Les capitaines de division regardaient désormais, déroutés ou stupéfaits, le capitaine Kuchiki.
— Pourquoi ne nous avez-vous pas donné cette information avant ? demanda Ukitake.
— Je ne pensais pas que ce détail de la vie de Kurosaki et d’Hirako nous concernait réellement. Mais, en voyant maintenant jusqu’où certains sont prêts à aller, je vous signale qu’il va très mal le prendre.
— Tss ! lança Kenpachi… Stupidité ! Il ne viendrait pas pour « ça » !
— Moi, j’en suis plutôt certain… rétorqua Renji. Si vous les voyiez ensemble, vous seriez sûrs qu’Hirako doit être dans une colère noire, et je pense qu’il va bientôt débouler ici…
— Eh bien, eh bien… murmura Kyōraku… Qui aurait pu croire à une telle relation ? Enfin, c’est ça, l’amour… fit-il, songeur. Si Kurosaki-kun est le mari d’Hirako, il vaut mieux, je pense, le lui rendre rapidement, car connaissant le caractère de notre ex-capitaine, le mot « furieux » doit être relativement faible. Pourquoi avez-vous fait cela, Yoruichi, en sachant les liens qui les unissaient ? N’était-il pas plus facile d’en discuter avec eux ?
— Ils refusent de m’écouter ! Ils préféraient faire les pitres. Et la situation est bien trop importante pour les laisser à leurs gamineries…
— N’en ont-ils pas besoin ? rétorqua Kyōraku. Nous ne savons rien de la vie d’un Vizard… Quelquefois, un comportement puéril peut cacher de très profondes blessures…
— Cessez de leur trouver des excuses ! Mais n’y a-t-il personne ici qui ne soit d’accord sur l’urgence de la situa…
Un reiatsu puissant venait d’entrer dans la Soul Society. L’atmosphère était devenue lourde et étouffante. L’énergie spirituelle était emplie de rage et de meurtre. Tous surent à qui appartenait cette aura, et Renji murmura :
— Les ennuis vont commencer…
Ils entendirent un gémissement sur le sol. Ils baissèrent les yeux et virent Ichigo se recroqueviller sur lui-même et trembler. Le capitaine Unohana se pencha vers le jeune homme et vit que ce dernier avait laissé une petite flaque de sang. Elle le tourna et aperçut du sang dans ses cheveux.
— Yoruichi-sama, vous n’avez pas été de main morte avec ce pauvre Kurosaki-kun. Je me demandais pourquoi il restait inconscient depuis tout à l’heure, mais vous avez failli le tuer.
Le capitaine de la 4e division entreprit de soigner l’orangé à même le sol : il y avait urgence, et le reiatsu qu’il ressentait ne devait pas beaucoup l’aider.
— Que quelqu’un aille prévenir Hirako qu’il doit baisser son énergie spirituelle ; elle va tuer Kurosaki si cela continue…
Tous se regardèrent et, finalement, Byakuya partit, suivi par Kyōraku. Ukitake s’était accroupi sur le sol et observait, inquiet, le jeune homme.
— Que se passe-t-il ?
— Kurosaki doit être malade depuis très longtemps. Il est épuisé, et le coup qui lui a été porté n’arrange pas du tout les choses.
— Pouvez-vous l’aider ?
— Il faut que je l’emmène à la 4e division, et rapidement. Quelqu’un pourrait-il porter Kurosaki jusque-là ? demanda doucement Unohana.
— Je vais le faire ! proposa Renji.
Le Shinigami rouge souleva doucement le corps de son ami, qui ressemblait plus à une poupée de chiffon qu’à autre chose. Il lança un regard mauvais à Yoruichi et déclara abruptement :
— Si Hirako vous fait la peau, je ne lèverai même pas le petit doigt !
— Abarai Taichō ! s’exclama Ukitake.
Mais Renji avait déjà disparu un instant plus tard, en shunpo, vers la 4e division.
°OoO°
Kuchiki Byakuya et Kyōraku Shunsui virent apparaître à grande vitesse l’ex-capitaine de la 5e division. Il s’arrêta devant eux, et ils observèrent calmement les yeux noirs et or qui les fixaient, proprement furieux. Une aura noire, sous forme de flammes, se dégageait de son corps.
— Où est-il ?
La voix de Shinji avait pris une légère tonalité spectrale. Le calme apparent ne laissait rien présager de bon aux deux capitaines.
— Nous allons te rendre Ichigo… Ukitake ne voulait pas que cela se passe ainsi ! Il faut que tu…
Mais Hirako, exaspéré, les dépassa et se dirigea directement vers la 1re division, où il ressentait le reiatsu d’Ichigo. Il fit voler les portes et entra d’un pas assuré vers le milieu de la pièce. Ses yeux cherchaient du regard le corps de son mari.
— Nous avons dû amener le corps d’Ichigo-kun à la 4e division, déclara Ukitake.
Les yeux d’or se posèrent froidement sur Ukitake. Il se dirigea vers lui et demanda :
— Pour quelle raison ?
— Il a été blessé, et il semble qu’il soit également très malade. Le capitaine Unohana a jugé urgent de le traiter dans les locaux de sa division.
— Blessé ? répéta Hirako.
— À la tête… S’il te plaît, Hirako, baisse ton reiatsu : il semblait ne pas supporter son intensité tout à l’heure.
Shinji se tourna lentement sur lui-même et observa les capitaines de division qui se trouvaient là. Tous surveillaient le blond sur le qui-vive, mais malgré cela aucun ne vit partir l’attaque d’Hirako sur Yoruichi Shihōin. Elle fut projetée avec violence contre le mur de la division, qui se craquela sous l’impact. Hirako marcha tranquillement vers elle.
Kuchiki Byakuya se mit sur sa route, mais le blond n’avait plus toute sa raison. La colère et son Hollow intérieur brouillaient son raisonnement. Les mots « blessé » et « soins » avaient achevé de le mettre en rage. En voyant le noble devant lui, Hirako l’attaqua de manière instinctive, sans calcul. Le capitaine de la 6e division se tordait de douleur sous le coup reçu, et Shinji passa à côté de lui sans un regard, ses yeux toujours rivés sur le capitaine de la 2e division.
Kyōraku et Kenpachi se dirigèrent vers lui pour l’immobiliser ; pour cela, le capitaine de la 8e division utilisa le kidō. Shinji fut immobilisé. Kenpachi voulut lui porter un coup, mais Ukitake intervint.
— Non ! Laissez-moi lui parler. Sortez !
— Mais… protestèrent les capitaines de division.
— Sortez !
La voix d’Ukitake était exceptionnellement dure. Tous quittèrent les lieux, sauf Kyōraku.
— Si cela ne te dérange pas… je souhaiterais rester.
— Reste en dehors de la conversation, alors…
Jūshirō fit le tour pour se placer devant Hirako. Kyōraku se mit un peu plus loin, mais dans le champ de vision du blond. Ses yeux étaient toujours noirs et or, et son expression ne laissait rien présager de bon.
— Je suis désolé que cela se passe ainsi. Mais s’il te plaît, écoute-moi, Hirako. Ichigo-kun est actuellement sous les soins d’Unohana Taichō. Il faut que tu baisses ton reiatsu, car lorsque tu es arrivé, il n’a pas supporté l’intensité de ton énergie spirituelle. Si tu ne veux pas le blesser davantage, baisse ton reiatsu. Je vais te conduire près de lui ensuite… et vous pourrez retourner dans le monde humain…
— Libère-moi immédiatement !
Les deux hommes s’observèrent quelques instants et, finalement, Ukitake demanda à Kyōraku de briser la barrière. Shinji se redressa, fit baisser son reiatsu et planta ses yeux — redevenus normaux — dans ceux du Sōtaichō.
— Je vais le chercher tout de suite, et on part !
Shinji tourna les talons et allait quitter la pièce quand la voix d’Ukitake lui parvint aux oreilles.
— Ne veux-tu pas savoir au moins pourquoi je voulais vous voir ?
— Cela ne me concerne pas !
— Au contraire, Hirako… reprit Shunsui. Cela te concerne autant que nous…
Hirako tourna la tête lentement vers le capitaine de la 8e division.
— Je ne vois pas en quoi les affaires de la Soul Society concerneraient les Viz…ards !
— La menace qui pèse sur nous va bientôt peser sur le monde humain… Ils ont déjà envahi Hueco Mundo, et nous avons beaucoup de mal à les repousser nous-mêmes ici, au Seireitei. Nous ne pourrons pas assurer la sécurité des humains et, si cela continue à ce rythme, Hueco Mundo, la Soul Society et le monde humain vont disparaître !
Shinji respira lentement et se tourna vers Ukitake pour le regarder enfin.
— Pourquoi n’arrivez-vous pas à supprimer cette menace ?
— Parce que nous ne sommes pas assez nombreux à posséder un reiatsu assez fort pour pouvoir les combattre. Imagine : les plus faibles ont un niveau équivalent à lieutenant. Ichigo ne t’a donc pas parlé de son combat ? Nous souhaitions qu’il nous aide — ou toi, au mieux tous les deux, ou les Viz…ards, pourquoi pas… Parce qu’il a réussi à se débarrasser d’un niveau capitaine relativement facilement, si nous devions le comparer à nous. Nous ne voulons pas que vous deveniez des Shinigami à part entière, mais simplement que vous nous aidiez dans ce combat. N’as-tu pas vu ce qui est arrivé à nos escouades ? Pourtant, c’est bien Ichigo qui a soigné les blessés les plus graves.
— Pour moi, cela ne me concerne pas ! Et je ne laisserai pas Ichigo combattre alors qu’il n’est pas en état de le faire !
— Pourquoi as-tu accepté qu’il nous aide, alors ? demanda Kyōraku.
— Pourquoi ?
Shinji baissa la tête et repoussa une de ses mèches de cheveux. Il leva les yeux vers Shunsui, l’air las.
— Parce qu’Ichigo m’en aurait voulu si son père l’avait supplié, si je ne l’avais pas prévenu pour ses « amis » Shinigami. Je sais… que même si j’occupe une place particulière dans son cœur, il ne peut pas s’empêcher de vouloir sauver le monde. Ichigo s’en voudrait de ne pouvoir aider ses amis ou sa famille… Mais moi, je suis là pour le sauver, lui ! Si je n’étais pas là… qui lui donnerait une limite pour sa propre survie ?
— Tu n’exagères pas, Hirako ? demanda doucement le capitaine de la 8e division.
— Même pas ! répondit sèchement Hirako. Si je ne l’avais pas retrouvé après que vous l’ayez renvoyé chez lui après la guerre d’hiver, il ne vivrait plus à l’heure actuelle. Quand, il y a sept ans, nous nous sommes retrouvés, il avait assassiné des Shinigami et était sur le point de commettre d’autres meurtres. Il devenait un Hollow et perdait la raison… C’est ce qui lui arrive de nouveau aujourd’hui. Mais cette fois-ci, nous ne pouvons plus repousser notre intervention. Nous avons contenu son Hollow autant que nous le pouvions… Une fois que Kensei et les autres arriveront dans deux ou trois jours, nous mettrons en place de quoi permettre à Ichigo de maîtriser à nouveau sa part d’ombre.
— Pourquoi ne l’avez-vous pas fait avant ?
— Si je l’avais su… nous l’aurions fait ! Mais Ichigo a voulu tout gérer tout seul, comme d’habitude, et n’a pas voulu m’inquiéter… Parce que la deuxième fois que nous passons par le cap de la hollowification, nous avons environ une chance sur cent de parvenir à la maîtriser. S’il n’y arrive pas… il mourra !
Un silence pesant s’abattit sur la salle.
— C’est pourquoi je ne voulais pas qu’il vous aide et je ne voulais pas qu’il s’inquiète…
Shinji finit par regarder alternativement les deux Shinigami et demanda :
— Je peux aller le voir, maintenant ?
— Ne peux-tu pas nous aider ? Toi, Shinji Hirako, ex-capitaine de la 5e division.
Shinji éclata d’un rire ironique.
— Je ne suis pas Ichigo Kurosaki ! Je n’ai pas la prétention de sauver le monde, et je n’ai pas sa compassion. Il est humain… moi, pas !
— Pourtant, tu vis avec les humains…
— N’essaie pas de me faire dire ce que je ne veux pas dire. Maintenant, je veux voir Ichigo !
— Nous allons t’y emmener !
Ukitake et Kyōraku encadrèrent Hirako et se dirigèrent vers la 4e division. Ils utilisèrent le shunpo et, arrivés devant la division, ils virent le capitaine Unohana sortir d’une salle de soins.
— Oh… Hirako Taichō !
— Je ne suis plus…
— Pour moi, vous le resterez toujours, répondit doucement le capitaine, calme. Kurosaki dort actuellement, et j’aimerais que vous le laissiez se reposer. Il est littéralement épuisé.
— Sa blessure ?
— Je l’ai soignée, et tout va pour le mieux. Par contre, je pense qu’il serait bon qu’il arrête de se cogner la tête : il va finir par exploser sa boîte crânienne.
Shinji se mordit nerveusement la lèvre en entendant la dernière phrase.
— Je peux aller le voir ?
— Bien sûr ! Mais évitez les montées de reiatsu trop violentes. Son affaiblissement ne lui permet pas de supporter ce genre de choses.
Hirako se dirigea vers la salle de soins qu’Unohana venait de quitter et entra à l’intérieur. Il sentait les regards peser sur lui, mais en fit abstraction. Il ferma la porte derrière lui et se dirigea vers le lit où Ichigo reposait. Son teint pâle et ses traits tirés lui montrèrent la souffrance par laquelle il passait. Il sortit les pilules et posa la boîte sur la table de chevet, à côté du lit.
— Je peux savoir de quoi il s’agit ? demanda le capitaine Unohana derrière lui.
Shinji se tourna et croisa le regard calme du capitaine.
— Ce sont des pilules inhibitrices contre les montées soudaines de reiatsu, notamment celui de notre Hollow.
— Oh… intéressant !
— Elles nous aident jusqu’à un certain point… Après, nous devons utiliser la manière « forte » pour retrouver le contrôle de nous-mêmes.
— De quelle formule s’agit-il ?
Shinji scruta le visage d’Unohana et haussa les épaules.
— À quoi cela va-t-il vous servir de connaître la formule ?
— Qui sait si nous en avions besoin un jour ! Autant être prêts pour les événements les plus inattendus… non ?
— Si vous le dites…
Hirako haussa les épaules et demanda une feuille et un pinceau. Il commença à noter la formule ainsi que les indications nécessaires à l’élaboration de base.
— Par contre, je ne veux pas que la 12e division s’empare de ceci ! Je le fais au cas où, un jour, nous pourrions en avoir besoin. Pas pour que nous servions de cobayes pour Kurotsuchi !
— Très bien, capitaine…
Unohana regarda la feuille où l’écriture soignée de l’ex-capitaine donnait toutes les informations nécessaires à l’élaboration des pilules.
— Je peux rester seul avec Ichigo ?
— Bien sûr ! Si cela n’allait pas… venez m’avertir tout de suite !
Le Vizard ne répondit pas et se tourna, inquiet, vers sa moitié qui dormait toujours profondément. Hirako se pencha vers Ichigo et lui chuchota…
— Tu as réussi, malgré toi, à me faire revenir ici…
Shinji enlaça ses doigts à ceux d’Ichigo, qui reposaient sur son estomac. Le blond posa sa tête sur leurs mains et murmura :
— Si tu savais comme je suis fatigué aussi… Tu crois qu’on reverra l’Espagne ? Même Heather me manque… pour te dire ! Guéris vite, Ichi… et on rentre à la maison, tous les deux !
Le Vizard ferma les yeux et se laissa bercer par la respiration régulière de son mari. Il finit par s’endormir, lui aussi, épuisé par ses nuits de garde et de tension nerveuse. Avant de sombrer, il se jura qu’il ferait payer à Shihōin la blessure qu’elle avait causée à Ichigo et l’angoisse qu’il avait subie après le départ précipité vers la Soul Society.
°OoO°
Shinji se réveilla en entendant du bruit à côté de lui. Il leva la tête et grimaça en sentant quelque chose d’emmêlé à ses cheveux.
— Merde ! Ichi, t’as encore enroulé tes doigts dans mes cheveux. T’es chiant !
— Oh pardon… on vous a réveillé !
Surpris, Hirako leva les yeux et rencontra les yeux bleu foncé de la petite brune qu’Ichigo avait sauvée la dernière fois : Rukia Abarai, s’il avait bonne mémoire, sœur du vénérable Kuchiki Byakuya. À côté d’elle se tenait son mari, qui semblait toujours aussi mal à l’aise.
— Que faites-vous là ? demanda Hirako brusquement.
— Je… je voulais voir Ichigo, répondit la jeune femme.
— Oh… eh bien tu l’as vu ! Dégagez !
Hirako sentit qu’on le tirait en arrière. Surpris, il se tourna pour rencontrer les yeux ambrés de son mari, qui l’observait, les yeux mi-clos.
— T’es réveillé ?
— Avec le bruit que tu fais, j’aurais beaucoup de mal à dormir…
— Bon sang, je veille sur toi et c’est tout ce que t’as à me dire ? demanda, incrédule, Shinji.
— Baka !
Les yeux fatigués d’Ichigo se tournèrent vers Rukia et Renji.
— Pourquoi voulais-tu me voir, Rukia ?
— Pour te remercier ! Renji m’a dit que si j’étais encore en vie, c’était grâce à toi, et je n’ai pas pu le faire depuis que nous sommes rentrés au Seireitei. Le capitaine Unohana m’a dit que tu avais fait un travail remarquable.
Ichigo haussa les épaules, presque indifférent. Il s’inquiétait plus pour Hirako, qui semblait ne pas tenir en place. Il se redressa lentement en se tenant la tête.
— Tu as encore mal ? s’inquiéta le blond. Quelque chose cloche ?
— Non, ça va… Mais il est temps, Shinji… Il est vraiment temps ! J’ai l’impression que je vais devenir un Hollow avant que nous ne puissions faire quoi que ce soit !
— Ne raconte pas n’importe quoi, crétin ! On retourne dans le monde humain et tu te reposeras. Moi, je m’occuperai de tout pendant ton indisponibilité.
— T’occuper de quoi ?
— Tss ! Comme si tu me laissais le choix ! Si je ne m’occupe pas des Soul Evils, tu voudras y aller, parce que ce sera plus fort que toi, et, tête en l’air comme tu peux l’être actuellement, tu vas faire des conneries. Autant que j’y aille et que je règle le problème une fois pour toutes… mais…
— Je n’aiderai pas mon père. Il se trouvera un autre assistant. Nous retournerons en Espagne et en Angleterre dès que possible…
Shinji respira mieux tout à coup. Il se leva, prit le jeune homme dans ses bras et embrassa le haut de son crâne. Il avait oublié qu’il y avait du monde dans la pièce.
— Hum… fit Renji.
— Quoi ? demanda Shinji, à nouveau énervé.
— Incroyable… murmura Rukia. Renji m’avait dit que vous étiez mariés, mais… pour moi, c’était impossible. Depuis combien de temps ?
— Six ans, enfin presque… répondit Ichigo.
— Il ne nous reste plus que deux mois avant notre anniversaire !
— Oui, oui… On le fêtera où ? demanda soudain Ichigo, songeur.
— Moi, j’ai une idée !
Shinji se frotta les mains et haussa un sourcil moqueur.
— Baka… déjà, on va finir le travail ici et on s’organisera notre anniversaire, et ce ne sera pas toi tout seul qui vas décider ! maugréa Ichigo.
— Pourquoi ? demanda Shinji. Tu me laisses toujours décider… Pourquoi changer nos habitudes ? Moi, ça me convient…
— Évidemment… abruti !
— Répète pour voir ! grinça Shinji entre ses dents.
— Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous prendre la tête comme ça à chaque fois ! C’est pas étonnant qu’Ichi soit crevé ! déclara soudain Renji.
— Qu’est-ce que je disais… marmonna Ichigo.
Shinji se tourna vers Renji et le menaça.
— Ne va pas lui fourrer des idées débiles en tête. Et toi, ajouta-t-il en se tournant vers Ichigo, arrête de croire à toutes les débilités qu’il peut sortir.
Ichigo se laissa glisser hors du lit et posa les pieds à terre. Il remit ses waraji et tourna la tête dans tous les sens pour récupérer son zanpakutō.
— Je l’ai !
Ichigo tourna la tête vers le blond et lui adressa un sourire. Il prit son sabre et le replaça dans son dos.
— On rentre… tu peux créer le portail ?
— Bien sûr ! Tu me prends pour qui ?
— Mon sauveur ! ironisa Ichigo.
— Crétin !
Shinji créa le portail, et Renji se précipita derrière Ichigo.
— Tu vas nous aider ?
— Moi, non… lui, oui ! Mais sachez que cela ne durera pas ! Nous repartirons bientôt…
— Mais… les Soul Evils, nous n’y arriverons pas…
— Nous avons nos propres problèmes à régler… Soyez heureux que Shinji ait accepté. Mais je ne lui causerai plus de soucis supplémentaires. Nous ne nous reverrons plus… Je ne reviendrai plus à la Soul Society. Si nous nous revoyons un jour, ce sera dans le monde humain. Sur ce… ce fut un plaisir de t’aider, Rukia.
Ichigo était déjà entré dans le portail, accompagné de Shinji qui les observait avec un regard moqueur. Arrivés à nouveau dans le monde humain, ils se dirigèrent vers leur appartement.
— Tu es sûr ?
— Je n’ai pas eu à te supplier pour que tu te charges, pendant quelque temps, des Soul Evils. Donc tu ne me supplieras pas pour que nous partions !
Ichigo reprit possession de son corps et se tourna vers Hirako, qui entrait dans son gigai. Le roux le prit dans ses bras et serra son mari contre lui.
— Jamais plus… nous ne serons séparés, et je ne veux plus te causer de soucis. Je vais guérir et nous repartirons… et tu pourras revoir Heather ! fit Ichigo, moqueur.
Shinji leva la tête, plissa les yeux, puis lui tapota du poing la poitrine.
— T’as entendu !
— Oui…
— Mais… tu étais censé dormir !
— Oui…
— Tu as fait semblant ?
— Non… c’est juste qu’à ce moment-là, j’ai senti ta présence tellement fort que j’avais l’impression de pouvoir te toucher. Et j’ai senti tes mains…
Ichigo se recula un peu et enlaça ses doigts à ceux d’Hirako.
— Tes doigts avec les miens, et je me suis senti apaisé. Même si tu n’aimes pas que je te le dise, ou que tu trouves que je te le dis trop souvent… Je t’aime, Shinji !
— Baka ! Moi aussi…
— Merci d’être venu me chercher !
— Comme si je pouvais te laisser seul !
Hirako enfouit son visage dans le cou du jeune homme.
— Va te reposer, Ichi. Je vais veiller… Comme je leur ai proposé mon aide, ils ne viendront pas t’embêter ici.
Le portable d’Hirako vibra… surpris, il le sortit et regarda le message.
— Ichi… Ils arrivent demain après-midi ! Nous pourrons nous occuper de ton Hollow jeudi !
L’air de Shinji était sombre. Ichigo passa ses bras autour des épaules de son amant et l’embrassa légèrement.
— Après jeudi, nous aurons tout notre temps pour nous…
— Je l’espère !
— Shinji… Nous pourrons enfin vivre normalement ! Je vais aller me reposer pour être en forme pour jeudi.
— Je prends ton badge ! Ça t’évitera de vouloir sauver la veuve et l’orphelin si je dois m’absenter !
Ichigo haussa les épaules et se dirigea vers la chambre… Il se sentait très fatigué, subitement. Il était heureux, au fond de lui-même, d’en finir avec son Hollow et, en même temps, il tremblait à l’idée que cela échoue… Il ferma son esprit aux pensées sombres et s’allongea sur le lit. Il s’endormit rapidement : après tout, il était chez lui, et Shinji veillait.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)