mon amour…
Aïzen, en rencontrant les yeux ambres — leur chaleur, la tendresse et l’amour intense qui les éclairaient — sentit sa gorge se nouer. Il savait : Ichigo avait eu très peur pour lui. Il voudrait pouvoir effacer ce moment. Il ne voulait vivre que les meilleurs instants avec lui. Sosuke ferma les yeux ; son manque de force l’empêchait de goûter la présence de son amant, qui enroula ses bras autour de lui. Le yakuza s’endormit sur le buste du ninja.
Ichigo se laissa bercer par la respiration régulière de Sosuke et ferma les yeux. Son cœur reprenait doucement un rythme plus calme. Tenir son amant contre lui, partager à nouveau des baisers, des regards troublés… il ne s’était jamais senti aussi heureux et vivant qu’en cet instant. Jamais il n’avait aimé de la sorte et jamais plus il n’aimerait qui que ce soit comme il l’aimait. Ichigo sombra lui aussi dans le sommeil. Un sentiment de plénitude l’avait gagné à nouveau.
°OoO°
Sosuke se réveilla en premier et croisa le regard de Tsunemi, qui allait quitter les lieux. Son estomac criait famine et il souffla doucement, en essayant de ne pas réveiller Ichigo, qui dormait contre lui, son bras autour de sa taille.
— Apportez-nous quelque chose à manger…
— Hai…
À peine le yakuza eut-il quitté les lieux qu’il caressa les cheveux dorés et souffla contre l’oreille de son amant :
— Réveille-toi, Tenkaishi… j’ai faim et j’ai demandé à ce qu’on nous apporte à manger…
— Tu peux pas vivre d’amour et d’eau fraîche ? souffla Ichigo, boudeur.
— Ne sois pas de si mauvaise humeur…
Aïzen mordilla de ses dents l’épaule d’Ichigo au travers du tissu de son T-shirt. Le roux tourna son visage vers le yakuza, plutôt taquin. Pourtant, lorsque leurs yeux se croisèrent à nouveau, leur respiration se suspendit. Doucement, la main de Sosuke caressa le visage de son amant. Ichigo ferma les yeux, se laissant emporter par la douceur de l’attouchement. Les battements de son cœur devenant plus lourds, sa gorge s’asséchant malgré lui.
Lorsque leur regard se rencontra à nouveau, Sosuke n’était qu’à quelques millimètres de son visage. Leurs lèvres se caressèrent à nouveau. C’était douloureux : alors que son corps réclamait d’autres baisers, d’autres caresses, un brasier s’alluma en lui et Ichigo comprit, en croisant les yeux fauves d’Aïzen, qu’il ressentait le même trouble, la même excitation, le même amour, la même passion.
Un coup frappé discrètement à la porte les obligea à se détacher l’un de l’autre.
— C’est de ta faute… et de celle de ton estomac…, grommela Sosuke.
— Pourtant, c’est ton estomac qui proteste… Tenkaishi…
À sa grande honte, Aïzen avait raison, et le rire bas de son amant l’exaspéra. Doucement, Sosuke se recula et Ichigo se redressa pour descendre du lit.
— Où vas-tu ?
— Préparer la table…
La porte s’ouvrit et Tsunemi resta figé, se demandant s’il devait rester ou partir. Mais Ichigo lui adressa un sourire chaleureux. Il traversa la chambre et lui prit le plateau des mains.
— Merci, Matsui-san… Je m’occupe du reste.
L’homme s’inclina et Ichigo posa le repas sur la table près de la fenêtre. Il se dirigea ensuite vers Sosuke et le tira doucement hors du lit.
— Allez, debout, ou tu vas engraisser, Sosuke… Toi qui n’aimes pas les squelettes, moi j’aime pas les hommes grassouillets !
— Profite de ma faiblesse… marmonna Aïzen.
— Et tu vas marcher ! Hors de question que je te porte en plus… se moqua Ichigo.
Sosuke, qui s’était assis, releva la tête et foudroya le roux du regard incendiaire dont il avait le secret.
— Même pas peur ! répliqua Ichigo.
— Attends que je sois en forme…
— J’ai encore un peu de temps, mon amour ! Allez, debout ! Un ninja n’a jamais mal, n’a jamais faim et ne se plaint jamais !
— Je ne suis pas un ninja, protesta Aïzen, vexé. Je suis un yakuza…
— C’est vrai que tu ferais pâle figure en tant que ninja.
Sosuke se redressa et Ichigo se plaça à côté de lui pour lui servir de béquille. Aïzen voulut l’ignorer, mais dut s’avouer qu’il était incapable de se déplacer seul. Il s’accrocha à l’épaule de son amant et bientôt se retrouva à table. Le repas de Sosuke était plutôt léger, à son grand désarroi.
— Mais c’est quoi ce… ce potage ?
— Tu voulais manger une côte de bœuf avec des frites et une bière ?
— Pas tant que ça. Un ramen, tout au moins ! marmonna l’homme, exaspéré.
— Pas question. Tu dois d’abord habituer ton estomac à manger du solide. Donc biscottes et bouillon pour toi !
— Et tu vas me narguer avec tes boulettes de viande et…
— Oui ! Ça va te motiver pour récupérer plus vite…
— Je te trouve un peu trop sûr de toi…
— Disons que je suis pressé…
— Pourquoi ?
Ichigo eut un petit haussement de sourcil suggestif et caressa du bout des doigts la main de Sosuke, qui reposait toujours sur la table.
— Et dire qu’avant tu me poursuivais de tes assiduités !
— Ça peut s’arranger, si c’est cela qui te tracasse… souffla Aïzen en se penchant.
— Mange avant, tu risquerais de t’évanouir en cours de route… se moqua Ichigo.
Le repas se passa plus calmement et Ichigo força Sosuke à marcher un peu dans la maison, puis l’obligea à s’asseoir sur la terrasse qui donnait sur la plage. Ichigo s’installa et invita Sosuke à poser sa tête sur ses genoux. Les doigts du roux couraient dans les mèches du yakuza et, avant qu’Aïzen demande quoi que ce soit, Ichigo commença à réciter la pièce de théâtre de Shakespeare Roméo et Juliette. Un sourire s’inscrivit sur les lèvres d’Aïzen.
Le souffle du vent balaya le visage du yakuza, qui se laissa bercer par les paroles de son amant et par la douce brise chaude et enveloppante qui lui caressait le corps fatigué. Doucement, le sommeil l’emporta. Le ressac des vagues remplaça la voix d’Ichigo, qui ferma les yeux à son tour et s’endormit contre le pilier qui soutenait l’avancée.
Tsunemi observa le couple et songea qu’il aurait aimé, lui aussi, pouvoir profiter d’une telle vue avec sa femme. Elle lui manquait terriblement et il se dit qu’il n’était pas encore prêt à rejoindre le Japon. Enfin, maintenant, le kumiko était réveillé et les attentions de Kurosaki le rendaient plus heureux qu’il ne l’avait jamais vu auparavant…
Tenkaishi – unique, le seul
Wakagashira – 1er bras droit du kumiko

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)