La part du dragon 12

Ichigo se réveilla difficilement. Son corps lui donnait l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur. Le moindre mouvement lui arrachait un gémissement. Il ouvrit soudain les yeux, se souvenant de son dernier contact avec Aïzen, et, stupéfait, reconnut la chambre du chef yakuza.

Ichigo voulut se lever mais dut s’asseoir sur le bord du lit. Ses jambes refusaient de le porter, et un mal de crâne l’élançait de manière douloureuse. Il vit qu’il portait un de ses pyjamas et observa la pièce autour de lui pour se rendre compte que quelques affaires à lui avaient été posées dans un coin de la chambre.

Ichigo finit par se lever et marcha vers le petit salon d’Aïzen. Peut-être aurait-il la chance de le croiser. À peine entrait-il dans la pièce qu’un serviteur vint à sa rencontre.

— Monsieur, vous ne devriez pas être levé. Vous avez été très malade ces derniers jours !

— Malade ?

— Oui… S’il vous plaît, retournez vous allonger. Je vais venir vous apporter de quoi vous restaurer. Je vais aussi prévenir le Maître que vous êtes enfin réveillé.

— Je…

— S’il vous plaît !

C’était clairement un ordre.

Ichigo grimaça et fronça les sourcils. Il n’était pas du tout d’accord pour recevoir des ordres de cette manière. Cela n’allait pas recommencer tout de même ? Il retourna tout de même s’installer sur le lit. Il n’eut pas le temps de s’asseoir sur ce dernier que la porte s’ouvrit à la volée. Ichigo en leva la tête, surpris.

— Sôsuke ?

— Enfin…

Aïzen traversa la chambre à grandes enjambées et prit le jeune homme dans ses bras, le décollant un peu de terre.

— So…suke ! Tu m’étouffes !

— Oh, pardon ! Mais je suis si heureux que tu te sois enfin réveillé. Malheureusement, je dois partir, et je ne pourrai pas rester avec toi. Je reviens ce soir.

— Oh… Je suis resté longtemps malade ? demanda le jeune homme, inquiet.

— Une semaine ! Le médecin a diagnostiqué un épuisement physique et moral. Il faut que tu te reposes. J’ai donné des ordres pour que tu te tiennes tranquille. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose…

— Bref, j’ai des baby-sitters !

— En quelque sorte… Mais comme tu ne sais pas prendre soin de toi, c’est moi qui vais le faire pour toi. S’il te plaît, mange et repose-toi. Après, tu feras ce que tu veux, mais pour l’instant, prends soin de toi tant que je ne suis pas là ! Cela t’évitera les « baby-sitters » par la même occasion !

— Je… je… d’accord ! marmonna le roux.

Ichigo était pris de vertiges et ne voyait pas comment tenir une conversation décente. Il fronça les sourcils et repoussa Aïzen pour s’asseoir sur le lit et finalement glisser ses jambes sous la couette. Le brun lui adressa un sourire rayonnant.

— Je ne pensais pas que cela serait si facile !

— C’est pas que je veuille t’obéir, c’est que j’ai pas le choix… grommela Ichigo. Je crois que je vais me sentir mal.

— Tu as mal quelque part ?

— Non. J’ai faim !

— Je vais demander à ce qu’on t’apporte à manger. Tu as trop maigri, Ichigo. Tu vas reprendre un peu de poids. Je t’ai déjà dit que je n’aimais pas les squelettes !

— Squelette ? Ne m’enterre pas trop vite…

Sôsuke regarda sa montre et fronça les sourcils.

— Je dois partir, Ichi. Sois sage jusqu’à mon retour.

— Je… ne suis pas un petit garçon !

— Hum ?

Aïzen se pencha en riant sous cape et embrassa rapidement le jeune homme sur la bouche.

— Sois sage !

— Étouffe-toi ! grogna Ichigo.

Sôsuke se redressa et adressa un sourire moqueur au jeune homme.

Il finit par quitter la pièce après un dernier regard sur le jeune homme boudeur qui se trouvait au fond de son lit. Il était très heureux de le voir enfin éveillé et en forme. Il n’en revenait toujours pas qu’Ichigo l’ait suivi aussi sagement.

Au passage, il donna des instructions pour qu’Ichigo puisse manger rapidement. Tous s’activèrent… Tous savaient qui était le roux. Ils en tremblaient d’avance, mais leur chef semblait irrémédiablement amoureux de ce type depuis des mois.

C’était le seul homme qu’il n’ait jamais fait entrer chez lui et le seul qu’il n’ait jamais cherché à avoir de cette manière. Ils s’étaient tous résignés à en subir les conséquences un jour ou l’autre.

°OoO°

Ichigo avait mangé et s’était endormi, à nouveau épuisé. Aïzen ne lui avait pas menti en lui disant qu’il était au bout du rouleau. En y songeant bien, qui ne l’aurait pas été ? Après tout, cela faisait des mois qu’il était sur la brèche, à slalomer entre les différentes organisations. Ne dormant pratiquement pas, mangeant quand il le pouvait et s’astreignant à un entraînement quotidien… Finalement, Sôsuke l’avait « cueilli » à temps !

Au cours de l’après-midi, Ichigo se leva une nouvelle fois. Il venait de se restaurer une nouvelle fois et se sentait plus assuré sur ses jambes. Il ouvrit la porte du dressing et vit que toutes ses affaires avaient été transférées à côté de celles du chef yakuza.

Il se trouva un pantalon, un t-shirt et prit quelques sous-vêtements. Il se dirigea vers la salle de bain et prit une douche qu’il fit durer tellement le jet de l’eau le détendait. Après s’être séché soigneusement, il s’habilla et finit sa toilette en se rasant et en se brossant les dents.

Il songea qu’il ne devait vraiment plus laisser pousser sa barbe, parce qu’entre les cheveux noirs et la barbe naissante orange, ça jurait terriblement. Il vit d’ailleurs que ses racines reprenaient leur teinte d’origine. Que devait-il faire, les reteindre ?

Il sortit de la pièce et vit que des femmes de ménage s’occupaient de changer les draps. Ichigo les salua et traversa la pièce pour visiter les lieux. Ses yeux s’étaient déjà posés sur une partie de la demeure ancienne que possédait Aïzen. Il traversa les différentes pièces et croisa du personnel et quelques yakuzas.

Ces derniers se tenaient à une certaine distance du jeune homme. Aucun ne savait ce qu’ils devaient faire avec le roux. Enfin, l’essentiel, c’est qu’ils savaient qu’une menace de mort planait au-dessus de leur tête s’ils touchaient un cheveu de ce Kurosaki.

Ichigo commençait à s’ennuyer ferme et erra dans la maison jusqu’à ce qu’il trouve une salle ressemblant à un dojo. Un sourire naquit sur ses lèvres et il se dirigea immédiatement vers une paire de tonfas. Il les prit dans ses mains et se dit que cela faisait un moment qu’il n’en avait pas utilisé.

Oubliant sa faiblesse et les recommandations faites, il se mit à s’entraîner. Il abandonna bientôt son t-shirt et se mit à se déplacer pieds nus, n’étant vêtu que de son pantalon. Ses mouvements étaient gracieux, nets et précis, voire mortels… aussi naturels que le fait de respirer.

Lorsqu’Aïzen entra dans la pièce où les yakuzas qui le surveillaient lui avaient dit qu’il se trouvait, il s’arrêta, saisi. Le corps du jeune homme était couvert d’une légère transpiration et les mouvements qu’il exécutait d’une manière si souple, telle une danse de la mort réservée à des yeux experts, le foudroyèrent sur place.

Il se déplaça lentement vers le mur et s’assit confortablement pour profiter du spectacle. Certains de ses hommes jetèrent un œil et restèrent confondus devant tant de grâce. Aïzen leur fit signe de fermer la porte. Ils s’exécutèrent et attendirent derrière cette dernière, frustrés de ne pouvoir en voir plus.

Tout à son entraînement, Ichigo ne remarqua tout d’abord pas la présence dans la pièce. C’est au bout de quelques minutes qu’il tourna la tête et qu’il croisa les yeux fauves. Ichigo s’arrêta et reprit son souffle.

— Tu exagères… Ce n’est pas ça, se reposer !

— Je m’ennuyais !

— Oh ? Je pensais que manger et dormir t’occuperaient pour la journée…

— Ne te moque pas ! grogna le roux.

Ichigo se dirigea vers le fond de la salle et rangea les tonfas. Il sentit une présence derrière lui et eut un geste de défense. Il fit tomber son agresseur sur le sol, le clouant au sol en lui tenant les poignets…

— Ne t’approche jamais silencieusement derrière moi si tu veux vivre !

— J’étais hypnotisé… souffla Aïzen.

Ichigo haussa un sourcil, surpris.

— Ton tatouage… c’est la première fois que je le vois, et je voulais… le toucher ! Vilaine curiosité… fit le plus vieux, ironique. Il était toujours épinglé au sol.

Ichigo eut un petit sourire et le relâcha finalement avant de se redresser. Il tendit une main vers Aïzen et l’aida à se relever. Une fois que ce dernier fut debout, Ichigo se retourna et lui montra son dos tatoué. Il sentit bientôt un doigt glisser sur sa peau. Il en frissonna mais ne dit absolument rien.

— Il est tout simplement magnifique… je n’imagine pas le nombre d’heures qu’il a fallu pour exécuter un tel travail.

— Quelques heures…

Ichigo sentit soudain les deux mains d’Aïzen caresser sa peau exposée. Il voulut se détacher de lui mais deux bras l’avaient enlacé sans qu’il puisse protester. Ichigo perçut des lèvres parcourir sa nuque et descendre lentement vers son épaule. Le cœur du roux s’affola… Il reprit sa respiration et entendit un léger rire contre son oreille.

— Tu essaies de cacher ton trouble ?

— Ça ne passe pas inaperçu ?

— Pas vraiment…

— Manque d’entraînement… Je promets de m’améliorer !

— Surtout pas ! Reste naturel pour certaines choses, sinon tu finiras par ressembler à un robot et ça… je ne le veux pas !

Ichigo sentit les mains expertes d’Aïzen parcourir son buste. L’odeur de l’homme enivrait le plus jeune, qui se laissa aller dans les bras du yakuza et apprécia juste les caresses sur son corps.

— Si tu te laisses aller comme ça, je ne réponds plus de rien…

— Qui te le demande ?

Ichigo se tourna alors vers Sôsuke, attira son visage près du sien et embrassa ses lèvres. Aïzen ne se fit pas prier : il enlaça le jeune homme et répondit à son baiser.

— Pas ici… souffla Aïzen quand il cassa le baiser, essoufflé.

— Pourquoi ?

— Parce que ce n’est pas ici que j’ai prévu de te faire l’amour !

Ichigo eut un petit sourire.

— Où ?

Aïzen prit la main du jeune homme et le tira à sa suite. Ichigo se doutait bien de l’endroit où ils allaient terminer leur course et ne fut donc pas surpris quand Aïzen le poussa dans le lit.

— J’ai pu exposer mon dos à tout le monde… marmonna Ichigo.

— Qui s’en soucie ici ? Moi ? Toi ? Ici, c’est chez toi, Ichi.

Et avant que le jeune homme ne puisse protester, Sôsuke était à quatre pattes au-dessus d’Ichigo, un sourire de prédateur sur les lèvres. Il se pencha et reprit leur baiser là où ils l’avaient laissé plus tôt. La bouche de Sôsuke descendit le long de la joue d’Ichigo pour mordiller le lobe de l’oreille du jeune homme, puis descendre lentement derrière son oreille et dévaler lentement sa nuque. Ichigo trembla sous la douce caresse. Il posa ses mains sur les épaules larges au-dessus de lui et tourna la tête sur le côté pour laisser un plus grand passage aux lèvres qui découvraient sa nuque.

Aïzen fit glisser son corps contre celui du plus jeune, qui fut légèrement surpris par le désir de l’autre. Sa gorge se noua. Sentir ce corps si proche du sien, qui le désirait et qui l’aimait, lui fit perdre peu à peu la raison. Ichigo enfouit ses doigts dans les longues mèches d’Aïzen et gémit lorsque la langue rugueuse de ce dernier caressa sa clavicule. Ichigo remonta ses jambes pour les enlacer autour de celles de Sôsuke et bougea lentement sous lui. Cela arracha un gémissement au plus vieux.

— Ichi, si tu continues, je vais perdre la tête…

— Pourquoi… Nous devons aussi nous maîtriser si nous faisons l’amour ?

Les yeux ambrés le regardaient avec intensité et passion. Une fragile barrière céda dans la tête d’Aïzen qui, dans un gémissement, fondit sur le jeune homme comme s’il s’attaquait à une proie.

— Tu l’auras voulu !

Les mains de Sôsuke firent glisser ses vêtements et il se retrouva rapidement nu devant le jeune homme, qui l’admira pour les proportions sveltes de son corps et sa musculature finement sculptée. Aïzen se pencha vers Ichigo et fit glisser son pantalon. Ichigo voulut retirer son boxer, mais les mains du brun l’en empêchèrent.

— Pas question…

Ichigo le regarda, surpris, et vit soudain la tête de l’homme glisser vers son buste pour emprisonner un téton entre ses dents et le caresser avec sa langue. Ichigo gémit sous la caresse… il ne se savait pas si sensible… Il haleta quand une main se mit à le caresser sous le fin tissu qui lui servait encore de rempart. Il s’arqua légèrement sous Aïzen et le regarda avec surprise alors que la bouche du plus vieux recouvrait à nouveau la sienne. La main de son amant caressait toujours sa verge sous le tissu. Ichigo en voulait plus.

Les mains de l’homme firent glisser le dernier morceau de tissu qui les séparait le long de ses cuisses. La gorge d’Ichigo se noua et ses yeux rencontrèrent ceux au-dessus de lui. Il ne savait pas si son sourire le rassurait ou l’inquiétait.

Aïzen dut s’en rendre compte car sa bouche reprit sensuellement celle, si douce, du jeune homme. Leurs langues s’enroulaient l’une autour de l’autre, leurs peaux se touchaient, se frôlaient… Ichigo haleta contre la bouche de son amant, ses yeux mi-clos laissaient entrevoir des yeux placés sous verre.

Sôsuke se laissa glisser le long du corps mince. Sa bouche explorait le grain de la peau douce et au goût salé du plus jeune. Elle exhalait une légère odeur de musc et de boisé. Il s’attarda avec délectation sur le nombril du roux, qui s’arqua sous la caresse.

— Tu es très sensible… souffla Aïzen.

Ichigo ne se savait pas non plus si sensible… Il était dérouté par les réactions de son corps, qui se mouvait de lui-même sous les doigts experts d’Aïzen. Pourtant, il ne faisait que l’effleurer avec le bout de ses doigts… Que lui arrivait-il ? Il perdit le souffle quand il sentit la bouche de son amant prendre sa verge entière dans sa bouche et commencer un va-et-vient des plus érotiques. Ichigo empoigna les cheveux bruns dans une main et mordit un doigt de son autre main, ne voulant pas laisser passer ses gémissements. Lentement, Sôsuke se redressa et reprit la bouche d’Ichigo, tandis que sa main cherchait quelque chose dans la table de chevet.

— Je l’ai ! murmura Sôsuke, triomphant.

— Quoi ?

— Ça !

Aïzen lui montra une boîte de lubrifiant. Les yeux d’Ichigo s’arrondirent…

— Je pensais que tu n’emmenais personne dans ta chambre !

— En fait, je l’avais mise dans ma table de chevet, au cas où…

— Pour une de tes conquêtes ? ironisa Ichigo.

— Disons pour une conquête en particulier… qui a naturellement les cheveux orangés, qui est imprévisible et qui se pose trop de questions…

— Par… don !

Aïzen avait débouché le pot et avait enduit ses doigts de gel. Il reprit là où il avait laissé le jeune homme et se remit à le pomper d’une manière très suggestive, ce qui surprit Ichigo, qui laissa échapper un halètement. Il se reprit bien vite… Sauf qu’un doigt était entré en lui, et il sursauta en sentant ce corps étranger tâtonner à l’intérieur. Il voulut repousser l’intrusion, se sentant mal à l’aise.

— Laisse-toi faire… détends-toi !

— Facile à dire… souffla Ichigo.

Un petit rire se fit entendre et Aïzen continua ses caresses incessantes. Sa bouche léchait ou suçait tour à tour le membre gonflé du jeune homme. Ichigo se crispa malgré les caresses qui le rendaient fou. Un deuxième doigt était entré en lui, et il se sentait au bord du malaise. Ce n’était absolument pas agréable ! songea-t-il, exaspéré. Il commençait un peu à se débattre, jusqu’à ce qu’Aïzen touche quelque chose en lui qui lui fit pousser un long gémissement sourd.

— Trouvé… souffla Aïzen.

Ichigo ne répondit pas, trop surpris et sous l’emprise de ses émotions. Sôsuke s’attarda exprès sur ce point si sensible qui fit se tordre le corps d’Ichigo. Le plus vieux remonta et reprit la bouche d’Ichigo. Il explora à nouveau la bouche du roux, qui s’accrochait à lui, ses doigts griffant son dos sous l’effet de la passion. Ichigo sentit son corps s’arquer de plus en plus vers celui de Sôsuke.

— S’il te plaît…

— Quoi ? souffla le plus vieux.

Ichigo était surpris de sa demande et ne sut quoi lui répondre sur le coup. Il lui adressa un regard perdu.

— S’il te plaît… Quoi ? insista Aïzen.

— Viens en moi… chuchota Ichigo contre la bouche de Sôsuke, légèrement rougissant.

— Si c’est ce que tu veux…

Aïzen glissa le long du corps du jeune homme, lui écarta les jambes et introduisit son sexe dans le corps du plus jeune, qui grimaça de douleur. Sôsuke émit un gémissement en entrant dans cette entrée si serrée. Il bougea au bout de quelques secondes, ne pouvant plus attendre. Cependant, il fit attention à le faire lentement et sans brusquer le jeune homme, qui s’était crispé autour de lui.

— Détends-toi, Ichi… Je ne peux pas bouger !

— J’essaie ! souffla le jeune homme.

Sôsuke se pencha vers le jeune homme et l’embrassa doucement. Il lui murmura quelques paroles rassurantes et bougea très lentement. Ichigo pensait vivre un cauchemar. Aïzen bougea plusieurs fois en Ichigo et ce dernier était toujours aussi crispé. Le roux passa ses bras autour du cou d’Aïzen et respira doucement.

Son corps se décrispa lentement et Sôsuke put enfin bouger : d’abord lentement, puis ses mouvements se firent plus longs. Ichigo rejeta la tête en arrière sous la surprise de ces nouvelles émotions. La douleur était là, certes, mais une autre sensation prenait place en lui à chaque fois que la verge de Sôsuke tapait sur sa prostate.

Ichigo fit glisser ses mains sur le torse au-dessus de lui et ses yeux rencontrèrent ceux de son amant, qui transpirait sous l’effort. Ichigo enroula ses jambes autour de la taille d’Aïzen pour mieux suivre son mouvement de va-et-vient, tantôt lent, tantôt plus rapide.

Il trembla quand son amant fit monter ses jambes sur ses épaules et s’enfonça plus profondément en lui. Les doigts d’Ichigo s’étaient crispés autour des bras qui tenaient fermement ses hanches. Seuls leurs halètements, leurs gémissements et le bruit du choc de leurs corps s’entendaient dans la chambre où l’obscurité s’installait peu à peu. Les deux hommes se libérèrent à peu de temps d’intervalle, Ichigo inondant le corps ferme d’Aïzen de sa semence.

Ichigo et Sôsuke se regardèrent dans les premières lueurs du soir, hébétés par ce qui venait de se produire. Ni l’un ni l’autre ne l’avait planifié ou y avait songé. Sôsuke se laissa glisser sur le lit et fit basculer fermement le roux sur lui. Il posa un doigt sur les lèvres entrouvertes et, serrant le jeune homme contre lui, lui murmura :

— Tu es à moi maintenant !

— Un nouveau jouet… jusqu’à ce que tu te lasses ! fit Ichigo, amer.

Les doigts d’Aïzen parcouraient le visage au-dessus de lui, et il le regarda sérieusement.

— Pour moi, tu n’as jamais été un jouet, Ichigo. Il me faudra beaucoup de temps pour me lasser de toi !

La voix de Sôsuke était basse et grave. Ichigo plongea ses yeux dans les siens comme pour mieux soupeser ses paroles.

— Tu es très méfiant…

— Tu n’es pas spécialement un modèle de vertu !

Aïzen éclata de rire et posa une main sur son front.

— Viens, on va prendre une douche…

Ichigo voulut se lever mais il arrondit brutalement les yeux en laissant échapper un gémissement de douleur.

— Non… souffla Aïzen. Un bain relaxant, c’est ce qu’il va te falloir !

— Qu’est-ce que tu m’as fait ?

— L’amour… petite chose ! rit doucement Sôsuke.

Il se leva et rallongea le jeune homme sur le dos.

— Attends-moi ici patiemment, je vais venir te chercher…

— Même si je veux, je crois que je ne pourrai pas ! souffla Ichigo.

Aïzen s’absenta quelques minutes et Ichigo gémit en se demandant pourquoi il fallait qu’il agisse impulsivement. Le brun revint vers Ichigo, qui le regardait entre ses yeux mi-clos. Sôsuke soupira.

— Tu n’es pas encore prêt à me faire confiance ?

— Aide-moi à me mettre debout… et ne me porte pas ! s’écria soudain Ichigo.

— Je profite lâchement d’une de tes rares faiblesses !

— Maudit sois-tu ! grogna Ichigo sous les rires de Sôsuke, que cela n’impressionna pas beaucoup.

Il vit que la baignoire carrée se remplissait rapidement et il ne put qu’apprécier la chose quand Sôsuke le fit glisser doucement dans l’eau chaude et bienfaisante. Ichigo laissa échapper un gémissement de contentement. C’était la chose la plus agréable qu’il ait connue dans sa vie… Aïzen le rejoignit dans l’eau et ferma les robinets. Il actionna les remous.

— Deux robinets ?

— J’ai pas de patience…

— Oh… je vois !

Aïzen éclata de rire.

— Je vois que tu vois de travers… et il mit sa main sur la tête du jeune homme pour le faire couler.

Ichigo se redressa et reprit sa respiration. Il était furieux ! Il se tourna vers Sôsuke et bondit sur lui pour lui faire boire la tasse à lui aussi. Bientôt, la salle de bain se transforma en mare et les remous n’avaient plus grand-chose à remuer ! Ichigo, se rendant compte de la catastrophe, hurla :

— Kami-sama ! Regarde ce que tu as fait !

— Ce que j’ai fait ? Je n’étais pas tout seul…

Ichigo le regarda sans se démonter et pointa un doigt vers lui, accusateur :

— Tu as commencé !

— Oui… mais franchement, c’est toi qui remues le plus… ironisa Aïzen.

— Ben voyons ! Fais-moi porter le chapeau en plus ! gronda Ichigo, mécontent.

— Allez, viens… Nous allons sortir d’ici et nous sécher. Je pense qu’ils nous ont préparé à manger et je signalerai le dégât des eaux…

Aïzen sortit, suivi d’Ichigo, qui faillit déraper sur le sol glissant.

— Fais attention ! Tes muscles sont encore endoloris !

— La faute à qui ?

— La mienne, c’est sûr ! éclata de rire le plus vieux. Arrête de râler et viens…

Ichigo se retrouva en dehors de la salle de bain et une serviette lui fut lancée à la figure. Il se sécha rapidement et se retrouva dans le dressing avec Sôsuke. Ils s’habillèrent confortablement et Sôsuke coinça le jeune homme contre le mur.

— Comment veux-tu que je me lasse de toi ?

Ichigo sentit immédiatement le désir de l’autre se rallumer.

— On se calme ! souffla Ichigo. Je crois que j’ai eu ma dose pour ce soir… et je meurs de faim.

— Il va falloir que je travaille ton endurance ! se moqua gentiment Sosuke.

— Ah oui ? Laisse-moi retrouver la forme… et c’est toi qui crieras grâce !

— J’attends de voir ça !

Un immense sourire barrait le visage d’Aïzen et il tira Ichigo derrière lui pour se diriger vers le salon où ils pourraient tous deux se restaurer.


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