Sweet Love 1

Ichigo fut tellement déstabilisé qu’il n’osait plus respirer ni bouger. Il attendait ce moment depuis si longtemps et, maintenant, il y était ! Et comme promis, Gin était là. Immobile, les yeux ouverts, il attendait qu’il s’approche, comme s’il n’osait pas s’avancer vers lui.

— Gin ! répéta Ichigo, plus fort.

Et, avant même qu’il ne s’aperçoive de ce qu’il faisait, il courut vers lui. Il lui sauta au cou, le serrant très fort contre lui, incapable d’y croire. Il répéta son nom ; une envie irrésistible de pleurer, de joie et d’incrédulité, se mélangeait en lui.

— Ichigo ! lui répondit enfin Gin, en le serrant à son tour contre lui. Je suis si heureux.

— Enfin ! Tu es à moi, rien qu’à moi…

— Hum… hum… fit une voix masculine derrière eux.

Ichigo se retourna et croisa le regard sévère de Muguruma Kensei, qui ne semblait pas ravi des effusions dans le couloir.

— Muguruma-san, bonsoir.

— Bonsoir ! Si c’était possible, Kurosaki-san, pourriez-vous vous faire discret et réserver vos effusions pour chez vous ?

— Oui, oui… fit, confus, le jeune homme.

Ichigo fouilla dans ses poches et en retira les clés de son appartement. Après deux tours, il poussa la porte d’entrée et invita Gin à entrer chez lui, sous le regard insistant de Muguruma, qui refusait de quitter le palier tant qu’ils n’étaient pas chez eux ! Ichigo lui fit un petit signe de la main, avant de refermer la porte en soupirant de soulagement.

— Cet homme est une plaie !

— Disons qu’il veille aux bonnes mœurs ! Souviens-toi que nous nous étions promis de…

Gin ne put finir sa phrase : Ichigo l’avait attiré à lui et l’embrassait. Ichigo ne voulait pas entendre parler de choses futiles. Il avait tremblé toute la journée, espéré, cru mourir d’angoisse et de désespoir ! Alors, il s’en fichait, du voisin. Ses mains encadraient le visage de son amoureux, qui le repoussa doucement. Essoufflés, ils se dévisagèrent, comme si c’était la première fois.

— Ichigo, tu as bien grandi…

— C’est tout ? fit ce dernier, désappointé.

— Tu es magnifique.

Les mains de Gin repoussèrent ses mèches mi-longues pour mieux voir ses traits, qui n’avaient plus rien de l’enfance. Il était si beau que Gin n’avait pas l’impression que cet homme puisse être pour lui ! Il se dégageait de lui une classe et un charisme incroyables.

— Gin, j’ai attendu ce moment avec tant d’impatience, dit Ichigo, visiblement gêné. Je l’ai tellement attendu que, maintenant, je n’ai pas l’impression d’être à la hauteur de tes attentes.

Gin en eut le souffle coupé. Il attira le visage du jeune homme près du sien. Ses mèches se mêlèrent à celles d’Ichigo.

— Loin de mes attentes ? Ichigo… Ichigo, c’est moi qui ne te mérite pas ! J’ai attendu aussi avec tellement d’impatience que j’ai cru mourir. Aujourd’hui, je me disais que je ne devrais peut-être pas venir, parce que je me fais vieux et que tu es jeune et plein de vie ! Et je suis là, comme un misérable, à vouloir t’avoir pour moi seul ! Oh, Ichigo…

Gin se tut, et Ichigo sourit. Son amant disait à voix haute ce qu’il pensait tout bas ; mis à part que lui se trouvait trop jeune pour Gin, trop gamin ! Ils se dévorèrent du regard et, sans savoir lequel des deux combla l’espace, leurs bouches s’unirent tendrement, bien loin de la passion furieuse du départ.

Un soupir s’échappa de leur baiser, et le couple bougea lentement, comme s’ils exécutaient des pas de danse ivres. Ichigo, lui, l’était : ivre de bonheur. Comblé.

Leurs pas les entraînèrent vers le mur tout proche sans que leurs bouches ne se séparent, ou juste pour reprendre de l’élan afin de se retrouver encore et encore. Seul le bruit de leurs baisers se faisait entendre, tandis qu’Ichigo cherchait les mains de Gin pour les unir aux siennes. Lorsqu’ils se détachèrent, ce fut à peine de quelques centimètres, leurs regards plantés l’un dans l’autre. Leur respiration était haletante.

— Je t’aime, Gin, chuchota Ichigo. Et je t’interdis de me jeter hors de ta vie ! Je ne pourrai plus revivre cet enfer.

— Et si c’était toi qui ne voulais plus de moi ? répondit Gin, incertain.

— Moi ?

Ichigo émit un rire bas. Il déposa un baiser tendre sur les lèvres de Gin et répondit :

— Je suis jaloux de toutes les minutes que tu as passées sans moi, et tu voudrais que je te quitte ? Je n’attends rien de toi, Gin ! Je ne t’ai pas placé sur un piédestal toutes ces années. Tu es celui qui m’aide à respirer et à traverser ce désert qu’est l’existence lorsque je la passe sans toi. Tout ce que je désire, c’est que tu restes à mes côtés et que l’on puisse vivre ensemble, enfin.

Gin attrapa le visage d’Ichigo entre ses mains et l’embrassa avec passion. Cette fois-ci, leurs langues se cherchèrent. Ce fut lui qui parla lorsqu’ils reprirent leur respiration.

— Je t’aime, Ichigo ! Tu n’imagines pas le crève-cœur que cela a été pour moi de te laisser sans moi. Il ne s’est pas passé un jour sans que je n’affronte la peur de te perdre ! Mais… mais si je restais avec toi dès le départ, je risquais de te voir partir parce que je ne t’avais pas laissé libre de tes choix. Si tu savais combien ça m’a coûté de partir, ce jour-là ! Tu es toute ma vie, tu es ma raison de vivre… Je t’ai aimé dès l’instant où nos regards se sont croisés…

— Cela s’appelle un coup de foudre, sourit Ichigo.

Tout à coup, Ichigo eut un petit rire et prit Gin dans ses bras. Ils faisaient la même taille, à présent, alors ce n’était pas aisé de trouver sa place. Il devait reprendre des repères.

— Qu’est-ce qui t’amuse ? interrogea Gin, étonné.

— Tu ne m’as pas épargné et… et, en même temps, tu as été tellement tendre avec moi la première fois. J’avais imaginé les pires choses, mais certainement pas que tu m’embrasses et que tu me touches comme tu l’avais fait.

— Ne me rappelle pas ça…

— Si ! répondit Ichigo.

Il fixa Gin avec intensité.

— C’est parce que tu as posé ces conditions-là que nous avons pu nous aimer et nous découvrir ! Même si je comprends mieux tes scrupules depuis que tu as su, moi, je n’ai jamais regretté une seule seconde, et j’ai toujours dit à ma famille que si c’était à refaire, je le ferais encore et encore. Alors… alors ne tourne pas le dos à toutes ces nuits d’amour, à nos baisers et à nos étreintes…

— Tu parles joliment bien, dis-moi, le coupa Gin, un peu gêné tout à coup.

Ichigo éclata de rire. Il se recula, et Gin eut froid.

— C’est parce que je suis devenu écrivain, ça aide ! rit Ichigo en retirant sa veste. Viens, entre ! Je ne savais pas si tu serais là ce soir, mais, au cas où, j’ai fait venir des plats du traiteur.

— Écrivain ?

— Oui. Depuis deux ans, en gros.

Gin tendit son manteau pour le donner à Ichigo, qui l’accrocha à la patère. Il invita Gin à le suivre à l’intérieur. Ce dernier nota les couleurs vives des murs, bien différentes du blanc austère qu’ils avaient lors de l’achat de l’appartement. Combien de fois avait-il tourné autour, sans oser rentrer ?

Le bruit de la vaisselle se fit entendre, et Gin en profita pour faire le tour de l’appartement. Il n’avait plus rien à voir, mis à part la disposition des pièces. C’était moderne, jeune, et aussi très encombré de livres en tout genre. Il jeta un œil aux titres : de la criminologie, des livres de science, des ouvrages sur le comportement, la psychologie, de la musique, des œuvres de fiction dans à peu près tous les genres… Des mangas aussi, des BD européennes, et des magazines féminins. De la presse économique…

— Tu n’as pas le temps de t’ennuyer. Ça se passe bien pour toi ?

— Dans quel sens ? demanda Ichigo en relevant la tête.

— Tu as du succès ?

— Ça va. Je n’ai pas à me plaindre.

— Tes parents approuvent ton choix de vie ?

— Mes parents ? fit Ichigo.

Gin remarqua tout de suite le changement d’attitude du jeune homme. Son air détendu avait disparu. Il le rejoignit, tout en se traitant d’imbécile. Mais il n’était pas censé savoir qu’il avait des relations tendues avec eux !

— Mes parents ne sont pas au courant, ni pour cet appartement, ni pour ma carrière littéraire. Ils pensent tous les deux que je suis un étudiant en économie qui compte faire carrière dans la finance…

— Et c’est ce que tu veux faire ? demanda Gin.

Ichigo enfourna les plats dans le micro-ondes et rejoignit Gin pour lui faire face, le regardant droit dans les yeux.

— Non. Je poursuis ces études pour en connaître un maximum et obtenir des diplômes, comme ça ma famille peut se vanter.

Le ton était triste. Ses épaules tombèrent un peu et son regard devint lointain.

— Tu sais, Gin, pendant longtemps, je me suis demandé quel était mon rêve, ou mes rêves. Le seul que je n’ai jamais eu, c’est de vivre avec toi. Le reste, je m’en fous. Je suis devenu écrivain par hasard. Je gagne ma vie et je place mon argent. J’ai besoin de peu pour vivre ; en fait, je paie essentiellement les factures onéreuses de cet appartement, finit-il avec une grimace. Mais j’adore cet appartement. C’est chez moi ! Et puis, il y a aussi ton nom quelque part dans les papiers… et, rien que pour ça, je resterai pour toujours ici.

L’index de Gin caressa la joue d’Ichigo, qui le regarda à nouveau. Il se saisit de sa main et embrassa l’intérieur de sa paume avec tendresse.

— Je ne veux pas que tu penses que je suis un détraqué qui ne vit et ne respire que pour toi… quoique, plaisanta Ichigo.

Gin éclata de rire et prit Ichigo dans ses bras. Il l’embrassa, n’y tenant plus. Les deux hommes ne se lâchèrent que lorsqu’Ichigo se recula au moment où le micro-ondes sonna.

— Je meurs de faim, susurra Ichigo.

— Et moi donc, répondit Gin.

L’estomac d’Ichigo cria famine et Gin rit de nouveau.

— Je crois que nous n’avons pas le même appétit.

Ce fut au tour de l’estomac de Gin de protester. Ichigo éclata de rire et enlaça sa moitié.

— Je crois que tu essaies encore de te faire passer pour ce que tu n’es pas ! Tu me montreras combien tu as faim de moi tout à l’heure ; pour l’instant, passons à table. Je n’ai rien mangé depuis quelques jours, tellement j’avais peur de ne pas te voir aujourd’hui.

— C’est la même chose pour moi.

La table fut rapidement dressée, et Ichigo servit le repas, bien que Gin eût protesté, puisque c’était son anniversaire. Mais comment expliquer à Gin qu’il devait s’occuper les mains pour ne pas lui sauter dessus ? Il se souvenait de Gin, mais il était encore plus beau que dans ses souvenirs d’adolescent énamouré.

Ses traits étaient ceux d’un homme de la trentaine. Son physique était toujours élancé, bien qu’il lui parût avoir pris de la densité. Son regard azur était d’une pureté comme il n’en avait jamais vue, et il l’hypnotisait.

Ses grandes mains étaient fines et agiles. Il aurait pu être pianiste ou violoniste. Ichigo l’imaginait bien jouer d’un instrument. Ses cheveux couleur d’argent étaient fins, et toujours coupés de façon à cacher une partie de son visage. Ichigo ne put s’empêcher, au bout d’un moment, d’y glisser ses doigts.

— Ichigo, je n’ai pas l’impression que tu m’écoutes, lui dit Gin, amusé.

— Tu me parlais de ton nouvel appartement, qui se trouve au-dessus de ta boîte, pas très loin des quais. En fait, c’est un loft industriel, si j’ai bien compris ?

— Oui, c’est ça, approuva Gin. Tu es plus attentif que ce à quoi je m’attendais.

— Après tout ce temps, je ne veux plus perdre une miette, sourit Ichigo, un peu confus de se faire prendre en flag.

Il eut l’impression d’être un psychopathe calculant les moindres faits et gestes de sa future victime. Il eut une expression agacée et mangea. Gin s’empara de son menton, l’obligeant à le regarder. Il le dévisagea, surpris.

— Je suis comme toi, Ichigo, fit Gin en lui prenant une de ses mains. Tout ce qui te touche de près ou de loin, j’ai besoin de savoir…

Les deux hommes se dévisagèrent intensément. Lentement, leurs visages se rapprochèrent. Ichigo retenait son souffle, tandis que sa bouche s’entrouvrait. Lorsque les lèvres de Gin s’emparèrent des siennes, la même magie opéra, ou peut-être plus que d’habitude ? L’ivresse le gagna, l’étourdissant au passage. Il ne voulait plus se séparer de lui, jamais.

Ayant besoin de contact, Ichigo se leva à demi pour s’asseoir à califourchon sur Gin. Ses bras encerclèrent ses épaules, tandis que les mains de Gin entouraient sa taille. Il soupira sur ses lèvres ; ses yeux mi-clos ne le quittaient pas. Sa bouche chuchota contre la sienne :

— Connais-tu le nombre de fois où j’ai imaginé notre première fois ? Le nombre de fois où je me suis rappelé le moindre de mes gestes lorsque je te faisais l’amour, Ichigo ? Sans toi, je ne suis plus moi-même…

Ichigo eut un sourire tremblant, avant de fermer les yeux et d’embrasser à nouveau Gin. Ce dernier, pourtant, le repoussa et, voyant l’air perplexe d’Ichigo, lui demanda d’une voix sourde :

— Ta chambre est toujours au même endroit ?

— Oui…

Gin lui prit la main et l’entraîna dans la pièce. À la porte, Ichigo l’enlaça. Gin lui sourit. Ichigo se jeta à son cou une nouvelle fois. Gin le serra contre lui ; ses mains le parcouraient encore et encore. Avec impatience, comme si elles cherchaient à retrouver les sensations perdues pendant tant de temps.

— Je t’aime, chuchota Ichigo. Je t’aime tellement…

— Moi aussi, mon amour.

Ichigo bascula sur le matelas ; sa chemise était ouverte sur son torse, dévoilant sa musculature. Gin le dévora du regard.

— Tu es encore plus beau que dans mon souvenir. Tellement…

Gin se suspendit au-dessus d’Ichigo et l’embrassa, pour ensuite abandonner sa bouche. Il butina sa mâchoire, puis dévala sa gorge. Ichigo se laissa déshabiller, mais ne resta pas inactif pour autant : ses mains avaient défait tous les boutons qui l’empêchaient de sentir la peau nue de son amant.

Sans cérémonie, Gin arracha presque son vêtement. Il reprit la bouche d’Ichigo, qui ne se fit pas prier. Ichigo sentait ses poils se hérisser de plaisir à chaque fois que Gin le touchait. Un véritable courant électrique le traversait, et il voulait que cet instant dure toujours.

Ichigo ferma les yeux tandis que la langue de Gin léchait sa peau, dévalant de ses mamelons vers ses abdominaux pour finir par titiller son nombril. Sa main empoigna ses cheveux argentés. Leurs regards lourds se rencontrèrent, pleins de sous-entendus. Un sourire naquit sur leurs lèvres. Ichigo se pencha, l’embrassa encore et retourna Gin contre le matelas.

Ichigo caressa sa peau au grain fin, à la couleur de lait. Sa bouche prit le relais ; jamais il n’avait osé découvrir Gin comme il le faisait à présent. Le corps de son amant bougeait entre ses bras, se soulevait à ses caresses, laissant Ichigo le déshabiller complètement. Le jeune homme en profita pour en faire autant.

Enfin nus, ils s’enlacèrent tout en s’admirant. Se dévorant du regard comme deux affamés, trop longtemps privés de nourriture. Ils s’embrassaient encore et encore, tandis que leurs corps se frottaient l’un à l’autre. Ils ne cherchaient pas à se dominer ; ils voulaient s’abreuver de leur amour.

Gin sentait une tension familière le gagner. Il chuchota son prénom dans le creux de son oreille. Ses bras se refermèrent sur lui. Sa gorge se noua, tandis qu’Ichigo frottait leurs sexes ensemble. Gin perdit haleine.

— Ichigo, gémit Gin d’une voix si rauque qu’elle n’était pas reconnaissable.

— Je viens aussi, mon amour.

Emportés par la passion, les deux hommes se laissèrent emporter par l’orgasme. Essoufflés, ils continuèrent néanmoins à s’embrasser, plus tendrement, tandis que la tension sexuelle entre eux s’apaisait pour ne faire place qu’à la tendresse.

Ils se sourirent dans la pénombre. La lumière du séjour éclairait à peine la pièce ; ils devinaient plus qu’ils ne voyaient. Ichigo enlaça Gin et enfouit son visage sur son épaule, reprenant son souffle. Ses yeux se fermèrent, tandis qu’il frottait son nez contre la peau laiteuse. Les doigts de Gin s’enfouirent dans ses cheveux. Gin eut un rire triste.

Ichigo se redressa pour essayer de déchiffrer son expression.

— Ne t’inquiète pas, mon amour. J’étais parti avec l’idée de te séduire et de ne pas te toucher avant… quelque temps, mais, comme tu peux le voir, je suis incapable de me contenir. Hier, tout comme aujourd’hui, j’ai besoin de ton contact.

— Comme si tu avais besoin de ça. Tu auras tout le temps de le faire plus tard. Là, je me sens bien. Si bien…

L’index de Gin glissa sous son menton, l’emprisonnant quelques secondes, avant de remonter pour s’immiscer entre ses lèvres. Ichigo croqua dans le doigt aventureux.

— Chéri… Tu m’as tellement manqué !

Gin le repoussa contre le matelas et lui chuchota à l’oreille :

— Ne bouge pas ! J’ai une surprise pour toi, mon tendre lapin.

— Lapin ?

Ichigo eut un sourire en se souvenant de la première fois où Gin avait utilisé le mot. Le matelas bougea un instant, sans qu’Ichigo eût eu le temps de protester. Il se laissa aller contre le matelas, attendant que Gin revienne. Il n’avait plus la force de réfléchir. Tout son corps paraissait si lourd ; il se sentait si bien.

— Ichigo, ne t’endors pas !

— Excuse-moi… Je crois que le stress de ces derniers jours est en train de retomber.

— J’allume la lumière pour que tu puisses voir.

Ichigo se redressa lentement, tandis qu’une des appliques éclairait la chambre d’une lumière bleue très douce. Le corps de Gin, totalement nu, s’offrait à son regard sans pudeur et puis il remarqua la boîte qu’il tenait entre ses mains tremblantes. Sérieusement ?

Ichigo se redressa. Il prit la boîte entre les mains de Gin et l’observa.

— C’est audacieux, mais ne dit-on pas que la chance sourit aux audacieux ?

Sans rien répondre, Ichigo l’ouvrit et vit deux anneaux en or larges, avec, en leur centre, une pierre noire incrustée faisant le tour de l’anneau. C’était une paire.

— Est-ce un cadeau pour moi ou pour toi, Gin ? demanda Ichigo en relevant la tête.

— Un peu des deux… Enfin, plus pour moi, j’avoue. Je… j’aimerais que tu la portes et…

— Comptes-tu m’épouser ?

Gin s’étouffa et parut gêné sur le coup, avant de le regarder droit dans les yeux.

— Ce n’est pas ce genre de bague que je te proposerai lorsque je te demanderai en mariage ! Celle-ci, c’est une promesse de t’apporter du bonheur chaque jour où j’aurai la chance de vivre à tes côtés.

Ichigo fixa les deux anneaux en silence. Il ne savait pas comment réagir. C’était si inattendu.

— Tu comptes te marier avec moi ?

— Si tu le veux, oui.

— Si je le veux ?

Ichigo leva les yeux vers Gin, puis s’approcha pour l’embrasser avec tendresse. Il chuchota contre sa bouche :

— C’était moi qui voulais faire ma déclaration ! Je ne pensais pas que tu serais aussi sérieux avec moi.

— J’ai cru que tu ne voulais pas, à l’instant.

Ichigo eut un petit rire rauque.

— Tout mon amour t’est uniquement réservé, Gin. Alors oui, je veux t’épouser, plutôt deux fois qu’une. Si je comprends bien, cet anneau, c’est pour notre nouvelle vie de couple ?

— Tu peux voir les choses comme ça…

— Passe-la-moi !

L’espace entre eux devint tout à coup plus grand, et Gin respira un peu mieux. Ce gosse était toxique pour ses nerfs. Ichigo lui tendait sa main et Gin constata soudain qu’elle tremblait autant que les siennes. Même si Ichigo essayait de paraître assuré, il n’en demeurait pas moins qu’il était aussi ému que lui. Gin sourit. Son gamin avait bien grandi.

Ses doigts glissèrent l’anneau à son annulaire gauche. Ichigo l’embrassa, avant de se saisir de l’autre anneau et de le glisser au doigt de Gin. Ce dernier embrassa son anneau, puis celui d’Ichigo, sans le quitter du regard, les lèvres entrouvertes.

Toute la tension tomba des épaules d’Ichigo, qui se sentit étourdi, tout à coup.

— Tu ne vas pas bien ? s’inquiéta Gin.

— Je n’ai pas beaucoup dormi ces dernières nuits et j’ai peu mangé aussi. J’étais tellement stressé que tu m’aies oublié, tellement stressé que tu ne sois pas là ! J’ai couru toute l’après-midi pour te retrouver. Alors, je crois que je suis en train de craquer, surtout après ce cadeau, souffla Ichigo.

Gin se pencha pour voir Ichigo, qui avait les yeux un peu trop brillants. Il le prit dans ses bras et le réconforta. Il se demanda même si c’était lui ou Ichigo qu’il essayait de calmer. Il avait ressenti aussi les mêmes émotions. Il souffla :

— Essayons de rattraper notre sommeil. Nous l’avons bien mérité.

Ichigo ne protesta pas et s’allongea dans le lit. Gin rabattit les couvertures et Ichigo se colla à lui. Il s’endormit comme une masse, tout comme son amant. Les lumières de l’appartement restèrent allumées ; le repas avait refroidi depuis longtemps et les vêtements traînaient sur le sol, à moitié déchirés par des mains devenues maladroites d’impatience.


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)