La part du dragon : 3

Ichigo était légèrement nerveux. Il avait voulu être à l’aise. Alors, il avait enfilé un polo, un pantalon en toile simple et des baskets… Et n’avait pas pensé au vendeur. Lui ne faisait pas de différence… Mais les magasins luxueux le mettaient vraiment mal à l’aise. Un vendeur condescendant vint le voir. Il lui montra combien le servir était pénible pour lui.

L’orangé ne montra pas son exaspération. C’est vrai, il ne s’était pas habillé de façon conventionnelle. De toute façon, il n’avait pas trop le choix. Il faut dire qu’il avait claqué la porte de trois grandes boutiques et qu’il ne pouvait plus faire la fine bouche. Il patienta autant qu’il le pouvait… Le vendeur prit ses mesures et chercha différents costumes pour Ichigo.

Ce dernier fit la grimace en voyant certains modèles. Ils étaient chers et, en plus, ils ne lui iraient pas du tout. Ichigo jeta son dévolu sur trois costumes : un noir, un gris et un crème, puis il prit les chemises qui lui semblaient les plus appropriées, en snobant le vendeur. Il en prit six.

Il savait mieux que lui, apparemment, ce qui lui irait. Il finit par sortir les cravates qu’il choisit dans des tons sobres. Il n’aimait pas le voyeurisme. Les fantaisies, s’il pouvait se les permettre, il verrait cela plus tard. Il prit des barrettes à cravate, des boutons de manchettes, deux ceintures, des chaussettes et emmena tous ses achats en caisse. Il gémit en voyant la note : 6 500 euros.

Il soupira et sortit avec ses paquets. Il se dirigea ensuite vers un magasin de chaussures de luxe. Il prit des chaussures italiennes en cuir souple. Il s’arrêta dans une bijouterie et s’acheta une nouvelle montre. À la fin, il s’arrêta à une parfumerie et prit un parfum de marque… il n’était plus à ça près.

Il s’acheta également, sur les conseils du vendeur en cosmétique, quelques produits de beauté. Il se demanda s’il ne s’était pas transformé en fille. Il soupira à nouveau… Si tout cela pouvait l’aider à être un hôte parfait qui pouvait empocher de l’argent facilement… pourquoi pas !

Ichigo sortit de son shopping épuisé. Il prit un taxi pour rentrer chez lui. Il avait mal aux pieds. Finalement, il ne restait presque plus rien de son avance. C’était sûr qu’il ne ferait pas les boutiques tous les jours.

Il espérait que cela lui suffirait au départ car il songea à garder le peu d’argent qu’il lui restait pour payer quelques factures en retard. Il descendit difficilement du taxi après l’avoir payé. Il monta rapidement dans son studio et rangea les vêtements nouvellement acquis. Il rangea ses cosmétiques ainsi que ses accessoires et ses chaussures.

Ichigo se prépara pour travailler dans son magasin. Il ne voulait pas penser au lendemain. Son téléphone portable sonna lorsqu’il monta dans l’ascenseur. C’était Ukitake.

— Bonjour, Ichigo-kun !

— Oh, bonjour, Ukitake-san.

— Je voulais savoir s’il vous était possible de passer cet après-midi ou bien demain matin au club.

— Je pars travailler… Mais demain matin, c’est possible.

— Très bien. Je voudrais vous faire signer votre contrat, et je voulais savoir si ça avait été pour les costumes ? Ou si vous aviez besoin d’aide ?

— Non, c’est parfait… Je me suis acheté ce qu’il fallait. Et je passerai demain matin. Vers quelle heure ?

— Hum… 10 h ne vous paraîtrait-il convenable ?

— Bien sûr ! Je serai là…

— Bien… à demain, alors.

— À demain, bonne journée, Ukitake-san.

— Vous de même.

Ichigo raccrocha et se dirigea vers la sortie de son immeuble. Il se dirigea rapidement vers le métro et pressa le pas. Il serait vraiment juste à l’heure aujourd’hui. Son après-midi se passa sans incident majeur.

Pendant sa pause, il appela sa mère pour prendre de ses nouvelles. Cette dernière était ravie d’entendre son fils et le rassura sur son état de santé. Il lui promit de passer le dimanche. Elle l’invita à dîner avec eux. Il accepta sans se poser de question.

Il ne rentra pas chez lui directement le soir-là… Chad, Ishida, Keigo et Mizuiro vinrent le chercher pour une partie de bowling. Ils finirent dans un bar où il finit passablement éméché. Il rentra chez lui sans encombre tout de même. Mais se promit d’arrêter de boire quand il sentirait les signaux de l’ivresse. Il dormit d’un sommeil sans rêve. Il avait pris la précaution de mettre son radio-réveil à 8 h 30 !

°OoO°

Ichigo avait enfilé une tenue confortable pour rejoindre Ukitake. Certes, elle ne tapait pas à l’œil, mais il était tout à fait présentable. Il arriva quelques minutes en avance. Contrairement aux autres jours, il croisa plusieurs hommes. Il fut surpris de voir la distinction qu’ils dégageaient. Ils étaient franchement « beaux » ou ils dégageaient quelque chose. Un de ces types vint vers lui. Il était grand, avec des cheveux rouges, et bâti comme une armoire, si Ichigo comparait sa carrure à la sienne. Ce dernier lui adressa un sourire.

— Je peux vous aider ?

— J’ai rendez-vous avec Ukitake-san.

— Oh… Vous êtes le nouvel hôte ?

— Oui… Je suis Kurosaki Ichigo.

— Enchanté. Je m’appelle Abarai Renji. Suivez-moi, je vais vous conduire jusqu’à lui.

— Merci.

— Je vous en prie. Je ne pense pas que vous connaissiez les lieux !

— En fait, lorsque je suis venu jeudi, j’ai visité tellement de pièces que je ne sais plus où son bureau se situe. Merci pour votre aide, en tout cas.

— Pas de quoi. Je me souviens de mon premier jour ici. C’était impressionnant, dit Abarai. Au fait… appelle-moi Renji.

— Euh… pareil pour moi. Appelle-moi Ichigo.

— Voilà, c’est ici.

Abarai lui désigna le bureau de Jyuushiro. Ichigo remercia une dernière fois Renji et frappa à la porte. Lorsqu’il eut la permission, il entra dans le bureau de Jyuushiro.

— Oh… Kurosaki-kun, juste à l’heure ! apprécia l’albinos.

— Bonjour, Ukitake-san.

— Bonjour, bonjour… Venez vous installer ! invita Jyuushiro.

Son bureau était passablement encombré. Il sortit des papiers, les tendit à Ichigo, et lui demanda de lire le contrat et de signer s’il était d’accord. De toute façon, songea Ichigo, il n’avait plus trop le choix : il n’avait plus d’argent ! Il prit le contrat et fit défiler les pages devant ses yeux, et ne trouva rien à redire. Il sortit un stylo et signa rapidement tous les feuillets. Il ne vit l’air d’Ukitake que quand il redressa la tête. Ichigo crut que sa mâchoire allait tomber sur le bureau.

— Quelque chose ne va pas ? demanda Ichigo.

— Vous l’avez lu ? demanda, incrédule, l’albinos.

— Bien sûr. Je lis très vite…

— Je vois ça. Vous lisez un livre en combien de temps ?

— Je ne sais pas. Ça dépend si je suis pressé, si c’est technique ou pour le plaisir personnel.

— Enfin bref… Excusez-moi, Kurosaki-kun, mais vous êtes si… hors norme !

— Ah ?

— Ce n’est pas grave ! fit Jyuushiro, désespéré.

Ukitake enchaîna la conversation. Il l’entraîna avec lui au bout de quelques minutes. Ichigo fit la connaissance des hôtes présents. Renji, qu’il avait déjà rencontré, mais aussi Grimmjow, un type aux cheveux bleus et pas commode du tout, suivi de Shyuuhei, qui avait un 69 tatoué sur la figure ; un type du nom d’Ulquiorra ; un autre blond du nom d’Ilforte ; un autre qui avait l’air complètement triste, du nom d’Uzuru.

On lui confia plus tard qu’il avait une clientèle d’habituées… Ichigo avait un peu de mal à le croire. Mais enfin, les goûts et les couleurs… Les autres étaient absents. Ichigo fut intégré au groupe mais, il regarda sa montre : s’il ne partait pas, il serait en retard. Il s’excusa auprès de Jyuushiro, qui le libéra et lui demanda de se présenter à 20 h le soir même. Ichigo acquiesça et disparut.

D’un côté, il était content d’avoir été présenté à ses nouveaux collègues, mais maintenant, il sentait la pression monter. Il se sentait vulnérable face à eux. Il se dirigea directement vers son lieu de travail et Yumitchika l’avertit d’un léger retard. Ichigo hocha la tête.

Il travailla dur ce jour-là. Il faut dire qu’il faisait beau et que beaucoup sentaient la fièvre acheteuse. Il se donna à fond. Il quitta les lieux à 17 h 30 précises. Il salua ses collègues et fonça chez lui. Il se prit une douche et commença à appliquer les conseils du vendeur en cosmétique. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas faire…

Il fronça les sourcils. Il s’était rasé à nouveau. Il se prépara quelque chose à manger. Il resta donc en boxer et T-shirt et se fit un plat surgelé, qu’il mangea sur la petite table repliée près de la cuisine. Il n’apprécia pas : c’était juste pour se caler l’estomac. Il se prit un soda et mangea un fruit.

Il s’habilla ensuite, mit sa montre, ses chaussures, et se parfuma légèrement. De toute façon, pas besoin d’en mettre une tonne avec ce genre de produit. Il finit de se coiffer et se dirigea ensuite vers son armoire, dont l’une des portes portait une glace qui partait du sol au plafond.

Il se regarda et eut un peu de mal à se reconnaître. Il faisait plus que ses presque vingt-quatre ans. Mais il dégageait une telle élégance… C’était troublant. Il regarda sa montre… Il était l’heure d’appeler un taxi. Il le fit et descendit immédiatement pour l’attendre sur le trottoir. Beaucoup de monde se retourna pour le regarder. Il se sentit mal à l’aise. Avait-il oublié d’enlever une étiquette ?

Le taxi arriva et il grimpa dedans avec soulagement. Il arriva rapidement sur son nouveau lieu de travail. Il monta dans l’ascenseur et appuya sur le niveau 45.

Il sortit et fut immédiatement pris en charge par Renji, qui s’était pris d’affection pour lui. Il était vraiment rassuré de le voir. Shunsui vint à leur rencontre et présenta tous les hôtes présents. Ichigo les oublia instantanément. Il était très troublé. Et commençait à avoir des sueurs.

Shunsui lui expliqua quelques petites choses et chargea Renji de le piloter pour la soirée. Ichigo fut un peu soulagé. Bientôt, il entra dans une pièce vaste et cossue où il y avait des alcôves et aussi un grand bar. Toute la décoration respirait le luxe, un peu kitsch par endroits, avec les dorures et les lustres en cristal. Enfin, selon les goûts de l’orangé. Mais c’était vraiment impressionnant à voir la première fois.

Les fauteuils étaient en alpaga dans un camaïeu de crème et de beige. Le sol était en marbre crème. Il y avait des dorures partout. Les murs avaient été épargnés par les décorations ; seul le bar disposait de quelques ornements.

Tous se mirent au garde-à-vous, presque, quand Shunsui déclara la soirée ouverte. Ichigo se sentait maintenant très mal à l’aise. La clientèle arriva petit à petit. Et certains et certaines se dirigèrent vers leurs hôtes de prédilection. Ichigo fut séparé de Renji, qui s’était fait accoster par une dame d’un certain âge et qui avait l’air de l’apprécier particulièrement.

Il admira le sang-froid de l’hôte. Ichigo se retrouva bientôt un peu seul et se dirigea vers le bar, ne sachant quoi faire… Il s’installa et heurta une personne. Surpris, il se retourna et croisa le regard d’une jeune femme brune de type européen.

— Veuillez m’excuser, mademoiselle…

— Oh… « mademoiselle » ?

Et elle éclata de rire.

— Vous êtes nouveau ? Il ne me semble pas vous connaître !

— Je débute aujourd’hui !

— Oh… votre grande première… vous la commencez le jour où il y a un monde fou ? Vous êtes courageux ou inconscient…

— Un peu des deux, sans doute ! fit Ichigo sombrement.

— Vous n’avez pas l’air heureux.

— J’avoue… je me sens mal à l’aise !

— Comme moi ! ragea la jeune femme.

— Pourquoi ? On vous aurait obligée à venir !

— Tu m’étonnes, Charles ! Ma copine m’a traînée ici et je m’ennuie.

— Vraiment ?

— En fait, il y avait une fête chez mon père avec tout le gratin, et franchement j’aurais aimé y aller. Au fait, tu t’appelles ?

— Appelez-moi Ichigo.

— Ichigo comme une fraise ?

— Non, pas vraiment ! rougit le jeune homme, contrarié.

La jeune femme se méprit. Et lui adressa un sourire ravi.

— Wouah ! C’est la première fois que je vois un gars rougir. Ichigo-kun… que veux-tu boire ? Du champagne ?

— J’avoue que je n’y connais rien en champagne !

— Oh… que bois-tu généralement ?

Ichigo fronça les sourcils et finit par se pencher légèrement vers elle et lui dit :

— Ne le dites pas à mon patron, mais j’aime la bière !

— Vraiment ! s’écria la jeune femme, ravie. Moi aussi. Mon père essaie de m’initier au vin mais je déteste… Je t’avoue que j’ai adoré la fête de la bière à Munich. Je sais… c’est terrible, mes parents sont outrés !

— Moi aussi, j’ai fait un voyage en Allemagne et j’ai participé à cette fête lorsque j’étais à Munich !

— En quelle année ?

— Y a deux ans !

— Moi aussi… Incroyable. Attends, j’étais dans la tente principale, quoiqu’à un moment donné je me suis retrouvée à l’extérieur avec une sacrée aigreur d’estomac et je t’avoue que j’ai vomi mes boyaux.

— Pareil !

— Bon sang ! On a peut-être été voisins et on ne s’en souvient plus parce qu’on était bourrés !

— Tu m’étonnes…

Ichigo demanda, brutalement :

— Tu t’appelles ?

— Oh… Kasandra !

— Kasandra, que dirais-tu si on se faisait une partie bière ?

La jeune femme se pencha vers Ichigo.

— On sort d’ici et on va se faire une virée tous les deux ?

— Oh… peut-être que ce n’est pas possible… je veux dire !

— T’inquiète, je suis friquée ! Et franchement, tu es vraiment intéressant par rapport aux autres coincés. Viens, on va se faire notre fête de la bière de Munich à Tokyo…

Elle attrapa le bras d’Ichigo et appela Shunsui d’un sifflement.

— Oï, le vieux. Je t’embarque ton hôte pour toute la nuit ! Tu m’envoies la facture et je te règle. Ah, au fait, je le retiens aussi pour mon anniversaire de mercredi. Si possible toute la nuit aussi.

— Euh… c’est une classe A !

— Et alors… c’est pour me tenir compagnie que je le prends. Il est trop drôle. Allez, bonne nuit. Nous, nous avons d’autres chats à fouetter. N’est-ce pas, Ichigo ?

— Euh… oui !

Kasandra n’attendit pas plus longtemps et ils se retrouvèrent dans l’ascenseur rapidement. Shunsui et Ukitake étaient stupéfaits.

— Attends, c’était bien l’héritière de la famille De Walter ?

— Oui…

— Je pensais que personne n’arrivait à l’approcher…

— Faut croire qu’elle n’attendait que lui.

°OoO°

Ichigo et Kasandra firent la tournée des bars. Ils discutaient à bâtons rompus. Ils adoraient la littérature et le théâtre.

— Comment ce pervers de Shunsui a pu mettre la main sur un bijou dans ton genre ?

— Pardon ?

— Écoute… les hôtes qu’il a sont parmi les meilleurs… mais aucun n’a ta culture, c’est sûr !

Ichigo haussa les épaules, ne sachant quoi lui répondre. Finalement, ils finirent légèrement éméchés. Mais la soirée fut excellente.

Ichigo lui fit découvrir des endroits dont elle n’avait jamais rêvé. Elle, qui se contentait des bars sélects… là, elle eut même droit au karaoké en fin de soirée. C’était pas beau à entendre, mais la soirée fut excellente ! Et pour la vue… Elle avait retiré ses chaussures, mis un pied sur la table basse, remonté sa jupe et se donnait à fond dans le micro. Si Ichigo avait cru un jour voir ça de la part d’une « noble » !

Ichigo raccompagna la jeune femme devant le club où se trouvaient Shunsui, Ukitake, Grimmjow et Renji. Ils regardèrent le couple avec des yeux gros comme des soucoupes. La jeune femme était particulièrement familière avec l’hôte, qui restait imperturbable. Elle se dirigea vers Shunsui directement.

— Le vieux… Tu me le laisses aussi vendredi et samedi ! La soirée également ! C’est un dieu, ce gars ! dit-elle d’une voix concupiscente, le regard complètement allumé dirigé vers Ichigo.

Ichigo resta de marbre. Kasandra se tourna vers l’orangé dans une superbe volte-face et lui dit :

— Ichi ! On se refait des soirées comme celle-là !

En même temps, la jeune femme retira ses chaussures et les agitait sous le nez de l’hôte, qui la regardait toujours imperturbable.

— Très bien. Peut-être dans d’autres endroits ?

— Tout ce que tu veux… Du moment que tu m’étonnes comme ce soir ! Si on m’avait dit qu’on pouvait s’amuser avec un hôte, je l’aurais jamais cru. Ah mince, voilà la cavalerie ! maugréa Kasandra.

Le chauffeur de la jeune femme vint la chercher et Kasandra agita ses chaussures en guise d’au revoir ! Ichigo la salua en retour et regarda disparaître la longue voiture noire. Il se tourna et rencontra quatre paires d’yeux éberlués.

— Que lui avez-vous fait ? demanda Ukitake, ébahi.

— Rien de spécial… rétorqua Ichigo.

— Attends, cette femme, j’essaie de me brancher avec elle depuis quatre mois et rien, et toi tu débarques et tu te fais toute la soirée avec elle et trois autres de programmées ? Tu lui as fait quelque chose ! fit Grimmjow.

— Rien du tout ! fit Ichigo, gêné par les remarques.

— Bon, eh bien moi je dis bravo pour ta première soirée, Ichigo. Tu as déjà trois rendez-vous d’assurés. Maintenant, tout le monde au dodo ! lança Shunsui.

Ichigo était soulagé ; il salua le groupe respectueusement. Il héla un taxi et monta à l’intérieur. Il rentra, se moqua des regards insistants. Il soupira et rentra chez lui. Il se déshabilla et prit une douche. Il prit du paracétamol avant de s’endormir. Il aurait une migraine tout à l’heure, c’était sûr !

°OoO°

Le dimanche fut consacré à sa famille. Mais il rentra de bonne heure pour soigner sa migraine. Ils avaient exploré toutes les catégories de bières belges trappistes et allemandes en une soirée. Il était mort ! Il se décida à faire une étude œnologique ! Ce serait moins risqué pour sa santé…

°OoO°

Le lundi soir, Ichigo arriva à l’heure et fringant. À peine fut-il arrivé qu’une brune arriva directement vers lui. Elle devait avoir la trentaine et lui dit :

— Je t’ai réservé, mon ami. Tu viens avec moi… On va s’éclater !

— Euh…

— Tu es Kurosaki Ichigo ?

— Oui…

— Je suis Miyako et une amie de Kasandra. Elle m’a chaudement recommandé tes services. Alors tu viens avec moi !

Ichigo croisa dans le couloir les autres hôtes qui le regardaient, intrigués. Que lui voulaient-elles ?

Bientôt, Ichigo se trouva en combinaison et se retrouva en pleine partie de paintball dans un immense jardin. Miyako l’avait informé…

— J’avais besoin d’un partenaire car mon frère adoré s’est cassé le fémur. L’abruti ! Enfin bref, Kasandra m’a dit que t’avais du coffre. Moi, je suis du genre à rentrer dans le tas… Alors tu fonces et on se les fait et après on verra pour le reste, mon coco !

— Oui, madame !

— Bien… t’assures ! Change-toi !

Ichigo se retrouvait donc dans un jardin, avec une arme à feu, à essayer de trouver des ninjas (le nom qu’ils s’étaient donné) et passa sa nuit à se battre comme un gamin de dix ans dans les fourrés ; il tomba même dans un étang. Il était dans un état lamentable… mais il fut vite rassuré car Miyako n’était pas mieux que lui. Elle avait les bras tendus au-dessus d’elle, son arme bien tenue dans chaque main.

— Soldat ! Sortons d’ici… On va finir encerclés. Nous allons prendre chacun un flanc de la colline.

— Reçu 5/5, madame !

— Ouais !

Miyako sortit rapidement de l’eau, suivie d’Ichigo, chacun prenant une direction différente. Ils trouvèrent leurs ennemis plus nombreux et réussirent, malgré le nombre, à en éliminer une paire. Ichigo faillit se faire prendre mais Miyako posa son arme à bout portant sur le dos de l’assaillant d’Ichigo et dit d’un ton grinçant :

Hasta la vista, baby !

Et tira !

Ichigo eut une grosse goutte de sueur derrière la tête ! Cette fille était folle… Elle se prenait pour Terminator ! C’était quoi, ces soirées ?

Il pensait aller au théâtre et il pataugeait dans la boue, glacé jusqu’aux os ! Tu m’étonnes que le frère se soit pété le fémur ! songea Ichigo. Une sœur pareille… il survivrait pas.

Mais il n’eut pas le temps de cogiter plus longtemps : il fut entraîné dans une autre incursion en territoire ennemi par Miyako. Ils réussirent à débusquer quelques membres « scélérats », d’après Miyako…

La soirée dura jusqu’à deux heures du matin. Ils remportèrent une victoire écrasante grâce à Miyako. Cette dernière le remercia chaleureusement pour son aide.

Ichigo se demanda : « Quelle aide ? » Elle avait quasiment tout fait toute seule. Elle laissa une salle de bain à Ichigo pour se réchauffer et on lui remit ses vêtements.

L’orangé se réchauffa et, après s’être habillé, rejoignit le groupe de cinquante personnes qui l’attendait. Tous s’étaient changés et ils se dirigèrent vers une immense salle de réception où une collation les attendait.

Ichigo fut bientôt assailli de toutes parts. Mais il n’oublia pas avec qui il passait la soirée. La jeune femme lui en fut reconnaissante, plus tard. Elle le prit par le bras, à un moment donné, et lui dit :

— Merci !

— Pourquoi ?

— D’être resté avec moi. La plupart du temps, on me prend pour folle et les hommes s’enfuient quand je suis dans ma période, disons, « guerrière ». Toi, tu es resté avec moi. J’apprécie… Merci.

— Mais… tu m’as demandé de passer la soirée avec toi…

— Hum… j’ai déjà fait appel à un hôte. Oh, pas ceux de Shunsui Kyouraku : vous êtes plutôt élevés en tarif. Mais franchement, je vois la différence. Je pourrais te redemander pour mes parties ? Pas forcément comme celle-ci.

— Bien sûr, j’en serai ravi.

— Je suis vraiment contente de t’avoir rencontré, Ichi. On se verra à la soirée de mercredi.

— Tu seras chez Kasandra ?

— Yep ! Plutôt deux fois qu’une. Et sache que je sais qu’elle te paie pour passer la soirée avec elle. Alors, je me formaliserai pas si tu ne m’adresses pas la parole.

— Je peux te parler… Pas toute la soirée… mais bon, on a passé un très bon moment ensemble !

— Tu m’étonnes ! dit-elle en lui envoyant son poing dans le bras.

Ichigo grimaça. Quelle poigne !

Il fut raccompagné jusqu’à chez lui par le chauffeur personnel de Miyako. Il le remercia chaleureusement et rentra chez lui. Il se déshabilla à nouveau. Il n’aurait pas beaucoup d’heures de sommeil. Il plongea dans une nuit sans rêve, tellement il était épuisé.

°OoO°

Ichigo commença sa journée de mardi dans le brouillard. Il reçut un coup de fil d’Ukitake pour lui dire que le mardi serait sa journée de repos. Il lui demanda si sa soirée s’était bien passée. Ichigo confirma mais ne dit rien sur son crapahutage façon armée et commando.

Il fut soulagé… Il travailla comme il put entre deux bâillements ce jour-là. Il rentra, mangea rapidement et s’enfouit sous sa couette. Le lendemain, il travaillait du matin. Il recommença sa journée et le soir arriva très vite.

Un chauffeur vint le chercher chez lui. Il ne regretta pas sa soirée. Kasandra avait transformé une partie de son jardin en immense fête de la bière !

Ichigo gémit… Il fut vite entraîné dans de folles farandoles et dut se mettre à chanter en allemand. Bien sûr, on lui avait enlevé son costume et il s’était retrouvé en culotte en cuir, une chemise blanche, des bretelles et une immense ceinture brodée.

Pour le clou de son déguisement : un chapeau avec une plume. Kasandra ressemblait à une Gretchen ! Elle avait posé une perruque en plus avec deux immenses tresses ! Bien sûr, elle ne le quitta pas et Miyako vint se joindre à eux ; elle aussi avait tout de l’Allemande d’origine japonaise. Ils formèrent un trio d’enfer au karaoké et bientôt tout un groupe de filles vint se joindre à eux. L’ambiance était plutôt chaude ! Ichigo se croyait en plein délire…

Le lendemain, il eut vraiment du mal à se lever pour aller travailler. Et le soir même, il devait bosser aussi au club. Il quitta rapidement le magasin et rentra chez lui dormir au moins deux heures. Il s’effondra. Il arriva au club dans une tenue irréprochable et remercia le gars du rayon cosmétique : ses produits étaient magiques contre les coups de fatigue.

Shunsui et les autres le saluèrent. Mais à peine arriva-t-il qu’il croisa Kohane, qu’il avait vue la veille à l’anniversaire de Kasandra.

— Ichi ! s’écria-t-elle en se précipitant sur lui. Je t’ai réservé la soirée. Allez, viens, on va sortir.

Ichigo jeta un regard désemparé à Shunsui, qui le salua avec un sourire moqueur. Il quitta les lieux sans être entré dans la salle. Kohane sortit des vêtements dans sa limousine, se changea et balança des fringues à Ichigo. Ils se retrouvèrent habillés comme des punks et se retrouvèrent à un concert de Bump of Chicken !

C’était quoi, sa vie ? Un enfer ? Il sortit de là étourdi ; la fille l’entraîna dans un bar et ils se retrouvèrent à discuter à bâtons rompus des études. La jeune femme faisait biologie. Elle fut agréablement surprise par ses connaissances, mais ne l’interrogea pas quand elle vit son air fermé.

Finalement, ils se retrouvèrent dans la voiture pour se rhabiller et se quittèrent devant le club. Ichigo était épuisé, il héla un taxi et rentra chez lui. Il se mit en pyjama et s’effondra à nouveau. Il avait quand même pris soin de mettre son radio-réveil. Il songea, désespéré… Et ce soir, c’est Kasandra à nouveau…

Illustration bonus

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)