De toi @ moi 7

Ichigo avait envoyé son message en fin de matinée… et toujours pas de réponse ! Il regarda sa montre anxieusement… il était 16h13 ! Il soupira et se replongea dans sa création graphique. Ichigo voyait, du coin de l’œil, Grimmjow l’espionner. Ils avaient encore du faire un pari sur son compte dans le bureau !

Ichigo commençait à fulminer, mais n’en laissait rien paraître. Il se dit finalement que son amant devait être occupé avec Yama-jii. Kisuke l’avait signalé le matin même et Jyushiro lui en avait parlé la veille. Ses collègues commençaient à partir. Alors, qu’Ichigo allait lui aussi éteindre son ordinateur  il vit qu’un message lui était parvenu.


De : Jyushiro Ukitake Direction des Ressources Humaines

A : Ichigo Kurosaki               Service : Conception & Réalisation


Sujet : aucun.

Ichigo,

Pourrais-tu passer à mon bureau à l’instant…

Désolé de n’avoir pu te contacter plus tôt, mais j’ai passé une bonne partie de l’après-midi avec Yama-jii.

A tout de suite,

Jyushiro


Ichigo éteignit son ordinateur et rangea tranquillement ses affaires. Kisuke traînait encore dans son bureau et n’en sortirait certainement pas tout de suite. Il ne restait plus qu’Ichigo dans le bureau. Il se dirigea prudemment vers le service du personnel. Ichigo passa devant le bureau de Kiyone et ne vit personne, alors il tapa directement à la porte de Jyushiro. Il entendit aussitôt une voix douce lui demander d’entrer dans le bureau.

A peine eut-il franchit le pas de la porte qu’une  main l’attrapa et le tira vers une large poitrine. La tête d’Ichigo se retrouva posée à la base du cou d’Ukitake qui avait enroulé ses bras autour de sa taille.

— Ichigo cette journée a été affreuse…

— Jyushiro…

Il leva les yeux vers l’homme et rencontra un regard pétillant.

— Vous ne semblez pas pourtant…

— Tu me vouvoies ? taquina le plus vieux.

Ichigo piqua un léger fard.

— C’est uniquement parce ce que tu es là maintenant que je vais mieux. Je ne pensais pas pouvoir te voir aujourd’hui et cela m’a un peu stressé, avoua le plus vieux.

— Nous nous sommes vus ce matin ! rappela le roux.

— Tu joues avec les mots ! se moqua gentiment Ukitake.

— Un peu alors…

Jyushiro n’attendit pas plus. Il se pencha en avant et s’empara de la bouche d’Ichigo. Le baiser était avide. Ces bras serraient fermement la silhouette plus fine du plus jeune. L’orangé avait enroulé ses bras autour de son cou pour fermer tout espace entre eux. Ichigo répondit aux baisers d’Ukitake car il ressentait la même frustration, le même besoin. Ses yeux se fermèrent à demi pour savourer plus intensément l’échange.

Cette langue qui fouillait sa bouche, ses grandes mains douces qui lui caressaient le dos d’une manière appuyée et en même temps si affectueuse. Ichigo émit un gémissement quand le souffle chaud de l’homme en face de lui s’éteignit dans son cou. Il sentait sa cage thoracique se soulever de manière plus lente et lourde. Ses mains s’étaient perdues dans la longue chevelure blanche et si soyeuse. Ichigo aimait ce contact si doux et si sensuel.

— Tu aimes mes cheveux ! constata Ukitake.

— J’avoue que ma femme avait les cheveux courts et j’ai toujours rêvé de toucher des cheveux longs de cette manière…

— Un fantasme ?

— En quelque sorte, rit doucement Ichigo.

— J’apprécie lorsque tu les touches de cette manière si sensuelle. J’ai l’impression qu’ils sont vivants entre tes doigts.

Sa voix était un chuchotement, et pourtant elle résonna fortement dans le cœur d’Ichigo. Leurs fronts étaient posés l’un sur l’autre. Une lueur s’était allumée dans les yeux noirs d’Ukitake. Les mains d’Ichigo glissèrent sur les bras musclés de Jyushiro.

— Ichigo, reprit soudainement le plus vieux. Je me suis permis d’organiser quelque chose pour ce week-end. Me fais-tu confiance ?

— Pourquoi ?

— En fait, je suis heureux de pouvoir passer un week-end, juste toi et moi. J’ai donc réservé un petit séjour pour que nous puissions être ensemble, sans être dérangé.

Ichigo était surpris et son visage le montra.

— Je pense qu’avec la vie que tu as, tu n’as pas eu souvent l’occasion de pouvoir profiter de week-end en amoureux et sortir de ton cadre habituel de travail ou de ta vie de famille… Alors, j’ai pensé que tous les deux, on pourrait se détendre dans un endroit où nous serions tranquille, hors de chez toi et de chez moi et loin de toute sollicitation extérieure. Mais, j’ai besoin de ton accord pour faire la réservation définitive. Cela te plairait-il ?

— On partirait combien de temps ? demanda Ichigo, mal à l’aise.

— Vendredi soir, je te récupère chez toi et on sera rentré chez toi vers les 14h30 le dimanche. J’ai pensé partir de ta maison car, si nous quittons ensemble le travail… nous n’aurons plus la paix.

— Surtout avec Kisuke ! grimaça l’orangé.

— Oui… surtout lui ! Tu es d’accord alors… pressa gentiment son amant.

Ichigo l’observa quelques instants. Il portait une chemise bleue pale à fines rayures et un pantalon gris foncé. Ses manches de chemises étaient retroussées et ses longs cheveux blancs flottaient librement sur ses larges épaules. Ses yeux noirs n’exprimaient que de la douceur et du désir, ça sautait aux yeux. Cela lui sembla un peu soudain ce rendez-vous… enfin, ce week-end et d’un autre côté c’était assez excitant. Après une petite minute de réflexion… il entendit Jyushiro murmurer :

— Ce n’est pas grave, si tu ne souhaites pas partir avec moi pour un week-end. Je nous réserve un restaurant pour ce vendredi soir et on s’organisera une sortie ce samedi…

— Non ! Je te fais confiance, répondit fermement l’orangé.

— Merci… Tu ne le regretteras pas ! dit doucement l’homme aux cheveux blancs.

Ichigo sourit. Ukitake dégageait un tel mélange de confiance en soi, d’une certaine forme de fragilité et surtout de force. Quel paradoxe en une seule personne et cette même personne l’aimait. L’orangé attira le visage de Jyushiro près du sien et mordilla sa lèvre inférieure. Il chercha ensuite ses lèvres sans toutefois appuyer. Il murmura contre ces dernières…

— Je vais devoir partir Jyushiro. On ne pourra pas se voir ce soir !

— Hum… J’aurai tellement voulu !

Ils échangèrent un bref regard et leurs langues se cherchèrent fiévreusement. Ichigo fut plaqué contre le mur et ce dernier s’accrocha à la chemise de l’homme plus vieux. Un mouvement de va et vient commença, un jeu du chat et de la souris si taquin qui finit par les épuiser tous les deux.

— Jyushiro… j’y vais !

Mais, le plus vieux semblait ne pas vouloir bouger. Ichigo le repoussa gentiment, son front touchant celui d’Ukitake. Quand il put enfin se libérer, l’orangé  fit un léger signe d’au revoir à Ukitake et posa la main sur la poignée de la porte. Celle-ci s’ouvrit sur Shunsui qui fut surpris de voir le roux.

— Oh… J’interromps quelque chose ? s’excusa le brun.

— Non… je partais ! Excusez-moi Kyoraku-san. A demain, Jyushiro.

Et Ichigo sortit. Ce dernier ne trouva personne sur sa route… Par contre, il ne vit pas que Kisuke sortait du bureau quand il entra dans l’ascenseur.

« Que fait donc encore Kurosaki dans l’établissement ? » songea Kisuke, perplexe.

°0°0°

— Tu m’as l’air d’une âme en peine, Jyuu-chan !

L’interpellé secoua la tête et alla s’asseoir à son bureau.

— Tu es contrarié ?

— Non… non ! En fait, je suis plutôt content !

— Pourquoi, si c’est pas indiscret ?

— Si, ça l’est…

— Oh… Tu cherches à protéger ta vie privée… même de moi ?

— Tu m’excuseras… Mais cette fois-ci, je veux préserver cette histoire !

— Comme tu veux, mais si cela ne va pas… tu sais où me trouver !

Jyushiro le remercia.

— On va boire un verre ?

— Non… je rentre chez moi !

Ils entendirent frapper à la porte. Les deux hommes se regardèrent, surpris.

— Entrez! fit Ukitake.

Les deux hommes virent alors entrer Kisuke.

— Salut… je ne vous dérange pas ?

— Non pas du tout, on allait partir !

— Boire un verre ? fit ironique Kisuke.

— Non, je rentre chez moi, j’ai à faire !

— Tiens donc ! Un nouvel amoureux ?

Jyushiro blêmit un peu.

— Non… non, juste des affaires à régler.

— Soit pas si tendu, Jyushiro. Tiens, je suis venu te porter les dossiers de candidature pour le futur assistant de Kurosaki. Cette pile, les rejets et celle-ci ceux qui m’intéresse. Tiens, pour le recrutement on dira à Kurosaki de se joindre à nous. En parlant de lui… je me demande bien ce qu’il faisait encore dans les locaux. Il agit bizarrement en ce moment !

— Ah… fit Ukitake.

— Si tu le dis, on va te croire, dit Shunsui. Nous on ne le connait pas plus que ça !

— C’est vrai ! Bon, tu me diras quand tu les convoqueras, Jyushiro… Je te donnerai mes disponibilités. Ichigo n’en a pas, mais il s’adaptera.

— Tu es sur ?

— Mais oui… mais oui ! Bon, à demain…

— A demain ! firent en cœur les deux autres hommes.

Shunsui observa Ukitake et lui dit :

— Fait attention à lui, s’il découvre pour toi et lui… vous êtes cuit tous les deux. Tu sais comment il aime fouiner dans les affaires des autres !

— Oui… Ca m’inquiète un peu d’ailleurs.

— Je ferai mon possible pour vous donner un coup de main. On y va ?

— Merci…

— Je t’en prie, allez en route !

Les deux hommes quittèrent les lieux.

°0°0°

Plus tard dans la soirée, Ichigo reçu un coup de fil, mais son portable était sur le plan de travail et Kyoyuki passa devant au même moment !

— Ichigo ? fit une voix douce et grave.

— Non… C’est Kyoyuki ! Papa est dans la salle de bain, il donne son bain à Tamaki.

— Oh…

— Attendez une minute !

Ukitake entendit la voix de la petite fille.

— Papa… y’a quelqu’un pour toi au téléphone.

Jyushiro voulu protester, mais il entendit la voix d’Ichigo et un bruit de chahut dans la pièce.

— C’est qui ? demanda une voix fluette.

— Chez pas ! J’ai pas demandé…

— Donne-moi mon téléphone. La voix d’Ichigo était calme.

— Oui ?

— Je suis désolé, je t’interromps au mauvais moment !

— Non, non… j’ai finit de donner son bain à Tamaki.

— Je te rappelle plus tard ?

— Hum… attends !

Jyushiro entendit Ichigo donner des directives à ses enfants.

— C’est bon… j’ai 5 minutes, pas plus !

— Je peux te rappeler plus tard si tu veux!

— Mais non, pas de soucis. Tu crois que je fais comment avec ma famille ?

Ichigo rit doucement.

— Franchement, je crois que je vais me faire greffer un portable à l’oreille pour quand je rentre chez moi.

— Je comprends.

— Quelque chose ne va pas ?

— Si… si tout va bien. Je te téléphonais seulement pour te dire que j’ai réservé pour ce week-end et, je l’avoue, pour entendre ta voix !

— Ca me fait plaisir !

— C’est qui papa ? demanda Sosuke

— Un ami…

— Je le connais ?

— Non ! Va jouer deux minutes, j’arrive !

— Je vais te laisser !

— Jyushiro, ce n’est rien… Au fait, tu ne veux vraiment pas me dire où c’est ?

— Pour notre rendez-vous ?

— Oui !

— C’est une surprise !

— Tu as de la chance de pouvoir tenir secrète ce genre de chose. Moi, j’en suis incapable ! fit Ichigo avec un sourire.

Il rangeait sa vaisselle en même temps.

— J’aimerai vraiment te voir !

— Moi aussi…

— C’est un peu compliqué. Je dois aller dans ma famille et ma belle sœur passe ce soir pour surveiller les enfants. Je ne sais pas quand je reviendrai ! D’autant que mon père à vraiment insisté pour que j’assiste à cette réunion de clan.

— Oh ?

— Arf ! Grosso modo, papa organise une réunion de tout le clan tous les mois pour régler certains problèmes et ce soir, je n’ai pas le droit d’y couper, mais je ne sais pas encore pourquoi ! Si tu veux, on peut se voir demain soir ?

— Oui… j’aimerai bien! Ce n’est pas grave tout de même ?

— Pas du tout ! Rassure-toi… Par contre, je n’ai aucune idée du sujet de la réunion ! Bah, je verrai bien tout à l’heure.

Ichigo entendit sonner à la porte.

— Jyushiro, il faut que je te laisse, ma belle-sœur vient d’arriver. On se voit demain…

— Hum… très bien, à demain !

— A demain !

La communication fut coupée. Jyushiro fronça les sourcils. Il se demandait dans quel monde il allait entrer…


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)