1ères pleines lunes 4

Ichigo attendait, nerveux, dans la prairie située près du Seireitei. L’endroit, tranquille et ceint de forêt, avait peu de chances d’être dérangé. Soudain, un reiatsu puissant se manifesta derrière lui. Le jeune homme ne l’avait pas perçu jusque-là. Ichigo se retourna lentement et croisa un regard chocolat, caché derrière des lunettes. L’homme, plus grand que lui, était séduisant sans pour autant être un tombeur — au grand soulagement d’Ichigo.

Il se rendit compte que son vis-à-vis le dévisageait de la même manière. Le roux se sentit mal à l’aise sous cet examen minutieux. Leurs regards se croisèrent à nouveau. Finalement, ce fut Sôsuke qui demanda, moqueur :

–        Tu te décides enfin à me parler ?

–        Oui…

Aïzen entendit à peine la réponse.

–        Que voudrais-tu me dire que tu ne m’aies déjà dit ?

–        Beaucoup de choses, mais pour l’instant… je voulais te voir parce que… tu viens à l’Académie…

Le capitaine de la cinquième division haussa les sourcils et attendit la suite, patient. Il ne voyait pas très bien pourquoi Ichigo le convoquait à ce sujet.

–        C’est vrai ?

–        Si cela a été annoncé, c’est probablement vrai…

Le ton d’Aïzen était de miel. Ichigo fronça les sourcils, contrarié. L’homme en face de lui se moquait-il de lui ?

–        Cela te gênerait que l’on découvre que nous sommes mariés ?

–        Haï…

Sôsuke fit un effort sur lui-même pour se calmer et accuser le choc. C’était la meilleure… c’était lui qui devait… Ce gamin allait le rendre dingue.

–        Il n’y a pas un moyen pour que… que tous ignorent que nous sommes… ensemble ?

–        Ensemble ? Aïzen ricana. Cela doit être une plaisanterie ?

Il traversa l’espace qui les séparait et attrapa le jeune homme par les épaules.

–        À part le fait que tu m’as mordu deux fois, il n’existe rien entre nous, car tu refuses de me toucher ou d’avoir une quelconque relation avec moi ! Et maintenant… tu viens me demander de faire en sorte que personne ne soit au courant, même de ce lien qui nous unit pour le restant de nos jours ? Tu te fous de moi ?

–        Tu n’auras pas honte de moi ?

–        Pardon ?

Aïzen était incrédule, certain d’avoir mal compris. Ce morveux avait pitié de lui ? Ichigo le dévisageait sérieusement et déclara, gauchement :

–        Je n’ai… jamais eu de flirt avec qui que ce soit. J’ai toujours préféré me battre. Et… je ne suis pas doué avec les relations avec les autres. En ce moment, tous mes amis m’ont tourné le dos…

Cela coûtait à Ichigo de l’avouer, mais cela faisait extrêmement plaisir à Aïzen. Toutefois, il ne voyait pas bien où cette conversation allait les mener.

–        Et cela te contrarie ?

–        Je ne peux rien y faire… marmonna Ichigo.

Sans vraiment s’en rendre compte, il avait posé son front sur l’épaule de Sôsuke. Deux bras l’entouraient et il se sentait bien… jusqu’à ce qu’il réagisse, conscient de la promiscuité dans laquelle il se trouvait.

–        Aïzen… taïchô…

–        Sôsuke !

Ichigo, écarlate, voulut se détacher, mais le capitaine de la cinquième division n’avait absolument pas l’intention de le lâcher. Un fin sourire éclaira son visage. Ichigo était hypnotisé par son regard et, sans même s’en rendre compte, ses yeux changèrent de couleur, entraînant le changement chez son compagnon. Quelque chose se passa entre eux sans besoin de paroles : un puissant sentiment d’appartenance, l’un à l’autre. La certitude d’être avec la bonne personne, mûs par la même passion.

Toujours sans s’en rendre compte, Ichigo attira à lui le visage de Sôsuke et effleura ses lèvres des siennes, avant que cela ne devienne, en quelques secondes, un baiser à pleine bouche, exigeant — parce qu’Aïzen avait attendu suffisamment longtemps. Tenir ce corps entre ses bras, c’était ce qu’il recherchait depuis la morsure.

Pourtant, en voyant le regard légèrement effrayé d’Ichigo, il recula. Ce n’était pas dans ses habitudes, mais rien n’était normal dans sa relation avec ce gamin.

–        Pour répondre à ta question de tout à l’heure, Ichigo

Ce dernier rougit légèrement à l’usage de son prénom sans particule, marque d’une relation intime. Aïzen reprit :

–        Non… je n’ai pas honte de toi ! Tu m’as vaincu deux fois et… pour quelle raison aurais-je honte ?

–        P… parce que je suis à l’Académie…

Là, Ichigo venait de marquer un point. La tension de Sôsuke monta brusquement, et le roux le remarqua immédiatement.

–        Alors… alors si tu veux que je sois malade, ou bien…

–        Hors de question !

–        Mais…

–        Tu seras un élève de dernière année comme les autres ! Et puis, cela finira par se savoir, un jour ou l’autre. Le plus tôt sera le mieux. Au fait… quelle division te sera attribuée ?

–        La onzième… souffla le jeune homme.

Sôsuke haussa un sourcil, surpris. Qu’est-ce qu’Ichigo allait faire à la onzième division ? Ichigo sembla lire dans ses pensées et marmonna, honteux :

–        Je suis nul en kid?

Aïzen ouvrit la mâchoire, puis la referma. Il recula pour mieux l’observer et demanda :

–        Pourquoi Yama-jii te considère-t-il comme un génie, alors ?

–        Peut-être parce que j’ai atteint le bankai quelques jours après avoir intégré l’Académie… en moins de trois jours, en fait !

Aïzen ouvrit la bouche et la referma une nouvelle fois, stupéfait. Même lui n’avait pas eu son bankai aussi vite. C’était quoi, ce gamin ?

–        Et tu es nul en kid? ?

–        Ce n’est pas la peine d’enfoncer le clou ! Si tu voulais un vrai génie, c’est Tôshirô que tu aurais dû rencontrer ! Il est bon en kid? et il a aussi son bankai !

–        Il a atteint le bankai, lui aussi ?

Là, Sôsuke était impressionné. Ichigo, percevant la pointe d’admiration de son mari pour Tôshirô, se sentit jaloux et vexé. Pourtant, il ne laissa rien paraître et demanda d’une voix neutre :

–        Alors… je serai présent pour l’exercice…

–        J’en serai heureux… Et viens me voir dans ma division… ne laisse pas trop de temps s’écouler, n’attends pas forcément la pleine lune.

–        Je ne peux pas faire ce que je veux à l’Académie…

–        Je ferai en sorte que tu rejoignes ma division.

–        Pas question !

Cette fois, Ichigo était furieux. C’était quoi, cette manie qu’avaient les gens de vouloir le manipuler ? Déjà, son père voulait qu’il rejoigne la dixième division, et maintenant Sôsuke voulait qu’il intègre la cinquième… Et si, lui, il avait envie d’aller à la onzième ? Sôsuke fronça les sourcils et déclara brièvement :

–        Qu’est-ce qui peut te choquer dans le fait que tu rejoignes ma division… Ce serait plus simple pour nous deux…

–        Pas question ! Je refuse ! Mon père essaye de me diriger et, à peine je sors de sa domination, c’est toi qui veux me faire intégrer ta division… pas question ! J’irai à la onzième !

Ichigo tapa dans un caillou et foudroya Aïzen du coin de l’œil. Celui-ci soupira, exaspéré.

–        Tu ne sais pas de quoi tu parles…

–        Oui… mais…

Le jeune homme se posta devant Sôsuke, se mit sur la pointe des pieds et le regarda droit dans les yeux, furieux :

–        Tu n’es pas moi, Sosuke !

Les deux hommes s’observèrent intensément. Finalement, Aïzen répliqua :

–        Comme tu le souhaites. Mais tu ne viendras pas te plaindre après…

Ichigo ne répondit pas. Il se sentait anxieux ; ses yeux s’assombrirent. Il allait partir sans un mot… mais une main retint son bras. Surpris, Ichigo tourna la tête et croisa le visage, si sérieux, d’Aïzen.

–        Ne me fuis pas !

Aucun trait du roux ne bougea. Seuls ses yeux prirent une légère teinte phosphorescente. L’atmosphère se chargea de nouveau d’une tension sourde. Ichigo se dégagea d’un geste et quitta les lieux.

Que pouvait-il dire à Aïzen ? Il se l’avoua : Sôsuke était vraiment impressionnant. Comment avait-il fait pour le vaincre — et par deux fois ? Il se sentait si misérable à côté de lui. Alors, être tous les jours près de lui, se sentir écrasé par la stature d’Aïzen… il ne le supporterait pas. Il préférait aller à la onzième division.

Aïzen quitta les lieux quelques secondes plus tard. Son cœur battait furieusement, sous le coup de la consternation. Il l’aurait étranglé un peu plus. Il ne le comprenait vraiment pas.

Il traversa sa division d’un pas vif, la mine sombre. Il trouva son fukutaïchô en pleine discussion avec Hisagi Shûhei. Que venait-il faire là ? Il passa à côté des jeunes gens, encore plus furieux, et claqua sa porte. Il allait voir ce morveux… au demeurant très à son goût ! Non… c’était juste la morsure qui lui faisait penser cela, et rien d’autre. Et dire que tous allaient bientôt savoir qu’il était lié à… à un avorton !

Ses yeux se souvenaient de la chaleur de son regard… tout comme de ses baisers. Ichigo donnait tout : le genre de personne sans concession. Même s’il avait eu peur, il n’hésitait pas à le défier. Et ses yeux…

Aïzen laissa tomber son front contre le mur en face de lui et le tapota à plusieurs reprises contre la surface rêche. Il était devenu fou… de son regard. Fasciné, envoûté, hanté par ces yeux si expressifs. Mais qu’avait-il fait pour mériter pareille punition ?

°°0°0°°

Ichigo, encore une fois, avait été mis au ban des élèves et se sentait bien seul. Mais qu’importait, après tout. L’étudiant écoutait les dernières consignes du professeur principal avant l’entrée du capitaine de la cinquième division et de son fukutaïchô. Comment allaient réagir les étudiants en découvrant les liens qui l’unissaient à Aïzen Sôsuke ?

De plus, Ichigo ne l’avait pas revu depuis leur entrevue dans la prairie… et son cœur battait à tout rompre à l’idée de le revoir. Le terme « excité » serait plus exact.

Les groupes furent formés et le jeune homme se retrouva avec Momo et Izuru. Ces derniers n’hésitèrent pas à lui parler lorsque le groupe formé par Rukia, Renji et Shûhei s’éloigna.

–        Pourquoi faire semblant ? demanda le jeune homme d’une voix lasse.

–        Je suis désolée, Ichigo… Tu sais, tu… enfin, moi aussi, comme beaucoup d’autres, certainement, convoitais la place que tu as donnée à un… à un… homme qui n’est qu’un shinigami de dernière zone.

–        Tu crois à ces ragots ? demanda le roux, incrédule.

–        Eh bien… comme tu ne démens pas… et que cette rumeur circule depuis quelque temps déjà… saurais-tu qui est ton dominé, à présent ? fit soudain Momo, surprise.

Ichigo baissa sur la jeune femme un regard lourd, puis se détourna.

–        De toute façon, tu ne tarderas pas à le connaître, dit doucement le jeune homme.

–        Qu’est-ce que tu viens de dire ?

–        Rien…

Tout à coup, le professeur principal attira l’attention du groupe d’étudiants et déclara :

–        Mesdemoiselles, Messieurs, veuillez vous tenir correctement… Le très estimable capitaine de la cinquième division nous fait l’honneur de venir superviser cet exercice. Soyez le bienvenu parmi nous, Aïzen taïchô !

Tous se précipitèrent pour rencontrer le capitaine de la cinquième division, sauf Ichigo, qui resta en arrière. Son cœur s’emballa, et ce qu’il redoutait le plus arriva.

Un murmure parcourut la foule et, bientôt, tous se retournèrent d’un bloc vers Ichigo, incrédules. Le brouhaha fut tel que le professeur principal lui-même, sous le choc, haussa la voix pour couvrir la rumeur qui grondait.

–        Je vous demande un peu de calme… s’il vous plaît ! Mais ses paroles furent vaines.

Aïzen entra dans la pièce et savait ce qui l’attendait d’ici quelques secondes. Et ce qu’il craignait arriva : tous se tournèrent vers son mari, qui se tenait à l’écart, le visage blême sous les regards fixés sur lui.

Sôsuke entendit distinctement les réflexions : « mais c’était un shinigami de troisième zone », « c’est impossible… pas lui, pas avec lui… », « attends, Kurosaki n’a rien à faire avec Aïzen… il est noble, mais… mais… t’as vu comment il est… », « il a fait comment ? Il l’a drogué ? ». Toutes ces pensées agacèrent Sôsuke au plus haut point.

Il rencontra le regard de son dominant, qui, malgré ces attaques, restait d’un calme remarquable. Cela devait d’ailleurs lui coûter : pour ce qu’il avait vu de son caractère, Ichigo était plutôt explosif. Sôsuke se tourna vers Koizumi-san et lui demanda de commencer l’exercice. Celui-ci, toujours sous le choc, approuva d’un hochement de tête.

Ichigo eut un léger sourire. Il avait brièvement croisé le regard de Sôsuke, et y avait lu une grande chaleur malgré la distance. Il voyait maintenant ses amis s’approcher, toujours ébranlés par leur découverte. Momo demanda :

–        Pourquoi ne pas nous l’avoir dit ?

–        M’auriez-vous cru ?

–        Non !

Ce fut l’ensemble des élèves qui répondirent en chœur. Ichigo haussa les épaules et, lorsque Koizumi lui fit un geste, il se mit en mouvement sans se préoccuper de ceux qui tentaient, à présent, d’attirer son attention.

Il croisa un instant le regard de Renji, qui semblait au trente-sixième dessous. Ichigo entendit clairement : « Ça reste encore à voir si c’est vraiment lui, le dominant… », « à la place d’Aïzen, j’aurais honte de me retrouver aux côtés de cette demi-portion… »

Ichigo ne broncha pas et ne répondit rien. Il eut envie de leur hurler qu’il y avait un peu moins de deux mois, ils le voulaient tous dans son lit. C’était de la pure méchanceté, mais il encaissa.

Bientôt, tous les étudiants se retrouvèrent dans le monde humain en passant par le Dangaï.

La ville de Karakura s’étalait sous leurs pieds, et Aïzen déclara d’une voix calme, presque hypnotique :

–        Chaque groupe sait où il doit se rendre ?

–        Haï !

–        Très bien… Mon fukutaïchô et moi-même resterons en retrait et nous nous tiendrons prêts à intervenir en cas de problème.

Renji, non loin d’Ichigo, ricana et déclara à mi-voix, juste pour qu’Ichigo l’entende :

–        Bien sûr… si tu crois qu’on va se sentir rassurés par tes paroles… Rien que d’imaginer que tu te sois fait battre par Kurosaki, ça ne donne pas beaucoup de valeur à tes qualités au combat !

Ichigo sentit la colère monter. Autant il pouvait encaisser pour lui, mais pas pour Sôsuke. Le roux sentit son reiatsu tanguer dangereusement ; une envie de meurtre le parcourut.

Tous sentirent le danger venir, et Aïzen remarqua doucement :

–        Kurosaki-kun… veuillez rester calme… vous allez faire venir plus de hollows qu’il n’en est nécessaire !

Ichigo croisa le regard faussement bienveillant de son mari et le foudroya des yeux. Renji ricana.

Ichigo baissa le regard en sentant une main sur son avant-bras. Momo lui murmura, bienveillante :

–        Ne l’écoute pas, Ichigo… il est jaloux, c’est tout… Tu as réussi à marquer le meilleur parti du Gotei 13, et toi, tu étais le meilleur parti de l’Académie. Quelque part, c’était logique !

Le jeune homme ne voyait pas vraiment la logique. Finalement, il adressa un sourire reconnaissant à la petite brune.

Izuru vit le regard d’Aïzen se poser sur le roux et sur la main d’Hinamori qui s’attardait sur son bras. Il était clair qu’il n’appréciait pas du tout ce rapprochement. Et s’il avait encore eu des doutes jusqu’à présent, maintenant, ils étaient levés : le capitaine de la cinquième division en pinçait pour l’étudiant.

°°0°0°°

Ichigo se retrouva sur les quais en compagnie d’Hinamori et d’Izuru. Pour lui, l’avantage d’être avec eux, c’est qu’ils n’éprouvaient pas de ressentiment comme Renji et avaient confiance en lui.

Le groupe se déplaça rapidement et ne tarda pas à trouver un hollow. Ce fut Hinamori qui s’en occupa. Ils savaient que plusieurs hollows rôdaient dans les parages, et c’est avec une extrême vigilance qu’Ichigo et Izuru surveillaient les arrières d’Hinamori, qui s’en sortit plus que bien.

Le groupe savait également que des shinigamis de la cinquième division étaient postés un peu partout, en cas de problème. Cette sortie était différente des précédentes. Ils seraient jugés sur l’esprit de cohésion, leur faculté à se débrouiller face à un grand nombre de hollows, en utilisant toutes les techniques de combat qu’ils avaient vues jusqu’à présent. Ils savaient pertinemment que si des shinigamis intervenaient pour leur groupe, ils étaient morts pour leurs notes finales.

Le calme apparent de la zone qui leur avait été attribuée rendait Ichigo nerveux. Était-ce normal ? Ses deux compagnons, comme lui, entendaient au loin les combats des autres groupes. Alors pourquoi le leur était-il épargné ? Ichigo souffla :

–        Tenez-vous sur vos gardes… ce n’est pas normal…

Hinamori se sentait mal à l’aise depuis le départ, mais, avec les paroles d’Ichigo confirmant ses soupçons, elle se retrouva presque paralysée. Izuru jeta un regard en biais vers la jeune femme et murmura :

–        Calme-toi. Au pire, des shinigamis seront là pour nous aider…

Ichigo n’écoutait pas vraiment. C’était comme si son instinct avait pris le dessus sur sa forme humaine. Quelque chose était présent, et aucun d’eux ne l’avait remarqué, car « la » chose avait dissimulé son reiatsu. Ichigo sentait nettement l’odeur du sang.

Sans s’en rendre compte, ses yeux prirent une teinte cognac phosphorescente. Un grondement sortit de sa gorge et ses oreilles, pourtant humaines, bougèrent comme si elles reprenaient leur forme de loup.

Izuru et Hinamori remarquèrent immédiatement son changement. Comment pouvait-il laisser ressortir son côté animal alors qu’il était humain ? Il était tendu, comme si le loup en lui avait trouvé sa proie. Hinamori ne put retenir un frisson : Ichigo était angoissant.

–        Tu n’en fais pas un peu trop, Ichigo-kun ? demanda Momo malgré elle.

–        Il y a quelqu’un… et il y a des morts…

–        Qu’est-ce que tu racontes ?

–        Chutttt !

Izuru réclama le silence : lui aussi avait perçu des bruits à peine perceptibles. Le fait de ressentir les instincts d’Ichigo avait réveillé les siens. Il percevait désormais, comme lui, une présence incongrue et l’odeur métallique du sang.

Quelque chose s’éveilla en lui. Les deux loups à forme humaine se jetèrent un bref coup d’œil. Hinamori s’interposa, décida de faire confiance à ses compagnons et se tint prête à l’attaque.

Les événements s’enchaînèrent très vite, en quelques minutes. Le groupe bondit en avant, prenant des directions différentes pour coincer celui qui se cachait et les observait, en silence ou presque.

°°0°0°°

Gin avait été surpris en découvrant qui était le dominant d’Aïzen… et quelque part, il s’en moquait comme de son dernier shihakushô. L’exercice l’ennuyait et, franchement, il aurait préféré faire quelque chose de plus amusant.

Il entendait au loin les cris et le bruit des batailles. Son attention avait été brièvement captivée par le blond qui faisait partie du groupe de Kurosaki. Cette mine de chien battu… quelque part, ça lui donnait des idées.

Son regard fut toutefois happé par un mouvement de son capitaine. Lui qui restait debout et impassible depuis le début de l’exercice, voilà qu’il se tenait près… à quoi faire ? Gin s’interrogea sur le bien-fondé de l’idée d’envoyer la cinquième division ici, sachant qu’Aïzen avait pour compagnon Kurosaki. Quoique… personne n’était au courant, en fait !

L’albinos soupira, les lèvres à peine entrouvertes. Puis un hurlement retentit, un reiatsu se mit à briller, un autre à décliner.

Aïzen bondit : il avait reconnu le parfum qui se dégageait. L’intensité de l’énergie n’avait rien à envier à celle d’un capitaine. Lorsqu’il arriva sur les lieux, Ichigo donnait le coup de grâce à… un arrancar. Hinamori gisait au sol, inanimée. Izuru était blessé, vivant et conscient.

Aïzen et Gin s’approchèrent du petit groupe. Ichigo leva les yeux. Sôsuke ne savait pas très bien ce qui s’était passé, mais il sentait vaguement que des ennuis se profilaient.

Le roux replaça son zanpakutô dans son dos. Sôsuke avait été très surpris, plus tôt, par la taille de son… couteau.

–        Que s’est-il passé ?

Izuru répondit :

–        Nous avons repéré un intrus. Nous pensions qu’il faisait partie de l’exercice…

–        Jamais nous n’aurions mis un arrancar dans un exercice… rétorqua Gin. À part… Hinamori-chan… y a-t-il d’autres blessés ?

–        Nous avons senti l’odeur du sang… Il doit y avoir d’autres blessés… répondit Izuru.

Ichigo restait silencieux. Son regard était planté dans celui d’Aïzen, tout aussi muet. La voix de Gin continua, imperturbable :

–        L’exercice est fini ! Je vais demander aux membres de notre division d’éliminer tous les hollows. Je vais leur demander de sécuriser le périmètre. Aïzen-taïchô ?

–        Fais pour le mieux, Gin… Demande aussi l’envoi d’équipes médicales ! Reste avec ce groupe… je vais inspecter les environs.

Aïzen disparut et Ichigo n’eut pas le temps de répondre. Le jeune homme serra les poings. Il n’écoutait plus Gin, qui avait pris les choses en main.

Izuru soignait déjà Hinamori avant lui-même.

Avait-il commis une faute ?


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)