Le lendemain matin, Ichigo fut réveillé en fanfare par Nell. Il grommela et voulut s’enterrer sous les couvertures de son lit. Mais la jeune femme tira ces dernières et s’allongea à côté de lui. Elle se mit à caresser son dos sensuellement et à glisser ses mains vers son torse et vers son…
Ichigo se leva brutalement, les yeux écarquillés, en poussant un hurlement d’horreur. Nell éclata de rire et se mit sur le dos en battant follement des jambes, en se tenant les côtes.
— Trop drôle, Ichi… Tu es toujours aussi prude !
— Arrête de rire, ce n’est pas drôle…
— Si… Tu verrais ta tête. Pourtant, tu en as eu, des filles ?
— Ggggrrrr !
Ichigo passa au-dessus de la jeune femme. Cette dernière s’assit en tailleur sur le lit. Les couvertures étaient tombées en vrac par terre. La sublime jeune femme aux formes avantageuses portait un jean et un pull blanc qui la moulait de très près, avec un col en V. Ses longs cheveux verts étaient tenus en queue de cheval. Elle portait quelques barrettes et des clous d’oreilles brillants. Ichigo pensa aux diamants…
— Allez, Ichi, sois plus décontracté… Tu ne feras pas de vieux os à toujours froncer les sourcils comme tu le fais.
Nell se tapota la joue, pensive, et pinça ses lèvres comme si elle se concentrait.
— Je sais, moi, ce qu’il te faudrait…
— Oh ? Et qu’est-ce que c’est ? maugréa Ichigo, qui se dirigea vers la salle de bain.
Il avait pris soin de prendre un uniforme noir. Il savait que Kensei le voulait à l’entraînement. Il ne ferma pas la porte de toute façon : Nell l’ouvrirait quand même. Et puis… vu le nombre de fois où elle l’avait vu nu… il n’était plus à ça près. Et, comme prévu, la jeune femme vint s’appuyer sur le chambranle.
— Hum… toujours aussi beau !
— La ferme ! grogna le roux.
Il lui tourna le dos et entra sous la douche.
— Oh… je n’avais jamais vu ton tatouage ! Mais… tu as le double dragon ?
— Je ne le savais même pas jusqu’à hier ! marmonna Ichigo.
Nell observa l’homme au travers des parois de verre translucides et fronça les sourcils.
— On m’avait dit que ceux qui avaient le double dragon ne pouvaient en voir qu’un seul s’ils essayaient de se regarder dans la glace. Je vois que cela est vrai ! Qu’est-ce que ça te fait de reprendre, peut-être un jour, la place de papa, et celle du Soutaïcho plus tard ?
— Nell… j’comprends rien. Je suis sous la douche !
— OK, j’attends à côté et on reparle après !
Ichigo apprécia sa douche solitaire et la quitta à regret. Il était sûr qu’il devait être 5 h 30 du matin, ou pas loin ! Il n’avait pas beaucoup dormi avec les révélations sur le tatouage dans son dos. Il avait trouvé que le temps avait été long pour le faire, mais s’était dit qu’il avait mal évalué pour Nell. Il avait pensé que le fait de se faire tatouer soi-même pouvait faire sembler le temps long. Il soupira… Le vieux Chojiro était un vieux singe rusé, après tout !
Il enfila sa tenue et se dirigea vers la chambre. Ils sortirent de cette dernière en discutant à bâton rompu, Nell voulant encore lui soutirer des informations croustillantes sur son boulot d’hôte.
— Alors, on t’a appris la danse de salon et tout ? Wouah, la chance… Tu m’apprendras ?
— Si tu veux !
— Yes !!! fit la jeune femme en faisant un mouvement de bras de haut en bas.
Ils déjeunèrent rapidement et Ichigo fut convoqué dans le hall. Il vit Kensei qui l’attendait.
— Je te prends en particulier pendant les prochains jours.
— Haï, sensei !
— Et ne me déçois pas ! Bon, on part à la « villa ». On va commencer par les parcours du combattant !
— Haï, sensei !
Ils quittèrent les lieux et Ichigo se retrouva bientôt dans d’horribles conditions. C’était le début du mois de novembre et la pluie tombait en crachin fin. Le parcours était glissant et, même si Ichigo se souvenait parfaitement bien du terrain, le fait de glisser constamment ne l’aidait pas beaucoup à avancer. Kensei était furieux après lui… « S’il avait eu un fouet, c’était sûr qu’il en aurait reçu jusqu’à en être sanguinolent ! » songea Ichigo.
La journée se passa à un rythme d’enfer, à l’extérieur. Ichigo avait de la buée qui sortait de sa bouche. Il était trempé, frigorifié à force de passer du chaud au froid, et le fait d’avoir dû plonger dans le plan d’eau pour un déplacement furtif le long de la forêt avait été éreintant. Il commençait à claquer des dents et Kensei sut qu’il lui en avait demandé de trop pour son premier jour.
— Ichigo, tu rentres à la villa, tu prends une douche et tu vas dormir une heure. J’irai te réveiller tout à l’heure. Mange aussi quelque chose au passage ! Je voudrais pas que Nell me tue parce que je n’ai pas pris soin de toi !
— Haï, et merci, sensei !
Ichigo partit au pas de course rejoindre la villa. Il monta les marches quatre à quatre et s’arrêta dans le hall blanc et noir de cette dernière. Il jeta un œil à l’escalier gracieux en forme de courbe et grimpa les marches rapidement. Il fit attention de ne pas déraper. Il salit tout le passage et se retrouva dans son ancienne chambre.
Il se déshabilla rapidement et vit son reflet dans la glace : il était bleu. Ichigo tourna les boutons de la robinetterie. Il resta un moment recroquevillé sous le jet de l’eau, pourtant brûlant, de la douche. Il n’avait plus la force de penser. Au bout d’une demi-heure, il sortit enfin et s’enroula dans une grande serviette blanche. La salle de bain n’était pas grande et était plutôt fonctionnelle.
Mais, pour le temps qu’il passait ici et pour ce qu’il faisait, c’était le grand luxe. Il trouva sur le lit, en entrant dans la chambre, un uniforme et des sous-vêtements propres. Il enfila les sous-vêtements et posa son uniforme sur la chaise, à côté de son lit. Il entra dans les couvertures et, à peine avait-il posé sa tête sur l’oreiller, il s’endormit comme une masse.
°OoO°
Une main le secoua rudement. Ichigo ouvrit les yeux et rencontra le visage impassible de Kensei.
— Habille-toi et va manger quelque chose. On s’en va !
— Haï, sensei.
Le roux se leva difficilement. Il fit glisser ses jambes du lit et laissa échapper un gémissement de douleur. Ses muscles étaient en compote. Il se redressa quand même et s’habilla tant bien que mal. Cela ne lui avait jamais paru aussi difficile de mettre un vêtement. Il descendit lentement et se dirigea vers la cuisine.
Kensei lui tendit une aspirine et lui montra le repas qui lui avait été préparé. Ichigo s’assit lentement, en grimaçant, et commença à avaler son repas, puis but son aspirine. Kensei et lui échangèrent quelques paroles et, enfin, ils partirent à l’hôtel pour assister à la fête donnée en l’honneur d’Ichigo. Ce dernier se demanda comment il allait traverser cette épreuve. Il pensa à ses soirées d’hôte et trembla à l’idée de ce qui l’attendait.
Ichigo passa par sa chambre pour enfiler une tenue civile. Kensei lui avait dit qu’ils avaient récupéré certains de ses vêtements. Il pensa à ses tenues d’hôte, mais, en fait, il trouva un jean et des T-shirts sur son lit. Il sourit… C’était plutôt décontracté, alors… Il enfila ses vêtements et rejoignit la salle où tous s’étaient rassemblés.
« Waouh ! » songea-t-il. Ichigo connaissait tous les hommes et femmes présents. Tous arboraient une tenue confortable. Il vit des buffets au fond de la salle de réception, ainsi que des tables et des chaises qui parsemaient l’endroit. Une musique d’ambiance invitait à la danse et quelques personnes s’aventuraient à s’exhiber. En fait, ils n’avaient pas souvent l’occasion de faire la fête… et, d’ici à une heure, Ichigo songea que tous seraient sur la piste.
Nell le vit de loin et l’embarqua fermement vers l’estrade. Ichigo fronça les sourcils. « Pas ça »… Nell prit le micro et attira l’attention de tous…
— Mes amis, nous sommes ici ce soir pour fêter l’entrée définitive de notre nouveau fukutaïcho dans nos rangs. Vous le connaissez tous depuis qu’il est tout petit… Bien sûr, j’ai nommé Ichigo Kurosaki !
Des verres se levèrent, et des cris de joie, ainsi que des sifflets, accueillirent l’annonce. Nell poussa Ichigo devant le micro.
— Eh bien… merci pour votre accueil. J’avoue que je ne sais pas quoi vous dire, à part que je suis vraiment content de rejoindre la famille — et cette fois, définitivement !
— Tu ne nous as jamais quittés ! lança une voix dans la foule !
— On savait que tu reviendrais !
Bientôt, il fut impossible de comprendre quoi que ce soit. Ichigo fut entraîné par Nell sur la piste, et Nell compta exploiter les nouveaux talents de danseur du jeune homme. Ichigo finit par se détendre, et ses muscles aussi. Ils passèrent une bonne soirée… mais, à 1 h, tout fut remballé. Personne n’était saoul et tous partirent silencieusement vers leurs chambres ou chez eux.
Les jours qui suivirent ressemblèrent au premier pour Ichigo, qui avait vraiment mal partout. Il reçut un appel de Shunsui, qui lui indiqua qu’il l’attendait pour le lundi. Il avait dit à tout le monde que le jeune homme était malade. Son premier rendez-vous était… Aïzen Sosuke ! Ichigo grimaça. Après avoir eu Ichimaru, il retournait auprès d’Aïzen… Fichu métier, et maintenant plus question de refuser.
Il avertit Chojiro, qui haussa un sourcil.
— Ainsi, Aïzen Sosuke s’intéresserait à toi ? Et en tant qu’hôte de classe A ? Je n’en reviens pas… à moins qu’il ne cherche la même chose qu’Ichimaru.
Ichigo expliqua le mois qu’il avait passé avec lui à son chef. Ce dernier eut un léger sourire.
— Je dirais qu’il est « amoureux » de toi… aussi surprenant que cela puisse paraître de cet homme.
— Je ne pense pas ! maugréa Ichigo.
— Quoi qu’il en soit, mon garçon… Même si tu as très envie d’être avec lui… votre relation restera professionnelle. Aïzen est dangereux… très dangereux, et je le soupçonne d’être un des dirigeants de l’organisation Tora ! Autrement dit… ne tombe pas amoureux de lui, c’est tout ce que je peux te conseiller !
— Haï, Chojiro…
Ce dernier regarda pensif le garçon en face de lui.
— Ne me donne pas d’occasions de m’inquiéter, Ichigo.
— Haï, Chojiro !
— Bien… Tu rempliras ton rôle d’hôte normalement. Nous n’avons pas besoin que tu enquêtes sur lui. De toute façon, s’il est ce que je pense, tu mettrais ta couverture par terre. S’il découvre qui tu es… tue-le !
Ichigo ouvrit de grands yeux, surpris.
— C’est une des personnes qui n’a pas besoin de savoir qui tu es…
— Haï, Chojiro… la voix d’Ichigo était étouffée.
— Je voulais te dire également qu’un yakuza d’Aïzen surveille ton immeuble. Ainsi que deux membres de la police de Tokyo.
— Pardon ?
— Tu vas devoir jouer serré. J’ai l’impression que l’intérêt qu’Aïzen a pour toi n’est pas passé inaperçu auprès de Byakuya Kuchiki. C’est le nouveau commissaire en place là où se trouve le quartier général d’Aïzen. Cela ne m’étonnerait pas, fit Chojiro en se servant une tasse de thé, qu’il te convoque pour te tirer les vers du nez ! S’il devient menaçant pour toi, nous nous chargerons de nous occuper de lui en haut lieu…
— Si Aïzen est si dangereux… pourquoi personne ne demande à l’éliminer… surtout que ce Kuchiki a l’air de vouloir le faire tomber.
— Kuchiki ne sait rien du fragile équilibre qui régit le monde qui est le nôtre, ou celui des yakuza. Si Aïzen mourait… surtout en ce moment, une guerre éclaterait et… tu peux être sûr qu’elle ferait beaucoup de victimes. Un certain chaos régnerait. Pour l’instant, personne n’a la personnalité pour remplacer cet homme. Car, quoi qu’on en dise… c’est en enlever pour en mettre un autre ! soupira Chojiro.
Le roux sortit peu de temps après et partit au dojo où Kensei et Love l’attendaient. Le week-end passa à une allure astronomique. Le dimanche en fin d’après-midi, Ichigo se retrouva dans la rue avec son maigre bagage. Il sortit de la rame et se dirigea vers l’escalier de sortie. Il s’arrêta sur le trottoir une fois qu’il fut sorti de la bouche de métro et, après s’être fait bousculer, se dirigea vers son immeuble qui se situait non loin de là.
Ichigo rentra un peu sa tête dans son blouson. Une fois qu’il fut rentré chez lui, il posa d’une main lasse son sac. Il se dirigea vers son canapé et sortit un plaid dans le coffre en dessous. Il ouvrit la télévision et la mit en bruit de fond. Il avait besoin de compagnie pour ne pas penser. Il s’endormit comme une masse.
°OoO°
Ichigo se réveilla le lendemain vers 15 h. Il s’étira et regarda d’un regard vide la télévision. Il la ferma et se dirigea vers sa douche. Chojiro lui avait conseillé de se fournir en matériel informatique et de changer d’appartement et de quartier.
Il n’aurait pas à chercher, ou à faire semblant, puisque c’est l’organisation qui se chargerait de tout. Il serait contacté ses jours de repos. Par contre, pour ne pas jeter la suspicion, c’est Ichigo qui le paierait. Un second compte serait ouvert pour lui par l’organisation, pour lui permettre de vivre « décemment » et surtout le payer pour ses missions. Ceci, bien sûr, sous un autre nom…
Ichigo se gratta la tête, ouvrit sa penderie et regarda ses costumes. Il sortit son portable et contacta un traiteur pour se faire livrer un repas équilibré. Il était sûr que, s’il commandait une pizza, il allait se faire planter par un membre de l’organisation.
Il sortit sa Wii et commença à jouer pour patienter. Lorsqu’on sonna, il sortit son portefeuille et ouvrit la porte pour tomber sur un charmant jeune homme. C’était sûr qu’il devait être de l’autre bord, vu les œillades qu’il lança à Ichigo. Ce dernier fronça les sourcils. Il paya et claqua presque la porte au nez du jeune homme trop avenant.
Il regarda son plateau et le posa sur sa table basse. Il se mit en tailleur et mangea en regardant un film quelconque sur le câble.
Finalement, il se prépara pour partir au club. Il avait revêtu un costume anthracite avec de fines rayures noires, une chemise blanche sous laquelle il avait passé un T-shirt de corps blanc pour que l’on ne puisse voir son tatouage, et une cravate jaune orangé pour ne pas faire trop austère. Ses chaussures étaient cirées depuis longtemps et ses chaussettes, du même ton que sa cravate, terminaient l’ensemble.
Ichigo grimaça avec la ceinture. Il avait dû ajouter un trou à cette dernière pour faire tenir son pantalon. Il passa rapidement ses boutons de manchettes et se parfuma avant de se décider à sortir. Il regarda sa montre et vit qu’il serait un peu en avance. Tant mieux : Aïzen n’aimait pas les retards.
Il monta dans sa voiture et se dirigea vers le Moonlight. Il se conduisit calmement vers sa place de parking. Il voulut se diriger vers l’ascenseur mais une voix qu’il aurait reconnue entre toutes l’arrêta.
— Enfin, te voici de retour…
Ichigo se tourna lentement et fit face à Aïzen Sosuke.
— Aïzen-sama…
Aïzen franchit la distance qui les séparait. Il était habillé d’un costume noir et d’un long manteau de même couleur. Il avait simplement posé ce dernier sur ses épaules larges. Il s’arrêta juste devant Ichigo et lui prit la main pour la porter à ses lèvres.
— Sosuke ! souffla Aïzen.
— Sosuke… répéta Ichigo docilement.
— Viens, ne perdons pas de temps ! J’ai tout arrangé avec Shunsui.
— … Très bien !
Aïzen prit la main d’Ichigo et la glissa à son bras, son épaule touchant celle du jeune homme. Ichigo avait remarqué qu’il semblait soulagé de le voir.
Une voiture vint glisser devant eux et Sosuke invita le roux à entrer en premier. Ichigo s’installa de l’autre côté de la voiture et vit le brun s’installer à côté de lui. À peine fut-il assis qu’il prit abruptement Ichigo dans ses bras, le serrant très fort contre lui.
— J’ai cru qu’il t’avait tué ! souffla la voix étouffée d’Aïzen.
— Qui ? demanda Ichigo, surpris.
Sosuke se recula un peu et plongea ses yeux fauves dans ceux, juste un peu en dessous de lui.
— Gin Ichimaru… ça te dit quelque chose ?
— Oh…
Les mains d’Aïzen encadraient le visage d’Ichigo et caressaient doucement sa peau.
— C’est tout ce que cela provoque chez toi ? demanda Sosuke, surpris.
— Je ne vois pas pourquoi j’aurais dû être mort.
— Pourtant, j’ai appris que… tu lui avais donné un traitement de choc ! ironisa Sosuke.
— Et alors ? Il a voulu plus… Ichigo eut un sourire narquois et ajouta : il a eu plus !
— Tu ne sais pas qui il est ?
Ichigo plissa les yeux et scruta le visage d’Aïzen, puis lui offrit le visage le plus innocent que la Terre eût porté.
— Un dirigeant d’entreprise… mais tordu !
— Pourquoi as-tu disparu de ton appartement pendant quelques jours ?
— C’est un interrogatoire ? Et… comment sais-tu que j’étais absent ?
— Je ne veux pas qu’il ne t’arrive rien… souffla Aïzen. Alors, j’ai placé un de mes hommes devant chez toi. S’il arrivait un quelconque problème, je serais intervenu…
— Tu fais partie de la police ? Cela m’étonnerait…
Aïzen eut un sourire moqueur et prit le jeune homme dans ses bras. Ichigo sentit le bras qui s’était enroulé autour de sa taille et son visage fut plaqué contre le creux de la nuque de Sosuke. Ichigo se repoussa en plaçant ses mains contre le buste d’Aïzen et leva la tête vers lui.
— Je ne suis pas là pour assouvir vos désirs charnels…
— Je le sais… Mais je peux te toucher, comme tu as touché la sublime Alicia ! souffla Sosuke.
Ichigo ouvrit la bouche pour parler et finalement abandonna. De toute façon, rien ne stipulait que l’homme ne pouvait pas le prendre dans ses bras.
— Bien ! approuva Aïzen.
La voiture s’arrêta et, à la surprise d’Ichigo, il se trouva dans la cour intérieure de la maison d’Aïzen. Il sortit de la voiture et le brun l’enlaça pour le mener jusqu’à l’intérieur de la maison, qui n’avait pas changé d’un pouce. Il reconnut les serviteurs qu’il salua. Ils lui répondirent par un sourire.
Ils se retrouvèrent dans les appartements privés d’Aïzen, à la surprise — encore une fois — du roux.
— Je veux être seul avec toi !
La voix grave était juste placée derrière son oreille. Deux bras enlacèrent ses épaules et Ichigo se raidit en sentant la tête de Sosuke se poser dans sa nuque.
— Tu sens bon…
— Merci ! « Que dire ? » songea Ichigo.
— Tu m’as manqué…
— Euh…
— Pas à toi, apparemment ! remarqua narquoisement Aïzen.
Ichigo sursauta quand il sentit des dents lui mordiller le cou.
— Que fais-tu ? lâcha Ichigo, inquiet.
— Oh… tu me vouvoies quand tu es gêné ! Intéressant…
— Je ne suis pas gêné !
Le roux entendit le rire bas d’Aïzen. Il sentit qu’on le retournait et, soudain, il sentit deux lèvres plaquées contre les siennes. Ichigo ouvrit les yeux de surprise et voulut reculer mais la prise de l’homme était forte. Le roux se débattit et Aïzen prit un malin plaisir à contrecarrer ses tentatives d’évasion. L’orangé savait que, s’il faisait d’autres tentatives plus musclées, Sosuke se douterait de quelque chose.
Et, soudain, ils basculèrent dans leur lutte. Ichigo se trouva allongé dans le canapé, dans les appartements privés du yakuza. Ce dernier se redressa et lui adressa un sourire.
— Je ne t’ai pas manqué, mais tu ne me feras pas de mal… n’est-ce pas, Ichigo ?
— Pa…
Il n’eut pas le temps de répliquer : une langue experte vint lécher ses lèvres. Le roux jappa et voulut se tortiller pour s’enfuir, mais il provoqua une autre réaction. Il s’arrêta net et ouvrit les yeux en grand. Sosuke se redressa et observa le jeune homme haletant, qui le foudroyait du regard.
— Oui… c’est le genre de réaction que j’ai quand je pense à toi et, comme tu te tortilles sous moi actuellement, l’effet est plus… rapide et agréable !
— Lâche-moi !
— Un ordre ? Aïzen haussa un sourcil.
Ichigo ne baissa pas les yeux et soutint le regard du brun. Ce dernier eut un sourire et se pencha vers Ichigo, ou plutôt vers sa nuque, qu’il se mit à caresser de sa langue consciencieusement. Il murmura quelques mots contre sa peau.
— Sais-tu que je pourrais te tuer pour ce que tu viens de me dire et jeter ton corps quelque part, à la dérive ? Personne ne me parle comme tu le fais… Qui crois-tu être entre mes mains ?
Ichigo frissonna quand il sentit l’homme localiser un morceau de chair sensible. Son cœur commençait à battre la chamade. La bouche d’Aïzen remonta à la mâchoire d’Ichigo et en caressa le contour, doucement.
— Tu as de la chance. Je suis sous l’emprise de ton charme… Mais que cela ne se reproduise pas souvent. Ichi. Je veux que tu ne m’appartiennes qu’à moi ! Je voudrais que tu quittes le Moonlight et que tu rejoignes mon organisation.
Ichigo se raidit.
— Organisation ? souffla Ichigo.
— Oui…
Le brun se redressa et plaça ses coudes de chaque côté de la tête d’Ichigo.
— Ce que tu ne sais pas, c’est qu’Ichimaru est un yakuza… et que tu as échappé, par je ne sais quel miracle, à la mort pour ce que tu as fait ! Peut-être est-il amoureux de toi ou quelque chose s’en approchant. Je ne supporterai pas que tu t’attaches à un autre homme. Tu es à moi !
— Je ne suis à personne… répondit fermement Ichigo.
— Tu es à moi, que tu le veuilles ou non, répéta calmement Aïzen. Depuis combien de temps n’as-tu pas couché avec une femme ? Pourquoi refuses-tu les avances de tout le monde et pourtant tu me laisses te toucher…
— Je ne te laisse pas me toucher ! protesta Ichigo.
— Ah oui ? Un sourire narquois naquit sur ses lèvres. Que tu le veuilles ou non… tu te soumettras !
Ichigo observa calmement l’homme devant lui. Ses yeux étaient de braises. Le roux se demanda brutalement si ce n’était pas le fait qu’il se rebelle qui poussait cet homme à vouloir l’obtenir comme un vulgaire objet.
— Haï, Aïzen-sama ! rétorqua Ichigo.
Sosuke éclata de rire. Il se redressa et attrapa Ichigo par la main et le mit sur ses pieds.
— Tu t’en sors pour cette fois… après tout, il y a un contrat ! Mais ne crois pas te réfugier souvent derrière.
Aïzen le tira contre lui. Ichigo leva la tête.
— Ce que je veux… je l’obtiens !
Ichigo ne répondit rien à l’affirmation. Il se détacha et Sosuke le laissa partir. Le roux remit de l’ordre dans sa tenue.
Par je ne sais quel miracle, un domestique arriva avec une desserte de quoi manger. Aïzen le suivait du regard. Ichigo avait l’impression qu’un fauve l’observait.
— Tu es en apparence très froid, Ichigo. Mais je suis sûr que tu caches un tempérament de feu. Il suffit juste de briser la glace qui t’entoure…
Sosuke fit un geste pour qu’ils s’installent sur la table basse autour de laquelle deux coussins furent posés. Ichigo s’assit en face de son « hôte » et observa ses bonnes manières. Aucun autre incident ne se produisit.
— Ma proposition tient toujours, Ichigo…
— Laquelle ? demanda le jeune homme.
— Viens me rejoindre !
— Dans quoi ?
— Ne fais pas l’innocent ! Tu sais très bien qui je suis… Je te protégerai…
— Je n’ai besoin de personne à ce sujet ! Et non… je refuse !
— C’est catégorique !
— Pour faire quoi exactement ? Réchauffer ton lit ?
— Entre autres…
— Existence excitante, quand tu nous tiens…
— Ne te moque pas ! Tu aurais été une femme, je te demanderais en mariage !
Ichigo ouvrit de très grands yeux. Il laissa tomber sa main qui tenait les baguettes et le regarda, perplexe.
— Tu es fou !
— De toi !
— Arrête… tu délires ! répondit, cassant, le roux.
— Non… Je suis très conscient de ce que je te dis. Par contre, pourrais-tu me dire par quel miracle Ichimaru ne t’a pas poursuivi et où tu étais passé pendant quelques jours ? Et arrête de me vouvoyer, ça commence à m’énerver !
— Je n’ai pas besoin de te le dire ! grinça Ichigo. Et pour Ichimaru, je n’en sais pas plus que toi.
— Ce qui est étonnant, c’est qu’il a aussi arrêté de persécuter mes frontières ! fit Aïzen, songeur. Aurais-tu un effet magique, par hasard ?
— Bien sûr ! Je suis le génie de la lampe… marmonna Ichigo. Il n’avait plus faim et arrêta de manger.
— Tu as maigri, Ichi. Au moins, tu ne me mens pas concernant ta maladie. Mais… tu devrais manger plus…
Aïzen posa ses yeux appréciateurs sur la silhouette svelte d’Ichigo.
— Sinon, tu finiras sous forme de squelette. J’aime les hommes minces mais pas squelettiques. Tu me plais tel que tu es, dit-il, l’œil gourmand. Et pour finir… je n’insisterai plus sur ton déplacement…
— J’étais dans ma famille ! lâcha Ichigo.
Il ne mentait pas, après tout.
— Oh ? Autre que tes parents ?
— Oui… Ma mère est déjà très malade. Je ne veux pas lui causer plus de soucis. Alors, je suis allé dans ma famille proche.
— Si tu le dis… murmura Aïzen.
Il posa ses couverts et se leva. Ichigo fit de même et observa l’homme qui lui tendit une main. Le roux était méfiant…
— Je n’essaierai plus de toucher à ta virginité ! plaisanta le plus vieux.
— Je ne suis pas vierge ! s’exclama Ichigo, exaspéré.
— Oh… Il semble qu’on a dû t’en parler récemment…
— Ma sœur ! maugréa Ichigo.
Aïzen éclata de rire et prit la main réticente du roux. Ichigo se laissa entraîner et se trouva dans le lit de Sosuke. La chambre du seigneur des lieux était grande et si le jour avait été là, cette pièce aurait été très lumineuse, du fait de la présence de grandes baies vitrées qui donnaient sur le jardin.
La pièce était dans des tons blancs et noirs, avec quelques traces de rouge. Une moquette épaisse blanc cassé recouvrait le sol, ce qui étouffait leurs pas.
Le lit était noir, en bois ouvragé, et le couvre-lit dans des tons presque crème. De lourdes tentures rouges vermillon encadraient le lit. Il y avait peu de meubles, à la surprise du roux. Il s’attendait à une débauche de luxe.
En fait… à part le lit : une bibliothèque, des chaises, des tables de chevet et un paravent noir et blanc. Il n’y avait pas d’autres meubles. Seuls des tableaux modernes aux dessins en forme de courbes ornaient les murs.
— Du calme ! lâcha le brun. Allonge-toi contre les coussins !
— Quelles idées tordues… Ichigo était maintenant sur la défensive.
— Tu vas me raconter une histoire. Je suis fatigué et je m’installe confortablement ! rétorqua calmement le brun.
En disant cela, Sosuke poussa Ichigo dans le lit. Ce dernier se trouva contre d’énormes coussins. Il voulut protester mais Aïzen fit le tour du lit et l’allongea en biais. Sa tête se posa sur le ventre d’Ichigo et il ferma les yeux.
— Relis-moi Roméo et Juliette ! souffla Aïzen en fermant les yeux.
— Pardon ?
— J’aime cette histoire… Récite-la-moi encore ! chuchota Aïzen.
Ichigo, surpris, finit par réciter cette pièce à laquelle Sosuke semblait tellement tenir. Aïzen finit par s’endormir, et Ichigo, qui était épuisé par ses activités avec Kensei, tomba également de sommeil. Une des mains d’Ichigo était enfouie profondément dans la chevelure souple et douce du yakuza.
Quelque temps plus tard, Aïzen avait enfoui sa tête dans la nuque du roux et avait enroulé son corps contre celui du plus jeune, le tenant fermement contre lui dans un geste possessif.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)