Ichigo avait commencé à travailler dans une clinique espagnole. Le médecin qui la tenait avait été surpris par sa connaissance de la langue et de la ville. Ichigo lui avoua qu’il venait souvent en Espagne — enfin, à Madrid — pour rejoindre son mari.
Le roux n’avait pas caché son homosexualité, et cela ne sembla pas troubler le médecin, qui avait lu son dossier, où il était indiqué qu’il était marié. Il se demandait, en revanche, quel type d’homme pouvait bien intéresser son stagiaire.
À vrai dire, ce n’était pas qu’il se pose des questions sur la sexualité de son personnel. Il était ouvert d’esprit… mais peu de gens en parlaient aussi directement que le jeune homme. L’avantage, c’était que les trois infirmières qu’il employait et la secrétaire ne lui tournaient plus autour.
Le jeune homme, qui dégageait un certain charisme, avait été assailli les premiers jours. Finalement, Ines, la secrétaire, avait voulu lui donner rendez-vous, mais Ichigo lui avait montré son alliance et lui avait dit clairement qu’il était gay ! Les quatre femmes en étaient restées prostrées.
Ce matin-là, Ichigo n’avait pas envie de se rendre à la clinique. Pourtant, il s’y sentait bien. Hirako avait repoussé son retour de trois jours ; finalement, il arriverait jeudi au lieu du lundi. Sa semaine commençait mal. Il marchait en fronçant les sourcils… quand il entendit distinctement des hurlements qu’il reconnaîtrait entre tous ! Il tourna la tête vers l’origine des cris. Il fronça les sourcils un peu plus. Il vit alors un hollow accompagné d’un… adjuchas ? Que faisait le shinigami de faction ?
Ichigo ne vit pas son patron, qui se dirigeait vers lui. Celui-ci s’était arrêté en entendant les hurlements. Il avait été surpris de voir qu’Ichigo s’était, lui aussi, immobilisé pour écouter et regarder dans la direction des « démons », comme il les appelait. Il le vit soudain prendre une pilule verte et l’avaler rapidement, et, à sa stupéfaction, le corps d’Ichigo se sépara de son âme.
Son âme était vêtue d’un kimono noir, et il portait une épée presque aussi grande que lui. Il vit le corps d’Ichigo se diriger tranquillement vers la clinique, tandis que son âme partait se battre contre le hollow, qu’il abattit très rapidement… En revanche, un combat acharné se déroula sous ses yeux entre le stagiaire et le démon à forme presque humaine.
Ichigo mit plus de temps à le battre, mais il vit que le roux était très fort. Il était sûr qu’il n’utilisait pas toutes ses capacités. Il avait déjà vu ces âmes habillées de noir qu’il appelait, pour lui-même, « la muerte ». Aucune ne se déplaçait aussi vite, ni aussi agilement, qu’Ichigo. Leur combat dura tout de même un bon quart d’heure.
Songeur, il regarda le jeune homme replacer son sabre derrière son dos. Il l’observa atterrir avec grâce sur le trottoir. Ichigo se redressa, et Edouardo croisa le regard du stagiaire, qui fut cloué sur place en se sachant observé.
Il lui adressa un sourire et fit un petit geste d’applaudissement. Puis le médecin décida de regagner sa clinique. Si le jeune voulait lui en parler… il lui en parlerait ! Lui, tout ce qui touchait au monde des esprits, il y était habitué depuis tout petit.
Quant à lui, Ichigo resta figé sur le trottoir. Il n’en revenait pas… Décidément, quand les humains cesseraient-ils de le voir ? Pourtant, il n’était pas resté suffisamment longtemps pour affecter l’homme.
Avait-il des pouvoirs qu’il n’avait pas remarqués ? Il le saurait certainement bientôt. Son patron ne manquerait pas de le bombarder de questions. Que répondre ?
Il verrait bien. Il devenait fataliste, à force. Il quitta les lieux et se dirigea vers la clinique, où il réintégra son corps et récupéra la pilule. Il alla travailler et se retrouva rapidement devant son patron, qui ne lui posa aucune question, à son grand étonnement.
La journée se passa dans l’attente d’éventuelles questions… mais rien. Le soir même, il quitta la clinique sans oser lui parler. Pourquoi devait-il toujours se retrouver dans des situations impossibles ?
Il traversa les vestiaires et le hall de la petite clinique et souhaita une bonne soirée à la secrétaire. Celle-ci consentit à le saluer, malgré le froid qu’avait représenté pour elle la révélation de son homosexualité. Ichigo poussa la grande porte vitrée, sortit une cigarette et l’alluma. Il marcha lentement vers les immeubles plus loin, là où se trouvait l’appartement de Shinji. Son regard fouillait la foule grouillante autour de lui.
Inconsciemment, il recherchait la silhouette du blond. Il cacha ses yeux derrière l’écran de fumée. Sa démarche se fit plus lente, plus nonchalante. Il essaya de se raisonner. Il n’avait plus que trois jours à attendre… sauf que c’était ce qu’il s’était dit trois jours plus tôt ! « Putain de grève ! » s’emporta-t-il intérieurement. Il avait beau regarder autour de lui… il serait encore seul quelques jours.
— Non, il y a moi, mon Roi….
— Ta gueule !
— T’deviens de plus en plus grossier avec moi !
— Dégage, saleté…
— Tu veux pas t’faire un petit combat ?
— …
Ichigo sortit une pilule blanche et l’avala lentement.
— Tu n’pourras bientôt plus me museler comme t’l’fais ! J’reviendrai te bouffer, ma monture !
— La ferme ! Pour l’instant, c’est toi qui en es une !
Ichigo grinça ses réponses entre ses dents. Son regard était fixe, et ses yeux changeaient légèrement de couleur. Il ouvrit la porte et salua ses voisins, qui lui répondirent très chaleureusement. Il monta jusqu’à l’appartement et ouvrit lentement la porte. Il posa ses clés sur la console et interrompit son geste… les clés de Shinji ? Il posa son sac et se dirigea rapidement dans l’appartement pour trouver son mari. Il finit par le découvrir allongé sur le lit, endormi.
Le cœur d’Ichigo battait la chamade, tant il était heureux de le voir. D’autant qu’il ne s’y attendait pas du tout ! Il ne put s’empêcher d’effleurer les longs cheveux fins étalés sur l’oreiller.
Le cœur d’Ichigo se serra… il trouvait son amant de plus en plus beau. Peu importe comment il le regardait, les sentiments qu’il éprouvait pour Shinji ne faisaient qu’augmenter avec le temps. Celui-ci entrouvrit les yeux et tendit la main vers Ichigo.
Ce dernier retira ses chaussures et s’allongea à côté du blond. Il vit de l’amertume dans le regard de Shinji, et un besoin de tendresse non exprimé.
— Je suis revenu en voiture. J’ai conduit toute la nuit, et aujourd’hui, pour te voir… chuchota le blond. Je suis claqué !
— Dors, alors… souffla Ichigo.
Shinji vint se blottir contre le corps plus grand d’Ichigo. Il enfouit son visage dans le creux de son cou ; ses mains s’emmêlèrent dans les pans de sa chemisette.
— Ichi… j’adore ton odeur…
— Je t’adore tout court… murmura Ichigo.
— Tss !
Le blond ferma les yeux et bâilla doucement. Ichigo avait refermé ses bras autour de la forme allongée près de lui.
— Tu m’as manqué… Ichi… chuchota le vizard.
— À moi aussi !
Shinji se rendormit, confortablement installé contre le roux. Il pouvait y avoir une guerre atomique autour de lui, une tonne de hollows, le feu ou le retour d’Aïzen : il s’en moquait… il avait retrouvé sa place, et personne ne pourrait lui enlever son petit paradis. Juste avant de sombrer à nouveau, il sentit les lèvres de son amant parcourir délicatement son front.
°OoO°
Ichigo se réveilla bien avant son mari. Il l’observa dans la lumière de fin de soirée. Il se leva et se dirigea vers la cuisine. Il prépara à souper le cœur léger… quoique, il se demandait si Shinji allait bien. C’était plutôt rare qu’il soit si tendre… il en aurait bientôt le cœur net, de toute façon. Et ce regard qu’il avait eu ? En attendant que le dîner finisse de cuire, Ichigo rangea rapidement les affaires que Shinji avait jetées un peu n’importe où lorsqu’il était rentré. Ichigo songea qu’il devait être particulièrement fatigué pour être si négligent.
Son portable sonna. Il décrocha rapidement.
— Ichigo ?
— Kensei ?
— Ouais… Il est arrivé ? Il ne répond pas sur son portable.
— Oui. Il dort !
— Tant mieux. Quel abruti… Il ne pouvait pas attendre de te rejoindre : il a pris une voiture de location et a fait tout le trajet sans dormir, je suppose, vu qu’il est chez vous…
— Cela ne m’étonnerait même pas.
— Enfin, le principal, c’est qu’il soit arrivé. Nous, on arrivera jeudi, comme prévu.
— Pas de problème.
— Au fait, Aiko sera avec nous. Elle voudrait t’enseigner le kidô curatif. Hatchen t’a enseigné les rudiments… mais, ces derniers temps, elle est trop débordée. Elle voudrait que quelqu’un la seconde pour les soins. Et comme tu soignes les humains, elle s’est dit que tu pourrais aussi soigner les vizards. Tu veux ?
— Bien sûr ! s’écria Ichigo. Par contre, je n’aurai nulle part où les accueillir…
— On se chargera de ça…
— Ok…
— À jeudi !
— ’lut !
Ichigo avait le sourire. Il allait enfin pouvoir faire quelque chose. Il sentit alors une drôle d’odeur.
« Merde, le repas ! »
Ichigo se précipita et sauva son dîner. Il fit la grimace. Pourvu que ce soit bon, quand même. Il ouvrit la fenêtre pour faire disparaître la légère odeur de roussi.
— C’est rare que tu fasses cramer quelque chose, Ichi…
Ichigo se retourna et rencontra les yeux noisette, légèrement moqueurs. Il sourit et traversa l’espace qui le séparait du blond pour le prendre dans ses bras.
— Désolé si, ce soir… ce n’est pas comme d’habitude !
— Tu discutais avec qui ?
— Kensei !
— Oh…
— Il voulait savoir si tu étais toujours vivant… et il m’a parlé d’Aiko.
— Tu as dit quoi ?
— Que c’était d’accord !
— Prévisible… marmonna Shinji.
— Tu n’étais pas pour ?
— Pas pour l’instant… mais bon, tu as pris ta décision. Je n’ai pas à intervenir là-dedans.
Ichigo releva la tête de Shinji, qui avait appuyé son visage sur son épaule. La douleur qu’il vit au fond des yeux de son mari le troubla.
— Que se passe-t-il en ce moment ? demanda doucement Ichigo.
— Ichi… si tu savais… j’en ai assez !
Ichigo ne dit rien et serra simplement le blond dans ses bras. S’il avait envie d’en parler, il lui parlerait. Pas besoin de le forcer… Shinji glissa ses bras autour de la taille d’Ichigo et se laissa aller contre lui. Franchement, à ce moment-là, il fut content que sa moitié soit plus grande que lui. Il soupira et, après quelques minutes, dit platement :
— J’ai faim !
— À table !
Shinji ébouriffa les cheveux orange, et Ichigo regagna les fourneaux. Il servit le repas, et les deux hommes mangèrent en silence. Finalement, Shinji, après avoir fini, posa une main sur la cuisse d’Ichigo et lui dit :
— J’ai envie de faire un tour.
— Comme tu veux…
— Je t’aide à débarrasser, mais je veux qu’on prenne nos formes de shinigami.
— Pourquoi ?
— Pour que je ne me fasse pas remarquer, grogna Shinji.
— On pourrait rester sous nos formes normales.
— Non, j’ai besoin de me défouler !
— Comme tu veux !
Ils finirent de ranger la cuisine et se dirigèrent vers la chambre. Ichigo posa son badge sur le gigai de Shinji, et le blond retrouva sa tenue de capitaine de la 5e division. Ichigo abandonna également son corps sur le lit et rejoignit Shinji à la fenêtre.
Les deux hommes se déplacèrent rapidement. Ichigo s’était mis légèrement en retrait pour suivre les mouvements de son mari. Ils se retrouvèrent vite à l’extérieur de la ville, et Shinji prit la direction d’une plaine isolée et désertique. Arrivé là, il sortit son sabre et attaqua Ichigo, qui para le coup. Bientôt, un combat s’engagea entre les deux hommes.
Le roux voyait la douleur au fond des yeux de son amant. Il savait que ce combat était celui de Shinji contre lui-même et sa souffrance… Il ferait de son mieux pour résister à cette colère, à ce mal qui le rongeait.
Aucun des deux hommes ne se transforma. Au bout de deux heures, Shinji finit par s’effondrer sur le sol aride. Ichigo se posa juste à côté de lui et scruta la forme repliée sur elle-même. Il finit par se pencher, prendre la main de son mari et le tirer vers lui. Shinji se remit sur ses jambes et se laissa aller contre la poitrine d’Ichigo. Celui-ci entendit alors un sanglot discret. Il ne dit rien… il se contenta de caresser les longs cheveux et d’attendre que son mari parle.
Finalement, Shinji murmura, et Ichigo dut tendre l’oreille pour être sûr de comprendre.
— Tous mes amis, Ichi… tous… et je dois les éliminer ! Pourquoi ? Pourquoi personne n’arrive à prendre le dessus ?
— Je ne sais pas… souffla Ichigo.
— Pourquoi moi, j’y suis parvenu ? J’aurais dû mourir aussi…
Ichigo arrêta sa main dans les cheveux fins. L’autre remonta le long de la mâchoire de l’ex-capitaine.
— Ne me dis plus jamais ça !
— Mais…
— Non ! Je suis sûr que d’autres vont y parvenir aussi. Et ce n’est pas dit que tous passeront par cette phase. Alors, calme-toi… Si tu as besoin de pleurer, de crier, de te battre… je suis là. Mais ne me raconte plus que tu devrais être mort, ou je ne sais quoi ! Que me dirais-tu si je t’exprimais une pensée pareille ? Rien que si j’y songeais, tu serais prêt à me faire ravaler mes idées, que tu qualifierais de stupides ! Et tu aurais raison !
Le ton d’Ichigo était devenu cinglant en prononçant ces dernières phrases.
— Ai-je tort ? demanda Ichigo d’une voix mal assurée.
— Non… tu as raison ! Mais cela devient tellement dur !
— Shinji…
La voix d’Ichigo était devenue songeuse.
— Si cela devait m’arriver… ne tremble pas !
— Pardon ?
Shinji s’était reculé et scrutait le visage du roux. Son examen dura plusieurs minutes, dans un silence pesant.
— Tu… tu as ce… genre de problème ?
Shinji avait essayé de cacher son anxiété, mais Ichigo l’avait perçue. Il tenta de le rassurer.
— Non… mentit-il. Mais si un jour cela devait m’arriver… je ne suis pas à l’abri, après tout. Ne tremble pas si ça devait mal tourner !
— Imbécile ! Ne me donne pas de raisons de m’inquiéter s’il n’y en a pas !
Le blond était furieux. Son regard ne pouvait pas se détacher des yeux ambrés, qui paraissaient si calmes. Ichigo tira son mari à lui et se pencha pour l’embrasser.
Shinji voulut se libérer pour poser des questions à l’orangé, mais le trouble que provoquait toujours Ichigo en lui l’empêcha bientôt de vouloir lui résister. Il se promit de le cuisiner plus tard.
Il enroula ses bras autour de son cou, et Ichigo serra la fine silhouette contre lui. L’échange fut long et passionné.
— Tu m’as manqué… souffla Ichigo à Shinji.
— Je le sais… Pourquoi crois-tu que j’ai roulé ?
— Je t’aime…
— … crétin !
Leurs yeux étaient plongés dans ceux de l’autre, comme s’ils essayaient de se noyer dans leurs regards respectifs.
— On rentre !
— Haï Taïcho ! ironisa Ichigo.
— La ferme… gronda Shinji.
— Tu as perdu ton sens de l’humour aussi ?
— Tss… viens, on rentre… J’ch’suis fatigué.
Ichigo prit la main de Shinji, et ils quittèrent la plaine désertique. Ils ne se pressèrent pas pour rentrer. Ichigo en profita pour visiter les plus beaux endroits de Madrid avec Shinji, qui, pour une fois, ne ronchonnait pas. Finalement, ils atterrirent sur la Puerta de Toledo.
— Tu ne penses pas qu’on a fait assez de tourisme, là ?
— Je voulais juste te changer les idées !
— Moi, j’ai d’autres façons de me changer les idées… surtout après presque quatre mois d’absence !
— Oh… de quel genre d’« autres façons » ?
— Du genre à te tenir éveillé jusqu’à ce que tu me demandes grâce.
Le sourire de Shinji se fit pervers.
— Oh… il ne nous reste plus qu’à rentrer, je suppose !
— Pourquoi ne pas se trouver un petit coin tranquille… suggéra Shinji, un sourire corrompu au coin des lèvres.
— Non !
— Pourquoi ?
— Parce qu’à chaque fois… c’est moi qui me retrouve dans des situations qui m’empêchent de m’allonger sur le dos, de m’asseoir, ou qui me causent d’autres désagréments…
— Tu as perdu ton sens de l’aventure ? Serais-tu devenu casanier ?
— Très bien… mais c’est moi le seme, dans ces conditions !
— Quoi ? s’écria Shinji.
— Deviendrais-tu douillet ?
— La ferme…
— Tu vois… tu es d’accord pour faire des trucs pervers dans des endroits impossibles, à « condition » que ce soit moi qui en subisse toujours les conséquences !
— Mauvais joueur !
— Très bien…
Ichigo attrapa Shinji par un bras et l’entraîna à sa suite.
— Oï, Ichigo… pas besoin de t’emporter !
— Je ne m’emporte pas… mais tu vas savoir ce que je subis depuis cinq ans.
— Attends…
Mais Ichigo se déplaça grâce au shunpo et trouva une allée déserte dans les bas-fonds de la ville. Il poussa Shinji dans la ruelle sombre et non éclairée. Celui-ci ne put pas protester, car Ichigo s’était déjà emparé de ses lèvres et commençait à le caresser à travers ses vêtements. Bientôt, ses mains eurent défait son obi, et son hakama tomba à terre.
— Ichi…
Mais Ichigo ne répondit pas. Une de ses mains caressait la verge de Shinji, qui haleta. La bouche d’Ichigo grignotait les zones érogènes du blond, qui protesta faiblement…
— Ce n’est pas ce qui… est prévu… au contrat…
Pas de réponse, si ce n’est que les lèvres d’Ichigo descendaient inexorablement. Shinji frissonna et agrippa les cheveux de l’orangé quand ce dernier engloutit son sexe. Il rejeta la tête en arrière et ferma les yeux.
Il se laissa envahir par les sensations et ne broncha pas quand une main vint se balader entre ses fesses. Il se mordit violemment la lèvre pour ne pas gémir d’une façon désordonnée et impudique. Mais Ichigo le connaissait trop bien, et Shinji s’avoua vaincu, laissant échapper un long gémissement quand il jouit dans la bouche d’Ichigo.
Sa poitrine se soulevait de manière désordonnée. La bouche d’Ichigo reprit possession de celle de Shinji et il plaqua son corps contre celui du blond. Il le souleva facilement et plaça les hanches de son mari à la hauteur des siennes.
— Ichi… tu…
Impossible de parler. Ichigo avait repris sa bouche et ses mains s’affairaient toujours sur lui. Shinji finit par glisser ses jambes autour de la taille de son amant passionné et ses bras autour de ses épaules larges.
Les gémissements et la respiration d’Ichigo l’excitaient terriblement. Bientôt, les siens s’y mêlèrent quand il sentit le sexe dur contre son entrée, et il se figea quand Ichigo le fit descendre sur sa longueur. Shinji avait écarquillé les yeux.
— Tu es prêt ? murmura le roux contre son oreille.
Pour toute réponse, Shinji l’embrassa en prenant son visage entre ses mains. Ichigo bougea et gémit langoureusement à l’oreille du blond. Celui-ci grimaça de douleur. Ichigo l’avait préparé, mais les premiers instants étaient difficiles. Mais, quand la verge d’Ichigo frappa sa prostate, il retint son souffle.
— Encore… souffla Shinji.
Le roux ne se fit pas prier et recommença l’opération de plus en plus vite. Shinji ne se retint plus et se mit à gémir et haleter de manière impudique. Ichigo était lui-même tout à ses sensations et avait posé la tête sur l’épaule de Shinji, ahanant dans son cou. Ils se libérèrent et restèrent accrochés l’un à l’autre pendant quelques minutes.
— Maintenant… tu veux bien me suivre à la maison ? suggéra Ichigo.
— Je crois que ce serait mieux… pour nous deux !
Shinji détacha ses jambes du corps de son mari et se rhabilla rapidement, suivi par Ichigo. Les deux hommes regagnèrent l’appartement, et Ichigo entraîna Shinji sous la douche.
— On remet ça ici ?
— Pourquoi pas ?
— Attends…
— Non !
Et Ichigo entreprit de faire couler l’eau et de laver son amant… qui recommença à se tordre sous les caresses indécentes de l’orangé, lequel avait décidé d’abuser de lui une bonne partie de la nuit !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)