8 ans après la guerre 17

Ichigo était dans l’aire d’entraînement de la 6e division. C’était la première fois qu’il allait superviser un entraînement de la division. Il était un peu nerveux. En fait, il se demandait s’il allait réussir à épargner les hommes. Seraient-ils toujours vivants à la fin de l’entraînement ?

Même Byakuya s’était déplacé pour l’occasion. Il scrutait son fukutaichô, aussi impassible qu’à l’habitude. Ichigo soupira, exaspéré. Il sortit son paquet de cigarettes et s’en alluma une. Il se dirigea vers le centre de l’aire de combat et tirait en même temps sur sa cigarette, pensif. Il planta Zangetsu dans le sol et observa les hommes présents qui le regardaient avec appréhension. Il repéra le groupe des 6 shinigamis qui l’avaient insulté le matin même et tabassé la veille.

Il eut un petit sourire. Un léger nuage s’était placé devant son visage, ce qui lui donnait un air encore plus déroutant. Il pointa un doigt vers le groupe avec qui il avait un compte à régler. Il leur fit signe avec son index de venir le rejoindre. Tous les shinigamis présents étaient curieux et n’en menaient pas large… Mais ce n’était rien comparé à ceux qui devaient battre la « tapette », comme ils le désignaient !

Contrairement aux autres jours, le vizard avait l’air parfaitement réveillé. De le voir si décontracté et surtout de voir son Zanpakuto tiré… Ils déglutirent péniblement.

— Allons, Messieurs… vous n’avez pas peur d’une « pédale » comme moi ?

— Euh… en fait, on voulait s’excuser…

— Après notre combat ! D’abord, je vais vous montrer que le « héros » sait encore combattre.

— Mais… mais… on n’a aucune chance, bafouilla le plus petit.

— Allez, je vous laisse une chance ! Un combat à 6 contre 1 ! Ca vous va ?

— Euh…

— Ouais ! On va t’en coller une ! fit le fort en gueule.

— Humm… en forme ! Tant mieux. J’aurais eu mal au cœur de ne pas rencontrer un minimum de résistance.

Ichigo écrasa sa cigarette et prit Zangetsu. L’orangé se dirigea vers le groupe sans se presser. Il était clair qu’il allait leur en faire baver. Byakuya soupira. Pourvu qu’il ne tue personne. Le vizard avait l’air joliment énervé. Ichigo bougea d’un coup sans que personne ne vit rien, sauf Byakuya qui soupira encore.

L’orangé était concentré sur son objectif et après quelques mouvements de son Zanpakuto les six hommes s’étaient effondrés au sol, inconscients. Aucun n’avait su parer un coup !

— Tss… Mais qui s’occupait de votre entraînement avant ?

— Euh… Taichô Abarai, fit une faible voix.

— Quel crétin ! Il se ramollit avec le temps ! Amenez-vous ici et on reprend tout depuis le début.

Ichigo se mit à expliquer différents exercices et bientôt se déplaça entre les différents groupes qui s’étaient constitués. Rectifiant les postures, encourageant les nouveaux arrivés, s’impliquant lui-même dans les « combats ». Enfin, il n’utilisait pas Zangetsu. Il avait trouvé le moyen d’emprunter une arme d’entraînement. Byakuya qui observait la scène, décida de retourner dans son bureau. Il semblait qu’Ichigo fasse de son mieux pour ne tuer personne.

Les shinigamis travaillèrent dur. Leur fukutaichô se donnait beaucoup de mal pour les faire progresser et puis, ça les changeait d’avoir un homme qui s’intéressait à eux ! Exit, l’homme taciturne apparemment. Ils étaient soulagés… les rumeurs dans les autres divisions commençaient à leur mettre les nerfs en boules.

°OoO°

Après son travail, Ichigo avait décidé de se diriger vers les quartiers de Renji et Rukia pour se changer les idées. Il était de bonne humeur, cela faisait tellement longtemps que cela ne lui était pas arrivé.

L’entraînement l’avait déridé et lui avait permis de se libérer d’un certain stress. Ichigo baissa les yeux pour regarder le plan que Byakuya lui avait fait rapidement avant qu’il ne quitte la 6ème division. Il s’arrêta devant une maison. Il toqua à la porte et attendit.

Il fronça les sourcils quand il entendit la voix de Renji rugir… suivi par un hurlement de Rukia. « Eh bien, on dirait que je tombe mal ! » pensa Ichigo. La porte s’ouvrit et la petite femme brune apparue, énervée.

— Yo Rukia !

— Ah tu tombes bien toi !

— Euh…

— Entre !

— Rukia ?

— Tu sais faire la lessive toi ?

— Euh… oui…

— Va aider Renji !

— Hein ?

Rukia le tira  à sa suite dans la cour intérieure de son domicile. Il vit Renji attifé d’un petit tablier rose. Cela jurait tellement avec ses cheveux qu’Ichigo éclata d’un rire, les larmes lui vinrent aux yeux. Ichigo ne pouvait plus s’arrêter de s’esclaffer! Rukia lui donna un violent coup dans les côtes.

— Au lieu de rire va l’aider… Ça vous apprendra à vous traîner dans la poussière ! J’en ai assez de m’occuper de ses affaires !

Ichigo se tenait toujours les côtes et se dirigea vers le fier capitaine de la 3ème division qui lui lançait un regard meurtrier.

— Te fout pas de ma gueule… Rukia ! Trouve lui un tablier à lui aussi… Il va se « mouiller » le pauvre chéri, fit Renji avec un sourire carnassier.

— Non, ça va aller. Ichigo était affolé maintenant.

— C’est vrai, marmonna Rukia. Bouge pas Ichigo, je reviens !

— ‘tain ! Tu ne pouvais pas fermer ta gueule pour une fois ! Ichigo foudroyait Renji du regard.

— Fallait pas me chercher !

— Et quand est ce que je t’ai cherché ? Tu peux me le dire au moins !

— Quand t’es rentré et que tu t’es foutu de ma gueule !

— Ah ouais…

Les deux hommes étaient déjà en train de s’empoigner. Ils reçurent chacun un coup sur la tête.

— Vous avez fini, espèces de sots ? On ne peut pas vous laisser seuls deux minutes !

— Mais Rukia…

Tout à coup, une lueur sadique apparut dans les yeux de Renji. Ichigo comprit pourquoi quand il se retourna. Il vit dans les mains de Rukia un tablier blanc avec des cœurs dessus et surtout Chappy le lapin ! Sa réaction fut un : Kkkkkkyyyyaaahhh  retentissant.

— Jamais tu ne me feras porter ça Rukia. Plutôt mourir !

— Ça peut s’arranger, fit Renji !

— Ne fais pas ta chochotte, marmonna Rukia. C’est mon tablier préféré. Je te fais l’honneur de pouvoir le porter. Alors tu te tais, tu l’enfiles et tu es reconnaissant !

— Plutôt crever ! grinça Ichigo.

Renji l’avait déjà empoigné pour lui enfiler l’objet de la discorde. Ichigo se débattit violemment. Rukia les abandonna car elle avait cru entendre le bruit de la porte d’entrée. Elle ouvrit et trouva son frère devant elle.

— Nii-sama ! Quelle joie de vous voir !

— Je voulais savoir si tout allait bien… Je sais qu’Ichigo devait passer…

— Oh, il fait la lessive avec Renji.

— La lessive ?

Byakuya qui avait ordinairement un regard impassible, haussa un sourcil interrogateur.

Tout à coup, le frère et la sœur entendirent un énorme bruit venant de l’arrière de la maison. Sous le coup de la surprise, ils se regardèrent puis se précipitèrent vers le lieu de tous les dangers.

Ils trouvèrent les deux hommes étendus de tous leurs longs dans une immense flaque d’eau savonneuse. Renji avait toujours son tablier rose et le tablier Chappy à moitié déchiré planté sur la tête. Son regard meurtrier était dirigé vers Ichigo qui se trouvait sous lui !

— Je vais te buter Ichigo ! fit-il de rage

— Je voudrais voir ça… T’es pas fichu de faire…

Ichigo fut coupé par un cri strident.

Rukia avait vu son tablier « fétiche » à moitié déchiré sur la tête de Renji. Elle se précipita et s’acharna sur la tête de son mari pour lui retirer le malheureux bout de tissus.

Ichigo voulut intervenir pour lui signaler qu’il lui suffisait de soulever le fameux bout de tissu pour éviter d’étrangler l’homme de sa vie au passage. Il voyait rouler la tête de Renji à droite et à gauche. Ichigo se recula prudemment et décida que Rukia était dangereuse lorsqu’il s’agissait de Chappy.

Comment pouvait-elle être aussi violente ? C’en était insoutenable.

Finalement, Byakuya intervint. Il poussa gentiment sa sœur et retira le tablier qui pendouillait lamentablement autour du cou du fort et fier capitaine de la troisième division. Le noble eut un mal fou à réprimer un fou rire. Il tendit le bout de tissus déchiré à Rukia qui gémit en prenant la relique entre ses mains.

Elle se retourna sauvagement vers Ichigo.

— Je t’avais prêté ce que j’avais de plus précieux !

— Mais… je ne…

— Tais-toi ! Je ne te pardonnerai jamais…

— Je vais t’en repayer un !

— Tu as intérêt ! Tiens, fit brutalement la brune… le nouveau catalogue de l’association des femmes shinigamis est paru. Et j’en ai vu un qui me plaisait bien…

— Tout ce que tu veux Rukia, marmonna Ichigo !

— Parole à ne surtout pas prononcer devant Rukia, lui souffla Byakuya.

— Pardon, nii-sama ?

— Merde… j’avais oublié ! lâcha Ichigo.

— Je peux savoir ce que vous mijoter tous les deux ? rugit Rukia.

— Nous ?

Ichigo et Byakuya se regardèrent de concert, l’air tout à faits innocents et répondirent en chœur :

— Rien !

— Ichigo ! Toi et Renji allez nettoyer la cour ! Ensuite, vous irez prendre un bain. Je vais aller préparer à manger. Nii-sama, souhaitez-vous une tasse de thé ? demanda mielleusement Rukia.

Byakuya lança un regard amusé à son ex fukutaichô et au nouveau qui le regardaient maintenant de travers. Les deux puissants shinigamis n’eurent d’autre choix que d’éponger le sol ! Ensuite, ils se dirigèrent vers la maison, eux-mêmes détrempés, mais Rukia leur barra le chemin.

— Hors de question d’entrer dans cet état, messieurs ! Vous me retirez vos uniformes ici. Tenez ! Ce sont des serviettes pour vous… Et direction, la salle de bain !

— C’est une idée où ta femme est pire qu’un dragon !

— Kurosaki Ichigo, je vous ai entendu !

— Pardon Rukia… marmonna l’orangé.

Les deux hommes se déshabillèrent et se ceignirent la taille d’une grande serviette. Ils traversèrent la maison sous les yeux de Byakuya et de Rukia, chacun admirant l’objet de son désir.

— Qu’est-ce qu’il est beau ! Je ne m’en lasserai jamais ! marmonna entre ses dents Rukia.

— Je suis tout à fait d’accord ! lui répondit Byakuya qui regardait le corps de l’orangé.

— Pardon Nii-sama ?

Rukia était surprise.

— Oh, rien… rien ! Un léger sourire ornait maintenant les lèvres du noble.

°OoO°

Finalement, Ichigo et Byakuya mangèrent avec Renji et Rukia. Ils passèrent une agréable soirée ensemble. La conversation roulant sur des sujets divers, mais non fâcheux. L’orangé affichait un air détendu que ne lui connaissaient pas les autres convives. Rukia était très curieuse de la vie qu’Ichigo avait menée dans le monde humain et lui posa un tas de questions sur ces activités.

Le vizard répondit volontiers à ces questions, après tout il n’avait rien à cacher et ses souvenirs ne lui semblait plus aussi douloureux qu’à une époque. Il raconta sa vie en tant que médecin en Espagne en Angleterre. Le fait qu’il ait fait le tour du monde à la voile, escalader des montagnes, eut une foule d’amis. Renji osa lui demander s’il était resté seul tout ce temps… Une quarantaine d’année sans personne… Cela lui semblait louche. Ichigo eut un sourire nostalgique

— Il y a eu quelqu’un pendant presque dix-huit ans effectivement

— C’était un humain ? demanda Rukia compréhensive.

— Non… une vizard… Souffla Ichigo.

Il ferma brièvement les yeux, à chaque fois qu’il pensait à Eve… il songeait à son départ et surtout toutes les fois où il lui chantait des chansons. Un léger sourire effleura ses lèvres.

— Une femme ? interrogea Renji surpris

— Je suis bi Renji ! marmonna Ichigo pas vraiment heureux d’exposer sa vie sexuelle.

— Tu as l’air heureux en pensant à elle ! remarqua Rukia songeuse. Mais pourquoi est-elle morte ?

— Parce que… parce que, les vizards doivent toujours combattre leur hollow. Même si nous le maîtrisons à un moment donné… nous sommes obligés au fil du temps de.. de nous battre à nouveau contre ce hollow. Et le seul moyen est de combattre.

— Oh Kami-Sama.. souffla Rukia qui n’avait pas idée de ce genre de problème. Elle avait vu Ichigo en difficulté à un moment donné, mais jamais elle n’aurait pensé que cela aille jusque-là.

— Vous procédez de quelle manière ? demanda Byakuya

— Hatch forme un KekkaÏ et nous comptons six vizards ayant chacun dix minutes pour aider celui qui se transforme en hollow en le combattant. C’est le seul moyen.

— Tu dois être furieux après celui qui a…

— C’est moi qui l’ai tué…

Ichigo le regarda droit dans les yeux, les mains crispées l’une sur l’autre.

— J’ai tué environ une quarantaine de vizards depuis que Shinji est partit…

La gorge d’Ichigo se noua en pensant à tous ces amis qu’il avait du un par un détruire car devenu des bêtes assoiffés de meurtres. Rukia posa une main sur les siennes et son regard s’adoucit.

— Cela n’a pas du être facile pour toi…

— Pas vraiment… Mais, à force on acquiert une certaine habitude et on essaye de prendre de la distance.

— Tu as eu de la chance que Shinji n’est pas connu ça ! Fit Renji avec un sourire en coin.

— Shinji est passé par là Renji, mais c’est lui qui m’a mis KO. C’est le seul qui n’est jamais survécu à ce genre d’épreuve.

— Et toi ? demanda Rukia

— Je l’ai surmonté le jour de ma mort ! répliqua Ichigo le regard lointain…

Ses pensées s’étaient focalisés sur la mort du blond qui avait eu lieux aussi ce jour-là ! Un petit silence s’était établis.

— Dit-moi Ichigo, ta vie n’a pas eu l’air vraiment facile dans le monde réel…

Renji en disant cela avait un visage grave et scrutait le roux avec attention. Ichigo se rendit compte que tous le regardait curieux. Ichigo rit doucement…

— Non ma vie n’a pas été facile… ni en tant qu’humain, ni en tant que vizard ! Mais, j’ai toujours eu le soutien de ma « famille » et de mes amis.

— Et de Shinji quand il était encore là… finit Byakuya.

Ichigo plongea ses yeux dorés dans ceux sombre de son Taïcho, et lui adressa un sourire pour répondre

— Oui… Shinji a été mon plus grand soutien…

La conversation reprit peu à peu sur des sujets divers et  vers 23 heures, le Taichô de la 6e division et son vice-capitaine quittèrent la demeure chaleureuse. La lessive était à refaire, mais Rukia préférait s’en charger. C’était moins dangereux pour ses nerfs.

Ichigo marchait calmement à côté de Byakuya. Les deux hommes ne se parlaient pas. De toute façon l’ambiance était détendue. Le noble, ne voulant pas replonger le vizard dans ses tourments, préférait s’abstenir de tous gestes ou de toutes paroles malheureuses. Ces révélations l’avaient troublé et jamais, il ne s’était imaginé qu’Ichigo puisse vivre ce genre d’épreuves difficiles aussi souvent.

Ce fut Ichigo qui interrompit le silence dans la douce chaleur de la soirée.

— Pourquoi vous obstinez-vous avec moi ?

— Pardon ? dit Byakuya, surpris par la brusque question.

Ichigo s’arrêta et se plaça devant Byakuya. Il releva le menton du noble pour que leurs regards se croisent. Le cœur du brun fit un bond.

Il ne s’attendait pas à « ça » ! Quand à Ichigo son cœur était troublé… Il voulait tiré ça au clair pour lui aussi. Le noble ne le laissait pas indifférent et cette proximité le troublait. Il n’y avait que Shinji qui le troublait comme ça en tant qu’homme et jamais il n’aurait pensé pouvoir éprouver du désir pour un homme… Il était tellement différent du blond. En fait, c’était son opposé direct… mais quelque part, c’était mieux ainsi.

— Byakuya… Pourquoi m’aimes-tu depuis tant d’années ? D’autres personnes méritent ton attention plus que moi. Je suis un homme, j’ai commis des meurtres, je suis pitoyable depuis pas mal d’années, je n’obéis à aucune règle…

Le noble avait posé un doigt sur la bouche d’Ichigo pour le faire taire.

— Ichigo… Tu as sauvé ma sœur de la mort, tu as sauvé ma vie, tu as sauvé le Seireitei et la vie d’innombrables personnes. Tu as traversé des épreuves, qu’aucune personne dans le Goteï 13 n’a jamais traversé. Tu as aimé sincèrement et tu as perdu l’être que tu aimais le plus au monde. Je ne souhaite pas le remplacer dans ton cœur ! Je veux juste que tu me laisses l’opportunité de me faire une petite place dans ton cœur. Je n’ai pas oublié Hisanna et je ne l’oublierais jamais… J’ai vécu certaines choses avec elle que je ne vivrais jamais avec quelqu’un d’autre et que je ne souhaite pas vivre avec quelqu’un d’autre. Par contre, j’ai une vaste place libre dans mon cœur pour vivre d’autres expériences et j’ai besoin d’une personne à aimer. Tu ne trouves pas que ta vie est misérable sans avoir personne à aimer, Ichigo ?

Ichigo l’observait entre ses yeux mi-clos, son désir augmentait et son trouble aussi. Le doigt du noble était toujours devant sa bouche.

— Pourquoi un homme ? murmura Ichigo.

— C’est tombé sur toi comme cela aurait pu être quelqu’un d’autre. Les sentiments ne se commandent pas. Ichigo… je ne sais pas comment te le faire comprendre. Tu sembles si inaccessible parfois et tu es une vraie tête de mule !

Byakuya voulu retirer sa main, mais Ichigo happa le doigt encore tendu devant sa bouche. Le noble le regarda, interdit. Ichigo avait attrapé son poignet et le cœur de Byakuya battit un peu plus vite lorsqu’il croisa les yeux du vizard chargé de désir. Il sentit qu’Ichigo léchait consciencieusement son doigt et l’observait au travers de ses paupières mi-closes.

— Es-tu prêt pour ce genre de « relation » ?

Byakuya avait le cœur qui battait la chamade mais ne repoussa pas le vizard. Il était hypnotisé par le vizard. Il aurait gémit de désir devant ce beau visage qui le regardait intensément. Lentement, Ichigo enlaça la taille du noble et lâcha son doigt pour croquer la chair tendre du poignet tout en observant toujours le noble. Byakuya eut un petit frisson… Il le voulait autant qu’Ichigo.

— Ichigo… pas ici !

— Où ?

— Chez moi…

— Si tu insistes et si tu es sûr…

Le cœur de Byakuya battait à tout rompre. Il plongea ses yeux anthracite dans ceux ambre.

— Je ne l’ai jamais été autant de toute ma vie…

— Allons-y ! Mais Byakuya… je n’ai pas dit que je t’aimais !

— Je ne te l’ai pas demandé.

— Si tu es d’accord…

Ichigo et Byakuya prirent la direction du manoir Kuchiki. Le noble le fit entrer rapidement dans sa chambre et ferma le shoji derrière lui. Ils s’observèrent tous les deux quelques minutes en silence et finalement, ils fondirent l’un vers l’autre, s’étreignant désespérément. Leurs deux cœurs blessés battaient à l’unisson.

Après le premier baiser passionné, Ichigo observa son partenaire entre ses paupières mi-closes, son désir s’était affirmé et l’abandon du noble le rendait plus humain qu’il ne l’aurait imaginé.

Il avait glissé un bras derrière le dos du brun, et de son autre main il glissa ses doigts dans les longs cheveux de jais de Byakuya. Il ne pouvait s’empêcher d’être surpris de tenir dans ses bras le distant et pourtant ô combien sexy capitaine de la 6ème division, si inaccessible habituellement.

Ne sentant aucune résistance, il se pencha à nouveau vers son partenaire. Il embrassa sa bouche pour glisser vers le haut de ses pommettes, ses mains se déplaçaient autour de son visage et ses pouces en caressèrent doucement le contour.

Sa bouche descendit le long de sa mâchoire pour caresser l’oreille sensible. La respiration de Byakuya se fit profonde et légèrement saccadée. Un tourbillon de pensées diverses submergeait Ichigo. Mais ce qui était sûr pour lui, c’était qu’il avait envie d’aimer et de respecter l’homme qu’il tenait entre ses bras.

Les mains du roux s’étaient déplacées vers l’écharpe de soie coûteuse qui tomba rapidement et ce fut ensuite le tour de l’haori qui descendit lentement des épaules du noble. Byakuya était submergé par ses émotions, il avait tellement attendu ce moment… presque quarante ans qu’il s’était rendu compte des sentiments qu’il éprouvait pour le roux.

Il ne voulait pas laissé échappé cette occasion qu’il lui était donné de pouvoir le tenir dans ses bras et d’apprécier chacune des caresses si douces que lui prodiguait son futur amant. Il percevait dans les gestes d’Ichigo de l’amour et du respect…

Le tissu glissa souplement et dans un froissement sur le sol de la chambre à peine éclairée. Un morceau de l’étoffe resta coincé cependant dans le dos. Ichigo sentit le désir le prendre par les entrailles et, abandonnant toute prudence il resserra son étreinte, ce qui ne semblait pas déplaire à l’homme en face de lui, leurs érections naissances se frottant l’une contre l’autre et leur laissant échappé un soupir de plaisir.

Les mains d’Ichigo descendirent et il s’attaqua à son shikakushou pour le faire tomber d’une épaule puis de l’autre révélant la pâleur de la peau du noble. Ichigo voulut goûter à la douceur de cette dernière.

Il mordilla légèrement la clavicule et sa bouche descendit sur le buste du noble, qui soupirait entre ses mains. Sa bouche était souple et douce contre la peau satiné. Les gémissement à peine perceptibles du noble le rendait fou. Soudain, Ichigo se pencha et ramassa l’écharpe du noble et avant que Byakuya ne puisse protester, il lui banda les yeux.

Le brun voulut protester craignant que le roux ne le laisse ou qu’il profite de sa position de faiblesse, mais Ichigo le rassura par des paroles réconfortantes, et lui signala qu’il ne lui ferait rien qu’il ne voudrait pas. Il suffisait juste de lui demander.

À la stupéfaction de Byakuya, il se sentit repoussé contre le mur tout proche. Il sentit la dureté du support qui contrastait à la douceur des mains d’Ichigo. Byakuya sentit que sa veste, qui était encore accrochée à son hakama atterrit sur le sol. Et soudain, la douceur d’une matière chaude, humide et molle vint se coller contre sa peau. Il eut un frisson. Son cœur se précipita sous le coup de la surprise.

La langue qui le léchait voluptueusement, les mains qui le touchaient tour à tour durement pour laisser ensuite place à la douceur, le mettait sur le qui-vive. Il attendait chaque caresse, se demandant ce qu’elle lui réservait douceur, sécheresse, volupté ou… Chaque partie de son buste fut exploitée. Byakuya tremblait un peu plus au fur et à mesure que les minutes passaient. Il déglutit péniblement et n’était plus que désir pour Ichigo qui le torturait délicieusement.

— I…chigo ?

— Quelque chose t’a déplu ?

Le souffle chaud d’Ichigo était dans le creux de son oreille.

Il frissonna et sentit alors que vizard plaquer son corps contre le sien. Il sentait la peau nue de son buste contre la sienne. Ichigo avait saisi chacun de ses poignets et les avait placé au-dessus de sa tête. Il les retenait avec une seule de ses mains.

— N…non !

— Je continue ?

— Ou…i !

Le noble sentit soudainement une langue effleurer ses lèvres, lentement, avec délectation. Dans le même temps, il ressentait la pression de la peau nue contre la sienne et la chaleur du désir de l’orangé pour lui en son bas ventre.

Il avait une furieuse envie d’arracher son écharpe et de repousser Ichigo, mais dans un autre sens, il mourrait d’envie de laisser la torture continuer. Ichigo gémit doucement contre sa bouche et Byakuya réagit en ouvrant la sienne, lui répondant inconsciemment. Le vizard en profita pour glisser sa langue dans sa bouche. Il se recula quand Byakuya voulut lui répondre.

Bientôt, une bataille s’engagea avec le bout de leurs langues. Byakuya sursauta violemment quand une main se posa alors sur son intimité. Il ne s’y attendait plus du tout et il en rosit légèrement. Ichigo gémit contre son oreille, le roux se sentait son désir augmenter à chacune de ses découvertes et il oublia tout…

Byakuya quant à lui était totalement déstabilisé. Plaqué contre le mur, les mains toujours retenues au-dessus de sa tête, une langue qui cherchait la sienne sans arrêt et une autre main qui le caressait de manière suggestive au travers du tissu de son hakama… Il laissa échapper un gémissement rauque. La position debout ne l’aidait pas beaucoup. Il se sentait perdu dans toutes les sensations qu’il ressentait.

Brutalement, il sentit son hakama glisser le long de ses jambes. Les caresses cessèrent brutalement. Il se sentait mal à l’aise puisqu’il était privé du sens de la vue. Il voulut se défaire de l’étreinte de l’orangé, mais Ichigo le tenait fermement par les poignets. Il entendit la voix chaude et douce du vizard lui dire au creux de l’oreille :

— Ne sois pas inquiet, Byakuya.

Son prénom prononcé de manière si sensuelle le déconcerta.

Byakuya commençait à sentir la morsure du froid sur sa peau ce qui contrastait avec la température de son corps. Il sentit alors un grand corps se rapprocher du sien. Il ressentit bientôt par tous les pores de sa peau, celle d’Ichigo qui était tout aussi chaude que la sienne.

Il l’entendit gémir contre son oreille, il ne put retenir lui-même un gémissement quand il sentit sa verge rencontrer celle de l’orangé. Il renversa la tête en arrière et bientôt la langue rugueuse de son amant caressa sa paume d’Adam, ses dents laissant une sensation brute sur sa gorge.

La bouche descendit lentement vers son buste, pour finir par s’emparer d’un mamelon dressé. Le bout de la langue jouait à faire des cercles dessus, pour ensuite croquer son mamelon et finalement l’engloutir.

Quand Ichigo se recula, il laissa son souffle chaud caresser la pointe de son sein, ce qui provoqua un gémissement prononcé chez Byakuya. La diversité des émotions qu’il ressentait et le peu de répit que l’autre homme lui laissait le rendait pantelant.

Les mains d’Ichigo étaient descendues le long de sa chute de reins. Byakuya sentait sa langue traîner sur ses abdominaux, ses dents parfois. Le sentir si près… Byakuya sentit alors une main glisser le long de sa verge en un lent va et vient, l’autre main était occupée à se frayer un chemin entre ses fesses fermes.

Byakuya se pencha en avant, ses mains se posant doucement sur la chevelure courte, douce et soyeuse. Il se crispa quand Ichigo introduisit un doigt dans son orifice anal. Au même moment, il sentit quelque chose d’humide enserrer son sexe et qui faisait exactement ce qu’une main entreprenante avait fait un peu plus tôt.

Il émit un son rauque et sourd. Il n’arriverait bientôt plus à tenir debout. Son souffle était lourd et ses gémissements à répétition, ses tremblements… il n’en pouvait plus. C’était si doux, si fort…

Il se sentit soudain soulevé du sol. Il était porté comme une jeune mariée ! Il haussa un sourcil. Que lui préparait encore son amant ?

Bientôt son dos rencontra la douceur d’un tissu sous lui. Il frissonna et remercia intérieurement Kami-sama… Il sentit soudain le tissu qui recouvrait ses yeux glisser lentement et inexorablement pour lui permettre de rencontrer des yeux ambre au-dessus de lui. Les pupilles d’Ichigo étaient dilatées et une expression de désir intense se lisait sur ses traits.

Ichigo se pencha vers lui et reprit passionnément sa bouche. Byakuya entoura les épaules de son amant pour le rapprocher de lui. Le noble sentit qu’un doigt était reparti à l’exploration de son orifice et son corps réagit d’instinct en se rétractant.

— Détends-toi Byakuya…

La voix d’Ichigo était caressante et si sexy.

Les yeux anthracite exprimaient tellement de désir qu’Ichigo entreprit de rechercher une certaine prostate pour exciter le noble. Il sut tout de suite lorsqu’il l’eut trouvé. Byakuya se sentait mal à l’aise, surtout que maintenant l’orangé avait glissé deux doigts et entreprenait de faire des mouvements de ciseaux pour élargir le passage.

Il sentit ensuite qu’il tâtonnait à l’intérieur de lui. Soudain, il sentit son corps s’arquer sous l’effet du plaisir. Il émit un gémissement sourd et profond. Ichigo eut un léger sourire et continua sa torture consciencieuse et Byakuya ne sentit pas qu’il avait glissé trois doigts à l’intérieur de son corps.

Le noble articula difficilement :

— Je t’… en prie ! M…maint…enant..

Il s’agitait dans tous les sens, ses cheveux de jais collés à son front. Ichigo retira ses doigts et Byakuya protesta inconsciemment, mais bien vite il serra les dents quand il sentit quelque chose de plus épais le pénétrer. Sur le coup, il eut mal et ses yeux s’élargirent. Ichigo se trouvait juste au-dessus de lui. Son front était couvert de transpiration, sa respiration était saccadée et ses yeux exprimaient la frustration de s’être si longtemps contenu.

— Byaku…ya ! Je… peux plus…

Ichigo mordit sa lèvre inférieure, ses yeux se firent suppliant pour le noble. Ce dernier se rendit compte du self-control dont avait du faire preuve l’orangé jusque là ! Il était tellement plongé dans ses sensations qu’il en avait oublié le jeune homme.

— Bouge…

— Ça ira ? murmura tendrement le vizard.

— Oui…

Byakuya serra les dents quand les mouvements commencèrent lentement. Il vit entre ses yeux mi-clos qu’Ichigo veillait encore à lui apporter du plaisir avant le sien. Il fronça les sourcils quand soudain, il vit des étoiles blanches.

Il gémit sourdement. Bon sang ! Voyant qu’enfin le noble prenait du plaisir, Ichigo se mit à bouger plus fortement et plus profondément. Il releva les jambes pâles qui contrastaient drôlement avec le hâle de sa peau.

Bientôt, seuls les gémissements longs et le bruit du claquement des fesses se firent entendre. Les mouvements se faisaient de plus en plus rapides et le point culminant de leur plaisir fut atteint au bout d’un long moment. Ils s’arquèrent dans un même mouvement, libérant toute la tension accumulée dans leurs corps.

Ichigo lâcha lentement les jambes qu’il tenait encore dans ses mains et alla s’allonger sur le dos à côté de son amant. Sa poitrine se soulevait rapidement et son regard était fixé sur le plafond. Il ferma les yeux et déglutit péniblement. C’était sûr… il n’avait plus l’entraînement pour faire ce genre de truc ! La prochaine fois, il improviserait un truc moins contraignant…  Il sentit soudain quelque chose chatouiller son visage.

Surpris, il ouvrit à nouveau les yeux et croisa les yeux anthracite. La passion s’y reflétait toujours et la respiration du noble semblait aussi régulière que la sienne autrement dit difficile.

Ichigo souleva une main et fit glisser les longs cheveux noirs entre ses doigts. Il eut un léger sourire. Il replaça la mèche de cheveux derrière l’oreille de Byakuya et ses yeux se soudèrent à ceux du noble.

— Ichigo…

— Oui…

— Reste avec moi…

Ichigo le scruta intensément. Il finit par poser son pouce sur la bouche entrouverte au-dessus de lui. Byakuya le caressa avec sa langue. Ses paupières se fermèrent à moitié. Le vizard était troublé par l’amour qu’il lisait dans les yeux de son amant… Il l’aimait réellement et ces pensées chavirèrent…

— Byakuya… ne me précipite pas ! Laisse venir les choses comme elles viennent. Je n’ai pas l’intention de te fuir si c’est ce que tu crains ! Tu m’as voulu… Tu ne viendras pas te plaindre après, fit Ichigo avec un léger sourire. Je n’ai pas spécialement envie qu’on le sache rapidement.

— Mais… je n’ai pas envie que cela s’éternise… j’ai attendu trop longtemps, grogna le noble.

— On a l’éternité ! marmonna Ichigo. Y’a pas le feu !

Les yeux d’Ichigo croisèrent les yeux de Byakuya qui haussa un sourcil expectatif ! Ichigo éclata de rire et ajouta brutalement :

— Ou presque !

Le noble lui sourit tendrement…

— Byakuya ça te dérange si on dort ? On peut en parler demain ?

— Si tu le veux…

— Haï Taichô !

Ichigo laissa échapper un léger bâillement, ses yeux papillonnèrent. Le brun posa un dernier baiser sur les lèvres maintenant fraîches du jeune homme et s’allongea à côté de l’orangé qui le tira à lui et enfouit sa tête dans ses cheveux de jais. Une de ses mains tira la couverture sur eux.

— Bonne nuit, Byakuya…

Ichigo sombra tout de suite dans les bras de Morphée. Le noble observait maintenant l’homme étendu à côté de lui. Il posa une main sur les cheveux roux et court qui frottait contre son nez. Ses yeux exprimaient beaucoup de tendresse. Son cœur, son corps n’avait pas été aussi vivant depuis bien longtemps. Il finit lui aussi par s’endormir.

°OoO°

Ichigo se réveilla en premier. Le corps à côté de lui l’avait surpris. Quand il observa les longs cheveux noirs éparpillés sur l’oreiller, il se souvint. Il se redressa avec beaucoup de précaution. Byakuya était encore plus beau lorsqu’il était endormi. Il se redressa lentement et réussit à s’extirper des couvertures et prit une douche. L’odeur boisée et musquée qui s’échappait des bouteilles lui faisait penser à l’odeur du noble, dont il connaissait les moindres recoins maintenant !

Il fit une légère grimace. Il sortit et s’habilla après s’être séché. Il traversa la chambre, observant l’homme splendide qui était endormi. Ichigo n’en revenait toujours pas. « Et c’est mon Taichô ! Merde… ». Il sortit par la fenêtre et se retrouva rapidement dans ses quartiers. Il eut à peine le temps de se changer, que déjà quelqu’un était à sa porte. Il vit un shinigami de la 7ème division devant lui, envoyé par le siège de la 6ème.

— Fukutaichô ! On a un problème… Y’a une bagarre générale dans la salle commune!

— Allons-y !

Ils se trouvèrent rapidement sur les lieux. Ichigo utilisa son reiatsu pour calmer tout le monde! Il avait l’impression que sa journée allait être très longue. Un mauvais pressentiment l’envahit. Tous s’arrêtèrent immédiatement.

— Vous faites quoi là ? C’est une baston partie surprise ? Si vous voulez vous quereller, je vous envoie à la 11 division immédiatement ! ème

— Non fukutaichô ! En fait…

— Je ne veux pas le savoir ! Vous me rangez ce bordel avant que le Taichô n’arrive !

Soudain, Ichigo sentit un reiatsu reconnaissable entre tous…

— Ne soyez pas si intransigeant…

Le vizard se retourna brutalement et rencontra un Byakuya souriant ! « Putain de journée » murmura Ichigo.

Il menaça du regard le noble qui lui adressait toujours un regard aimable. Ichigo sentit soudain un poids sur ces épaules. Il posa une main sur son front.

Une horrible migraine allait le prendre il en était certain ! Ichigo secoua lentement la tête et se dirigea vers les hommes stupéfaits et leur demanda une fois de plus de ranger.

Tous s’exécutèrent d’un seul homme. Leur taichô leur semblait plus effrayant que d’habitude tout à coup. Même le fukutaichô leur paraissait un enfant de cœur à côté de lui !


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)