Sous le masque 5

Mercredi 26 novembre 2008

Ichigo avait entendu les Vizards partir. Il ne pensa pas à ce qu’Hirako lui avait dit. Cela lui donnait encore plus mal au crâne. Il ferma les yeux et tenta de retrouver son calme. Il somnola presque. Il finit par se lever une heure plus tard. Mais il se sentait vaseux. Une profonde envie de vomir le prenait aux tripes. Il se dirigea vers la cuisine et vit le message que Shinji lui avait laissé avant de partir.

« Ichigo !

Je ne sais pas quand je rentrerai. Alors tente de te calmer. Si tu en ressens le besoin, tu peux reprendre une pilule demain. Mais évite : essaye de durer jusqu’à dimanche.

Je t’ai préparé un en-cas (il est dans le réfrigérateur), pour quand tu te seras levé. Surtout ne tente pas de sortir ou quoi que ce soit… Vu ton état de fatigue et l’état de ton hollowification, il serait préférable que tu ne fasses rien de stupide.

Mon numéro de portable est au bout du papier. Si t’as besoin de moi, appelle-moi. N’hésite pas. Si tu ne le fais pas alors que tu es en train de mourir, je t’achève !

A+ Shinji »

Ichigo relut deux fois le papier. Il partit chercher son propre portable et enregistra le numéro du Vizard. Vu comme il était dans le brouillard, il serait capable de perdre le morceau de papier. L’Orangé se dirigea ensuite vers le réfrigérateur, hésitant. Que lui avait préparé le blond ? Était-ce mangeable, au moins ?

Il vit une assiette qui était recouverte de petits club-sandwichs, emballés dans un film étirable. Ichigo se prit un verre et se servit de l’eau. Il posa le tout sur un plateau. Il se dirigea vers le salon et alluma la télé. Il regarda une série quelconque : Les Experts à Miami et mangea tranquillement. Il commençait à se sentir mieux. Il repensa alors à ce que lui avait dit Hirako plus tôt.

C’était quoi, ce comportement et cette déclaration ? Il n’aurait jamais cru que Shinji serait sérieux une seconde. De toute façon, il l’avait dit lui-même : il avait lancé ça comme une boutade, comme il avait l’habitude d’en faire… Pourtant, il avait vu son regard se poser sur Heather. Il aurait pu l’écraser : il l’aurait fait ! Ses yeux avaient exprimé, à ce moment-là, de la colère et du dégoût.

Ichigo décida de tout mettre de côté. Il n’avait pas envie d’approfondir la question. Il avait du retard… Il se dirigea vers sa chambre après avoir débarrassé et reprit ses cours d’anatomie. Il prit son téléphone et appela Kevin pour qu’il lui apporte les cours qu’il avait manqués. Il laissa un message sur son portable et se plongea dans ses notes.

°0°0°0°

Ichigo regarda l’heure. Il était 22 h 30. Il était temps qu’il arrête. Il faisait une overdose. Kevin était passé plus tôt et lui avait demandé pour Heather, qui avait pleuré chez lui. Ichigo se sentait mal, mais donna une version édulcorée sur ses amis, qui avaient un sens de l’humour particulier, et le fait qu’il soit malade et qu’Heather lui tape sur les nerfs avec ses constantes exigences. Kevin approuva… Il avoua qu’il aimerait bien sortir avec elle, mais son caractère vindicatif le refroidissait quelque peu.

Kevin n’était pas resté longtemps. Il avait vu que son ami était réellement malade et fatigué. Il assura à Ichigo qu’il expliquerait la situation à ses autres amis… Car tout tournerait vinaigre avec la petite brune s’il la laissait faire !

À peine parti, Ichigo s’était plongé dans ses nouveaux cours. Il ne voulait pas prendre de retard. Il travailla d’arrache-pied jusque-là ! Il se fit une collation rapide. Son portable sonna. Ichigo fronça les sourcils. « Heather ? » pensa-t-il, contrarié. Il décrocha et entendit la voix d’Hirako.

— Toujours en vie… attaqua tout de suite le blond !

— Oui, comme tu peux le voir.

— Tu ne te surmènes pas ?

— Non… et je ne suis plus un bébé.

— Tu faisais quoi ?

— Rien de spécial, soupira le roux.

— Pour te dire que je reviens te voir lundi matin !

— Ok…

La voix d’Ichigo semblait un peu indifférente.

— Je ne te manque pas, à ce que je vois ! fit, ironique, Shinji.

Le cœur d’Ichigo battit un peu plus vite. C’était quoi, cette réflexion…

— Pas spécialement…

— Si tu veux, je ne viens pas lundi !

— Si ! s’écria Ichigo malgré lui.

— Pff ! Tu sais pas c’que tu veux… Gamin !

— Arrête avec ça ! Je n’ai plus 15 ans.

— Tu sais l’âge que j’ai ? Tu es un gamin pour moi, crétin…

— Bon, tu commences à m’énerver, alors à lundi.

— Je prends de tes nouvelles et voici tout ce que je mérite ?

— Désolé, culpabilisa Ichigo. Merci de t’inquiéter pour moi…

— De rien ! ‘lut !

— ‘lut !

Ichigo se gratta la tête. Décidément, Shinji était aux petits soins pour lui. Quelque part, cela lui faisait réellement plaisir. Il fit une toilette rapide et se mit en pyjama. Le confort que procurait l’attention d’une personne autour de soi, c’était réconfortant et doux. Par contre, quant à « la déclaration », là, c’était une autre paire de manches. Ichigo s’endormit profondément aussitôt qu’il posa sa tête sur l’oreiller.

°0°0°0°

La journée du lendemain se passa sans incident majeur. Ichigo se leva tard, déjeuna, prit une douche, s’habilla et fit ses devoirs. Il y passa sa journée et une partie de la soirée. Il partit s’allonger et songea qu’il avait gagné une petite victoire. Son Hollow ne s’était pas manifesté de la journée. Il partit se coucher vers 23 h et se sentait fatigué.

Quand il se réveilla le lendemain matin… Il se leva péniblement du sol… sol ? Il se redressa et leva les yeux. Son corps était abandonné sur le lit. Il rétrécit les yeux. Comment en était-il sorti ? Il se redressa et regarda son uniforme de shinigami. Il pâlit… Du sang ! Ses yeux sortirent presque de sa tête. Il se mit à trembler. Il se dirigea vers la salle de bain comme un automate. Il resta pétrifié par son aspect.

Ichigo ne savait plus quoi faire sur l’instant. Il resta pétrifié quelques secondes. Puis le visage de Shinji lui vint en tête. Il repartit dans sa chambre et prit son portable. Il s’installa à terre contre le lit. Ichigo composa le numéro. Le portable sonna deux fois et la voix d’Hirako, ensommeillée, lui parvint.

— Ichigo ?

— …

— Ça ne va pas ? Sa voix était en alerte.

— Shinji… Je crois que j’ai fait des conneries ! finit par lâcher Ichigo.

— Quel genre ?

— Du genre, j’en sais rien… Mais mon kimono est couvert de sang…

— J’arrive ! Tu bouges pas…

Son interlocuteur raccrocha et Ichigo finit par faire la même chose après quelques secondes. Il naviguait en plein désarroi. L’Orangé ne bougea pas. Il était sous le choc. Il fouillait sa mémoire… Devenait-il un fou qui tuait tout ce qu’il trouvait ? Comment cela s’était-il produit ? Oh, Shinji… dépêche-toi ! Il fronça les sourcils… il devenait dépendant du blond ? Cela lui rappelait sa situation avec Urahara. Quoique différente ! En effet, Shinji ne le tournait pas en bourrique. C’était très différent.

Ichigo sentit une présence à côté de lui. Il leva les yeux et rencontra les yeux bruns clairs de Shinji. Il était indéchiffrable. Il se plaça devant lui et s’agenouilla pour le regarder dans les yeux.

— Tu te souviens de quelque chose ?

— Non… souffla l’Orangé.

— Y a combien de temps ?

— Je ne sais pas ! Je me suis réveillé comme ça !

— Tu peux te prendre une douche ?

Ichigo hocha la tête.

— Bon… Va te prendre une douche. Je vais aller patrouiller et voir si quelque chose apparaît !

Ichigo le scruta, inquiet. Hirako tendit sa main et posa une main sur le sommet de son crâne, ébouriffant les cheveux en épis orange. Il se leva et lui lança une nouvelle fois :

— Va te prendre ta douche. Je m’occupe du reste…

— Merci !

— Hum… crétin !

Et Hirako disparut. Ichigo se leva et se dirigea à nouveau dans la salle de bain. Il défit ses vêtements automatiquement. Il avait des nausées. Il se prit une douche et se laissa caresser par l’eau chaude. Il finit par sortir et se sécha rapidement. Il réintégra son corps et partit nettoyer son uniforme. Il attendit Shinji en préparant le petit déjeuner.

Toutes ses pensées avaient été occupées tant qu’il avait une activité. Mais maintenant, le retour d’Hirako se faisait attendre. Ichigo se pencha devant l’évier et remonta les épaules. Il était inquiet. Il sentit brutalement la présence du Vizard derrière lui. Il tourna la tête et rencontra les yeux neutres de Shinji.

— Alors ?

Sa voix n’était pas assurée.

— Que s’est-il passé ?

— Dis-moi d’abord…

— Bon… Cette fois-ci, tu ne l’as pas loupé ! Mais Kensei et moi, on s’en est occupés.

Ichigo se laissa tomber sur une chaise.

— Que s’est-il passé ?

— Rien… dit Ichigo d’une voix blanche.

— Comment ça, rien ?

— Hier, rien ne s’est passé. J’étais même relativement bien !

Ichigo leva la tête vers le blond. Ses yeux étaient suppliants.

— Je suis allé me coucher vers 23 h et je n’ai rien senti de spécial, et c’est ce matin…

— Je vois !

Shinji fit le tour de la table et posa une main sur l’épaule d’Ichigo.

— Écoute ! On a réglé le problème… Donc nous n’aurons pas de problème avec la Soul Society. Par contre, Ichigo, je vais rester avec toi toute la semaine ! OK ?

Ichigo se sentit soulagé, incontestablement. Puis Hirako lui releva le menton et leurs yeux se croisèrent.

— Ensuite, je partirai… Je t’avoue que j’ai pris l’habitude de partir souvent et je ne saurais rester à la même place. De toute façon, je me suis donné une « mission ». Cependant, quand je reviendrai, tu commenceras un nouvel entraînement avec moi et les autres. Je vais te faire devenir un shinigami accompli ! Cela te permettra de pouvoir te contrôler en dehors des pilules.

— Shinji…

— Maintenant, on déjeune…

Le blond l’avait lâché et prit l’autre chaise libre. Il se servit et commença à déjeuner. L’Orangé se sentait très mal après tout ce que lui avait dit Hirako.

— Ça ne sert à rien de déprimer. Mange !

Ichigo observa quelques secondes Hirako et prit un toast. Ils déjeunèrent en silence. Ichigo fit la vaisselle et Hirako téléphona aux autres Vizards pour les rassurer quant à la situation de l’étudiant.

— Viens, Ichigo… On va sortir te changer les idées. Être enfermé ici ne t’apportera rien de bon !

— Mais j’ai des devoirs !

— Après… Viens !

Ichigo finit par enfiler son manteau. Ils passèrent devant le bureau de Colin et Ichigo alla le saluer chaleureusement, puis lui rendit un des livres que ce dernier lui avait encore prêtés. L’Orangé en profita pour présenter Hirako au concierge, qui ne fut pas impressionné par l’air froid et distant du blond. Mais Colin lui dit sans détour :

— Je suis heureux qu’Ichigo ne soit pas abandonné par les siens !

— Jamais ! répondit Hirako.

Colin lui adressa un bref sourire et les deux hommes quittèrent les lieux.

Hirako entreprit de faire le tour de la ville. Au début, Ichigo n’était pas très à l’aise. Ce n’est pas le fait de se promener, mais le fait de savoir comment cela allait se dérouler. Au bout d’une heure, il apprécia réellement le fait de déambuler sans but.

La ville avait un charme unique et, finalement, la discussion avec Hirako se passait très bien. Ils se rendirent compte qu’ils avaient beaucoup de goûts en commun… enfin, pas toujours, parce que Shinji, parfois, appréciait des trucs « bizarres ». Surtout selon les goûts vestimentaires d’Ichigo.

Au bout d’un moment, Shinji invita l’Orangé au restaurant. Ce dernier le regarda avec un petit air méfiant.

— Fais pas cette tête, je vais pas te violer ! On se détend, c’est tout…

— Je me demande comment tu pourrais faire pour me violer ! maugréa le plus jeune.

— Oh… te fais pas de souci pour ça.

Shinji eut un air lubrique qui exaspéra son ami. Ils passèrent malgré tout un bon moment. Ichigo voulut payer la note, mais le blond le fit en ajoutant…

— Je vais squatter chez toi pendant une semaine… Alors profite !

Finalement, ils rentrèrent en milieu d’après-midi. Ichigo fit un café et Hirako se fit un thé. Ils discutèrent un peu et l’étudiant retourna à ses cours. Shinji s’absenta… De toute façon, il n’y avait rien à craindre.

Quand il rentra, le roux était toujours penché sur ses cours. Il décida de faire à manger, l’autre ayant oublié l’horaire.

Le soir, Ichigo installa un futon et Shinji dormit dans la même chambre que lui. C’était plus prudent. Ils ne discutèrent pas beaucoup. Ils avaient assez parlé durant la journée et ils s’endormirent bien vite. Shinji ferma les yeux et fit semblant de dormir. Quant à Ichigo, il s’engouffra vite dans une phase de sommeil. Hirako se redressa et attendit ! Que lui réserverait cette nuit ?


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