Le matin se levait sur la Soul Society. Byakuya fut le premier levé et s’étira brièvement, étouffant un bâillement. Le jeune homme tourna la tête sur le côté et observa la touffe de cheveux bleus à côté de lui. Le brun se leva, se dirigea vers la salle d’eau et prit son temps pour ses ablutions matinales. Bientôt, il perçut de plus en plus distinctement l’écho des premiers mouvements au sein de la 11e division.
Byakuya repensa à la demande spéciale qu’Ikkaku avait formulée une semaine plus tôt, afin que Grimmjow et lui puissent intégrer sa division. Un sourire triste éclaira un instant le visage du jeune homme. Cela faisait presque un an que Shinji était parti dans le monde humain et, même s’ils n’en parlaient pas, Grimmjow et lui-même étaient très inquiets.
Après un entraînement sévère dans les déserts de la Soul Society et la forêt environnant le Rukongaï, les deux adolescents étaient parvenus au bankaï en intégrant la 11e division. Ce qui avait été beaucoup plus ardu pour Grimmjow… Byakuya avait soutenu l’ex-Arrancar sans faiblir ; grâce à sa patience et à son amour, le bleuté avait surmonté son handicap.
Ils avaient toujours gardé le contact avec Ikkaku Madarame, qui veillait sur eux dès qu’il le pouvait. Depuis que le capitaine de la 11e division savait Ichigo, Shinji, Grimmjow et Byakuya vivants, il recherchait activement Yumichika et surtout Kenpachi !
Le jeune homme finissait d’attacher son obi quand deux mains vinrent recouvrir les siennes. Byakuya se pencha légèrement, et le souffle chaud de Grimmjow caressa la nuque du brun.
— Tu t’inquiètes encore pour « eux » !
— …
Le troisième siège de la 11e division embrassa la tempe de son amant et murmura :
— Moi aussi, ils me manquent, Bya. Mais maintenant, nous avons intégré une division. Nous pourrons nous déplacer dans le monde humain et au moins retrouver Shinji. Alors… encore un peu de patience.
— Tu as raison… Je le sais… mais ça fait tellement longtemps, maintenant… Et je me demande si nous aurons vraiment une mission dans le monde humain. Tu te rends compte que les invasions sont de plus en plus fréquentes, ici !
Grimmjow tourna Byakuya vers lui et déclara gravement :
— Nous y ferons face ! Nous ne nous sommes pas entraînés pour rien, Bya…
Soudain, des bruits de pas précipités se firent entendre, et Shoujiki arriva en déclarant, essoufflé :
— Fukutaïcho… le Taïcho vous demande : y’a encore une faille qui s’est ouverte !
— Haï !
Byakuya se précipita dehors, suivi de Grimmjow. Ils arrivèrent dans la cour où les attendait Ikkaku.
— Réunis les hommes, Kasakura !
— Haï, Taïcho !
Byakuya quitta les lieux et fit donner l’alerte. Bientôt, une escouade fut prête, et le groupe de la 11e division bondit dans le ciel de la Soul Society vers le lieu de l’alerte. En quelques pas de shunpo, ils arrivèrent sur place : un peu moins d’une dizaine de Soul Evil sortaient de la faille. Les hommes de la 11e division dégainèrent leurs zanpakutō et, sans hésiter, suivant les ordres d’Ikkaku, fondirent sur les démons. Grimmjow lança :
— Y’a pas à dire… même après un siècle, ils ont toujours une sale gueule !
— Grimmjow, concentre-toi sur ta cible !
— Haï, Fukutaïcho…
Grimmjow quitta Byakuya sans un regard, Pantera en main. Senbonzakura au poing, le jeune homme bondit sur ses ennemis avec une rage froide. Toutes les frustrations et la haine qu’il avait accumulées dernièrement se libéraient dans cette bataille. Ikkaku le surveillait du coin de l’œil et songea que, même si Byakuya avait été un Kuchiki dans sa vie précédente et qu’il en adoptait parfois les manières…
Celui qui se tenait maintenant devant lui n’avait plus rien à voir avec cet homme. Ses yeux glissèrent vers l’ancien Espada et, lui, restait égal à lui-même… sauf qu’il avait un peu déteint sur Byakuya, jusque dans sa façon de s’exprimer parfois. Pour le reste, ce gars-là n’était qu’instinct.
Le combat, malgré la libération du bankaï de Byakuya et celui d’Ikkaku, dura plus longtemps que prévu. Grimmjow dut finalement céder, comme les autres, au bankaï… et se transforma en fauve. Celui qui observait la scène aurait eu bien du mal à distinguer les différents affrontements, entre les pétales de cerisier et les attaques de Grimmjow, bondissant sur tout ce qui bougeait.
De son côté, Ikkaku avait fort à faire avec un Soul Evil d’un niveau supérieur, et bientôt la présence de Kyōraku et Renji vint renforcer la défense de la 11e division, pour le plus grand dépit de Madarame, qui prenait cela pour un échec… mais il savait qu’il ne pouvait en être autrement. Si seulement il pouvait être plus fort ! Il se sentait fatigué par toutes ces batailles qui n’avaient plus aucune saveur.
Byakuya utilisait ses mains pour se servir de son bankaï et donner plus d’impact à ses attaques. Un calme glacial l’avait envahi au cours du combat… c’était son premier depuis… et ces souvenirs, la douleur qu’il avait ressentie à ce moment-là, l’étreignaient à nouveau.
Le visage d’Ichigo, la façon dont son corps avait été brisé par Kenpachi, le sourire qu’il lui avait adressé, teinté de tristesse… Le voir à genoux, cacher ses larmes ; ses yeux où la passion avait pris place ; la chaleur de ses bras et sa dernière déclaration lui revinrent en tête, et ses yeux brillèrent. Son reiatsu devint lourd de la peine et de l’amour qu’il éprouverait toujours pour son ex-amant, disparu une nouvelle fois.
Le jeune homme croisa, un bref instant, des yeux bleus où la douleur se lisait, et le brun lui adressa un regard où une lueur de tendresse n’était destinée qu’à lui. Grimmjow avait senti la tristesse, voire le désespoir de l’ancien noble. Et aucun doute n’était possible : c’était, une fois encore, lié à Ichigo !
Il connaissait ses sentiments, l’amour sincère qu’il lui portait. Mais, lorsque son ancienne personnalité revenait sur le devant de la scène, Byakuya ne pouvait s’empêcher de rester accroché à son ancien amant. Grimmjow, qui n’avait pas aimé le roux dans les mêmes proportions, se sentait désarmé. Lui, c’était Byakuya qu’il aimait plus que tout. Il avait tiré un trait sur sa vie antérieure et n’accordait d’importance qu’au présent.
Si Byakuya l’abandonnait maintenant, ou même plus tard, jamais il ne pourrait le surmonter.
Grimmjow abattit de rage le Soul Evil qui s’en prenait à Renji ; ce dernier n’avait pas vu l’attaque sournoise, occupé qu’il était avec un autre adversaire. Il était évident que le capitaine de division croyait encore avoir affaire à des Arrancars, pratiquant des combats en un contre un — ce qui était loin d’être le cas de ces horreurs.
Ils repéraient les plus faibles et éliminaient tout ce qui pouvait l’être, de préférence à plusieurs. Leurs forces leur permettaient de se débarrasser rapidement d’un adversaire pour passer au suivant, et leur putain de carapace empêchait les coups de s’enfoncer dans leur chair ! L’ancien Espada avait la rage… se souvenant, lui aussi, de sa propre mort et… d’Ichigo.
Le temps s’écoulait lentement, et la bataille — qui semblait durer une éternité pour chaque combattant — finit par se terminer, laissant les shinigami épuisés, et l’uniforme en miettes pour certains. Beaucoup de blessés dans les rangs. Personne n’avait été épargné, et tous se retrouvèrent à la 4e division pour se faire soigner.
Byakuya était allongé sur son lit, observant du coin de l’œil le ciel bleu de la Soul Society. Une jeune femme, petite, aux longs cheveux noirs, s’occupait de ses plaies. Il ne lui porta pas vraiment attention. Sa voix le ramena simplement à la réalité :
— Voilà, Fukutaïcho. Vos plaies sont maintenant pansées. Faites attention à ne pas trop remuer, toutefois : je ne suis pas sûre qu’elles apprécieraient un traitement un peu rude…
— Byakuya… t’as fini de te prélasser ? On rentre !
Le brun jeta un coup d’œil à son amant et le foudroya du regard. Il se tourna vers la jeune femme qui le regardait — il en était sûr — avec une lueur moqueuse au fond des yeux. Byakuya fut surpris ; pourtant, il ne fit aucune remarque. Il se redressa lentement, et Grimmjow observa ses gestes mesurés.
— Vous devriez vous modérer, vous aussi !
Grimmjow se tourna vers l’homme qui l’avait soigné quelques instants plus tôt et qui le suivait, exaspéré. Le bleuté lui lança un regard torve.
— Prenez soin de vous !
— De quoi j’me mêle ?
— De votre santé ! Vous avez rouvert votre plaie… Asseyez-vous, que je vous soigne à nouveau.
Le bleuté observa le médecin d’un air mauvais et allait répliquer vivement, mais la voix de Byakuya l’en dissuada :
— Grim’, je n’ai pas envie de passer toute la journée ici. Alors fais-toi soigner, qu’on retourne à notre division. Le Taïcho doit nous attendre…
Le troisième siège hésita, puis s’assit et se laissa faire entre les mains expertes du médecin de la 4e division. Grimmjow vit son amant prendre appui pour se relever.
— Tu as été gravement blessé ?
— Juste une égratignure mal placée… marmonna le brun.
— Une égratignure ? fit, incrédule, la petite brune qui se tenait près de lui. Vous devriez prendre plus au sérieux vos blessures. Je vous ai dit que vous deviez faire attention ces prochains jours !
— Heather… marmonna Alistair. Peux-tu rester calme, pour une fois ?
— Tss… c’est vrai, pourquoi je m’énerve ? C’est pas moi qui souffre, après tout ! Bon, je retourne voir si on a besoin de moi ailleurs !
— Ouais… c’est ça… du vent ! souffla Grimmjow.
Il sursauta quand le 7e siège devant lui serra le bandage un peu plus fort. Il croisa des yeux bleus où brillait une lueur meurtrière. Le 3e siège demanda :
— Tu es amoureux de cette fille ?
— C’est ma femme, pour être précis ! répliqua Alistair sèchement.
— Oh…
— Grimmjow…
Le bleuté leva les yeux vers son amant et fronça les sourcils en voyant le regard réprobateur posé sur lui.
— T’es chiant, Bya…
Lorsque le 7e siège eut fini, Byakuya prit soin de remercier l’homme avec politesse. Alistair haussa les épaules et quitta les lieux : il avait d’autres chats à fouetter.
°°0°0°°
À peine Byakuya fut-il de retour dans les locaux de la 11e division qu’on l’informa de la présence du fukutaïcho de la 13e division, qui souhaitait le voir. Le brun sut immédiatement de qui il s’agissait. Il se raidit… Elle avait mis du temps à venir. Pourquoi maintenant ? Grimmjow le quitta, ayant du travail à terminer auprès des troupes sorties plus tôt. Byakuya l’entendit à peine.
— Elle se trouve où ?
— Nous l’avons fait patienter dans votre bureau, Fukutaïcho !
— Bien… Que personne ne nous dérange !
Le ton était dur, ce qui surprit légèrement le siège devant lui ; pourtant, ce dernier s’inclina et répondit :
— Haï !
Le cœur de Byakuya battait furieusement dans sa poitrine. Il entra dans son bureau sans marquer de pause : s’il hésitait… il n’aurait pas le courage de franchir la porte. La brune se tenait près de la fenêtre, attendant patiemment. Rukia tourna vivement la tête ; ses yeux s’arrondirent quand elle vit le jeune homme sur le seuil. Elle porta une main à son cœur, et ses jambes se mirent à trembler.
— Nii-sama…
Byakuya la regarda froidement et se dirigea vers son bureau sans lui accorder un regard. Il s’assit calmement et releva ses yeux anthracite vers elle. Sa voix résonna, sèche :
— Je ne suis pas votre frère…
— Pourtant, vous lui ressemblez tellement, et… Renji m’a dit que vous étiez la réincarnation de Byakuya Kuchiki. Qu’Ichigo était avec vous, ainsi que Grimmjow Jaggerjack et Shinji Hirako… Pour moi, il n’y a pas besoin de plus de preuves. Vous êtes mon frère…
Rukia, qui se tortillait au début de sa tirade, gagnait peu à peu en assurance. Elle se tenait désormais en face du bureau, les doigts posés sur le bois. La fukutaïcho planta son regard dans celui qui avait été son frère, une centaine d’années plus tôt. Byakuya ne broncha pas et finit par soupirer. Elle ne le lâcherait pas, il en était persuadé.
— Inutile de nier… je sais que c’est toi, nii-sama…
Un silence s’installa, et Rukia n’obtint aucune réponse. La noble reprit :
— Nii-sama… si je viens te voir aujourd’hui, c’est que le clan Kuchiki a besoin de toi !
— Cela ne me concerne plus ! rétorqua sèchement le brun.
— Comment peux-tu dire cela ? Depuis ta mort, le clan va à la dérive. Genichi, qui a repris ta place, est en train de… de…
La porte s’ouvrit brutalement et Grimmjow entra. Les yeux du bleuté se fixèrent aussitôt sur la petite brune, avec hostilité.
— Que fait-elle là ?
— Grimmjow… fit calmement Byakuya. J’ai demandé à ne pas être dérangé. Même…
— Va te faire voir ! Si ça te concerne… ça me concerne. Me mets pas à côté ! J’te parie qu’elle vient pour les Kuchiki !
Byakuya resta de marbre, tandis que Rukia rougissait ; pourtant, elle ne baissa pas les yeux malgré l’hostilité manifeste du troisième siège.
— Oui… je viens demander l’aide de celui qui fut mon frère. Nous sommes dans une situation critique, et si personne ne fait rien, le clan Kuchiki va disparaître ! Je ne peux pas laisser faire cela… pas après tout ce qu’avait accompli nii-sama !
Grimmjow ricana et se pencha vers la brune, menaçant :
— En fait, t’essaies de sauver ton cul !
— Je n’ai aucun droit sur la famille Kuchiki. Après la mort de nii-sama, le clan a fait en sorte que je sois chassée. Et lorsque je me suis mariée avec Renji, ils m’ont fermé les portes du domaine. Je n’ai plus rien à voir avec le clan Kuchiki. Enfin… c’est ce qu’ils voudraient. Nii-sama avait fait une clause telle qu’ils ne peuvent pas m’empêcher d’avoir des droits. Et là… ça va trop loin ! J’ai fait valoir mon droit de veto sur la dernière décision irrationnelle de Genichi Kuchiki.
Se tournant vers son ancien frère, elle supplia presque :
— Il faut… je ne sais pas encore par quel moyen… mais il faut que tu fasses quelque chose. J’ai réussi à parler à ton oncle Akio… Il est d’accord avec moi, et il est actuellement en pourparlers avec le reste du clan — enfin, les plus influents d’entre eux, qui commencent à désespérer.
— Pourquoi vous lui faites pas la peau ? demanda Grimmjow.
— Ils ne peuvent pas le faire… répliqua, laconique, Byakuya. S’ils le faisaient, ils se retrouveraient en prison, d’une part. Et d’autre part, l’honneur des Kuchiki s’en trouverait terni, et ils perdraient le peu de position qu’il leur reste. Genichi a fait un beau travail de sape. Je n’ai jamais voulu qu’il me remplace… ce n’était pas pour rien : mes pires craintes se sont réalisées.
Byakuya joignit les mains devant lui. Les sourcils froncés, il se perdit dans ses pensées. Grimmjow serra les poings et posa un regard de glace sur son amant.
— Tu n’es plus un Kuchiki…
Le brun leva les yeux et rencontra le visage dur de l’ancien Espada. Ils se défièrent du regard. Le cœur de Byakuya était pris entre deux feux. Son ancien « lui » l’empêchait de réfléchir correctement. Il se souvint des sacrifices qu’il avait dû faire pour son clan. Une légère grimace apparut sur ses traits. Était-il prêt à les endosser à nouveau ?
— Nii-sama… réfléchis à la question… Je… tu n’es pas obligé de me répondre tout de suite. Je reviendrai demain pour avoir ta réponse.
— Pour quelle question ? demanda Grimmjow, froidement.
— Cela ne te concer…
— Rukia me demande de reprendre la tête du clan Kuchiki. Enfin… si elle réunit assez de voix dans le clan pour que je puisse en reprendre la tête !
— C’est impossible… fit Grimmjow d’une voix blanche.
— S’il y a une majorité — surtout si elle provient des membres les plus influents — c’est possible !
Grimmjow se crispa et se tourna presque violemment vers Rukia. La femme déglutit en voyant la haine s’afficher dans ces yeux bleus. Le troisième siège déclara à son amant, sans quitter la brune du regard :
— Si tu rejoins le clan Kuchiki, considère notre relation comme terminée !
— Gri…
La porte claqua violemment, et les gonds en furent presque arrachés. Byakuya était inquiet, même s’il n’en laissait rien paraître. Rukia se tourna vers son frère, incrédule :
— C’est avec lui que tu fais ta vie ? Et Ichigo…
— Ichigo appartient à Shinji… et oui, Grimmjow est mon amant. Quelque chose à ajouter ?
— Euh… non !
Rukia était agitée. Elle ne s’attendait pas à une telle réaction — ni à cette découverte. Soudain, elle se sentit mal à l’aise.
— Je suis désolée… je ne savais pas ! Je te laisse, ou plutôt… discutes-en avec Grimmjow Jaggerjack…
— Grimmjow Honjo… reprit calmement Byakuya.
Il se leva, observa quelques secondes la brune, puis déclara :
— Je vais réfléchir et surtout, je vais en discuter avec Grimmjow. Je vous attends dans trois jours. Il est inutile de venir avant… Il faut que le troisième siège se calme d’abord, et ce n’est pas gagné… murmura Byakuya pour finir.
Il sortit du bureau après un léger signe de tête. Il chercha le reiatsu de son amant, qu’il sentait encore énervé. Byakuya croisa Ikkaku, qui l’interpella :
— Que se passe-t-il avec Honjo ?
— Rukia Kuchiki est venue me rendre visite…
— Ha… je comprends, alors…
Le capitaine de la 11e division jeta un regard de pitié à son fukutaïcho, qui n’y prêta aucune attention, trop occupé à repérer sa moitié révoltée, une nouvelle fois. Byakuya avait toujours l’impression de jouer avec de la nitroglycérine avec lui. Il le repéra et s’excusa auprès de son Taïcho, qui se dirigea vers son bureau.
Le brun trouva Grimmjow assis sur le pont, proche des bâtiments de la 11e division. L’herbe haute cachait en partie le corps du bleuté, qui mâchouillait nerveusement un brin de végétation. Byakuya marcha calmement jusqu’à lui et s’agenouilla devant son amant. Il posa les mains sur ses genoux remontés, attirant l’attention de Grimmjow.
— Tu vas dire oui ?
— Je voudrais d’abord en parler avec toi…
— Pourquoi faire ? Tu as déjà pris ta décision…
— Non… si tu me dis de refuser… je refuserai !
Grimmjow contempla le brun ; puis, d’un brusque mouvement, il l’empoigna par le revers de sa veste. Byakuya perdit l’équilibre et se retrouva allongé entre les genoux du bleuté.
— Et après, tu iras te plaindre que je t’empêche de faire ce que tu veux ? Non… je vais te laisser te débrouiller…
— Je ne peux pas prendre de décision seul !
— Pourquoi ?
Byakuya se releva tant bien que mal pour retrouver une posture plus « digne », mais Grimmjow le retenait toujours face à lui.
— Parce que je tiens à toi. Tu es plus important… Grimmjow ?
Le bleuté observa, surpris, le brun qui changeait de ton.
— Me crois-tu quand je te dis que je t’aime ?
— Oui…
— Alors pourquoi doutes-tu de moi ?
Les deux jeunes hommes se regardèrent intensément. La peur qui se lisait dans leurs yeux en disait plus long qu’un discours.
— J’ai peur de te perdre…
Byakuya se redressa et repoussa les mains de Grimmjow. Il passa ses bras autour des épaules musclées de son amant, enfouit son visage dans le creux de sa nuque et souffla :
— J’ai la même peur…
— Idiot !
— Je ne suis pas le seul !
Grimmjow repoussa légèrement son amant et prit ses lèvres. Le baiser qu’ils échangèrent était tendre, comme s’ils se faisaient un serment connu d’eux seuls. Le bleuté prit soudain la taille de Byakuya et le renversa sur le côté. Son buste se suspendit au-dessus du brun ; il fixa gravement sa moitié, étendue sous lui.
— C’est ta décision, et quelle qu’elle soit, je l’accepterai. J’te soutiendrai… mais n’oublie jamais que tu m’appartiens. Plus d’Ichi… plus de Kuchiki… tu n’appartiens qu’à moi ! Tout comme t’es le seul dans mon cœur.
Les mains de Grimmjow couraient sur le corps de Byakuya, qui se laissait gagner par l’émotion.
°°0°0°°
Byakuya était assis à son bureau, et Rukia l’observait avec attention. Finalement, le brun demanda :
— Quel soutien as-tu obtenu du clan ?
— Tous les membres les plus influents attendent ton retour ! Bien sûr, nous gardons ceci secret, pour frapper au moment le plus opportun et renverser Genichi…
Un léger soupir s’échappa des lèvres du fukutaïcho de la 11e division.
— Quelle est ta réponse ?
— J’accepte…
Rukia soupira de soulagement ; pourtant, Byakuya reprit sèchement :
— À la condition que Grimmjow soit accepté, lui aussi, comme mon compagnon. Je ne me marierai pas. Je n’aurai donc pas d’enfants… Je me moque que ma réputation soit mal perçue, pour mes préférences sexuelles. Grimmjow est la seule personne que je souhaite à mes côtés.
La brune observa longuement le jeune homme, décidé, puis finit par déclarer :
— Soit… J’ai déjà prévenu les membres du clan. Ils sont au courant et n’ont émis aucun jugement. Je ne pense pas que cela pose un problème.
Le regard circulaire que Rukia jeta soudain dans la pièce fit demander à Byakuya :
— Quelque chose ne va pas ?
— Où est Honjo-san ?
— Il est parti en mission…
— Ah…
Byakuya observa longuement Rukia et soupira une nouvelle fois. Il espérait ne pas regretter sa décision.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)