Ichigo observa Hirako de longues minutes. Ils étaient tellement différents d’hier. Des larmes lui montèrent aux yeux ; un véritable chagrin lui étreignait le cœur.
— Pourquoi tu m’as fait ça ?
— Te protéger ? Le blond savait très bien de quoi son ami voulait parler.
— Oui…
— Je n’aurais pas survécu… si c’était moi qui avais survécu à cette attaque !
— Tu crois que j’ai fait quoi pendant une cinquantaine d’années ?
— Oh… J’aurais pensé… que tu serais mort plus tard !
— Imbécile ! Les Soul Evil avaient recommencé à infester Hueco Mundo, et on nous a envoyés !
— Les vizards ?
— Non, la 6ème division…
— Oh ? Tu as rejoint le Goteï 13 ?
— J’ai pas eu trop le choix, à l’époque…
— On a toujours le choix !
Ichigo le regarda, stupéfait, puis éclata de rire. Mais pas d’un rire heureux… plutôt hystérique. La porte s’ouvrit et Urahara entra. Il fronça les sourcils en voyant l’air complètement perdu du plus jeune et son expression de démence.
— Ichigo-kun… Ça ne va pas ?
Il avait parlé lentement. Ichigo s’arrêta de rire, et un désespoir profond s’inscrivit sur le visage du plus jeune.
— Ce crétin me dit que j’avais le choix de quitter la Soul Society ? Comment pourrais-je avoir le choix, Shinji, quand tu n’étais plus là ? Quand j’ai été trahi par la plupart des gens auxquels je croyais ? Que me restait-il comme raison de vivre sur Terre, alors que partout où j’allais, c’était toi qui hantais mon esprit ?
Sa voix montait au fur et à mesure. Ichigo se redressa et fit face au blond.
— Quelle était ma raison de vivre après ton départ… Le choix que tu as fait à ma place… J’ai dû vivre avec ! Avec le remords et la peine. Le seul moment où j’ai eu un peu de répit, c’est Byakuya qui me l’a apporté la veille de ma propre mort ! Je ne sais même pas comment il a survécu… Mais il a dû traverser ce que j’ai traversé pendant cinquante ans. Alors, s’il te plaît… ne me fais pas de leçon de morale : elles ne sont pas les bienvenues.
Le reiatsu d’Ichigo était devenu dense, et des flammes noires apparaissaient autour de lui. Ses yeux s’étaient progressivement changés en or et noir. Shinji répondit inconsciemment à la colère de l’oranger. Il répliqua :
— Ichi… Comment crois-tu que j’ai vécu mes derniers instants en sachant que j’allais te laisser seul ? Pourquoi crois-tu que je t’ai demandé d’aller avec Byakuya ? Je ne voulais pas que tu l’aimes, et ça m’a déchiré le cœur de dire cela. Mais je savais que tu ne pourrais pas vivre normalement. L’autre coincé pouvait être arrogant, mais je savais qu’il t’aimait sincèrement.
— Mais moi, je n’ai eu qu’une seule peur : c’était que tu m’oublies… que tu oublies tout ce qu’on a traversé, et nous deux ! Déjà là… comment crois-tu que je vive le fait que tu sois plus proche de lui que de moi ? Tu as toujours été mon âme sœur, et te voir avec lui me pourrit la vie.
Les yeux d’Hirako avaient viré eux aussi au noir et or, et son riatsu était devenu aussi dense que celui d’Ichigo. Urahara se dit qu’il allait devoir les calmer tous les deux, mais que ça ne risquait pas d’être simple. Apparemment, c’étaient leurs mémoires qui fonctionnaient…
— Ichigo, je t’aime et je t’ai toujours aimé !
— Tu ne me l’as jamais dit… Pourquoi le dis-tu maintenant ?
— Parce que je ne veux pas te perdre à nouveau. Je peux être idiot et maladroit… mais je n’ai jamais manqué un seul instant où tu avais besoin de moi. Ma seule raison de vivre, et tu le sais, c’est toi !
Ichigo regarda intensément l’autre vizard. Il était troublé : ses souvenirs se mélangeaient dans sa tête… ceux de son ancienne vie et ceux de cette vie-ci… Il trembla et, finalement, se précipita dans les bras du blond, qui referma immédiatement l’étreinte sur le roux.
— Plus jamais, tu m’entends, Ichi. Plus jamais je ne te laisserai seul.
Leur riatsu tomba d’un coup.
— Hirako…
— Quoi ?
— Tu te laisseras pousser les cheveux encore, pour moi ?
— Crétin…
— Merci !
Petit silence, interrompu par Kisuke.
— Eh bien, eh bien… Que de souvenirs !
— La ferme, Kisuke. J’ai besoin de toi… malheureusement…
— Pardon, Endo-kun ?
— Fais pas l’imbécile. Tu te souviens de la formule que je t’avais donnée quelques années en arrière pour le contrôle du hollow d’Ichi ?
— Oui… je l’ai encore !
— Eh bien, tous les deux, nous allons en avoir besoin…
— Oh ?
— Tu as bien vu par toi-même que nos hollows sont de retour parmi nous. Pour l’instant, nous pouvons les contrôler car ils sont peu « éveillés » : ils sont encore sous forme de souvenirs. Mais d’ici peu de temps…
— Je comprends. Tu le sens à ce point-là ?
— J’ai toujours mieux ressenti les choses que lui !
Il désignait Ichigo de la main. Ce dernier fronça les sourcils.
— Ce n’est pas parce que tu as mieux maîtrisé que moi ton hollow dans ta vie précédente que cela va se reproduire dans cette vie !
— On le maîtrisera tous les deux, notre hollow.
— Il faut que nous en parlions au Soutaïcho !
— Ichi…
— Oui ?
Ichigo et Hirako se faisaient face, quoique Hirako fût beaucoup plus grand qu’Ichigo, pour l’instant. Puis, se tournant vers Urahara.
— Vous pouvez sortir cinq minutes ?
Kisuke eut un air moqueur, et le blond le foudroya du regard. Mais le capitaine de la 5ème division obtempéra.
— Ichi… Je veux savoir… avant… avant qu’on…
— Tu veux savoir si je vais être avec toi ou Byakuya ?
— Oui… C’est pas loyal de le demander comme ça. Mais je ne supporterai pas…
Ichigo s’était approché du blond et posa sa petite main sur la mâchoire d’Hirako. Il plongea ses yeux ambrés, si sérieux, dans ceux suppliants et brun clair de son ex-amant.
— Hirako… Je n’ai que douze ans et, avec tout ce qu’on a vécu, je me sens perdu. Mais s’il y a une chose dont je suis sûr, à présent… c’est que je t’aime comme je n’ai jamais aimé qui que ce soit dans ma vie. Tout à l’heure, quand j’ai senti mon hollow remonter, la seule chose, la seule personne dont j’avais besoin, c’était toi ! J’aime Byakuya… sans aucun doute, mais pas comme je t’aime, toi ! C’est un mélange de mes souvenirs de maintenant et de notre vie ici. Hirako… pourquoi mon cœur me fait-il mal à ce point quand je pense à toi ?
Le blond s’approcha de l’orangé et referma ses bras autour de lui une nouvelle fois. Il murmura à son oreille…
— Si cela peut te rassurer… je vis la même torture ! Que ce soit avant ou maintenant, je me consume à petit feu pour toi… Ichi, plus jamais je ne te laisserai seul. Cette fois-ci, si on doit mourir un jour — et le plus tard sera le mieux — on mourra ensemble… Promis ?
— Promis !
Leurs yeux se rencontrèrent. Hirako se pencha et posa un baiser chaste sur les lèvres du plus jeune. Il ébouriffa les cheveux oranges, pleins de vie, et les deux garçons sortirent de la pièce où ils étaient enfermés. Kisuke les regarda et leur dit :
— Vous pouvez me suivre chez le soutaïcho en shunpo ?
— Oui ! Réponse en cœur.
— Très bien… en route !
Ils quittèrent l’établissement, tous les trois.
°0°0°
— Byakuya, fais pas la gueule. Moi aussi, j’aurais des raisons de la faire !
— Ils se sont reconnus ! Sa voix était sourde.
— Fallait s’y attendre… non ?
— Tu te souviens ?
— Bah… j’avais rien pour me rappeler, mais leurs énergies de tout à l’heure ont déclenché en moi une vague de souvenirs ! Qui aurait cru que le coincé et moi serions dans la même classe ? Enfin, moi, je suis heureux pour Ichi, car il avait l’air d’y tenir, à Hirako…
— Oui… il y tenait beaucoup !
— Mais t’as essayé de l’accaparer !
— Je…
Byakuya partit s’asseoir sur un banc de l’Académie. Il ferma les yeux et plia ses bras contre son ventre. Il avait les sourcils froncés.
— Je ne peux que m’incliner face à cela…
— Tu es beau joueur !
— Je ne veux pas perdre aussi l’amitié d’Ichigo.
— Tu y tiens tant que cela ?
Le brun leva les yeux stoïquement vers le bleuté.
— Grimmjow… Notre vie d’avant, c’était notre vie d’avant. J’ai celle-ci à mener et je ne pense pas qu’elle soit facile pour aucun de nous quatre ! Alors, si cela est possible, j’aimerais conserver notre amitié intacte !
Grimmjow s’installa à côté du brun et réfléchit.
— Moi, j’ai rien ici qui me retienne.
— Si, nous !
— Arrête… j’ai toujours vécu à Hueco Mundo… Et là…
— Tu as commencé une nouvelle vie à la Soul Society ! Grimm’ je pense qu’on va devoir vivre avec nos souvenirs, mais il faut aussi construire notre vie ici.
Tout à coup, le bleuté observa l’ex-noble avec attention.
— Dis, Byakuya… Tu crois qu’on aura une relation, tous les deux ?
— Jamais ! fit, catégorique, le brun.
— C’est bien ce que je me disais…
— Alors pose pas la question !
— On ne sait jamais, et qui ne tente rien n’a rien après tout !
— Déjà, il faudrait que je t’aime pour sortir avec toi !
— Et c’est pas le cas ?
Le brun le regarda d’un regard glacé. Grimmjow éclata de rire et donna une claque dans le dos de son camarade de classe. Byakuya faillit s’étouffer.
— Merde ! Tu fais mal…
— C’est sûr que tu l’aurais pas dit « ça » avant ! Tu t’encanailles !
— Sombre idiot !
— Hum… je crois que je vais quand même aimer la vie à la Soul Society… Après tout… j’ai trop d’amis ici, alors que je n’en avais aucun à Hueco Mundo. Tu crois qu’on pourrait s’organiser un pique-nique prochainement ?
— Va savoir !
— Tu crois qu’ils vont revenir aujourd’hui ?
— J’aimerais te répondre… soupira le brun.
— Oh… fit soudain une voix railleuse… Mais qui voyons nous ? Ils ne sont plus que deux ! C’est dommage… vous ne pourrez plus vous envoyer en l’air comme avant !
Grimmjow et Byakuya regardaient le groupe de 5 étudiants de classe supérieur devant eux calmement. Le bleuté se gratta la tête et dit finalement :
— Bya… pour des hétéros, ils ont l’air fichument au courant des relations sexuelles au cours d’une partouze !
— Hum… je suis assez d’accord !
— Je dirais même entre « hommes »..
— Humhum…
— Vous vous foutez de notre gueules ou quoi ?
— Nous ? Firent-ils en cœur.
— Au fait… On a vu que vous aviez un petit avec vous ce matin… Vous détournez les plus jeune que vous ?
— Alors touche pas à Ichi, mon grand, car tu risques de te faire refaire le portrait !
— Nous ? non… fit Grimmjow.
— Mais, Hirako ne vous ratera pas !
— C’est son petit ami ?
— De toute façon, les connaissant, ils ne le cacheront pas ! dit Byakuya.
— Certains même !
— Donc, y’a bien un couple dans le lot !
— Et alors ? Demanda Grimmjow. Tu veux en faire partit ? Je doute qu’Hirako te laisse poser un de petits doigts sur Ichi.
— Ah oui ? On va bien s’amuser alors !
— Vous amusez avec qui ?
Tous se retournèrent et Grimmjow et Byakuya virent Ichigo et Hirako. Ils eurent un sourire en voyant que les deux jeunes hommes arboraient leurs yeux or et noir. Des volutes noires voletaient autour de shinji.
— Putain, c’est quoi ça ? Fit l’un des sempaï.
Hirako eut un sourire dont seul ceux possédé par un vizard pouvait en faire…
— Je suis ton pire cauchemar si tu touches à un seul cheveux d’Ichi.
— Qu’est ce que je disais ! s’écria Grimmjow. On vous l’avait bien dit ! Ils veulent jamais nous croire !
— Bon… on ferai mieux de partir… Fit l’un des cinq sempaï.
— Ouaih cassons-nous !
Les quatre adolescents regardaient partir à toute jambe les autres internes. Hirako haussa les épaules.
— Alors… Fit Grimmjow. Vous êtes à nouveau ensemble ?
Les deux vizards tournèrent la tête surpris.
— Comment savez-vous ? Marmonna Hirako.
— Faudrait être con comme eux pour que nous ne sachions pas.
Ichigo parut gêné. Il regarda Byakuya incertain. Ce dernier se leva et se dirigea vers le plus jeune. Il posa une main sur son épaule.
— Je peux comprendre. Il faut juste être clair ! Mais ça ne veut pas dire que ça ne me touche pas non plus. Maintenant, si vous voulez bien m’excusez… J’aimerai rester seul.
Les trois autres adolescents regardaient le brun partir dignement. Ichigo eu le cœur qui se serra mais, Hirako enlaça sa main et murmura.
— Si tu y vas pour le consoler, tu vas ne faire qu’aggraver les choses !
— Ouaih ! Laisse-le, Ichi. Il s’en remettra. Et comme on se le disait tout à l’heure, pour nous c’est une autre chance de construire nos vies. Alors on va en profiter ! Franchement…
Dit Grimmjow en regardant les deux adolescents qui se tenaient encore par la main.
— Ichi… choisis quelqu’un d’autre, t’es pas assorti avec ce gars-là !
— Jamais ! murmura Ichigo.
— Ecrase… grogna Hirako.
— Franchement les gars, vous êtes assortis question caractères… Au fait, vous êtes sortis d’ici. Vous êtes partis où ?
— Chez le Soutaïcho !
Grimmjow fut surpris.
— Eh ?
— Et Ichi va suivre des cours particuliers et moi, par contre, je continue avec vous.
— Des cours particuliers ?
— Oui. A cause de son hollow et de son riatsu qu’il ne maîtrise pas.
— Qui sera ton prof ? demanda Grimmjow.
— Kisuke Urahara, Yoruichi Shouinuin et Tessaï ! Fit Ichigo.
— Putain… t’aura eu que des capitaines de division pour ton éducation.
— Il le faut… Ichigo risque de perdre le contrôle de ses pouvoirs. Ils lui reviennent trop vite.
— Tu vas rester à l’Académie ?
— Oui.. ils vont venir à tour de rôle pour l’éduquer.
— Et bien… On risque pas de te rattraper, Ichi
— Non… Ichigo, s’il te plaît. Il n’y a qu’Hirako qui peut m’appeler Ichi.
— Tu deviens chatouilleux ?
— Non… c’est juste… Ichigo rougit légèrement et avoua. C’est le seul truc gentil qu’il n’a jamais été capable de me dire.
— Quoi ! hurla le blond.
— C’est vrai ! se défendit le plus jeune.
— Attend et ma déclaration de tout à l’heure…
— C’était ta première pendant toutes ces années !
— Faut qu’on discute… Au fait… Grimm’ ça te dérange si on change de chambre. Je veux dire… On peut faire en sorte que Bya et toi soyez dans la même chambre et moi et Ichi ensemble.
— Moi, je m’en fou et je pense que c’est aussi mieux pour Bya. On va lui en parler quand même…
Les trois jeunes gens partirent à la recherche du brun qui faisait ses devoirs. Il haussa les épaules pour le changement de chambre. Ils pratiquèrent le déménagement dans la soirée. Ils durent en parler au chef de dortoir qui s’en moquait royalement et puis, il évitait les quatre là… Ils étaient trop « bizarre et trop soudé ». Il préférait s’occuper de cas moins compliqué. Et de toute façon. Aucun des quatre ne leur posait de problème alors…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)