8 ans après la guerre 16

Ichigo se tenait debout face à Byakuya Kuchiki, écoutant attentivement les remarques de son supérieur.

— Kurosaki, Fukutaichô… Qui vous a permis de partir avec cet arrancar pour vous occuper d’un secteur deux fois plus vaste que prévu ? Dans quel monde change-t-on un plan élaboré avant de partir en mission ? Vous rendez-vous compte que des vies sont en jeu ? Pouvez-vous m’expliquer la montée de reiatsu que vous avez subie ? Je pense qu’il devait y avoir plusieurs Evil Souls — et pas des moindres — en face de vous. Pourquoi votre reiatsu a-t-il explosé au point que tout le Hueco Mundo ait été informé de votre présence, jusque dans ses moindres recoins ?

Ichigo scrutait son Taicho et comprenait sa colère. Il avait agi de manière complètement irréfléchie. Le fait de voir Grimmjow lui avait fait se rappeler une époque pendant la guerre qu’il avait considérée comme « heureuse ». Il avait également dénigré les hommes avec lesquels il travaillait, mais aussi dont il était le supérieur immédiat. Il s’en serait mis une baffe intérieure. Pourtant, sa rencontre avec l’arrancar l’avait « réveillé ». Il voyait bien que, sous son masque d’impassibilité, son Taichô était en colère, qu’il l’avait déçu et qu’il avait brisé sa confiance. Que devait-il faire pour se racheter ?

Ichigo fit alors un dogesa. Il se mit à genoux sur le sol et s’inclina devant le capitaine de la 6ème division.

— Je sais que je suis difficilement pardonnable pour mon irresponsabilité, mais acceptez mes excuses, taichô.

Byakuya Kuchiki en resta sans voix ! Il s’attendait à tout sauf à ce comportement là !

— Relevez-vous, je ne…

Ichigo se releva. Une expression grave s’était peinte sur son visage.

— Permettez-moi ! Ceci est important et il faut que je vous présente mes excuses en bonne et dut forme sinon, comment me croiriez-vous ? Je ne reproduirais plus ce comportement irresponsable. Je ne suis pas digne d’être fukutaichô et vous le savez. Pourtant, vous continuez à me garder à ce poste ! A l’avenir, j’essaierais d’être à la hauteur du poste qui m’a été confié.

— Que vous arrive-t-il ?

— Disons que Grimmjow a eut la bonne idée de me rappeler certaines choses.

Byakuya le fixa quelques secondes et finit par lui dire…

— Vous l’aimez ?

— Ça va pas non ? S’écria Ichigo avant de reprendre plus posément. Euh… pardon ! Absolument pas ! C’est un ami, c’est tout. Même si je dois lui foutre mon pied au cul la prochaine fois que je le vois, cet enfoiré !

— Voulez-vous m’expliquer ce qu’il s’est passé lors de votre mission ?

Ichigo expliqua succinctement l’attente devant la fissure par laquelle les Evils souls entrent dans le Hueco Mundo. Il la plaça rapidement sur la carte qui était encore dépliée sur le bureau du capitaine et lui narra la manière dont ils avaient (lui et Grimmjow) expédié en enfer la dizaine d’Evils souls.

Byakuya était surpris par le changement dans le comportement d’Ichigo. Que lui avait donc dit l’ancien espada ? Il lui avait affirmé qu’il ne l’aimait pas pourtant, mais il avait changé de comportement après l’avoir rencontré. Peut-être avait-il des sentiments pour lui et qu’il ne s’en rendait absolument pas compte ! Il ne voyait que cette explication.

Finalement, Byakuya lui demanda de finir les documents que la 1ère division attendait sur la gestion de la 6ème division. Byakuya s’occupa du rapport concernant  leur incursion dans le Hueco Mundo, mais évita certains détails. Enfin, pour l’instant… Si Kurosaki allait réellement changer de comportement, il était inutile de lui faire porter un fardeau supplémentaire. Byakuya pensa aux hommes de sa division. Maintenant, ils avaient perdu toute confiance en leur fukutaichô.

°0°0°0°0°0°

Ichigo terminait de retranscrire son rapport pour le remettre à Byakuya. Finalement, il s’étira et soudain, il vit apparaître un groupe d’hommes de la 6ème division, complètements affolés. Ichigo haussa un sourcil et les vit se diriger vers le bureau du capitaine. Il se leva et se dirigea vers eux.

— Inutile, il est chez le Soutaichô !

— Mais…

— Ferme là !

— Dites-moi ce qui ne va pas… ou c’est avec moi que vous aurez de gros problème.

— Euh, fit l’homme le plus petit, la 11 division est venue envahir notre division. Ils sont dans la cour… ème

Ichigo était déjà partit. Grâce au shunpo, il se retrouva rapidement dans la cour pour voir quelques hommes de la 11ème division en train de narguer ceux de la 6ème. S’il comprenait bien, c’était parce que le gars le plus fort de tout le Seireitei était le super pote de leur capitaine. Ichigo se plaça derrière eux et toussota.

— Oï Kurosaki Ichigo ! lâcha un téméraire. On est venu vous rendre visite, notre capitaine voudrait refaire un petit combat avec vous. Il s’est entrainé et il est persuadé de vous battre s’coup si !

— D’abord pour toi, c’est Kurosaki fukutaichô et Kenpachi peut aller se faire voir. J’ai autre chose à foutre que de m’occuper de lui ! De plus, si vous venez encore déranger la 6 division, je me charge personnellement de vous raccompagner dans la votre, mais je ne vous garantie pas quel sera votre état de santé… ème

— Mais…

— Vous insistez ?

— Euh… non Fukutaichô !

— Allez les gars, on se casse !

Les hommes de la 11ème division disparurent rapidement. Ichigo retourna tranquillement dans son bureau et vit que ses hommes le regardaient, méfiants. Cela le laissait indifférent… De toute façon, pour regagner leur confiance, qu’il n’avait jamais gagnée en y réfléchissant bien, il allait galérer. Mais bon, de toute manière son objectif était de quitter la Soul Society. « Merde! Byakuya » pensa t’il en croisant son supérieur.

— Peut-on savoir ce que vous faisiez encore une fois avec la 11e division.

— Juste un message à faire passer !

— Alors, allez directement à la 11e division au lieu de faire venir ces hommes dans notre division. ème

— Haï Taichô ! fit Ichigo.

Ils marchaient l’un à côté de l’autre. « Normal, fulminait Ichigo, il va dans la même direction que moi, puisque son bureau est dans la même direction que le mien! Pourquoi a t’il fallu qu’il soit là à ce moment là ??? »

— Kurosaki Fukutaichô ?

— Haï Taichô !

— Avez-vous réfléchit au sujet des entraînements des hommes de la 6e division.

— Vu leur niveau, ce ne sera pas un problème de me battre à main nue contre eux !

— Je vous demande un entraînement avec zanpakuto, Kurosaki… Pas un entraînement contre un arrancar !

— Vous voulez que je vous les envoie à la morgue ?

— Kurosaki ! tonna la voix exaspérée de son Taichô.

— Bon… je vais essayer, marmonna Ichigo, mais ne venez pas vous plaindre après !

— Ce sera un excellent exercice pour vous pour que vous parveniez à vous maîtriser.

— Bien sur, bien sur…

— Kurosaki, c’est un ordre !

— Taichô ! Je peux vous poser une question ?

Byakuya s’arrêta et tourna son visage impassible vers Ichigo.

— Quelle est cette question ?

— Je ne vous comprends pas… Renji était votre Fukutaichô…

— Oui et ?

— Je suis votre nouveau Fukutaichô…

— Et ? demanda impatiemment Byakuya qui croyait être de nouveau avec Renji.

— Pourquoi vous embarrassez-vous de types qui sont plus fait pour l’action que pour la paperasse et qui ont un petit problème pour réfléchir avant d’agir ? Seriez-vous masochiste dans le fond ?

Byakuya tourna un visage stupéfait vers Ichigo. Ce dernier le regardait, une lueur malicieuse au fond de ses prunelles.

— Allez Byakuya… déride toi un peu ! T’es trop coincé ! Ichigo éclata de rire et partit s’enfermer dans son bureau.

Qu’était-il arrivé à Ichigo ? Il observa la porte clause de son fukutaichô quelques minutes, puis se tourna vers son bureau. Un léger sourire était apparu sur ses lèvres. Il préférait le voir comme cela que dépressif. Mais, ce changement brutal… Pourvu qu’il ne fasse pas une rechute!

°OoO°

Ichigo quitta ses quartiers et se dirigea vers ceux de la 10ème division. Il frappa à la porte du bureau où se trouvait son père.

— Entre, fils !

Ichigo ouvrit la porte et vit son père avec Kyoraku et Ukitake.

— Oh, je vous dérange ?

— Non, pas du tout… Je suis surpris de ta visite. Tu m’évites sérieusement depuis que tu es arrivé ici. Je suis très heureux que tu décides enfin à venir me voir !

— Tu veux à boire Ichigo ? proposa Kyoraku.

— Avec plaisir !

Son père sortit de son tiroir une quatrième coupe de saké et Shunsui lui versa une tasse avant de réapprovisionner les autres tasses.

— Tu avais quelque chose à me demander ?

— Non, pas spécialement… En fait, si !

— Ah… et qu’est ce dont !

— Tu retournes dans le monde des humains prochainement ?

— Oui, après-demain…

— Tu peux aller me chercher ça ?

Ichigo sortit un papier sur lequel il avait noté sa marque de cigarettes préférées.

— Tu n’as pas besoin de fumer, fils et c’est mauvais pour la santé !

— Ch’suis mort depuis longtemps, je te signale !

— Tu peux pas t’arrêter ?

— Non… j’en aie besoin ! Alors, tu me les apporteras ? Sinon, je fais le mur et je vais me les chercher !

Kyoraku éclata de rire et lui balança une claque dans le dos !

— Bois un coup, ça ira déjà mieux !

Ichigo attrapa sa coupe et la but cul sec sans broncher !

— Wah ! Tu voudrais me donner des leçons ? fit Shunsui.

— Je vais avoir quelque mal à vous rattraper. Vous avez quelques centaines d’années d’avance, Taichô !

— Insolent ! dit le capitaine de la 8 division en éclatant de rire.

Bientôt, Ichigo et Shunsui s’engagèrent dans un concours que, à la stupéfaction d’Isshin et Jyushiro, Ichigo remporta haut la main !

— C’est parce qu’il se fait vieux !

— Tu vas voir imp…tin…ant !!

— Mais oui, mais oui… Taichô. Je vous raccompagne ?

— Je… sais… seul ! Le capitaine était vraiment saoul.

— Impressionnant, murmura Ichigo. Je vous raccompagne ou Nanao va me tuer !

— Elle… gen… le p’tit’ Nan…o

— Mais oui, mais oui…

Ichigo attrapa le capitaine Kyoraku par les épaules et s’excusa auprès des autres capitaines. Il raccompagna l’homme dans ses quartiers où il fut froidement accueillit par Nanao. Ichigo se sentit pris en faute.

— Euh… On a fait un petit concours !

Le son de sa voix s’éteignit au fur et à mesure que la colère de Nanao augmentait.

— Hum… On l’a pas fait exprès… Euh… Je vous le laisse… Nanao-chan ?

— Kurosaki Ichigo ! Je vais m’occuper de mon Taichô, mais demain nous aurons une explication !

— Euh… si vous le voulez Fukutaichô !

Ichigo réussit à s’éclipser et songea que Nanao était vraiment effrayante ! Il se dirigea vers sa division et se sentit soudain pris de vertiges. « Merde ! Moi aussi j’ai forcé sur la dose… ». Il s’appuya contre le mur.  La terre tanguait soudain dangereusement.

Ouh là ! Il était très mal. Il adossa son dos contre le mur et posa également sa tête contre. Sa vue se brouilla et il avait des envies de vomir brutal. Il sentit plusieurs reiatsus se déplacer vers lui et entendit vaguement des bruits de pas et des voix étouffées. Ichigo voulut se mettre en alerte, mais l’alcool agissait maintenant sur lui et la terre bougeait comme s’il était en pleine mer !

Soudain, il sentit un coup lui être porté à l’estomac. Il se plia en deux sous la force du coup. Un autre lui fut lui fut porté à la nuque et il sombra dans l’inconscience. Ichigo ne vit pas les hommes de la 6ème division s’acharner sur son corps. Une voix froide se fit soudain entendre.

— Messieurs, vous vous présenterez demain matin à mon bureau !

Tous se figèrent. Ils se tournèrent pour voir leur capitaine les regarder froidement. Ses yeux luisaient dans le noir ! Il se tenait droit comme un I et semblait démesurément grand. Ils se reculèrent, prient de frayeur.

— Inutile de vous cacher. J’ai reconnu vos reiatsus. Si vous ne vous présentez pas demain dans mon bureau, attendez-vous à d’autres sanctions.

— Haï Taichô !

— Disparaissez…

Byakuya ne pouvait pas en vouloir à ses hommes, quoiqu’ils n’y aient pas été avec le dos de la cuillère. Il se pencha vers l’homme étendu et l’ausculta rapidement. Il le prit dans ses bras et décida de l’amener au manoir Kuchiki. Il n’était plus à ça prêt. Il s’y rendit rapidement grâce au Shunpo et ordonna de préparer une chambre pour le blesser. Les domestiques se précipitèrent et préparèrent de quoi le soigner.

°OoO°

Byakuya avait déshabillé le jeune homme jusqu’à la taille. Il épongea le sang coulant de ses différentes blessures. Rien de grave, surtout quand on songeait au parcours de l’orangé. Le noble se demandait même si cela allait l’affecter. Il admira le corps musclé de son fukutaichô. Il voyait les nombreuses cicatrices causées par tous ses combats. Il devait y en avoir une qu’il lui avait faite… il y a tant d’années de cela maintenant ! Il en caressa une et soudain sa main fut agrippée par une main bronzée.

Il tourna la tête vers Ichigo mais ce dernier dormait. Il avait les sourcils froncés. Il l’entendit murmurer :

— Shinji… j’ai trop bu ! Pas ce soir !

— Dors ! fit Byakuya.

Il ne savait pas quoi dire.

— Besoin d’un bisou !

Et Ichigo attira brutalement le noble à lui. Byakuya se sentit serré dans l’étau de deux bras puissants. Il regardait presque avec horreur Ichigo s’approcher de lui. Il sentait une vague odeur de saké de qualité émaner de lui. « Certainement de la cave de Kyoraku ! » songea le brun. Il avait pensé qu’un jour il embrasserait peut-être Ichigo… mais pas comme ça !

Byakuya voulut le repousser mais des lèvres douces attrapèrent les siennes avant qu’il ne puisse se dégager.

Le noble fut saisi. Ichigo mordilla sa lèvre inférieure pour ensuite reprendre tendrement sa bouche. Sa langue passa rapidement l’ouverture et s’insinua à l’intérieur.

Le cœur de Byakuya accéléra. Ses mains s’étaient crispées sur les muscles chauds de la poitrine d’Ichigo. Il sentit que la prise de son vis à vis se raffermissait et le rapprochait de lui. Son corps était presque moulé à celui de son fukutaichô. Il haletait car Ichigo jouait avec sa langue, la prenant et la repoussant tour à tour avec douceur. Puis, finalement, il sentit la prise se défaire. Ichigo le repoussa, les yeux toujours fermés et les sourcils froncés. Byakuya entendit vaguement un :

— Tout pour ce soir… Demain ! Bonne nuit…

Byakuya se recula tout en tentant de reprendre son souffle. Il observa l’homme qui semblait maintenant dormir profondément.

— Bonne nuit… Ichigo !

Le noble quitta la chambre. Ichigo, quant à lui, ouvrit ses yeux. Il remonta la couverture sur son corps et murmura…

— Merci, Byakuya !

Ichigo s’endormit profondément. Le brun, lui, eut beaucoup de mal à s’endormir cette nuit-là. Ses pensées étaient tournées vers l’orangé. Était-il comme cela avec Shinji Hirako ? Était-il si doux avec lui ? Il en trembla à l’idée… Il gémit contre son oreiller, il le voulait maintenant !

°OoO°

Ichigo se réveilla le lendemain matin avec un mal de crâne incroyable. Il avait trop bu ! Il se redressa lentement et observa la pièce où il se trouvait. Inconnu… Puis, il se souvint…

Byakuya Kuchiki ! Mais qu’est-ce qu’il lui avait prit de l’embrasser ? Ah oui !!! Une façon de le remercier pour son aide. Quoique l’échange avait été plutôt agréable ! Voir même troublant !

Rien à voir avec le baiser qu’il avait échangé avec Grimmjow ou même Shinji… juste différent. Au fait… Il pencha son visage et constata, désolé, les nouvelles blessures qui ornaient son corps.

Bah ! C’était pas comme s’il n’avait pas l’habitude après tout. Il se redressa avec précaution. C’était surtout son mal de crâne qui le perturbait.

Il traversa la pièce et fit glisser un shoji. Hum… une salle de bain et quelle salle de bain ! Cela faisait longtemps qu’Ichigo n’avait pas prit de bain. Il ne savait pas de combien de temps dont il disposait, mais il fit couler l’eau pour profiter du confort qu’offrait la maison.

Il se déshabilla et garda seulement son sous-vêtement. Il trouva un nécessaire pour se raser et se brosser les dents. Il plongea ensuite dans l’eau chaude bienfaisante. Il se laissa couler quelques minutes pour en ressortir et finalement se laver.

Il se séchait quand il entendit la voix de Byakuya résonner dans la chambre. Ichigo enroula une serviette autour de sa taille et ouvrit la porte, les sourcils légèrement froncés.

— Tu me cherchais Byakuya ?

— Kurosa…

Sa voix s’éteignit. Le noble était surpris de voir le jeune homme se balader quasiment nu. Seule une serviette ceignait sa taille.

— Oui ? fit Ichigo d’une voix amusée.

Il s’était appuyé contre le chambranle et observait le noble avec attention. Il voyait bien le trouble qu’il provoquait chez son vis à vis même si, par la même occasion, Ichigo lui tira son chapeau intérieurement. Byakuya faisait toujours preuve d’un self-contrôle incroyable. Shinji lui, lui aurait déjà sauté dessus !

— Oh, je vois que vous êtes de nouveau rétabli ! Je voulais vous dispenser de vous rendre à la division ce matin.

— Pourquoi ? Je suis en forme, quoique j’ai un léger mal de crâne. La prochaine fois, marmonna Ichigo, j’éviterais de faire des paris stupides dans ce genre…

— Quel pari ?

— Euh… Le capitaine de la 8e division soutenait qu’il arriverait à me mettre ko avant la fin de la soirée ! ème

— Bien, bien… donc après le capitaine de la 11e division pour les combats, le capitaine de la 8 pour l’alcool ? A quel capitaine vous attaquerez vous la prochaine fois ? Et dans quel domaine ? ème ème

Ichigo eut un fin sourire… Ses yeux s’allumèrent tout à coup.

— Il vaudrait mieux pour vous Taichô que vous ne le sachiez pas ! Excusez-moi, dit Ichigo en se reprenant, je vais m’habiller et rejoindre mon bureau.

Ichigo laissa son capitaine planté dans la chambre.

Il s’habilla rapidement dans la salle de bain et quitta la pièce que Byakuya avait quittée précédemment. Ichigo soupira légèrement en traversant la maison du noble. Il vit quelques domestiques qui s’inclinaient sur son passage. Ichigo était surprit, mais ne releva  pas l’étrange comportement.

°OoO°

Byakuya était dans son bureau et observait les six hommes qui se tenaient devant lui. Il était assez calme extérieurement mais il commençait à s’impatienter !

— Donc, maintenant et pour la dernière fois, puis-je connaître la raison de votre acharnement sur Kurosaki Fukutaichô ?

— Euh… Taichô… on ne l’a pas…

— On chahutait… risqua un téméraire.

— Chahuter ? reprit Kuchiki froidement.

— … c’est que…

La voix s’éteignit en rencontrant les yeux de glaces du Noble.

— Savez-vous ce que vous avez fait et surtout à qui vous l’avez fait ? Si ce n’avait pas été lui mais un autre shinigami, il serait mort à l’heure actuelle.

— On s’en fout ! s’écria l’un deux. C’est une pédale et en plus un vizard ! Même s’il est « le » héros du Goteï 13 et qu’il a vaincu Aïzen… C’est de l’histoire ancienne ! Je ne me laisserais pas commander par une tapet…

La voix du soldat s’éteignit tout à coup.

L’énergie spirituelle de Byakuya Kuchiki venait de monter tout d’un coup ! La porte de son bureau s’ouvrit brutalement et le noble entendit la voix tonitruante d’Ichigo…

— Oï Byakuya ! On peut savoir ce qui t’arrive… Ton reiatsu se fait sentir même en dehors du Goteï ! Oh, bonjour messieurs…

Ces derniers s’étaient effondrés sur le sol sous le poids de la pression spirituelle de leur capitaine. Un sourire amusé vint fleurir sur les lèvres d’Ichigo qui finit par dire à  Byakuya :

— Taichô, laissez-les, vous allez finir par les tuer !

— Kurosaki Fukutaichô… vous semblez vous porter comme un « charme » aujourd’hui !

— Pourquoi en serait-il autrement ?

Ichigo avait posé un regard moqueur sur les shinigamis qui s’étaient redressés parce ce que leur taichô avait cessé de concentrer son reiatsu sur eux !

— Je veux que vous présentiez vos excuses à Kurosaki Ichigo !

— Laisse Byakuya… De toute façon, elles ne seront pas sincères. J’ai autre chose pour toi ! Tenez…

Ichigo posa la pile de document qu’il tenait dans son bras gauche.

— Si vous voulez bien signer ceci. C’est le rapport que vous m’aviez demandé hier !

Puis Ichigo se retourna vers les shinigamis collés les uns aux autres.

— Bien sur, je vous attends cet après-midi sur le terrain d’entraînement. Je me demande ce qu’une « pédale » comme moi peut faire face à vous !

Sur ces mots, Ichigo tourna les talons et retourna à son bureau. Byakuya afficha un léger sourire qu’il réprima aussitôt puis il observa les hommes face à lui.

— Vous pouvez disposer ! Je dois dire que je me demande bien comment vous allez vous débrouiller face à notre fukutaichô. Je viendrais voir cela de moi-même ! Après tout, vous pourriez vous montrer aussi « brillant » qu’hier soir quand il était saoul !

Les hommes disparurent du bureau de leur chef sans répliquer. Ils étaient effondrés. Comment allaient-ils survivre ?

°OoO°

Ichigo était assit à son bureau, plongé dans une série de chiffre quand il sentit le reiatsu de Renji. Ce dernier déboula dans son bureau.

— Alors ? fit Renji.

Ichigo était toujours concentré sur ses chiffres.

— Alors quoi ?

— Tu es revenu de ta dépression ?

— …

— J’te parle !

— J’bosse !

— ‘tain ! T’es toujours aussi chiant ! Tu peux pas me répondre correctement ?

— Haï Taichô !

— Te fout pas de ma gueule !

— T’es lourd, dégage !

— Me parle pas comme ça, je suis Taichô donc, tu me dois le respect !

— Mon cul ! marmonna Ichigo.

— Qu’est-ce que t’as dit ?

Renji avait empoigné le shikakushou d’Ichigo et le força à le regarder. L’orangé n’avait toujours pas quitté ses papiers des yeux ! Le fukutaichô reporta alors toute son attention sur le shinigami rouge. Ses yeux luisaient de colère !

— Regarde ce que t’as fait !

— Quoi ? hurla Renji.

— Mes papiers… J’ai mis trois heures à les classer et regarde le merdier que tu m’as semé !

Les papiers volaient un peu partout dans le bureau comme des feuilles d’automne. Ichigo avait saisit la veste de Renji et l’envoya voler au travers du bureau. Le capitaine de la 3ème division se précipita vers l’orangé qui l’esquiva et alla s’aplatir contre le mur !

— Il engage n’importe qui ici pour être Taichô !

— Ta gueule morveux ! J’vais te faire la peau…

Ils étaient déjà en train de se battre dans une belle cacophonie. Bientôt, ils atterrirent dans la cour de la 6ème division. Tous les shinigamis présent se précipitèrent pour voir le combat des deux hommes.

Les paris commencèrent à circuler et des exclamations parcouraient la foule de plus en plus nombreuse. Le capitaine Kuchiki sortit de son bureau pour voir « qui » mettait une telle pagaille bien qu’il le savait parfaitement, mais il voulait voir cela de lui-même.

Il resta bouche bée devant le spectacle. Son ancien fukutaichô et le nouveau étaient en train de se battre comme deux gamins dans la cour de l’école ! Ses hommes étaient là à prendre des paris et…

Soudain une voix féminine éclata :

— Renji ! Ichigo !

Les deux hommes s’arrêtèrent immédiatement.

Le combat s’était suspendu. Ichigo était assit sur Renji et l’un de ses poings était appuyé sur le visage du taichô. Renji, lui, avait une jambe dans les airs et l’un de ses pieds était écrasé sur le visage du vizard !

— On peut savoir ce que vous faites tous deux ? C’est quoi ce spectacle de sot ?

Les deux hommes se séparèrent à contre-cœur. Ils se redressèrent tous les deux et s’époussetèrent pendant que Rukia leur passait un savon.

Tous les hommes de la 6e division en restèrent interdits. Byakuya faisait son maximum pour que son expression demeure neutre.

Deux grands gaillards qui avaient combattu tant de hollow, Aïzen et sa clique se comportaient comme deux gamins prient en faute devant une femme minuscule comme Rukia!

— Rukia… On s’amusait! supplia Renji.

— S’amuser ? Tu vas faire la lessive !! On verra si c’est si « amusant » que cela !

— Euh Rukia… chutttt ! souffla Renji.

Ichigo éclata de rire. Il n’avait pas rit comme cela depuis longtemps. Les larmes lui montèrent aux yeux mais il les réprima vite. Il n’avait pas envie de montrer ses faiblesses. Il avait décidé de réagir, de reprendre sa vie… Plus de nostalgie… Plus… Ses yeux se voilèrent soudainement.

Tous remarquèrent le changement dans le comportement du fukutaichô. C’est à ce moment là qu’Isshin apparut.

— Oï ! C’est le grand rassemblement ici ? Salut fils ! fit Isshin…

— Qu’est ce que tu fous là, marmonna Ichigo.

Isshin lui lança un paquet rectangulaire.

— Tiens ! Tu m’avais demandé ça hier !

Ichigo observa le paquet de cigarette et regarda son père, surprit.

— Ce n’était pas demain ta sortie ?

— Disons, que j’y suis allé rapidement tout à l’heure ! N’abuse pas de ma gentillesse ! claironna le capitaine de la 10 division. ème

— Comme si ! marmonna Ichigo.

Ichigo prit le paquet et le plaça à l’intérieur de son kimono. Il traversa la cour et se dirigea vers son bureau. Il salua Renji et Rukia au passage.

Il croisa les yeux de Byakuya qui le scrutait même si ses yeux ne reflétaient pas grand chose. Il entra à nouveau dans son bureau et ramassa tous les papiers qui y étaient éparpillés. Il le faisait de manière automatique.

Malheureusement pour Ichigo, toutes ses pensées se tournaient vers le fou rire qu’il avait eu plus tôt. La dernière fois qu’il avait rit comme cela… Ses yeux se brouillèrent encore une fois. Il posa un genou à terre et se redressa à demi. Ses yeux fixèrent le mur sans le voir. Une mélancolie qu’il connaissait bien et qu’il pensait pouvoir ranger au placard l’étreignait à nouveau.

Byakuya avait suivi son fukutaichô après avoir salué sa sœur et son beau-frère. Il se trouvait maintenant devant la porte entrouverte d’Ichigo. Il le vit à genoux les yeux plongés dans le vide.

Une expression d’extrême lassitude s’affichait sur ses traits. Il fermait les yeux et Byakuya entra à l’intérieur de la pièce. Il ferma la porte derrière lui, silencieusement. Il se plaça devant son fukutaichô et s’accroupit devant lui. Son visage était à la hauteur du sien.

Il se pencha et embrassa Ichigo qui fut surprit. Il le regardait faire, les yeux arrondis par la surprise. Il voulut se dégager mais Byakuya le tenait captif !

Le noble avait réussi à passer la barrière de ses lèvres et commença à titiller la langue du vizard qui voulut se dérober.

— Oh non Kurosaki! Vous allez arrêter de fuir et de vous morfondre… murmura t’il contre ses lèvres.

Ichigo voulut protester mais Byakuya avait reprit ses lèvres. Son baiser était conquérant, ne lui laissant aucun répit. Ichigo finit par répondre à ses caresses.

Il se redressa et attrapa son capitaine pour le serrer plus étroitement contre lui. Il aimait l’odeur de l’homme, il l’enivrait. Il avait tellement besoin… Il s’arrêta brutalement et ouvrit les yeux. Son regard croisa les yeux anthracite de son taichô. Il était assez évident qu’il était aussi troublé que lui.

Ce dernier semblait également reprendre son souffle et le tenait par les pans de son kimono. Il se rendit compte que lui-même tenait son taichô par la taille et que son corps était blotti contre le sien.

— Excusez-moi Taichô !

— Ce n’est plus Byakuya ?

— Non… Taichô… s’il vous plaît… Arrêtez !

— Non ! Je ne vous laisserai plus vous morfondre sur votre sort ! Vous allez porter le deuil encore combien d’années ? Combien d’années allez-vous porter ce fardeau sur vos épaules ! Hirako a choisi sa mort que vous le vouliez ou pas ! Et faire ce que vous faites n’y changera rien.

— Taichô… sortez !

— Pourq…

Byakuya croisa le regard noir et or de son fukutaichô. Il se recula et fronça les sourcils.

— Ne comptez plus non plus vous réfugiez derrière votre hollow pour vous sortir des situations que vous cherchez à fuir ! J’irai vous chercher jusqu’en enfer s’il le faut ! Sachez aussi que je vous aime depuis fort longtemps et je pense que vous le savez ! Je ne m’en cacherai plus… Arrêtez de vous complaire dans votre « nostalgie ». Je suis là et je vous le répéterais jusqu’à ce que vous compreniez dusait-je y passer le reste de ma vie ! Je vous laisse méditer sur notre conversation.

Byakuya quitta la pièce et y laissa un Ichigo stupéfait. Le vizard ouvrit la fenêtre et alla se réfugier sur le toit de son bureau.

Il sortit son paquet de cigarettes et s’en alluma une nerveusement.  « Byakuya est-il devenu fou ? C’était quoi ce discours ? » Ichigo posa son front sur ses jambes repliés devant lui ! Il ne voulait pas s’engager dans une nouvelle relation. Il ne voulait plus souffrir ! C’était tout ce qu’il demandait…


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)