Sweet Love 4

La voiture filait sur la route. Quelques véhicules circulaient encore, mais on était loin du trafic qui avait amené Ichigo au restaurant, plus tôt dans la soirée. Ichigo regardait la route, et il s’était vite rendu compte qu’ils ne se dirigeaient pas vers chez lui.

Il n’en revenait toujours pas ! Gin avait accepté sa demande en mariage, maladroite ! C’était fou, tout de même. Ils étaient presque des inconnus l’un pour l’autre… et en même temps, toute cette aventure était grisante.

Après une demi-heure de route, Gin quitta l’axe principal et conduisit plus prudemment. Ils ne parlaient ni l’un ni l’autre. Ichigo sentait la tension en Gin depuis qu’ils avaient échangé leur dernier baiser. Dans son regard, il reconnaissait cette lueur de compréhension — et sa détermination.

À peine avaient-ils quitté la route principale qu’ils se dirigeaient à présent vers une zone industrielle. Ichigo se posa des questions, mais évita de les poser. Il verrait le moment venu. Au bout d’un quart d’heure, ils longeaient les quais, et la voiture bifurqua dans une allée qui suivait un long bâtiment.

La voiture s’arrêta devant une grande entrée verrouillée par un volet mécanique déroulant. Ichigo imita Gin, qui descendait de voiture. Gin ferma le véhicule et lui tendit la main. Sans hésiter, Ichigo glissa la sienne dans la sienne.

Alors qu’ils se dirigeaient vers le côté du bâtiment, Ichigo remarqua une veilleuse au-dessus d’une porte blindée. Gin poussa le battant et tira Ichigo derrière lui. La porte claqua dans un bruit sourd et sec. Une odeur de graisse et d’acide vint agresser l’odorat d’Ichigo, qui se demandait bien où Gin l’emmenait.

Ils montèrent un escalier métallique, puis empruntèrent une sorte de couloir extérieur. Une porte les attendait au bout et, une nouvelle fois, Gin la déverrouilla. Il poussa le battant et tira Ichigo à l’intérieur.

Les lumières s’allumèrent automatiquement, mais Ichigo ne vit rien. Gin l’avait accueilli dans ses bras et l’embrassait comme si sa vie en dépendait. Ichigo l’enlaça, le voulant contre lui, le plus près possible.

— Ichigo, chuchota Gin, j’ai tellement faim de toi…

Ichigo aurait voulu lui répondre, mais il en fut incapable. Gin le déshabillait déjà, avec une urgence qui le troubla. Ichigo l’aida comme il put, un étrange sentiment l’agitant : l’impression de revenir des années en arrière, dans des conditions pourtant différentes.

Gin embrassait son cou, son buste ; sa bouche s’arrêta sur un mamelon, puis taquina l’autre. Même s’il essayait de s’attarder, l’urgence qui l’animait était évidente.

— Gin… tu n’es pas obligé de… de… Oh mon Dieu ! Gin, je vais jouir dans ta bouche si tu continues comme ça.

Loin de décourager son amant, Gin continua. Ichigo se crispa. Il en avait eu envie toute la soirée… et toutes les émotions qu’il avait traversées n’arrangeaient rien. Ses mains empoignèrent le cuir chevelu argenté.

— Tu es vraiment doué, souffla Ichigo, essayant de contenir les vagues de plaisir qui l’assaillaient.

Pour toute réponse, la main de Gin glissa derrière ses fesses. Ses longs doigts caressaient la peau, devenue hypersensible. Un gémissement franchit les lèvres d’Ichigo, suivi d’halètements de plaisir. Gin le caressait encore et encore, devant, derrière. Ichigo ferma les yeux et voulut repousser Gin, mais ce dernier le retint et, lorsqu’Ichigo jouit, Gin avala sans broncher.

Quand il se recula, la lueur sauvage allumée dans son regard déclencha une nouvelle vague de désir chez Ichigo. D’un geste, Gin essuya la commissure de ses lèvres, tandis que sa langue glissait lentement sur les siennes.

— Tourne-toi, Ichigo…

— Je… je me mets à genoux ?

— Tu restes debout.

Ichigo se tourna et se retrouva soudain plaqué contre le revêtement métallique. Derrière lui, Gin moulait son corps contre le sien. Il avait chaud, et la température d’Ichigo grimpa aussi. Gin se frotta à lui, puis Ichigo sentit le sexe de son amant glisser en lui.

Ichigo ferma les yeux et oublia bien vite les premiers mouvements de bassin. Les mouvements de Gin étaient doux et lents, alors qu’Ichigo savait qu’il mourait d’envie de le sentir le prendre avec force.

Il ne posa aucune question et le laissa diriger. Pendant quelques instants, Ichigo laissa dériver ses pensées, se posant mille questions… jusqu’à ce moment où il perdit pied. Ce n’était pas l’extase immédiate, mais à force de rentrer et sortir avec lascivité, l’esprit d’Ichigo ne songeait plus qu’à cela : les mains sur ses hanches, la cadence lente, cruelle.

Ses doigts griffèrent le mur devant lui, qu’il ne voyait même plus. Plaqué contre la paroi, Ichigo gémissait au même rythme que Gin.

— Je suis tellement heureux, Ichigo… tellement… Je veux te remplir tout entier. Je veux que tu ne penses qu’à moi. J’ai toujours été un peu égoïste, tu le sais. Je veux te marquer au fer rouge de la passion pour que tu ne puisses penser à rien d’autre qu’à nos nuits d’amour.

— Je ne rêve que de ça…

— Je ne veux pas être un de tes rêves inaccessibles, Ichigo. Je veux être une partie de toi. Je suis ton fantasme. Regarde comme nos hanches bougent à l’unisson. Tu me sens en toi ? chuchota-t-il contre le lobe de son oreille. Écoute le son de ma voix quand je gémis pour toi.

Ichigo tourna le visage vers Gin et tendit la langue. Gin la lécha. D’une main, il rapprocha le visage d’Ichigo et l’embrassa, encore et encore, tout en s’imposant le supplice de la lenteur. Ichigo ne comprenait pas ce qu’il visait, mais ses râles devenaient plus longs, plus forts, plus aguicheurs, au fil des minutes.

Ils jouirent ensemble, haletant à l’unisson, le regard perdu dans celui de l’autre. Ils restèrent un moment ainsi, incapables de bouger, reprenant leur souffle.

— Viens… ne reste pas comme ça, tu vas attraper froid, Ichi. Viens…

Ichigo suivit Gin, tout en ramassant ses affaires.

— Ici, c’est la salle de bain, dit Gin en désignant vaguement un espace. Ici, c’est ma chambre… enfin, notre chambre.

La porte s’ouvrit sur un grand espace aménagé, avec un lit immense au milieu.

— Je l’ai fait monter ici en pensant au jour où je pourrais te faire l’amour dessus !

— C’est pour ça que tu m’as pris dans l’entrée, s’amusa Ichigo.

— C’était l’hors-d’œuvre, ricana Gin. J’ai prévu de te faire l’amour dans toutes les pièces de l’appartement, et si possible à différents endroits, pour qu’à chaque fois que je pose les yeux quelque part, je me souvienne de ce que je t’ai fait… et que j’imagine la suite pour plus tard.

Ichigo secoua la tête. Gin l’étonnait. Il posa ses affaires proprement sur une chaise et Gin se crispa tout à coup. Son expression avait changé ; Ichigo suspendit son geste.

— Qu’y a-t-il ?

— C’est… Tu veux prendre une douche ? demanda Gin en changeant de sujet.

— Vite fait. Je n’ai pas de vêtements de rechange, par contre.

— Je te prête les miens. File te doucher, je te poserai tout sur le lavabo.

Ichigo ne se fit pas prier. Il avait sommeil, et la journée avait été longue.

Quand il sortit, Gin avait posé les vêtements comme promis. Quand Ichigo entra dans la chambre, seule la lampe de chevet était allumée. Gin dormait déjà. Il avait pris soin de rabattre les draps pour qu’Ichigo s’y glisse.

Ichigo le rejoignit et éteignit. Dans son dos, Gin se colla à lui et l’entoura de ses bras. Ichigo sombra dans un sommeil profond, loin de toute pensée.

°°0o0°°

Un bruit constant et sourd gêna Ichigo. Le klaxon qui suivit acheva de le réveiller. Merde… où avait-il encore échoué après sa cuite ?

Puis il se rappela.

D’un bond, il s’assit sur le matelas. Sa main chercha Gin à ses côtés, mais ne rencontra que le vide et la fraîcheur d’une place abandonnée.

La fenêtre, tournée vers l’extérieur, éclairait à peine la chambre, obstruée par un lourd double rideau opaque. Malgré tout, les contours des meubles se devinaient. Mis à part un dressing, une commode, un lit et deux tables de chevet, rien d’autre n’occupait la pièce.

Ichigo bascula sur le côté et vit l’heure avancée de la matinée. Gin devait travailler, au vu de l’activité qui régnait dans le bâtiment. Que devait-il faire ? Se lever… puis prendre une douche pour se réveiller. Il n’en avait pas le courage.

Lorsqu’enfin il gagna le coin cuisine-salle à manger, il trouva une feuille griffonnée :

« Je suis à mon bureau. Si tu veux, passe me voir avant de partir. Gin. »

Son œil fut attiré par une machine à espresso, et il fit comme chez lui. Il passa une main dans ses cheveux, encore un peu humides. Devait-il rejoindre Gin, comme ça ? Il attendrait encore un peu, au cas où.

Pourquoi se sentait-il si abattu alors qu’il avait obtenu ce qu’il désirait tant ? Mystère.

°°0o0°°

L’activité dans l’entrepôt de Gin fit hésiter Ichigo quant à une visite dans son bureau. À défaut, il envoya un message à son amant pour lui dire qu’il avait commandé un taxi pour rentrer. Après un dernier coup d’œil derrière lui, Ichigo sortit sans se retourner. Gin ne lui avait pas répondu.

Une fois dehors, le jeune homme frissonna. Il se trouvait près de la mer et l’air était plus vif. Son regard fut attiré par les véhicules : camions, voitures, chariots élévateurs et monte-charges. Bien loin d’un lieu glamour, l’endroit respirait l’activité industrielle et portuaire.

— Ichigo.

Étonné, il se retourna et vit Gin, qui refermait la porte derrière lui. Essoufflé par sa course, il l’interrogea sur son départ précipité.

— Tu as un rendez-vous, ou c’est parce que je ne suis pas là que tu pars aussi vite ?

— Aussi vite ?

Ichigo sourit.

— Il est presque midi.

— Tu ne veux pas déjeuner avec moi ?

— Comme tu ne répondais pas, j’ai supposé que tu étais occupé. Je ne voulais pas te déranger.

Gin le prit dans ses bras et lui chuchota à l’oreille :

— Tu ne me déranges pas. J’étais au téléphone, chéri. Si tu as le temps, on pourrait manger ensemble… et je te raccompagne chez toi après ?

— J’ai commandé un taxi…

Au même moment, le véhicule se gara devant eux. Gin relâcha Ichigo et se pencha vers le conducteur, tout en sortant son portefeuille.

— Je vais le raccompagner. Tenez, c’est pour le déplacement.

Le pourboire était généreux, et le chauffeur ne protesta même pas. La voiture repartit aussitôt. Gin prit la main d’Ichigo et l’entraîna dans l’entrepôt. Protester ne vint même pas à l’esprit d’Ichigo.

Ils traversèrent les lieux main dans la main. Le personnel présent essayait de ne pas prêter attention au couple, mais, ensemble, les deux hommes attiraient les regards. D’autant plus qu’Ichigo portait encore ses vêtements de la veille.

Ils entrèrent dans un couloir carrelé de crème, agrémenté de tableaux, puis débouchèrent sur des bureaux où trois secrétaires travaillaient.

Gin continua et pénétra enfin dans son bureau, encombré de nombreux dossiers. Son téléphone sonnait. Gin lâcha la main d’Ichigo pour répondre. Ichigo prit place sur un siège en face de lui, sortit son portable et consulta son fil d’actualité. Il grimaça soudain.

La story de Shiro l’interpella. Pour s’assurer d’avoir bien compris, il consulta le profil de Byakuya et vit que ce dernier avait changé son statut en « célibataire ». Le torchon brûlait donc entre eux ? En même temps, Shiro récoltait ce qu’il avait semé. Quelle idée de lui courir après.

Ichigo s’éloigna du bureau de Gin et appela Byakuya. Fidèle à lui-même, distant, ce dernier lui répondit froidement :

— Que me veux-tu, Kurosaki ?

— Shiba, rectifia Ichigo.

— Désolé, il me faut encore m’habituer, répondit Byakuya sans s’émouvoir.

— En même temps, Shirosaki ne te laisse pas trop le choix de retenir mon nom.

— Ne me parle pas de lui ! le coupa le noble.

Cela confirmait ses doutes.

— Tu vas le regretter, Byakuya… Il est perturbé. Tu sais comment il est. Il dit des choses qu’il ne pense pas, sans se rendre compte de ce qu’il sème.

— Justement ! Il va peut-être comprendre l’embarras dans lequel il me met.

— Byakuya…

— Ichigo, je t’aime beaucoup. Je t’estime. Je ne veux pas que tu te trompes sur mon compte. Mais tu n’as pas tous les tenants et les aboutissants de ma relation avec Shiro.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Rien…

Un soupir fatigué se fit entendre. Au bout de quelques secondes, Ichigo demanda :

— C’est si compliqué avec lui ?

— Comme si tu ne le savais pas… Enfin, peut-être que tu ne le sais pas, après tout. Toi, tu t’en fous ! Tu ne l’as jamais vraiment aimé, tu n’as jamais partagé ses sentiments. Et puis… Écoute, je n’ai pas le temps de parler de ça avec toi. Sache que ma décision est irrévocable.

— Quoi ? fit Ichigo, choqué. Mais avant-hier, tout allait bien entre vous !

— Il se passe beaucoup de choses en deux jours. Regarde-toi !

— Quoi, moi ?

Un petit rire narquois se fit entendre. Cela agaça Ichigo, qui ne voyait pas où Byakuya voulait en venir.

— Je vois, dit ce dernier. Tu achèteras le journal de ce matin, n’importe lequel. Tu regarderas les pages potins et tu découvriras des photos de toi et de ton amant. Les journalistes se régalent.

— Pardon ? Je suis dans les journaux ?

— Bien sûr ! Tu t’attendais à quoi ? Si tu veux découvrir ta vie, achète les journaux à scandale. Ils ont réécrit ta vie.

Ce fut au tour d’Ichigo de respirer très fort.

— Attends-toi à avoir des journalistes devant chez toi…

— Ce n’est pas bon… marmonna Ichigo.

— Je ne te le fais pas dire. Je vais te laisser, je suis occupé. Et toi aussi, maintenant. Au plaisir.

Le bip-bip du téléphone finit d’énerver Ichigo. Cet imbécile avait le chic pour couper les conversations à sa convenance.

Sans se tourner vers Gin — il sentait pourtant son regard sur lui — Ichigo appela son père. Isshin lui répondit normalement. Est-ce que Byakuya s’était trompé ? Se moquait-il ? Se vengeait-il de lui ?

— Papa ?

— Tu as passé une bonne soirée, hier soir ?

— Euh… oui, répondit Ichigo, prudemment.

— Tant mieux ! Tu dois être en forme, à moins que ton fiancé ne t’ait épuisé cette nuit, ricana Isshin.

— Papa !

— Pas le temps, reprit Isshin, soudain sérieux. Je veux que toi et lui veniez tout de suite à la maison. Maman et moi t’attendons.

— Pourquoi ?

— Tu le demandes ? Vu les manchettes des journaux, il est préférable que nous discutions au plus vite.

— OK. Je préviens Gin.

— À tout à l’heure, fils.

Ichigo se tourna vers Gin, qui avait écouté la conversation. Son expression froide lui était étrangère.

— Puis-je savoir ce qui se passe depuis tout à l’heure ?

— Mon père nous demande de venir chez lui ce midi, pour une conversation urgente.

Gin haussa un sourcil.

— Peut-on savoir pourquoi ?

— Nous faisons la une de tous les journaux.

D’abord surpris, Gin se gratta le front.

— Nous ne nous sommes pas cachés, et je n’ai pas pensé aux conséquences…

— Oui, et bien mon père nous attend tous les deux, pour une conversation entre « hommes ».

— Je ne vois pas en quoi…

— Ce n’est pas pour toi ou moi, Gin. C’est pour le clan Shiba. Avec moi, c’est avec tout un clan que tu dois composer. Tu comprends ?

Ichigo se leva pour se mettre à la hauteur de son amant.

— Nous ne sommes pas libres de nos faits et gestes. Même si le clan Shiba s’autorise des libertés, nous finissons toujours par nous faire rattraper par les règles. Nous devons composer avec elles, jusqu’à ce que nous arrivions à les faire plier. C’est une sorte de devise, chez nous. En attendant, nous devons rencontrer mon père… Alors, Gin, tiens-toi prêt.

Gin fronça les sourcils. Il aimait Ichigo, mais pas son clan. Pourtant, il allait devoir affronter l’homme qu’il redoutait le plus : le père d’Ichigo.

°°0o0°°

Les grandes portes qui donnaient sur le bassin aux carpes laissaient filtrer l’air chaud de l’été. La grande pièce japonaise recouverte de tatamis, dépouillée de meubles ou presque — mis à part une table basse noire laquée au centre — voyait deux couples assis l’un en face de l’autre.

Le premier couple était composé d’un homme d’une cinquantaine d’années et d’une jeune femme d’à peine une vingtaine d’années, aussi frêle qu’une brindille. Elle paraissait troublée par l’atmosphère solennelle et, pourtant, se tenait droite, le regard modestement baissé.

En face, assis en seiza au côté de son père, Byakuya écoutait son père parler pour lui. Sojun Kuchiki affichait un sourire radieux, très heureux de la rencontre qui se tenait chez lui.

Byakuya, lui, avait l’impression de mourir. Et pourtant, il venait de donner son accord : il était à présent « marié » à cette femme. La cérémonie officielle aurait lieu deux semaines plus tard.

Son clan l’avait coincé deux jours plus tôt en lui imposant un omiai. Il avait bien tenté de refuser, mais il n’avait eu aucun choix ! D’autant plus que, le matin même, des coupures de journaux affichaient Shiba Ichigo en compagnie de son amant.

Ce qui, à la base, n’avait été qu’une simple rencontre de présentation s’était transformé en mariage. La pression du clan, depuis quelques semaines, devenait de plus en plus insistante — surtout qu’il s’affichait, lui aussi, avec un homme.

Des bruits circulaient ! Et même si le mariage entre personnes de même sexe était désormais légalisé, ce n’était pas une option pour le clan Kuchiki. Byakuya n’avait même pas protesté. Depuis l’enfance, il savait qu’il ne choisirait pas sa partenaire et qu’il épouserait une femme décidée par son clan.

Aujourd’hui, les événements se bousculaient dans sa vie : entre sa dispute avec Hichigo, le soir de l’anniversaire d’Ichigo, son retour chez lui, et une réunion impromptue entre son père, son grand-père et tous les membres masculins importants du clan Kuchiki, au cours de laquelle il avait appris… enfin, non : on lui avait notifié son mariage avec Hisana.

Quand est-ce qu’il s’était mis à espérer ? Espérer échapper à cette coutume n’était qu’un leurre. Ses yeux se fermèrent un instant. Eh bien… ce mariage était moins douloureux que ce à quoi il s’était attendu.

Il se leva comme le reste de l’assemblée. Son regard croisa celui de sa nouvelle épouse, dans lequel il lut un espoir timide — et de la joie.

Qu’aurait ressenti Hichigo si c’avait été lui, à la place de cette femme ? Le sourire narquois de son amant lui revint en mémoire et une envie soudaine de pleurer le gagna.

Que s’était-il dit, plus tôt ? Que ce mariage serait facile ? Un frisson d’angoisse le traversa. Pourtant, il fit bonne figure et se montra respectueux envers son beau-père et sa femme, qu’il invita à le suivre dans le jardin.

Son grand-père lui avait suggéré, plus tôt, une petite entrevue entre eux deux, pour faire plus ample connaissance. La mort dans l’âme, Byakuya offrit son bras et le nouveau couple s’engagea dans le jardin sec.

Byakuya avait toujours obéi aux ordres qu’on lui donnait, même si cela signifiait son arrêt de mort. Le clan Kuchiki n’était pas le clan Shiba ! Ces derniers avaient toujours été turbulents et tapageurs, voire incontrôlables : tout l’inverse de son propre clan. Et, pour la première fois, Byakuya envia ce clan qu’il ne portait pas dans son cœur.


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)