Ichigo était arrivé à l’aéroport de Londres. Il se sentait perdu dans ce monde inconnu. Il ne s’était jamais senti aussi seul de toute sa vie. Il récupéra ses bagages et traversa le grand hall d’entrée de l’aéroport et se retrouva sur le bitume où une file de taxi attendait sagement. Il se dirigea vers l’un d’entre eux. Il interpella le chauffeur et ce dernier ne sembla pas comprendre ce qu’il disait.
« Ça commence bien », songea Ichigo sombrement.
Il répéta sa question et son interlocuteur parut le comprendre. Il prit les bagages et les porta dans le coffre. Ichigo tendit un papier au chauffeur avec l’adresse à laquelle il voulait se rendre. L’homme hocha la tête et Ichigo s’installa dans la voiture sombre. Il posa sa tête contre la vitre et observa ce monde qui lui était étranger. Tous ses repères étaient effacés.
Là, tout de suite, il avait envie de pleurer. Tout se bousculait dans sa tête. Les morts de Gin et d’Aïzen, qui s’étaient produites de ses propres mains. Il s’était senti entaché après cela. Certes c’étaient des ennemis mais ils étaient d’anciens shinigami. Tuer un hollow ce n’était pas pareil et les arrancars, c’était à peu près la même chose. Il avait même tissé des liens d’amitié avec deux d’entre eux : Grimmjow et Nell.
Grimmjow lui avait proposé de vivre avec lui au Hueco Mundo quand il avait su qu’Ichigo avait été repoussé par la Soul Society. Nell avait posé sur lui ses yeux suppliants, mais Ichigo ne se voyait pas vivre au Hueco Mundo. Il avait vu, dans le regard si bleu de son ami qu’il l’avait blessé.
Ichigo n’avait pas réussi à entrer en contact avec les Vizards qui avaient quitté Karakura juste après la fin du conflit. Il avait su qu’Hiyori avait été assassinée par l’arrancar n°1. L’orangé s’était imaginé la peine d’Hirako, qui considérait les vizards comme sa famille, surtout que Mashiro et Love avaient aussi perdu la vie durant le conflit.
Ichigo se trouvait maintenant debout sur le trottoir en face du bâtiment où il allait résider. C’était une maison mitoyenne. Un escalier menait vers une grande porte blanche. Une fenêtre haute se trouvait à sa droite. La construction était ancienne et en brique rouge à joint blanc.
Il souleva ses bagages et entra dans la maison. On lui avait dit que c’était ouvert et qu’une personne l’attendrait au rez-de-chaussée pour lui donner ses clefs. Il ouvrit la porte et il se retrouva dans un hall spacieux et bien éclairé. Sur sa droite se trouvait une sorte de réception. Il s’y dirigea et l’homme qui s’y tenait leva un œil circonspect vers Ichigo.
— Bonjour Monsieur, Je suis Kurosaki Ichigo et je dois emménager ici aujourd’hui.
L’homme le détailla brièvement. Il n’était ni inamical ni amical. Il hocha finalement la tête et lui répondit :
— Bonjour, j’ai des papiers à vous faire signer. Si vous voulez bien les remplir, je vous donnerai vos clefs juste après.
Ichigo regarda les papiers, il s’agissait du règlement intérieur, des consignes de sécurité et d’une fiche de renseignements. Il avait encore des difficultés pour écrire avec les caractères occidentaux, mais il lui faudrait bien pour s’adapter rapidement ! L’homme lui tendit les clefs comme prévu. Il se leva et lui demanda de le suivre.
Ichigo suivit l’homme qui, en y regardant de plus près était très grand. Il devait faire la même taille que Tessaï mais il était blafard et ses cheveux blonds étaient coupés très court, comme s’il avait été dans l’armée. Son expression impassible lui faisait penser à Ulquiorra. Ce n’était pas le genre de gars avec qui on pouvait entretenir une longue conversation.
Ils arrivèrent au troisième étage. Pas d’ascenseur, bien sûr ! Le concierge prit son propre jeu de clef et fit entrer le jeune homme dans l’appartement. Il se retrouva tout de suite dans une sorte de salle.
L’homme lui montra sa salle de bain qui se composait d’une baignoire et d’un pommeau de douche. Un rideau de douche à fleurs bleues pendait sagement sur le côté. Il y avait aussi un lavabo et une petite fenêtre. L’espace était lumineux et propre, pas spécialement grand, mais pas inconfortable.
Ils sortirent et ils traversèrent la pièce principale et là, Ichigo entra dans la cuisine. Elle n’était pas grande non plus, mais possédait juste ce qu’il faut de rangement et de plan de travail pour faire quelque chose de mangeable. Les éléments étaient posés sur un seul mur. Ceux-ci étaient blancs et lisses, sans décoration. Ils étaient aussi ornés d’une tapisserie assez ancienne.
Finalement, ils sortirent de la cuisine et retraversèrent la pièce pour entrer dans la chambre qui était un peu plus grande que les autres pièces. Un lit une place s’y trouvait. Son père l’avait fait faire monter avant qu’il n’arrive. Ses autres meubles devaient arriver dans la semaine. Pour finir, son guide lui montra les toilettes qui se trouvaient à côté de l’entrée.
Finalement, l’appartement n’était pas grand, mais confortable, propre et clair. Certes, une ou deux tapisseries étaient à changer mais pour le reste, Ichigo n’avait pas à se plaindre. Il alla fermer la porte derrière l’homme blond qui lui dit en partant qu’il s’appelait Colin et qu’il serait là s’il avait besoin de quoi que ce soit !
Ichigo le remercia chaleureusement et ferma la porte derrière lui. Il s’appuya quelques instants contre celle-ci, prit ses bagages et alla les porter dans sa chambre. Ichigo refit une exploration rapide de son appartement. En fait, la salle de bain et la chambre étaient l’une à côté de l’autre. En traversant le séjour, il se retrouvait à côté de la cuisine et de là il se retrouvait dans le petit sas d’entrée où se trouvait aussi les toilettes.
Il explora les placards de la cuisine. Pas de vaisselles, pas de nourritures. Une chance qu’il soit arrivé un samedi, songea-t-il. Il prit ses clefs et, après avoir fermé sa porte, se dirigea vers le local de Colin. Ce dernier fut surpris de le revoir aussi vite.
— Excusez-moi, mais où puis-je trouver un konbini ?
— Un combini ? C’est quoi ?
— Euh, un endroit pour acheter à manger…
— Oh… vous allez au tout début de la rue sur votre droite, il y a une petite supérette. Elle a un peu de tout et vous pourrez aussi y trouver des articles comme de la vaisselle. Il n’y en a pas dans l’appartement et vu vos bagages, je ne pense pas que vous en ayez apporté !
— Non… « observateur » pensa Ichigo. En tout cas, merci beaucoup !
— Je vous en prie…
Ichigo se dirigea vers la sortie et se lança dans la rue que l’obscurité grignotait peu à peu. Il remonta un peu sa veste. Le vent était frais et on pouvait sentir l’humidité de la pluie qui allait arriver. Il traversa rapidement la distance qui le séparait du magasin.
Il entra dans celui-ci, qui ressemblait à un combini, finalement. Il prit un panier et resta bouche bée devant les rayons. Il ne reconnaissait rien et de voir tous ces caractères écrits de manière occidentale lui donnait le tournis. Il finit par prendre des choses en se fiant aux emballages. Il prit aussi des fruits, et du poisson… il était sûr de ne pas se tromper ! Il vit effectivement, qu’il y avait de quoi l’équiper en urgence pour son appartement.
Il arriva devant la caisse les bras chargés en plus de son panier. La jeune caissière qui était là, lui adressa un superbe sourire et Ichigo se rendit compte qu’elle le draguait carrément. Il en rougit un peu. Il n’était pas habitué à être alpagué comme cela. Cette dernière lui donna à la fin deux grands sacs pour ranger ses achats. Ichigo régla la note et se dirigea à nouveau vers son nouveau chez lui.
Ichigo retraversa le hall sous le regard impassible de Colin. Il grimpa les étages et ouvrit sa porte. Il s’empressa de ranger toutes ses courses et observa l’appartement vide de meubles. Les fournisseurs avaient du retard, et il n’aurait rien pour s’asseoir avant lundi ou mardi. Il fronça les sourcils. Somme toute, c’était spartiate. Il sortit son portable et appela son père.
— Ichigo ! fit la voix joyeuse de son père.
— Papa…
— Tu es sain et sauf dans ce pays de sauvages ?
— Oui, oui… tout va bien !
— C’est comment, comme dans la pub ?
— L’appartement est au dernier étage. C’est assez grand pour moi et c’est propre et clair. Il faut juste que j’attende les meubles et c’est bon. J’ai déjà le lit en fait !
— Très bien… tu ne dormiras pas par terre comme cela.
— Le gars à l’accueil est assez gentil pour m’expliquer comment ça fonctionne ici.
— Tant mieux ! Si tu pouvais te faire des amis aussi…
— Je verrais quand je commencerais les cours papa.
— La semaine prochaine, non ?
— Oui… Lundi, j’irai voir où ça se trouve et je me renseignerais pour savoir comment je dois m’organiser.
— Bien, bien… Tu n’as aucun regret ?
— Non… aucun !
— Tu es sûr que je ne dois donner à personne ton adresse ou ton numéro de téléphone ?
— Non… Je ne veux plus voir personne. J’essaie de me refaire une vie et je ne veux pas que quelqu’un me rappelle constamment mon passé.
— Comme tu veux ! Bon fils, le téléphone coûte cher, donc on se rappellera dans la semaine. Vaut mieux plusieurs fois qu’une seule!
— Très bien… À dans la semaine alors ! Embrasse Yuzu et Karin !
— Pas de problème… Fait attention à toi, fiston !
— Oui, oui.
Ichigo raccrocha. Il ressentit un pincement au cœur. Il avait froid tout à coup… pas physiquement, il s’en rendait compte. Le chauffage circulait dans l’appartement, mais du fait de sa solitude. Il se dirigea vers les fenêtres et scruta l’extérieur, maintenant plongé dans le noir et obscurci par les gouttes de pluie qui balayaient la rue.
Les réverbères leur donnaient l’éclat du diamant. Il retourna dans la cuisine et décida de se faire à manger. Il se composa un menu léger et observa le contenu des boîtes qu’il ouvrait et soupira… pourvu que sa vie en Angleterre soit à la hauteur de ce qu’il attendait.
Il avait 19 ans et il comptait bien profiter de la vie. Il mangea debout dans la cuisine. Seule la lumière de l’ampoule donnait de la vie à la pièce. Il fit sa vaisselle en pensant que finalement, il s’en était pas mal sorti du tout.
Ichigo se dirigea vers sa chambre et défit un bagage. Il en sortit des cadres dans lesquels il y avait des photos de ses sœurs, de son père et sa mère. Il les plaça sur le sol. Il sortit aussi une serviette, sa trousse de toilette et son pyjama… Ce ne serait pas long avant qu’il n’aille se coucher. Il n’avait pas dormi dans l’avion, trop nerveux en ce qui concernait sa nouvelle vie.
Il prit une douche rapide et s’habilla rapidement. Il fit sécher sa serviette. Il observa la salle de bain et sourit. Elle lui semblait plus chaleureuse tout à coup. Le fait de voir ses affaires personnelles trôner dans la pièce, cela lui sembla plus vivable.
Il traversa silencieusement son appartement et sortit des draps que sa sœur Yuzu lui avait donnés pour lui permettre de faire son lit pour sa première nuit. Il eut un sourire. Elle avait pris des couleurs chaudes pour son lit. Il observa son lit avec attention.
Comment allait-il venir à bout de cette tâche ardue ? Il était plus doué pour assommer des hollow que pour faire les literies c’était sûr ! Ichigo était content, car l’oreiller qu’ils avaient commandé en même temps que le matelas et la couette était aussi posé sagement sur le lit. Il posa le tout par terre et enfila la couette dans la housse et fit de même pour l’oreiller.
Il se dirigea vers la fenêtre de la chambre et ferma les volets. Ces derniers étaient ajourés et laissaient passer la lumière. Il soupira… Pourvu qu’il réussisse à faire la grasse matinée. Toutes les émotions qui l’agitaient depuis son départ l’avaient proprement exténué. Il souleva sa couette et se glissa dans les draps frais. Il avait fermé la lumière, mais la lumière des réverbères extérieurs passait au travers des volets. Il ferma les paupières. « Tout ira bien » songea Ichigo.
Un petit rire narquois résonna dans sa tête. Ichigo murmura :
— Boucle-la pour une fois…
Son hollow se tut car Ichigo était plongé dans le sommeil !
— Bonne nuit mon roi ! Quoique plus pour très longtemps… et un petit ricanement se fit entendre.
°0°0°
Le lendemain, Ichigo se réveilla en plein milieu de l’après-midi. La lumière du jour blessa ses orbes ambre. Il se pencha et récupéra sa montre qui était sur le sol. Il était 15h06 ! Il grogna et sourit lentement. Il avait enfin pu profiter d’une bonne nuit de sommeil pour se reposer.
Shirosaki l’avait assommé la semaine précédant son départ, provoquant chez lui un grand stress. Il soupira, soulagé et finit par se lever. Il alla se soulager et se dirigea ensuite dans la salle de bain. Il fit une toilette rapide et se dirigea ensuite vers sa chambre pour prendre ses affaires de ville.
Ichigo se prépara un petit café instantané. Il n’avait pas encore de cafetière. Il verrait pour s’en procurer une dans la semaine. Il pensa aussi à se prendre une radio… cette ambiance monacale le mettait un peu mal à l’aise. Il se prit un toast, le beurra et le mangea rapidement. Il traversa ensuite son appartement et décida de faire le tour du quartier. Il ressentait le besoin de bouger. Il salua Colin en sortant, ce dernier lui renvoya son salut et le regarda quitter les lieux.
°0°0°
Ichigo se retrouva dans un parc pas très loin de chez lui. L’endroit était agréable et les feuilles jaunies par l’automne offraient un magnifique spectacle aux couleurs chaleureuses. Il fit le tour du parc et apprécia le petit étang et les petits ponts qui l’enjambaient. Les arbres vénérables et les pins donnaient l’impression que l’espace était très grand. Pourtant, ce petit coin de verdure était coincé entre des maisons vénérables.
L’orangé songea qu’il avait de la chance. Son père avait réussi à mettre une somme confortable de côté pour les études de ses enfants et en cas de besoin. Il avait acheté l’appartement où il logeait maintenant et versait à Ichigo une somme d’argent en plus de ce qu’il percevait pour payer ses études à l’étranger. Cela faisait qu’Ichigo pouvait se concentrer uniquement sur ses études. Il en était soulagé. Ichigo croisa des personnes âgées, des enfants, des mamans avec leurs poussettes. Cette ambiance l’apaisa.
Tout à coup, il ressentit la présence d’un hollow non loin de lui. Il tourna la tête et l’aperçut. Il posa sa main sur son badge de shinigami remplaçant qu’il avait conservé. C’était la seule chose de son passé qu’il avait conservée. Il en aurait besoin… Il vit soudain un shinigami passer au-dessus de lui et se diriger rapidement vers le hollow et le sabrer.
Le hollow disparut et Ichigo observa la femme habillée de l’uniforme noir. Ichigo ne la connaissait pas et c’était tant mieux. Brutalement, cette dernière se tourna vers lui. Leurs yeux se rencontrèrent, mais Ichigo se détourna et reprit sa marche tranquille dans le parc.
Voir un shinigami avait rallumé la rancœur qu’il avait toujours au fond de lui contre eux. Il se dirigea vers sa rue et rentra rapidement chez lui. Il salua Colin au passage. Ce dernier l’attrapa au vol et lui demanda :
— Attendez !
— Oui… quelque chose ne va pas ?
— Bah… je me mêle de ce qui ne me regarde pas… mais vous avez quelque chose pour passer le temps ?
— Non… j’avoue que je n’ai pas pensé à prendre de quoi me distraire en attendant mes meubles et mes affaires qui doivent venir de chez moi.
Ichigo fit une légère grimace.
— Vous aimez Shakespeare ?
Une lueur s’alluma dans les yeux de l’orangé.
— Si j’aime… C’est mon auteur favori !
— C’est vrai ? Tenez, je vous prête « Le Marchand de Venise »… vous me le rendrez quand vous aurez fini de le lire. Et vous aurez le temps, de vous faire votre bibliothèque.
Ichigo était surpris, mais prit le livre sans rien dire. Il leva ses yeux ambre reconnaissant vers l’homme plus vieux, qui pour l’occasion ébaucha un léger sourire.
— J’espère que vous vous plairez en Angleterre…
— Merci beaucoup !
— Ça doit pas être facile pour vous… Alors, autant que vous ayez une ou deux personnes sur qui compter. Bon, je vous laisse, j’ai du travail.
Ichigo se douta qu’il n’en était rien, mais l’autre ne semblait pas vouloir pas se justifier. L’orangé eut un petit sourire et serra contre lui le précieux livre et monta rapidement les étages pour s’enfermer chez lui. Il se dirigea vers la cuisine où il déposa sa veste sur le comptoir. Il posa son livre et se fit une autre tasse de café.
L’air avait été vif dehors. Il apprécia de voir l’eau remuer dans la casserole. Il prit le livre entre ses doigts et l’ouvrit pour en contempler les pages. Il apprécia la texture des pages. L’homme lui avait prêté un livre de qualité. Bien sûr, c’était écrit de manière occidentale, mais il fallait qu’il s’exerce encore, donc autant que ce soit tout de suite et puisqu’il s’agissait de son auteur favori… !
Ichigo prit la tasse chaude et se dirigea vers sa chambre avec son livre et se plongea dans celui-ci avec délectation. Un excellent moyen pour ne plus penser, songea-t-il.
Il était tard quand Ichigo se fit à manger. Il fit sa vaisselle, prit une douche et se remit en pyjama. Il se laissa aller dans les bras de Morphée très rapidement. Le lendemain, sa nouvelle vie commencerait vraiment ! Il avait hâte…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)