Dimanche 15 février 2009
Grimmjow quitta son travail rapidement, infiniment soulagé. À sa surprise, il n’avait rien perdu de son savoir-faire et le chef, qui avait perdu son second brutalement, était ravi du travail du bleuté. Il savait parfaitement à qui il avait affaire et comprenait très bien comment l’homme qui était devant lui s’était retrouvé acculé à rechercher un emploi. Pour lui… cette histoire était bouclée, et il apprécia le dur labeur que Grimmjow fournissait sans se plaindre ou rechigner d’une quelconque façon. Il voyait son air préoccupé et fut surpris de le voir devant lui avant qu’il ne quitte l’établissement.
— Quelque chose à me dire, Jaggerjack-san ?
— Kenpachi… j’ai… vous allez peut-être devoir chercher un nouveau second…
— Pourquoi ?
— Kenpachi avait plissé les yeux et commençait à avoir un regard mauvais ; la brigade blêmit et tous se dirigèrent vers le fond de la cuisine.
— C’est assez délicat… pourrais-je vous en parler en privé ?
— Venez avec moi !
Kenpachi observa quelques secondes le bleuté, qui le regardait droit dans les yeux sans faiblir ; il finit par l’entraîner dans son bureau.
— Asseyez-vous et expliquez-moi pourquoi vous voulez quitter mon établissement !
Grimmjow bouillait intérieurement mais devait se calmer pour s’exprimer sans pour autant trahir la colère qui l’animait depuis le matin et le départ d’Ichigo pour les studios.
— Parce que je vais faire la une des journaux à scandale et qu’il risque d’y avoir des journalistes ici…
— Pour quelle raison ?
Grimmjow se racla un peu la gorge et se sentit mal à l’aise.
— Voilà… euh… je vis en couple avec un… homme !
— Et alors ? Pas de quoi en faire un drame ! dit, bourru, Kenpachi, qui se demandait si le bleuté se foutait de lui… D’autres hommes sont gays et ne font pas la une des journaux…
— Mon compagnon est connu… Il s’agit de Ka-Ten, du groupe des Dix mois Alice…
Kenpachi le scruta et essaya de fouiller dans sa mémoire si cela évoquait quelque chose pour lui. Mais un grand trou noir régnait dans son cerveau à l’évocation de ce nom… Il se pencha en arrière et se gratta la tête quand, soudainement, un flash traversa son esprit en songeant à Yachiru.
- Attendez… c’est pas le sommelier Ichigo Kurosaki qui est passé récemment à la télé ? J’m’en souviens car ma fille est fan du groupe et j’ai assisté à sa démonstration magistrale de clouage de bec à l’autre enfoiré de Kurotsuchi… J’ai bien rigolé, d’ailleurs, c’est pour ça que je m’en souviens ! Il était pas votre employé également ?
- Euh… oui…
- Putain ! Si jamais il cherche du boulot, dites-lui qu’il vienne me voir ! hurla Kenpachi… Je le veux dans mon restaurant comme sommelier !
- Pardon ? fit Grimmjow, surpris.
- J’essaye d’engager un sommelier digne de ce nom depuis des années et je ne trouve que des incompétents qui se disent les meilleurs. J’veux pas travailler avec l’autre taré de Kurotsuchi car il va foutre ma cuisine en l’air, et ses airs supérieurs me dégoûtent ! J’chuis même pas sûr qu’il sache ce qu’il fait, d’ailleurs…
Grimmjow regarda le chef, surpris, et ne savait pas trop quoi lui répondre.
- Euh… je ne sais pas… déclara le bleuté.
- Alors mon second est le compagnon d’un des meilleurs sommeliers du Japon… Si je m’attendais ! Tant mieux !
- Vous ne craignez pas pour votre établissement ? Regardez ce qui est advenu du mien…
- Foutaise ! Votre établissement venait de s’ouvrir. Le mien, ça fait des années qu’il est ouvert… tiens, m’en rappelle même plus la date d’ouverture !
- Mais…
- Écoutez, Grimmjow, je vous aime bien. Vous êtes compétent et vous êtes vraiment bon en cuisine, et il est hors de question que je me sépare de vous. J’ai besoin de quelqu’un comme vous à mes côtés. Cet établissement est l’un des plus étoilés et a une réputation à tenir. Certes, les journalistes vont venir me voir… mais ça, je m’en charge ! Vous pouvez me croire, je vais les accueillir à bras ouverts !
Un ricanement vint conclure ses paroles.
- Vous venez demain pour le service de midi ! Pour ce qui est du scandale… tout ça va se tasser… c’est comme tout ! Par contre, j’aimerais rencontrer Kurosaki-san dans mon établissement.
Grimmjow le regarda, suspicieux.
- Je veux juste lui proposer un travail comme sommelier ! répondit Kenpachi en voyant le regard intense du bleuté.
Kenpachi se craqua les doigts de jubilation.
- Euh… je lui dirai… Grimmjow n’était pas sûr d’avoir bien compris et regardait, perplexe, Kenpachi.
- Je vais briefer aussi les membres du personnel…
Grimmjow était mal à l’aise et se demanda si c’était une bonne idée.
- Dites-vous bien qu’en vous mettant en couple avec une célébrité, vous devez en subir les conséquences. Votre vie n’est plus privée, mais concerne le plus grand nombre. D’autant que cette affaire va toucher mon nom et mon établissement. Je pourrais vous laisser partir mais, quand on a affaire à une personne compétente et en qui on sent que l’on peut avoir confiance, on ne la lâche pas ! Et puis… j’ai ma fille ! Si Yachiru apprend que j’ai viré le petit copain de l’homme qu’elle fait passer pour un dieu, elle va me scalper et me faire vivre un enfer !
Kenpachi en frissonna d’avance et Grimmjow se demanda à quoi pouvait bien ressembler la fille du chef ! Il ne se considérait pas petit, loin de là ; pourtant, l’homme qui se relevait de sa chaise en face de lui était une montagne. Dans sa tête, il essaya de donner une version féminine du chef, et le résultat fut si horrible qu’il en grimaça.
- Vous me comprenez… vous avez aussi une fille, j’ai vu !
- Euh, oui ! Et ma fille avait les posters de Ka-Ten… ça lui servait de tapisserie !
- Vous aussi ! Elle me bassine déjà pour que je lui achète le prochain album et veut réserver des places de concerts ! J’ai eu l’air cloche quand j’ai voulu en réserver alors qu’ils n’ont encore pas décidé où ils vont se produire ! Enfin, comme je vous tiens, vous me tiendrez informé pour m’éviter les prochains scandales !
- Euh… oui ! Je demanderai à Ichigo pour les concerts !
- Bien… bien !
Kenpachi eut un sourire sadique sur le coin du visage.
- Très bien ! Souvenez-vous de ce que je vous ai dit ! Bon, je vais réfléchir pour cette histoire de médias… mais vous, vous rappliquez vos fesses pour bosser !
- Oui… chef !
- Kurosaki Ichigo… si je m’attendais…
Le chef était parti en marmonnant pour lui-même et Grimmjow avait quitté la cuisine sous le regard inquisiteur des membres de la brigade. Il ne savait pas pourquoi mais le second savait qu’aucun d’entre eux ne dirait quoi que ce soit !
°OoO°
Grimmjow n’eut pas besoin de sonner : la porte de la maison s’ouvrit et Renji le salua gravement. « Quelle famille ! » songea le bleuté. Il avait déjà trouvé, quand ils travaillaient pour lui, qu’ils formaient un bloc soudé, et avait trouvé cela déroutant, n’étant pas habitué à de tels sentiments… Et il songea que cela lui faisait chaud au cœur d’être compris maintenant comme un membre de cette famille, qui ne se posait vraiment aucune question.
- Ça va, Grimmjow ? demanda Renji, soucieux.
- Oui… Mes enfants ?
- Anku est en train de discuter avec Yumi et Kumiko dans la chambre de je ne sais plus laquelle, et Rei est avec Hisana et Rukia.
- Ils vont comment ?
- Pas très bien… enfin, surtout Rei ! Mais c’est normal aussi… c’est le plus jeune !
- Ichigo ?
- Pas encore arrivé !
- Oh…
Grimmjow suivit Renji, soucieux, pour se retrouver dans la cuisine où Byakuya préparait le repas du soir. Tous saluèrent chaleureusement le bleuté, et Hisana, qui s’affairait de son côté, vint vers lui au bout de quelques minutes avec un thé chaud. Grimmjow la remercia, touché par l’attention. Tous s’installèrent autour de la table. Rei prit une chaise et s’installa à côté de son père.
- Papa, tu as eu Ichigo au téléphone ?
- Non, pas encore…
- C’est long ! fit, en grognant, l’adolescent.
Grimmjow lui ébouriffa les cheveux et le rassura comme il pouvait quand ils entendirent la porte d’entrée s’ouvrir. Ichigo passa le pas de la porte rapidement et salua la foule à la ronde. Ils entendirent des pas précipités dans l’escalier et Anku, Yumi et Kumiko posèrent toutes des questions en même temps.
Ichigo ne savait plus à qui ou à quoi répondre et Hisana prit les choses en main.
- Bouclez-la, les filles, et venez vous asseoir !
Tous se calmèrent et chacun s’assit sagement autour de la table, qui se trouvait être maintenant trop petite.
- Ichigo, tu vas bien ? demanda sa sœur.
Ichigo eut un pauvre sourire et s’assit à côté de Grimmjow, puis se laissa légèrement glisser sur la chaise. Hisana servit une tasse de thé à Ichigo et lui dit :
- Prends ton temps, Ichi… décompresse d’abord !
Le roux rit légèrement et rétorqua :
- Vous attendez tous avec impatience que je m’exprime… Pour l’instant, je vous dis en vrac et je vous donnerai plus d’explications plus tard. Je suis crevé ! Bon… je vais devoir passer sur Canal 21 dans l’émission de Mashiro, lundi soir, pour faire une interview afin de répondre à toutes les critiques avant que tout s’envenime et que la rumeur ne déforme complètement la situation !
Il se tourna vers Grimmjow et ce dernier lui demanda :
- Je dois t’accompagner ?
- Non, il ne vaut mieux pas ! Mashiro est spéciale… enfin, comme tout journaliste qui se respecte avec leurs questions tordues et leurs sous-entendus. Nous pensons que cela ne ferait que compliquer les choses ! J’ai l’habitude du terrain médiatique, donc je me chargerai de ça. De plus, je voulais te prévenir : lundi après-midi, mon avocat va accompagner le tien pour la conciliation.
- Pourquoi ?
Grimmjow était surpris par une telle déclaration. Rukia, curieuse, ne put s’empêcher de demander en même temps que son beau-frère :
- Et qui ?
- Yamamoto Genryūsai !
- Tu parles bien de l’avocat des stars ? demanda Renji, surpris.
- Oui…
- Pourquoi ? demanda encore Grimmjow, qui ne comprenait pas.
- Parce que j’ai entrepris une action contre Harribel, et comme cela implique ma vie privée, professionnelle, et comme cela vous implique aussi, Yamamoto veut t’apporter son soutien dans ton affaire comme dans la mienne.
- Tu n’y vas pas de main morte, Ichi ! fit Renji.
- Tu n’as encore rien vu… marmonna le roux, en colère.
- Tu n’as pas encore décoléré depuis tout à l’heure ? demanda Hisana.
- Bien sûr que non ! Cela touche également Gin et la maison de disques de plein fouet, ainsi que les Dix mois Alice ! Et puis… vous aussi, vous aurez des problèmes, je n’en doute pas !
- Je les attends de pied ferme !
Hisana s’était levée, le doigt posé d’autorité sur la table et l’œil enflammé. Byakuya la fit rasseoir sur sa chaise et dit calmement :
- Toi… tu vas t’occuper des enfants et surtout de leur bien-être… C’est moi qui me chargerai personnellement de leur expliquer notre façon de penser ! Je veux que le message soit clair !
- Je m’inquiète pour Rukia ! fit Ichigo en regardant sa sœur et son ventre.
- Ça, je m’en charge, et si quelqu’un s’approche trop près… moi aussi, je vais lui expliquer ma façon de penser ! fit Renji en craquant ses doigts.
- Vous n’avez pas peur ? fit Anku, soudain bouleversée par tout ce qui se passait, et à cause de qui surtout.
Elle se tortillait les doigts, nerveusement. Grimmjow se leva et rassura sa fille.
- Tout va bien aller, Anku ! Je suis désolé, car il s’agit de ta mère et aussi de ma femme… mais comprends que nous n’avons pas d’autre solution si nous voulons avoir une vie tranquille. Tu sais… la célébrité n’a pas que des avantages, comme tu peux le voir ! Nos vies vont être exposées. Tu comprends pourquoi, maintenant, Ichigo fuyait les médias ?
- Je ne pensais vraiment pas que… qu’on pouvait dire tout et n’importe quoi de cette façon !
- Il faut que tu t’attendes à tout, Anku.
Grimmjow se tourna vers Rei également.
- Toi aussi, Rei ! Il faut que vous vous attendiez à voir débarquer des journalistes à votre école. Je ferai tout pour que vous soyez protégés, comme Ichigo…
- Et nous serons là aussi ! coupa Hisana. Les enfants, toute notre famille sera là pour vous soutenir ! Ton père et Ichigo n’ont rien fait de mal… mais certaines personnes vont dire le contraire, et vous risquez aussi bien, toi Anku et toi Rei, de subir les commentaires de vos camarades !
Rei se renfrogna et baissa le regard pour regarder ses chaussures. Anku s’était levée et étreignait son père. Kumiko lui posa une main sur l’épaule.
- Nous aussi, nous allons subir le même traitement ! Mais ensemble, nous nous en sortirons et on sera les plus forts ! C’est juste un mauvais moment à passer…
- Fight ! hurla Yumi.
Byakuya se posa une main sur le visage et se demanda pourquoi sa cadette était aussi excitée que sa mère ! Ichigo s’était levé et avait posé une main sur l’épaule de Rei, mais ce dernier le repoussa et sortit. Le roux fronça les sourcils et Hisana le rassura.
- Il a besoin de réfléchir, Ichigo. Il faut le laisser, c’est normal. Rei reviendra te voir de lui-même… laisse-lui le temps !
- Si tu le dis, Hisana…
- Tu crois que tu étais comment quand les parents sont décédés, Ichigo ? Tu étais encore pire que lui !
Ichigo ouvrit les yeux de surprise et sa sœur s’approcha de lui.
- Ichigo, nous avons tous besoin de temps pour comprendre certaines choses. N’oublie pas ce que sa mère a fait ! Il faut qu’il l’accepte et ce n’est pas facile. Même pour toi, Anku…
- Moi, ce qui me désole… c’est qu’Ichigo n’avait rien à voir, à la base ! Ma mère s’en est prise à lui comme elle aurait pu s’en prendre à quelqu’un d’autre. De toute façon, elle devenait de plus en plus chiante… Mais j’avoue que j’ai mal au cœur pour ce qu’elle nous a fait, à moi et à Rei.
- Tu m’en veux, Anku ?
- Pourquoi, Ichi ? Tu ne lui as rien fait… et elle te harcelait bien avant que toi ou papa ayez une relation quelconque. Faut pas croire… mais je l’ai vue aussi tourner les gens en bourrique dans d’autres restaurants, à papa. Tout ça parce qu’elle fait un complexe d’infériorité par rapport aux gens compétents !
- Tu l’as déjà vue faire ça ? demanda Grimmjow, surpris.
- Hum… une ou deux fois ! Je n’étais pas supposée être là… et puis, elle a tendance à se faire des films toute seule. Je dis ça… mais j’ai vraiment mal au cœur quand je vois où ça nous mène, tout cela.
Ichigo soupira et se sentait vidé. Il se dirigea vers la cuisine et commença à soulever les couvercles des casseroles, mais sa sœur veillait au grain et le repoussa avec une immense cuillère en bois travaillée de décoration !
- Vade retro, Satanas ! Sors de là… tu vas nous causer des catastrophes, encore. Ichigo dans une cuisine = danger au tournant. Va t’asseoir.
- Hisa…
- Ouste, j’ai dit !
Ichigo quitta la pièce en maugréant contre sa sœur, qui était sans cœur, car il n’avait rien mangé depuis le matin.
- Tu n’as rien mangé ? fit Grimmjow, surpris.
- Nan… Gin était tellement contrarié, et nous aussi, le groupe complet était là… on n’a pas pensé une minute à grignoter quelque chose !
- Attends deux secondes !
Byakuya se leva et se dirigea vers le réfrigérateur, puis composa rapidement une salade.
- N’empêche, Ichigo… fit Rukia. Tu as une sacrée chance d’être tombé sur un cuisinier : tu ne risques jamais de mourir de faim.
- Tu parles, je suis affamé ! bouda-t-il.
Tous se moquèrent de la mauvaise foi d’Ichigo… et bientôt la discussion reprit sur les derniers événements. Puis elle se tourna sur la grossesse de Rukia, l’école des enfants et le travail de Grimmjow. Ce dernier leur parla de son patron et du fait qu’il souhaitait absolument rencontrer Ichigo pour sa carte des vins et surtout pour l’embaucher. Le roux regarda, surpris, son amant.
- Tu es sûr ?
- Certain… Je lui ai expliqué pour le scandale et pour la médiatisation. La seule chose qu’il a retenue de tout ça, c’est que tu étais sommelier et l’un des meilleurs du Japon, selon lui. Il a été impressionné par ta démonstration face à Kurotsuchi, qu’il ne porte pas dans son cœur.
- Je t’avoue que je ne l’aime pas non plus… Il ne doit pas savoir que mon nom réel est Kurosaki, car, en fait, il était un concurrent de papa pour le concours du meilleur sommelier au Japon, et c’est papa qui l’avait emporté contre lui. Il me l’a fait payer cher, plus tard…
Ichigo fut songeur quelques minutes et haussa les épaules. Grimmjow eut un petit rire, soudain, et tous le regardèrent, étonnés.
- Sa fille est une fan de Ka-Ten, et il a dit que si sa fille apprenait que j’avais viré le « copain » de son dieu, elle l’enverrait rôtir en enfer. Apparemment, il en a peur… Il faut le voir pour le croire : il doit faire plus de deux mètres et il est bâti comme une armoire.
Tous éclatèrent de rire et Ichigo se tourna vers Anku, puis dit, songeur :
- « Dieu »… hein ?
Il soupira et repoussa ses couverts.
- Je voudrais rentrer…
- Mais j’ai fait à manger pour tout le monde, ce soir ! protesta son beau-frère.
- Je suis fatigué, Bya, je suis désolé… À moins…
Et Ichigo se tourna vers Grimmjow pour l’interroger du regard.
- Ton réfrigérateur est plus que rempli, j’aurai vite fait de faire quelque chose.
- Tu ne travailles pas, ce soir ? demanda Byakuya.
- Non. Cet après-midi, des techniciens passaient car ils ont eu des problèmes électriques en cuisine hier, et aujourd’hui on a galéré aussi à cause de ça. Donc, comme il y a plus de couverts le samedi soir, tout a été annulé car nous n’aurions pas pu préparer à temps… Par contre, demain midi, oui !
- Ça ira, Ichigo ? demanda Renji.
- Je préparerai tout avant de partir, et c’est Anku qui va se charger du reste !
- Tu as vraiment de la chance, Ichigo ! fit Rukia, moqueuse… Non seulement, tu as pris un cuisinier pour ne pas mourir de faim, mais en plus tu as pensé à le prendre avec une fille pour s’occuper de te faire chauffer tes plats lorsqu’il ne serait pas là ! Tu es un fin stratège !
- Boucle-la, Rukia ! Ichigo était en colère…
- Merci pour tout, à tous ! Nous allons partir avant que vous ne m’énerviez définitivement…
- Pas téméraire ! fit Renji.
- Tu veux que je te laisse Ichigo quand tu me l’auras bien énervé ?
Ichigo sortit en claquant la porte… Anku l’appela, et Grimmjow s’excusa, puis appela Rei, qui suivait en boudant.
- Vous savez, avec ce que traverse Ichigo en ce moment, je ne sais pas si c’est bien de le taquiner de la sorte ! Même Grimmjow…
remarqua Byakuya, et il retourna à ses fourneaux. Rukia et Renji se sentirent pris de remords, soudainement.
°OoO°
Ichigo ne desserra pas les dents du trajet, pas qu’il soit en colère, mais plus parce qu’il était épuisé par tous les événements qui s’étaient déroulés en si peu de temps. Lorsqu’il descendit de voiture et qu’il se dirigea vers la maison, il sentit la présence, à côté de lui, de Grimmjow, qui le scrutait du coin de l’œil. Ichigo ouvrit la porte d’entrée, et Rei partit dans sa chambre, tandis qu’Anku prit la direction du salon.
- J’vais regarder la télé !
- Comme tu veux, Anku…
Elle sortit son portable et appela une de ses copines… Grimmjow tira Ichigo derrière lui et le fit entrer dans la chambre.
- Ça va, Ichigo ?
- Oui… je suis juste fatigué !
Les deux hommes se regardèrent intensément, et le bleuté prit la main du roux et le tira à lui.
- Viens ici… murmura Grimmjow.
Il serra contre lui son amant et lui caressa les cheveux.
- Si quelque chose ne va pas… dis-le-moi. Ne le garde pas pour toi ! Je suis là, moi…
Ichigo observa le bleuté entre ses paupières mi-closes et finit par lui faire un petit sourire.
- Je t’avoue que mes émotions sont tellement contradictoires que je ne sais plus à laquelle me fier. De la colère et, en même temps, je suis triste pour tes enfants. Et puis, je t’avoue que c’est la première fois que je vais parler directement en tant que Ka-Ten. Je ne passerai pas par l’intermédiaire d’Hisagi et je suis mort de peur ! Je n’arrête pas d’y penser depuis tout à l’heure.
Grimmjow caressa doucement la joue d’Ichigo.
- Tu t’en sortiras… je n’en doute pas une seconde ! Tu veux que je vienne ?
- Non… Et puis, les autres membres du groupe seront là aussi. Donc, je serai rassuré d’avoir les autres autour. Mais… je veux un gros câlin lundi soir en rentrant !
Un sourire se forma sur les lèvres du roux.
- Promis…
Ichigo éclata de rire.
- Entre toi et ton divorce et moi avec les médias, je crois surtout qu’on va finir sous la couette, avec un filet de bave sur le coin de la bouche, étendus de tout notre long et ronflant à qui mieux mieux !
- Ce n’était pas cela que tu avais en tête ? fit innocemment le bleuté. Nous deux étalés comme deux crêpes et un filet de bave… hum… romantique comme vision…
Ichigo éclata de rire et, finalement, tira Grimmjow à lui et enroula ses bras autour de son cou.
- Avant que nous n’arrivions à cette « chaude » soirée de rêve, et qui, je crois, fait partie de mes fantasmes, j’crois que je me contenterai d’un baiser !
- Ça peut se faire… tout de suite ! fit Grimmjow d’une voix caressante, un léger sourire sur le bord des lèvres.
- J’y compte bien !
Grimmjow brossa ses lèvres sur celles d’Ichigo, qui captura sa lèvre inférieure entre ses dents et tira délicatement. Leurs yeux se rencontrèrent… Ichigo relâcha doucement la pression et ses yeux s’assombrirent.
- Ichi… ne me regarde pas comme ça… gémit Grimmjow.
- Pourquoi ? souffla Ichigo.
- Aucune idée… répondit-il.
Et le bleuté prit les lèvres d’Ichigo en oubliant tout ce qui n’était pas eux. Leurs lèvres se quittaient pour mieux se reprendre. Grimmjow glissa sa langue et taquina celle de son amant, qui le poussa sur le lit, lui grimpa dessus et plaça ses mains de part et d’autre du visage du bleuté. Ichigo joua avec les mèches bleues entre ses doigts tout en savourant les baisers que Grimmjow lui donnait, sa langue étant caressante, chaude et ne lui laissant que peu de répit. Ichigo apprécia les mains qui parcouraient son dos sensuellement, par-dessus sa chemise.
- Tu es sexy, Ichi…
Grimmjow eut un petit rire et observa son amant, qui le regardait avec passion, puis le tourna brutalement sur la couette et commença une lente exploration de son cou avec sa langue. Le cœur d’Ichigo accéléra et il ferma les yeux pour mieux apprécier les caresses sensuelles de son homme, qui descendait lentement en lui mordillant ça et là sa peau légèrement bronzée.
Grimmjow goûta à la peau légèrement salée d’Ichigo et en apprécia la texture et l’odeur. Ce type le rendait fou… il suffisait qu’il apparaisse dans une pièce pour qu’il veuille lui sauter dessus. Il espérait que cela ne se voie pas trop… mais son cœur s’accélérait immanquablement.
Depuis le jour où il l’avait vu, il était troublé par le sommelier. Même s’il était incapable de comprendre, à l’époque, de quoi il s’agissait exactement. Ichigo Kurosaki n’était vraiment pas bon pour sa raison, et de l’entendre gémir sous ses caresses ne l’aidait pas beaucoup à garder le peu qu’il en conservait.
Il ne put s’empêcher lui-même de gémir… le roux n’arrêtait pas d’onduler sous lui et, fatalement… leurs sexes s’étaient rencontrés. Il n’était pas venu pour lui sauter dessus : juste discuter, sans être dérangés par ses enfants… mais le fait qu’il l’allume avec ces yeux si chauds, il ne pouvait pas l’endurer.
Aucun des deux ne retourna dans la maison avant l’heure du repas. Lorsqu’ils déboulèrent dans la cuisine tous les deux, Grimmjow pour faire à manger et Ichigo pour le regarder, Anku vint se joindre à eux.
Elle observa les deux hommes sans rien dire… elle s’était sentie gênée lors de sa dernière intervention directe sur le sujet. Elle les trouva si… amoureux qu’une remarque de mauvais goût était franchement malvenue. Elle prit un jus dans le réfrigérateur et entreprit de discuter avec Ichigo et surtout de sa journée du mardi, où aurait lieu l’enregistrement d’Ichigo. Elle en était excitée d’avance et ne cessait de le cuisiner sur tout ce qui se passerait ce jour-là ! Bientôt, Rei vint se joindre à eux et se joignit timidement à la conversation, et l’ambiance du matin revint peu à peu.
Le dimanche se passa tranquillement. Rei était parti voir ses copains et Anku avait reçu l’autorisation de faire venir ses trois copines, qui faisaient partie du groupe ; les jeunes filles furent éblouies par la version Ka-Ten sans maquillage qui se trouvait être « adorable » et « trop chou ».
Ichigo remercia le ciel que Grimmjow ne soit pas là, sinon il lui aurait resservi ça au lit plus tard dans la soirée ! Mais il n’eut pas de chance : Anku lui fit un rapport détaillé et Ichigo eut droit à des « mon chou », « mignon », « trop adorable » au moment où Grimmjow le regardait prendre du plaisir dans ses bras. Ichigo allait prendre sa revanche, et il eut un sourire mesquin quand il s’endormit ce soir-là !
Aucun des deux hommes ne parla, ce jour-là, du lendemain. Ils se consacrèrent uniquement aux enfants et à eux. Ils auraient le temps de voir, le lendemain après-midi et le soir, de quoi leur avenir était fait ! Pourtant, ils dormirent plus enlacés que d’habitude ce soir-là et s’observèrent un long moment sans rien dire avant de s’endormir, chacun priant pour que le lendemain soit une bonne journée malgré tout !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)