Bonne année à toutes et à tous ! Pour fêter 2010 comme il se doit, vous aurez droit à deux chapitres de Première Pleine Lune aujourd’hui. Le prochain sera édité dans une heure. Enjoy !
Après bien des efforts — et avec succès — Ichigo parvenait désormais à esquiver facilement le capitaine de la Cinquième Division. Il ignorait pourquoi, mais celui-ci semblait rechercher sa compagnie… Et, pour ne pas semer le trouble, il avait choisi d’éviter également les autres capitaines, à l’exception de Kyouraku Shunsui, avec qui il entretenait désormais des liens étroits.
Après une longue discussion, le jeune homme avait appris de la bouche de Shunsui qu’il était arrivé à la même conclusion que lui : éviter la personne qui les rendait fous de douleur, quitte à éviter le plus grand nombre.
Pourtant, des bruits commençaient à circuler sur la possibilité que Shunsui et lui forment un couple. Ichigo afficha un sourire goguenard à cette idée. Que ferait-il, cette fois ? Son regard se posa distraitement sur les shinigami qui l’entouraient et avec lesquels il participait à une expérience de Kisuke.
Le capitaine de la Douzième Division était devenu son confident, par la force des choses. Il faut dire qu’avec son caractère particulièrement curieux et son esprit de déduction, Urahara avait vite percé sa ligne de défense.
Ce matin-là, Ichigo traversait la Douzième Division, qu’il quittait à peine ces derniers temps. Sa démarche souple et silencieuse, son charisme grandissant, attiraient l’attention des hommes de sa division — et d’ailleurs. En le voyant approcher, Kisuke, face à son fukutaichô, sentit un frisson le parcourir. Sans aucun doute, le plus beau parti de toute la Soul Society. Mais le jeune homme avait menacé de mort quiconque voudrait l’approcher aux pleines lunes et… vu ses antécédents, tous le laissaient tranquille. Pourtant, nombreux étaient ceux qui auraient bien tenté leur chance.
Ichigo n’avait plus la capacité de se transformer en loup, tout comme Shunsui. Toutefois, les deux hommes se rencontraient souvent, et cela faisait désormais jaser le Seireitei. Que ferait la Chambre des Quarante-Six si les deux hommes se mettaient en couple ? Pour Kisuke, cela paraissait improbable, puisqu’ils étaient dominants tous les deux… quoique… L’image d’Aizen Sôsuke flotta devant ses yeux. De toute façon, il y avait toujours des exceptions aux règles établies.
Puis ses pensées dérivèrent vers Ukitake Jyuushirô. Il souffrait de la situation ; c’en était plus que visible. Il ne comprenait pas l’indifférence soudaine de Shunsui. Et, surtout, son intérêt pour Kurosaki. Il voyait la flamme de la jalousie dans ses yeux. Kisuke eut soudain peur que la situation dégénère. Et si les loups à qui l’on avait enlevé la marque gardaient, au fond d’eux, leurs véritables sentiments ?
Et s’il était possible, malgré tout, que ces loups, même sans marque, tombent réellement amoureux de leur ancien dominant ? Kisuke plissa les yeux et songea au comportement d’Aizen. Un frisson d’angoisse le traversa. L’intérêt d’Aizen pour Kurosaki ne lui avait pas échappé. Son regard se porta sur Ichigo, qui le rejoignait.
— Taichô… les préparatifs sont terminés !
— Hai ! Il y a assez d’échantillons, Ichigo-kun ?
— Ce que vous m’aviez demandé, Taichô…
— Bien, bien, fit Kisuke, rêveur.
Urahara observa discrètement son fukutaichô. Il valait mieux, pour le moment, qu’il ne voie pas trop Aizen. Il pourrait… Kisuke chassa ses pensées parasites et se consacra à ses expériences. Mais il observerait de plus près Ukitake et Aizen…
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Sans se presser, Ichigo traversa le Gotei 13 quand la voix d’Ichimaru le figea sur place. Il tourna la tête et croisa le regard de l’albinos, en compagnie de son ancien capitaine… Aizen Sôsuke. Son cœur cogna fiévreusement contre sa poitrine. Il ne s’était pas préparé psychologiquement à une telle rencontre.
— Comptez-vous encore nous fuir, Kurosaki fukutaichô ?
— Fuir ? reprit lentement le jeune homme.
Il resta figé un instant, puis s’avança vers les deux capitaines. Il n’essaya même pas d’interpréter les expressions de leurs visages. Son cœur battait si fort… Il espérait que son trouble ne se lirait pas sur ses traits.
— Vous semblez effectivement éviter tout contact… avec les…
La voix d’Aizen s’éteignit. Ichigo avait plongé son regard brûlant dans celui de Sôsuke. Lentement, la teinte de ses prunelles se modifia pour prendre une magnifique couleur mordorée. Aizen en fut fasciné ; son sang se mit à circuler plus vite.
Pourquoi recherchait-il la compagnie de ce fukutaichô ? Pourquoi le troublait-il autant ? Ichigo, hypnotisé, se retrouvait face à l’objet de tous ses tourments, presque seul. Une chance qu’Ichimaru soit là, d’ailleurs ; sinon, il aurait sauté sur son ex-mari, en se moquant éperdument du règlement.
D’un regard soudain douloureux, Ichigo ferma les paupières, brisant la magie du moment. Il serra les poings, cherchant la force de se détacher de celui qu’il aimait désespérément, depuis des mois, sans rien dire. Après un bref regard à Ichimaru, qui semblait vidé par la scène à laquelle il assistait, Ichigo gronda et se détourna.
- Je pensais que votre loup avait été m… déclara Gin.
- Vraiment ? coupa Ichigo, sans se retourner.
Sôsuke fit un pas en avant, ne comprenant pas très bien ce qu’il désirait. Quelque chose venait de lui manquer, brutalement, et… Kurosaki Ichigo semblait être l’objet de cette absence soudaine. Il fronça les sourcils lorsque la silhouette du fukutaichô disparut.
Gin observa du coin de l’œil son ancien capitaine, anxieux.
— Quelque chose ne va pas… Aizen Taichô ?
— Non… non, tout va très bien…
Il ne savait pas pourquoi, mais Sôsuke ne voulait pas que quiconque ait connaissance de son trouble. Sans un mot, il quitta Gin et retourna à sa division, où Hinamori l’attendait avec un regard énamouré. Mais il refusait de la voir, à présent. Le regard qu’il avait échangé avec Kurosaki le bouleversait au plus profond de son être… comme un lointain écho.
Il avait besoin de réfléchir. Pourquoi n’avait-il que de vagues souvenirs de ce jeune homme ? En réalité, non : Ichigo était apparu brutalement dans sa vie… Tous semblaient le connaître, sauf lui. Et, dès qu’il l’avait aperçu dans le couloir de la Première Division, il en avait été attiré. Il se souvint du sentiment de jalousie lorsqu’il avait échangé quelques mots avec son capitaine. Il aurait pu tuer Urahara pour cela. Aizen n’avait pas compris, mais il aurait voulu que ce fukutaichô le regarde, lui !
Le capitaine de la Cinquième Division se plaça devant sa fenêtre. Le regard lointain, il suivit des yeux les moutons blancs dans le ciel. Quel étrange comportement… L’autre qui adoptait une attitude similaire était Kyouraku… Kyouraku le bannissait. Peu de shinigami avaient supporté le traitement qu’avait subi le capitaine de la Huitième Division.
Aizen eut un pincement au cœur en songeant que Kyouraku entretenait une relation privilégiée avec Ukitake, et semblait prêt à retomber dans une relation dangereuse… avec Kurosaki… Aizen fronça les sourcils : des morceaux de puzzle se mettaient en place dans sa tête.
Au même moment, la porte de son bureau s’ouvrit, et la voix timide d’Hinamori l’interpella.
— Aizen Taichô… J’ai terminé ce que vous m’aviez demandé. Je vous rends les budgets de la division…
— Hinamori…
Le ton légèrement rêveur de son capitaine laissa la jeune femme perplexe, mais heureuse qu’il ne l’ignore plus.
— Hai ?
— Avec quel loup Kurosaki fukutaichô était-il marié ?
Un silence pesant s’abattit dans la pièce. Sôsuke se tourna et croisa le regard terrifié de sa fukutaichô.
— Il s’agissait de moi… n’est-ce pas ?
La petite brune devint écarlate ; elle se mit à bafouiller lamentablement. Sôsuke sentit son cœur se serrer. Il remonta ses lunettes et eut un petit rire.
— Oubliez ce qui vient de se passer…
Sôsuke sortit son zanpakutô et l’utilisa contre Hinamori, qui quitta le bureau en ayant oublié la conversation. Aizen fouilla dans sa mémoire, mais seul son corps lui parlait. Il décida de rentrer dans ses appartements. Il donna le change à ses hommes, pour ne pas éveiller l’attention.
À peine arrivé, il fouilla dans ses affaires. Des piles de petits carnets étaient empilées, et les dates soigneusement inscrites sur chaque couverture. Ses doigts s’emparèrent de celui qui datait de l’époque où sa mémoire le fuyait. Il trouverait une preuve… S’il ne pouvait se souvenir, il provoquerait sa mémoire en la forçant à lire ce qu’il n’arrivait pas à obtenir.
Il ouvrit les pages et lut rapidement les premières lignes, puis sauta plusieurs passages jusqu’à tomber sur le nom d’Ichigo Kurosaki et tout ce qu’il avait noté sur le jeune homme.
Sôsuke lut, incrédule, qu’il avait été le dominé dans leur couple. Quoique… il s’en était douté, mais… refusait de l’admettre. Ses doigts caressaient les pages, à présent. Il y avait tant de tendresse dans sa manière d’écrire sur le jeune homme. Pourtant… l’Ichigo décrit là, et celui qu’il rencontrait, ne semblaient plus avoir grand-chose en commun. Quoique le fukutaichô semblait le fuir ; il comprenait mieux pourquoi, désormais. Un sourire amer plissa le coin de sa bouche.
En réalité, le jeune homme le fuyait lui ! C’était la seule chose qu’il ait trouvée pour pouvoir vivre sans devenir fou. Il devait lui parler… D’après ses notes, il avait une promesse à tenir. Il referma le carnet et le rangea soigneusement parmi ses affaires personnelles.
Son corps tremblait, son âme vibrait. Il avait trouvé la clef… celle qui le libérait enfin de cette solitude, de ce manque qu’il n’arrivait pas à définir depuis tout ce temps…
Il se sentait curieusement excité et, avec un vague à l’âme, il se coucha en songeant aux tourments dont souffrait le jeune homme. Il trouverait une solution, mais personne ne devait savoir qu’il avait deviné ! Le regard d’Aizen prit une légère teinte mordorée en songeant à son dominant… Enfin, il le forcerait à le marquer à nouveau, d’une façon ou d’une autre ! Il voulait revivre ce qu’il avait noté dans les pages de son carnet.
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Ichigo se demanda si c’était son imagination ou s’il croisait de plus en plus souvent le capitaine de la Cinquième Division. Son cœur ne tiendrait plus très longtemps à ce rythme-là. Peu à peu, il se mit à observer Aizen.
Il se montrait très discret, mais s’arrangeait pour que son regard croise le sien. Qu’est-ce que cela signifiait ? Ichigo était à la fois curieux et mal à l’aise. Il finit par ne plus dormir. Se pouvait-il que Sôsuke ait retrouvé la mémoire ? Son cœur se mit à battre furieusement… Pour en avoir le cœur net, il allait changer de stratégie, tout en restant prudent.
Il accompagna son capitaine à sa réunion. Urahara fut à peine surpris : il avait remarqué les regards que les deux hommes échangeaient furtivement. Il se retint de sourire, de peur d’attirer l’attention. Il était hors de question que son fukutaichô devienne fou à nouveau.
Arrivé à destination, Ichigo s’assit sur la balustrade de bois, observant l’horizon. Il jeta un bref coup d’œil aux capitaines qui passaient devant lui. Il adressa un immense sourire à Shunsui, qui le salua chaleureusement.
— Quelle surprise de te trouver ici, Ichigo-kun !
— J’ai besoin de vérifier quelque chose, et j’aimerais te parler aussi… si c’est possible…
L’air sérieux du jeune homme fit hausser un sourcil à Kyouraku, qui hocha la tête.
— Ça m’a l’air sérieux…
— Suffisamment pour vouloir te rencontrer… seul !
Ichigo croisa le regard noir et furieux d’Ukitake. L’attitude raide, clairement menaçante, du capitaine de la Treizième Division était un avertissement.
Ichigo ne l’avait jamais vu aussi bouleversé. Une idée lui vint. Il se leva, attrapa les bords du shihakushô de Shunsui et souffla à son oreille, dans un geste tendre et sans équivoque. Cela attira l’attention de tous les spectateurs présents — même Aizen, qui venait juste d’arriver. Il s’immobilisa en voyant la scène.
— Fais-moi confiance, Shunsui, et ne sois pas surpris : fais comme je te dis, et laisse-toi faire… D’ici quelque temps, je pense que tu seras très surpris…
Pour toute réponse, Shunsui tourna vers lui un visage souriant.
— J’ai l’impression que tu me demandes d’utiliser mes dons d’acteur, là…
— C’est exactement ça, Shunsui…
Le ton sensuel sur lequel le jeune homme répondit n’échappa pas à Ukitake et à quelques personnes proches. Urahara faillit se frapper le front en comprenant où Ichigo voulait en venir. Ainsi, lui aussi l’avait remarqué… C’était plutôt normal, puisqu’il était l’un des principaux protagonistes de cette sinistre farce. Et, à sa stupéfaction, il vit le capitaine de la Huitième Division enlacer son fukutaichô, dans un geste affectueux, et lui répondre au creux de l’oreille.
Aussitôt, Urahara se tourna vers Ukitake pour voir sa réaction et, à sa consternation, le capitaine de la Treizième Division était devenu blême. La colère déformait ses traits. Les yeux verts glissèrent vers Aizen, qui affichait un calme et une indifférence spectaculaires. Il ne lui connaissait pas un calme pareil. Quoique… Aizen Sôsuke demeurait un mystère.
L’attention d’Urahara fut attirée par un mouvement d’Ukitake, mais il fut stoppé dans son élan par une remarque de Sasakibe, visiblement exaspéré.
— Messieurs, le Sôtaichô vous attend !
Dans un même mouvement, l’ensemble des capitaines se dirigea vers la salle de réunion. Ichigo tourna la tête et croisa les yeux couleur chocolat, incapable d’y lire quoi que ce soit.
Une envie irrépressible, un besoin de le toucher, le traversa ; il se détourna et entoura son corps de ses bras dans un geste de défense. Comment Shunsui faisait-il pour rester dans la même pièce que Jyuushirô ? Il fallait qu’il lui donne son truc.
— Fils… murmura la voix d’Isshin. Je ne sais pas à quoi tu joues, mais cela peut encore s’avérer dangereux pour toi…
— Fais-moi confiance, papa…
Ichigo rencontra le regard inquiet de son père et lui adressa un léger sourire. La tristesse des yeux ambrés toucha Isshin en plein cœur et, presque malgré lui, il entra dans la salle de réunion, qui n’attendait plus que lui.
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C’était dingue l’effet apaisant que pouvait avoir un cours d’eau, si petit fût-il… Écouter le doux bruissement du liquide, qui s’échouait parfois contre une pierre ou sur la berge, permettait de s’échapper de n’importe quelle pensée sinistre. Du moins, c’était l’avis du roux, penché en avant, pour observer les petits poissons qui luttaient contre le courant afin de remonter le lit du ruisseau, devant eux.
Ichigo ne se rendait plus vraiment compte du temps ni de son environnement. Il attendait patiemment que son ami le rejoigne. L’air chaud s’enroulait autour de lui à chaque bourrasque qui gonflait la brise. Ses paupières se fermèrent et il offrit son visage à l’astre solaire. Le visage de Shunsui traversa brièvement sa réflexion. Il espérait qu’il accepterait de le croire. Un sourire éclaira ses traits lorsqu’il perçut le reiatsu de Kyouraku, qui s’approchait à grande vitesse.
Le craquement des brindilles sèches sous les pieds de Shunsui avertit Ichigo de sa proximité. Celui-ci ne tourna que la tête vers le capitaine de la Huitième Division. Kyouraku arborait son air paisible, légèrement amusé.
— Je croirais presque à un rendez-vous, Kurosaki-kun…
— Et si c’était réellement ça ?
Ichigo n’ironisait même pas. Se tournant d’un bloc, il marcha vers le capitaine, qui remonta son chapeau de paille, surpris.
— Que veux-tu dire ?
— Ne te rends-tu pas compte que nous sommes épiés ?
Kyouraku se gratta le menton du bout des doigts et prit une moue pensive.
— J’ai cru que c’était mon imagination… j’attends ça depuis tellement longtemps !
— Ce n’est pas un rêve. Ukitake Taichô a l’air de beaucoup m’en vouloir, ces derniers temps.
— J’imagine mal Jyû-chan en vouloir à qui que ce soit…
— Pourtant…
Shunsui plongea son regard dans celui d’Ichigo, qui se tenait désormais devant lui.
— Écoute… je te propose d’en avoir le cœur net, une bonne fois pour toutes !
Le capitaine de la Huitième Division fronça les sourcils. Ichigo ne voulut pas le bousculer davantage et attendit avant de reprendre.
— Si tu dis vrai…
— Si tu dis vrai, tu pourras étreindre Jyuushirô tout ton saoul…
— Mais si cela s’apprenait…
— À vous d’être discrets !
— Et toi ?
Ichigo réfléchit, et une nervosité soudaine le saisit en songeant au regard si chaud de son amant.
— Je… je ne suis pas sûr de ma relation avec Sôsuke. Tu comprends… Nous avons été séparés très vite, et nous avons eu si peu de temps pour reprendre une relation normale… Enfin, je veux dire que je l’ai fui…
En repensant à toute la souffrance accumulée, Ichigo frissonna. Il ne souhaitait à personne ce qu’ils traversaient, lui et Shunsui. Une main se posa sur son épaule ; le roux tourna la tête vers l’homme si chaleureux qu’était Shunsui.
— Nous en aurons le cœur net tous les deux… et nous ferons en sorte que tu puisses étreindre tout ton saoul… Aizen Sôsuke…
— Et s’il ne m’acceptait plus en tant que dominant ?
Ichigo se sentit brusquement anxieux. Shunsui éclata de rire, l’entoura chaleureusement de ses bras et lui ébouriffa les cheveux.
— Je serais très surpris qu’il ne succombe pas à ton charme une seconde fois…
— Ouais… ch’suis curieux d’voir ça…
Le regard d’Ichigo devint vague, et Shunsui suggéra :
— Donc, nous allons entreprendre une petite comédie, toi et moi… Mais tu sais, notre couple… risque d’être très mal vu…
— On s’en fiche, puisque nous ne nous marierons pas. Que pourraient-ils faire contre nous, Shunsui ? Nous ne pouvons plus nous transformer, de toute façon…
Le capitaine de la Huitième Division lâcha Ichigo, et les deux hommes se regardèrent intensément. Kyouraku leva une main et caressa doucement la joue du fukutaichô, qui le scrutait, anxieux.
— Nous allons devoir être très prudents…
— Cela ne durera pas très longtemps… normalement…
Kyouraku hésita, puis déclara très sérieusement :
— Ichigo-kun… si jamais nous ne pouvions pas retrouver notre partenaire… comptes-tu rester… célibataire ?
— J’ai l’impression que, quel que soit mon partenaire, j’aurai toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Un fin sourire se forma sur les lèvres de Shunsui… qui reprit :
— Je voudrais… si…
— Nous en reparlerons le moment venu… Concentrons-nous, pour l’instant, sur la personne à laquelle nous sommes attachés…
Shunsui se gratta la tête et soupira, plus ou moins discrètement. Le regard perdu dans le vague, sans même y penser, il sortit sa petite flasque.
— Je ne pourrai plus vivre seul très longtemps… Si tout échouait… je ne pourrai plus…
— Alors faisons en sorte que notre plan n’échoue pas, Taichô…
Les deux hommes discutèrent encore un peu pour mettre en place leur stratégie, puis se quittèrent afin de regagner leurs divisions respectives.
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Comme convenu, Ichigo s’échappa de sa division et retrouva Shunsui dans un troquet où tout ce que la Soul Society comptait d’alcooliques se réunissait… Rangiku en tête ! Ce qui arrangeait les affaires des deux hommes. D’ailleurs, elle ne tarda pas à les rejoindre.
— Eh bien… on dirait presque un rendez-vous amoureux… remarqua la rousse, moqueuse.
Shunsui rit doucement, et Ichigo haussa les épaules.
— Vous ne vous cachez même plus… Votre ancienne expérience ne vous a pas suffi ?
Ichigo se tourna vers la fukutaichô et répliqua, mi-figue mi-raisin :
— Tu ne crois tout de même pas que nous allons rester célibataires ?
— Mais vous risquez…
— Rien du tout. Nous ne nous mordrons pas : que pourront-ils faire contre nous ? Nous n’allons pas vivre comme des parias parce qu’ILS l’ont décidé à notre place !
Le fukutaichô s’était redressé, le poing serré, prêt à en découdre. Shunsui posa une main sur son avant-bras.
— Du calme… Ichigo…
Le capitaine de la Huitième Division se mordit la langue pour ne pas prononcer le kun à la fin.
— Voulez-vous vous joindre à nous ? interrogea la rousse, intriguée.
— Avec plaisir ! s’exclama Shunsui joyeusement, en se levant et en entrelaçant sa main avec celle d’Ichigo.
Bientôt, le couple fut intégré au groupe formé par Ikkaku, Yumichika, Kenpachi, Yachiru, Unohana, Tôshirô — à la surprise d’Ichigo —, Shûhei, Izuru, Renji, Hinamori, et quelques shinigami qu’il ne connaissait pas, parce qu’ils ne faisaient pas partie de sa division. Le jeune homme sentait le regard qu’Unohana posait alternativement sur lui et Shunsui, mais aucun des deux ne réagit. Ichigo était tout simplement heureux, depuis bien longtemps…
Ichigo ne vit pas les regards que lui lançait le capitaine de la Huitième Division, mais cela n’échappa pas aux autres spectateurs. Un sentiment d’angoisse étreignit l’assistance. Si jamais Kyouraku et Kurosaki se mettaient ensemble…
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Les jours passaient et, désormais, c’était un fait établi pour tous : Kyouraku Shunsui et Kurosaki Ichigo formaient un couple. En revanche, chacun se demandait qui était le dominant. Avec Kurosaki, personne n’était sûr de rien.
Ukitake était furieusement en colère. Sa maladie l’avait cloué au lit et il n’avait pas pu s’en rendre compte par lui-même. Cependant, les rapports de ses deux fukutaichô ne le rassuraient pas. Il voulait en avoir le cœur net ! Il irait trouver Kurosaki et lui demander des explications ; ensuite, il retrouverait Shunsui… et lui ferait une déclaration en bonne et due forme.
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Ce matin-là, Ichigo pesta contre la bruine. Il avait passé quelques jours en vacances chez ses parents, et Isshin l’avait retenu dans sa demeure. Sa relation avec Kyouraku remuait beaucoup de choses au sein du Gotei 13, et surtout auprès des Quarante-Six. Car, cette fois-ci, ces derniers n’avaient plus la marque pour briser leur union.
Bref, tout à ses pensées, Ichigo faisait abstraction de ce qui l’entourait. Il était surtout occupé à faire attention où il mettait les pieds, dans la purée de pois qui l’enveloppait. Il ne vit pas une ombre furtive se glisser derrière lui. Lorsqu’il se sentit soulevé comme un vulgaire fétu de paille, il protesta et tenta de se libérer violemment. Mais il fut assommé avant même d’y parvenir. Le jeune homme sombra dans les limbes de l’inconscience.
Quand il se réveilla, bien plus tard, ce fut en gémissant de douleur. Celui qui l’avait assommé n’y était pas allé de main morte.
— Tu te réveilles enfin… Ichigo-kun…
Cette voix ? Levant vivement la tête — au point d’en avoir le tournis — Ichigo croisa un regard sombre. Il voulut bouger, et se rendit compte qu’il était solidement attaché à des anneaux.
— Je ne te permettrai jamais de t’unir à Kyouraku Shunsui…
— Mais…
Ichigo ne put jamais terminer sa phrase…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)