8 ans après la guerre 3

Ichigo se retrouva à l’agence le lendemain avec les papiers manquants et donna un cheque de banque pour sa dernière transaction. L’appartement avait été réglé au comptant à la stupéfaction du vendeur. Ichigo organisa son déménagement et se rendit dans son nouvel appartement. Yuzu vint le rejoindre avec Karin dans la matinée et bientôt tous les trois avait arraché le papier peints partout où il y en avait. Yuzu nettoya et Karin s’enfuit. Ichigo finit les réparations mineures à faire.

–         Tu veux que je t’accompagne demain pour choisir le papier peint ? Demanda la petite brune.

–         Je ne sais pas quand j’irai Yuzu.

–         Comme tu veux…

–         Merci quand même !

Ichigo finit d’aider sa sœur au nettoyage et ils quittèrent la nouvelle demeure de l’orangé. Dans l’après-midi, le roux donna un coup de main à son père pour l’assister dans une intervention bénigne. Ils partirent manger et Karin lança à son frère curieuse.

–         Dit-moi Ichigo… Il te manque Shinji avec tous ces déplacements. Vous n’êtes pas souvent ensemble !

Tous regardèrent Ichigo qui faillit s’étouffer avec son poulet.

–         Si…

–         Mais ça t’énerve pas ? Moi, je serai folle de rage si mon homme était toujours par mont et par vaux ! Toi, tu dis rien ?

–         Il a certaines choses à faire… et personne ne peut le faire à sa place.

–         Personne n’est indispensable ! Décréta Karin.

–         Pour certaines choses… si !

–         Site m’en une ! Dit la brune énervée. Je ne te comprend pas et lui non plus.

–         Tu n’as pas besoin de comprendre ! Fit Ichigo exaspéré. Tu n’as pas besoin de comprendre. Le ton du roux devint sombre.

–         Karin… c’est la vie privée d’Ichigo. Fit Isshin. Nous n’avons pas besoin de connaître leur raison. Si Ichigo l’accepte, c’est son problème pas le notre.

–         Mais, il est souvent tout seul ! Moi, je mourrai si j’étais dans sa situation.

Ichigo se leva et quitta la pièce. Yuzu foudroya sa sœur du regard et lui lança en colère.

–         Comme si les raisons t’étaient inconnues !

Et elle partit en claquant la porte.

–         De quoi parle t’elle ? demanda Isshin inquiet soudain.

Karin avait pâlit. Elle regarda son père et finit par dire

–         Désolée papa. Je… je vais présenter mes excuses à Ichi-nii.

Elle se leva et prit la direction que son frère avait prise. Elle le trouva assis sur un muret à l’extérieur. Elle s’approcha hésitante et finit par lui dire.

–         Je suis désolée Ichi-nii. Je ne voulais pas te blesser. Mais pour moi… votre situation est si incompréhensible.

–         Sache que normalement, j’aurai dû être près de lui. Si je suis ici, certes je l’ai voulu mais c’est aussi par devoir. Je n’ai pas à imposer à la personne que j’aime le purgatoire dans lequel je me trouve !

–         Purgatoire ? dit Karin incrédule.

Ichigo regarda sa sœur.

–         C’est uniquement parce ce que vous êtes ici et c’est pour aider papa pendant deux ans ou presque que je suis revenu. Mais une fois que j’aurai finit ici, je ne remettrai plus les pieds au Japon !

–         Pardon ? Explose Karin. Mais… Mais…

–         Vous pourrez nous rendre visite en Espagne en Angleterre ou partout où on sera. Mais pour moi ici, c’est devenu…

Ichigo ne finit pas sa phrase et regarda autour de lui avec une douleur latente dans le regard.

–         Un enfer ! Finit-il par dire.

–         Pourquoi ? Tu as tous tes amis ici et nous…

–         Je n’ai pas d’amis ici. Oui, je vous ai vous… mais tous mes amis maintenant sans à l’étranger.

–         C’est égoïste ! s’emporta Karin.

–         Egoïste ? Tu n’es plus une gamine Karine. Est-ce que c’est égoïste de vouloir vivre avec la personne que j’aime. Est-ce égoïste de vouloir être heureux et ne plus me soucier des problèmes qui ne me concerne pas ? Oui ? Et bien, je le suis… Qu’importe ce que tu penses. Tu n’as pas vécu ma vie… tu ne peux pas comprendre !

–         Et si j’essayais ?

–         Tss… Karin ! Cela te fait-il si mal que je ne veuille plus rester ici mais partir ? Tu ne crois pas que c’est aussi un sacrifice pour Shinji que je sois ici ? Il ne voulait pas que je vienne. Il est mort d’inquiétude pour moi me sachant ici et connaissant les shinigamis.

–         Pourquoi n’est-il pas ici s’il est si inquiet ?

–         Cela ne te concerne en rien comme je te l’ai déjà dit !

–         Tu nous éloignes de ta vie ! Tu ne veux plus vivre avec nous !

–         Karin… J’ai vécu pendant 7 ans seul. J’ai mes habitudes et Shinji va venir me rejoindre. Je n’ai pas envie d’être dérangé dans ma vie de couple. J’ai besoin d’être seul aussi.

–         Tu n’es plus le Ichi-nii que je connaissais.

–         Tout le monde change Karin… Par la force des choses !

–         Tu mens !

–         Tu es têtue.

–         Je te déteste…

–         Je t’aime petite sœur !

Karin s’enfuit et laissa Ichigo à ces réflexions. Ichigo sentit son père derrière son dos.

–         Elle reviendra et elle ne pense pas ce qu’elle a dit.

–         Je le sais !

–         Tu es… différent !

–         Tss ! Vous vous attendiez à quoi ? A me voir ne pas changer au cours des années ?

–         Es-tu heureux ?

–         Je le suis quand « il » est là !

–         Pourquoi ne l’est-il pas…

–         Hum… Je dirai simplement une chose. La soul Society est très forte pour créer des monstres mais n’est pas capable de prendre soin de ceux qui se sont sacrifiées pour elle.

Le ton d’Ichigo était méprisant.

–         « Il » s’occupe des « monstres » ?

–         Puisque ce sont les nôtres maintenant.

–         Qu’est ce que c’est que cette histoire ?

–         Il existe des familles qui n’ont rien à voir avec les liens du sang papa. Excuse-moi mais je dois rentrer.

Ichigo sortit une petite boite verte et se sortit un comprimé. Il était devenu tendu. Isshin regarda déconcerté son fils et voulu lui parler, mais il s’éloignait déjà sans se retourner. Un poids semblait peser sur ces épaules.

°OoO°

Ichigo se présenta devant l’immense bâtiment que représentait l’hôpital de Karakura tenu par le père d’Ishida. Il était habillé sobrement, une paire de lunette visé sur son nez. Lorsqu’il entra à l’intérieur du dit bâtiment, il dut cependant les mettre sur sa tête car l’entrée paraissait sombre en comparaison avec la clarté à l’extérieur de l’hôpital.

Il se dirigea vers l’accueil où se trouvait une jeune secrétaire. Cette dernière était d’ailleurs sur le qui-vive depuis qu’elle avait vu ce sublime jeune homme entrer dans l’enceinte de l’hôpital. Il lui semblait ne l’avoir jamais vu… Ichigo baissa le regard vers la jeune femme en émoi et lui tendit la feuille sur laquelle était indiqué son rendez-vous. La jeune femme était clouée à son fauteuil. Elle balbutia quelques excuses et composa le numéro du directeur. Bien entendu, Ichigo n’entendait qu’une partie de la conversation.

-Monsieur le Directeur… votre rendez vous de 14 h est arrivé.

– …

-Très bien, je lui indique tout de suite ! 

– … 

-Je vous en prie.

La jeune femme rendit la feuille de rendez-vous à Ichigo et lui indiqua le chemin pour se rendre au bureau là où on l’attendait. Ichigo voyait le trouble de la secrétaire et faisait mine de l’ignorer, ne voulant pas accroître ses balbutiements. Il la remercia et esquissa un faible sourire.

Dans l’ascenseur, Ichigo appuya son dos contre la cabine, une jambe repliée sur la cloison, la tête penchée, réfléchissant à la contenance qu’il devait prendre ! Cela lui semblait plus compliqué de faire face à ses anciens amis que d’affronter un éventuel jury.

Il se redressa soudain en voyant la porte de l’ascenseur s’ouvrir. Il se dirigea vers le fond du couloir et ne put s’empêcher de sourire. Ce couloir, il l’avait déjà emprunté avec Ishida et les autres pour fuir face à un bounds. Il s’arrêta devant la porte qu’on lui avait indiquée et, après une seconde d’hésitation, Ichigo frappa fermement à la porte.

 °°0o0°°

Ishida Uryû leva la tête en entendant frapper à la porte. Son cœur battait un peu plus vite à l’idée de retrouver son ancien ami. Cependant, il avait du mal à digérer ces 7 années d’exil où ils n’avaient eut aucune nouvelle d’Ichigo, lui et Inoue.

–         Entrez, dit Ryuken.

La porte s’ouvrit rapidement, laissant apparaître un homme de très grande taille. Des cheveux orange en pétard, des yeux ambres qui n’avaient pas changé… par contre, le jeune adolescent avait fait place à un homme d’une grande beauté possédant un charisme assez animal. Il n’en revenait pas… Étais-ce bien Kurosaki Ichigo qui se tenait devant lui ? Ce dernier balayait la pièce du regard pour observer ses différents interlocuteurs et sembla à peine s’arrêter sur l’archer, ce qui blessa son ami. L’ancien shinigami remplaçant salua ses interlocuteurs avec respect et attendit calmement qu’on lui explique la marche à suivre.

Ryuken observait l’homme qui se tenait devant lui. Il ne ressemblait franchement pas à son père. Ou plutôt si… mais au côté sérieux de son père dans ce cas-là… pas le côté délirant que ce dernier affichait continuellement pour la galerie.

–         Monsieur Shiba Ichigo, veuillez nous montrer le dossier qui vous a été remis à notre attention, s’il vous plaît.

Ichigo lui tendit son dossier avec respect. Aucune des expressions auquel Uryû étaient habitué de la part du shinigami orangé ne vinrent troubler son visage. Serein et calme, il respirait la confiance en lui. Chacun dans la salle était troublé par son charisme.

Ryuken et les quelques médecins présents dans la salle posèrent les questions d’usages au jeune homme qui répondit sans hésitation sur son parcours professionnel. Il regardait chacun de ses interlocuteurs droits dans les yeux et sans ciller. Il possédait une parfaite maîtrise de lui-même que l’archer aurait presque pu lui envier.

Après deux longues heures, Ryuken Ishida lui posa une question qui parut surprendre le shinigami.

–         Pourquoi ne vous êtes vous pas spécialisé en chirurgie neurologique ? Vos résultats sont relativement impressionnants et vous auriez pu suivre cette voie sans problème.

–         Mon but est simplement d’être médecin. Je ne me voyais pas continuer mes études, cela ne m’intéressais pas.

–         Dommage… j’avoue que j’ai bien regardé votre dossier et j’aurais une proposition à vous faire ! 

Ichigo plongea son regard dans celui du vieux chirurgien. Ryuken reprit, voyant qu’il avait capté l’attention de son interlocuteur.

–         Nous recherchons actuellement quelqu’un ayant vos qualifications. Notre hôpital va ouvrir un nouveau département et nous aurions aimé vous comptez parmi nous…

Ichigo interrompit le vieil archer :

–         Ne m’en dites pas plus. Je vous remercie pour l’intérêt que vous me portez mais je ne recherche ni plus ni moins qu’aider mon père pendant deux ans environs et ensuite, je retournerai en Espagne pour exercer.

–         En Espagne ?

–         Oui… C’est là que ma « famille » vie. Il ébourriffa ses cheveux et l’éclat de son alliance brilla un instant.

Uryuu sursauta et demanda

–         Tu t’es marié Ichigo ?

–         Oui…

–         Tu n’as prévenu personne ?

–         Non… De toute façon, il ne valait mieux pas que quelqu’un le sache. Même papa n’a pas été prévenu.

–         Pourquoi ?

–         Cela ne te concerne en rien et puis… je me vois mal expliquer « mon cas » devant ces messieurs. Fit moqueur Ichigo.

–         Tu as changé Ichigo.

–         Vraiment ? Beaucoup me l’ont dit. Mais après tout… je ne fais qu’obéir aux ordres ! Fit moqueur l’orangé.

Les deux Ishida savaient de quoi parlait l’ex shinigami remplaçant. Finalement Ichigo se leva et récupéra son dossier. Uryû et Ryuken observèrent avec étonnement le shinigami orangé qui s’inclinait avec respect et qui quittait la pièce d’un air décontracté.

Tous quittèrent la pièce, trop heureux de reprendre le cour de leur vie. Soudain, Ryuken  dit à Uryû.

–         Au moins un qui a comprit son devoir ! 

Le jeune archer regardait son père aussi froidement que ce dernier l’observait… Une joute visuelle s’engagea entre les deux hommes. Uryû finit par répondre :

–         Vous faites comme vous l’entendez… moi j’assume ma vie comme je l’entends. Je n’ai pas envie de pleurer ceux que je n’ai pas pu protéger et me sentir impuissant. Pour votre famille vous avez abandonnez les Quincy… Pour la protection de la mienne, je resterais un Quincy. »

Sur ces paroles, Ishida sortit du bureau de son père et partit rejoindre sa femme qui attendait anxieusement des nouvelles de leur ancien camarade de classe. « Elle n’allait pas être déçue ! » pensa t’il !


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