La part du dragon 15

Ichigo grimpait relativement facilement les flancs escarpés du volcan. Sosuke le suivait avec un peu plus de difficulté, même s’il était en excellente condition physique. Le roux arriva au sommet d’un tertre et eut le souffle coupé. Le petit lac était de toute beauté. Ichigo marcha lentement jusqu’aux rives de l’étendue d’eau et admira le bassin d’un bleu pâle et cristallin.

La végétation dense le cachait en partie, mais le chemin qu’avait fait emprunter le brun avait permis au jeune homme de l’observer dès son arrivée. Cet endroit respirait le calme et la sérénité, et les premiers papillons de printemps tournaient autour du roux.  

Deux bras entourèrent les épaules du jeune homme, qui entendit le souffle haché de son amant dans son oreille.  

— Ichi… c’était une promenade, pas un marathon !  

Ichigo eut un petit sourire moqueur et murmura :  

— Je l’avais compris de cette manière !

— Rappelle-moi de ne plus faire du tourisme avec toi ! Je suis mort…

— Mais non !   

Le ton était moqueur et Ichigo jeta un œil amusé sur Sosuke, qui retrouvait lentement une respiration normale.  

— Je pense que c’est dû à ton grand âge !  

Aïzen leva la tête et un pli moqueur se forma sur le coin de ses lèvres.  

— Tu me le rappelleras au lit également !  

Ichigo éclata de rire, se permit d’ébouriffer les mèches brunes, puis le quitta de son pas élastique.  

— Je regrette vraiment le temps où je semblais t’effrayer ! marmonna Aïzen.

— Vraiment ? se moqua gentiment le roux.

— Vraiment !   Le ton sombre du plus vieux fit rire de plus belle le roux, qui bondissait souplement de rocher en rocher. Ichigo s’éloigna et se sentit apaisé dans ce lieu calme. Le matin même, ils étaient allés dans un temple et tous les deux avaient écrit un vœu qu’ils avaient attaché à un arbre à souhaits.  

Ichigo avait refusé d’en donner le contenu à son amant. Sosuke l’avait questionné longuement, puis avait abandonné le sujet. Ils avaient mangé dans un restaurant de type européen le midi et, ensuite, Aïzen l’avait emmené sur ce lieu où il s’était beaucoup amusé enfant.  

Sosuke lui avait parlé de ses parents. Un père professeur d’anglais et une mère serveuse. Une sœur plus âgée d’un an et qui était fiancée. Un frère plus jeune de trois ans et qui avait un don pour le dessin.

La voix de son amant était restée calme et claire en énonçant les faits. Il avait évité de lui répondre sur son entrée dans l’organisation sur laquelle il régnait maintenant. Le yakuza était resté silencieux, comme s’il hésitait à lui dire des vérités trop dures à affronter.  

— Ichigo… souffla Sosuke derrière lui.  

Le jeune homme se tourna vers le brun et lui adressa un grand sourire.  

— J’adore cet endroit ! C’est magnifique et tellement… serein ! Je n’aurais jamais imaginé que tu aimais ce genre de lieu. Je… t’ai toujours vu derrière un bureau ou dans un monde urbain, je ne sais plus finalement. Mais franchement, ça…  

Ichigo fit un geste ample et désigna le petit écrin de nature.  

— Tu me surprends…  

Sosuke s’appuya contre un tronc d’arbre et eut un léger sourire nostalgique.  

— Je venais souvent ici avec mes amis… Et puis, entre nous, j’aime assez les contrées calmes et retirées.

— Je vois cela…

— Tu n’es pas habitué ?  

Le brun observa le jeune homme entre ses yeux mi-clos. Le roux avait rejeté la tête en arrière et observait le ciel chargé de nuages. Sosuke imagina fort bien les images qui devaient défiler dans sa tête, mais ne dit rien, laissant le jeune homme s’exprimer.  

— Pour moi, ce genre d’endroit est parfait pour un entraînement militaire et faire un stage de survie ! Je pense souvent éviter les lieux comme celui-ci, justement parce que ça me rattache à une partie de ma vie qui n’est pas forcément agréable. Pourtant…  

Ichigo tourna son visage vers son amant.  

— Si c’est avec toi… je deviens idiot !  

Le roux observa la main que lui tendait Aïzen, et le sourire chaleureux qui flottait sur ses lèvres eut raison de ses hésitations. Il enlaça ses doigts dans ceux de l’homme qu’il aimait. Sosuke tira à lui le jeune homme et l’enlaça.  

— Tu n’auras jamais à faire ce genre de chose pour moi… je veux que tu oublies… enfin, que nous commencions une relation normale tous les deux.

— Sosuke… ne fais pas de promesses… c’est impossible !

— Je trouverai le moyen !  

Une des mains du brun caressa la joue du plus jeune et ses doigts se perdirent dans les mèches indisciplinées. Sosuke se redressa, entraîna le jeune homme derrière lui et lui raconta quelques anecdotes sur les lieux. Finalement, Ichigo observa sa montre et ses yeux s’arrondirent de surprise.  

— Sosuke… si tu veux rentrer ce soir, nous ferions mieux de partir…  

Le brun resta pensif un long moment et, finalement, hocha la tête. Cependant, au moment où le jeune homme s’y attendait le moins, une bouche vint recouvrir la sienne et un bras enlaça ses épaules. Ichigo se laissa aller contre le torse de Sosuke, ses doigts s’accrochant à la veste d’Aïzen.

Le jeune homme ne se lassait pas de la proximité de son amant. Il lui était devenu indispensable sans vraiment qu’il s’en rende compte. Tous ces mois à se chercher, et tout ce qu’ils leur restait à découvrir…

Ichigo appréciait toutes les facettes que lui faisait découvrir Sosuke de lui-même. Il ne savait pas, par contre, si lui serait capable de faire preuve d’une telle transparence. Toutefois, il voulait le rendre heureux comme lui pouvait l’être actuellement.    

°OoO° 

Sosuke conduisait son véhicule d’une main sûre. De temps en temps, son regard glissait sur le siège passager et il observait le visage assoupi du jeune homme à côté de lui.

Pour lui, ce voyage avait été important, très important… Il ne l’aurait fait avec personne d’autre. Il avait dévoilé à Ichigo la partie la plus intime de lui-même.

Quelque part, retourner chez lui avait été un peu comme s’il avait présenté le jeune homme à ses parents, à sa famille… Leur montrer qu’il était enfin heureux.   En quelques mois à peine, le jeune homme s’était insinué peu à peu dans ses pensées pour en devenir le centre d’intérêt.

Aujourd’hui, lui seul comptait dans sa vie. Il osait à peine imaginer le jour où Ichigo le quitterait. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que cela n’arrive pas.  

Les doigts du brun se crispèrent sur le volant. Il ne voulait pas enfermer son amant dans une bulle, ni lui imposer ses choix. Sosuke désirait uniquement le bonheur d’Ichigo… ambitionnait qu’il lui devienne aussi indispensable qu’à lui. Qu’importe jusqu’où il devrait aller pour cela. Il refusait tout avenir où Ichigo ne serait pas. Les kilomètres défilaient et la détermination d’Aïzen enflait. Qu’importe le Nuage blanc, et qu’importe la police, et même la Tora…

Il l’aimait…  

°OoO°

Ichigo sentit un souffle dans son cou et une voix grave, envoûtante, murmurer :  

— Ichi… Il est l’heure de te réveiller…

— Hum…

— J’ai réservé une table pour nous ce soir…  

Le jeune homme ouvrit un œil et le dirigea vers son compagnon. Un sourire s’inscrivit sur ses lèvres. Il bâilla discrètement et passa une main devant sa bouche. Il se redressa.  

— Tu as réservé où ?  

Ichigo sortit du véhicule, arrêté sur un parking en bord de mer. Le jeune homme ne reconnaissait pas du tout le lieu.  

— C’est l’un des meilleurs restaurants de bord de mer que je connaisse. Et j’aime beaucoup le paysage qu’offre ce lieu… Tu n’es pas d’accord ?  

Le roux jeta un regard circulaire autour de lui. Il fit quelques pas pour se détendre les jambes et se tourna vers son amant, qui l’observait, les bras repliés sur la toiture de la voiture, le menton posé par-dessus.

Sosuke l’observait, amusé, et les yeux ambres se diluèrent dans ceux, chocolats ; un lent sourire étira les lèvres du jeune homme, qui murmura :  

— J’aime beaucoup…

— Tu n’as même pas regardé quoi que ce soit !

— Le principal étant que tu y sois… le reste m’importe peu…

— Tu n’es pas difficile…

— Veux-tu que j’exige ? Ce n’est pas un problème… je peux te faire mener une vie qui se rapprocherait de l’enfer…  

Aïzen contourna sa voiture et tendit une main vers le jeune homme, qui le rejoignit et glissa sa main dans la sienne brièvement. La complicité échangée dans leur regard et la douceur de la brise de printemps firent se sentir bien le roux, qui aurait voulu que cette soirée dure toujours.  

— Viens… souffla Aïzen.  

Les deux hommes entrèrent dans le restaurant, où une table à l’abri des regards avait été réservée. Le responsable de l’établissement vint se courber respectueusement devant Sosuke, qui le remercia pour son accueil chaleureux. Ichigo eut un sourire et, une fois installé confortablement, le brun lui demanda :  

— Qu’est-ce qui te fait sourire…

— Il tremble de peur devant toi… Je suppose que cet établissement t’appartient ?

— Depuis peu…  

Et le rire bas d’Aïzen résonna.  

— Tu commences à bien me connaître !

— Depuis combien de temps ?

— Mmm… ?

— Le restaurant ?

— Tu veux me faire tout avouer ?

Sosuke haussa un sourcil amusé et un fin sourire étira ses lèvres.  

— Pourquoi pas ? Que nous as-tu réservé pour après ?

— Une nuit romantique dans une suite…

— Tu n’es pas pressé de rentrer ? Et tes affaires ?

— Survivront sans moi encore une journée…  

Le sommelier vint à leur table, suivi du serveur et, bientôt, ils furent concentrés sur leur carte.

Toutefois, sous la table, Ichigo fit glisser son pied entre les jambes d’Aïzen dans un mouvement de va-et-vient, ce qui fit sursauter Sosuke, qui observait le jeune homme innocemment penché sur sa carte. Il voulait jouer à ce petit jeu ?   Les cartes furent enlevées et Aïzen prit la main du jeune homme, qu’il tira à lui doucement.

— Tu joues à un jeu dangereux…

— Qui a dit que je n’aimais pas jouer ?

— Intéressant…  

Aïzen avait glissé un doigt du jeune homme, qu’il se mit à lécher méticuleusement en faisant entendre un léger bruit de succion. Ichigo se pencha en avant, le souffle court.

Lorsque Sosuke entreprit d’en avaler un, en fixant le jeune homme droit dans les yeux, lentement, il entama un lent mouvement de va-et-vient. L’atmosphère devint électrique et Ichigo, troublé, souffla :  

— Tu es sûr que tu as faim ?  

La voix était enrouée et la main du roux commençait à trembler dans celle de son amant, qui le fixait entre ses paupières. Les longs cils projetaient une légère ombre sur le visage de l’homme. C’était la première fois qu’Ichigo notait ce détail.  

— Cela dépend de ce que l’on me propose au menu… Mais j’avoue : j’ai réellement faim…  

L’estomac du roux gargouilla, lui rappelant bassement, terre à terre, que lui aussi n’avait pratiquement rien mangé de la journée. Sosuke lâcha la main du jeune homme et rit doucement.  

— Je vois que je ne suis pas le seul à avoir des préoccupations tout à fait existentielles…

— Ça te va bien de dire ça…  

Le serveur arriva avec leur commande. Et les deux hommes entamèrent une conversation plus légère. Lorsqu’ils quittèrent le restaurant plus tard, Ichigo fut surpris par l’hôtel que choisit Sosuke, encore en bord de mer.

De la baie vitrée de la suite, le jeune homme admira la lune se refléter, telle du beurre qui fondrait sur la surface lisse de la mer. Deux mains le ramenèrent à la réalité. Elles caressaient sa taille doucement, comme un lent massage, avant d’autres préliminaires plus langoureux.

La bouche de son amant rampait le long de sa nuque ; Ichigo bascula sur le côté pour permettre à Sosuke de le dévorer plus qu’il ne le faisait déjà. Le pouls du jeune homme avait augmenté et le besoin de l’autre se faisait sentir.  

Une des mains d’Aïzen glissa contre son aine, et cette dernière explora le dessus du tissu qui se tendait sous ses caresses insistantes.  

— Tu es déjà troublé…

— La ferme… Tu es dans le même état que moi…  

Ichigo sentait derrière lui l’érection brûlante d’Aïzen dans le bas de son dos.  

— J’ai attendu toute la soirée où je pourrais te dévorer…  

Les mains du brun défirent les boutons un à un et, bientôt, les mains aveugles cherchèrent les points sensibles du jeune homme, qui se laissa aller contre le buste de son amant.

Ichigo ferma les yeux lorsque la main d’Aïzen défit la boucle de sa ceinture et qu’une main glissa sur les poils pubiens, se frayant un chemin vers la verge gonflée et coincée dans le tissu. Un halètement se fit entendre.

La main du brun glissa dans le boxer du jeune homme, qui faillit trébucher, engoncé dans ses vêtements. Sosuke le rattrapa et le souleva.  

— C’est une mauvaise habitude, Sosuke…

— Tu n’es actuellement pas en position de discuter…  

Ichigo se rendit compte que sa chemise bloquait ses bras, l’empêchant de les bouger, et que le pantalon avait parcouru la moitié du chemin vers ses jambes.  

— Tu es vulnérable, mon petit nuage blanc… Comment vas-tu t’en tirer ?  

Le roux fronça légèrement les sourcils et, alors qu’Aïzen s’y attendait le moins, le jeune homme fit un mouvement rapide et un craquement se fit entendre. Les yeux de Sosuke s’ouvrirent de surprise et il vit que le jeune homme s’était déboîté l’épaule pour se libérer un bras.

Les quelques instants qui suivirent durèrent à peine quelques secondes, Ichigo s’étant remis le bras avec une grimace de douleur pour ensuite se libérer de ses vêtements. Le jeune homme, complètement nu, avait profité de la stupéfaction du brun pour le faire basculer et le ligoter à son tour.  

— Maintenant… comment, toi, tu vas t’en sortir ?  

Ichigo était suspendu au-dessus de sa victime…  

— Libère-moi…

— Ah oui ?  

Le jeune homme ricana.  

— Après ce que tu viens de m’obliger à faire, tu crois que je vais te libérer aussi facilement ? Chéri… tu vas découvrir une autre partie de ma personnalité !  

Sosuke ouvrit les yeux mais dut les fermer quelques instants plus tard, Ichigo ayant pris sa cravate et bandé les yeux de l’homme, qui se retrouva dans le noir total.  

— Que vas-tu me faire ?

Le ton était curieux et non inquiet.   Un sourire accueillit la question, mais Ichigo ne répondit pas…

Sa bouche parcourait le corps qu’il déshabillait habilement, arrachant ce qui le gênait avec la lame d’un couteau de survie qu’il portait sur lui il y a peu encore. Les vêtements étaient en lambeaux ; la lame effleurait la peau, descendant sur les chairs les plus sensibles.

Aïzen sentait en lui un mélange d’appréhension et d’excitation. Il savait qu’il était à la totale merci de son amant, qui était un expert en assassinat ; il n’avait aucun doute là-dessus.  

La bouche du roux succéda à sa lame ; les lèvres humides n’ignorèrent aucune partie du corps étendu et exposé. Un doigt du jeune homme pénétra l’intimité de son amant, qui laissa échapper un soupir, notamment lorsqu’il trouva le point sensible de ce dernier. Puis, Ichigo glissa un deuxième et un troisième doigt, et un sourire s’inscrivit sur ses lèvres en voyant l’agitation qui gagnait Sosuke.  

— Ichi…

— Chhhuuuuuutttttttttt  

Ichigo se redressa et retourna son amant d’un mouvement brusque, tout en faisant attention que ce dernier ne se blesse pas.

Une lueur amusée s’était imprimée dans sa prunelle. Il avait à son tour son amant à sa merci. Les poignets de Sosuke étaient ligotés avec sa propre cravate.

Il se pencha et se mit à lécher avec application l’intimité humide de son amant, qui gémissait sous ses caresses audacieuses. Les mains d’Ichigo cajolaient inlassablement les fesses d’Aïzen, qui le supplia d’en finir.  

— Répète… souffla Ichigo, moqueur et dominateur. Mais avec une formule de politesse…  

Le jeune homme glissa son corps contre celui de son amant immobilisé, frottant son sexe dressé contre ses fesses. Sosuke, qui se trouvait pour la première fois dans cette situation — car c’était LUI qui menait ce genre de jeux privés… — en était pantois devant le culot du jeune homme.

Quelque part, c’était totalement nouveau et excitant… et puis, seul Ichigo pouvait lui faire ce genre de chose ; il aurait tué quiconque aurait essayé de lui faire le quart de ce qu’il venait de subir. Notamment être attaché… il était vulnérable et il détestait ça… sauf… avec Ichigo…

Avec difficulté, Sosuke reprit, à bout de souffle, alors qu’une main rampait entre les draps et son corps pour caresser sa verge.  

— Viens… s’il te plaît…

— Qui ?

— Pardon ?

— Qui ? Tu as compris la question…  

Sosuke faillit envoyer le jeune homme promener, mais l’excitation chez lui était telle… Entre les caresses que la main insidieuse lui procurait et le sexe logé entre ses fesses, qui bougeait lentement, il perdait toute fierté… Il se jura qu’il lui ferait subir un sort comparable prochainement…  

— Viens, s’il te plaît… Ichigo…

— Hum… je m’en contenterai pour l’instant…  

Pour l’instant ?

Sosuke se demanda ce à quoi s’attendait le roux. Bientôt, il ne se posa plus de question. Le jeune homme avait redressé son postérieur et glissait en lui. Pour le coup, il se crispa et attendit, les dents plantées dans l’oreiller, que le roux finisse son supplice. Mais le jeune homme attendit et bougea à peine… Haletant et toujours à la merci du roux, Sosuke demanda :  

— Qu’est-ce que tu fiches ?

— Tu vas bien, Sosuke ?  

Le ton légèrement inquiet fit comprendre à Sosuke qu’Ichigo, malgré son comportement, faisait très attention à ce qu’il faisait et, quelque part, il se décrispa et souffla, un léger sourire aux lèvres…  

— Je vais bien… maintenant… va jusqu’au bout… Ichi…  

Le corps du roux bougea d’abord lentement puis le rythme s’accéléra, en même temps que les gémissements de Sosuke augmentaient d’intensité.

Aïzen ne pensait plus à rien, sauf à ses propres sensations, incapable d’avoir une seule idée cohérente. Ichigo souhaitait que Sosuke prenne du plaisir, il le désirait tellement…  

Le jeune homme ne savait pas ce qui lui avait pris plus tôt, mais maintenant, il souhaitait plus que tout que son amant apprécie ces instants d’intimité. Sosuke était devenu comme une drogue pour lui. Il se sentait glisser sur un chemin dangereux dont il n’était pas sûr de vouloir revenir.  

Un peu plus tard, Ichigo libéra de ses entraves Sosuke, qui se frotta les yeux, la lumière blessant son regard. Le roux était un peu anxieux au fond de lui et il se plaça au-dessus de son amant, les sourcils froncés.

Les yeux chocolats se posèrent sur le jeune homme, angoissé.  

— Tss… assume ce que tu fais, Ichi…

— Je… je suis allé trop loin… –       Si je n’avais pas voulu, tu n’aurais pas fait le quart de ce que nous avons fait… enfin, de ce que tu m’as fait !

— Je…  

Sosuke attrapa d’une main la nuque du jeune homme et força Ichigo à poser son front contre le sien…  

— Je t’aime… tu comprends ça, Ichi ? Je te fais confiance… J’accepterai tout de toi, ou presque… ne me quitte pas et ne… ne me trompe pas… Je ne pourrai pas l’accepter ! Je t’aime tellement, imbécile…  

La bouche d’Aïzen s’empara de celle du plus jeune avec tendresse, fouillant dans sa bouche et cherchant à lui transmettre sa flamme ; ses mains libres pouvaient maintenant parcourir le dos de son amant, qui faisait actuellement la planche sur son corps.

Sosuke fit glisser son regard et regarda ses vêtements en lambeaux qui jonchaient le sol.  

— Par contre… demain, tu te débrouilles pour me trouver une tenue convenable…  

Ichigo tourna aussi la tête et eut un faible sourire…  

— Je crois que j’ai exagéré sur ce coup-là ! Je me suis laissé emporter par mon élan…

— Je vois…  

Et avant qu’Ichigo puisse protester, il se retrouva sous le corps de Sosuke, qui murmura à son oreille…  

— Et maintenant, passons aux choses sérieuses… si tu crois, jeune homme, que tu vas t’en tirer aussi facilement après tous les outrages que tu m’as fait subir…  

Ichigo voulut protester, mais Sosuke ferma sa bouche avec la sienne… Ils avaient toute la nuit devant eux.  

°OoO°

Le lendemain matin, ils entrèrent en toute discrétion dans le manoir de Sosuke. Il y avait une faible activité, tout au moins en apparence.

Les serviteurs et les yakuzas présents s’inclinèrent respectueusement devant le couple. L’ambiance était sereine, jusqu’à l’arrivée de Jotaro Kusumi, qui avait été averti de l’arrivée du couple.

Quelques minutes plus tard, Aïzen était fou de rage et Ichigo, confondu. La réalité venait de les rattraper, et Ichigo n’était pas sûr, à présent, de revivre les instants de bonheur qu’il avait vécus durant ses trois derniers jours.


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