Hirako revenait de la chambre où Ichigo se reposait encore. Il était vraiment épuisé, et Shinji se dit que les soins d’Unahora avaient été nécessaires. Il fronça les sourcils et se demanda soudain s’ils n’avaient pas trop exigé de l’ex-shinigami remplaçant. Quoi qu’il en soit… ils étaient au pied du mur. Ils devaient aider Ichigo à s’en sortir.
Shinji fronça brusquement les sourcils. Il ressentit une énergie spirituelle très douteuse, malsaine au point d’en être écœurante. « Bon, y a pas : faut que j’aille voir ce que c’est… fait chier ! Je t’étranglerai après toute cette histoire, Ichigo ! » songea le blond. Il quitta son gigai, préférant se rendre sous sa forme d’âme vers cette présence particulière. Le combat risquait d’être long, après tout, au vu de tout ce qu’on lui avait expliqué. Il sortit de l’appartement en jurant que c’était la dernière fois qu’Ichi lui faisait faire des bêtises.
Il se déplaça rapidement vers ce reiatsu étrange… et se rendit compte que « la » chose à laquelle il appartenait se déplaçait, et vite. Il se demanda même s’il parviendrait à la rattraper. Finalement, l’énergie sembla s’arrêter. La première personne qu’il vit fut le capitaine de la sixième division, aux prises avec une « chose » absolument écœurante. Déjà, les Hollows, c’était moche, mais ça… c’était un record. Il n’aurait jamais cru devoir combattre un monstre pareil, qu’il réservait à la science-fiction. D’emblée, il vit que Kuchiki peinait énormément à repousser le Soul Evil. Ça devait être ce dont Ichigo lui avait parlé. « Let’s go… and have fun », se murmura-t-il.
Il mit aussitôt son masque de Hollow et para le coup destiné au capitaine, au moment même où celui-ci avait laissé une ouverture sous la puissance et la rapidité des attaques adverses.
Il entendit Kuchiki appeler Ichigo et croisa son regard derrière le masque : le noble parut surpris, mais n’ajouta rien. Shinji se concentra immédiatement sur son ennemi. Il ne lui laissa aucun répit. Les coups étaient lourds et, malgré son physique massif, la vitesse de la créature décuplait les dégâts. Il comprit qu’il devait agir vite ; sinon, il ne pourrait pas encaisser longtemps sans en payer le prix. Il comprit alors pourquoi Ukitake avait tant besoin des Vizored et de leur force…
Il reçut un coup qui le fit reculer. Shinji décida de lui envoyer un Cero pour porter un coup décisif. Cela ne fit que plier l’adversaire quelques secondes. Il profita aussitôt de l’ouverture pour frapper. Pas le temps de réfléchir avec ces choses-là… Il réussit à l’éliminer, mais dut s’y reprendre à deux fois : le premier coup ne l’avait que profondément blessé.
Shinji rengaina son épée et retira son masque. Byakuya s’était approché et l’observait avec une curiosité contenue.
— C’était mon combat, vous n’aviez pas besoin de vous en mêler.
Hirako eut un sourire.
— Bien sûr… c’est pour ça que je vous ai évité de vous faire trancher quand je suis arrivé.
Byakuya dut admettre qu’il avait raison et, de mauvaise grâce, le remercia.
— Oh, quelle chaleur dans votre voix, Byakuya Kuchiki, se moqua Hirako.
— Puis-je savoir pourquoi c’est vous, et non Kurosaki Ichigo, qui êtes ici ?
Shinji réfléchit — du moins en donna-t-il l’impression — puis répondit :
— Hum… comment dire ? Ichigo est en cours de « réparation » pour cause d’utilisation trop intense du Hollow, dit-il en ricanant. Donc, je lui ai promis de m’occuper de vos Soul Evil à sa place tant qu’il ne pourra pas combattre. Je suis étonné qu’Ukitake ne vous en ait pas parlé… Vous paraissiez déçu tout à l’heure de me voir… et maintenant, vous demandez où est Ichigo ? ajouta-t-il en se déplaçant devant Byakuya. Ne me dites pas que vous vous intéressez à lui ?
Le capitaine Kuchiki fut surpris par le ton ironique et surtout par la question… Il ne s’intéressait pas plus que ça à Kurosaki Ichigo. En réalité, il ne s’attendait pas à rencontrer un autre Vizored : il savait qu’il y en aurait d’autres, mais plus tard.
— Je ne pensais pas que vous vous seriez investi dans ce genre de « mission », étant donné que vous y sembliez si réfractaire. Et pour finir, je ne m’intéresse pas plus que cela à la personne de Kurosaki Ichigo.
Shinji avait vu les expressions que le capitaine essayait de masquer. Il n’était pas dupe — ou du moins, l’autre se mentait à lui-même. Il faut dire que Shinji était passé par là, lui aussi.
— Soit ! Puis-je au moins savoir la raison de votre présence dans le monde réel ? Vous n’aviez pas confiance en nous, au point de venir vous occuper vous-même des Soul Evil ?
— Ce n’est pas une question de confiance. Ce combat, je l’ai commencé à la Soul Society. Mais ce genre de monstre, apparemment, maîtrise les passages entre les univers… et il a fini par m’entraîner ici.
— Une chance… vous auriez pu finir dans un univers où vous n’auriez pas survécu.
Byakuya hocha la tête en fronçant les sourcils. Il allait répondre quand il vit l’ex-capitaine changer d’attitude : son air moqueur laissa place à une inquiétude visible.
—Quelque chose ne va pas ?
— Il va falloir que je vous quitte… Non pas que votre conversation ne soit pas intéressante, mais je vais avoir une urgence d’ici peu, termina-t-il dans un murmure. À une prochaine fois, reprit-il, moqueur.
Et il s’en alla, laissant le capitaine Kuchiki sur place.
Hirako se dirigea vers son appartement. Il entra par la porte-fenêtre qu’il avait laissée entrouverte, se précipita dans la cuisine… et vit Ichigo, plié en deux, la respiration rauque. Shinji traversa la pièce pour se retrouver instantanément derrière lui. Ichigo tourna la tête au même moment ; Shinji eut juste le temps de croiser des yeux noirs et or, pleins de haine… Il lui asséna un coup sur la tête pour l’assommer. Tout se passa en une fraction de seconde, interminable pourtant. Il rattrapa Ichigo par la taille avant qu’il ne s’effondre au sol.
— Passe une bonne nuit, mon amour, lui murmura Hirako. Maintenant, tu vas sagement retourner te coucher et faire de beaux rêves.
Shinji souleva le corps inconscient d’Ichigo et se dirigea vers leur chambre. Il le déposa avec précaution sur le lit. Il espérait ne pas avoir frappé trop fort, cette fois. Il s’assit sur le matelas et caressa le visage de son mari. Son cœur se serrait de plus en plus, et il se demanda s’il tiendrait jusqu’au lendemain… Il songea à sa propre hollowification et repensa à Ichigo, qui s’était senti rejeté parce qu’il n’avait pas voulu le blesser. Shinji n’avait pas supporté qu’Ichigo lui cache son état. Non… vraiment, se sentir rejeté…
— Ichi… je t’aime. Reste avec moi…
Le blond posa une main sur son front et ferma les yeux : ses épaules lui semblaient peser une tonne. Il se sentait accablé par le remords, le chagrin et la peur. Il retira ses chaussures, puis s’allongea contre le corps assoupi d’Ichigo. Inconsciemment, celui-ci sentit sa présence et se pelotonna contre lui en soupirant d’aise. « Toi, alors… » Shinji l’embrassa sur le front, le prit dans ses bras et s’endormit peu après.
°OoO°
Le lendemain matin, Ichigo se demanda, sur le moment, où il se trouvait. Puis il vit le corps de son amant, qui le serrait contre lui. Un sourire tendre lui vint aux lèvres. Ensuite, il sentit une douleur à la tête. Il se frotta le crâne et découvrit une bosse. Comment s’était-il fait ça ? Il avait dû quitter le lit sans s’en rendre compte… Heureusement que son mari l’avait arrêté.
Lentement, il se dégagea du dormeur à côté de lui et se leva. Il recouvrit Hirako, qui s’enroula sous la couette. Ichigo ne put s’empêcher de défaire ses longs cheveux et de jouer un instant avec eux : ça l’apaisait toujours.
Il finit par se lever et prit la direction de la salle de bain. Puis il alla tranquillement jusqu’à la cuisine, vêtu d’un t-shirt et d’un pantalon noir. Il se frottait la bosse au sommet du crâne et ne put retenir une grimace. Il se demandait pourquoi Shinji avait besoin de l’assommer aussi fort.
Il fouillait le réfrigérateur à la recherche de quelque chose à grignoter quand il sentit deux mains lui saisir les hanches, un corps se mouler au sien, et un soupir endormi lui chatouiller l’oreille.
— Shinji, va te recoucher !
— Pas sans toi, mon amour… chuchota Shinji.
Ichigo se raidit. Il se redressa et se tourna lentement vers son mari ; celui-ci se laissa aller contre le corps plus grand du roux.
— Shinji… souffla doucement Ichigo. Qu’est-ce qui se passe ? Quelque chose ne va pas ?
Hirako ne répondit pas. Ses mains remontaient le long d’Ichigo et s’accrochèrent au tissu. Ichigo soupira et serra le corps frêle de son amant contre lui.
— J’ai peur, Ichi… Pour la première fois, j’ai peur…
— Shinji…
Le blond leva le visage, et leurs regards se noyèrent l’un dans l’autre.
— Je ne peux pas te mentir en te disant que tout ira bien, Shinji. Tu m’as interdit de te mentir… Mais je ferai mon possible, tout ce que je peux, pour que nous restions ensemble pour l’éternité…
— On se recouche ? J’ai envie d’être avec toi sous la couette !— Je mange juste un truc…— On se fait un plateau de trucs infâmes ?
Ichigo sourit, sortit un plateau et le remplit de choses variées : fruits, toasts, café qui avait coulé entre-temps, beurre et confiture…
— J’ai pas trouvé de confiseries… se moqua Ichigo.
— On n’en mange pas, crétin !
Ils retournèrent au lit. Ichigo tendit le plateau à son mari et retira son pantalon pour le rejoindre sous la couette. Ils déjeunèrent en se piquant ce qu’ils prenaient, donnant à l’autre ce qu’il préférait. Shinji s’en lassa vite ; il posa le plateau plus loin sur le sol, repoussa Ichigo au fond du lit et s’allongea contre lui.
— Laisse-moi te serrer dans mes bras, Ichi…
— Autant que tu veux…
Ils fermèrent les yeux et finirent par se rendormir. Plus tard dans la matinée, Shinji s’échappa de l’étreinte d’Ichigo, qui avait encore emmêlé ses doigts dans ses longs cheveux. Il sourit, attrapa quelques vêtements et laissa le roux se reposer tranquillement. Il récupérerait le plateau plus tard. Peu après, Shinji sentit l’arrivée de nouveaux Soul Evil.
°OoO°
Quand Ichigo se leva, il vit que Shinji avait quitté l’appartement. Il était troublé par le comportement du blond, complètement inhabituel. Pourtant, il sentait les reiatsu : il savait que Shinji accomplissait son « travail » avec sérieux et détermination. Il était temps que tout s’arrête.
Il fouilla ses poches et se rendit compte qu’il n’avait plus de cigarettes. Il prit une douche, enfila une veste et sortit pour se changer les idées. Il savait que, cet après-midi, les Vizored arrivaient à l’aéroport. Ils avaient décidé d’aller les chercher et de les installer dans un loft réservé pour eux.
Le roux descendit rapidement les marches jusqu’à l’entrée de l’immeuble. Il traversa la route et se dirigea vers le combini le plus proche. Son pas était rapide et ses pensées allaient vers Hirako ; de toute façon, elles tournaient souvent autour de lui.
Il traversa le parc, qui lui permettait d’arriver plus vite à la petite supérette. Soudain, il perçut près de lui une aura épaisse et sombre. Il se redressa aussitôt, en alerte. Il n’avait pas sur lui son badge de shinigami remplaçant : Shinji le lui avait confisqué pour éviter « toute tentation », et Kon vivait désormais avec Yuzu. Il s’inquiéta.
Tout à coup, un Evil Soul se matérialisa près de lui. « Merde, je suis vraiment mal », pensa-t-il. Il ne bougea pas et vit que l’autre l’avait repéré. Le Evil Soul fit un pas vers lui ; Ichigo recula. Il se sentait comme un lapin pris au piège…
Il opta pour la fuite, même s’il n’avait aucune chance. Il fit un mouvement pour partir et vit l’Evil Soul bondir sur lui. Ichigo l’esquiva de justesse, mais pas assez pour éviter un coup de griffe. Une plaie béante s’ouvrit sur son flanc gauche. Il se tordit de douleur… c’était atroce.
Le monstre chargea de nouveau et Ichigo ne put éviter l’attaque. L’Evil Soul l’agrippa à la gorge ; Ichigo chercha l’air. Il essaya de desserrer l’étau, mais rien n’y faisait. Il se sentit partir, doucement, et le noir emplit son champ de vision… Il ne vit pas les pétales de cerisier qui l’entourèrent soudain.
°OoO°
Byakuya avait terminé sa mission. Abarai était déjà reparti à la Soul Society et il s’apprêtait à rentrer, quand il sentit distinctement, près de lui, une présence qu’il commençait à bien connaître. Il fronça les sourcils et perçut le reiatsu d’Ichigo tout près d’un Evil Soul. « Il peut combattre, maintenant ? Où est Hirako ? » Par acquis de conscience, il alla vérifier.
Quand il arriva sur les lieux, il fut choqué de trouver le jeune homme en train de suffoquer entre les griffes d’un Soul Evil. Il intervint immédiatement, sans se poser de questions.
Il murmura « Bankaï » et entreprit de défendre le jeune homme, en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Le Soul Evil lâcha sa proie et Kurosaki s’effondra au sol, inconscient et mortellement blessé. Byakuya, comprenant l’urgence, murmura : « Shire, Senbonzakura Kageyoshi ». Inquiet, pressé d’en finir, il se jeta de toutes ses forces dans la bataille. Les minutes parurent interminables, mais il lutta ardemment, comme rarement il s’était impliqué dans un combat.
°OoO°
Finalement, après des minutes qui lui semblèrent des heures, il réussit à abattre le Soul Evil. Il se précipita vers le jeune homme, à l’article de la mort.
— Pas ça…, murmura le capitaine Kuchiki.
Il souleva délicatement le corps inconscient d’Ichigo et décida de l’emmener directement à la clinique de son père. Il pénétra de façon incongrue dans les lieux ; une jeune femme s’évanouit en voyant le corps d’Ichigo flotter dans les airs. Isshin se retourna et, quand il vit le capitaine de la sixième division porter le corps inerte et mutilé de son fils, il blêmit. Il se précipita et posa la main sur la gorge d’Ichigo pour prendre son pouls : les battements étaient irréguliers et faibles.
— Posez-le ici, dit Isshin en demandant au jeune noble de le déposer sur un lit.
Isshin prit la jeune femme évanouie dans ses bras, la posa sur un autre lit et referma les rideaux autour d’elle. Il revint vers son fils en sortant son portable.
— Ryuken, c’est moi… Ichigo est très gravement blessé. Trouve-moi immédiatement une place pour une opération. Je n’ai pas le matériel ici pour pratiquer une intervention.
— Que se passe-t-il ?
— Pas le temps de t’expliquer. Dépêche-toi, j’arrive immédiatement.
— Très bien, je te prépare ça… Indique-moi la salle avec mon reiatsu.
— Merci…
Il raccrocha. Il sortit une pilule d’Urahara de sa poche et expulsa son âme de son corps pour réintégrer sa forme de shinigami, à la surprise de l’homme qui l’observait. Il souleva Ichigo dans ses bras et, croisant le regard du capitaine couvert du sang de son fils, prit le temps de le remercier, puis disparut grâce au shunpo.
Byakuya, lui, était très nerveux et se demandait si Ichigo allait s’en sortir.
La porte de la clinique s’ouvrit ; Hirako Shinji apparut. Il était livide. Quand il vit Byakuya couvert de sang, ainsi que le lit vide à côté de lui, il traversa la salle et demanda :
— I… Ichigo ?
Byakuya hocha la tête. Voyant l’inquiétude de l’autre, il ajouta :
— Son père l’a apparemment emmené dans une structure adaptée.
— Comment est-ce arrivé ?
Le noble raconta brièvement l’épisode et vit son interlocuteur pâlir encore davantage. Il se demanda pourquoi cela l’affectait autant… puis il réalisa qu’il était, lui aussi, bien plus ému qu’il ne le laissait paraître.
Shinji chercha le reiatsu d’Ichigo, sans parvenir à le localiser — ce qui l’affola davantage. Arriverait-il trop tard ? Il repéra celui d’Isshin, le trouva, puis disparut, suivi de Byakuya. Tous deux étaient anxieux. Ils ne parvenaient plus à sentir quoi que ce soit.
Ils traversèrent le hall jusqu’à la salle d’opération. Là, on bloqua Shinji : il ne pouvait pas entrer. Alors il sortit une pilule d’âme artificielle et l’avala.
Hirako Shinji réintégra son corps de capitaine de la cinquième division de la Soul Society. Il franchit la porte avec Byakuya, qui l’avait attendu. Ensemble, ils s’approchèrent de la salle d’opération et aperçurent l’ancien capitaine de la onzième division près de son fils, tandis que l’équipe médicale s’activait autour du corps inconscient. Ryuken et Uryû levèrent la tête et, tous deux, ne purent s’empêcher d’être exaspérés de voir la pièce « envahie » de shinigami.
Isshin tourna la tête vers les deux capitaines qui s’approchaient. Shinji lui lança un regard interrogateur…
— Son état est critique… Nous ne savons pas s’il survivra.
— Il était très affaibli…, murmura Hirako. Il était tellement fatigué…
Il traversa la pièce, se plaça derrière la tête d’Ichigo et lui murmura à l’oreille, sous le regard désapprobateur de la famille Ishida :
— Tu me fais ce coup-là… je te tue pour de vrai, en te fracassant le crâne… crétin !
Après un silence, il reprit :
— Je t’aime… Qu’est-ce que je ferai sans toi, moi, si tu me laisses ?
Sa voix se brisa sur les derniers mots.
Il se redressa sous le regard stupéfait de ceux qui avaient entendu, puis quitta la pièce. Il était bouleversé au-delà des mots. Il réintégra son corps, sortit son portable et composa le numéro de Kensei… sans remarquer la présence des deux autres capitaines derrière lui.
— Lisa ? Qu’est-ce que tu fous avec le téléphone de Kensei ?
— Bah, j’étais à côté… donc j’ai décroché. De toute façon, il pionce.
— Vous atterrissez à quelle heure ?
— Dans environ trois heures… Quelque chose ne va pas, Shinji ? Tu sembles bouleversé…
Pour qu’elle s’en rende compte, cela devait être évident.
— I… Ichigo est entre la vie et la mort, souffla Shinji.
— Comme d’habitude ! s’exclama Lisa.
— Non, pas cette fois. Il a peu de chances de s’en tirer.
— Oh… Mais qu’est-ce qui se passe ?
— Les Soul Evil commencent à apparaître de plus en plus souvent dans le monde réel… et Ichigo en a rencontré un !
— Bah, il peut se changer en shinigami.
— Il ne pouvait pas…, murmura-t-il, la voix brisée. Je lui ai confisqué tout ce qui pouvait lui permettre de se transformer… pour sauver la veuve et l’orphelin… alors qu’il… qu’il…
— Shinji… On arrive bientôt, alors reprends-toi !
— Qu’est-ce qui se passe, bordel ? lança la voix de Kensei.
Lisa lui expliqua la situation avec le peu d’informations qu’elle avait. Kensei reprit le téléphone et engueula copieusement Shinji :
— Mais t’es con ou quoi de ne pas lui avoir laissé un moyen de se transformer ! Avec le reiatsu qu’il a, il est comme un gyrophare dans la nuit…
— On dit un phare, Kensei.
— La ferme !
Hirako se prit la tête entre les mains et attendit qu’ils se calment. Il se sentait oppressé.
— Bon, qu’est-ce qu’on peut faire d’aussi loin ? demanda Kensei.
— Je vais envoyer un mod soul vous récupérer à l’aéroport. Il vous conduira là où vous logerez, et ensuite vous viendrez me r— joindre.
— Ça marche… Shinji…
— Oui…, murmura le Vizored.
— Garde ton calme. Il n’est pas mort… donc il y a de l’espoir. Et tu sais qu’il ne te fera pas de peine inutilement. Alors garde la tête froide… et ce n’est pas ta faute.
— Oui, oui… à tout à l’heure.
— Ils arrivent ? demanda Isshin.
— Pas avant trois heures au moins.
Il reprit la pilule du mod soul et l’ingurgita. Il se détacha de son gigai et lui dit :
— Tu as entendu ce que j’ai dit… alors vas-y.
Le mod soul partit. Shinji alla s’asseoir sur une chaise, la tête penchée en avant. Le remords lui dévorait le cœur. Il sentit une main se poser sur son épaule ; il leva la tête et croisa les yeux de l’ex-capitaine de la onzième division.
— Tu ne pouvais pas savoir… Il n’aurait pas dû bouger de votre appartement, et c’est lui qui a pris cette décision. Il savait très bien qu’il ne serait pas en sécurité.
— Comment pouvez-vous rester aussi calme ? s’emporta Shinji. L’émotion l’emportait sur sa bonhomie habituelle.
— Parce que s’énerver ne sert à rien, si ce n’est à nous blesser davantage. Il se bat pour survivre… Alors fais-lui confiance.
La voix rassurante du père d’Ichigo acheva de vaincre Hirako. Que faire ? Il alla se poster près d’une fenêtre de la salle d’attente vide. Adossé au mur, il observa l’extérieur sans vraiment le voir.
Byakuya avait entendu la déclaration de l’ex-capitaine de la cinquième division au jeune homme, et cela l’avait troublé. Il en avait même eu un pincement au cœur. Mais, quelle que soit la relation qu’ils entretenaient, il décida que cela ne le concernait pas. De toute façon, le seul à pouvoir faire quelque chose dans cette situation avait accepté la charge.
Il prit son portable et composa le numéro du bureau Recherche et Développement. Il tomba sur Mayuri, exaspéré, qui se mit à hurler…
— La ferme, dit le noble d’une voix posée et calme.
Pour le coup, tous furent saisis par ses paroles. Jamais au grand jamais Byakuya Kuchiki n’avait juré de sa vie… (enfin, pas devant témoin !)
— Veuillez signaler au capitaine-commandant Ukitake qu’Ichigo Kurosaki est présentement entre la vie et la mort. Pour l’instant, son pronostic vital est engagé.
— Quoi ? fit la voix surprise de Mayuri.
— Vous m’avez très bien entendu. Pour l’instant, je reste dans le monde des humains et je vous tiendrai informé de l’évolution de son état de santé.
— Très bien, je vais en informer le capitaine-commandant, mais je ne suis pas un bureau de renseignements…
Byakuya coupa la communication et s’adossa au mur, en face de celui de Shinji, le regard déjà perdu dans de sombres pensées… Isshin s’adossa au dernier mur disponible, adoptant la même posture que les deux autres.
Tous les trois attendaient le dénouement de l’opération d’Ichigo.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)