Ichigo sortait de la Chambre des 46. Il ne comprenait toujours pas ce qu’il faisait dans ce tribunal — qu’on aurait presque pu appeler un chenil… un chenil ! Les questions avaient fusé de toutes parts et personne ne lui laissait le temps de répondre. Tous doutaient de sa capacité à éliminer seul un arrancar.
Le jeune homme savait qu’Hinamori et Kira étaient passés avant lui, mais aucune information n’avait filtré. Il ne les avait pas revus depuis leur sortie de la quatrième division et il s’inquiétait réellement de la façon dont leur entretien s’était déroulé. De plus, il n’en savait pas davantage sur le nombre de morts dans les rangs de la cinquième division.
Ichigo était nerveux : il n’avait plus vu Sosuke depuis qu’il était parti à la recherche d’autres ennemis indésirables pour l’exercice. Comment en était-il arrivé là ? Il plaignait sincèrement son mari de devoir se retrouver face à tous ces vieillards décrépits, qui ne manqueraient pas de lui poser des questions plus vicieuses les unes que les autres.
Une chose, pourtant, était sûre pour lui. Au vu des regards braqués sur sa personne, il était clair que tous connaissaient sa position de dominant dans le couple qu’il formait désormais avec Sosuke. Toutefois, contrairement à l’Académie, personne ne vint le trouver pour lui faire la moindre réflexion.
En réalité, ce qu’Ichigo ignorait, c’est qu’Isshin avait usé de toute sa force de persuasion pour faire taire les mauvaises langues. Malheureusement, son fils avait été mis au secret afin d’éclaircir cette affaire, et le capitaine de la dixième division n’avait pas pu lui parler pour le rassurer. Connaissant son caractère anxieux, Isshin savait bien qu’Ichigo devait se faire un sang d’encre pour sa famille et, certainement, pour Aïzen.
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Ichigo regagna les appartements de la troisième division, où on l’avait assigné à résidence. Une résidence… avec des barreaux ! Il culpabilisait pour Hinamori. Sa conduite l’avait rendu irresponsable. Kira s’en était bien sorti : il était fait pour le combat, contrairement à Momo. La Chambre des 46 avait nettement fait comprendre au jeune homme qu’il était seul responsable de ce qui s’était produit cette nuit-là.
Ichigo s’installa sur le lit à peine confortable et replia ses jambes sous lui. Le regard perdu au loin, il observa le ciel bleu sans vraiment le voir.
« Vous auriez dû savoir que la force adverse était supérieure à la vôtre. Vous avez mis vos coéquipiers en danger ! »
Ichigo avait essayé de se défendre, soutenant qu’il pensait sincèrement qu’il s’agissait d’un exercice.
« Vous auriez dû en informer Aïzen Sosuke… »
« Pourquoi ne pas avoir signalé qu’Aïzen était votre dominé ? »
« C’est irresponsable de laisser un exercice à un homme qui avait un intérêt personnel parmi les élèves ! Vous auriez dû avertir votre professeur principal. »
« Pourquoi n’avez-vous pas donné l’alerte, si vous aviez senti tout ce sang ? »
Les voix ne cessaient de le harceler depuis qu’il avait quitté le tribunal. Et ce qui le rendait un peu plus confus encore, c’étaient le souvenir cuisant de ses tentatives — ou plutôt de ses ébauches d’explications — qu’il n’avait jamais pu terminer ; pour cause, personne ne l’y avait autorisé.
Ichigo n’avait vu aucun visage : il n’entendait que la voix des différents membres de la Chambre des 46, qui martelaient leurs affirmations comme une sentence prouvant sa culpabilité. À la fin, il était lui-même persuadé d’avoir mené Kira et Hinamori à l’abattoir, au point d’imaginer qu’il était l’instigateur de la mort des shinigami de la cinquième division. Jamais le roux n’avait été aussi déprimé de toute sa vie. À sa grande honte, on lui avait enlevé son zanpakutō, et ça, c’était insupportable.
Devait-il attendre ici, bien gentiment ? Ichigo se redressa et se plaça au milieu de sa cellule. Une excitation étrange le gagna et son reiatsu commença à tanguer. Une voix inconnue, derrière lui, le fit sursauter.
– Je vous conseille de vous tenir bien tranquille. Actuellement, c’est Sosuke Aïzen qui passe devant la Chambre des 46. Si vous faisiez un acte irresponsable, il pourrait en pâtir et puis, je pense qu’il se ferait du souci pour vous…
Ichigo se tourna et croisa le visage d’un homme blond, dont les cheveux ondulaient dans son dos. Il ne répondit pas… attendant la suite, qui ne vint pas. Il se détourna de l’observateur et, au bout de quelques minutes, l’homme reprit doucement.
– J’ai eu beaucoup de mal à croire qu’Aïzen Sosuke se soit fait mordre et, lorsque je vous ai aperçu, j’ai d’abord pensé à une mauvaise blague. Comment un gamin aussi chétif peut-il marquer un loup comme le capitaine de la cinquième division ? Pourtant, vous ne manquez pas d’intérêt… Kurosaki Ichigo !
Le roux ne répondit pas. Il en avait assez de ces réflexions. Il le savait, au fond de lui-même : il n’était pas à la hauteur d’Aïzen. Il voulait seulement qu’on l’oublie. S’il pouvait revenir en arrière, il rendrait sa liberté à Sosuke.
Pourtant, l’idée lui traversa à peine l’esprit qu’il en éprouva un malaise. Ichigo se rendit compte qu’il était amoureux d’Aïzen. Il n’avait jamais adhéré à aucune thèse selon laquelle la morsure était provoquée par l’amour, la présence de l’unique, le parfum et tout le reste — tout ce qui l’ennuyait immanquablement, auparavant.
Qu’allait-il faire maintenant ? Aïzen n’était pas du genre à se laisser manipuler. Avant de rencontrer son mari, lorsqu’il s’imaginait en couple… lorsqu’il se voyait en dominant, il avait toujours imaginé une louve bien docile, ou un jeune loup plus petit que lui… Mais, lorsqu’il colla l’image de ce loup docile à celle d’Aïzen, une grimace se forma sur ses traits fatigués.
Il avait toujours cru qu’en étant le dominant, il serait le plus fort physiquement, le plus grand, le plus assuré, celui qui saurait quoi faire en toute circonstance… ou comment faire pour… pour les choses physiques ! Cette partie-là lui était difficile à imaginer. En vérité, jamais il n’aurait pensé dominer un loup plus âgé — et certainement pas comme…
Le jeune homme se frappa le front, contrarié. L’image d’Aïzen passa devant ses yeux et il grimaça. Ichigo essaya de cacher son visage entre ses mains, comme s’il pouvait arracher cette vision apparue un bref instant. Non… rien ne correspondait à son idéal ; mais alors, rien du tout ! Il se comparait plutôt à une misérable crevette, avec l’air d’une jouvencelle en détresse, gauche et toujours intimidée par le regard si perçant de Sosuke. Rien que d’y penser, il avait des palpitations, et un malaise s’installa à nouveau. Il manquait cruellement de confiance en lui face à son mari.
Une image traversa son esprit : Sosuke et lui faisant l’amour. Il devint écarlate. Le jeune homme jura entre ses dents. Jamais il ne pourrait… le toucher ! Il s’en fit la promesse. Aïzen Sosuke… Quelle relation allaient-ils avoir ensemble ? Enfin, si relation il pouvait y avoir. Car, pour le moment, il était plutôt coincé, et il se voyait déjà passer le restant de ses jours enfermé dans une prison, n’en sortant que lorsqu’il aurait les cheveux blancs et le dos perclus de rhumatismes. Il essaya d’imaginer Aïzen sous la même forme et un sourire idiot lui vint.
– Tu sembles t’amuser ?
Ichigo reconnut la voix. Il tourna légèrement la tête vers son interlocuteur et l’observa intensément. Gin Ichimaru arborait toujours son sourire. Le quittait-il vraiment ?
– Pas vraiment… Juste des idées idiotes qui me traversaient l’esprit… On passe le temps comme on peut.
– Aïzen Taïchō vient juste de finir son audition…
L’intérêt d’Ichigo se réveilla et il traversa la pièce pour se placer devant l’albinos.
– Est-ce… qu’il est libre ?
– Bien sûr ! Il m’envoie pour te donner ceci.
Gin tendit une missive qu’Ichigo attrapa. Il fit basculer l’enveloppe entre ses doigts, mais elle ne comportait aucune inscription particulière.
– Il n’a pas le droit de venir à ta rencontre pour le moment. Il m’a juste envoyé te délivrer son message. J’y vais…
Ichigo releva la tête pour parler, mais le fukutaïchō était déjà parti. Il s’installa sur son lit de fortune et décacheta l’enveloppe. Le mot était bref.
« Ichigo,
Je pense deviner ce qui a pu être dit devant toi devant la Chambre des 46. Ne culpabilise pas. Tu n’as rien à te reprocher. Ceci est entièrement de ma faute, c’était à moi de vous protéger.
Retourne auprès de ta famille une fois libre, cela ne devrait pas tarder. Il faut que certaines choses se tassent. Je viendrai te rejoindre dès que j’en recevrai l’autorisation.
Sosuke »
C’était tout ? Il n’allait pas chipoter : il ne s’attendait même pas à recevoir un courrier de la part d’Aïzen. Le jeune homme rangea soigneusement la lettre dans son enveloppe et la glissa dans son shihakushō. Il ne pouvait pas se le cacher, il était vraiment content : Sosuke avait pensé à lui. Cette pensée le fit grogner de frustration… Ichigo avait l’impression d’être… amoureux ! Il se gratta la tête, nerveusement. Quel sentiment stupide !
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Aïzen était assigné à résidence pour une durée indéterminée. Il avait su par Gin que son mari se portait bien et qu’il lui avait remis sa missive. L’homme grinça des dents : encore une pleine lune à vivre seul. Quand pourrait-il enfin le serrer contre lui ? Il soupira doucement et se retira dans sa chambre. Sans vraiment en avoir conscience, le capitaine de la cinquième division avait parfaitement intégré Ichigo dans sa position de dominant.
Sosuke s’installa devant sa petite table basse et s’assit sur le coussin. D’une main sûre, il saisit sa plume, tandis que son esprit tourbillonnait, notant quelques observations utiles pour plus tard.
Pourtant, au bout de quelques minutes, le ricanement des autres capitaines lui revint en mémoire, troublant la paix qu’il affichait jusque-là. Il n’y avait eu que Kuchiki pour l’ignorer, et les rires avaient cessé avec l’intervention d’Isshin, après une réflexion de Kenpachi des plus désagréables.
« – Pourquoi je me gênerais… Lui, si sûr de lui, avec toujours cet air d’honorabilité… Si puissant, soi-disant… Le ricanement de Kenpachi ne laissait aucun doute sur ce qu’il pensait de la puissance d’Aïzen, à présent. Il s’est fait marquer par un gamin… ton fils, du reste !
– Mon fils n’a rien à vous envier…
– Ne le surestime pas, Isshin… Kyouraku observait son ami entre ses paupières.
– Ne le sous-estime pas !
Isshin avait relevé la tête pour rencontrer les yeux d’Aïzen. Une compréhension mutuelle passa entre eux, à la surprise de Sosuke. Quelques rires fusèrent encore, et Isshin déclara alors, sombrement :
– Ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu…
– Alors, je suis impatient de le rencontrer au cours d’un combat à mort ! déclara Zaraki, excité à l’avance.
Kurosaki et Aïzen s’étaient regardés brièvement, puis avaient reporté leur attention sur le capitaine de la onzième division. Isshin marmonna :
– Si je pouvais enlever de la tête de mon fils de partir dans ta division, Zaraki… je ne me gênerais pas ! Mais cette tête de mule veut rejoindre ta division… je ne sais pour quelle raison.
– Justement ! Je vais pouvoir mesurer moi-même ses soi-disant capacités ! Enfin… un adversaire à ma taille ?
Aïzen avait quitté les lieux sans rien ajouter. »
Non, il n’avait pas voulu supporter la suffisance de Kenpachi, cette certitude que tout était gagné d’avance. Il laissait le soin à Ichigo de lui montrer de quoi il était capable, bien qu’il préférât qu’il n’affronte pas ce fou. Mais… c’était son choix. Si Zaraki tuait Ichigo, Sosuke se chargerait de lui régler son compte de la manière la plus horrible qui soit.
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Ichigo avait reçu l’autorisation de retourner en cours, mais pas encore son zanpakutō. En revanche, il avait ordre de ne pas se déplacer à l’intérieur du Gotei 13 ni d’entrer en contact avec Aïzen Sosuke : l’enquête était toujours en cours.
Tous les étudiants le considéraient désormais avec respect. L’exploit d’avoir marqué le capitaine de la cinquième division, et également d’avoir supprimé un arrancar, lui donnait une aura de héros.
Mais lui ne se sentait pas bien. Hinamori ne lui en voulait absolument pas, et Kira était admiratif. Ce matin-là encore, il sortait de sa chambre quand il fut entouré de quelques étudiants. Lorsqu’il releva le visage du plancher qu’il avait tendance à fixer ces derniers temps, il croisa le regard rouge de Renji.
Sans avoir besoin de se parler, Ichigo sut que Renji regrettait son comportement… et il était suffisamment intelligent pour comprendre les raisons qui l’avaient poussé à vouloir le blesser. Il s’avança en silence et, arrivé devant son ami, lui donna un coup dans l’épaule avant de lui demander, avec un bref sourire :
– T’es prêt à te prendre une raclée au kid ?
Renji eut un bref sourire et répondit, moqueur :
– Ça ne risque pas d’arriver de sitôt… Même un gamin de quatre ans peut te battre…
– Ah ouais ? Alors, ils ont ton portrait comme visage, Renji ? Je les plains sincèrement…
– Salaud !
– T’as pas à me chercher…
– On dirait que vous vous êtes réconciliés ? fit Hinamori, avec un grand sourire.
La jeune femme glissa une main sur le bras d’Ichigo. Il se sentit mal à l’aise devant un geste qui pouvait prêter à confusion. Il se dégagea doucement et décida de partir déjeuner.
Plus tard, en cours, Ichigo porta une très grande attention à la leçon. Même si son esprit avait la fâcheuse tendance à vagabonder, il fit de son mieux pour emmagasiner les derniers enseignements.
Les journées passaient calmement, et Ichigo commençait sérieusement à s’impatienter. Il n’avait plus de nouvelles et bientôt il rejoindrait sa nouvelle division. Il se sentait nerveux : comment allait-il être accueilli ? Toutefois, la présence de Renji dans sa nouvelle affectation le rassurait quelque peu ; un visage ami dans une foule inconnue.
Une brise de printemps fouetta le visage du jeune homme, pas assez chaude pour être appréciée à sa juste valeur. Renji s’assit à ses côtés et demanda, d’une voix morne :
– T’es nerveux ?
– Un peu… pas toi ?
– Oui et non… Tu n’as pas eu de nouvelles de…
– Non !
Ichigo n’avait pas voulu répondre sèchement, mais tous ne cessaient de lui demander des nouvelles de son mari, et lui n’en avait absolument aucune. Qu’est-ce qui s’était produit ?
– Tu ne deviens pas fou ?
Ichigo passa une main nerveuse dans ses cheveux, comme si cette question réveillait une souffrance intérieure. Il fixa les cailloux devant lui et commença à les repousser du pied.
– C’est… douloureux !
– Pourquoi ne va… insista Renji, qui observait son ami du coin de l’œil.
– Parce que c’est impossible ! J’ai eu des consignes de la Chambre des 46 et tant qu’ils n’ont pas statué sur…
– C’est n’importe quoi ! Cette affaire a pris une drôle d’ampleur. Certes, il y a eu des morts, mais tu n’es mêlé à rien. Personne n’a perçu de reiatsu bizarre, sauf toi ! C’est même étrange…
– Ce n’est pas son reiatsu que j’ai senti… c’est son envie de meurtre !
Ichigo était songeur. Son esprit se remémorait avec une force de détails olfactifs et visuels qui n’étaient en rien dus à ses qualités humaines. À croire qu’il était programmé pour sentir le danger, même sous sa forme humaine. Combien de fois, plus jeune, avait-il ressenti l’imminence d’une catastrophe que les autres ne percevaient pas ?
– Tu discernes ça, toi ? Attends, il est plus évident de ressentir un reiatsu que…
– Je peux pas te dire comment ni pourquoi je fonctionne à l’envers, mais… c’est comme si, au fond de moi, un autre instinct opérait. C’est différent. Je ne pourrai pas te l’expliquer…
– Kira m’a dit qu’à ce moment-là, tu ressemblais plus à un loup qu’à un humain, sans avoir quitté ta forme. Peut-être que ton côté loup-garou est plus développé que la normale… ça existe ! Enfin, je crois…
Un silence s’installa de nouveau. Les deux étudiants regardaient dans des directions différentes, chacun plongé dans son monde. Ichigo ne voyait même pas les uniformes bleus ou rouges passer devant lui.
Que devait-il faire ? Il ne savait plus… Pourquoi lui interdisait-on de retrouver Sosuke ? Pourquoi son mari ne donnait-il pas de ses nouvelles ?
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Sosuke sortait du bureau du Sōtaichō et, bientôt, Gin fut sur ses talons. Aïzen ne desserrait pas les dents. Il commençait à en avoir assez de cette situation. Non seulement on lui créait des difficultés, mais voilà que maintenant il venait d’apprendre une nouvelle qui l’avait déstabilisé. S’il l’avait apprise le lendemain de sa première morsure, il aurait sauté sur l’occasion sans difficulté. Mais… même brèves, ses rencontres avec son dominant étaient intenses. Quelque chose, chez lui, l’attirait irrémédiablement et… ce que lui proposait la Chambre des 46… Aïzen ne pouvait le tolérer.
– Aïzen Taïchō ?
– Hum ?
– Que se passe-t-il ?
– Si je le savais… je ne sais même pas si je te répondrais, Gin !
Les pas du capitaine de la cinquième division martelaient le sol. Il fallait qu’il rencontre Ichigo, même si l’interdit était toujours d’actualité. Il ne laisserait personne entraver sa relation. C’était une question d’honneur. Qui se permettait de se mêler de ses affaires ?
La Chambre des 46 avait peur. Peur que la combinaison formée par le couple qu’il composait avec Kurosaki — fils de l’un des plus puissants nobles et aussi d’un très puissant shinigami et loup-garou — avec lui… Apparemment, la Chambre se mêlait des affaires privées des couples lorsque ceux-ci créaient une éventuelle menace pour la stabilité du Seireitei.
Le procédé qu’ils voulaient utiliser pour dissoudre la relation entre lui et Ichigo n’était ni plus ni moins qu’un acte barbare, et… Sosuke n’était même pas sûr qu’il n’y aurait pas de séquelles. Il ne laisserait personne contrôler sa vie ! Quelque part, désormais, il avait choisi de vivre sa relation avec Ichigo.
– Gin… si je te dis de prendre ma place le temps… que j’aille régler quelques problèmes.
Aucun des traits de l’albinos ne bougea. Aïzen savait parfaitement que toutes ses décisions étaient acceptées par son fukutaïchō, quel que soit le type d’ordre ou d’acte qu’il pouvait commettre.
– Ça sera avec plaisir… Taïchō !
– Alors, cette nuit… tu sauras quoi faire…
– Haï !
Aïzen croisa Kyouraku, Ukitake et… Kurosaki, avec qui il tint une conversation des plus banales. Son sourire doux et son attitude apaisante dupèrent son entourage. Sauf Isshin, qui se doutait que le capitaine de la cinquième division n’en resterait pas là. Il le voyait, au fond de son regard… cette lueur déterminée.
Isshin avait eu vent de certains bruits, en haut lieu… La relation d’Aïzen et de son fils gênait quelques membres influents de la noblesse et de l’appareil politique. Isshin n’osait pas imaginer ce qui se passerait si ces mêmes personnes connaissaient la réelle puissance de son fils. Quoiqu’elles devaient s’en douter ! Qui aurait pensé, parmi eux, qu’un jour Aïzen serait un dominé ? Et, surtout, s’être fait prendre par un adolescent chétif… en apparence.
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Alors que le quart de lune était haut dans le ciel, Sosuke s’élança à l’assaut des murs du Seireitei et, après avoir camouflé sa présence, il couvrit la distance qui le séparait de l’Académie.
Aucun bruit ne trahissait son déplacement ; seul le vague souffle du vent venait interrompre le silence. Sa silhouette se découpait à peine lorsqu’il prenait le temps de s’arrêter, afin de mieux dissimuler sa progression aux yeux des shinigami qui pourraient éventuellement le suivre ou le surprendre.
Un léger soupir s’échappa de ses lèvres lorsqu’il se trouva face aux murs des dortoirs de l’Académie. Il chercha immédiatement à ressentir l’énergie spirituelle de son mari, qu’il perçut très rapidement. Son reiatsu était vraiment au-dessus de tous les autres, bien qu’il en perçoive un autre, non loin, tout aussi intéressant.
Sosuke se plaça devant la fenêtre du deuxième étage et frappa discrètement à plusieurs reprises sur la vitre close. Quand, soudain, celle-ci s’ouvrit sur un Ichigo aux cheveux ébouriffés, l’air endormi. Aïzen craqua devant cette image enfantine et demanda, lorsque soudain Ichigo se rendit compte de qui se trouvait devant sa fenêtre :
– Me laisserais-tu rentrer… Ichigo ?
Pour toute réponse, le jeune homme ouvrit la fenêtre en grand et s’effaça. Sosuke atterrit sans un bruit au milieu de la pièce. Le bruit sec et bref du montant qu’on referme discrètement se fit entendre. La respiration d’Ichigo, derrière lui, était rapide, et Sosuke sentit son étonnement.
– Que… Pourquoi es-tu…
Ichigo n’eut pas vraiment le temps de poser d’autres questions. Sosuke s’était retourné et avait attiré la frêle silhouette contre lui.
– Ichigo… je n’ai pas beaucoup de temps, et je suis venu… pour consommer notre union !
Les yeux d’Ichigo s’ouvrirent en grand. Il voulut balbutier quelques paroles, mais la bouche d’Aïzen recouvrit la sienne, lui imposant le silence. L’urgence du baiser l’affola. Ichigo voulut repousser son mari pour savoir ce qui se passait exactement, mais ce dernier ne semblait pas près d’accepter la moindre discussion. Ichigo se sentit basculer en arrière et retomber sur le matelas, avec douceur. Le regard et le sourire d’Aïzen le glacèrent.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)