Rouge comme le rubis : 1

rouge comme le rubis

Dimanche 1 février 2009

Avant propos :

Les relations familiales sont modifiées donc ne soyez pas surpris !


Ichigo gara sa voiture sur la partie du parking réservé au personnel. Il fronça les sourcils en sortant du véhicule. Le restaurant était un établissement splendide sur deux étages : une ancienne maison de style européen, toute en briques. On y accédait par un chemin gravillonné et un parking agréablement arboré ceignaient l’établissement.

Le roux poussa la porte en bois vitrée du restaurant et salua la réceptionniste qui s’affairait déjà à répondre au téléphone.

— Salut Inoue !

Cette dernière lui renvoya simplement son salut de la main. Le roux continua son chemin et se dirigea vers les cuisines. Il traversa le rez-de-chaussée bien éclairé par des lustres anciens. Ses pas résonnaient sur le sol en marbre crème et il poussa la double porte battante pour entrer en cuisine. La pièce était vaste et Ichigo se dirigea directement vers le chef.

— Yo Byakuya ! Tu nous fais quoi de spécial ce soir ?

Le chef se retourna froidement vers le sommelier et le foudroya du regard.

— Kurosaki… Je t’ai déjà dit que pour toi, c’était Kuchiki !

— Ahhh ! Tu ne vas pas recommencer ! On passe notre vie ensemble…

— Dans tes rêves ! Tiens, voici ce que j’ai prévu pour ce soir en dehors de la carte.

Ichigo attrapa la feuille où s’étalait l’écriture très soignée du chef. C’en était presque calligraphié et le roux admira le papier.

— Bon, je descends en cave pour vérifier ce que j’ai sous la main. Je repasserai te voir pour te donner ma sélection. Au fait… Tu sais si ma commande est arrivée ? J’ch’suis passé dans la matinée et j’ai rien vu !

— Moi non, mais c’est Renji qui s’est occupé de l’économat ce matin !

Ichigo se tourna vers le second qui s’occupait de briefer un nouveau cuisinier.

— Eh Renji !

Le second se tourna et le regarda, l’air sévère.

— Ichigo, j’ch’suis pas ton chien !

— Vous avez bouffé quoi ce midi ? Byakuya me dit que c’est toi qui a reçu les commandes ce matin. Tu sais si mon fournisseur est passé ? J’ai rien vu ce quand je suis passé plus tôt !

Renji plissa les yeux et répondit en haussant les épaules.

— Nan, j’ai rien vu pour toi ! C’était urgent ?

— Mince… Je vais voir !

— Au fait, tout à l’heure Ukitake veut tous nous voir avant de commencer !

— Pourquoi ?

— Aucune idée !

Ichigo quitta la cuisine et se dirigea vers les vestiaires. Il se déshabilla et mit l’uniforme de l’établissement. C’était un smoking noir, chemise blanche, foulard noir entré dans cette dernière, son insigne de sommelier accroché à sa veste.

Il en profita pour se recoiffer rapidement et se rendit compte qu’il avait oublié de placer l’épingle sur son foulard. Il la mit et vérifia une dernière fois sa tenue, puis plaça son couteau de sommelier dans sa poche et différents accessoires nécessaires pour la soirée dans son costume.

Il se dirigea vers la table qui lui était réservée derrière la salle. Il y trouva son calepin et le classeur de ses différents fournisseurs. Il soupira et se dirigea vers l’accueil. Ichigo s’installa derrière Inoue qui répondait toujours au téléphone.

— Tu pourras me faire ce numéro et me l’envoyer sur ma ligne Inoue ?

La jeune femme fit un signe avec sa main d’assentiment. Le roux leva la tête et croisa le regard bienveillant d’Ukitake.

— Ichigo-kun… Je suis heureux de vous voir. Je vous ai manqué ce matin !

— Bienvenue Ukitake-san. J’ai su que vous vouliez nous voir ?

— Oui… J’aimerai vous parler à tous dans une demi-heure environ !

— J’ai le temps de passer un coup de fil ?

— Bien sûr, bien sûr… Bon, je vais à mon bureau, si on me cherche !

— Ukitake-san, vous partez sans vos messages ! S’exclama Inoue.

La jeune femme tendit une dizaine de papiers manuscrits que l’homme aux cheveux blancs prit avec lui. Il eut une quinte de toux et s’excusa. Ichigo plissa les yeux et trouva l’homme plus pâle qu’à son habitude. Inoue l’interpella pour lui signaler qu’elle composait son numéro. Le roux la remercia et décrocha quand son téléphone sonna.

— La Cave de Bacchus bonjour !

— Bonjour, Ichigo Kurosaki du « Relais Français »…

— Oh bonjour Monsieur Kurosaki. Nous avons oublié de vous téléphoner pour vous avertir d’un retard. Vous n’aurez votre commande que demain. Nos fournisseurs n’ont pas reçu leur commande eux-même à temps. Nous sommes désolés pour le retard…

— Bon sang ! Comment je vais faire pour ce soir ? Vous auriez pu me prévenir plus tôt pour que je puisse au moins me fournir quelques bouteilles ailleurs !

— Veuillez accepter nos excuses ! Répondit Kira.

— Écoutez, ce n’est pas la première fois que vous me faites le coup ! Si ça continue comme cela, je vais me tourner vers un autre caviste plus sérieux ! J’en ai assez !

Les deux hommes eurent quelques mots et finalement, Kira proposa de faire une remise sur sa prochaine commande, ne voulant pas perdre le restaurant comme client. Enfin, ils ne voulaient pas perdre Ichigo Kurosaki comme client. Le sommelier réputé leur permettait de leur faire une publicité non négligeable auprès des connaisseurs de la région en étant parmi la liste des meilleurs clients de la cave.

Ichigo traversa la salle et vit que tout le personnel s’était réuni alors qu’Ukitake entrait dans le restaurant. Il n’avait pas vraiment de temps à perdre : il devait trouver le meilleur vin pour le mariage des plats que Byakuya comptait servir hors carte. Il soupira et s’installa à côté du chef qui lui jeta un vague coup d’œil. Ce dernier l’apostropha.

— Ta commande ?

— Je peux lui dire à demain… grogna Ichigo.

— Encore ?

— J’vais les tuer !

— Pourquoi ne changes-tu pas de fournisseurs ?

— Parce ce que même s’ils sont des andouilles niveau livraison, mais ils ont les meilleurs prix et de vraies merveilles dans leur cave ! Fit le sommelier entre ses dents.

— Cherche quand même quelqu’un d’autre pour les commandes courantes !

— Oui, mais je n’ai plus les même tarifs et en ce moment… rétorqua Ichigo.

Ukitake toussa légèrement et attira l’attention de chacun sur lui. Renji entra dans la pièce sur la pointe des pieds et s’installa à côté d’Ichigo en s’excusant. Le second se tourna vers le chef et chuchota.

— J’ai vu le carnet de réservation, la moitié des places sont réservées.

— Oh, fit simplement Byakuya.

Renji se tourna vers Ukitake après que le propriétaire l’a rappelé doucement à l’ordre.

— Donc, Mesdames et Messieurs, je vous ai convoqué exceptionnellement pour vous dire que je ne serai plus le propriétaire de ce restaurant d’ici une semaine.

La stupéfaction se lut sur tous les visages. Personne ne s’attendait à cette nouvelle.

— J’ai signé tout à l’heure un compromis de vente avec Grimmjow Jaggerjack qui va reprendre l’établissement dès mardi prochain.

— Grimmjow Jaggerjack… Ce n’est pas l’ancien chef qui a repris plusieurs établissements ? demanda Byakuya de sa voix calme.

— Oui… Il a repris une dizaine de restaurants comme le nôtre pour leur redonner une nouvelle vie. J’avoue que je suis soulagé, je n’aurai pas voulu qu’un spéculateur reprenne « le Relais Français ».

— Mais, et nous ? s’inquéta Hanataru.

— Jaggerjack-san reprend tout le personnel existant, il n’y aura pas de licenciement. Il m’a même fait part de son souhait d’engager du nouveau personnel pour la salle et un autre sommelier également.

Ichigo et Rukia sursautèrent.

— Pardon ? fit le roux.

— Je ne peux pas vous en dire plus… Vous verrez cela avec lui certainement cette semaine.

— Mais… Mais moi et Ichigo nous en sortons parfaitement bien en salle tous les deux ! S’exclama Rukia.

— Ce ne sont pas mes choix ! Fit doucement Ukitake qui comprenait l’angoisse du personnel.

Ichigo fronçait les sourcils.

— Quel type de sommelier veut-il engager ?

— Je n’en sais pas plus ! murmura Ukitake.

Le roux serra les poings. Il n’aimait pas du tout ce genre de situation. Une certaine tension envahit son corps et il se raidit sur sa chaise. Rikichi osa demander pourquoi Ukitake vendait si soudainement l’établissement.

— En fait, j’ai su que j’étais atteint d’une maladie incurable. Et elle me fatigue beaucoup… Je n’ai plus la tête à m’occuper de l’établissement, vous le voyez vous-même d’ailleurs… N’est-ce-pas Renji !

Le second rougit légèrement et hocha la tête.

— Pour tenir ce genre de restaurant, il faut être faire un minimum de travail que je peux plus effectuer. Et je ne voulais pas que « le Relais Français » ferme. Donc, vous voilà entre de bonnes mains et j’en suis rassuré.

Ukitake leur donna encore quelques informations et finalement quitta la pièce, suite à une violente quinte de toux. Chacun était inquiet pour la santé du propriétaire, mais en même temps inquiet de son avenir. Byakuya donna une tape amicale sur l’épaule d’Ichigo et lui dit de sa voix froide et calme.

— Tu as du souci à te faire Kurosaki.

— Boucle-là Bya !

— Tu es de plus en plus familier avec moi.

— T’es mon beau-frère, andouille !

Ichigo quitta le chef et se dirigea vers la cave ayant sa soirée à assurer. Il descendit l’escalier en colimaçon et se retrouva dans la pièce tempérée. Il regarda les murs remplis de différentes bouteilles et commença son inventaire.

Il déplia la feuille que Byakuya lui avait donné et fit le tour de la cave. Il sortit quelques crus de différents prix et remonta rapidement en cuisine. Le roux poussa la porte avec son coude et posa les bouteilles sur un coin de plan de travail, puis observa la cuisine.

Il vit le Chef avec son second. Ces derniers le remarquèrent également et se dirigèrent vers lui.

— Tu nous as trouvé quoi ? Demanda le chef.

— Ichigo sortit son tire-bouchon et commença à déboucher les bouteilles. Rukia arriva avec un plateau et différents verres ainsi qu’une carafe.

— Ichi-nii ! Fit cette dernière inquiète. Tu crois que…

— Je m’en occuperai le moment venu Rukia !

— Ichigo se tourna vers sa sœur et lui tapota la tête, un sourire rassurant sur les lèvres.

— Bon, voyons voir ce que ces vins ont dans le ventre. Je nous ai pris du chablis village, un côte du Rhône de St Côme, Château d’Yquem, un richebourg bon…

Le sommelier passa rapidement la bouteille devant son nez. Il fronça les sourcils. Il la tendit à sa sœur qui hocha la tête.

— Trop jeune ! Fit cette dernière d’une voix assurée.

— On décante ?

— Hum… affirmatif !

— Ichigo prit la bouteille et fit glisser le liquide carmin dans la carafe à décanter que Rukia lui avait apporté. Ensuite, il secoua la bouteille d’un geste sûr et vigoureux. Le roux finit par verser le liquide à une cinquantaine de centimètres du verre, de telle sorte qu’il n’y eut aucune éclaboussure.

— ‘tain ! Quand il fait ça… j’ai toujours peur qu’il loupe son coup !

— Impossible ! Fit Rukia. Ichin-nii est le plus grand sommelier du Japon !

— T’exagères… maugréa son frère.

Bientôt Ichigo servit avec grâce le vin dans les verres. Byakuya appela un cuisinier et demanda qu’on apporte une préparation qui devait être servie le soir même. Tous goûtèrent le plat, suivi du vin. Ils se trouvèrent chacun à discuter sur leurs papilles et Ichigo déboucha une autre bouteille.

La discussion dura un petit quart d’heure. Renji et Rukia avaient un peu décroché du fil. Quant à Ichigo et Byakuya, ils étaient tout à fait à l’aise dans leurs énumérations sur la qualité des vins !

— Je trouve qu’ils forment un « couple parfait » ! Fit Rukia dans un murmure.

— Il est marié à ta sœur !

— J’ai toujours dit que Byakuya et Ichigo auraient du se marier ensemble.

— Tu m’diras, ça n’serait pas trop grave, ça restera en famille.

Rukia balança son coude dans l’estomac de Renji qui grogna après la petite brune.

— Andouille ! Byakuya n’est pas gay !

— Par contre ton frère…

— Laisse Ichi-nii tranquille ! s’écria Rukia furieuse.

Ichigo et Byakuya se retournèrent surpris.

— On peut savoir ce que vous avez encore vous deux ! demanda Byakuya.

— Ichi-nii… Renji se moque de toi parce ce que t’es gay ! Hurla Rukia.

Le roux devint écarlate et foudroya sa sœur et son autre beau-frère du regard.

— Allez-y claquez-moi une affiche dans le dos tant que vous y êtes ! Putain ! Ma vie privée ne vous concerne pas !

Ichigo quitta la cuisine fou furieux et claqua la porte au passage. Byakuya scruta son second et sa belle-sœur d’un regard qui en disait long sur sa désapprobation.

— Je crois qu’il a tout à fait raison. Arrêtez de vous mêler de sa vie privée… et ses préférences ne nous regardent en rien. Vous avez compris ? Fit Byakuya plus fort et en foudroyant les membres de la cuisine.

Tous retournèrent à leur travail et là Renji et Rukia se rendirent compte du mal qu’ils avaient encore causé inconsciemment au jeune homme qui n’avait rien demandé. Le beau-frère d’Ichigo retourna à son poste et son second fila au sien, tracassé par l’incident. Rukia décida d’aller s’excuser auprès du sommelier. Elle le trouva à la cave et n’osa pas s’approcher de lui. Les ondes négatives qu’il dégageait l’intimidaient.

— Ichi-nii… Je… je suis désolée !

— J’en ai assez Rukia ! Toi et Renji, vous n’en ratez pas une pour le crier sur tous les toits ! Qu’est ce que je vous ai faits à la fin ? Vous êtes au courant car vous faites partie de ma famille toi, Renji, Byakuya et Hisana, mais franchement vous êtes tout le temps en train de le hurler partout ! Je n’ose même plus aller nulle part avec vous deux !

— Je ne voulais pas… mais Renji…

— Je m’en moque ! Vous avez quel âge ? Putain, vous êtes plus âgés que moi !!!

Rukia rougit violemment. Ils entendirent alors le bruit de pas dans l’escalier et virent descendre le chef et son second. Ichigo et sa sœur furent surpris. Jamais ils ne descendaient dans la cave.

— Il y en a un qui va te présenter ses excuses aussi, gronda Byakuya. On ne restera pas.

— Je suis désolé Ichigo ! déclara Renji gêné. Je ne me moquais pas… C’est juste que Rukia disait que tu formais un couple parfait avec Byakuya…

Ichigo leva les yeux au ciel et marmonna quelque chose contre les sœurs et beau-frères débiles !

— T’es pas gentil Ichi ! remarqua Rukia.

— Vous l’êtes, vous ? répondit sèchement Ichigo qui bouillait de plus en plus de colère. Maintenant que vous avez présenté vos excuses dégagez, j’ai du boulot !

Ichigo leur tourna le dos se dirigea d’un pas raide vers les casiers à bouteilles du fond de la salle. Il prenait des notes rapidement en les ignorant superbement. Byakuya remonta rapidement, suivi de Renji. Rukia quant à elle tourna autour de son frère indécise.

— Ichi-nii…

Ichigo se redressa et lui tendit une feuille.

— Dessus, tu as les bouteilles à servir pour ceux qui choisiront le menu hors carte. Tu as différentes catégories de prix ! Alors, ne te trompe pas…

— Ichi…

— Je préfère que tu ne dises plus rien Rukia ! Je crois que j’ai eu ma dose aujourd’hui.

Rukia se tut et regarda son frère le regard voilé. Ichigo remonta les marches, sa sœur sur ses talons. Le roux regarda sa montre et vit que l’heure d’ouverture était proche. Il prit la direction du bar à vin. Le sommelier vérifia le contenu des bouteilles et regarda les verres pour s’assurer de leur état impeccable. Un groupe de serveurs se dirigea vers Ichigo.

— Kurosaki-san… appela Ulquiorra de sa voix indifférente.

— Oui ! Demanda le roux en se redressant.

— Nous avons un problème, nous avons reçu un appel de Nell et Yoruichi… Elles sont toutes les deux malades. Nous manquons de personnel pour servir en salle. Nous ne pourrons pas déboucher les bouteilles, ni nous occuper de certains services.

— Mince… Et c’est toujours à ce moment-là que le bar est complet. Je vais téléphoner à un extra.

— Merci !

Ichigo regarda Ulquiorra, Soï Fong, Yumitchika et Ikkaku regagner leur place pour le service. Il se rendit à l’accueil et demanda à Inoue de lui passer une ligne.

Ichigo sentit une présence derrière lui et se tourna. Le roux croisa le regard le plus bleu qu’il n’ait jamais vu. Les cheveux de l’homme, sensiblement de la même couleur, ne le faisaient vraiment pas passer inaperçu. Quoique la couleur encore plus prononcée des yeux de sa femme et sa crinière blonde n’étaient vraiment pas courantes au Japon non plus.

Ichigo les accueillit de son mieux, avec son froncement de sourcils habituel. Inoue se leva et tendit le téléphone au sommelier. Elle fit le tour de son bureau et avec un sourire très chaleureux guida le couple qui se tenait devant Ichigo. 

Le jeune homme quitta le rez-de-chaussée et monta à l’étage. Il appela un service d’interim pour trouver un extra à la dernière minute. Il eut de la chance dans son malheur, l’extra habituel était présente et voulait bien le dépanner… Il soupira de soulagement.

Il repartit donc en salle. Cette dernière se remplissait peu à peu et il vit sa sœur du coin de l’œil s’occuper de la table du couple qu’il avait croisé plus tôt. Le regard d’aigle d’Ichigo parcourut la salle et sut immédiatement où il devait se diriger.

Un couple d’habitués avait déjà la carte des vins en main. Ichigo s’inclina respectueusement et discuta un peu avec les deux personnes qui étaient ravies de le voir.

— Cela faisait un moment que nous ne vous avions pas vu… déclara doucement Ichigo.

— Oh, nous sommes partis pour un voyage d’affaire ! répondit la femme d’un ton ravi.

— Ça a eu l’air de vous plaire ! remarqua Ichigo obligeamment.

— Oh que oui !

Bientôt la jeune femme le noya sous un discours. Ichigo écoutait d’une oreille tout en prenant note de la commande de son mari.

Le roux les quitta, puis se dirigea vers Ulquiorra et  lui signala que Nemu venait en renfort. Le serveur eut un haussement de sourcil appréciateur et retourna à son travail.

Le roux quant à lui s’occupa du service et aida sa sœur pour le décantage de certaines bouteilles. L’intérimaire arriva rapidement et le service en salle se déroula de manière impeccable. Pourtant, Ichigo vit que sa sœur avait du mal avec le couple qu’il avait accueilli plus tôt à l’accueil. Il se dirigea donc vers la table calmement et demanda :

— Aurait-il un problème ?

— Bien sûr ! siffla la femme sèchement. Cette gourde nous a apporté un vin de mauvaise qualité. Oser me présenter une telle bouteille ! C’est inconcevable !

— Vous permettez ? s’enquit Ichigo.

Il se tourna vers sa sœur et ajouta pour elle :

— Rukia, va t’occuper de la table 22, s’il te plaît. J’ai préparé la carafe, et tu montreras l’étiquette !

— Bien…, murmura la brune d’une voix tremblante.

Ichigo adressa alors un sourire à sa sœur pour la rassurer. Il se tourna alors vers le couple et s’excusa pour l’aparté, puis il tourna la bouteille.

Le jeune homme regarda l’étiquette et le plat. Il haussa un sourcil, passa la bouteille devant son nez et se dirigea vers une table où une carafe était posée. Le sommelier s’en saisit et retourna à la table des clients « chiants ».

Il prit la bouteille, déversa le contenu dans le récipient et secoua le vin. Tout en faisant son opération, Ichigo entreprit d’expliquer que le vin qu’ils avaient commandé plus tôt était en rupture et que la sommelière avait servi le vin qu’il avait pris pour le remplacer. Celui-ci était certes moins cher mais tout à fait adapté au plat. Il ajouta avec un sourire en coin qu’il fallait juste le réveiller.

Les gestes précis, le ton calme et posé et la dextérité des gestes du jeune homme attiraient les regards sur la table. Ichigo était vraiment à son aise dans ce genre de situations, contrairement à sa sœur.

Il servi le vin et demanda aux clients de bien vouloir goûter à nouveau. Les deux paires d’yeux le regardèrent, sceptiques mais ils obéirent finalement au jeune homme. Et les deux connaisseurs eurent le même regard surpris.

  • Mais… il ressemble à ce que nous avions commandé plus tôt ! Pourquoi tout à l’heure était-il si… infect ?
  • Certains vins ont besoin d’un décantage rapide…

Ichigo expliqua sa méthode et finalement quitta leur table après les avoir rassurés. Bientôt, tous les clients voulurent que le jeune homme refasse sa spectaculaire démonstration.

Ichigo dut les en dissuader… La salle se vida peu à peu et il soupira de soulagement. Il avait mal aux pieds et aurait bien voulu aller s’asseoir un peu.

Il vit du coin de l’œil que le couple quittait l’établissement. Il remarqua qu’Ukitake sortit de son bureau et les rejoindre. Ichigo trouvait la femme infâme et le type carrément désagréable.

Il soupira et se dit qu’il fallait de tout pour faire un monde. Ichigo tourna les talons et partit se changer peu après. Rukia déboula dans les vestiaires pour lui annoncer une nouvelle surprenante.

— Ichi-nii… Tu sais le type avec les cheveux bleus et la femme blonde infecte ? C’est les Jaggerjack qui ont racheté l’établissement ! Inoue vient de me le dire !

Ichigo ouvrit de grands yeux incrédules et s’appuya contre son casier.

— Pas possible !

— Si ! Ukitake les a raccompagnés à leur voiture !

— Merde !

— C’est ce que je pensais…

Le frère et la sœur se regardèrent, l’air d’avoir le poids du monde sur leurs épaules.

— On verra Rukia. Ne t’inquiète pas !

— Si tu le dis Ichi… Je vais aller voir Renji !

— Ok… Moi, je rentre.

— A demain…

— Salut !

Ichigo se changea et quitta le vestiaire. Il sortit. Il traversa le parking et aperçut soudain  Grimmjow Jaggerjack qui le regardait alors que sa femme montait en voiture.

Le roux fronça davantage les sourcils et ses yeux se plissèrent légèrement. Il le salua de la tête et détourna le regard pour se diriger vers sa voiture. La nouvelle « cohabitation » n’allait pas être facile pour lui, mais il se dit qu’il pouvait toujours poster sa candidature dans un autre restaurant si ça ne tournait pas comme il le souhaitait.

Le sommelier démarra rapidement sa voiture et quitta les lieux sans tarder. Dans le rétroviseur, il vit que celle des Jaggerjacks le suivait. Il slaloma entre les autres véhicules et sortit rapidement de l’autoroute pour se retrouver dans la banlieue de Tokyo, heureux de ne plus voir la BMW à ses trousses. Un frisson d’angoisse le parcourut.


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)