De toi @ moi 3

Mercredi 19 novembre 2008

Le lundi matin, Ichigo se dirigea vers la machine à café de l’étage. Il n’y avait plus de café pour en préparer dans la machine de leur bureau. Donc, tous les extraterrestres du bureau devaient sortir pour chercher de quoi carburer toute la journée. Enfin, toute la matinée, car Mashiro allait être de corvée de konbini pour renflouer le stock du bureau pendant la pause déjeuner.

Bientôt, Ichigo fut rejoint par Ikkaku et Yumichika. Ils discutèrent tous les trois assez bruyamment, comme ils l’auraient fait dans leur propre bureau. Il faut dire qu’aucun ne voulait se lever de son poste de travail ; donc les conversations se faisaient souvent à distance.

— Je sais pas si t’as vu, Ichi, mais ici y a une sacrée bande de coincés !

— Hum… Quand je suis allé au bureau de la DRH vendredi, ils m’évitaient comme si j’avais la peste !

— Pas possible ! s’exclama Yumichika. Ils sont vraiment moches avec leur bi-couleur. Ce n’est définitivement pas beau. Il faut oser les couleurs… Regarde : nous, on n’hésite pas à faire ressortir nos personnalités rayonnantes !

Le brun à la coupe au carré semblait presque entouré d’étoiles en disant ces paroles.

Ichigo eut un petit sourire en coin. C’est vrai que Yumichika n’avait pas lésiné sur les couleurs, encore une fois ; quoique tout fût harmonieux dans sa façon de s’habiller. Et l’une des choses que Yumichika savait faire, c’était harmoniser les couleurs. Par contre, Ikkaku, à son côté, avec son T-shirt rose à motifs de cœurs, faisait vraiment tache…

Mais s’il y avait bien une chose qu’Ikkaku savait faire, c’était faire sauter les dentiers de tous ceux qui se foutaient de sa gueule. Quant à Ichigo, il avait revêtu un jean noir et un T-shirt avec une tête de mort dessus. Une chaîne cadenassée pendait sur sa poitrine. Ses cheveux, impeccablement coiffés en épis, et deux ceintures cloutées pendant autour de sa taille finissaient le tableau.

La machine à café fut désertée le temps que les trois hommes y restèrent. Et comme ils n’étaient pas pressés, le service administratif ne fut jamais aussi productif que ce matin-là. Surtout quand le chef de service R&D vint les rejoindre : la zone fut mise en quarantaine.

D’ailleurs, Ukitake trouva le couloir du service administratif bien calme quand il le traversa. Puis il entendit une joyeuse conversation — dans laquelle il reconnut le rire ironique de Kisuke Urahara, son vieil ami ! Il bifurqua et vit les quatre hommes discuter d’un sujet qui semblait hors de sa portée. Il s’avança tout de même pour leur souhaiter le bonjour.

— Bonjour, Kisuke… Il est rare de te voir sortir de ta cachette !

— Oh… mais qui vois-je ! Bien le bonjour, Jyuushirô ! Que nous vaut l’honneur de ta visite ?

— C’est plutôt vous qui êtes sortis nous rendre visite. Moi, je me rendais chez Shunsui pour lui donner mon rapport sur la réunion de vendredi.

— Ooohhhh ! Tu as déjà fini ? ironisa le blond.

— Bien sûr !

Ukitake salua Kurosaki, puis lui dit :

— Votre dossier passera en commission mercredi, donc vous aurez la réponse plus tôt que prévu.

— Merci beaucoup !

— Jyu-chan est le meilleur pour ce genre de truc. Je comprends pas pourquoi tu ne travailles pas dans le social, toi !

— Moi, je me demande comment tu as fait pour ne pas devenir leader dans un clan de mafieux, Kisuke.

— Oh !!

Tous se retournèrent et virent Shunsui Kyoraku se diriger vers eux.

— C’est une réunion extraordinaire autour de la machine à café. Waouh ! Le service Recherche et Développement, presque au grand complet, qui est sorti de sa tanière ! Pas étonnant que tout le monde reste planqué dans ses bureaux… surtout avec toi dans les parages, Kisuke !

— C’est toi qui dois être content… T’as enfin du boulot à te mettre sous la dent ! À moins que t’aies tout refilé à Nanao, encore une fois ?

— Sentirais-je une pointe de jalousie ? répondit le grand brun, moqueur.

Ichigo termina son café et retourna vers son bureau… Il avait autre chose à faire qu’écouter leurs conneries. Il fut suivi par ses deux collègues, qui prirent soin de se reprendre une tasse de café avant de repartir.

— Dis-moi, Kisuke… J’ai su que celui qui a les cheveux orange était veuf depuis peu… Ça va, avec lui ? demanda Shunsui.

— Oh… Kurosaki ! Ma petite merveille, comme je l’appelle.

Voyant l’air étonné des deux autres responsables, il précisa :

— Ce gars a un cerveau et des doigts en or ! Jamais il ne quittera mon bureau : je le séquestre. En plus, il est super sérieux… mais c’est vrai qu’il l’est souvent trop. Enfin… surtout depuis que sa femme est morte. C’est pire depuis. Sinon, son boulot est toujours le même : impeccable. Au fait, merci, Jyu-chan, d’avoir pensé à aménager son horaire. J’avoue que ce genre de truc, j’y pense pas !

— Soi-disant qu’il fait partie d’une grande famille noble ? s’informa Shunsui.

— Oh oui… murmura Kisuke… alors n’oublie pas le « sama » en t’adressant à lui !

— Qu’est-ce qu’il fout dans ce genre de job, alors ?

— Connais-tu le mot passion, Shunsui, mis à part pour le saké et les femmes ?

— J’avoue que là, si tu m’enlèves ça… non.

— Tu ne comprendrais pas, alors…

Kisuke observa Jyuushirô une seconde.

— Quelque chose te tracasse, Jyu-chan.

— Non… pas vraiment. Je réfléchissais à sa situation avec les enfants qu’il a et son travail : ça ne doit pas être simple, tous les jours.

— Il a des enfants ? fit Shunsui, surpris.

— Trois, pour être précis ! répondit Kisuke avec un sourire. Ils sont adorables, d’ailleurs.

— Tu les connais ? Jyuushirô était surpris.

— Oui… De temps en temps, j’organise des pique-niques avec mes gars et leurs familles. Je resserre les liens pour qu’une bonne entente et une bonne cohésion se fassent dans le service. Comme ça, si y en a un qui tombe malade, y aura toujours une relève…

— Je me disais aussi ! Jamais rien pour rien avec toi ! fit Shunsui, toujours moqueur.

— Mais ça marche… Ahhh, fit Kisuke en regardant sa montre. Vous m’excuserez, messieurs, mais c’est l’heure des courses… donc je vous laisse, et à tout à l’heure ! Enfin, si y a toujours pas de café dans notre machine !

Le blond sortit son éventail et se mit à marcher nonchalamment — tout en s’éventant — vers son bureau. Au-dessus de la porte trônait une tête de mort, et deux adhésifs jaune et noir indiquaient : « Vous qui entrez, c’est à vos risques et périls ! Bureau de Recherche et Développement… »

°OoO°

De retour dans son bureau, Ukitake soupira. Shunsui lui avait encore tenu la conversation pendant une bonne demi-heure. Lentement, il s’installa à son bureau et se mit à faire les fiches de paie. Notamment celles des commerciaux : encore à se prendre la tête avec leur foutu chiffre d’affaires et leurs piaillements sur leurs notes de frais.

Il resta un bon moment ainsi quand il reçut un coup de fil — du service commercial, justement. Jyuushirô maudit Kenpachi pour sa mauvaise volonté… mais bon : c’était comme ça avec toutes les personnes de ce service !

Tout en discutant avec Kenpachi, Ukitake ouvrit sa boîte mail. Il supprima quelques sollicitations, quand il tomba sur un mail de Kurosaki. Il l’ouvrit immédiatement.


De : Kurosaki Ichigo — dpt Recherche et Développement

À : Ukitake Jyuushirô — Direction des ressources humaines


Sujet : (aucun)

Re-bonjour,

Je voulais juste vous remercier correctement pour vous être occupé aussi rapidement de mon dossier. Il n’est pas facile pour moi de m’expliquer devant autrui (surtout devant mes collègues et mon supérieur).

Donc, je vous remercie encore pour ce que vous faites pour moi.

Sincèrement,

Kurosaki Ichigo.


Jyuushirô eut un petit sourire, puis fronça les sourcils… Si cela continuait comme ça, il allait se passer quelque chose. Enfin, non… Après tout, ce n’était que des remerciements. Il se décida à lui répondre avant la pause déjeuner.


De : Ukitake Jyuushirô — Direction des ressources humaines

À : Kurosaki Ichigo — dpt Recherche et Développement


Sujet : Remerciements

Re-bonjour,

Vous n’avez pas à me remercier. Je n’ai fait que mon travail.

J’espère au moins que vous vous êtes reposé durant votre week-end et que vos enfants ont pu apprécier le changement que procure un nouvel environnement.

Jyuushirô Ukitake.


Ichigo travaillait sur sa bande-annonce quand il reçut le mail du DRH. Il le lut et eut un petit sourire, mais il n’y répondit pas immédiatement. Il ne voulait pas montrer qu’il l’avait attendu. C’était bizarre, comme sensation. Il avait eu un coup au cœur quand il l’avait vu, le matin même, près de la machine à café, discuter facilement avec Urahara. Peu de gens en étaient capables.

Il se dégageait de lui un sentiment de sécurité et de sérénité qui apaisait les nerfs à vif d’Ichigo. Il avait écrit ce mail parce qu’il avait eu besoin du contact de cet homme. Il ne savait pas pourquoi et ne chercha pas à y trouver une raison. Toujours est-il qu’il avait attendu anxieusement sa réponse… enfin, s’il lui en faisait une. Il n’était pas certain qu’il y répondrait, d’ailleurs. Là, après avoir lu son mail, son cœur se gonfla. Il n’avait pas ressenti cela depuis combien de temps ?

Ichigo retrouva donc une meilleure humeur, ce qui fit que son voisin se gratta la tête, tentant de comprendre ce qui le rendait si heureux.

Au bout d’un moment, il se pencha vers Ichigo et lui demanda :

— Oï, shinigami ! J’peux savoir ce qui t’rend heureux ?

— Pardon ?

— Chais pas ! T’as l’air plus heureux qu’à l’ordinaire…

— Rien en particulier, assura le roux.

— Bon, si tu le dis !

Ichigo se pencha, au bout de quelques minutes, vers sa boîte mail et entreprit d’écrire un autre message au DRH.


De : Kurosaki Ichigo — dpt Recherche et Développement

À : Ukitake Jyuushirô — Direction des ressources humaines


Sujet : (aucun)

Merci de vous inquiéter pour mes enfants. Notre week-end fut profitable pour tout le monde, surtout pour Tamaki, qui a retrouvé un peu le sourire et s’est remis à jouer à peu près comme avant. J’ai été agréablement surpris par le profit tiré de ce changement de « décor ». J’ai décidé de sortir un peu plus souvent avec mes enfants le week-end. Je pense aller au zoo le week-end qui vient !

C’est bizarre : ce sera la première fois que je sors avec tous mes enfants.

Je n’avais pas réalisé combien j’ai pu être pris par mon travail…

Vous souhaitant une bonne soirée,

Kurosaki Ichigo.


Tout à coup, l’orangé se sentit un peu bête d’avoir envoyé ce genre de message. Il se mordilla la lèvre inférieure et se dit que tant pis : c’était fait, maintenant.

Il quitta son travail sans avoir obtenu de réponse et se dit qu’il était stupide d’avoir fait ce genre de confidences à son DRH, qui avait de toute façon autre chose à faire que d’écouter les problèmes d’un vague employé.

Il monta dans sa voiture et alla chercher ses enfants auprès de l’assistante maternelle qui les gardait, le temps qui le séparait entre l’école et sa sortie du travail. Il arriva rapidement à destination. Ichigo attacha le plus petit ; les deux plus grands, eux, s’étaient débrouillés tout seuls.

Lentement, Ichigo rentra chez lui. Il avait le moral un peu à zéro. Il s’occupa pourtant, comme d’habitude, de sa maison et de ses enfants.

Quand ils furent couchés, il se glissa sous la douche et, lorsqu’il en sortit, se ceignit d’une grande serviette et se dirigea vers la cuisine. Il sortit une bière du réfrigérateur. Il sentait en lui comme des vagues d’angoisse. Il se sentait triste et seul.

Ichigo se reprocha d’avoir envoyé ce mail stupide, et encore plus de croire qu’il recevrait une réponse. Pourquoi attendait-il une réponse, d’ailleurs ? Cet homme était tellement… compréhensif. Le roux pensa qu’il avait effectivement des amis sur qui il pouvait compter — même si aucun ne lui procurait ce sentiment de sérénité.

Il posa la boîte de métal froide sur son front. Alors ses pensées dérivèrent vers Ukitake Jyuushirô. Il était plus grand que lui… vraiment plus grand, plus large d’épaules aussi. Ses yeux noirs étaient très expressifs, sa bouche charnue et sensuelle. Elle se plissait doucement lorsqu’il souriait, et cela arrivait souvent. En fait, Ichigo ne l’imaginait pas autrement que souriant. Ses traits étaient fins, mais son visage ne manquait pas de caractère.

Et son odeur… l’odeur du thé vert semblait prédominer chez lui.

Il avait quel âge ? Ses longs cheveux blancs n’aidaient pas beaucoup à le deviner. Les pensées du roux ne cessaient de tourner autour de lui. Ichigo jeta la boîte vide dans le recyclage et enfila quelque chose avant d’attraper froid.

Il enfila son pyjama et éteignit la lumière. La dernière chose à laquelle il songea… c’était qu’il était tombé amoureux d’un homme ! Il prit la chose le plus calmement du monde. De toute façon, il n’avait aucune chance d’arriver à quoi que ce soit…

°OoO°

Le lendemain matin, Ichigo alla porter ses enfants à l’école, comme d’habitude. Il se dirigea vers la machine à café de son bureau, se prit une tasse, puis alluma son ordinateur. Il enfila des lunettes : il se sentait fatigué ces derniers temps et il avait mal dormi.

Il se mit finalement à son travail. Il se donna à fond dans ses calculs, tout en faisant abstraction de sa découverte de la veille. C’était « trop brûlant », pour l’instant.

Tout le monde lui ficha la paix… Les lunettes étaient souvent le signal qu’il n’allait pas bien, et qu’ils se feraient tous envoyer sur les roses s’ils l’approchaient. Un périmètre de sécurité s’instaura donc autour du jeune homme.

Il avança plus vite qu’il ne l’espérait dans son travail… Comme quoi, une bonne concentration pouvait venir à bout de toute confusion.

Vers la fin de matinée, Ichigo vit ses collègues se lever pour aller déjeuner. Il n’avait pas faim, alors il les laissa partir sans les suivre. Il ne fit pas attention aux allées et venues… pas le temps, de toute façon.

Kisuke observa le jeune homme durant quelques minutes et allait lui parler quand les voix d’Ukitake et de Shunsui lui parvinrent aux oreilles. Oh là… Il devait quitter la pièce avant qu’on n’adresse la parole au roux !

Il allait presque arriver à ses fins, si ce n’est que Shunsui aperçut le jeune homme, seul dans la pièce, apparemment concentré sur son travail. Il voulut l’interpeller, mais Kisuke le stoppa net.

— Laisse-le ! Il doit être contrarié pour s’isoler comme il le fait !

Ukitake passa outre l’avertissement et traversa la pièce pour aller se placer devant le roux.

— Vous feriez mieux d’aller manger, sinon vous risquez d’avoir un malaise… Et je pense que ce sont vos enfants qui vont s’inquiéter pour vous, ce soir. Je me trompe ?

Ichigo avait vu approcher l’homme, le cœur battant. Lorsqu’il lui adressa la parole, il ne leva pas les yeux. Il tourna ses yeux ambrés vers ceux, noirs et si expressifs, d’Ukitake quand il évoqua ses enfants. Une vraie lueur d’inquiétude venait les assombrir. Ichigo soupira et se rendit à la raison.

Il fronça les sourcils et vit Kisuke s’approcher d’Ukitake et le tirer par le bras.

— Il n’écoutera pas… Je le connais !

Soudain, Ichigo se leva et retira ses lunettes, qu’il posa sur son bureau. Il prit sa veste, leur souhaita un bon appétit et quitta les lieux. Kisuke le regarda partir, stupéfait.

— Euh, Jyuushirô… Faut que tu me donnes ton secret, là ! Jamais je n’ai obtenu un résultat pareil. Quand je l’approche quand il est comme ça, généralement je me fais tuer.

— Il faut t’y résoudre, Kisuke… Tu n’as pas le charme de Jyuushirô ! dit Shunsui en éclatant de rire.

Ukitake rougit légèrement en entendant les paroles de son ami.

— Je n’ai rien fait ! se défendit-il.

— Bah, faut croire que si, Ukitake-san ! Allez, viens : allons manger, sinon toi aussi tu vas tomber dans les pommes cet après-midi.

Les trois hommes partirent en discutant sur les propriétés thérapeutiques qu’avait, généralement, le chef du service du personnel sur les gens.

— On devrait te prescrire en cas d’urgence !

— C’est sûr que je vais le faire venir en cas de nouvelle crise dans le bureau, fit Kisuke, moqueur.

— Arrêtez cinq minutes !

— Au fait… Jyuushirô… ça fait un moment que t’es célibataire. Huit mois, un an… non ?

— Ahhh ! Laisse ça de côté, s’il te plaît !

— Bah… Qu’est-ce que t’attends pour te trouver un nouveau gars bien gentil ? Évite le côté rebelle du dernier… Regarde où ça t’a mené, marmonna Shunsui.

— Ce sont MES affaires, grinça Ukitake.

— Oui… mais tu es malheureux, maintenant.

— Qui te dit que je n’ai pas quelqu’un d’autre dans ma vie ! fit Ukitake, avec défi, en ayant assez d’être son sujet de plaisanterie.

— Oh ! Et qui ?

— Tu m’énerves…

Ils déjeunèrent ensemble. Kisuke et Shunsui étaient moqueurs ; Ukitake, exaspéré.

°OoO°

Lorsqu’Ichigo revint de sa pause, il regarda ses mails et vit que l’un d’eux venait d’Ukitake, daté de la veille au soir. Il avait été envoyé aux environs de vingt heures. Ichigo en fut surpris et ouvrit le message.


De : Ukitake Jyuushirô — Direction des ressources humaines

À : Kurosaki Ichigo — dpt Recherche et Développement


Sujet : (aucun)

Excusez-moi, Kurosaki,

Je pense que vous lirez ce mail seulement demain matin, mais sachez que je suis très heureux que votre week-end se soit convenablement passé, surtout si Tamaki se sent mieux : je pense que vous devez en être grandement soulagé.

C’est une très bonne idée, le zoo. Les enfants adorent, règle générale… et puis, pour les adultes, c’est un agréable moment pour évacuer le stress. De voir la vie autrement. Je comprends bien que cela vous semble bizarre de partager cette activité, pour la première fois, avec vos enfants, alors qu’ils ont un âge « avancé ». Je ne trouve pas le mot exact… désolé.

C’est vrai que la vie nous emprisonne dans une certaine routine, et on en oublie parfois l’essentiel. Le principal est de s’en rendre compte avant qu’il ne soit trop tard, et que vous puissiez profiter de moments privilégiés avec votre famille.

Je vous souhaite une agréable journée.

Jyuushirô Ukitake.


Ichigo se gratta la tête et se traita d’imbécile. Il aurait mieux fait de lire ses mails au lieu de s’enfermer dans sa bulle. Le comportement qu’il avait eu le midi même n’allait pas aider Ukitake à avoir une bonne opinion de lui. Mais qu’importe, après tout… Il n’aurait pas ce genre de penchants !

Il allait fermer sa boîte mail quand il vit un nouveau message. Ses yeux s’arrondirent de surprise. Il l’ouvrit et lut rapidement le message d’Ukitake.


De : Ukitake Jyuushirô — Direction des ressources humaines

À : Kurosaki Ichigo — dpt Recherche et Développement


Sujet : Inquiétude

Excusez-moi d’intervenir dans votre vie… Mais allez-vous bien ? Je me suis inquiété de vous voir si isolé. D’autant qu’Urahara-san me disait que vous étiez dans cet état uniquement lorsqu’un malheur vous frappait. J’espère sincèrement que tout va pour le mieux pour vous.

Tenez-moi informé de tout problème. Si je peux vous être d’une quelconque utilité, n’hésitez pas.

Jyuushirô Ukitake.


Ichigo se mordit la lèvre. Il culpabilisait. Il posa les doigts sur le clavier et répondit immédiatement à son message, ne sachant toujours pas quoi dire.


De : Kurosaki Ichigo — dpt Recherche et Développement

À : Ukitake Jyuushirô — Direction des ressources humaines


Sujet : Toutes mes excuses

Je suis sincèrement désolé de vous avoir inquiété. Ce n’était pas mon objectif. Il est vrai que j’ai parfois des sautes d’humeur, généralement quand cela me touche de très près. Disons que… c’est assez personnel. Je ne peux pas vous expliquer de façon rationnelle mon humeur. Peut-être que c’est le fait de me sentir si seul, le soir, lorsque mes enfants sont allés se coucher. Je me sens confus de m’être comporté de telle manière.

Je vous adresse toutes mes excuses et ferai attention à ce qu’une telle chose ne se reproduise.

Comme vous le voyez, mon seul problème reste ma personne.

Veuillez encore une fois m’en excuser.

Ichigo Kurosaki.


Ichigo se replongea dans son travail et fut soulagé de pouvoir s’excuser pour son comportement infantile auprès d’Ukitake.

Un peu plus tard, dans l’après-midi, il vit un message dans sa boîte mail. Il l’ouvrit en tremblant légèrement.


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)