Ichigo regagna son bureau. Tous le regardèrent sans rien dire, mais il sentait beaucoup de curiosité chez ses collègues. Il soupira et se mit au travail. Vers 11 h 30, il prit son téléphone et téléphona à l’un de ses oncles. Il était anxieux.
— Kaede ?
— Oui… À qui ai-je l’honneur ?
— C’est moi, Ichigo, oncle Kaede.
— Oh… Excuse-moi Ichigo, je ne t’avais pas reconnu. Tout d’abord félicitation, je n’aie pas pu venir car Aiko était malade. Sinon, que puis-je pour toi ? C’est très rare que tu me téléphones.
— Oh… Excuse-moi Ichigo, je ne t’avais pas reconnu. Tout d’abord félicitations, je n’ai pas pu venir car Aiko était malade. Sinon, que puis-je pour toi ? C’est très rare que tu me téléphones.
— Ce n’est pas grave au moins ?
— Non, c’est juste gênant en fait !
— J’ai besoin de tes services, oncle Kaede !
— Dit-moi !
— Dis-moi !
— Ce soir, je voudrais avoir une table pour deux personnes.
— Oh… Tu invites quelqu’un ?
— Oui ! Et je souhaite que tu le gardes pour toi, s’il te plaît…
— La table, un endroit discret ?
— S’il te plaît…
— Une petite amie ?
— « Un » !
— … Tu veux dire « un petit ami » ?
— Oui ! Mais ce n’est pas encore officiel.
— Très bien… Je serais discret.
— Je le sais et c’est pourquoi je t’appelle !
— Merci de ta confiance.
— Donc, c’est possible ?
— Je me débrouillerai… Ne t’inquiète pas !
— Merci infiniment et à ce soir !
— À ce soir…
Ichigo raccrocha et vit que tous ces collègues étaient accrochés à ses lèvres.
— Alors, tu invites ? Je peux venir ? fit Grimmjow.
— Bon sang ! Vous pouvez laisser ma vie privée tranquille 5 minutes ?
— Que se passe- t’il ici ? demanda Kisuke…
Tout le monde regagna sa place. Ichigo sentait son cœur battre lourdement. Il savait qu’il allait sortir le grand jeu, mais bon, autant que Jyushiro sache à quoi s’attendre. Qu’il prenne toute la mesure de ce qui pourrait l’attendre s’il voulait poursuivre leur relation.
Ichigo eut du mal à se concentrer sur ses calculs durant toute la journée. Ichigo envoya quand même un petit message à Jyushiro pour être sur que celui-ci était toujours d’accord pour manger avec lui le soir même :
De : Ichigo Kurosaki Dpt Conception & Réalisation
A : Jyushiro Ukitake Direction du Personnel
Sujet : Rendez-vous !
Jyushiro,
Je voudrais savoir si tu es toujours d’accord pour ce soir ?
Ichigo
Ichigo n’eut pas longtemps à attendre avant de recevoir une réponse.
De : Jyushiro Ukitake Direction du Personnel
A : Ichigo Kurosaki Dpt Conception & Réalisation
Sujet : Re rendez-vous !
Ichigo,
Bien sur que ce rendez-vous est d’actualité. Ne t’inquiète donc pas ! Je t’attendrais à l’heure convenue.
Jyushiro.
Ichigo quitta rapidement le travail avec soulagement. Il reçu un appel d’Hisanna pendant qu’il conduisait. Il mit son oreillette.
— Oui ?
— Les enfants sont à la maison et tout va bien !
— J’allais t’appeler en rentrant à la maison.
— Ichigo quitta rapidement le travail avec soulagement. Il reçut un appel d’Hisanna pendant qu’il conduisait. Il mit son oreillette.
— Tu es où ?
— En voiture !
— Désolée…
— Pas grave. Ils vont bien… ils ne sont pas trop contrariés ?
— Non, pas du tout. En fait, ils sont très heureux et ils sont tous en train de supplier Byakuya pour qu’il leur montre les tenues de samouraï de la famille Kuchiki !
— Il doit être heureux !
Hisanna éclata de rire.
— En fait, il est patient… Mais il ne s’attendait pas à autant de bruit ! Je crois qu’il partira se coucher de bonne heure ce soir !
— Bon courage à vous deux et pardon !
— Oh non… Tu sais, tu peux nous les amener plus souvent. On les adore !
— Ok, j’y penserais…
— Ok, j’y penserai…
— Bonne soirée à toi et à ton amie.
— Merci !
Ichigo raccrocha et gara la voiture dans son garage. Il monta rapidement et prit une douche. Il sortit un de ses costumes de marques et mit une montre de valeur. Il attacha ses boutons de manchettes et en se regardant dans son costume gris perle, pensa qu’il était un pingouin !
Il se fit une petite tasse de café et finit par se diriger vers le garage pour reprendre son SLK 55 AMG noir. Comme ça, ça ne met pas la pression… Il se dirigea rapidement vers l’appartement de Jyushiro. Il fronça les sourcils en arrivant. Il espérait ne pas passer pour un has-been. Il appuya sur l’interphone de l’immeuble et la voix de Jyushiro se fit entendre.
— Ichigo ? fit la voix douce.
— Oui…
— Je t’ouvre. C’est au 13e étage.
Ichigo entendit une sonnette et poussa la porte. Il traversa le hall rapidement. L’immeuble était moderne et faisait partie des quartiers un peu bourgeois. Il monta dans l’ascenseur. Son cœur accéléra ses battements. Quand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, son visage était défait. « Allez, courage… ». Il allait traverser le couloir quand l une des portes de l’étage s’ouvrit. Ichigo se retourna et aperçut Jyushiro.
— Oh… je me suis trompé de direction.
Ukitake lui adressa un sourire, mais ses yeux déshabillaient le jeune homme. Il était réellement beau et c’était la première fois qu’il le voyait en costume. Il remarqua tout de suite qu’il ne s’agissait pas de n’importe quel costume.
— Entre, Ichigo. Je vais te faire visiter.
— Merci…
Ukitake s’effaça et Ichigo entra chez son amant. Il se sentait un peu gauche. Pas l’habitude, il faut dire ! L’orangé entendit la porte se fermer. Il se tourna vers Jyushiro et le scruta.
— Tu es nerveux ? demanda Jyushiro.
— Un peu !
— Il n’y a pas de raisons…
Jyushiro enlaça le jeune homme. Il n’avait pas osé sur le coup, mais la lueur de tristesse dans les yeux ambre le bouleversait. Il se pencha et caressa ses lèvres avec les siennes. Ichigo enlaça son cou et répondit à son chaste baiser.
Ukitake embrassa ses lèvres délicatement avec beaucoup de tendresse. Ichigo répondit sans retenu au baiser. Ses mains couraient sur les épaules et les cheveux de Jyushiro. Le roux gémit lorsque le plus vieux mordilla sa lèvre inférieure et lorsqu’il joua avec un bref instant. Leurs yeux se rencontrèrent. Ils exprimaient le même désir.
Finalement, Jyushiro se détacha et, le prenant par la main il lui fit rapidement le tour de l’appartement. L’ambiance était très zen. C’était un mélange de pierre, d’eau, de bonzaïs et d’éléments naturels. Meubles dépouillés. Cela n’étonna même pas Ichigo, cela correspondait totalement à Jyushiro.
Finalement, Ichigo regarda sa montre et remarqua qu’il était l’heure pour eux de partir. Dans l’ascenseur, Ukitake prit la main du jeune homme qui lui sourit faiblement. Ils traversèrent rapidement le parking et Ichigo ouvrit sa voiture. Jyushiro haussa un sourcil. Il ne s’attendait pas à ça. L’orangé s’installa derrière le volant et attendit que son amant s’installe du côté passager.
— J’avoue que je ne pensais pas que tu puisses avoir un tel véhicule.
— Franchement, je n’aurais pas ce genre de voiture, mais papa veut que je sorte toujours dans un véhicule digne de ma « condition ». Enfin, c’est surtout pour le reste de la famille. S’ils me voyaient au volant de ma familiale, ils ne m’adresseraient même pas la parole.
— Eh bien… c’est assez déconcertant !
— Tu n’es pas au bout de tes peines, Jyushiro. C’est pour cela que je suis nerveux !
— Je vais finir par le devenir aussi si tu ne te détends pas un petit peu. Je ne suis pas un ogre non plus.
— Désolé. C’est peut-être parce ce que je suis nerveux de ce qui va m’attendre d’ici quelques semaines.
Ichigo sortit ses lunettes et démarra la voiture. Cette dernière se faufila silencieusement dans la circulation. Ils arrivèrent très rapidement dans le quartier chic de Tokyo. Ichigo se dirigea vers l’un des établissements les plus chics de la ville. Il se gara devant la porte d’entrée. Un groom vint prendre les clefs et s’inclina devant lui. Ichigo attendit Ukitake sur le trottoir. Jyushiro observait Ichigo. Il n’était pas très à son aise.
Ils entrèrent dans le grand hall de l’hôtel. Jamais Ukitake n’aurait pensé entrer dans ce genre d’établissement. Ichigo lui caressa le bras discrètement. Il l’observa et le jeune homme lui indiqua le chemin. À peine eurent-ils mit un pied dans l’établissement que le Maître d’hôtel s’inclina.
— Kurosaki-sama… C’est un honneur que vous nous faites ! Nous vous attendions avec impatience. Vous vous faites de plus en plus rare.
— Merci Amano-san. Ma table est prête ?
— Bien sur ! Je vous y conduis immédiatement. Votre oncle m’a demandé de le prévenir à votre arrivée. Souhaitez-vous qu’il se joigne quelques instants à vous ?
— Oui… S’il vous plaît !
Le Maître d’hôtel les conduisit à une table un peu à l’écart, mais très bien situé car elle avait une vue imprenable sur la ville. Ukitake se rendit compte que personne ne pouvait les voir mais qu’eux pouvait plus ou moins observer la salle.
Amano-san s’inclina et tendit une carte à Ichigo, puis se tournant vers Jyushiro, il lui en tendit une également.
— Je vous laisse faire votre choix. Je viendrais prendre vos commandes pour l’apéritif !
Ichigo fit une légère grimace et dit de but en blanc…
— Amano-san… je n’ai pas changé mes habitudes. Une bière blonde pression !
— Votre père n’arrive pas à vous convertir à l’art du vin ?
— Il a jeté l’éponge…
— Oh… c’est assez rare.
— Excusez-moi, monsieur aurait-il une préférence ? demanda le Maître d’hôtel en se tournant vers Ukitake.
— Un Harvey Wallbanger si vous en faites.
— Bien sur…
— Si vous voulez bien m’excuser…
— Je vous en prie…
Ichigo se tourna vers Jyushiro et le regarda, surprit.
— Tu as l’air de t’y connaître en cocktail ! Un léger sourire flottait sur les lèvres d’Ichigo.
Ukitake afficha une légère grimace et répondit :
— Je peux dire merci à Shunsui…
— C’est vrai qu’il m’a l’air d’aimer fréquenter les bars !
— Il est très sérieux derrière ses airs désinvoltes.
— Je m’en doute ! Sinon, connaissant Yama-jii, il l’aurait déjà renvoyé. Ichigo eut un petit sourire.
— Tu le connais bien, Yamamoto ?
— Non, pas vraiment. Je travaille seulement pour lui.
— Pourtant…
— Pour son bureau ? Comment t’expliquer cela…
— Mon cher neveu ! fit une voix forte.
Ichigo et Jyushiro se retournèrent et rencontrèrent les yeux d’un homme de taille moyenne se portant bien et qui avait l’air jovial.
— Oncle Kaede ! Je suis ravi de te voir !
Et c’était vrai. Ichigo se leva et serra chaleureusement la main de son oncle. Puis, l’orangé se tourna vers son amant et fit les présentations.
— Jyushiro, je te présente l’oncle avec lequel j’ai le plus d’affinité, Kaede Kurosaki. Oncle Kaede, je te présente mon ami, Jyushiro Ukitake.
Jyushiro se leva et se dirigea calmement vers l’oncle d’Ichigo. Son visage était sérieux et il tendit une main à son interlocuteur qui la lui serra chaleureusement.
— Bienvenue dans la famille Kurosaki ! Mon frère va en faire une tête. Je ne dis pas ça pour vous vexer. J’ai parlé à ton père tout à l’heure.
— Ah ?
— Je lui ai dit que je vous recevais…
Ichigo fit la grimace.
— Mince, il ne fallait pas ! Il va débarquer ici avec maman, je vois ça gros comme une maison. Pourtant, tu sais comment est ton frère ! Je t’ai dit que je voulais être tranquille… Ichigo ronchonna.
— Il ne viendra pas ! Par contre, Kaede se tourna vers Jyushiro en disant cela, il m’a demandé un maximum de renseignements ! Mais, je ne lui dirais rien… Pour une fois que c’est moi qui suis au courant avant lui ! Je ne vais pas me priver de le faire mariner !
— Oncle Kaede… Pourrions-nous être seuls, s’il te plaît ? sinon, on n’aura jamais la chance de déjeuner !
— Mais bien sur ! C’est vrai que je suis envahissant. Passez une bonne soirée. Si tu as besoin de quoique se soit, n’hésites pas !
— Oui, oui… je t’appelle ou j’appelle Amano-san !
— Voilà ! Bonne soirée.
Il s’inclina et disparut. Ichigo et Jyushiro s’installèrent à nouveau à table. Un serveur leur apporta leurs commandes et la carte du menu.
— Je suis désolé… mais mon père est du genre… envahissant !
— Ce n’est pas grave…
Jyushiro souriait gentiment. Ils commencèrent à discuter de tout et de rien. Ils passèrent leurs commandes. Ichigo se détendait au fur et à mesure de la soirée.
Ukitake lui posa des questions sur sa vie avec sa femme et Ichigo lui posa quelques questions sur son propre vécu. Ils se comprenaient très bien.
À la fin de la soirée, qui avait été excellente, ils se levèrent pour se rendre à l’accueil. Ichigo régla la note sans froncer un sourcil. Jyushiro aurait bien voulu en connaître le montant, car vu les tarifs indiqués sur la carte, il s’était tassé sur sa chaise.
— Tu viens ?
Ils traversaient le grand hall quand Ichigo fut accosté par un homme d’un certain âge.
— Tiens, mais ne serait-ce pas notre cher nouveau Chef de Clan ?
Jyushiro vit tout de suite que son amant s’était raidit. Il se retourna pourtant vers son interlocuteur en prenant un air neutre.
— Que puis-je pour toi, Hayato-san ?
— Je suis venu te présenter mes respects. Tu sais combien, je suis respectueux des règles…
Ses petits yeux vicieux glissèrent sur l’homme grand et svelte qui se tenait à côté d’Ichigo.
— C’est ? demanda l’homme.
Il était évident qu’Ichigo hésitait à répondre. Ce dernier se tourna vers Ukitake et ce dernier put lire de l’indécision et un peu de colère dans ses yeux. Il sut que ce n’était pas diriger contre lui. Jyushiro lui adressa alors un léger sourire. Cela eut l’air de réconforter le plus petit qui se retourna vers son oncle parasite.
— Je te présente Jyushiro Ukitake… Jyushiro, je te présente un cousin de mon père par alliance. Hayato Suzuki.
Jyushiro tendit respectueusement une main vers l’homme, mais celui-ci l’ignora et s’adressa à Ichigo.
— On peut savoir en quelle « qualité » tu le fréquentes !
Ichigo était en colère. Il sortit inconsciemment sa paire de lunette et observa son oncle avec beaucoup d’attention et lui lança, ironique :
— J’espère que tu n’auras rien à me demander prochainement…
— Pardon ?
— Tu snobes encore une fois Jyushiro comme tu viens de le faire et je te prie de croire que ce ne sera pas la peine de passer le pas de ma porte !
Le roux se retourna vers son amant et lui adressa un pauvre sourire.
— Excuse-moi, Jyushiro.
— Tu n’as pas à t’excuser… Tu n’es pas responsable.
— On y va ?
— Oui…
Les deux hommes se dirigèrent vers la sortie. L’oncle Kaede rejoignit Hayato.
— Il a de la distinction quand même !
— De qui tu parles ?
— Du petit ami d’Ichigo !
— Petit ami ? fit Hayato, stupéfait et effrayé. Merde !
— Que t’arrive-t-il ?
— Je l’ai snobé !
— Et bien tu fais fort comme d’habitude !
— Attend, t’y crois toi ? Il était hétéro et l’autre n’a pas l’air « gay » ! Enfin, tu vois ce que je veux dire !
— Je vois surtout que tu as encore fait fonctionner ta politesse à plein régime. Et vu comment Ichigo regarde Ukitake, je peux te dire que tu n’as pas intérêt à faire de gaffe la prochaine fois. Il ne te le pardonnera pas….
— Je suis dans la merde !
— Comme tu dis !
Kaede était intérieurement heureux. Au moins, cela fermerait le clapet de ce type arrogant alors qu’il était une pièce rapportée. En tout cas, vu les regards amoureux qu’échangeaient les deux hommes, ceux qui toucheraient à un seul cheveu de Jyushiro Ukitake se feraient pulvérisés, se dit Kaede qui connaissait le caractère de son neveu. Un peu d’amusement, enfin !

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)