Comment Shinji Hirako a ruiné ma planification

Ou comment une préquelle est devenue le Tome 1 d’une trilogie.

Lorsque j’ai commencé à écrire You Miss Me en 2008, les choses étaient parfaitement claires dans mon esprit.

Enfin… je le croyais.

À l’origine, l’histoire commençait directement avec ce qui est aujourd’hui le Tome 2 : 8 ans après la guerre.

Mon intention était simple : raconter l’histoire d’Ichigo après plusieurs années de vie commune avec Shinji Hirako, avant que certains événements ne bouleversent son existence et ne le conduisent vers une autre relation.

Oui.

Vous avez bien lu.

À l’origine, You Miss Me devait être une histoire centrée sur Byakuya x Ichigo.

Et Shinji ?

Shinji était censé être une étape du parcours.

Une relation importante, certes, mais temporaire.

J’avais même choisi Shinji pour une raison très simple : à l’époque, peu de lectrices s’intéressaient à lui. Le couple paraissait atypique, presque improbable.

Dans mon esprit d’autrice de 2008, cela signifiait qu’il ne poserait aucun problème.

Quelle erreur.

Très vite, les lectrices ont commencé à poser des questions.

Beaucoup de questions.

— Comment se sont-ils rencontrés ?
— Quand sont-ils tombés amoureux ?
— Que s’est-il passé pendant ces huit années ?
— Pourquoi ne raconte-tu pas leur histoire ?

Pour moi, ces huit années n’étaient qu’un contexte.

Pour les lectrices, elles représentaient une histoire entière.

J’ai résisté.

Un peu.

Puis j’ai fini par céder.

C’est ainsi qu’est née la préquelle racontant la rencontre entre Ichigo et Shinji.

Cette préquelle a grandi.

Encore.

Et encore.

Au point de devenir le véritable Tome 1 de la trilogie : Sous le masque.

Avec le recul, je trouve cette histoire amusante.

Car en préparant récemment le sommaire de You Miss Me, je me suis rendu compte que je faisais encore une erreur vieille de près de vingt ans : je présentais la trilogie à travers le synopsis du premier tome.

Comme si toute l’histoire se résumait à Oxford, aux études d’Ichigo ou à sa rencontre avec Shinji.

Alors qu’en réalité, You Miss Me parle de quelque chose de beaucoup plus vaste.

En discutant avec mes lecteurs et en replongeant dans mes anciens textes, j’ai retrouvé une phrase que j’avais formulée vers 2010 :

« Certains liens traversent tout. »

Je l’avais oubliée.

Pourtant, elle est partout.

Dans You Miss Me.

Dans Losing My Way.

Dans beaucoup de mes histoires.

Les personnages se séparent.

Se perdent.

Se retrouvent.

Traversent des épreuves, des blessures, parfois même la mort.

Mais certains liens refusent simplement de disparaître.

Avec le recul, je crois que c’est cela que j’essaie de raconter depuis toutes ces années.

Et ironiquement, le premier personnage que je pensais pouvoir sacrifier sans conséquence est devenu celui qui a obligé toute une trilogie à exister.

Comme quoi, il ne faut jamais sous-estimer ses personnages.

Ni ses lectrices.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)