Ichigo et Grimmjow discutèrent avec Rei de son avenir professionnel et ce dernier voulut « voir » qui serait son futur patron ! Ichigo proposa au jeune homme de venir avec lui sa première journée de travail, autrement dit le lundi après-midi, juste après les cours, où le roux l’attendrait.
— Ouais… mais si ça me plaît pas, là-bas ! marmonna le jeune homme.
— Tu attendras quand même que je finisse ma journée pour que je te raccompagne ici…
Rei hésitait un peu, très surpris par la proposition qu’on lui faisait, mais accepta finalement, très curieux de rencontrer le restaurateur. Après tout… c’était un très grand restaurant !
— … bon, d’accord ! Comme ça, je verrai aussi comment tu travailles !
— Et moi, alors ? demanda Anku, qui était entrée dans le salon.
— Toi, tu fais passer ton audition… Tu as eu la fille du chef ?
— Ouais ! Elle a l’air sympa. De toute façon, on se verra samedi après-midi… Elle peut pas venir avant, apparemment, elle a des trucs à faire. J’avoue que j’ai pas bien compris son histoire… Enfin, je verrai bien ! Ichi… tu t’occuperas aussi de notre groupe ?
Ichigo avait les sourcils légèrement froncés en se rendant compte qu’il avait vraiment trop de choses à gérer, soudainement. Entre Rei, Anku, le restaurant, le groupe et ses affaires personnelles… il commençait à avoir des sueurs froides ! Grimmjow, qui ne disait rien, mais qui n’en pensait pas moins depuis quelque temps, se rendit compte qu’Ichigo prenait enfin compte de la mesure de tout ce qu’il voulait entreprendre… Il eut un léger sourire et se demandait si le roux lui demanderait son aide ou pas !
Finalement, avant de s’endormir, le sommelier qui se débattait avec ses couvertures et qui râlait tout son soûl sur le fait que ces dernières mettaient de la mauvaise volonté à lui obéir… sentit deux bras s’enrouler autour de lui et se sentit plaqué contre le corps de son amant.
— Tu es sûr que tout va bien ? se moqua Grimmjow…
— Bien sûr ! Ce sont ces couvertures qui…
— J’ai compris, mais… y a pas autre chose ?
Ichigo se raidit légèrement et marmonna :
— Comme quoi ?
— Comme quelqu’un qui se trouve maintenant plus que débordé par tout ce qu’il veut entreprendre et qui n’a pas réfléchi à toutes les conséquences ?
Ichigo se tourna vers Grimmjow et le regarda les yeux plissés.
— Que veux-tu dire ?
— Tu es sûr que tu vas t’en sortir tout seul ? Avec Anku et Rei… et le restaurant et ton groupe et tes affaires personnelles… et moi… j’existe encore dans ton programme ?
Grimmjow avait appuyé sa tête sur son coude replié et observait le roux, ironique. Ichigo rougit légèrement et le foudroya du regard.
— Bien sûr que je vais m’en sortir !
— Je te préviens… je passe pas au dernier plan ! J’ai connu ça avec Harribel et il est hors de question que cela recommence avec toi ! T’es vraiment sûr que tu n’as pas besoin d’un coup de main ?
— Non… non, je m’en sortirai !
— Eh bien… j’attends de voir ! ironisa doucement Grimmjow. Sache que je serai particulièrement irrité si tu m’oublies ! Au fait, n’oublie pas que dans moins de quinze jours, je vais au tribunal…
— Oui, je m’en souviens…
— Bien ! Enfin, si tu changes d’avis… sache que je me ferai un plaisir de t’aider !
— … très bien, je m’en souviendrai…
Ichigo avait tiré la couverture jusqu’au menton quand Grimmjow lui arracha pour la balancer de l’autre côté du lit et s’attaqua au roux qui l’aurait étranglé, car maintenant il mourait de froid ! Le bleuté se chargea bien vite de le réchauffer, sous des protestations qui restèrent virulentes quelque temps.
°OoO°
Ichigo s’occupa le reste de la semaine du groupe… Le lendemain soir de sa décision, il avait demandé à Hisana et Byakuya de passer avec leurs enfants. Ils avaient passé la soirée ensemble jusqu’au retour de Grimmjow. Ichigo leur avait exposé son projet pour le Relais Français.
Hisana lui rappela qu’il avait peut-être les fonds nécessaires pour le faire… mais n’aurait vraiment plus rien si l’album ne fonctionnait pas, si le restaurant ne fonctionnait pas… bref, elle lui brossa le tableau le plus noir possible.
En dehors de cela, Byakuya accepta avec plaisir de travailler pour son beau-frère et se chargerait de la brigade. Par contre, il ne garantissait rien pour Renji, qui avait trouvé une excellente place dans un restaurant proche de chez lui. Ichigo le rassura sur le fait qu’il comprenait bien sa situation !
Hisana, après s’être rendu compte qu’elle avait parlé dans le vide… et « très » légèrement exaspérée, lui proposa de s’occuper de sa gestion !
— Je vais avoir besoin de quelqu’un pour s’occuper du recrutement, j’y connais rien… grogna le sommelier, pensif, et qui voyait pourtant bien à qui il pouvait le demander.
Byakuya haussa un sourcil.
— Demande à Grimmjow ! Il t’aidera et… je suis même sûr qu’il ne demande que ça !
— Oui, mais… avec son divorce…
— Demande-lui ! firent Hisana et Byakuya en chœur.
— Je verrai…
Finalement, Grimmjow arriva plus tard dans la soirée et la famille Kuchiki prit congé.
— Alors ? demanda le bleuté, qui se servait une bière dans le réfrigérateur.
— On va acheter le restaurant… Hisana va s’occuper de la transaction sous couvert du cabinet pour lequel elle travaille. Mon nom ne sera pas cité ; par contre, je serai le propriétaire du restaurant. Enfin… comme nous en avons discuté la dernière fois.
— Avec le groupe ?
— Euh… ça avance…
— Anku et Rei ?
— Anku… j’en saurai plus samedi et Rei… pas avant la semaine prochaine ! Comme si tu ne le savais pas ! marmonna, mécontent, le roux, qui foudroyait maintenant Grimmjow du regard.
— Et moi ? continua le bleuté avec un sourire psychotique qui s’afficha sur ses lèvres.
— Toi ?
— Oui… moi ? Où tu en es avec moi ?
Ichigo n’aimait pas beaucoup que le bleuté le mette sur le tapis. Il n’avait rien fait qui puisse… Finalement, il se rendit compte qu’il était plutôt distant depuis qu’il était rentré alors qu’habituellement il avait toujours un geste vers lui dès son retour. Ichigo soupira et se posta devant son amant, qui n’avait toujours pas abandonné son air de vouloir lui faire passer un mauvais quart d’heure.
— Je… je crois que c’est plutôt mal parti, ce soir…
— Oh ! Tu t’en es rendu compte ?
— Je suis fatigué et…
— Et j’ai envie de me coucher !
Un sourire amer s’était affiché sur le visage de Grimmjow, qui se détourna du roux pour jeter la canette de bière après l’avoir aplatie comme une crêpe, d’énervement.
— Et je n’ai pas pensé à toi, et pourtant…
— Et pourtant ? répéta Grimmjow.
— J’ai attendu ce moment toute la soirée…
— Hum… tu vas me montrer ça, alors ?
Ichigo, qui avait plaqué son corps contre celui du bleuté, vit ce dernier se tourner lentement pour lui faire face et le regarder droit dans les yeux. Une certaine complicité passa entre eux et Ichigo tira sur le col de la chemise de Grimmjow pour le tirer à lui et l’embrasser. Lorsque le cuisinier passa les bras autour de sa taille, Ichigo s’approcha davantage et assura sa prise en lui passant un bras derrière la nuque.
— Moi aussi, j’ai attendu ce moment-là toute la soirée… chuchota Grimmjow, un sourire carnassier sur ses lèvres. Et si on continuait dans la chambre ?
— Tu n’en as jamais assez ?
— Jamais…
Et avant qu’Ichigo puisse lui répondre quoi que ce soit, Grimmjow attrapa le jeune homme et le posa sur son épaule comme un fétu de paille. Le roux protesta violemment et entendit, à son désespoir, Anku qui voulait demander quelque chose à son père mais finalement abandonna en voyant Ichigo transporté de façon si « romantique » !
— L’avantage… c’est que notre soirée ne sera pas interrompue ! se réjouit Grimmjow.
— Arrête de te la jouer ! Je n’ai pas dit mon dernier mot ! maugréa Ichigo, qui avait réussi à se libérer.
— C’est ce qu’on verra…
Grimmjow avait attrapé le roux, qui était prêt au combat, et qui finalement n’eut droit qu’à de doux baisers à la base de la nuque et à des gestes tendres auxquels il ne s’était pas attendu vu l’air particulièrement excité de son amant.
°OoO°
Le lundi après-midi, Ichigo attendait Rei dans la voiture. Le roux avait subtilement échappé à ses poursuivants ; la pluie de l’automne tout proche y était pour quelque chose. Rei aurait dû le rejoindre depuis un petit moment, et Ichigo commença sérieusement à s’inquiéter de son absence. N’y tenant plus, il sortit son parapluie et se dirigea vers l’entrée de l’établissement. Il ne trouva pas le jeune homme. Ichigo fronça les sourcils et regarda sa montre : cela lui faisait un bon vingt minutes de retard.
Il sortit son portable et appela le numéro du jeune homme. S’il avait un empêchement, il savait que le fils de son amant l’appellerait pour le prévenir. Son téléphone sonna et finit par décrocher… Une voix qu’Ichigo ne connaissait pas lui répondit :
— Ouais ! À qui ai-je l’honneur ?
— Où est Rei ? demanda Ichigo d’emblée.
— Oh… tu serais pas son père… ou bien l’autre enflure de Ka-Ten avec qui il s’est mis en ménage ?
Ichigo avait traversé la cour de l’établissement. Ce genre de racaille aimait généralement les endroits isolés et si possible derrière un bâtiment. Ichigo avait le cœur qui s’était emballé.
— Où est Rei… je n’aime pas me répéter ! demanda Ichigo, froidement.
L’orangé marchait très rapidement pour les localiser, le temps comptait.
— Tu n’es pas en position de marchander ! En fait… tu veux savoir ce qu’on va lui faire, là, tout de suite ?
— Tu touches à un seul de ses cheveux et…
— Et ? Faudrait que t’arrives à l’heure, ducon !
Le roux avait tourné le coin d’un bâtiment et se retrouvait près des locaux où le matériel de sport était rangé. Il ne voyait que cet endroit après avoir parcouru rapidement l’arrière du bâtiment.
— C’est assez amusant… fit Ichigo entre ses dents… comment certains deviennent « forts » lorsqu’ils sont en groupe et comment ils peuvent devenir couards lorsqu’ils sont seuls !
Ichigo se fit insulter et un cri de rage se fit entendre. Ichigo entendit un hurlement qui venait sans aucun doute de Rei et c’était de la terreur et de la douleur qui avaient résonné… Ichigo eut l’estomac qui se retourna car il l’avait entendu très distinctement derrière une porte. Il sut que la communication était coupée et le roux défonça la porte fermée.
Il sentit la colère monter en lui en voyant le spectacle malheureux du jeune homme, qui avait l’air d’avoir reçu plusieurs coups et dont le visage était ensanglanté. Le sang de l’orangé ne fit qu’un tour. Il ne chercha pas à comprendre… Les cinq racailles qui se tenaient devant lui devaient être des dernières années et voulaient vraisemblablement lui faire passer aussi un mauvais quart d’heure.
— Ça vous dit de lui en passer une à lui aussi, après tout…
Il ne finit pas sa phrase : Ichigo lui avait collé son poing dans le ventre et le jeune homme s’effondra au sol. Les autres lui tombèrent dessus, mais l’orangé, ayant été plus souvent pris pour un punching-ball durant son adolescence, ne se laissa pas faire et envoya de manière magistrale les quatre autres au tapis sans que ces derniers comprennent réellement ce qui s’était passé.
Ichigo se plaça devant Rei et l’aida à se relever. Les vêtements de l’adolescent étaient couverts de sang et déchirés.
— Regarde ce qu’ils ont fait, Ichi…
— On va arrang…
Au même moment, Rei poussa un hurlement en voyant quelque chose derrière le dos d’Ichigo. Ce dernier se tourna et vit alors la première racaille — qu’il avait écrasée — fondre sur lui avec un couteau à cran d’arrêt ! L’orangé crut sa dernière heure arrivée, tellement le couteau était proche, et ce dernier fut arrêté à quelques centimètres de la peau du roux, qui avait fermé les yeux. Ne sentant pas le coup arriver, il les rouvrit et vit son amant qui avait bloqué l’attaque du jeune homme ; une lueur folle s’était allumée dans ses yeux.
— Ça va être ta fête !
Grimmjow réussit à arracher l’arme des mains de l’adolescent et lui balança une rafale de coups de poing, mais ne put le faire très longtemps : Ichigo s’étant jeté sur lui pour l’arrêter !
— Arrête, Grimm’ ! C’est un gosse…
— Qui a failli te tuer et qui a tabassé mon fils ! hurla Grimmjow, allongé sur le sol.
— S’il te plaît…
— J’en ai marre ! Entre ma femme où je dois la fermer pour être sûr de pouvoir récupérer mes gamins et ce qui me revient de droit… toi qui t’en prends plein la gueule et je dois la fermer, et maintenant là…
Grimmjow se releva furieux. Il serrait les poings convulsivement et regardait le sol, rageur. Rei s’était approché de son père et toucha son bras.
— Papa, je… je suis désolé !
Le cuisinier se tourna vers sa version plus jeune de lui-même, au visage tuméfié. Il soupira et le prit dans ses bras.
— Rei… je pense qu’il est temps que tu apprennes quelques cours de self-défense !
— Tu sais… Ichi a été impressionnant !
Grimmjow leva les yeux vers son amant qui regardait la sortie, la mine renfrognée, et qui s’apprêtait à les quitter.
— Ichigo…
Grimmjow lâcha son fils et entoura les épaules de son amant.
— Je m’en suis pris à toi et je n’aurais pas dû… Merci pour Rei !
— Il faut partir d’ici… j’ai… un mauvais pressentiment…
Grimmjow retira sa veste et la donna à son fils, qui accepta avec plaisir pour cacher ses blessures. Ils sortirent rapidement et Ichigo demanda, intrigué :
— Comment as-tu su ?
— Je ne te voyais pas arriver… et je pense que tu m’aurais averti s’il y avait eu un bouchon, alors je suis venu voir, surtout que l’établissement est relativement proche ! J’ai vu ta voiture et je ne t’ai pas vu à l’intérieur. Je me suis dit que la seule chose qui pouvait t’empêcher de venir… c’était ce genre de problème donc j’ai cherché les endroits isolés…
— Tu emmènes Rei à l’hôpital ?
— Oui… je te verrai plus tard !
— Faites attention à vous…
— Merci, Ichi… déclara Rei d’une voix reconnaissante.
Ichigo hocha la tête et monta dans sa voiture. Il démarra pour entrer dans la circulation, Grimmjow ayant déjà quitté les lieux. L’orangé vit au loin apparaître les voitures des journalistes et accéléra un peu pour échapper à ces vautours. Il entra dans le restaurant et prévint le chef de l’incident s’étant produit au sein de l’école. Kenpachi proposa de devenir le « coach » de Rei mais l’orangé lui affirma que Grimmjow saurait très bien s’y prendre.
Ichigo rejoignit le domicile à l’heure. Il reçut un coup de fil de son amant pour l’avertir que Rei resterait une nuit à l’hôpital et qu’il resterait avec lui. L’orangé lui assura qu’il s’occuperait d’Anku… et Grimmjow le taquina en lui affirmant que ce serait Hinamori et Anku qui prendraient soin de lui et qu’il se sentait rassuré comme ça… Il dut le préciser sous les protestations d’Ichigo, mécontent d’être encore la cible de ses railleries.
°OoO°
Ichigo dormit très mal cette nuit-là. Il chercha Grimmjow dans le lit toute la nuit. Lorsqu’il se réveilla le lendemain matin pour aller travailler, il avait une tête de déterré et maudissait encore les adolescents qui n’avaient rien d’autre à faire que d’emmerder les autres ! Il téléphona à Grimmjow qui le rassura sur la santé de Rei… Il en saurait plus lorsque le médecin passerait pour observer l’adolescent.
Il s’était enfermé dans la cave et continua son recensement avec l’aide d’un commis que Kenpachi lui prêta pour le début de matinée. Ichigo s’était lancé dans son travail pour éviter de trop penser. À son étonnement, il vit qu’il avançait plus vite que prévu… et qu’il y avait des irrégularités. L’après-midi était bien avancé quand il voulut entrer dans le bureau du chef quand, soudain, un hurlement hystérique se fit entendre derrière lui. Surpris, Ichigo se tourna et croisa une adolescente plutôt grande lui bondir dessus.
— Je suis si contente ! hurla l’adolescente… Je te tiens, Ka-Ten !
Ichigo était plaqué contre le mur et de grands yeux marron pleins d’étoiles le fixaient avec admiration. La jeune fille n’arrêtait pas de parler et la seule chose sur laquelle Ichigo pouvait fixer son attention, c’étaient les cheveux roses… Et brutalement, cela lui revint !
— Tu es Yachiru… la fille du chef et le nouveau membre du groupe d’Anku… c’est ça ?
— Oui ! Anku t’a parlé de moi ? Super !!!
— Yachiru ! fit la voix éraillée de Kenpachi.
— Oui, Kenny ?
— Veux-tu lâcher mon sommelier !
Yachiru se rendit compte qu’elle avait plaqué le chanteur contre le mur et qu’elle le serrait contre elle, à l’étouffer.
— Je suis tellement contente que je ne sens plus ma force.
Ichigo reprit un peu d’air et se massa les côtes.
— J’peux avoir des autographes…
— Yachiru… tu lui parleras tout à l’heure. Il était venu pour me voir ! Après le travail…
— OK ! J’vais en cuisine… dit en courant la jeune fille d’une voix joyeuse.
— Ne mange pas tous les gâteaux, c’est pour les clients ! avertit son père.
— Oui… oui !
— Une chance que j’ai toujours une réserve… marmonna Kenpachi.
— Tu voulais m’voir ?
— Euh… oui !
— Entre !
Ichigo entra dans le bureau de Kenpachi et fit son rapport sur l’état de la cave. Zaraki était très surpris par la vitesse du jeune homme mais aussi par l’état des « lieux » de sa cave. Il devrait faire son enquête… ce n’était pas spécialement des « millésimes » recherchés ; Ichigo confirma que les bouteilles étaient prises au hasard. Grimmjow les rejoignit et s’excusa pour son absence.
— Normal ! marmonna Kenpachi entre ses dents.
Il leva ses yeux vers le bleuté, qui était plutôt pâle, et lui demanda :
— Ça ira pour ce soir ?
— Bien sûr ! affirma son second.
— Bien… Kurosaki ! fit Kenpachi en se tournant vers l’orangé. J’irai chercher des cadenas et au moins deux coffres comme vous me l’avez recommandé. Vous me recommanderez les bouteilles manquantes et vous filerez la facture à la compta. Prenez-moi aussi les bouteilles dont vous m’aviez parlé pour ma carte ! Enfin, faites votre boulot !
— Bien, chef !
— Nous, on retourne en cuisine…
— Je peux juste avoir cinq minutes, chef ? demanda Grimmjow.
— Dépêche-toi ! On n’a pas tout notre temps, ce soir…
Ichigo et Grimmjow quittèrent le bureau et l’orangé descendit à sa cave. Il demanda à son amant :
— Rei ?
— Il va mieux. Il est surtout choqué, maintenant, par ce qui lui est arrivé. En fait, il a réalisé dans la voiture, pour être plus précis.
— C’était ceux dont ils nous avaient parlé il y a quelque temps ?
— Apparemment… ils s’en prennent toujours au plus faible, enfin… comme d’habitude. Rei n’a pas beaucoup d’amis et reste la plupart du temps seul. Il est une proie facile, en somme.
— Il est où ?
— À la maison… Hinamori s’occupe de lui et Hisana a dit qu’elle passerait cet après-midi également pour lui remonter le moral.
— Je suis heureux…
Ichigo ne termina pas sa phrase en voyant l’air préoccupé de Grimmjow. D’autant que l’homme cherchait à éviter son regard.
— Que se passe-t-il, Grimm’ ?
— J’ai téléphoné à Harribel !
Ichigo grimaça et son cœur s’accéléra brutalement ; il sentait l’ombre d’une menace planer sur lui.
— Elle va se servir de cet incident pour me retirer la garde de Rei… finit-il par souffler.
Ichigo posa une main sur le bras de Grimmjow et ses yeux s’élargirent de surprise.
— Elle ne peut pas…
— Si, et elle va le faire !
Ichigo fit craquer ses doigts entre eux et la colère le submergea.
— Qu’elle nous fiche la paix une bonne fois pour toutes… Je commence à en avoir plus qu’assez de ces manigances et de ses interventions ! Si Rei part avec elle, je n’ose même pas imaginer ce qu’il va devenir… Je ne peux pas, je ne veux même pas savoir, en fait ! Grimmjow, je refuse qu’elle s’occupe des enfants !
Grimmjow entoura les épaules de son amant et le serra contre lui.
— Je le sais, Ichi, et eux non plus ne veulent pas résider chez leur mère… Nous en discuterons tout à l’heure…
Ichigo, surpris, se tourna vers le restaurateur. Sa voix débordait d’amour et lorsqu’il rencontra les yeux bleus, il y régnait une profonde lueur de tendresse. L’orangé le regardait toujours, surpris, et le laissa brosser ses lèvres contre les siennes avant de le quitter. Ichigo en resta profondément troublé et ne vit pas la lueur malicieuse des yeux marron qui avaient assisté à la scène…
°OoO°
Hisana monta tranquillement l’allée vers la demeure d’Ichigo. Elle était plutôt satisfaite de sa journée même si elle s’inquiétait pour Rei. Elle avait été contrariée lorsqu’Ichigo lui avait expliqué la situation.
Mais… quelle ne fut pas sa surprise de voir, à son arrivée, une voiture qu’elle ne connaissait pas. Elle se gara à côté de la Toyota grise et se dirigea vers l’entrée quand elle entendit les cris d’Hinamori.
Hisana fronça les sourcils… Hinamori et « crier » n’allaient pas de pair ! Momo était calme, même si elle pouvait être perverse avec Ichigo et lui faire faire ce qu’elle voulait… Mais crier…
Elle se dirigea d’un pas ferme et décidé quand elle vit Hinamori bloquer la porte avec son corps devant une femme grande et blonde… Cette dernière semblait particulièrement agressive.
— Rei ! hurla la femme. Je t’ordonne de venir me voir immédiatement ou c’est moi qui vais venir te chercher ! Je suis ta mère et…
Un sifflement vint interrompre sa tirade. Surprise, elle se tourna pour faire face à une femme qui n’était pas bien grande mais qui se tenait dans une position d’attaque : les pieds bien enfoncés dans le sol et écartés, ses deux bras portés sur la taille, dont un où pendait son sac à main, et une expression mi-moqueuse, mi-menaçante finissait la description.
— Eh bien… il vous en aura fallu du temps pour vous apercevoir que vous étiez une mère ! ironisa le petit bout de femme.
— Qui êtes-vous ?
— Moi ? Celle qui va vous refaire le portrait !
— Pardon ? Harribel en était interdite.
Hisana s’avança alors, les sourcils froncés ; une colère noire déformait ses traits, à présent.
— Vous avez pourri la vie de mon frère, vous avez ridiculisé vos enfants et vous les avez vendus alors qu’ils ne demandaient rien… vous aviez des comptes à régler avec votre mari… Eh bien réglez-les, mais n’impliquez pas mon frère, vos enfants, et toute la famille et les amis qui se trouvent dans l’entourage d’Ichigo !
Hisana se planta devant Harribel et releva la tête. Hinamori regardait le spectacle et franchement, entre la grande et la petite… la petite était la plus effrayante ! Quoique, cette dernière ne semblait pas émue.
— Pour qui tu te prends, espèce de roquet ? demanda la blonde.
— Pour celle qui est en train de payer les pots cassés à votre place, espèce de pouffiasse blonde !
Harribel eut un sourire torve.
— Oh… vous ne semblez pas avoir un langage très…
— Mon langage ne regarde que moi et je profite surtout que Byakuya n’entende pas ce que j’ai à vous dire, espèce de blonde sans cervelle ! Comment osez-vous vous prétendre être la mère de Rei et d’Anku ? Ils sont terrifiés, maintenant, quand ils vont à l’école avec vos calculs et manigances stupides. Vous saviez que depuis vos déclarations fracassantes, Rei se fait littéralement harceler ? Non… bien sûr… il y a l’argent ! Allez vous étouffer avec si cela vous chante, mais vous n’aurez pas Rei et Anku et j’y veillerai ! Vous êtes ici chez mon frère, alors allez dégager…
— Je partirai avec mon fils ! hurla Harribel, qui voulut attraper la petite brune, qui l’esquiva.
— Je ne pense pas, ma blonde amie… se moqua Hisana. J’ai appelé la police et ils ne tarderont pas à venir pour violation de domicile et harcèlement moral, et bien d’autres griefs que je trouverai en chemin… C’est fou comme mon imagination peut s’emballer, soudainement…
— Vous ne pouv…
— Je suis avocate !
Harribel ouvrit les yeux de surprise.
— Donc, vous imaginez bien, très chère… que la subtilité, si elle vous fait défaut, chez moi elle regorge !
— Pas pour le vocabulaire ! cracha Harribel.
— Je me suis mise au niveau de mon interlocutrice, après tout ! ironisa la brune.
Harribel sentit la moutarde lui monter au nez et voulut gifler cette pimbêche mais une main intercepta son bras. De rage, la blonde se retourna pour croiser un homme brun à moustache qui ressemblait à un Européen.
— Dordoni… je vous demanderai de conduire cette femme dans un endroit « sécurisé » jusqu’à l’arrivée de la police.
Puis, s’adressant à la blonde qui s’était penchée pour la dominer de façon tout aussi menaçante à présent :
— Vous imaginez bien que je vais utiliser cet argument contre vous pour le divorce. Vous voulez ennuyer mon frère ? Bien… moi, je vais vous en faire baver jusqu’à ce que vous n’ayez plus une seule goutte d’eau dans votre corps ! Vous allez payer pour le mal que vous avez causé à notre famille !
— Votre famille ? La blonde éclata de rire. Deux hommes ensemble… une famille ? Votre frère est un péd…
Une gifle magistrale retentit devant l’entrée.
— Mes parents n’ont pas eu la chance de voir leurs enfants grandir… enfin, seulement moi. Ma sœur Rukia et surtout mon frère Ichigo, qui n’avait que douze ans au moment de leur mort. Jamais ils n’auraient prononcé de tels mots, alors je ne tolérerai pas qu’une espèce de femme sans cœur les prononce alors qu’elle ne lui arrive même pas à la cheville ! Ichigo est un homme comme les autres : il travaille dur, il s’occupe de vos enfants contrairement à vous, qui fuyez votre propre réalité, et il aime votre futur ex-mari… Il est honorable car il a accepté sans se poser de questions… et vous voudriez le traîner dans la boue ? Dégagez, circulez… je ne veux plus vous voir ! Si j’ai le « bonheur » de vous croiser à nouveau… je vais m’arranger pour vous disperser façon puzzle !
— Si vous croyez…
— Je ne crois rien ! Contrairement à Grimmjow, j’ai la possibilité d’agir comme bon me semble et surtout… je connais le droit ! Et sachez que vous n’en aurez aucun avec moi…
Harribel allait essayer de s’échapper de la prise du jardinier mais ce dernier la tenait fermement. La blonde insulta la brune, qui lui ricana au nez pour toute réponse. Dordoni la traîna comme une vulgaire criminelle et elle se retrouva bientôt enfermée dans le local à jardin parmi les pelles, bêches, râteaux et autres ustensiles, qu’elle balança contre les murs mais qui n’eurent d’autres effets que de retomber sur le sol avec fracas.
— Espèce de salaud ! hurla Harribel.
— Criez autant que vous le voulez… vous attendrez la police ici ! Personne ne vous entendra !
°OoO°
Ichigo regagna sa maison un peu plus tard que prévu, mais trouva Rei en compagnie d’Hisana qui l’accueillit avec un grand sourire.
— Tout s’est bien passé en mon absence ? demanda le roux, souriant mais un peu inquiet quand même, connaissant sa sœur.
— Très bien ! affirma cette dernière avec un sourire d’une oreille à l’autre.
Ichigo vit la gêne de Rei et le regard de connivence mais n’obtint aucune autre réponse, ni de sa sœur, ni de Rei…
Bonus :


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)