Ichigo posa ses mains sur les avant-bras de Jûshirô et leva le visage vers lui. Il rencontra ses yeux si profonds. Il frissonna en y lisant tout l’amour qu’il éprouvait pour lui. Ichigo sentit les mains d’Ukitake le saisir par la taille pour le rapprocher plus près. Leurs corps se frôlaient.
Le roux gémit entre ses dents : cette attente… à croire que le plus âgé allongeait le sursis qui leur avait été accordé. Ichigo remonta ses mains le long des bras de Jûshirô pour les enfouir dans ses cheveux si blancs. La bouche de ce dernier fondit sur la sienne.
Ce ne furent d’abord que des baisers, à peine plus légers qu’un vol de papillon, puis ils devinrent plus intenses à chaque rencontre. Ichigo bascula avec Ukitake lorsque celui-ci s’assit sur un rocher. Leurs corps étaient si proches… impossible d’ignorer le désir de l’autre.
Ichigo se retrouva plus haut que son amant et prit sa tête entre ses mains pour approfondir les baisers. Il demanda la permission pour aller plus loin, que Jûshirô lui accorda facilement. Ils cherchèrent à dominer l’autre, aucun des deux ne voulant céder. Ichigo se laissa finalement prendre le dessus au bout d’un âpre combat, et le baiser redevint plus tendre.
Ukitake rompit le baiser pour reprendre de l’air. Les deux hommes respiraient difficilement. Le plus âgé entreprit de découvrir la nuque offerte de son amant, si proche. Ichigo frissonna entre ses bras quand il lécha du bout de la langue le creux de son oreille. Ses mains ne cessaient de parcourir le corps ferme et svelte du plus jeune. Il désirait connaître la moindre parcelle de lui, mais il ne voulait pas le brusquer.
Pourtant, ce fut Ichigo qui prit l’initiative. Ses mains se déplacèrent sous l’eau ; il défit la serviette qui le ceignait et posa le tissu sur le bord de la source. Jûshirô sentit sa gorge se nouer. Il ne garderait pas le contrôle très longtemps… Il se sentait fondre sous le regard de son amant, comme mis sous verre. Une légère rougeur avait envahi ses pommettes. Les doigts d’Ichigo descendirent une nouvelle fois sous l’eau ; Ukitake sentit deux mains s’attaquer à sa propre serviette et la tirer lentement hors de l’eau.
— C’est mieux ainsi…, souffla le roux.
Il ne laissa pas le temps à son amant de répondre. Il se pencha pour l’embrasser tendrement. Ce dernier le tira plus près de lui, leurs corps serrés l’un contre l’autre. Ichigo rougit légèrement lorsque son membre rencontra celui de son amant. Jûshirô parcourait son torse de ses lèvres ; Ichigo sursauta lorsque sa langue joua avec son mamelon et laissa échapper un soupir. Il resserra son étreinte autour des épaules proches. L’autre main d’Ukitake taquina l’autre téton dressé. Ichigo se cambra légèrement contre Jûshirô. Le roux retint son souffle quand il sentit une main glisser vers son entrejambe et venir saisir sa verge pour la caresser doucement. Il baissa les yeux et rencontra des prunelles devenues d’un noir profond.
— Ichigo… souffla Ukitake. Je t’aime…
Le roux ouvrit les yeux, surpris. La douceur et la tendresse avec lesquelles ces mots avaient été prononcés le firent fondre. La confiance que Jûshirô avait en lui semblait absolue. Ichigo lui sourit avec toute la tendresse dont il se sentait capable. Il se pencha pour l’embrasser lentement, tandis que son amant continuait de le caresser.
Soudain, Jûshirô le souleva et les fit s’allonger sur le sol près de la source. Le clapotis de l’eau était apaisant ; la douceur de l’environnement — malgré la fraîcheur de la nuit — se mêlait à la chaleur de l’instant… et de l’autre.
Jûshirô murmura :
— Laisse-moi faire, Ichigo…
Il n’attendit pas de réponse et entreprit de parcourir le corps offert sous lui. Sa bouche descendait inexorablement, et les gémissements à peine réprimés de son amant le poussaient à aller plus loin. Il s’attarda sur le nombril d’Ichigo et joua avec son piercing. Il n’aurait jamais pensé que le roux puisse porter ce genre d’accessoire. Ses mains parcouraient le corps étendu. Il était beau, tellement beau, songea Jûshirô.
Sa bouche prit enfin la virilité d’Ichigo, qui laissa échapper un gémissement non réprimé, pour une fois. Sa langue experte lécha et suça le membre gonflé du jeune homme, qui eut un mouvement de bassin involontaire. Ukitake plaqua son bassin au sol. Il entendit les balbutiements du roux, relâcha la pression et remonta vers Ichigo pour l’embrasser.
Jûshirô tendit la main et récupéra un pot de lubrifiant qu’il avait pris soin de laisser à portée. Ichigo le regarda, surpris.
— Je ne veux pas te blesser… et je veux te faire du bien…, murmura le plus âgé.
Ichigo appréhendait le moment. C’était une inconnue totale. Il vit son amant ouvrir le pot ; le roux le lui prit des mains, enduisit ses doigts, s’approcha de Jûshirô et entreprit de lui caresser consciencieusement la verge dressée. Jûshirô ferma les yeux et apprécia la caresse. Il enlaça le roux et l’allongea tendrement.
Il enduisit ensuite ses doigts de gel. Il introduisit un doigt en Ichigo, qui le regardait avec une lueur d’appréhension. Il le vit se crisper à l’intrusion de ce corps étranger. Ichigo se raidit, et il entendit à son oreille la voix rassurante de son amant :
— Détends-toi, mon amour… Je sais que ce n’est pas confortable, mais tu vas te sentir mieux bientôt, je te le promets…
Jûshirô embrassa son amant et glissa un deuxième doigt, puis fit un mouvement de ciseaux pour agrandir le passage. Les gestes étaient doux, jamais précipités. Ichigo sentit un doigt tâtonner à l’intérieur de lui et, soudain, il se cambra et laissa échapper un long gémissement.
— Je l’ai trouvé…, souffla Jûshirô à son oreille. Maintenant, tu vas te sentir bien.
L’homme aux cheveux blancs caressa et massa soigneusement la prostate d’Ichigo, qui haletait et gémissait. Son corps se cambrait contre lui… Jûshirô en profita pour reprendre l’exploration de sa clavicule et de sa nuque. Une légère transpiration recouvrait le corps de son amant. Il sentait son propre désir s’exacerber.
Sous la main qui caressait le membre d’Ichigo, il sentit la semence s’écouler ; un gémissement sourd franchit les lèvres de son amant, qu’il recueillit sur les siennes. Il sentait les mains d’Ichigo s’agripper à ses épaules, les doigts emmêlés à ses cheveux. Leurs yeux se rencontrèrent et la tendresse passa entre eux.
Ukitake demanda doucement :
— Es-tu prêt ?
Ichigo, encore traversé par les secousses de son orgasme, hocha la tête. Il voyait sur le visage de son amant la lutte qu’il s’imposait pour le laisser prendre son plaisir. Ichigo sentit alors quelque chose de plus large que des doigts entrer en lui. Il se crispa légèrement, reprit sa respiration, et Jûshirô attendit, aussi calmement qu’il le pouvait, l’autorisation de continuer — ce qui était terriblement difficile.
Ichigo était très serré, et la pression autour de la verge de Jûshirô le rendait fou. Le roux rouvrit les yeux, enroula ses bras autour de son cou et murmura :
— Bouge, Jûshirô…
Ce dernier reprit haleine et se mit à bouger lentement d’abord. Il cherchait ce point précis pour redonner du plaisir à son amant. Il lui murmurait des mots doux à l’oreille. Lorsqu’il le vit écarquiller les yeux, gémir, puis relâcher sa crispation après quelques poussées, il augmenta progressivement le rythme.
Ichigo se sentait mal, au bord du malaise, avec cette présence incongrue en lui. Il voulait qu’il se retire, mais n’arrivait pas à le dire… Cela aurait été égoïste, d’autant qu’il lui chuchotait des mots d’amour. Un voile blanc recouvrit sa vision, et les sensations folles qu’il avait connues plus tôt le saisirent de nouveau. Il s’accrocha à Jûshirô et laissa échapper un gémissement sourd. Il le voulait tellement…
— Plus profond…, gémit Ichigo. Plus vite…
Jûshirô sourit et accéléra le mouvement. Il prit la taille de son amant pour que la pénétration soit plus profonde et plus dure. Ichigo trembla dans ses bras. Leurs halètements devinrent saccadés, lourds. Jûshirô ferma les yeux et sentit bientôt sa résistance céder.
Le roux souffla :
— Je… je vais… venir…
— Attends-moi…, souffla Jûshirô.
Ukitake bougea plus vite, plus profondément, et sentit les spasmes de son amant qui se libérait. Il le sentit se cambrer contre lui et, lui-même, suivit le mouvement, son corps se tendant contre celui d’Ichigo. Ils laissèrent échapper un long gémissement rauque. Leurs corps étaient crispés par le plaisir…
Finalement, Jûshirô posa ses coudes de part et d’autre de la tête de son amant. Il l’embrassa tendrement et sentit deux bras s’enrouler autour de son cou. Les baisers étaient tendres et essoufflés. Les cheveux d’Ukitake tombaient de chaque côté du visage du roux, comme un rideau blanc, ce qui le fit sourire.
Jûshirô se retira et roula sur le côté, entraînant le corps d’Ichigo contre lui.
— Je t’aime, Ichigo… tellement !
Le roux lui sourit, tendre, et fit courir ses doigts sur le visage de son amant, repoussant les cheveux qui recouvraient ses traits. Il l’embrassa.
— Je t’aime aussi, Jûshirô…
Ichigo avait prononcé ces mots avec toute la tendresse dont il se sentait capable. Cela toucha le plus âgé, qui enroula ses bras, plus possessif, autour de lui.
Finalement, après quelques derniers baisers, Jûshirô repoussa le roux et se redressa. Il aida son amant à se redresser, car il n’était pas vraiment à son aise.
— Viens…, dit Jûshirô doucement.
Il prit Ichigo dans ses bras — ce dernier avait du mal à bouger — et l’entraîna dans la source chaude.
— Un excellent remède pour ce que tu as…
— Oh ? Si tu le dis…, maugréa Ichigo.
Il ne s’était pas attendu à cet effet secondaire. Mais l’eau chaude lui fit un bien fou et le relaxa. Son corps s’était raidi aussi à force d’avoir été allongé à même le sol.
Ichigo ne sut comment il se retrouva ainsi, mais il se mit à califourchon sur Jûshirô, qui le regardait avec une tendresse et une passion bouleversantes. Il ne posa pas beaucoup de questions et enroula ses bras autour de son cou. Il se blottit contre lui, posa son visage sur son épaule et se laissa bercer par l’eau et par son amant. Ses paupières se fermèrent progressivement. Il se sentait tellement bien…
— Je crois qu’on va sortir de l’eau, ou tu vas t’endormir ici…
— Hum…, fut la seule réponse audible.
Jûshirô rit doucement et se souleva en portant le corps du roux.
— Tu n’es pas raisonnable…
Il attrapa de grandes serviettes et posa son amant sur la terrasse. Ichigo se tenait debout, en équilibre instable, au bord du sommeil. Une grande serviette fut enroulée autour de lui, et il s’y blottit.
Jûshirô s’essuya rapidement, puis fit de même pour Ichigo, qui ne l’aidait pas sur ce coup-là. Il souleva à nouveau le jeune homme, qui s’endormait presque debout, et le posa sur les couvertures du lit. Ukitake sourit en voyant le roux se pelotonner, rabattit les couvertures sur eux, et le rejoignit.
°OoO°
Ichigo se réveilla le lendemain matin tout courbaturé. Il gémit et voulut se redresser, mais il n’y parvint pas. Il fronça les sourcils.
Il sentit une présence bouger, tout à coup, près de lui. Il se tourna vers Jûshirô, qui dormait encore profondément. Le shôji avait été laissé grand ouvert et Ichigo sentait la fraîcheur du matin entrer dans la pièce. Il se rapprocha du grand corps d’Ukitake et se réchauffa contre lui.
Il en profita pour observer les traits détendus de l’homme. Il posa ses mains à plat sur sa poitrine et y appuya sa tête. Il le trouvait fascinant.
Ichigo se souvint de leurs ébats de la veille. Il rougit légèrement. Il n’avait jamais éprouvé un plaisir aussi intense. Cet homme avait le chic pour trouver les endroits sensibles et rendre fou son partenaire.
Il se demanda soudain quel âge il pouvait avoir… Ces cheveux blancs n’aidaient pas beaucoup. Ichigo était tellement plongé dans ses pensées qu’il ne vit pas que son amant l’observait depuis plusieurs minutes, voyant se succéder sur son visage une multitude d’émotions.
— Ichigo… bonjour !
Il sursauta et baissa les yeux vers Ukitake. Il lui adressa un sourire lumineux et se redressa au-dessus de son amant.
— Bonjour, Jûshirô.
Le roux embrassa légèrement l’homme sous lui. Ce dernier glissa une main dans les mèches courtes d’Ichigo et approfondit le baiser. Au bout de quelques instants, ils rompirent le baiser pour reprendre de l’air. Ichigo frissonna.
— Tu as froid ? demanda le plus âgé.
— La porte est restée ouverte et, j’avoue, j’ai du mal à sortir des couvertures !
Ukitake rit doucement et se redressa pour sortir du lit. Il se dirigea vers le shôji, fit glisser le pan de mur, puis se retourna vers le lit. Il vit Ichigo l’admirer.
— Tu es beau…, souffla ce dernier.
Un sourire vint aux lèvres du plus âgé, qui se glissa sous les draps à nouveau et enlaça le plus jeune.
— Je trouve aussi ! fit-il, moqueur.
Ichigo ouvrit de grands yeux et comprit qu’il plaisantait. Il attrapa son oreiller et le lança à Jûshirô, qui éclata de rire. Il repoussa « l’arme », fit basculer son amant et l’emprisonna dans une étreinte passionnée.
Ils entendirent du bruit dans la pièce d’à côté et comprirent que le service apportait le petit déjeuner. Ils se rendirent compte qu’ils mouraient de faim. Ils se levèrent et enfilèrent un kimono d’intérieur.
Ils entrèrent dans la pièce et virent un déjeuner à base de fruits, de thé, de riz, de soupe et d’autres pâtisseries succulentes. Ichigo prit son coussin et l’installa à côté de celui de son amant — plus de distance, ce qui amusa le plus âgé.
— Jûshirô…
— Quelque chose ne va pas ? s’inquiéta Ukitake.
— Je me demandais… quel âge as-tu ?
Cela amena un sourire à ce dernier.
— Tremble, Ichigo… Je vais avoir quarante-deux ans…
Ichigo ouvrit de grands yeux, surpris.
— Tu me donnais quel âge ?
— En fait, je te donnais dans les trente-sept, trente-huit ans…
— Déçu ?
— Non… pourquoi ? Juste un peu surpris.
Jûshirô lui adressa un sourire et Ichigo l’enlaça pour l’embrasser.
— Tu peux me dire pourquoi… je ne peux pas m’empêcher de t’embrasser quand tu es près de moi ?
— Voudrais-tu récupérer ta place de l’autre côté de la table ?
— Jamais…
— Pareil pour moi… Et moi non plus, je ne peux pas m’empêcher de t’embrasser, si ça peut te rassurer.
Jûshirô enroula ses bras autour d’Ichigo et le serra contre lui.
— Je pense que nous n’allons pas beaucoup sortir de la chambre au cours de ce week-end…, souffla le roux.
— Tu serais très déçu ?
Un sourire légèrement pervers s’inscrivit sur le visage de l’orangé, qui fit basculer Jûshirô sous lui et entreprit de découvrir son corps, qu’il n’avait pas pu explorer la veille.
— Ichigo… et le petit déjeuner ?
— Plus tard…
Ce fut au tour d’Ukitake de goûter au plaisir d’être exploré par des mains tout aussi expertes que les siennes. Même si son amant était très passionné, la tendresse et l’amour qu’il mettait dans ses caresses le firent se sentir aimé comme jamais auparavant.
Ces lèvres, ces mains, ce corps… il aimait tout chez lui, et surtout cette personnalité si attachante et passionnée. Quand Ichigo bougea en lui, il ferma les yeux : les émotions qui l’assaillaient étaient trop violentes, inconnues de lui jusqu’ici.
Il sentit l’haleine de son amant sur son visage et rouvrit les yeux… Il vit le même trouble voiler le regard d’Ichigo.
Pouvait-on tomber amoureux si vite, et si passionnément ? Certainement…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)