Rouge comme le rubis : 2

2 février 2009


La semaine passa à toute allure. Ichigo voyait arriver la date fatidique avec appréhension. Le jour J, le roux arriva de bonne heure au restaurant et croisa dès son arrivée la blonde « pétasse », comme il avait décidé de la surnommer. C’était physique, il pouvait vraiment pas la sentir ! Il se fit toutefois une raison et se comporta avec comme s’il s’agissait d’un patron normal, ne laissant transparaître aucune émotion.

Il se dirigea vers les cuisines, fidèle à son habitude, mais fut hélé en chemin par une voix grave qu’il crut reconnaître.

— Kurosaki Ichigo, n’est-ce pas ? 

Le roux se tourna avec lenteur pour faire face au nouveau propriétaire, qu’il voyait en plein jour. Il admit dans son for intérieur qu’il était franchement sexy. Mais alors… Il soupira en lui-même et haussa simplement un sourcil. Le bleuté plissa les yeux et scruta le jeune homme devant lui.

— Vous ne m’aimez pas beaucoup, je me trompe ? 

Ichigo haussa les épaules, indifférent.

— Peu importe ! répondit-il froidement .

Un sourire carnassier se forma sur ses lèvres de son nouveau patron.

— Je souhaiterais vous voir dans mon bureau dès que vous vous serez changé !

— Bien.

— Vous alliez où ?

— En cuisine, comme d’habitude !

— Pour quelle raison ?

— Pour les plats présentés hors carte.

— Il n’y en aura pas ce soir. Partez vous changer. Je vous attends dans mon bureau, vous et votre sœur, si j’ai bien compris.

— Si vous parlez de Rukia Abaraï, oui, c’est ma sœur.

— Et en plus le second est votre beau-frère… On dirait presque une affaire de famille ! se moqua Jaggerjack.

Ichigo lui jeta un regard neutre.

— Avez-vous autre chose à ajouter ? Sinon, je vais me changer.

— Ne me prenez pas de haut Kurosaki ! N’oubliez pas que c’est vous l’employé !

— S’il n’y a que cela qui vous gêne, je peux vous donner ma lettre de démission sans problème, rétorqua du tac-au-tac Ichigo.

— Vous seriez prêt à quitter l’établissement ? s’exclama Grimmjow avec surprise.

Le sommelier le regarda droit dans les yeux, soudainement intéressé et lui adressa pour la première fois un sourire… narquois !

— Je ne suis pas spécialement attaché au bâtiment, seulement aux personnes qui y sont, répondit Ichigo. Comme Ukitake est parti, j’avoue ne pas voir ce qui pourrait m’attacher à ces lieux. Maintenant, veuillez m’excuser. 

Le roux contourna l’homme stupéfait, le laissant en plan dans l’entrée. Dans les vestiaires, il fulminait. Ce type était vraiment antipathique ! Un violent bruit le fit sursauter alors qu’il venait d’enlever son haut. Surpris, Ichigo se tourna et croisa le regard bleu roi où une colère contenue brûlait.

— Ainsi vous envisageriez de quitter l’établissement ? 

Ichigo fronça les sourcils sans répondre et sortit un T-Shirt blanc de son casier, puis l’enfila. Il prit sa chemise et la passa sans mot dire.

— Vous allez me répondre…

La voix était assourdie, preuve d’une grande exaspération. Le sommelier se tourna vers son patron et répliqua calmement.

— Je vous l’ai dit : je ne suis pas attaché au bâtiment, mais aux personnes qui y sont. Si le courant ne passe pas avec vous et que vous souhaitez agiter devant moi le spectre du licenciement… Je vous le dis tout net : je m’en fous ! 

Ichigo sortit le foulard qu’il passa autour de son cou.

— Très bien ! Je vous attends dans mon bureau quand vous aurez fini !

— J’y serai.

Le sommelier finit de s’habiller et observa son casier. Il devrait passer au pressing le lendemain, à moins qu’il ne se soit fait renvoyer d’ici-là. Il haussa les épaules et il sentit une présence auprès de lui. Il tourna la tête pour rencontrer les yeux anthracite de son beau-frère.

— Quelque chose ne va pas, Kurosaki ?

— Tout va bien !

— Tu es sûr ? Rukia vient de courir en cuisine pour nous avertir que tu te disputais avec le nouveau patron.

— Tout va bien, je te dis !

— S’il y a un problème… viens nous voir.

Ichigo observa quelques instants le chef et soupira.

— Le courant passe pas entre nous, c’est tout !

— Rukia a entendu que tu voulais quitter « Le Relais Français ».

— C’est la faute de l’autre crétin ! marmonna Ichigo. Bon, j’y vais, il m’attend et vu son caractère terriblement patient, j’ai intérêt à y aller avant qu’il ne démolisse la maison pour me retrouver !

— Ça me fait penser à Hisagi…, murmura Byakuya, songeur.

Le roux se raidit en entendant le nom de son ex. Il foudroya le chef du regard et ferma violemment son casier. Sa voix, cassante, retentit alors.

— Ne me parle plus de lui, s’il te plaît !

— Ichigo…

Une des rares fois où son beau-frère l’appelait par son prénom. Le sommelier savait qu’il se sentait désemparé.

— Bya, je te remercie de t’inquiéter, mais ça fait trois ans que lui et moi avons rompu. Évite le sujet ! Maintenant excuse-moi, mais je dois aller voir le patron ! 

Ichigo contourna Byakuya et sortit des vestiaires. Il faillit percuter Mme Jaggerjack, qui semblait avoir écouté aux portes. Le roux lui adressa un regard glacial qu’elle lui rendit sans ciller.

Il traversa la salle, se dirigea vers le fond du bâtiment et se retrouva devant l’ancien bureau d’Ukitake. Un pincement au cœur se fit sentir dans sa poitrine. Il frappa discrètement à la porte. La voix forte de Grimmjow se fit entendre.

— Entrez ! 

Ichigo pénétra dans la pièce. Son patron était assis derrière son bureau, une paire de lunettes sur le nez. Ce dernier montra un siège au jeune homme. Le roux s’installa et attendit patiemment que le bleuté le regarde à nouveau. Une bonne dizaine de minutes passa sans que Grimmjow ne lève les yeux de ses papiers.

Ichigo eut un sourire intérieur. Il s’installa confortablement dans son fauteuil et croisa les jambes, puis posa les bras sur les accoudoirs nonchalamment. C’était une épreuve psychologique. Le sommelier ricana intérieurement. Si son patron avait connu une partie de son passé…

Cela amena un sourire ironique sur ses lèvres. Grimmjow le vit et et lâcha finalement :

— Je peux savoir ce qui vous fait sourire ?

— Pardon ?

— Pourquoi souriez-vous ?

— Oh… juste un souvenir !

— Vos… souvenirs ont l’air particulièrement joyeux.

Une certaine ironie perçait dans le ton de Jaggerjack, mais Ichigo fronça juste légèrement les sourcils. Ses souvenirs étaient plutôt du genre pénible, mais ça, il n’avait pas besoin de le faire savoir. Le roux ne répondit donc pas et attendit de connaître le motif de sa convocation. Après quelques minutes de silence, le bleuté reprit.

— Pourquoi voulez-vous quitter l’établissement ? 

Ichigo soupira, exaspéré, et renvoya simplement la question.

— Souhaitez-vous que je parte ?

— Non ! Bon sang ! Vous êtes le meilleur sommelier que j’ai pu rencontrer ! S’exclama Grimmjow violemment. Pour moi, il est hors de question que vous partiez ! D’autant que j’aimerais recruter un autre sommelier pour le service et vous laisser vous occuper de la cave, ainsi que des commandes spéciales.

— Je ne serai plus en salle ? 

Ichigo était incrédule.

—  Je souhaiterais que vous vous occupiez spécialement du bar à vins, en fait. J’ai l’intention de changer pas mal de choses ici et je voudrais que vous vous occupiez personnellement de cette partie-là, tout en vous chargeant des commandes, des visites auprès des fournisseurs et, bien sûr, de rendre visite aux producteurs pour pouvoir négocier avec eux directement pour certains vins et millésimes. 

Les yeux du roux se mirent à briller intensément. Un vrai sourire, le premier qu’il adressait à l’homme, s’afficha sur son visage.

— Cela semble vous plaire.

— Certes… reconnut le salarié.

— Mais ? demanda doucement Jaggerjack.

— Ai-je besoin de donner une réponse ?

— Écoutez… J’ai besoin d’être sûr de mon personnel ! Je vais recruter un autre sommelier et vous vous doutez bien que mon choix ne sera pas identique en fonction de votre présence dans mes locaux ou pas !

— J’ai besoin de réfléchir…

— De toute façon, vous aurez une augmentation.

— Connaissez-vous mon salaire ? L’interrogea Ichigo en fronçant les sourcils.

— Oui ! 

Grimmjow lui tendit une lettre.

— Voici votre nouveau contrat. Si cela vous convient, faites-le moi savoir très rapidement. 

Ichigo récupéra l’enveloppe avec lenteur et la fixa quelques instants. Il regarda l’écriture très stylisée de son patron. Le toussotement de ce dernier lui fit relever la tête.

— Oui ?

— Je pense que nos fiches ne sont pas actualisées ! Fit Jaggerjack.

— Ah ?

— Oui, il n’est rien noté dans votre situation familiale.

— Je suis célibataire !

— À votre âge ?

La surprise se lisait sur le visage du propriétaire, mais il se reprit instantanément.

— Excusez-moi, ça ne me concerne pas ! »

Ichigo plissa les yeux, mais eut finalement un léger sourire. Il regarda sa montre.

— Puis-je retourner en salle ?

— Oui… Oui, oui ! Si vous voyez Hallibel, pourriez-vous lui demander de me rejoindre ?

— Hallibel ?

— Mon épouse.

— Oh ! Très bien…

— Merci ! 

Le sommelier lui jeta un bref coup d’œil et quitta la pièce. Il traversa la salle et croisa la femme du nouveau propriétaire. Elle essayait de terroriser Soï Fong et Yoruichi. Ichigo roula des yeux, puis lui signala que Jaggerjack l’attendait. Hallibel le snoba, mais se dirigea vers le bureau.

— Eh bien… On a dégoté une belle équipe de champions ! Ironisa Yoruichi.

— Je lui en foutrais moi, des incapables ! Elle s’est pas vu avant ! Je vais lui faire bouffer le fer à repasser ! » Maugréa la brune d’un air pincé.

Ichigo compatissait à leurs malheurs. Lui-même était dans une position délicate. Un peu plus loin, il aperçut Rukia. Elle pleurait dans le couloir. Son frère se dirigea vers elle.

— Que t’arrive-t-il ?

— Elle… Elle m’a dit que je n’avais rien à faire en tant que sommelière dans le restaurant ! »

Sa sœur s’effondra sur une chaise non loin d’eux. Il s’agenouilla près d’elle et tenta de la consoler, avant de finalement lui demander s’il devait faire venir Renji auprès d’elle.

— Non ! Il serait capable de se la mettre à dos et je ne veux pas ! Ichi… Il faudra que je te parle, tout à l’heure.

Voyant son l’air bouleversé, il haussa un sourcil.

— Dis-le moi tout de suite, que je sois au courant. Ça me tracassera toute la soirée sinon !

— Je suis enceinte ! lâcha Rukia.

La mâchoire d’Ichigo tomba à terre.

— Je n’en ai pas encore parlé à Renji. Je voulais être sûre… Tu sais à quel point on veut un enfant, et jusqu’à aujourd’hui, malgré les traitements, rien n’y a fait. Tu vas être oncle encore une fois, mais ce ne sera pas Hisana cette fois ! 

Le roux prit sa sœur dans ses bras et la serra très fort contre lui. Il l’embrassa sur la tempe, puis la félicita chaleureusement contre son oreille, quand une voix cinglante retentit derrière eux.

— Eh bien ! Qui aurait cru voir de telles démonstrations d’affection entre frère et sœur ? ironisa Jaggerjack.

Le roux se redressa et fit face à son patron, prêt à bondir, mais la petite brune se leva à son tour. Elle posa une main apaisante sur l’avant-bras de son frère.

— Ichi-nii, ce n’est pas grave. Je vais aller me rafraîchir et je reviens en salle.

— Comme tu veux, Rukia !

Le sommelier regarda partir sa sœur et se tourna ensuite vers Grimmjow. Son regard abritait une lueur froide et déterminée ! Ichigo quitta les lieux sans attendre et rejoignit sa cave, à nouveau remplie. Ses mains tremblaient légèrement. Son patron lui tapait vraiment sur les nerfs ! Il sortit de sa poche intérieure l’enveloppe qu’il lui avait donné peu avant et soupira. Il retourna à son travail.

La soirée se passa plutôt bien mais le jeune homme n’eut pas le temps de passer en cuisine pour parler à Byakuya et Renji. Cela l’agaça. C’était comme un rituel de parler avec ces deux beaux-frères, même s’ils se chamaillaient tout le temps. Et alors qu’arrivait la fin du service, il n’avait toujours pas pu croiser à nouveau sa famille.

Tous sur les rotules, ils étaient rentrés chez eux. Ichigo fit de même, dépité et songeur. Le roux avait souvent senti se poser sur lui le regard trop bleu de Jaggerjack. Il n’aurait su dire à quoi il pensait. Quelque part, cela l’intriguait et l’exaspérait.

°°0o0°°

Ichigo prit son bagage et se dirigea vers la sortie de l’aéroport. Son patron avait décidé de transformer « Le Relais Français » et le restaurant était fermé pour un mois. De ce fait, le sommelier avait été prié d’aller en France pour négocier les vins en direct ! Pour cette première fois, le Médoc et le haut Médoc avait été choisis pour faire la découverte de vins.

Le roux trouva un taxi et donna l’adresse de l’hôtel Pullman où il serait hébergé pendant son séjour. Il arriva rapidement à sa destination, sans profiter vraiment de la balade.

L’hôtel faisait le coin de rue. C’était un bâtiment européen immaculé, classique. Ichigo entra et scruta l’atmosphère moderne de l’ensemble. Le grand hall blanc avait des tâches de couleurs marrons ça et là, de par la présence de tapis. Il se dirigea vers le comptoir noir et demanda les clefs à la réceptionniste.

Arrivé dans sa chambre, il apprécia le luxe des lieux. Décidément, Jaggerjack ne reculait devant rien pour le bien-être de ses employés ! Enfin… Façon de parler ! Il était carrément infect, mais toujours plus supportable que sa femme. Quoi que lui n’avait aucun problème particulier avec elle. Par je ne sais quel mystère, elle préférait éviter son contact.

Ses pensées dérivèrent sur sa famille. Quand il était parti, elle était venue lui dire au revoir. Renji était passablement excité depuis qu’il avait appris la nouvelle de sa future paternité !

Ichigo l’avait trouvé mignon dans ses démonstrations d’affection. Ses sœurs n’avaient pas voulu le lâcher. Ils étaient tellement proches tous les trois ! Byakuya, comme à l’accoutumée, était resté en retrait, mais Ichigo avait vu son regard et lui avait adressé un sourire en partant.

Il brancha son ordinateur et envoya des mails à tous pour prévenir qu’il était bien arrivé. Ensuite, Ichigo partit dormir. Le lendemain, une rude journée l’attendait !

°°0o0°°

Ichigo avait chaud sous le soleil. Cela faisait une petite trentaine de jours qu’il était en France. Il avait parcouru des kilomètres, dégusté des vins, négocié les prix et visiter des vignobles ! Son français était redevenu tout à fait correct. Son séjour avait été un vrai succès !

Finalement, quand il retourna à l’aéroport, il était sur les rotules. Ce n’était vraiment pas des vacances et lorsqu’il arriva devant sa porte d’embarquement, il était tellement dans son monde qu’il sursauta violemment quand il sentit deux bras le ceindre par la taille. Une voix qu’il croyait avoir oublié murmura tendrement quelques mots à son oreille.

— Ichi, je reconnaîtrais ta couleur de cheveux partout ! 

Le roux se tourna lentement pour faire face à un homme habillé totalement en noir et dont les cheveux n’avait rien à envier à sa tenue. Les yeux gris étaient très expressifs. Ichigo se dégagea de l’étreinte du brun et le fixa froidement.

— Dégage Shūhei !

— Ichi… Ce n’est pas parce ce qu’on a rompu que tu dois me faire la gueule ! 

Ichigo l’observa un instant et salua ensuite les autres membres du groupe, alors qu’ils les rejoignaient. Le roux tourna les talons et se dirigea vers la porte d’embarquement, Hisagi sur les talons. Derrière eux, Kensei marmonnait.

— Putain, les ennuis vont revenir !

— La ferme Kensei ! On a pas besoin de tes commentaires. Content de te revoir Ichi !

— Salut Kaïen.

— La famille va bien ?

— Ouais ! Rukia est enceinte !

— C’est pas vrai ? Ch’suis super content ! C’est Renji qui doit être fou !

— Intenable, marmonna Ichigo.

Shūhei se tenait près de lui.

— Chad ! dis à Ichigo de revenir avec nous !

— Raconte pas n’importe quoi, abruti !

— Fous-lui la paix ! cracha Stark.

— Nan !

L’ancien amant du sommelier boudait. Une hôtesse se dirigea vers eux et leur désigna leurs sièges. Au grand bonheur d’Ichigo, ils n’étaient absolument pas au même endroit dans l’avion ! Mais malheureusement pour lui, il n’y avait personne sur les sièges proches du sien. À peine l’avion avait-il décollé que Shūhei était à côté de lui.

— Je m’installe ici pour le voyage !

— Je pensais que tu me fuyais. C’est bien toi qui m’as demandé de l’air, non ?

— Écoute Ichi… Après que tu aies quitté le groupe, quand tu es devenu sommelier, j’arrivais pas à m’y faire et puis… nous vivions comme un vieux couple ! Tu te rends compte que nous sommes restés quatorze ans ensemble ?!! Je n’avais connu que toi et…

— Et tu voulais t’envoyer en l’air avec le premier connard venu ! Je m’en souviens !

— J’ai fait une connerie ! Ichi… Je suis désolé ! »

Le roux regardait par le hublot, refusant obstinément de rencontrer les yeux gris de son ex. Il avait encore trop mal. Le jeune homme ne s’était jamais vraiment remis de leur rupture.

— Ichi… Si c’était à refaire, je ne recommencerais pas! C’est la plus belle connerie de ma vie !

— Tu cherches quoi exactement ? 

Ichigo s’était enfin tourné vers Shūhei et le scruta. Hisagi se pencha vers le roux.

— Ichi, c’est peut-être brutal vu qu’on se retrouve comme ça, mais j’ai tellement voulu te recontacter au cours de ces trois ans… J’ai été voir dans ton ancien appartement. J’ai essayé d’avoir ton numéro. J’ai même été voir ta famille ! Ils n’ont pas voulu me dire où tu vivais, où tu travaillais… Rien ! Personne ne m’a rien dit !

— Ça t’étonne ? Putain ! J’étais une loque après ton départ ! J’ai tourné la page, au lieu de ruminer bêtement après un con qui ne reviendrait probablement pas.

— Ichigo… Souffla Hisagi. C’est le destin si on se retrouve à nouveau.

— Ah ouais ?! Et bien, je le remercie pas !

— Ichi…

— Hisagi ! Boucle-la et retourne sur ton siège ! Je n’ai vraiment pas besoin de te sub…

Mais avant qu’Ichigo ne puisse finir sa phrase, Shūhei embrassa le roux. Ce dernier écarquilla les yeux et resta stupéfait devant son audace. Les lèvres du brun caressaient doucement les siennes et un frisson parcourut sa colonne vertébrale. Il lui faisait sans conteste encore de l’effet, mais il le repoussa violemment.

— Ne me touche plus !

— Ça ne t’a pas déplu !

— La ferme !

— C’est bien ce que je pensais, fit Hisagi avec un sourire triomphant. Ichigo, ressortons ensemble.

— Plutôt crever !

— J’aime tes déclarations.

— C’est un avertissement, connard !

— Il n’y aura plus personne à part toi Ichi ! Je suis célibataire depuis un moment, tu sais !

— Je m’en fous ! chuchota Ichigo, en colère.

— Non, tu ne t’en fous pas, sinon tu ne serais pas si énervé ! Je te connais depuis si longtemps que je lis en toi comme dans un livre ouvert, se penchant vers Ichigo, il lui murmura :

— Je saurai me faire pardonner et te faire oublier…

— J’ai quelqu’un dans ma vie ! lança le roux, glacial.

— Faux !

Le roux leva les yeux vers Hisagi, surpris. Ce dernier le regardait tendrement à présent. C’était certainement une partie que ses fans ne connaissaient pas. Il approcha encore son visage près de celui du sommelier et posa son front contre le sien.

—  Je te connais lorsque tu es amoureux. Tu peux tromper beaucoup de monde sauf moi, Ichi. Tu m’aimes encore, tout comme moi je t’aime !

— Tu as une drôle de façon de le montrer… 

La voix d’Ichigo était devenue tremblante. Il se crispait sur son siège. Ses yeux ambrés exprimaient la plus grande confusion.

— Tu n’as jamais su me dire non, Ichi.

— Je ne veux plus Hisagi…

— Shūhei ! repris son ex. Ne crois pas que si tu utilises mon nom, ça agira comme une barrière. Ichigo… Je t’ai cherché pendant si longtemps ! Tu crois que maintenant, je vais m’embarrasser avec ce genre de futilités ? Reviens-moi !

— Jamais…

Sa voix n’était qu’un souffle. Le jeune homme était complètement hypnotisé par celui qui lui faisait face.

—  Je t’aime Ichigo ! Ma petite fraise… chuchota Hisagi contre son oreille, qu’il lécha au passage.

Le cœur du roux bondit dans sa poitrine et lorsque le brun enlaça ses doigts aux siens, il fut incapable de le repousser une nouvelle fois.

— Ichi… Cette fois-ci, je ne quitterai plus ! Tu es trop important pour moi !

— Jusqu’à quand ? Protesta tout de même le sommelier.

— Jusqu’à dans très longtemps ! 

Hisagi avait le visage très proche de celui du roux. Il effleura ses lèvres des siennes.

— Ce n’est pas le lieu, mais laisse-nous une seconde chance.

Ichigo sentait son cœur battre à tout rompre. Fallait-il le croire ? Il soupira… et abandonna.

— Tu as gagné ! 

Hisagi ne sourit pas, ni n’effectua un geste de victoire. Il semblait juste immensément soulagé et posa son front sur l’épaule d’Ichigo.

— Je suis si heureux !

— Je ne veux plus être sous les projecteurs Shūhei ! Je suis et je resterai sommelier ! Tu as compris ? 

Le brun redressa la tête et hocha la tête pour lui signifier son accord.

— Ce qui veut dire qu’à l’aéroport, on ne se connaît plus !

— Je l’avais compris. Tu travailles où maintenant ? 

Ichigo hésita un instant, mais avoua finalement.

— Au Relais Français.

— Attends ! Ce n’est pas le resto où ta sœur et tes deux beaux-frères travaillent ?

— Si.

— Putain ! J’ai fait le tour des restaurants ! J’y suis même allé ! Pourquoi je ne t’ai pas vu ?

— Si tu es passé un jeudi, je ne travaillais pas à l’époque.

— À l’époque ?

— On a changé de patron. J’ai un nouvel emploi du temps. Et je ne travaille pas le lundi et mardi.

— Oh… Deux jours de suite ?

— On est trois sommeliers. Mon patron veut que je sois là les week-end.

— Il te plaît ?

— Qui ?

— Ton patron !

— Il est plutôt sexy, dans le genre tape à l’œil… mais il a un putain de caractère ! grogna Ichigo.

— Hum…

— Quoi ?

— Il va falloir que je surveille ça !

— Qu’est ce que tu racontes ? s’étonna Ichigo.

— Il ne t’est pas indifférent ! 

Le roux le regarda, exaspéré, et le foudroya du regard.

— Ichi, je ne suis pas inquiet quand tu es indifférent. C’est gênant par contre si tu commences à t’agiter !

— Tu commences déjà ! Tu m’énerves !

— Mais pour l’instant, il semble que ce soit moi ton principal sujet de contrariété, donc tout va bien !

— La ferme ! 

Shūhei rit doucement contre l’oreille d’Ichigo, lequel s’enfonça dans son siège. Le voyage continua et les deux hommes s’endormirent les mains enlacées.

Pourtant, à l’aéroport, Ichigo quitta son amant pour prendre une direction différente. Le roux fut surpris de voir que son beau-frère et Grimmjow Jaggerjack l’attendaient à la porte de débarquement.

— Bonjour Kurosaki ! le salua calmement Byakuya.

— ‘lut Bya !

— Tu es bien familier.

— Boucle-la.

— Je suis très content de vous, Kurosaki ! le salua son patron.

Surpris, le roux leva la tête vers lui et l’observa quelques instants. Jaggerjack fronça les sourcils et demanda brutalement :

— Pourquoi y a-t-il une telle cohue ? 

Bientôt, ils virent apparaître un groupe de cinq hommes. Ils passèrent lentement et l’homme tatoué au visage tourna quelques instants les yeux vers Ichigo. Leurs regards se croisèrent avec intensité, mais quelques secondes après, il détournait les yeux et poursuivait sa route sous le crépitement des flashs.

— Qui est-ce ? demanda Grimmjow, étonné par l’agitation et le brouhaha autour du groupe.

— Hisagi Shūhei ! répondit Byakuya.

Grimmjow se tourna vers son chef, surpris qu’il connaisse ce genre de type. Il scruta ensuite Ichigo qui rougit légèrement. Finalement, Byakuya interpella Ichigo.

— Vous avez remis le couvert ?

— Hum… Oui.

— Tu viendras pas te plaindre.

— Ferme-la ! C’est ma vie ! 

Ichigo prit son bagage et fendit la foule dans le sens inverse. Intrigué, Grimmjow fronça les sourcils et questionna son chef cuisinier.

— Ichigo connaît ce type ?

— Oh oui ! 

Mais Byakuya n’en dit pas plus. Jaggerjack finit par suivre les deux hommes. Ses yeux fixaient intensément le dos de Kurosaki.



Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)