Aiko termina les soins sur Ichigo, puis rejoignit le groupe qui l’attendait au salon. Elle assura à Shinji et aux autres vizards présents qu’Ichigo était totalement remis de ses blessures.
— La plaie est complètement cicatrisée. Il peut retourner en Angleterre sans problème et reprendre une vie normale, qu’il agisse comme un humain… ou comme un vizard.
Elle ajouta à l’attention de Shinji :
— La prochaine fois, faites attention… Encore quelques centimètres et je n’aurais rien pu faire. Il a eu une sacrée chance que le zanpakutō n’ait touché aucun organe vital.
Shinji maugréa et pâlit légèrement. Il détestait qu’on lui rappelle sans cesse cet accident. Bon sang… il ne se souvenait même pas de ce qui s’était passé. Comme s’il avait eu envie de tuer la seule personne qu’il aimait.
— Il peut se lever ? demanda Rose.
— Non. Je lui ai appliqué une goutte de shinten pour l’obliger à dormir. Je le trouve trop agité, et il a besoin de repos.
— Normal… marmonna Shinji. Dans trois semaines, il a des partielles. Ça fait quinze jours que les cours ont repris.
— Des cours ?
— Médecine…
— Oh… Il veut aider des humains ? demanda Aiko.
— Mouais, grogna Shinji.
— Ça n’a pas l’air de vous réjouir, Hirako, répondit doucement Aiko. Pourtant, il est plutôt gentil… Je comprends qu’il veuille aider les autres. Après tout, il est encore humain.
— Je le sais…
— En fait, c’est pour ça que vous en êtes tombé amoureux. C’est plus exotique de s’amouracher d’un humain ! se moqua Risa.
— La ferme !
— Je dois y aller… J’ai moi-même une clientèle qui m’attend. S’il y a le moindre problème, ici ou en Angleterre, appelez-moi.
La jeune femme brune quitta l’appartement de Shinji et fut suivie, quelques minutes plus tard, par les autres vizards, désireux de se changer les idées après toutes les péripéties des dernières semaines. Hirako ferma la porte d’entrée à clé derrière eux, puis se dirigea vers la chambre pour s’assurer que son mari était toujours vivant. C’était devenu une véritable angoisse.
°OoO°
Ichigo se réveilla d’un sommeil lourd. D’abord, il fixa le plafond, sans vraiment le voir : il faisait noir. Il sentit ensuite un corps mince contre le sien. Il tourna lentement la tête et devina, plus qu’il ne vit, l’anatomie de Shinji. Puis il se leva sur la pointe des pieds, avec le plus grand soin pour ne pas réveiller son amant.
Il alla directement à la salle de bain et prit une douche. Il se sentait poisseux. Il se lava longuement les cheveux, collés à son crâne ; il détestait cette sensation. Dans le miroir, il observa son ventre : rien de flagrant… juste une cicatrice de plus. Il soupira, se rasa et s’habilla. Il savait qu’il ne se rendormirait pas. Ces dernières semaines, il avait trop profité des draps de Shinji : ses nuits d’insomnie avaient laissé place à un sommeil profond.
Il traversa le couloir jusqu’à la cuisine et jeta un coup d’œil à l’horloge murale : cinq heures du matin. Ou presque. Il prit du café moulu, remplit la cafetière, ajouta de l’eau et appuya machinalement sur le bouton du percolateur. Il alluma la petite télévision, mit une chaîne musicale en fond sonore, trouva des toasts et en fit griller quelques-uns. Il sortit la confiture : Shinji n’aimait pas vraiment le sucré, mais en achetait pour lui.
Ichigo ouvrit le placard pour prendre deux bols quand deux bras lui encerclèrent la taille. Une tête se posa entre ses omoplates.
— … Tu es déjà levé… marmonna Shinji, la voix encore embrumée de sommeil.
— Je n’arrivais plus à dormir.
— Hum… j’ai du sommeil à rattraper ! dit le vizard en bâillant.
— Va te recoucher, alors !
— Nan, soupira le blond.
— Tu vas encore te plaindre que je t’empêche de dormir, ou je ne sais quoi, rétorqua Ichigo.
— Je vais te tenir compagnie, et après je retournerai me coucher… avec toi !
— Non… J’ai des cours à rattraper. Alors tu dormiras seul.
— Même pas un câlin… maugréa le blond.
Ichigo sourit. Il termina de sortir les bols, les posa sur la table, puis se retourna lentement et se retrouva nez à nez avec Shinji — enfin, Shinji à la hauteur de son cou. L’orangé afficha un petit sourire en croisant le regard exaspéré du plus âgé.
— T’as l’intention de battre un record ou quoi ? Tu vas grimper jusqu’où, comme ça ?
— J’ai fini de grandir ! Enfin… je crois.
— Tu te rends compte que normalement, le seme est plus grand que l’uke… et que, dans notre couple, c’est l’inverse ?
Ichigo éclata de rire et s’échappa de ses bras. Il posa les couverts sur la table et versa le café dans les bols. Sans perdre son sourire, il ne put s’empêcher de le taquiner :
— Un seme en pyjama rose…
— Il n’est pas rose !
— Ah ! De quelle couleur, alors ?
— À la base, il était crème… un peu beige. Et Risa a fait sa lessive avec mes affaires, alors il a changé de couleur. Et, franchement, je ne sais même plus dire quelle est sa couleur, là.
— Rose.
— Boucle-la… il n’est pas rose !
Ichigo s’assit et beurra son toast. Son sourire ironique ne présageait rien de bon.
— Tu te fous de moi ?
Ichigo leva de grands yeux innocents et secoua la tête. Malheureusement, le coin de ses lèvres tremblait, trahissant ses pensées. Exaspéré, Shinji s’approcha, le fusilla du regard et voulut le faire taire. Dans le même mouvement, le roux attrapa sa taille souple et le fit basculer sur ses genoux. Shinji se retrouva assis sur Ichigo, qui riait ouvertement.
— Tu es un effronté ! Je me suis inquiété pour toi pendant quinze jours, et voilà comment tu me remercies ?
— Hum… pour rappel, c’est toi qui m’as embroché !
Shinji pâlit encore. Ichigo se mordit la langue : il était évident qu’il ne fallait pas remuer ce souvenir. Ses yeux ambrés croisèrent les yeux noisette, et il y vit la souffrance.
— Je suis désolé, Shinji. Je ne voulais vraiment pas te blesser.
— Crétin ! C’est moi qui…
Ichigo lui ferma la bouche avec la sienne. Il l’embrassa pour le faire taire. Shinji passa ses bras autour de son cou comme à une bouée. Quand le baiser prit fin, ils se regardaient avec tendresse, reprenant leur souffle sans éprouver le besoin de parler.
L’orangé finit par murmurer :
— On déjeune ?
— Hum…
— Après, j’aimerais regarder les horaires pour rentrer en Angleterre. Je sais que tu ne vas pas être content… mais mes partiels approchent. J’ai manqué pas mal de cours, et je n’ai pas envie de rater mes examens.
— J’ai déjà fait les réservations : on prend l’avion cet après-midi. Demain, tu retourneras en cours.
— « Nous » ?
— Tu crois que je vais te laisser rentrer seul ? Bien sûr que je serai là ! J’ai appelé sur ton portable la grue d’Heather pour qu’elle te ramène tes cours ce soir !
— Oh… Tu as réussi à faire ça. Ichigo souriait de toutes ses dents.
— Ne te fiche pas de moi !
— Tu es adorable.
— Là, je sens que tu vas rentrer tout seul… maugréa Shinji.
— Tu m’as avoué tes sentiments, chuchota Ichigo.
Shinji se raidit sur ses genoux.
— Et, à chaque fois, il y a une catastrophe…
— Aucune catastrophe n’est arrivée. Je suis là…
— À quel prix ?
— Notre petit-déjeuner refroidit, Shinji.
— Tu changes de sujet ?
— Non… C’est juste que, si on doit faire nos valises et partir cet après-midi, on va être définitivement en retard si on se dispute.
— Très bien…
Shinji mangea rapidement et débarrassa la table. Il prit son portable et contacta les autres. Ichigo ne fit pas attention à ce qu’il disait. De toute façon, il allait être occupé entre ses bagages et les cours qu’il avait pris. Il sortit fumer une cigarette dehors : il ne voulait pas fumer dans l’appartement de son mari, et il avait besoin de réfléchir à tout ce qui s’était enchaîné. Il salua les voisins de palier, tira sur le cylindre et observa les volutes s’élever paresseusement.
— Tu réfléchis à quoi, encore ?
Ichigo sursauta, surpris, et plongea dans les yeux noisette d’Hirako.
— À tout ce qui nous est arrivé ces derniers temps. Je me demande si notre vie sera toujours comme ça.
— Comment ça ? demanda le blond, curieux.
— Depuis qu’on s’est revus, les événements s’enchaînent. Et notre vie n’est pas simple, il faut bien l’admettre. Je me demandais si ce serait toujours ainsi… sur la brèche.
Shinji fronça légèrement les sourcils et haussa les épaules.
— Pour être honnête, je m’en moque. Le principal, c’est d’être avec toi. Le reste, on le gère au jour le jour.
Ichigo sourit, quitta le muret sur lequel il était assis, attrapa les épaules de son mari et effleura ses lèvres.
— Tu as raison. Je me pose trop de questions.
— Ouais… j’avais déjà remarqué.
Voyant qu’on les regardait, Ichigo voulut le lâcher, mais Shinji lui attrapa la main et le tira vers l’intérieur. Ils croisèrent quelques personnes de la résidence qui les observaient, surprises, mais personne ne leur accorda vraiment d’attention — ou, du moins, chacun essayait de rester discret.
— Tu n’as pas l’intention de te cacher ? demanda Ichigo.
— On est mariés, et on ne fait rien de mal.
Ichigo lui adressa un sourire et porta la main du blond à ses lèvres. Ils réglèrent les formalités, se firent livrer un repas de restauration rapide, l’engloutirent, puis Shinji appela un taxi. Ils quittèrent la résidence et la ville rapidement. À l’aéroport, ils firent leurs papiers et s’installèrent dans l’aérogare en attendant l’avion. Ichigo se plongea dans une revue médicale ; Shinji s’endormit sur son siège. Sa tête finit sur l’épaule de l’orangé, qui se plaça pour l’installer confortablement. Ichigo remarqua les regards réprobateurs de certaines personnes… mais il se dit qu’il n’avait de comptes à rendre à personne.
Quand il fallut embarquer, Ichigo réveilla son compagnon. Shinji s’étira et observa d’un air absent l’immense hall. Ils montèrent à bord, et le blond laissa la place près du hublot au jeune homme. Là, il reprit sa position habituelle de sommeil : il prit la main d’Ichigo et se rendormit. L’hôtesse passa dans l’allée, jeta un coup d’œil au couple, esquissa un sourire… et ne dit rien.
°OoO°
Quand le taxi déposa les deux hommes devant la maison d’Ichigo, celui-ci sourit. Shinji n’avait pas lâché sa main de tout le voyage, pas même dans le taxi. Ils traversèrent le hall et entendirent Colin les saluer chaleureusement.
— Vous êtes de retour… Je commençais sérieusement à m’inquiéter !
— J’ai eu… un petit accident ! dit Ichigo en souriant.
— Oh… Rien de grave ?
— Non, répondit sombrement Shinji.
— Excuse-nous, Colin, mais on est fatigués du voyage, et Heather va passer tout à l’heure. J’aimerais ranger mes affaires avant qu’elle n’arrive.
— Vous êtes au courant… ? demanda Colin à Shinji.
— Évidemment ! Pas la peine de me le rappeler !
— Shinji ! maugréa Ichigo.
— Quoi ?
— Allez… viens.
Ichigo attrapa ses bagages et monta déjà l’escalier, suivi du blond qui boudait derrière. Colin afficha un sourire en coin : ces deux-là formaient un vrai petit couple.
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Pendant qu’Ichigo rangeait leurs affaires, Shinji surfait sur le net. Il finit par trouver son bonheur et sortit sa carte de crédit.
— Qu’est-ce que tu fais ? demanda Ichigo, surpris.
— Je commande !
— Quoi ? répéta Ichigo, de plus en plus étonné.
— Je vois que tu n’as pas eu la présence d’esprit de transformer ton lit une place en deux places. Alors je me suis commandé un lit à ma mesure… et surtout à la tienne.
Les yeux du blond glissèrent sur la silhouette longiligne de son amant.
— J’ai commandé le matelas, les draps, une couette et des oreillers supplémentaires. Bref : si je dois vivre ici pendant toute la durée de ta scolarité, autant être à mon aise !
— Mais… Ichigo referma la porte du placard et se pencha vers Shinji. Je n’ai pas les moyens de…
— Moi, je les ai. Bon, je meurs de faim. Tu as quelque chose ?
— Non… J’ai jeté ce qu’il restait au frigo, et je n’ai rien dans mes placards.
— On va au restaurant ?
— Je n’ai pas envie de sortir…
— Bon, on se commande un truc à grignoter ?
— Je crois que je vais aller au combini du quartier et faire rapidement des courses pour ce soir et demain midi.
— Je t’accompagne !
— Mais…
— Allez ! On sort.
Ichigo se retrouva dehors plus vite que prévu, et les deux hommes marchèrent main dans la main, en cette fin d’après-midi hivernale. Arrivés devant le combini, Shinji lâcha Ichigo, à la surprise de ce dernier.
— Pourquoi ?
— Je croyais que tu ne voulais pas t’afficher ici.
— Mais… on est mariés ! protesta Ichigo, qui s’y habituait pourtant.
— Comme tu veux.
Ichigo reprit sa main, et ils entrèrent ensemble dans la supérette. La caissière fut surprise, mais son sourire devint complice lorsqu’elle croisa le regard d’Ichigo. Bientôt, dans le magasin, plus personne ne fit attention à eux. Il faut dire qu’Ichigo était très apprécié : par les petits vieux qu’il aidait souvent, comme par le personnel du combini, avec qui il entretenait des rapports amicaux.
Ils sortirent avec leur butin et prirent le chemin de l’appartement. Ils croisèrent Heather devant le local de Colin.
— Ah, vous voilà ! s’écria la petite brune.
— ’Lut, Heather ! répondit Ichigo.
— Yo ! rétorqua Shinji, qui poursuivit son chemin.
Heather le regarda monter les marches, puis dit à l’orangé :
— Toujours aussi aimable… siffla-t-elle entre ses dents.
— Tu ne le changeras plus, maintenant, répondit Ichigo avec un sourire moqueur.
— Je vois que tu l’as récupéré. Pas trop dur, au moins, cette tête de mule ?
— Ça a été…
— C’est quoi, l’accident que tu as eu ?
— Disons que je me suis fait embrocher.
— Quoi ?
— La grue, moins fort ! lança Shinji depuis la porte.
Il s’effaça pour laisser entrer les deux étudiants et ferma derrière eux. Il gagna la cuisine, ignorant l’air outré de la petite brune. Ichigo entraîna Heather vers la table basse du salon. Quelques minutes plus tard, elle sortit toutes les copies des cours qu’elle avait faites pour le roux. Ichigo gémit en voyant la somme de travail qui l’attendait. C’était pire qu’il ne l’imaginait. Il se dit qu’il n’arriverait jamais à rattraper son retard.
Shinji, entré dans la pièce, vit l’air angoissé du jeune homme. Il ferait ce qu’il pourrait pour l’aider, et espérait que tous les efforts fournis depuis le début de l’année porteraient leurs fruits. Ça l’ennuyait qu’à cause de lui, Ichigo rate ses partielles. Il signala aux deux jeunes gens qu’il avait fini de préparer le dîner.
— Non, je ne reste pas, répondit Heather. Une prochaine fois. Il faut que je retourne bosser : le programme est tellement chargé que je ne veux pas perdre trop de temps. Mais c’est gentil.
Heather ne vit pas la moue de Shinji, et Ichigo fusilla le blond du regard. L’orangé remercia la petite brune et la raccompagna à la porte. Ils se saluèrent. Quand Ichigo revint dans le salon, Shinji feuilletait déjà les notes.
— Tu es sûr de vouloir devenir médecin, Ichi ?
— Oui… Pourquoi ?
— Franchement, c’est… beaucoup de boulot, apparemment.
Ichigo lui sourit tristement, récupéra toutes les notes, alla les poser sur le bureau de la chambre, puis revint vers Shinji. Il le prit dans ses bras et dit, d’une mine légèrement boudeuse :
— Je crois que les prochains jours vont être une période intense de révisions. Je ne vais pas pouvoir te consacrer beaucoup de temps.
— Je le sais. Mais on se rattrapera à la fin de tes partiels. D’accord ?
— D’accord… et merci.
— Idiot.
Shinji partit vers la cuisine, l’orangé sur ses talons. Ils s’installèrent et dînèrent tranquillement. Plus tard, le blond envoya Ichigo réviser… et les jours suivants se déroulèrent ainsi pendant toute la période de révisions. Ichigo se levait tôt, prenait une douche, s’habillait ; Shinji préparait le petit-déjeuner. Ils discutaient un peu, puis Ichigo partait en cours. Le midi, il mangeait sur le pouce tout en révisant, puis reprenait l’après-midi.
À peine rentré, il attaquait ses devoirs. Shinji s’occupait des repas, des lessives, du ménage, et de l’intendance en général. Ichigo ne se rendait plus compte de rien, totalement absorbé par ses cours. Pourtant, un midi, Heather lui fit remarquer que Shinji avait fait pas mal d’efforts pour lui… et que, de son côté… elle se demandait s’il avait seulement pensé à son mari, ces derniers temps : Shinji ne lui demandait rien. À force de ne penser qu’à lui-même, peut-être finirait-il par se lasser.
Ichigo rougit et se demanda s’il n’avait pas un peu trop abusé de sa présence. Shinji ne lui faisait aucun reproche : il était toujours là, sans qu’Ichigo ait à demander quoi que ce soit. Il ne lui réclamait même pas de faire l’amour, ni rien. Pour l’instant, leurs échanges se limitaient à de chastes baisers. Ichigo fronça les sourcils : ça ne pouvait plus durer. Il prit son téléphone.
— Ichigo ? fit la voix étonnée de Shinji.
— Shinji, ça te dirait qu’on aille manger au restaurant ce soir ?
— Demain, tu as tes partiels !
— J’ai besoin de me reposer… et, je t’avoue, plus rien ne rentre dans ma tête.
— Oh ! Alors tu penses à moi ? fit le blond, moqueur.
— Shinji, je suis désolé… J’étais tellement plongé dans mes révisions que je t’ai oublié.
— C’est aussi parce que je le voulais. C’est en partie ma faute si tu étais si en retard.
Silence.
— Tu veux ou tu ne veux pas ?
— Pas ce soir. Par contre, je suis d’accord pour un autre jour, au choix… après que tu aies passé « tous » tes examens.
— … Je ne réviserai pas ce soir !
— Ça ne me dérange pas que tu révises, si c’est ce qui te fait peur. Je savais très bien ce qui m’attendait en venant ici avec toi. Alors, ce soir, si tu veux réviser, tu peux. Si tu ne veux pas, ce sera ton choix.
— Très bien…
Ichigo s’était éloigné du bâtiment principal pour marcher vers les jardins, d’un pas traînant. Il demanda alors doucement à son mari :
— Ça te dirait qu’on prenne un bain ensemble, tout à l’heure ?
— Oh… une proposition indécente ? ironisa Shinji.
— Tu la prends comme tu veux… Mais j’ai terriblement envie de toi.
— Hum… Ça, c’est indécent… mais terriblement excitant, murmura Shinji d’une voix suggestive.
— Je te laisse te débrouiller pour tout à l’heure. Je rentrerai vers dix-huit heures…
— On aura vraiment toute la soirée à nous ?
— Oui… chuchota Ichigo. À moins… que ça ne t’intéresse pas ?
— On verra ! Reviens déjà, plaisanta Shinji.
Un petit silence s’installa.
— Quelque chose te chagrine ? demanda le blond.
— On dirait que ça ne te motive pas d’avoir notre soirée à nous.
— Tu verras en rentrant à quel point je peux être motivé par ce genre de proposition.
Le blond rit doucement.
— À tout à l’heure. Je dois retourner en cours.
— À tout à l’heure… Et ne fais pas de détour en rentrant ! se moqua gentiment Shinji.
— Non… compte sur moi.
Shinji avait raccroché. Ichigo regarda son téléphone, surpris. Décidément, il ne s’y ferait jamais : Hirako lui raccrochait presque toujours au nez. Soudain, il se demanda s’il avait eu une bonne idée. Il venait d’appeler sur un coup de tête, de faire sa proposition sans réfléchir… Il se frappa le front, les épaules s’affaissèrent.
Pourvu que Shinji ne laisse pas trop son imagination déborder !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)