8 ans après la guerre 7

Isshin avait rangé son matériel et se demandait ce qu’il allait faire de sa soirée. Peut-être aller voir Urahara… Cela faisait un moment qu’ils ne s’étaient pas parlé. Ses pensées dérivèrent vers son fils et son cœur se serra à l’idée des épreuves qu’il traversait encore une fois et face auxquelles, de toute façon, il ne pouvait rien. La seule personne dont il avait besoin se trouvait à côté de lui.

Il n’avait pas été très surpris quand Ichigo lui avait dit que son mari était Shinji Hirako, mais, après avoir vu ce qu’il avait vu du couple, il comprenait que c’était la personne la plus qualifiée pour être avec son fils. Le Vizard blond comprenait par quoi Ichigo passait et, surtout… il l’aimait. Pas d’un amour fugace ni de ces amours qui, dès la première épreuve, s’étiolent… Non : un amour sincère, profond et brûlant, de ceux qui vous brûlent l’âme et vous torturent, et qui vous apportent autant de joie que de douleur.

Isshin abandonna ses instruments, se dirigea vers la fenêtre, observa le ciel et songea à sa femme. Elle aurait été heureuse de savoir son fils entre de si bonnes mains, même si ce mariage était peu orthodoxe…

Comme lui, elle se serait réjouie de l’amour qu’Ichigo recevait. Isshin sentit soudain la présence des Soul Evil entrer dans la dimension humaine. Il fronça les sourcils. Il en avait discuté avec Urahara et Ryuuken : ces nouvelles saletés étaient franchement très difficiles à éliminer, même pour un capitaine. Il avait été très surpris, d’ailleurs, quand il s’était rendu compte qu’Ichigo en avait supprimé quelques-uns avec une facilité déconcertante, alors qu’eux mettaient un temps fou à venir à bout d’un seul.

Isshin sentit arriver les shinigamis. Ils étaient venus en nombre, cette fois-ci. Enfin, ils prenaient les choses très au sérieux. Non pas qu’Ukitake ne sache pas depuis longtemps à quoi il avait affaire, mais il n’envoyait toujours qu’une seule division… Or, ce sont plutôt des hauts gradés qu’il fallait envoyer. Mais il comprenait aussi que le Sōtaichō ne pouvait pas laisser le Seireitei sans ses défenses. Isshin ressortit du matériel et se dit que, bientôt, sa clinique serait envahie de shinigamis blessés.

Il ne se trompa pas : quelques minutes plus tard, il vit arriver les premiers hommes tombés. C’était un vrai carnage… Isshin fit de son mieux. Il aurait aimé que son fils soit avec lui, mais il comprenait trop bien sa position.

Et puis, Shinji refuserait qu’il intervienne, et il ne voulait pas causer de discorde dans ce couple qui devait, en plus d’être fusionnel, être aussi très passionnel, connaissant le caractère des deux hommes. La bataille se prolongea jusque très tôt le lendemain matin. Isshin était épuisé, mais il ne le montra pas : certains de ces patients étaient en train de mourir, sans qu’il ne puisse rien y faire.

La porte de la clinique s’ouvrit violemment, et il vit apparaître Yoruichi, suivie par Renji, qui tenait dans ses bras Rukia Kuchiki.

— Isshin, fais quelque chose… lança Yoruichi. Je vais regarder les autres cas…

Isshin se déplaça vers la jeune femme, qui semblait proche des portes de la mort. Il demanda à Renji de la déposer sur un brancard, car tous ces lits étaient occupés. Le médecin jeta un œil sur le capitaine de la 2e division, qui s’occupait des cas les plus légers, et leur demandait ensuite de retourner à la Soul Society pour ne pas encombrer inutilement le passage.

— Vous pouvez faire quelque chose ? demanda Renji, anxieux.

— Laisse-moi l’examiner d’abord, que je voie où elle a été le plus touchée.

Isshin demanda à Renji de sortir pour pouvoir travailler en paix. Peu de temps plus tard, Byakuya Kuchiki les rejoignit et observa l’ancien capitaine s’occuper de sa sœur. Il vit son beau-frère se ronger les sangs, tandis que Yoruichi aidait sur des cas plus légers. Le noble finit par demander aux shinigamis de retourner à la Soul Society pour se faire soigner par la 4e division. Seuls ceux qui avaient besoin d’aide et étaient incapables de se déplacer sur l’instant restèrent à la clinique.

Isshin dut se rendre à l’évidence : épuisé, il ne pouvait plus s’occuper seul de tous les cas. Il sortit son portable.

— Que faites-vous ? demanda Byakuya.

— J’appelle Ichigo pour m’aider…

— Comment pourrait-il vous aider ? Il ne connaît pas le kid…

— Ichigo manipule le kidō curatif aussi bien qu’un membre de la 4e division, déclara Isshin.

— Pourquoi n’est-il pas là, alors ? demanda Renji.

— Parce que je ne sais pas s’il est en état de m’aider.

— Pardon ? fit Yoruichi, qui s’était approchée d’Isshin.

— Ichigo a de gros problèmes et ne peut pas m’aider pour l’instant. Mais là, j’ai besoin de lui. Espérons qu’Hirako le laisse venir.

— Hirako ? Demanda la femme-chat.

— Le mari d’Ichigo !

Tous ouvrirent de grands yeux. Yoruichi, stupéfaite, reprit :

— Le mari d’Ichigo… Attends ! Ne me dis pas que ces deux crétins se sont mis ensemble ?

— Si, fit simplement Isshin.

— ‘tain… Ichigo est gay ! s’exclama Renji. Et il est marié avec un homme…

La voix du shinigami roux était faible et interrogative, comme si l’éventualité dépassait son entendement. Renji rougit violemment.

— Ça, c’est trop pour lui ! ironisa la femme-chat.

— C’est certain, commenta Byakuya, qui, remis de sa surprise, avait repris son air indifférent.

Isshin composa le numéro de son fils. Après quelques sonneries Shinji décrocha.

— Yo !

— Hirako ?

— Qui tu veux que se soit ! demanda stoïque Shinji.

— Ichigo par exemple, ironisa Isshin.

— Qu’est ce que tu lui veux ?

— Tu peux me le passer ?

— Il dort !

— J’ai besoin de lui Hirako… Il y a beaucoup de shinigami qui sont tombés !

— Et alors ? demanda indifférent le blond.

— Certains sont en train de mourir ! Et certains d’entre eux sont les anciens amis de mon fils. Je sais qu’il n’est pas très bien. Mais, s’il pouvait m’aider juste un peu sans se forcer…

— Bon supplie pas Isshin ! C’est pas ton genre… et Ichi va m’en vouloir pour ça. Je vais le réveiller et il va venir. Par contre, si ça va plus je lui ferai arrêter les traitements. Compris ?

— Très bien… Je vous attends !

— Dit aux autres que s’il touche à Ichi, je les bute !

— Rien n’arrivera !

— Je l’espère…

Isshin éteignit son portable.

— Alors ? Demanda Yoruichi.

— Hirako va le réveiller et il va venir… Il travaillera et devra arrêter avant qu’il n’atteigne sa limite.

Un silence s’installa. Certains se demandant si Ichigo allait si mal !

°OoO°

Shinji se dirigea vers la chambre d’un pas lent et se maudit d’avoir cédé à la curiosité en ouvrant le portable. Il s’assit sur le lit et son regard s’adoucit lorsqu’il observa le visage du roux, endormi et pelotonné dans les couvertures. C’était dommage de le réveiller : le jeune homme semblait si paisible.

— Ichi… dit doucement Shinji.

Tout en parlant, il caressa les cheveux en épis, si doux au toucher. Sa main descendit lentement vers la mâchoire d’Ichigo, puis effleura les lèvres entrouvertes du roux.

— Hum… protesta-t-il.

— Ichi… Isshin t’attend, il est débordé. Y va y avoir des morts !

Ichigo ouvrit tout de suite ses yeux. Il se redressa sur le coude et regarda son mari surpris.

— Des morts ?

— Tu te souviens de tout à l’heure… des présences qu’on a senties ? Eh bien, apparemment, les shinigamis se sont pris une raclée. Ton père a besoin de toi. Laisse ton corps ici et utilise ton badge.

Shinji le lui tendit à contre-cœur, c’était évident.

— Pourquoi ?

— Tss ! Si tu savais que ton père m’avait appelé et que je ne t’en avais pas parlé… et surtout si je laissais tes amis mourir tu m’en voudrais à mort ! Et ça, je ne le veux pas non plus.

La voix de Shinji était dépitée.

— Merci Shinji, fit Ichigo.

Il appliqua le badge sur lui et se retrouva sur le lit debout dans son uniforme noir, Zangetsu fermement attaché au dos.

— Je t’accompagne… Je serai plus tranquille. Il y a du monde là-bas.

— Je préfère également, murmura Ichigo.

Il se dirigea vers la fenêtre et fut rejoint par Shinji dehors dans sa tenue de capitaine de la 5ème division.

Les deux hommes se regardèrent et Ichigo se pencha pour embrasser sa moitié toujours inquiète.

— Allons-y ! Lança Ichigo.

Ils arrivèrent en moins d’une seconde devant la clinique. Ichigo ouvrit la porte en premier et se dirigea vers le reiatsu de son père. Il savait qui était là, mais ne laissa rien transparaître sur son visage. Il ouvrit la porte donnant à la salle de soin.

Son regard parcouru la salle, il croisa les yeux de Renji, Byakuya, Yoruichi et d’autres shinigamis qui étaient vraiment bien amoché. Il se dirigea vers Isshin sans rien dire. Il tira Zangetsu et le tendit derrière lui ; il sentit qu’on le prenait. Il savait d’ailleurs très bien qui.

Ichigo poussa gentiment son père et regarda Rukia allongé et entrepris de commencer les soins immédiatement. Son père se recula soulager, il était épuisé… ses propres problèmes de santé jouaient.

Il observa les gestes précis de son fils et reconnu les gestes sur d’un médecin de la 4ème division. Isshin vit le visage de Rukia se détendre et su qu’elle serait sauvée. Il se leva vers les autres capitaines qui eut observait Shinji qui s’était assis sur le bureau, gardant Zangetsu et mangeant une pomme.

— Rukia est sauvée !

— Tu croyais quoi toi ? Ichi est très bon en kido… enfin normal, c’est moi qui lui ai tout appris ! Enfin, sauf pour le kido curatif, ça c’est Aiko !

— Aiko ?

— Une vizard ! Lâcha Shinji évasif.

— Pas étonnant, alors, qu’il ait fait ce qu’il a fait en arrivant ! déclara Yoruichi, pensive.

— Qu’a t’il fait encore ? demanda Shinji en alerte.

— Calme-toi, Hirako… Ichigo t’expliquera lui-même ; pas la peine de vous reprendre la tête maintenant, déclara Isshin, fatigué.

Tous regardèrent le roux qui continuait ses soins patiemment. Bientôt, Hirako vit les regards insistants des shinigamis devant lui. Leurs yeux ne faisaient que des aller-retour entre lui et Ichigo.

— Qu’y a t’il encore ? demanda Shinji.

— Disons que c’est difficile d’imaginer l’ex-capitaine de la 5e division, Hirako Shinji, marié à l’ex-shinigami remplaçant Kurosaki Ichigo, ironisa la femme-chat.

Les deux autres hommes s’étouffèrent plus ou moins discrètement selon la personnalité.

— Je ne vois rien qui soit sujet de discussion. Et que vous n’imaginiez pas m’arrange… Alors, foutez-nous la paix !

Shinji jeta son trognon de pomme et leva les yeux vers les différents protagonistes d’un air souverainement indifférent.

— Ichigo se leva et se dirigea vers un autre shinigami mal en point.

— Eh Ichigo n’abandonne pas Rukia, elle a encore besoin de toi ! Elle est pas réveillé…

Le roux leva les yeux et regarda Renji en fronçant les sourcils.

— Je ne peux pas faire plus. Le reste, c’est la 4e division qui le fera… Il y a d’autres shinigamis qui ont besoin de moi. Maintenant, excusez-moi, mais j’ai à faire !

Ichigo se dirigea vers un autre lit et entreprit de travailler pour soigner le blesser. Il tourna son dos indifférent aux autres personnes présentent. Shinji s’installa de telle façon sur le bureau qu’il pouvait comater tranquillement dans son coin. Isshin, lui s’occupait des cas moins sérieux à son rythme.

Les autres shinigamis se sentaient inutiles et observaient le shinigami orange qui semblait à son affaire. Pourtant, au bout d’une heure, Shinji se leva précipitamment et se plaça dans son dos. Le blond posa une main sur l’épaule d’Ichigo.

— Tu arrêtes maintenant ! C’était un ordre.

— Mais… j’ai..

— Tu arrêtes, j’ai dit !

Ichigo fronça les sourcils et observa Shinji. Les autres avait été très surpris par la rapidité du blond et de son ton catégorique. Que se passait-il ?

— Tu ne t’es pas aperçu de quelque chose.

Le roux ferma les yeux et sentit soudain la présence, toute proche, de Shirosaki. Il en ouvrit les yeux de surprise et ouvrit la bouche pour parler… Mais Shinji lui enfonça une pilule dans la bouche.

— Avale !

Ichigo faillit s’étouffer. Shinji leva les yeux au ciel en marmonnant :

— ‘tain ! même un cacheton peut lui faire la peau à ce gars !

— C’est de ta faute ! gronda Ichigo. T’as pas vu comment tu me l’as enfoncé dans la bouche ! crétin !

— Ben voilà, je te sauve la vie encore une fois et tu me remercies de cette façon ! Tss… aucune reconnaissance ce gamin !

— Bon les enfants, fit Isshin. On se calme et je pense que tu vas aller te reposer Ichigo ?

— Bien évidemment ! rétorqua Shinji qui prit la main d’Ichigo dans la sienne et la tira.

Ichigo se mit debout et récupéra Zangetsu au vol. Il avait lâché la main de Shinji. Il se tourna vers son père.

— Ça va aller ?

— Tu m’as donné un bon coup de main. Pour moi, se sera facile maintenant.

— Ichigo !

Ce dernier se tourna vers Yoruichi.

— Le soutaïcho veut te voir…

— Pas question ! lâcha Hirako qui se plaça devant Ichigo une main sur son zanpakuto.

Bien qu’il fut calme chacun sut que c’était très clairement une menace. Ichigo n’ira nul part sans moi et si le Soutaïcho veut le voir, il peut se déplacer !

— Ne fais pas l’imbécile Hirako ! répliqua Yoruichi. Nous avons besoin d’Ichigo.

Hirako ricana.

— Bien sur… qu’importe les conséquences ? Pour vous, cela n’en aura aucune… mais pour moi, c’est autre chose..

— Shinji, je rentre ! souffla le roux.

— Je te suis…

— Ichigo ! lança Renji.

Le roux se tourna et scruta le visage du tatoué qui lui dit :

— Merci Ichi !

Ichigo lui adressa un sourire et quitta la pièce, Hirako sur les talons.

— Pourquoi n’as-tu rien dit Isshin ! Tapa du pied le capitaine de la 2ème division.

— Que veux-tu que je dise… De toute façon, Ichigo n’écoute qu’Hirako et lui ne veut pas entendre parler de la Soul Society.

— C’est un pantin ou quoi ?

— Non, il l’aime !

Isshin tourna le dos aux shinigamis et rangea ses affaires.

— Maintenant, je vais aller dormir, car je vais travailler avec des humains dans peu de temps. Tous peuvent rentrer. Par contre, laissez Rukia dans le lit où je l’ai placée. Je préfère attendre son réveil.

  • Merci ! Fit Renji.
  • Ne me remercie pas Renji… C’est Ichigo qui a tout fait !
  • Il est devenu très fort ! Fit songeur Byakuya.
  • Ouaih ! lâcha Renji.

Tous pensèrent à l’allier de choix qu’il pouvait être… par contre, il y avait Hirako et se serait compliqué et surtout la « maladie »… De quoi souffrait Ichigo ? Isshin n’était pas très loquace… Ils trouveraient et ramèneraient à nouveau le shinigami remplaçant dans leur rang !


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