La part du dragon :2

Cela faisait quatre jours qu’Ichigo avait appelé le Moonlight. Et Kyouraku ne l’avait toujours pas recontacté. Il se dit qu’Ukitake l’avait mené en bateau.

Il ne tenta pas l’expérience de rappeler l’autre club… Il repensait à la voix nasillarde qui lui avait répondu et il eut froid dans le dos. Il mit plus de cœur à l’ouvrage dans son travail actuel. Il comptait bien se faire remarquer et, qui sait… peut-être que… Enfin, l’espoir fait vivre, comme on dit !

Bref, il rangeait les rayons que quelques clients avaient retournés. Certaines chemises avaient été mal pliées. Après s’être assuré que tout était nickel dans le rayon, il vit un homme hésiter devant un portant. Il se dirigea vers lui et lui demanda :

— Un modèle vous fait hésiter ?

L’homme sursauta et finit par lui adresser un sourire reconnaissant. En fait, il devait aller à un mariage et il ne savait pas comment s’habiller.

Ichigo jeta un rapide coup d’œil à sa tenue et comprit pourquoi. Un cas désespéré dans le genre Ikkaku. L’orangé mit à l’aise son client en lui posant les bonnes questions et en le dirigeant vers le rayon approprié. Bientôt, l’homme se retrouva avec trois costumes et entra dans la cabine d’essayage. Ichigo attendit qu’il sorte pour lui donner son avis. Il essaya les trois et, finalement, l’homme, rougissant, avoua qu’il n’avait pas beaucoup d’argent. Ichigo sourit et le rassura.

Finalement, le petit bonhomme repartit avec un costume, une chemise, des chaussettes coordonnées ainsi que la cravate. Ce n’était pas le costume le plus cher, mais sa silhouette serait mise en valeur et il ne dépareillerait pas dans l’allée ! Il était vraiment soulagé en sortant du magasin. Finalement, ce n’était pas si terrible que cela…

Ichigo retourna dans les rayons et aida d’autres clients indécis. Tous n’achetèrent pas… mais quelques-uns repartirent avec des accessoires ou un vêtement.

— Y a pas à dire, Ichi… tu sais y faire ! déclara Ikkaku derrière lui.

— Oh… je ne fais rien de spécial, tu sais…

— Moi, j’ai pas les mêmes résultats. Y a que toi et Yumi qui arrivez à faire sortir les clients avec quelque chose. C’est quoi, votre truc ?

Ichigo haussa les épaules. Son portable sonna. Il le prit et dit à Ikkaku qu’il prenait sa pause.

— OK… T’as dix minutes, de toute façon !

— Merci !

Ichigo partit dans la réserve et s’excusa.

— Il n’y a aucun mal, Kurosaki-kun ! fit la voix reconnaissable de Shunsui Kyouraku.

— Kyouraku-san…

— Oh… vous me reconnaissez ? Vous avez bonne mémoire.

— Disons que je n’ai pas beaucoup de chance de me tromper. Votre voix est assez particulière, sans vous vexer !

Shunsui éclata de rire…

— Non, non, pas du tout ! Vous êtes toujours aussi direct. C’est très bien, ça. Donc, vous souhaitez travailler pour nous ?

— Oui… j’ai eu Ukitake-san au téléphone il y a quelques jours et je lui ai fait part de mon intention de vous rencontrer. Je ne sais pas encore si je travaillerai pour vous ! prévint Ichigo.

— OK… Écoutez, on peut se rencontrer à quel moment ? De préférence une après-midi.

— Laissez-moi regarder avec mon planning.

— Faites !

Ichigo sortit son planning de sa poche et regarda attentivement ses horaires.

— Cette semaine, pour moi, c’est impossible. Par contre, mardi de la semaine prochaine ou jeudi, je serai disponible.

— Hum… jeudi, alors. Mardi, je ne serai pas là. Est-ce que 14 h 30 vous conviendrait ?

— Oui… À quelle adresse ?

— Celle indiquée sur la carte. Attendez, je vous la redonne.

Shunsui lui donna l’adresse avec quelques repères pour qu’il s’y retrouve plus facilement. Ichigo se rendit compte que la boîte se trouvait dans les quartiers huppés de la ville. Son cœur battit précipitamment. Qu’était-il en train de faire ? Sa gorge se noua. Après quelques minutes de conversation, ils raccrochèrent. Ichigo se sentit inquiet. Pourvu que tout se passe bien, maintenant.

Il retourna dans les rayons et essaya d’oublier, pour le reste de l’après-midi, la conversation. Il discernait en lui les sentiments contradictoires qui l’assaillaient.

°OoO°

Ichigo reçut un appel urgent deux jours plus tard. Sa mère avait été hospitalisée d’urgence. Il reçut l’autorisation de s’absenter pour aller la voir à l’hôpital. Quand il arriva, il trouva ses deux sœurs dans la salle d’attente. Karin vint vers lui.

— ’Lut !

— Maman ?

— Tout va bien… Mais ils la gardent en observation.

— Yuzu… ça va ?

— Elle est encore sous le choc. C’est elle qui l’a trouvée étendue à terre. Si elle ne lui avait pas fait les premiers gestes d’urgence…

— Arrête ! s’écria Yuzu.

Elle était visiblement à bout de nerfs.

— Yuzu… fit doucement son frère.

Ichigo la prit dans ses bras et lui caressa le dos. L’orangé se tourna vers Karin.

— Papa ?

— Il est auprès de maman. Il va revenir incessamment sous peu pour nous donner les dernières nouvelles.

— On n’a pas le droit d’aller la voir ?

— Elle doit se reposer… Voilà papa ! s’écria Karin.

Ils se tournèrent tous les trois, anxieux. Isshin avait un pauvre sourire. Le désarroi se lisait sur son visage.

— Votre maman va pour le mieux. Ils vont la garder en observation pendant quelques jours. Mais… une chance que Yuzu soit rentrée à ce moment-là.

Cette dernière fondit en larmes.

— Je suis revenue car j’avais oublié mon dossier à rendre. Si…

— Chut ! fit Isshin.

Il avait pris sa fille dans ses bras et la réconforta.

— C’est une bénédiction que tu l’aies oublié. On te remercie pour ça…

— On pourra la voir aujourd’hui ? demanda Ichigo.

— Oui… mais un par un et pas plus de cinq minutes.

— Vas-y en premier, Yuzu… lui dit Karin.

Yuzu observa les membres de la famille, qui hochèrent la tête. La jeune fille prit alors la direction de la porte de la chambre. Les autres membres de la famille s’installèrent sur les chaises en plastique, silencieusement.

Ichigo regarda son père du coin de l’œil et trouva qu’il avait pris une vingtaine d’années d’un coup ! Lui qui semblait si alerte habituellement était complètement prostré. Cela le perturba… Ce n’était pas le genre d’Isshin d’être aussi pitoyable. Il se douta que ce n’était pas uniquement le cas de sa mère qui le mettait dans un état pareil. Il devait crouler sous les dettes et certainement d’autres choses dont il n’était pas au courant. Et le problème de sa mère…

Ichigo ferma les yeux et pria intérieurement pour trouver une solution aux problèmes de ses parents. Ce n’était vraiment pas facile, ce genre de situation. Il soupira intérieurement. Yuzu revint et Ichigo envoya Karin. Ce n’est pas parce qu’elle paraissait forte qu’elle l’était !

Ichigo rentra tard ce soir-là. Il avait à peine vu sa mère. Il l’avait juste embrassée et elle s’était endormie juste après. Son père s’était occupé de ses sœurs et lui avait repris le train pour rentrer. Il cogita pendant son voyage et se dit qu’il ne lui restait pas beaucoup d’alternatives.

Il frissonna. Il n’aimait pas être pris à la gorge comme il le ressentait actuellement. Il n’osait pas envisager la situation de son père. Cela devait vraiment être inconfortable. Ses amis l’appelèrent pour sortir, mais il refusa. Il n’avait vraiment pas la tête à ça. Il rentra et joua en réseau toute la nuit. Ça l’occupait et, comme le lendemain était un jour de repos, il pouvait se le permettre !

°OoO°

Ichigo se présenta comme prévu à son rendez-vous. Il avait enfilé un costume. Il en avait deux pour les occasions. Il n’était pas le plus cher, mais au moins il lui allait comme un gant et n’était pas ridicule. Il s’était légèrement parfumé et avait astiqué ses chaussures pour paraître impeccable. Il n’avait aucune idée de l’image qu’il renvoyait… Enfin, il verrait bien.

Il regarda les notes qu’il avait prises quand Kyouraku lui avait indiqué le chemin. Il regardait les bâtiments. Jamais il n’aurait cru qu’un club puisse se trouver à cet endroit. Il était en plein quartier d’affaires. Il entra dans un building et se dirigea vers l’accueil.

L’hôtesse lui adressa un sourire et lui indiqua le 45e étage. Il entra dans l’ascenseur cossu, appuya sur le bouton 45 et attendit. Les portes se fermèrent silencieusement et il sentit à peine la secousse de la montée. Rien à voir avec le sien…

Quand les portes s’ouvrirent, il resta bouche bée. Une épaisse moquette grise recouvrait le sol, certainement de la plus haute qualité. Un immense hall d’entrée, avec un long bar qui servait d’accueil. Ce dernier avait des couleurs or et beige. Les murs étaient dans des tons taupe et beige très clair. Des tableaux ornaient les murs et une immense baie vitrée donnait sur la ville. Ichigo se sentit tout petit dans cet univers de luxe. Il ne s’attendait vraiment pas à ça.

Un homme grand, avec de longs cheveux blancs, vint à sa rencontre. Il tendit une main chaleureuse à Ichigo.

— Bonjour… vous devez être Kurosaki-kun ?

— Vous êtes Ukitake-san ?

— Bravo ! Bienvenue parmi nous. Je vous en prie, suivez-moi… Shunsui vous attend.

Ichigo ne répondit pas et suivit silencieusement l’homme aux longs cheveux blancs. Il parlait de tout et de rien d’une façon si « chaleureuse » qu’Ichigo avait l’impression d’être avec un ami de toujours. Cela le détendit beaucoup : en arrivant, il avait eu l’impression que ses nerfs allaient craquer. Une chance qu’il ait rencontré ce gars bien sympathique.

Il toqua sur un battant d’une porte double et pénétra sans attendre la réponse.

— Shunsui… Kurosaki-kun est arrivé.

— Oh… Qu’il entre !

Ichigo était resté en retrait et Ukitake lui fit un signe pour rentrer dans le bureau. Ichigo, impressionné rien que par le couloir, entra dans le bureau. Il déglutit péniblement.

Il s’agissait d’une vaste pièce avec une immense baie vitrée. Le sol était couvert de la même moquette épaisse, mais de couleur crème. Un bureau en L, en acajou, trônait au milieu de la pièce. Une immense bibliothèque recouvrait un mur et, de l’autre, Ichigo vit des portraits d’hommes tous plus beaux les uns que les autres, avec un style bien particulier. Il fallait le reconnaître !

— Vous aussi, vous aurez votre photo accrochée si vous acceptez de travailler avec nous !

— Oh… ce sont…

— Oui, les hôtes qui travaillent actuellement pour nous.

— Hum… bonjour ! reprit Ichigo.

Shunsui éclata de rire.

— Je sens que je ne m’ennuierai jamais avec vous, Kurosaki-kun. Asseyez-vous, je vous en prie.

Ichigo prit un siège en cuir se trouvant en face de celui de son peut-être « futur » patron. Shunsui présenta Ukitake.

— Je ne sais pas si Ukitake s’est présenté… mais c’est mon bras droit. Je ne fais jamais rien sans son avis.

Shunsui adressa un clin d’œil à l’albinos, qui leva les yeux au ciel.

— Bref, il s’occupe surtout de la compta et du personnel. C’est pourquoi il est toujours là quand je recrute quelqu’un. Dis-moi, Jyuushiro… que penses-tu de notre nouvel arrivant ?

— Je t’avais fait part de ma première impression, qui était bonne. J’avoue que le voir en chair et en os ne fait que confirmer mes impressions. Je suis sûr que vous plairez beaucoup à notre clientèle.

— Il s’agit de faire quoi, en fait ? Parce que je ne suis pas d’accord s’il s’agit de coucher… Je vous le dis tout net ! Pas la peine de s’éterniser si c’est pour refuser à la fin pour ce « détail » important, pour moi !

Ukitake éclata de rire et dit à Shunsui :

— Eh bien, tu avais raison. Il est plutôt direct !

— Qu’est-ce que je t’avais dit… En fait, nous avons plusieurs types de demandes. Pour vous, vous serez classé dans le type « A ». Autrement dit, vous ne ferez que les conversations ou les accompagnements au cours de soirées. En fait, faire passer un bon moment à la personne que vous accompagnerez. Je vais être franc avec vous : cela pourra être un homme ou une femme. Y verriez-vous un inconvénient ?

— Non… Comme je vous l’ai dit, seul le fait de passer au lit ne me convient pas !

— J’ai compris… Mais autant être clair ! Je vous précise que nous avons plusieurs classifications d’hôtes en fonction de nos clients : certains pour le physique, d’autres pour la culture, d’autres, disons, pour leurs caprices, etc. Bien sûr… plus vous acceptez de choses, plus le salaire est élevé. Pour vous donner une idée : vous, qui serez dans la première catégorie, donc la moins payée, vous serez à un salaire moyen de 2 538 200 yens* par mois. Impôts déduits et frais encore à ajouter !

Ichigo ouvrit de grands yeux.

— Imaginez que la section la plus élevée gagne dix fois plus. Mais ça… c’est votre choix. Nous respecterons toujours vos souhaits. Bien sûr, les clients peuvent ajouter des primes, ce qui peut faire monter votre salaire de manière substantielle. Certains hôtes de classe A peuvent se faire autant que ceux de classe E, enfin… sans leurs primes à eux, évidemment.

— Et c’est juste pour parler ?

— Eh oui… Certaines personnes ont beaucoup de mal à se faire des relations, ou bien sont coincées avec des personnes qui ne sont pas toujours à leur goût. Notre clientèle est très sélective ; je vous demanderai d’être très discret. Vous pouvez sortir aussi bien avec une ambassadrice, une cheffe d’entreprise ou un diplomate, etc. Vous pourriez aussi avoir un rendez-vous avec un yakuza. Je tenais à vous le dire également. Mais ils se tiennent très bien avec nos hôtes. Ils ne veulent pas voir notre établissement disparaître, car il s’agit d’une sorte de zone neutre. Pour finir, les horaires sont aléatoires. C’est-à-dire que vous pouvez, par exemple, avoir un rendez-vous à l’extérieur et finir juste après, si le rendez-vous ne dure que deux heures ; ou bien rester ici et commencer à 21 h, et ce jusqu’à 3 h du matin en semaine, mais jusqu’à 7 h le week-end, voire plus ! Bien sûr, si un dépassement d’horaire a lieu, vous serez payé en conséquence. Est-ce que tout cela vous convient, Kurosaki-kun ?

Ichigo avait le tournis. Finalement, il ne savait pas combien il allait se faire en paie. Enfin, s’il touchait le salaire moyen… au moins, il allait pouvoir aider convenablement son père.

— Je peux réfléchir un instant ?

— Bien sûr…

— Oh… Bien sûr… fit Ukitake. Nous allons vous donner une avance sur salaire pour vous acheter quelques costumes. Nous avons notre tailleur également pour réajuster les tailles. Il faut savoir que nous demandons aux hôtes d’avoir la plus grande distinction et une présentation irréprochable, d’être ponctuels, et d’honorer tous les rendez-vous qu’ils acceptent !

— On peut refuser les rendez-vous ? demanda Ichigo, surpris.

— Disons que si, lors d’un rendez-vous, vous ne vous êtes pas senti à votre aise, ou si une personne vous met particulièrement mal à l’aise… vous pouvez refuser. Surtout si le client ne se comporte pas comme prévu dans le contrat. Bien sûr, c’est nous qui nous chargeons de tout. Le client nous donne ses exigences ; vous les acceptez ou non avant le rendez-vous. Si vous acceptez et que vous ne vous conformez pas aux exigences, cela peut être déduit de votre salaire. Sachez que vous ne pourrez pas non plus refuser à chaque fois !

— Vous avez une période d’essai ?

— Oui… nous vous laissons deux mois pour vous faire à votre nouvel environnement. Si nous voyons que vous ne convenez pas, nous aurons la possibilité de vous renvoyer également. Est-ce que cela vous convient ?

— Vous demandez quelques compétences particulières ?

— De quel genre ? demanda Shunsui, surpris.

— Je sais pas… des diplômes ou…

Les deux hommes éclatèrent de rire…

— Non… rien ! Juste votre personnalité intéressante !

— Et c’est pour commencer quand ?

— À partir de ce samedi, si vous le souhaitez.

Ichigo réfléchit quelques instants et puis, finalement, déclara :

— D’accord… Je veux bien essayer !

Shunsui et Jyuushiro lui adressèrent un grand sourire. Ils tendirent la main à Ichigo et l’accueillirent comme il se doit.

— Maintenant, venez avec moi… Puisque vous commencerez samedi, nous n’avons pas beaucoup de temps. Shunsui, appelle le photographe, et moi j’emmène Kurosaki chez le tailleur.

— Très bien… Bon courage, Kurosaki-kun.

— Euh… merci !

Ichigo ne savait pas trop quoi dire. Il suivit l’albinos devant lui, qui l’entraîna dans un dédale de couloirs. Ils arrivèrent devant une porte où le mot « tailleur » était gravé sur une plaque. Ils entrèrent et un homme aux cheveux roses apparut.

— Szayel, aurais-tu un costume en prêt pour ce jeune homme ? Nous en avons besoin maintenant pour la photo, il commence samedi.

— Vous auriez pu me le dire à l’avance ! grogna le couturier.

— Qu’on te prévienne ou pas… tu râlerais quand même ! répondit avec humour l’albinos.

Szayel regarda brièvement Ichigo et se tourna vers son dédale de costumes.

— Celui-ci devrait lui aller.

Il tendit à Ichigo un costume noir dans une matière noble. L’orangé partit l’essayer derrière un paravent et dut admettre qu’il n’aurait jamais pensé enfiler ce genre de costume de toute sa vie. Il sortit et les deux hommes admirèrent le plus jeune.

— Franchement, Shunsui a l’œil ! soupira Jyuushiro.

— Tout à fait d’accord. Il est magnifique… Encore un qui va en faire chavirer des cœurs.

— Suis-moi, Kurosaki-kun. Nous allons faire tes photos. On nous attend.

Ichigo suivit sans rien dire Ukitake. Ils ne se déplacèrent pas bien loin : le studio photo se trouvait à côté. Là, par contre, Ichigo eut peur. Le type avait l’air complètement bizarre. Il portait un bob rayé vert et blanc, et portait des vêtements traditionnels japonais verts ! Ukitake rit doucement de la réaction du jeune homme.

— Kisuke, je te présente Ichigo Kurosaki. Il est notre nouvel hôte. Fais-nous ressortir sa beauté !

— Oh, qu’il est mignon ! chantonna le blond. Viens ici, Ichigo-kun, je vais pas te manger… quoique ton prénom soit une invitation à la tentation… dit Urahara d’une voix grivoise.

— Ichigo, je te présente Urahara Kisuke. Il a l’air horrible de prime abord, mais c’est un bon garçon… surtout quand il reste dans son domaine de compétence.

— J’aime le mot « bon garçon », Ukitake. Je m’en resservirai à l’occasion, crois-moi !

— Je n’en doute pas ! soupira l’albinos.

Urahara prit rapidement Ichigo entre ses mains et le plaça derrière un fond pour prendre des prises de vue. Il lui demanda de sourire. Mais, voyant que ce n’était pas son « arme naturelle », comme il le lui dit deux secondes plus tard, il lui demanda de rester tel quel. Donc, Ichigo fronça les sourcils. Ukitake riait sous cape et Urahara fit de son mieux pour le rendre intéressant. Une femme entra en trombe.

— Yo, Ukitake. Tiens, c’est la nouvelle découverte de Shunsui ? Moi, je m’appelle Yoruichi ! déclara la pulpeuse brune. Enfin… prune était la couleur de ses cheveux, songea l’orangé.

— Bonjour ! répondit calmement le jeune homme.

— Poli en plus… hum, tu vas être le genre de garçon que les vieilles vont s’arracher ! déclara la jeune femme. Tiens, Kisuke… voilà les épreuves que tu m’as demandées.

— Si vite ? répondit, surpris, le blond.

— Attends, tu m’as bassiné pendant toute la matinée et maintenant tu me fais le coup « si vite » ? Enfin, pour une fois que tu bosses… je vais te laisser tranquille. Allez, je retourne à mon bureau. Euh… Kurosaki, je suis l’assistante de cet imbécile ! dit-elle en montrant Kisuke du doigt !

Ichigo regarda partir la tornade et se demanda dans quel monde de fous il avait embarqué. Il oublia bien vite la présence de la jeune femme quand il entendit pousser un cri de victoire d’Urahara.

— Voilà, je la tiens, ma photo. Bon, elle sera dans le bureau pour demain après-midi. Ça te convient, Jyuushiro ?

— Bien sûr ! Il nous la faut avant samedi matin, de toute façon !

— Je m’en occupe.

— Venez avec moi, Ichigo-kun… Je peux vous appeler comme ça ?

— Euh… oui !

Ichigo avait hésité, surpris par la question. Il suivit, sans rien dire encore une fois, cet homme. Et ne se lassait pas, au passage, de tout le luxe environnant. Il était sobre, mais tellement… élégant, cet environnement. Il entra dans le bureau d’Ukitake, à présent. Il posa devant le jeune homme une pile de feuilles.

— Installez-vous ici… dit-il en désignant une table. Ceci est un questionnaire pour connaître vos goûts, vos qualités et défauts, etc. Nous ferons déjà un tri pour vous de ce qui se rapproche de votre personnalité.

— Oh… Je ne savais pas.

— Ne vous inquiétez pas, ce n’est vraiment pas difficile.

Ichigo regarda les pages en les parcourant extrêmement vite. Il eut un sourire et prit le stylo que l’albinos lui tendait. C’est vrai que ce n’était franchement pas compliqué. Il répondit très vite à toutes les questions et rendit le questionnaire en moins de vingt minutes.

— Voilà !

— Vous avez terminé ? Vous n’avez pas répondu à toutes les questi…

Il n’acheva pas sa phrase. Ichigo avait répondu à toutes les questions… Ce gars avait une culture générale écrasante, en plus d’un QI…

— Vous avez un QI de combien ? demanda pensivement Jyuushiro.

— Euh… 157, je crois !

Jyuushiro laissa tomber son crayon et regarda le jeune homme, stupéfait.

— Vous faisiez quoi comme études avant d’être vendeur ?

— J’ai abandonné mon doctorat en biologie cellulaire.

— Pardon ?

— Hum… Je suis obligé de vous dire pourquoi j’ai abandonné ?

— Euh… non, pas vraiment.

— Merci !

— Eh bien… Vous pourrez déployer vos talents auprès d’un large éventail de personnalités… c’est sûr ! Et si vous êtes doué pour les conversations chiffons… vous aurez vite la cote ! murmura Jyuushiro.

Ichigo observa l’homme assis en face de lui et se demanda à quel type de personne il le voyait. Finalement, il haussa imperceptiblement les épaules et discuta encore une demi-heure avec lui. Jyuushiro le libéra et il put récupérer son costume. On lui tendit une enveloppe à la sortie. Shunsui lui dit…

— C’est une petite avance. Je vous demanderai de vous habiller avec élégance et surtout avec des vêtements de marque. Vous comprendrez pourquoi samedi. Oh… vous aurez votre dimanche en jour de congé et une soirée dans la semaine, qui sera à voir avec les plannings des autres hôtes. On vous le précisera samedi.

— Je vous remercie.

Shunsui lui adressa un sourire chaleureux et lui dit qu’il l’attendait avec impatience samedi vers 20 h. Il voulait le présenter aux autres hôtes avant. Ichigo accepta et partit rapidement. Dans l’ascenseur, il ouvrit l’enveloppe et vit un chèque d’un montant de 10 000 euros. Ichigo eut des vapeurs. Il crut avoir mal lu…

— Une « petite avance » ? Kami-sama… Qu’est-ce qu’une grosse avance ?

Il remit le chèque en place et se dirigea vers sa banque, qui allait avoir un énorme sourire ! Il sut que, le lendemain, il allait devoir faire quelques boutiques chics s’il ne voulait pas être ridicule samedi. Il appréhendait. Il sentait que sa vie ne serait plus jamais la même à partir de maintenant. Mais, au moins, il sentait qu’il pourrait aider sa famille…


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)