Samedi 28 février 2009
Grimmjow se réveilla difficilement… Il était épuisé et se sentait vaseux. Il ouvrit lentement les yeux et croisa les yeux ambrés, si chers à son cœur, au-dessus de lui, qui le scrutaient.
— Ichi… souffla Grimmjow.
Il fit glisser une main derrière la nuque du jeune homme et son propre cœur s’emballa en se souvenant de la soirée qui avait eu lieu la veille. Anku s’était mariée et ils avaient fait la fête jusqu’à l’aube.
— Tu deviens paresseux avec l’âge, Grimmjow ! affirma le roux, qui se moquait délibérément de son amant.
— Si tu te moques de moi… je ne m’occuperai plus de ta survie en cuisine… insolent ! grogna le bleuté.
— Hum… tu ne voudrais pas venir avec moi ? J’ai envie de profiter de la plage tant qu’il n’y a personne…
Grimmjow se passa une main sur le visage et respira profondément. Il finit par se lever et passa par la salle de bain. Ichigo l’attendait devant la grande ouverture se situant devant leur bungalow.
— Allez ! Allez, Grimm’ ! Tu es plus rapide pour arriver au restaurant !
— Ça va ! marmonna Grimmjow. Pour une fois que nous pouvons prendre notre temps !
Ichigo éclata de rire et sauta en bas des marches et partit d’un pas alerte vers la plage, mais c’était sans compter sur la rapidité du bleuté, qui l’enlaça tendrement et s’empara voluptueusement des lèvres offertes…
— Ichi… pour moi, c’est toujours comme au premier jour, à chaque fois, avec toi !
Ichigo le regardait avec une lueur malicieuse.
— Pas pour moi… Non, il ne vaut mieux pas ! Viens…
L’orangé enlaça ses doigts dans ceux de son amant et le tira vers la mer, pour ensuite bifurquer paresseusement le long de la côte. Un immense sourire s’affichait sur les lèvres du roux.
— Tu as l’air heureux…
— Je le suis… je suis toujours avec toi !
— Hum…
Grimmjow serra les doigts d’Ichigo un peu plus fort et finalement le tira à lui et enlaça sa taille. Ils s’arrêtèrent et se regardèrent avec beaucoup d’amour dans le fond de leurs regards.
— Toutes ces années avec toi… je suis tellement heureux d’avoir acheté le Relais Français… Ma rencontre avec toi est certainement un des plus beaux jours de ma vie !
— …
Ichigo fut incapable de répondre… parfois un silence pouvait remplacer des paroles qui pourraient sembler si creuses une fois prononcées, et Grimmjow le comprit en le serrant contre lui.
— Harribel est quand même venue… je n’aurais pas cru cela possible ! murmura Grimmjow.
— Anku et sa mère ont discuté. Enfin, c’est ce qu’elle m’a dit ! A— ku, je précise ! reprit Ichigo—
— J’avais compris, rit doucement Grimmjow.
— Je ne pensais pas qu’elle lui pardonnerait, mais apparemment… enfin, d’après ce qu’Anku m’a dit de sa décision de l’inviter, déjà… le fait qu’elle ait finalement retiré ses plaintes et surtout qu’elle ait fait en sorte de « normaliser » leurs relations depuis le divorce y ont été pour beaucoup… même si cela n’était pas facile pour elles !
— Rei n’a pas l’air de lui pardonner, en tout cas !
— Il ne veut pas me dire pourquoi il s’obstine…
— Je pense savoir ! Il est en admiration devant toi ! Il a été très impressionné lorsque tu as fait une démonstration de tes capacités au combat — que je n’ai toujours pas pu admirer, au passage… Et puis, tu lui as tout appris de son métier… Pour lui, tu n’as jamais été une idole comme certains s’étaient représenté Ka-Ten, mais tu es comme son deuxième père, qu’il respecte et admire…
Ichigo rougit légèrement. Grimmjow se pencha vers les joues de son homme et caressa avec ses lèvres la teinte rosée de ses joues.
— Ichi… je t’ai déjà dit que je t’aimais ?
— Hum… un million de fois !
— Alors, je te le redis… « Je t’aime » !
Ils reprirent une marche lente, ayant accordé leurs pas, et se collant l’un à l’autre…
— Je n’arrive pas à croire qu’Anku ait pu faire un trou dans son emploi du temps, reprit Grimmjow. Elles sont en tournée partout au Japon et tu as vu Gin… il arborait un de ses sourires ! Enfin, je suis heureux que depuis que le groupe des Moitié-moi a remplacé les Dix mois Alice, il te fiche enfin la paix !
Ichigo éclata de rire et reprit d’un ton moqueur :
— Dis plutôt que c’est le fait d’avoir racheté les parts de la maison de disques d’Aïzen et d’en avoir pris le contrôle qui le réjouit… Ou plutôt le jour où il se rappelle comment, en arrivant dans le conseil d’administration, il a fait virer ce type de sa propre boîte par sa propre sécurité ? Avec Gin, on ne sait jamais vraiment…
— Tss ! Tu as raison… ce type est insaisissable, rétorqua, songeur, Grimmjow.
— Au fait, je ne sais pas si Rei t’en a parlé mais il a l’intention de retourner travailler à la 11e tour dès son retour de Californie.
Le bleuté s’arrêta de surprise et regarda avec un grand étonnement son amant.
— Tiens donc ! Il ne m’en a pas parlé… Pourquoi, il te dit toujours tout ?
— Qui sait… murmura Ichigo.
— Pourquoi revient-il ?
— Yachiru !
— Oh… il se laisse encore faire par cette « fille » ?
— Hum… ne l’appelle pas comme ça, elle risque de devenir ta « belle »-fille ! rit doucement le roux.
Grimmjow s’arrêta de nouveau et se tint le cœur.
— Pas possible !
Un frisson d’horreur parcourut l’échine du bleuté.
Ichigo riait à gorge déployée.
— Non… Yumi lui a demandé et tu sais que Rei a toujours eu un faible pour elle…
— Toi ! Attends un peu… tu vas voir !
Ichigo voulut s’échapper mais Grimmjow l’attrapa presque immédiatement, ne lui laissant pas le temps de s’enfuir. Le roux se retrouva plaqué au sol et chuta plus ou moins lourdement, Grimmjow au-dessus de lui.
— Ah… Grimmjow, tu es lourd ! souffla difficilement Ichigo.
— C’est ta punition !
— Tricheur…
Mais Grimmjow commençait à butiner le cou de sa victime et lécha avec délectation la peau bronzée de son amant. Ce dernier répondit à ses petites caresses par des petits gémissements et voulut quand même se sortir de sa position délicate.
— Grimmjow… les touristes vont arriver !
— Hum…
Ichigo sentait deux mains glisser sur son corps et un frisson délicieux le parcourut.
— Grimm’…
— Tu disais ?
— Les touristes !
— Oh…
Grimmjow se redressa et aida sa moitié à se mettre debout. De petits groupes arrivaient et les deux hommes marchaient maintenant séparés d’une certaine distance. Un groupe de filles dévorait bientôt Grimmjow du regard, Ichigo le remarqua immédiatement et se mordilla la lèvre. Il ne pouvait pas s’empêcher d’être jaloux !
— Ichi…
— Hum ?
— Je peux savoir ce qui te tracasse ? demanda Grimmjow, qui avait reconnu une certaine agitation chez son compagnon.
Ichigo leva ses yeux vers lui de surprise et marmonna :
— Elles te dévorent des yeux !
— Qui ? Grimmjow, quant à lui, ne regardait qu’Ichigo.
— Le groupe de filles, là-bas…
Grimmjow tourna la tête brièvement et remarqua un groupe de jeunes femmes qui le regardaient avec une certaine insistance. Ses yeux se tournèrent vers son amant et il haussa un sourcil.
— Tu ne vas pas encore me faire une crise de jalousie ?
— C’est plus fort que moi… ronchonna Ichigo. Si tu étais avec l’une d’entre elles, tu pourrais te conduire « normalement », tandis qu’avec moi…
Ichigo n’eut pas le temps de finir sa phrase : il fut saisi à la taille et plaqué contre le corps musclé de son compagnon. Les lèvres du bleuté cherchaient fiévreusement les siennes.
Ichigo tenta de le repousser mais la poigne de fer de Grimmjow ne lui laissait aucune possibilité de se détacher. Ils entendirent toussoter derrière eux et Ichigo en aurait presque eu un soupir de soulagement…
— Papa… arrête de harceler Ichi ! Il n’est pas qu’à toi, je te signale !
Les deux amants se tournèrent pour faire face à… Grimmjow jeune homme !
— Ichigo m’appartient, Rei ! Si tu ne l’as pas encore compris, je vais te l’enfoncer dans le crâne ! menaça son père.
— Faux ! Il est notre « mère d’adoption » !
— Mère ? reprit Ichigo, abasourdi.
Grimmjow foudroya son fils du regard et reprit :
— Ichi n’a rien d’une fille, tu peux me croire !
— Je te crois sur parole !
Se tournant vers sa « mère », il prit son plus beau sourire.
— Ichi, j’ai besoin de toi !
— Pourquoi faire ? demanda Ichigo, encore sous le choc de la déclaration de Rei.
— En fait… je ne peux pas en parler devant papa !
— Quoi ? reprit Grimmjow, sur les nerfs, et qui tentait de repousser les mains de Rei qui essayait de saisir Ichigo.
Finalement, le jeune homme réussit à s’emparer de son beau-père : il l’attrapa par les épaules et le serra contre lui et, se tournant vers son père :
— Tu vois à quoi vous ressemblez en « couple », lui et toi ? Mais avec moi c’est quand même mieux car je suis une version plus jeune donc, sans les inconvénients des personnes plus âgées comme toi, avec leur fichu caractère !
Grimmjow faillit s’étouffer et un aiguillon de jalousie le tenailla quand il vit qu’Ichigo et son fils formaient un couple des plus attractifs. Il trouva que son amant ne se débattait pas beaucoup.
Ils entendirent le rire d’Anku résonner et cette dernière se moquer de son père :
— Tu verrais ta tête, papa !
— Tu vas voir la tête de Rei dans cinq minutes !
Et Grimmjow voulut attraper son fils et son amant, mais Anku lui barra le chemin et le jeune sommelier entraîna son sensei loin de son père. Ichigo suivit sans rien dire le jeune homme, et quand ils furent suffisamment loin, il arrêta Rei.
— Pourquoi m’as-tu entraîné jusqu’ici ?
— Parce que j’ai besoin d’un conseil et papa l’entendait… il se moquerait encore de moi ! bougonna Rei, qui se tortillait les mains, nerveusement.
— Tu te fais de fausses idées sur Grimmjow… Que se passe-t-il encore ?
— Je veux demander Yumi en mariage…
Les yeux d’Ichigo s’arrondirent de surprise.
— Pourquoi me demander conseil ?
— C’est… Rei se tortilla un peu plus et baissa les yeux… à cause de Byakuya Kuchiki ! Il est plutôt effrayant. Hisana, ça va… mais lui, il me terrorise !
Ichigo éclata de rire et posa une main sur l’épaule de Rei en signe d’apaisement.
— Que se passe-t-il avec Byakuya ? Il ne te mangera pas et il t’aime bien…
— Pourtant, j’ai toujours l’impression qu’il me regarde de travers… Tu es son beau-frère depuis je ne sais pas combien de temps… Dis-moi un truc pour que je puisse l’affronter ?
— Tu as déjà posé la question à Yumi ?
— Yumi ?
Ichigo leva les yeux au ciel en se demandant ce qu’avait parfois Rei dans la tête. Il soupira et regarda le jeune homme, puis lui encercla les épaules et le tira vers lui.
— Rei, la première chose : pose la question à Yumi si elle veut, oui ou non, devenir ta femme. Et après, si tu veux mon avis… parle-en sur le ton de la confidence à Hisana ! Si tu l’as dans la poche… Byakuya ne pourra que dire oui ! Il n’a jamais rien refusé ni à sa femme, ni à ses filles !
— J’y avais pas pensé ! Pourtant, c’est tellement évident… Hisana sera ma meilleure arme !
Rei attrapa Ichigo et le serra contre lui, fou de joie, et quitta la petite place où ils s’étaient arrêtés. Ichigo entendit derrière lui le ton menaçant de son amant.
— Alors, comme ça, tu préfères mon fils ?
Ichigo se tourna d’un bloc et regarda Grimmjow, stupéfait…
— Grimmjo…
Trop tard : ce dernier l’avait saisi par le bras et le tira jusqu’à leur bungalow, qui se trouvait non loin de là. Grimmjow souleva, dans les derniers pas, Ichigo qui commençait sérieusement à se débattre, attirant le regard des badauds. Une fois entrés dans leur pièce, Grimmjow lâcha Ichigo et ce dernier fit face avec colère au bleuté.
— Qu’est-ce qui te prend, encore ?
— Je vous ai vus… cracha Grimmjow.
— Vu quoi ? Y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi ?
— Vous vous teniez par la main, par les épaules, et il t’a embrassé… Tu me préfères en version plus jeune, comme le disait Rei tout à l’heure !
Ichigo leva les yeux au ciel et se dit qu’il n’était vraiment pas le seul jaloux dans le couple.
— Ne dis pas n’importe quoi ! J’ai eu un choc tout à l’heure en l’entendant m’appeler « mère » ! Mais il voulait me demander quelque chose…
— Il avait besoin de te toucher et toi également ?
— Grimmjow ! menaça Ichigo…
— Quoi ? Je vous ai vus !
Les yeux bleus de Grimmjow lançaient des éclairs et une barre soucieuse plissait son front. Ichigo finit par sourire et il eut la vague impression de se trouver face à un enfant qui avait peur qu’on lui prenne son jouet préféré.
Ichigo traversa l’espace qui les séparait et passa une main dans les cheveux bleus et blancs sur les tempes de son amant.
— Grimmjow… comment peux-tu être jaloux de ton fils ? Tu ne t’es pas encore rendu compte depuis le temps que je ne vois que toi…
— Il me ressemble… en plus jeune ! maugréa Grimmjow, qui se détendait sous les caresses affectueuses de son compagnon.
— Il n’y aura jamais qu’un Grimmjow dans ma vie ! souffla Ichigo, un sourire tendre sur les lèvres. Ton fils me demandait simplement un conseil pour affronter Byakuya…
— Byakuya ? Et il a besoin de te sauter dessus…
— Il veut demander Yumi en mariage…
— …
Les yeux bleus s’étaient arrondis de surprise.
— Je lui ai suggéré de passer par la case Hisana !
— Excellente idée… murmura Grimmjow, toujours sous le coup de l’annonce.
Ichigo avait enroulé ses bras autour du cou de son amant et le regardait de plus en plus tendrement.
— Donc, entre ton fils et moi… il n’y a rien et il n’y aura jamais rien…
— Hum…
Grimmjow plongea ses yeux bleus, qui arboraient une lueur de défi, dans les siens.
— Oui, mais ça pourrait arriver…
— Idiot ! grommela Ichigo.
— Att…
Ichigo repoussa Grimmjow sur le lit qui se trouvait juste derrière lui et s’assit sur lui.
— Donc… murmura Ichigo, une lueur vicieuse dans le regard ambré. Que pourrais-je te faire pour que tu comprennes que je ne veux que toi ?
— Voyons-voir…
Grimmjow attrapa le cou d’Ichigo et le pencha vers lui pour explorer sa bouche. Ichigo prit appui sur les épaules robustes de son amant et répondit à son baiser !
Au même moment, la porte de la chambre s’ouvrit et laissa la place à Hisana, qui s’arrêta net en voyant le spectacle.
— Eh bien, ça alors… Moi qui pensais avoir tort depuis que Byakuya… fit-elle, songeuse.
Ichigo s’était redressé, surpris, et regardait sa sœur, stupéfait. Grimmjow fut plus qu’exaspéré par l’arrivée intempestive de sa belle-sœur qui, d’ailleurs, partit en courant tout en hurlant :
— Byakuya… j’avais raison ! C’est bien Ichigo le seme et Grimmjow l’uke !
Les deux hommes se regardèrent, surpris, et Ichigo attrapa une crise de fou rire tandis que Grimmjow se leva précipitamment pour essayer de sauver ce qui pouvait l’être, puis abandonna en voyant, au loin, la jeune femme discuter bruyamment avec les invités du mariage sur la vie sexuelle de son frère !
Grimmjow ferma la porte du bungalow à clé et ragea… Ichigo riait toujours à gorge déployée sur le lit et se tenait les côtes, surtout en voyant l’air furibond du bleuté.
— Un jour… je la tuerai ! le prévint-il.
Ichigo fut incapable de lui répondre ; les larmes commencèrent à couler le long de ses joues.
— Arrête de rire bêtement…
Mais le ton de Grimmjow était amusé et il vint s’asseoir à côté de son amant, pour finalement chuter à côté de lui et le regarder rire avec le sourire. Au bout d’un petit moment, Ichigo était de nouveau assis sur Grimmjow.
— Ta réputation est morte !
— Je m’en moque…
— Tu es sûr ? demanda Ichigo, mi-moqueur, mi-sérieux.
— Qu’importe, Ichi…
Bientôt, les mains de Grimmjow parcouraient le corps de son homme et il était toujours stupéfait de voir qu’Ichigo répondait à chacune de ses caresses. Le regard ambré dont les paupières étaient mi-closes lui semblait toujours incroyablement sexy…
Le voir avec Rei l’avait rendu fou ! Personne n’avait le droit de le toucher… personne n’avait le droit de pouvoir l’aimer comme lui pouvait l’aimer… même plus de dix ans après leur rencontre. Ils en avaient trop bavé au début de leur relation pour que quiconque puisse les séparer, que ce soit Aïzen, Harribel ou même cette journaliste qui s’appelait M… Mashiro ?
Il ne savait plus trop… De toute façon, elle avait disparu des écrans télé après l’annonce du divorce et les aveux publics d’Harribel sur son comportement irresponsable.
Ichigo avait mis du temps pour se reconstruire après avoir été traîné dans la boue par cette femme… mais le Relais Français et tout son personnel lui avaient redonné confiance en lui, et surtout tout l’amour dont Grimmjow l’avait entouré lui avait permis de reprendre en main son destin… Mais en devenant le patron d’un restaurant et d’un bar à vins… mais plus comme sommelier !
Encore aujourd’hui… nombre de curieux essayaient de croiser le roux pour des autographes, des scoops en tout genre, ce qui ne lui permettait plus de venir en salle…
Grimmjow était égoïstement heureux car Ichigo lui tenait compagnie en cuisine le soir, mais souvent il voyait la lueur de nostalgie qui emplissait les yeux ambrés et aurait fait n’importe quoi pour que l’homme de sa vie puisse retourner à ses bouteilles et à son bar et vivre une vie normale. Ichigo lui assurait que c’était la rançon du succès et qu’il avait tout pour être heureux… et pourtant !
Plus tard dans la journée, alors qu’Ichigo était allongé sur le sable, Grimmjow voulut être sûr du choix de son amant.
— Tu ne regrettes vraiment pas…
Ichigo tourna la tête, surpris, vers Grimmjow.
— Quoi ? voyant l’hésitation du bleuté.
— De ne plus exercer ton métier ? De m’avoir rencontré, ou je ne sais pas… d’avoir vécu tous ces ennuis à cause de nous…
— Idiot ! marmonna Ichigo, qui bailla discrètement. Rei est devenu sommelier et j’ai été très fier de lui transmettre tout ce que je savais ! Et puis, j’ai le restaurant et le bar… et ensuite, je suis en cuisine et je peux manger autant que je le veux ! Euh… et puis, il y a toi dedans également !
Grimmjow regardait d’un regard menaçant l’orangé, qui se moquait délibérément de lui.
— Je savais que c’était pour ton estomac que tu m’as épousé !
— Andouille ! On n’est pas mariés… protesta Ichigo.
— J’aurais aimé ! reprit Grimmjow, avec regret.
— …
— On pourrait se faire une cérémonie, que toi et moi ! fit soudain Grimmjow.
Ichigo ne répondit pas mais son cœur s’était soudainement mis à battre la chamade. Grimmjow vint s’allonger à côté de lui et reprit doucement :
— Rien que toi et moi, pour une fois ! Sans ta famille ni les enfants… Échanger une promesse, tous les deux ! Après tout, quel est le crétin qui a décrété qu’on avait besoin d’un prêtre pour être heureux et se jurer fidélité, amour et assistance ?
Ichigo ne répondait toujours pas, tellement ému par les paroles de son amant.
— Tu ne voudrais pas ?
Ichigo hocha la tête en signe d’assentiment.
— Tu ne dis rien ?
— … je suis trop ému ! chuchota Ichigo.
Grimmjow eut un petit sourire carnassier et se redressa prestement et tendit une main vers Ichigo.
— Viens… murmura doucement Grimmjow.
Le sommelier se redressa et suivit son homme vers le bord de mer. Grimmjow regarda l’espace autour de lui et dit d’une voix badine :
— J’crois que je trouverai pas plus romantique qu’une plage dans les Caraïbes devant un coucher de soleil pour faire ce genre de déclaration !
— Quel…
— Ichigo Kurosaki… même si aucun papier ne pourra nous unir, veux-tu rester avec moi pour le restant de tes jours ? Dans les meilleurs moments, puisque nous avons vécu le pire ?
Grimmjow sortit de sa poche arrière de son bermuda un petit objet et Ichigo reconnut une alliance lorsque son amant la passa à son doigt.
— Nous n’aurons plus aucune raison d’être jaloux… Je te promets fidélité et d’être toujours à tes côtés… jusqu’à ce que la mort nous sépare. Tu le veux ?
— Oui ! Ichigo avait la voix étouffée par l’émotion.
Grimmjow tendit à Ichigo la seconde alliance.
— Grimmjow… souffla difficilement l’orangé, tellement l’émotion qu’il ressentait était forte également. Veux-tu vivre le meilleur avec moi ? Veux-tu rester à mes côtés jusqu’à ce que la mort nous sépare ?
— Oui ! Et plus, si c’est possible…
Les deux hommes entendirent soudain des acclamations de joie. Surpris, ils se tournèrent et virent toute leur famille présente et leurs amis. Chacun s’était approché pour suivre la « mini-cérémonie » et maintenant comptait bien poursuivre les festivités.
— Mais… tu avais prévu ça ? demanda Ichigo à Grimmjow.
— Nan ! Ils ont réussi à s’incruster !
Il avait l’air aussi surpris qu’Ichigo. Finalement, Hisana arriva et déclara :
— Je t’ai vu entrer dans une bijouterie, Grimmjow, et je t’ai espionné ! Je me suis dit que ce ne pouvait être que pour Ichigo, ton déploiement de romantisme… De ce fait, nous avons surveillé chacun de vos gestes pour savoir quand tu te déciderais à faire ta déclaration ! C’était franchement émouvant !
Hisana sortit son mouchoir et s’essuya le coin de l’œil.
— Je suis trop sensible !
Byakuya, qui passait par là, faillit s’étouffer en entendant les paroles de sa femme, et voyant l’air surpris de chacun face à sa réaction, entreprit de se recomposer son masque d’impassibilité !
Tous éclatèrent de rire et la fête reprit de plus belle, pour finir par un pique-nique géant sur les bords de mer…
Beaucoup plus tard, Ichigo regardait son alliance avec intérêt et un sourire s’inscrivit sur ses traits fatigués. Il se blottit plus près contre son amant et s’endormit profondément, comme de nombreuses nuits qui suivraient celle-ci ! Il n’attendait plus que son retour « à la maison »… et le retour à une existence « normale » !
Voilà, c’est fini ! Pour certains qui pensaient que je montrerais le divorce, etc.… non ! J’estime que l’altercation Hisana x Harribel suffisait… Et je voulais, après toutes les difficultés, un chapitre « heureux » pour finir ! Oui… je suis une sadique romantique et vous ne me changerez plus ! J’espère que l’histoire vous aura plu jusqu’au bout !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)