Ichigo décida de rentrer chez lui pour la pleine lune. À l’Académie, tout le monde savait désormais qu’il avait un compagnon ; on l’ignorait donc superbement. Les étudiants étaient d’autant plus agacés qu’Ichigo ne savait même pas qui il avait marqué. Chacun y allait de son petit commentaire, le plus populaire étant qu’il s’était donné à un loup de troisième zone.
Le jeune homme avait essuyé quelques quolibets, mais ce n’était pas ce qui le blessait le plus… C’était l’attitude de Renji, qui l’ignorait totalement. Pire : il le traitait comme un paria, et ses amis évitaient désormais Ichigo, estimant que c’était lui le responsable de toute cette situation.
Le roux arriva chez lui en début d’après-midi. Sa mine renfrognée n’encouragea personne à engager la conversation. Pourtant, Masaki rejoignit son fils sur la terrasse du jardin, où le jeune homme s’était réfugié.
– Ichigo… que se passe-t-il ?
– … Maman…
– Oui ?
Le bruissement des feuilles vint rompre le silence gêné du jeune homme.
– N’aie pas peur de te confier à moi… Tu sais très bien que je ne porterai aucun jugement…
– C’est facile à dire…
– Prends ton temps… Je vais préparer un thé… tu en veux ?
Ichigo se contenta de hocher la tête. Il cherchait fébrilement ses mots et, lorsqu’il entendit un bruit de pas autre que celui de sa mère, il se replia sur lui-même.
– Que t’arrive-t-il, fils ?
– Cela ne te regarde pas…
– Si… un peu…
– Non !
Le ton vif surprit Isshin. La voix douce de Masaki se fit entendre :
– Isshin, ne sois pas si…
Mais le père du jeune homme arborait déjà une mine préoccupée. Masaki demanda à son mari, curieuse :
– Quelque chose te tracasse ?
– Je ne saurais mettre un mot dessus… C’est comme s’il y avait une évidence que je n’arrive pas à cerner.
– Que nous chantes-tu, là ?
– Je ne sais pas… C’est comme si… mon instinct s’éveillait pour me dire quelque chose, mais je n’arrive pas à définir de quoi il s’agit exactement. Et c’est depuis qu’Ichigo est arrivé ici. C’est pour cette raison que je me demandais…
Masaki se tourna vers son fils et l’observa attentivement, chose qu’elle ne faisait plus depuis un certain temps. Ichigo était suffisamment débrouillard pour qu’elle ne s’inquiète pas à son sujet. La rousse s’installa doucement près du jeune homme et scruta son regard.
– Tu as une marque ? demanda simplement Masaki.
– Non…
– Mais tu ne sais pas de qui il s’agit ?
– Non…
Isshin observa sa femme et son fils. De quoi parlait-on, au juste, pour qu’il se sente exclu ? Masaki reprit :
– Tu souffres beaucoup ?
– Haï…
– Que se passe-t-il, à la fin ?
– Ichigo a marqué un loup, mais ne sait pas de qui il s’agit !
Isshin se tourna vers son fils, stupéfait, et les effluves du parfum de ce dernier lui frappèrent brutalement l’odorat. Ses yeux s’arrondirent de surprise, sa mâchoire se décrocha, puis il éclata d’un rire monstrueux qui l’amena aux larmes. Fou de rage, Ichigo se redressa et menaça son père :
– Arrête de rire, vieux débile ! Je ne vois pas en quoi c’est si drôle !
– Moi si…
Et Isshin s’étrangla de nouveau en posant les yeux sur son fils. Ichigo, hors de lui, quitta les lieux tandis que Masaki essayait de le calmer et tançait son mari pour son comportement puéril. Le jeune homme s’enferma dans sa chambre en prenant soin de faire vibrer le shoji.
Il tuerait son père un de ces jours… il s’en fit la promesse. Le roux se mit à arpenter sa chambre, le cerveau en ébullition, essayant d’y mettre un nom, une image, mais rien… Bon sang, et le soir même, il y aurait la prochaine pleine lune… Qui était… ?
Un coup bref sur le montant de la porte coulissante le fit sursauter. La voix rieuse d’Isshin se fit entendre.
– Dégage ! siffla Ichigo.
– Je sais qui est ton dominé…
Le cœur du jeune homme se mit à battre plus vite. Il était étreint par l’angoisse et, en même temps, par l’excitation. D’un geste vif, il fit glisser la porte. Ses yeux se baissèrent et croisèrent Isshin et Masaki, assis en seiza. Même si une lueur amusée persistait dans le regard de son père, celui-ci semblait vouloir parler sérieusement.
– Comment peux-tu le savoir, alors que tu n’as aucune description…
– Ton odeur, Ichigo…
– Mon odeur ?
– Bien sûr. Celui qui appose sa marque laisse une part de son parfum sur celui qu’il domine, en signe de territoire. Et pratiquement tous les jours, je croise ton mari…
– Il est dans ta division ? demanda Ichigo d’une voix blanche.
– Non… même pas !
– Nous pouvons entrer, Ichigo ? interrogea Masaki.
– Oui… oui…
Le jeune homme recula et laissa ses parents s’installer dans son salon personnel.
– Cela faisait longtemps que je n’étais pas venu ici ! remarqua Isshin.
– Il y a à peine un mois ! rétorqua son fils, se souvenant comment son père l’avait soulevé comme un sac de sable.
Isshin rit doucement, tandis qu’Ichigo le pressait :
– Alors, de qui s’agit-il ? Comment peux-tu le connaître s’il n’est pas de ta division ?
– Parce qu’il s’agit d’un autre capitaine de division…
– Pardon ?
Les yeux d’Ichigo n’avaient jamais été aussi grands.
– Comment ? Qui…
– Qui est-il ?
Isshin ne put s’empêcher de rire doucement en songeant à Aïzen Sôsuke, étrangement agité ces derniers temps, contrairement à ses habitudes nonchalantes.
– Il s’agit du très enviable parti d’Aïzen Sôsuke… capitaine de la cinquième division…
Ichigo crut que son cœur allait sortir de sa poitrine ; il posa une main sur sa poitrine, pour vérifier qu’il était toujours intact.
– C’est une plaisanterie ? demanda le jeune homme.
– Non… J’avais perçu tes effluves, mais je m’étais dit que j’étais trop préoccupé par toi et tes problèmes de harcèlement… Alors, j’ai repoussé cette éventualité. Mais maintenant que je sais que tu n’as pas de marque, etc., le seul qui porte ton odeur, c’est Aïzen ! Ça ne fait aucun doute.
– Mais… mais… c’est le loup-garou le plus… puissant.
– C’est peut-être aussi pour cela que je n’ai pas voulu y croire. Mais c’est très drôle ! Aïzen Sôsuke, le plus puissant capitaine du Gotei 13, se faire piéger par un gamin qui n’est pas encore sorti de l’Académie.
– J’en sors dans quatre mois !
– Au fait… tu sais quelle sera ton affectation ?
Ichigo marmonna entre ses dents :
– Comme je suis nul en kid?, ils ont décidé que je serais affecté à la onzième division…
– Vraiment ?
– Oui… à moins que je m’améliore… mais ils ont peu d’espoir, et moi aussi !
Ichigo plongea la tête la première entre ses bras, posés sur la table basse.
– Ne sois pas si défaitiste… Et puis… maintenant tu peux demander à ton dominé : c’est un champion du kid?…
Isshin éclata de rire, tandis qu’Ichigo attrapait la table basse pour la fracasser sur son père. Masaki regardait son fils et demanda :
– Comment as-tu fait pour mater un des plus grands loups du Gotei 13 ?
– Moi aussi, je me pose la question… déclara Isshin.
– Dehors ! hurla Ichigo, énervé. Je ne veux plus rien entendre, et ça va encore dégénérer avec papa… alors, dehors.
Les parents du roux quittèrent la chambre, penauds, et Ichigo se laissa glisser sur le sol, anéanti. Comment avait-il pu dominer Aïzen Sôsuke ? Il devait en avoir le cœur net… Son père devait se tromper, ou quelque chose. Pourtant, il ne pouvait plus rester les bras croisés : sa survie mentale en dépendait !
Ichigo descendit en fin d’après-midi et mangea de bon appétit. Il avait passé une partie de son temps à dormir, et il se sentait en excellente forme. Il percevait les subtils changements qui s’opéraient déjà en lui. Voulant rester seul durant sa transformation, Ichigo s’enferma dans sa chambre. Plus prévoyant que la fois précédente, il retira ses waraji et enfila des vêtements un peu plus amples, prévus pour les changements de leur corps.
Le jeune homme s’allongea à terre lorsqu’il sentit ses os craquer, s’attendant au pire… Mais, à sa surprise, même s’il souffrit de sa transformation, elle fut bien moins pénible que la première fois. Lorsqu’il se redressa sur ses pattes arrière, Ichigo mesurait près de deux mètres ; son instinct le poussa à quitter la demeure, à la recherche de sa moitié.
Isshin et Masaki avaient entendu les gémissements de douleur d’Ichigo. C’était le lot de tout nouveau loup-garou, mais lorsqu’ils le virent sauter de l’étage dans le jardin, les deux loups restèrent stupéfaits. Ils comprenaient enfin pourquoi Aïzen Sôsuke avait été dominé par leur fils, et pourquoi ce dernier semblait souffrir autant… de sa transformation.
°°0°0°°
Aïzen observait la cour de sa division. Gin se retira sans ajouter un mot. Il trouvait son capitaine étrangement calme, ce qui contrastait avec les derniers jours, plutôt chaotiques.
Sôsuke se retourna pour vérifier que la porte était bien fermée. Un soupir s’échappa de ses lèvres. Pour une fois, il n’était pas pressé de quitter son bureau. Il n’avait plus rien à craindre.
Le capitaine de la cinquième division retira ses lunettes et repoussa ses cheveux. Il attendit patiemment que son corps prenne sa forme définitive de loup-garou, puis sortit enfin des locaux.
Ses yeux étaient d’une couleur sombre, pourtant des particules dorées s’y étaient glissées, donnant au loup un regard étonnamment changeant. Malgré lui — ou plutôt parce que ses instincts le poussaient à agir ainsi — Aïzen bondit dans la nuit et décida de retourner au temple des regrets. Il savait qu’il y serait rejoint par son dominant.
Il se déplaçait rapidement, avec une grâce de prédateur qui rendait ses mouvements irréels. Ses pieds touchaient à peine les tuiles sur lesquelles il prenait appui pour se propulser. Aïzen croisa quelques loups-garous qui fixaient la stature impressionnante du capitaine de la cinquième division, qu’ils voyaient rarement sous sa forme de loup.
À peine arrivé à mi-chemin, quelque chose fondit sur Sôsuke : une effluve qui le captiva au point de l’arrêter net. Immédiatement, il chercha d’où pouvait provenir cette essence entêtante. Ses yeux croisèrent ceux qu’il cherchait désespérément depuis presque un mois. Les battements de son cœur s’accélérèrent malgré lui. Il jura intérieurement. Comment pouvait-il exercer une telle fascination sur lui ? Ne devait-ce pas être l’inverse ?
Les deux loups s’observèrent intensément. Ichigo avait l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. Pourtant, il recula. Il ne pouvait pas dominer ce loup. Il ne le voulait tout simplement pas. Et, sans qu’on puisse deviner son geste, Ichigo quitta les lieux, laissant l’autre loup fou de rage.
Comment ce morveux pouvait-il le rejeter de cette façon ? Sôsuke sentit la colère le submerger. Il bondit à la poursuite du loup roux qui l’abandonnait une nouvelle fois. À sa surprise, ce dernier possédait une rapidité peu commune. Seul Kuchiki pouvait se targuer d’aller aussi vite, habituellement. Mais il ne s’agissait pas de lui…
Les yeux d’Aïzen parcouraient le corps du loup qui le fuyait, et il ne put s’empêcher de l’admirer. Sans conteste, il était puissant, et c’était son immaturité qui le faisait fuir. Il n’était pas sûr de pouvoir lui faire face sans y laisser quelques plumes. Il avait absolument besoin de savoir qui il était…
Alors, en utilisant un sort de restriction, il le captura. Ichigo s’écrasa lourdement sur le sol. L’herbe humide amortit à peine le choc. Le roux gronda : comment avait-il osé le ligoter ?
– Enfin je te tiens… Pourquoi me fuis-tu ? Ne m’as-tu pas choisi ?
Mais Ichigo était occupé à se redresser.
– Inutile, tu ne pourras pas te défaire de tes liens…
Le roux ne l’écoutait pas. Il concentra tout son reiatsu sur ses entraves et brisa l’enchaînement. Fou furieux, il bondit sur Aïzen, qui s’esquiva à la dernière seconde. À sa surprise, le loup, pourtant massif, ne bascula pas : il effectua une torsion hallucinante du buste et des hanches. C’était un tueur !
Sôsuke le prit enfin au sérieux et fit face, avec sang-froid, à ce loup-garou déchaîné. Le combat fut, une fois encore, très rude. Il dura une partie de la nuit, et c’est Ichigo qui plaqua au sol le capitaine de la cinquième division, prouvant une bonne fois pour toutes qu’il le dominait par sa puissance, et non par accident. Il enfonça de nouveau ses dents dans son épaule. Le loup émit un grognement de douleur, et Aïzen se soumit à contrecœur : la queue entre les jambes, les oreilles basses, dans une attitude passive.
Ichigo se redressa et quitta les lieux, mais la voix agressive de l’autre loup le retint.
– Pourquoi refuses-tu de t’accoupler avec moi ? Tu m’as marqué deux fois…
Le jeune homme tourna le visage vers Aïzen et rétorqua :
– Je ne sais même pas ce qui m’anime. Je ne sais pas pourquoi je cherche à te dominer… Quant à m’accoupler avec toi, c’est impossible…
– Pourquoi ?
Ichigo se tourna brutalement et lui demanda :
– Je ne sais même pas comment tu te nommes.
– Moi non plus… Tu ne me connais réellement pas ?
Aïzen fut surpris, et une certaine angoisse l’étreignit quant aux origines du loup.
– Je suis Sôsuke Aïzen.
– Et je m’appelle Ichigo Kurosaki…
Et, sans laisser le temps à l’homme de lui répondre, le loup disparut. Aïzen resta stupéfait, puis sentit la rage le submerger. Un long hurlement monta en lui. Le loup-garou rentra chez lui furieux ; son reiatsu était si sombre que peu osèrent s’approcher.
°°0°0°°
Ichigo fut peu ennuyé les jours qui suivirent. Il s’enferma dans sa chambre, à l’Académie. Tous se moquaient de lui, prétendant qu’il s’était retrouvé marié à un loup de troisième zone. Mais Ichigo n’écoutait pas. Il s’avouait enfin avoir été fasciné par celui qui était lié à lui, désormais. Sa peur ne venait pas de la puissance de l’autre, mais du fait qu’il le trouvait terriblement séduisant et… mature !
Comment lui expliquer cela ? Il n’avait aucune expérience ; il avait peur d’être maladroit, de faire n’importe quoi. Et s’il se moquait de lui ? Il ne le supporterait pas… En fait, c’était ça qui l’effrayait plus que tout : qu’il puisse le blesser dans ses sentiments.
Il l’aimait… Il savait qu’en apposant sa marque, et par deux fois, les liens étaient désormais indéfectibles. Ses yeux se mirent à briller et prirent une couleur cognac. Ses pensées se projetèrent vers son loup, et un désir puissant l’étreignit.
Que devait-il faire, à présent ? Le matin de son retour en cours fut agité. Surpris, le jeune homme s’approcha de ses anciens amis, qui ne lui adressaient plus la parole que rarement.
– Que se passe-t-il ?
Hinamori lui répondit, excitée :
– Un capitaine va venir dans deux jours pour nous faire exécuter un exercice dans le monde humain.
– Vraiment ?
Le cœur d’Ichigo se mit à battre sourdement, et il demanda, mal à l’aise :
– Je peux savoir de qui il s’agit ?
– D’Aïzen Sôsuke ! rétorqua Renji en le toisant du regard.
Ichigo devint blême. Il savait que, tous, comprendraient alors qui il était… Le jeune homme reprit son souffle. Et s’il manquait le cours ? Impossible : c’était l’un des examens principaux qui sanctionnait ses derniers cours. Il ne pourrait pas esquiver.
Ichigo quitta le groupe en fronçant les sourcils. Il devait rencontrer Aïzen avant… pour qu’ils discutent sérieusement.
Il allait sécher les cours de l’après-midi pour le voir. Sans plus faire attention au groupe derrière lui, il se dirigea vers la salle de classe où il devait participer à ceux de kid?. Renji demanda à Hinamori :
– Tu sais quelle mouche l’a piqué ?
– Aucune idée… mais il n’avait pas l’air dans son assiette…
Renji fronça les sourcils…
°°0°0°°
Ichigo entra dans le bureau de son père, une fois que Rangiku s’était enfin décidée à transmettre l’information qu’il l’attendait dans la cour. Isshin sortit, inquiet.
– Quelque chose ne va pas, Ichigo ?
– Papa… j’ai besoin de rencontrer Aïzen…
– Pourquoi ?
– Parce qu’il vient à l’Académie, et que tous sauront pour nous…
– Et quel mal y a-t-il ? Enfin, tous pourront savoir que…
– Écoute, je n’ai pas le temps de m’expliquer avec toi maintenant… Fais-moi rencontrer Aïzen, c’est tout ce que je te demande !
Isshin observa son fils, très déterminé. Tout le monde regardait le jeune homme, qui portait l’uniforme de l’Académie. Isshin soupira.
– Tu aurais pu mettre un uniforme de shinigami…
– Je n’ai pas eu le temps, et je n’ai toujours pas le temps. Je l’attends là où a eu lieu notre dernière rencontre !
– Et c’est ?
– Tu crois que je vais te le dire ?
– Tss ! Comment veux-tu que je sach…
– Occupe-toi de tes affaires, après avoir transmis ce message.
Ichigo quitta les lieux. Isshin se gratta le menton, pensif. La voix de Rangiku demanda :
– Je peux vous aider, Taïcho ?
– Non, non, merci, Rangiku-chan… Je vais rendre visite… à un ami…
– Kisuke-san ?
Isshin glissa un léger regard en coin à sa fukutaïcho trop curieuse et ne répondit pas. Sans un mot, il disparut, au grand dam de Rangiku, qui ne pourrait pas se mettre un nouveau potin sous la dent.
°°0°0°°
Aïzen était plongé dans ses colonnes de chiffres quand un coup sec à la porte le fit lever le visage de la page bien remplie. Il s’agissait de Gin et de… À cette idée, Aïzen soupira et déclara :
– Entrez !
La porte s’ouvrit sur Gin, qui déclara d’une voix monocorde :
– Kurosaki-Taïcho aimerait s’entretenir avec vous…
Sôsuke aurait dû s’y attendre, après tout. Il répondit d’une voix lasse :
– Qu’il entre, et je ne veux pas que nous soyons dérangés !
– Haï, Taïcho !
Gin fut surpris par la demande de son capitaine et quitta les lieux, laissant la place à l’impressionnant capitaine de la dixième division. Lorsque la porte se referma sur le fukutaïcho, Isshin salua Aïzen, et ce dernier répliqua :
– Ce n’est pas pour cela que tu me rends visite, Kurosaki… Taïcho…
– Non… c’est pour mon fils !
Sôsuke releva un sourcil, surpris.
– Il a quitté les cours pour venir à ta rencontre. Comme il ne peut pas venir jusqu’ici sans se faire grandement remarquer, il m’a demandé de jouer les entremetteurs…
– Qui te dit que j’irai…
– Ne joue pas avec moi, Aïzen-kun… Je sais que tu portes le sceau de mon fils, et il semble même que son influence soit plus présente qu’il y a un mois.
– Il n’a pas voulu me parler, il y a moins d’une semaine ! répliqua sèchement Aïzen. Pourquoi accéderais-je à sa demande ?
– Parce qu’il est jeune, et qu’il est certainement dépassé par ce qui arrive… tout comme toi, je présume. Je ne pense pas qu’il veuille te blesser par son comportement. Mais ce n’est pas à moi de te le dire.
Isshin allait quitter les lieux lorsque la voix basse d’Aïzen demanda :
– Où ?
– Il a dit : « Je l’attends là où a eu lieu notre dernière rencontre. » Je suppose que tu sais où cela se situe ?
Sôsuke hocha la tête pour toute réponse. Isshin eut un petit sourire et quitta la cinquième division, en espérant qu’Aïzen ne serait pas trop intransigeant avec Ichigo… mais cela ne le concernait plus.
S’il n’avait tenu qu’à lui, Ichigo n’aurait jamais rencontré Aïzen. Il ne savait pas comment cela avait pu se produire… mais c’était, selon lui, la pire chose qui soit arrivée à son fils. Même si tous appréciaient le capitaine de la cinquième division, c’était loin d’être son cas.
°°0°0°°
Sôsuke quitta discrètement sa division. Gin avait reçu l’ordre de rester à son poste durant sa courte absence. Que lui voulait ce morveux ? Le rendre fou une nouvelle fois ? Au moins, cette fois-ci, ils pourraient discuter sans risquer de s’égorger.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)