Sous le masque 13

Vendredi 12 décembre 2008

Ichigo se dirigea sans hésiter vers Shinji, qui le regardait avec un sourire moqueur… enfin, jusqu’à ce que leurs visages se touchent. Il perdit son sourire pour arborer une expression tout à fait sérieuse. Shinji dut lever légèrement les yeux et finit par dire…

— Tu n’aurais pas grandi par hasard ?

— C’est seulement maintenant que tu t’en rends compte ?

— ‘tain… Tu comptes aller où comme ça !

— Je pense à peu près comme mon père…

— Je te préviens : si tu ressembles à ton père, je te plaque !

Ichigo rit légèrement alors que les doigts minces d’Hirako avaient agrippé les pans de sa chemise et le tiraient vers lui, comme s’il existait encore une distance à combler. L’orangé lui demanda doucement…

— Tes cheveux n’auraient-ils pas légèrement poussé également ?

— Pfff ! Tu te fais des idées…

— Non, je ne pense pas… Merci, Shinji !

— Crétin !

Ichigo avait glissé une de ses mains derrière la nuque gracile de Shinji et jouait lentement avec les fils de ses cheveux. Il fit remonter l’autre jusqu’à ses épaules. Ichigo inclina la tête et effleura les lèvres douces du blond. Il murmura contre elles…

— Je suis tellement heureux que tu sois ici !

— Je te l’ai dit… vivons notre vie pour n’avoir aucun regret !

Shinji repoussa gentiment le roux sur le lit et grimpa au-dessus de lui, les genoux de part et d’autre de son corps, les mains tenant ses poignets… Leurs yeux ne se détachaient pas de ceux de l’autre. L’attente fit monter la tension entre eux. Leurs respirations se raccourcirent légèrement.

— Si tu savais combien j’ai pensé à toi… souffla Shinji.

— J’imagine très bien la chose ! grimaça Ichigo.

— Pas que pour « ça ».

— Tu peux penser à moi sans vouloir me violer ?

— Ferme-la ! J’essaye d’être « gentil ». Tu peux pas savoir combien ça me coûte de dire ce que je te dis !

— Je le sais… souffla Ichigo.

Brutalement, Ichigo remonta un genou et le fit glisser entre les jambes de Shinji. Lentement, il fit passer son genou sur l’érection du blond, qui en eut le souffle coupé.

— Tu…

Ichigo lui avait attrapé le cou d’une main et l’embrassait avidement. Son autre main avait glissé sous sa chemise et caressait son dos. Shinji tomba lourdement sur le roux, qui le bascula contre lui sur le côté. Voyant qu’il allait tomber, en équilibre sur le bord du lit, Ichigo le tira plus près de lui.

Le blond ne resta pas en reste… Il glissa une jambe autour de celles de son amant et se frotta contre lui, lentement, pour frotter leurs deux érections ensemble. Ichigo observa, entre ses yeux mi-clos, le blond, qui lui rendit son regard. Pas besoin de parler…

Ichigo défit les boutons de la chemise de Shinji. Il en fit glisser les pans et sa bouche couvrit les parties de peau dénudées qui se découvraient au fur et à mesure.

Lentement, les lèvres gourmandes glissèrent de l’épaule vers les pectoraux bien dessinés. Le corps mince de Shinji s’éveillait sous ses doigts. Les halètements du blond l’excitaient de plus en plus. Il suçait lentement ses tétons entre ses dents, alors que les doigts de son autre main caressaient doucement l’autre bouton rose, qui s’était lui aussi dressé, excité par la caresse.

Les bras de Shinji étaient suspendus au cou d’Ichigo, qui continuait à descendre lentement sur son corps mince et ferme. Le blond se sentait revivre sous les caresses expertes du roux. Il essayait de retenir ses soupirs.

Il sentit soudain les mains d’Ichigo tirer sur sa ceinture. Il laissa alors un gémissement s’échapper, et sa tête bascula sur le côté. Il était déjà impatient de connaître les caresses que ne manquerait pas de lui prodiguer son amant si attentionné.

Ichigo fit descendre le pantalon du blond et son boxer rapidement. Shinji était quasiment nu contre lui. À part sa chemise, grande ouverte et pendant misérablement autour de ses bras minces, le reste du corps de son amant s’offrait à sa vue.

Il l’aimait… Ichigo se pencha à nouveau et, avec sa langue, joua avec son nombril. Il sentait sous lui le membre gonflé qui attendait impatiemment ses caresses. Il ne le fit pas attendre davantage.

Il prit le sexe de son amant entre ses doigts et se pencha pour en lécher la fente. Il taquina le bout du pénis, ce qui provoqua une grande tension dans le corps de Shinji. Ichigo finit par l’avaler en entier et commença un va-et-vient qui arracha un gémissement au blond.

Les doigts d’Ichigo caressaient la base de sa verge en un mouvement tout aussi cadencé. Le corps du vizard s’arqua et, inconsciemment, le bassin de Shinji se mit à bouger, mais Ichigo le bloqua d’une main. Il se redressa et continua son mouvement avec sa main, un peu plus rapidement, ce qui accentuait les gémissements de son amant.

Il remonta lentement vers lui et reprit sa bouche pour mieux le goûter… ce goût si particulier…

Shinji le fit basculer fermement sur le côté et entreprit de reprendre les choses en main. D’ailleurs, ses mains défaisaient lestement les boutons de sa propre chemise. Elles glissaient sur la peau d’Ichigo en de grands mouvements circulaires, mais légers. Il le pressait contre lui… alors que sa bouche ne cessait de venir sur la sienne, inexorablement. Ichigo n’arrivait presque plus à respirer. Il n’aspirait plus qu’à être libéré de ses vêtements devenus trop serrés et à sentir le corps nu de son amant contre le sien.

Shinji le comprit et défit rapidement la boucle de ceinture du roux. Il retira tout aussi vite le pantalon et le sous-vêtement qui retenait le sexe dressé d’Ichigo.

Shinji admira Ichigo… Il était vraiment magnifique. Les muscles longs et bien dessinés sur une peau hâlée auraient fait pâlir d’envie bien des femmes… qui auraient certainement aimé être à sa place. Il eut un léger sourire ironique. Et non, c’était lui qui était là, et il comptait bien rendre la pareille à sa fraise. Le faire gémir entre ses mains… c’était franchement excitant !

Ses mains commencèrent à caresser sa longueur. Il voyait le corps de son amant s’arquer d’impatience. Ses yeux ambrés, si intenses, qui le regardaient… qui ne regardaient que lui ! Il frissonna. Ce gamin lui faisait vraiment perdre la tête. Même si c’était lui qui le caressait, Ichigo trouvait toujours un moyen de le troubler avec son regard. Jamais il ne pourrait oublier ses yeux si expressifs.

— Tu as du lubrifiant ? demanda Shinji.

Ichigo tira le tiroir de la table de chevet, en sortit un pot et le tendit à son amant. Ce dernier entreprit d’en mettre sur ses doigts, et Ichigo fit glisser le gel pour caresser le membre tendu du blond. Ils étaient aussi troublés l’un que l’autre… Ils étaient troublés l’un par l’autre…

Shinji chercha la tache qui permettrait à Ichigo de se détendre et, surtout, de lui donner du plaisir. Lorsque la tête de son amant se rejeta en arrière et qu’il entendit un doux gémissement s’échapper d’entre ses lèvres serrées, le blond entreprit de solliciter l’endroit jusqu’à ce que le roux explose réellement et se laisse aller.

Il voyait qu’Ichigo essayait de se retenir, comme lui l’avait fait précédemment, mais c’était frustrant… Il pensa à son amant et se promit d’être un peu moins égoïste la prochaine fois.

Ichigo n’en pouvait plus et finit par lâcher un long râle rauque, puis murmura :

— Shinji… je t’en prie !

Il ne se fit pas prier deux fois. Il remonta les jambes du roux et glissa sa verge gonflée dans l’orifice offert. Il y entra lentement et observa la réaction d’Ichigo, qui le suppliait du regard. Il bougea et entreprit de donner de longs coups pour mieux toucher sa prostate, ce qui provoqua des gémissements de la part du jeune homme, sous lui.

Shinji se pencha vers Ichigo et bougea avec lui. Il se sentait si bien à l’intérieur… Sa fraise était si étroite que c’en était affolant, et il ne parviendrait plus à se contrôler bien longtemps.

De toute façon, son amant non plus n’y arrivait pas. Leurs corps se recouvrirent d’une fine couche de transpiration… Shinji sentait autour de lui les contractions que provoquait la post-libération et entreprit de caresser la longueur de son amant. Lui-même accéléra pour lui, et il sentit, en même temps qu’Ichigo s’arquait contre lui, un liquide chaud sur ses doigts et sa poitrine. Il se libéra quelques secondes plus tard. Ils gémirent tous deux dans un même orgasme.

Shinji resta au-dessus d’Ichigo, haletant, et essaya de reprendre une respiration normale. Finalement, le blond se laissa tomber contre le mur et ferma les yeux quelques instants. Ichigo était allé se blottir contre lui.

Il entrouvrit ses yeux noisette et observa l’orangé, qui bailla légèrement et avait aussi fermé les yeux.

— Ichi… Tu dois pas aller bosser après ?

— J’ai le temps. On est juste en début d’après-midi, protesta Ichigo.

— Il est presque 17 h ! protesta le blond.

— Hum…

— Tss ! Tu m’écoutes jamais !

— C’est de ta faute, t’es trop affriolant !

— Pardon ?

— Tu m’as… entendu, bailla une dernière fois le roux.

— Mais je ne suis pas une fille, Ichigo ! protesta le blond.

— …

— Oï ! Bon sang !

Il passa au-dessus du roux et régla son radio-réveil pour 19 h 30. Il fallait vraiment qu’il s’en occupe comme d’un gamin… De toute façon, c’était son gamin… Mais il exagérait quand même. Tant pis, lui aussi prenait le mauvais pli de trop le couver !

Il prit la couverture tant bien que mal et recouvrit leurs deux corps ! Il s’endormit pelotonné contre Ichigo, qui avait glissé une main autour de sa taille et soupirait d’aise. Bah voyons… marmonna-t-il.

°OoO°

Le radio-réveil les fit sursauter tous les deux. Ils se regardèrent, surpris et désorientés. Finalement, Hirako siffla :

— Éteins-le, ton truc !

— Haï… haï… je l’avais pas mis en route !

— Moi si… Quand tu as commencé à baver sur moi, je me suis dit que t’arriverais en retard au boulot !

— J’ai… bavé ?

— Ouais !

— Mon œil !

— Si, tu l’as fait… exulta le blond.

— …

Ichigo observa son amant et vit qu’il se moquait de lui. Il bondit sur lui et entreprit de lui faire regretter sa petite plaisanterie. Finalement, les deux hommes se retrouvèrent à terre, la tête la première sur le parquet, sans les mains pour amortir la chute. Ils gémirent sous le choc et murmurèrent, dans un halètement de douleur et à l’unisson :

— C’est de ta faute !

Finalement, après bien des chamailleries, Ichigo se retrouva sous la douche et Shinji prépara le souper, ce qui ne fut pas compliqué, car Yuzu leur avait préparé un dîner en amoureux ! « Adorable, cette petite ! » songea le blond.

Ichigo vint le rejoindre et enlaça sa taille.

— Ça te convient, ce que ma sœur nous a préparé ?

— Elle savait que je serais là ?

— Oh que oui… Elle trouve que nous formons un couple « romantique et très joli ».

— Ah… « joli » ?

— Oui… tu es adorable quand tu refuses de crier ton plaisir et que tu serres les dents.

— Pardon ?

— Oui… j’adore, et je me demande combien de temps tu vas encore tenir comme ça !

— Toi… tu es mignon ! rétorqua Shinji, par vengeance.

— … Mignon ?

— Tes yeux suppliants et tes gémissements…

Ichigo avait glissé ses bras autour du cou de Shinji et il resserra son emprise.

— Tu disais…

— Que tu es exécrable ! maugréa le blond.

L’orangé le quitta et mit la table. C’est là qu’Hirako vit que son amant se baladait uniquement avec une serviette autour des hanches.

— Hé, hé… tu risques gros si tu te balades comme ça devant moi !

— Ah oui ?

Il n’en fallut pas plus à Shinji pour se coller contre son amant. Ils échangèrent un long baiser, chacun ayant enserré la taille de l’autre. Le blond ne put s’empêcher de butiner la peau savoureuse devant lui. Sa langue lécha les deux ou trois gouttes qui restaient sur la chair tendre…

— Un jour, tu me serviras de plateau, Ichi. Je t’allongerai sur le sol et je te couvrirai de nourriture. Je dégusterai un à un les aliments et je finirai par mon dessert… autrement dit… une fraise ! Je mettrai de la chantilly et je lécherai toutes les parcelles de ton corps.

— Shinji… j’ai pas trop le temps, là… Et je vais aller m’habiller, car ton imagination se débride tout à coup, et je me demande si je vais pas encore finir au lit dans quelques minutes.

— C’était risqué de te montrer comme ça…

— Shi… Eh, rends-moi ma serviette !

— Viens la chercher ! Shinji avait haussé un sourcil suggestif !

Ichigo maugréa une nouvelle fois. Il voulut attraper la serviette, mais le blond la cacha derrière lui et en profita pour l’enlacer.

— Je t’avais prévenu… Tu ne t’en sortiras pas vivant !

— Je… je vais m’habiller !

Ichigo voulut pratiquer un repli stratégique, mais le blond le coinça contre le buffet de la cuisine. Hirako fit glisser ses lèvres contre le dos musclé de son amant tandis que sa main glissait devant et commençait à pomper le sexe de son amant, qui redevenait dur contre lui.

— Je ne sais pas si on aura le temps de souper ce soir ! chuchota le blond contre son oreille.

Ichigo ne pouvait plus répondre, car une nouvelle montée de désir le prenait sous les doigts de plus en plus experts du blond diabolique !

°OoO°

Ichigo parvint quand même à aller travailler. La soirée fut plus mouvementée que la veille, mais l’orangé se sentait bien… quoiqu’il se promit de trouver quelque chose pour ses fesses. Il se promit aussi de ne pas oublier que, lorsque Shinji le voyait nu ou à moitié nu, il lui tombait dessus pour lui faire l’amour !

Par contre, il eut la mauvaise surprise de se faire convoquer par le chef du service, qui lui demanda s’il était gay. On lui demanda de passer un nouveau test du VIH, pour être sûr… Après tout, son ex petite amie les avait avertis que le test qu’il avait fait, c’était avant qu’il ne sorte avec un homme.

Ichigo se promit de lui faire la peau la prochaine fois qu’il la verrait. On le cantonna à l’accueil et à la paperasse en attendant ! Il allait vraiment la tuer !


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)